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II. — STRUCTURE DE LA VESSIE

Membrane musculeuse.

Les parois de la vessie sont plus ou moins épaisses, suivant le degré d'ampliation e cet organe. Moyennement distendues, elles mesurent, suivant Henle, 3 à 4 raillilètres, et 16 millimètres au niveau du trigone. Complètement revenue sur ellelôme, la vessie a des parois dont l'épaisseur atteint de 10 à 15 millimètres. ! Trois membranes, dont une péritonéale, incomplète, une musculeuse et une mqueuse, réunies par un peu de tissu cellulaire ; des vaisseaux et des nerfs : jlles sont les parties constituantes de la vessie.

I 1" Tunique péritonéale. Elle recouvre, comme nous l'avons vu, la région posté- Membrane

eure, une partie des faces latérales et la face supérieure de la vessie. La face péritonéale

atérieure n'est tapissée de péritoine que dans sa portion supérieure, lorsque la

essie est très-distendue, et la face inférieure de la vessie en est dépourvue. Un

ssu cellulaire très-lâche unit la tunique péritonéale à la tunique muscu-

!use.

: 2° Tunique musculeuse. Elle constitue la portion la plus épaisse de la paroi vésiile et se compose de faisceaux entre-croisés, dont il paraît, au premier abord, ien difficile de déterminer la direction. Extrêmement mince et ne formant pas, ■ beaucoup près, un plan continu dans les vessies qui ont beaucoup de capacité, lie est continue, disposée sur plueurs couches dans les vessies pe- ('''stes et racornies, et peut même acuérir une épaisseur de iSà 20millilètres dans certaines hypertrophies, "est dans des cas de cette espèce :u'on peut assez facilement déterliner la direction des fibres charues. Les couches multiples qu'elles araissent former, peuvent être réuiles à deux : l'une extérieure, à lisceaux longitudinaux, l'autre inérieure, à faisceaux circulaires.

Les fibres de la couche superfiielle semblent tontes partir du col e la vessie,. et s'épanouissent prinipalement sur la face antérieure et 1 face postérieure de l'organe. Au \ 'iveau du sommet de la vessie et le :j 5ng de ses bords latéraux, ces fibres e continuent les unes avec les au-

[res, en forme d'anses. Quelques-unes se prolongent sur l'ouraque. lin bas, un ;rand nombre s'engagent profondément entre les fibres du sphincter. En avant, 'egros faisceauv de la face antérieure et de la face la'érale se détachent do la

Vu

(')'?e»»ieurinaire delà femme, vue par la face poslérieurc. — Vh, vessie. — 1 ". inellirc.

SPLANCIINOLOGIE.

Direclion des libres charnues.

Fibres IransYersiiles du trigone.

Du

sphincter de la vessie.

paroi VL^sicale, passent au-dessus des veines de celte région et s'insùrent à raj/ névrose pelvienne, notamment à l'arcade tendineuse qu'on y observe; quelqueuns vont directement à la symphyse pubienne. Un certain nombre de fibn longitudinales s'insèrent laléralemenl sur l'aponévrose pelvienne, en arrière, si la base de la prostate.

La coucbe subjacente est formée de fibres circulaires, dont les plus extern sont parallèles les unes aux autres, tandis que les plus protondes forment, en s'anastomosant entre elles, des réseaux plus ou moins serrés, suivant le degré d distension de la vessie, et dont les mailles sont allongées longiludinalemr dans la partie supérieure de la vessie, transversalement dans sa portion itil rieure. Les fibres circulaires régulières dominent au bas-fond de la vessie; el! font suite aux fibres annulaires du col de la vessie. Les fibres circulaires in cgulières occupent surtout la paroi postérieure de cet organe.

Au niveau du trigone, la coucbe musculeuse circulaire est formée de fibres transversales fines, juxtaposées^ serrées, parallèles, formant un plan parfaitement régulier, qui diffère notablement, par son aspect homogène, de la couche musculaire interne des autres régions. Sur les côtés, les fibi-es du trigone s'engagent sous les fibres réticulées de la couche interne, et se continuent avec les fibres longitudinales des uretères.

Un faisceau transversal épais, étendu entre les embouchures des uretères,

a été considéré par C. Bell (Fig. 220) n. comme le muscle des ure-

tères. La contraction de ce faisceau, élargissant les orifices de ces conduits, est en effet propre à favoriser l'abord de l'urine dans la

vessie.

On a appelé sphincter de la vessie, depuis Galien, un anneau musculeux qui fait suite aux fibres circulaires du corps de la vessie, et qui occupe l'orifice vésical. Le vague et l'incohérence des descriptions de ce sphincter prouvent que la disposition anatomique qui existe au col de la vessie, n'a pas été parfaitement saisie par tous lesanatomistes,cequi tient, d'une part, à ce que les fibres musculaires lisses n'y sont point réunies en fai.ceaux séparés par du tissu conjonclif, d'autre part, à ce que le sphincter se continue en dehors, sans ligne de démarcation, avec la prostate.

(♦) Section médiane de la portion inférieure de la vessie, de la prostate et du commencement de l'urèlhrc. ; | — 1, couche musculaire interne de la vessie. — î, couche musculaire externe. — 3, fibres mufculaircf I >j loiigitudiniiles de l'urclère. — i, orifice de l'urelcre. — 5, couche la plus interne des fibres rausculaircn i longitudinales du trigone vésical. — Svi, sphincter interne de la vessie. — Sue, sphincter cxlerne. — > G/), pros'ale. — Gp', glande prostatique. — (;/)', porti<in glandulaire antérieure à Turèthrc. — Sp, sinii* ' i prostatique. — V^/. canal déférent. — V.?, vésicule séminale.

DE LA VESSIE

Papilles.

Les fibres circulaires constituent à ce niveau un anneau exlrêniement résistant, dont la portion la plus épaisse, mesurant jusqu'à 1 centimètre, répond à l'orifice vésical de l'urèthre, et qui va en s'amincissant en haut, où il se continue avec les fibres circulaires du trigone, et en bas, où il entoure la portion prostatique de l'urèthre (1),

Enfin, on trouve au-dessous de la muqueuse vésicale, au voisinage de l'orifice urétbral et intimement unie à cette membrane, une couche mince de fibres longitudinales, prolongement des fibres longitudinales de l'urèthre.

3" Tunique 7nu(]ueuse. Extrêmement oiince et d'un blanc grisâtre, la membrane Muqueuse, muqueuse se moule en quelque sorte sur toutes les saillies de la tunique musculeuse. Dans la vessie contractée, elle est irrégulièrement plissée. Elle s'enfonce quelquefois entre les faisceaux musculaires^ pour constituer des cellules dans lesquelles s'engagent et peut-être se forment des calculs. Les vessies à cellules ^^"^'j^^^ sont presque toujours en même temps des vessies à colonnes, c'est-à-dire des vessies dans lesquelles les faisceaux musculaires, extrêmement développés, soulèvent la membrane muqueuse.

La muqueuse vésicale se compose 1° d'une couche fibreuse, formée de fibres conjonctives entre-croisées et mêlées de quelques rares fibres élastiques ; 2° d'un épithéliuni stratifié, dont les couches profondes se rapprochent de l'épithélium cylindrique, les plus superficielles, de l'épithélium pavimenteux. Les cellules, du reste, ont des formes irrégulières, qui les distinguent de celles des autres régions du corps.

Le plus souvent on ne rencontre pas de papilles à la surface de la muqueuse vésicale ; mais dans quelques vessies, d'après Henle, cette membrane est garnie de papilles serrées, mousses, de C'^jOS de hauteur, qui se prolongent également dans la portion des uretères comprise dans l'épaisseur de la paroi vésicale.

(I) J'engage les personnes qni voudront connaître les opinions diverses qui se sont produites sur la structure de la tunique musculaire de la vessie à consulter : 1» la description de Tliompson (Voy. Amt. chirurg. de M. Velpeau, t. \, p. cxvi de l'inuoduction) ; 2° celle de M. Auguste Mercier {Recherches anat. , pathol. et chu: sur les maladies des organes urinaires et génitaux, 18 il, p. 30).

D'après Tliompson, toutes les libres de la vessie semblent venir de l'ouraque et des muscles droits de l'abdomen, aux environs de l'ombilic. Elles se séparent ensuite en six éventails peu régulifrs, dont trois à droite, trois à gauche ; les uretères sont engages dans une espèce de boutonnière formée par l'entre-croisement des fibres latérales ; le col de la vessie est également renfermé dans une espèce de boutonnière, beaucoup plus forte, constituée par l'entre croisement des fibres antérieures avec les fibres postérieures. D'après M. Mercier, le système musculaire de la vessie comprendrait : 1° Un plan antérieur, étendu du pubis à la paroi antérieure de la vessie, et qu'on pourrait appeler pubio-vésical ;

2" Un plan postérieur, qui s'attache au bord supérieur et postérieur de la [irostate, pour s'étendre aux parties supérieures de la vessie {prnstato-vésical antérieur) ;

3o Deux faisceaux qui naissent des parties latérales de la même glande, et se portent dans toutes les directions sur les parois antérieure et postérieure du réservoir urinaire {vésicoprostaliques latéraux);

4» Un plan profond externe, qui s'étend du trigone aux parois de la vessie drigono-pariélal);

5° Un plan profond interne, qui naît de la paroi postérieure de la portion postérieure de l'urèthre et gagne celle de la vessie [uréthro-vésical) ; / / 1

6» De petits faisceaux qui s'étendent du pubis aux crêtes prostaliques (pubio-proslat(ques).

SPLANCHNOLOGIE.

Ue ses follicules.

Artères.

Veines.

Vaisseaux lymphatiques.

Nerfs.

Les glandules de la muqueuse vésicale sont tellement difficiles à démoutrei qu'on a nié leur présence. Avec un peu d'attention, cependant, on en ren-l contre toujours au voisinage du coi de la vessie et sur le Irigone vésical, où eileij abondent. J'en ai vu sur tous les points de la vessie, sous la forme de vésicule^ miliaircs. Toutes ces glandules sont de petites glandes en grappe.

Le tissu cellulaire qui unit la membrane muqueuse à la membrane muscu^i leuse, est assez lâche, séreux et extrêmement délié, excepté au niveau du Iri-^ gone, où les deux tuniques adhèrent intimement l'une à l'autre.

4° Vaisseaux et nerfs. Les artères vésicules viennent de l'hypogastrique, soit di^ec^ tement, soit par l'intermédiaire de quelques-unes de ses branches. KUes sont er) nombre variable, et fournissent des rameaux à la tunique musculeuse, poui' se terminer en réseau dans l'épaisseur de la muqueuse. C'est surtout dans le baBf, fond de la vessie et au pourtour du col que ce réseau est serré.

Les veines forment autour du col de la vessie un plexus très-remarquable, qui se prolonge sur les côtés du bas-fond, pour se jeter dans la veine hypogastriquei'

Les vaisseaux lymphatiques viennent de deux sources : 1" de la muqueusej,^ dont le réseau lymphatique s'injecte avec la plus grande facilité ; 2» du péritoiuei : Les troncs de ces vaisseaux sont placés pour la plupart entre la tunique périto-*! néale et la tunique musculeuse, et vont se rendre aux ganglions hypoga£-.i triques.

Les nerfs proviennent du plexus hypogastrique, qui se compose à la fois nerfs ganglionnaires et de nerfs rachidiens, d'où le caractère mixte de la vessiet^ qui est en partie soumise et en partie soustraite à la volonté.

m. — DÉVELOPPEMENT.

Diamètres. La vessie n'est autre chose que la portion iotra-abdominale du pédicule de l'allantoïde ou de l'ouraque, portion élargie en réservoir, qui communique luimôme d'abord, par un court pédicule, avec le gros intestin.

Lorsque l'allanloïde a rempli sa mission temporaire, qui consiste à porter au placenta maternelles vaisseaux de l'embryon, elle disparaît comme vésicule, et le canal qui établissait sa communication avec l'intestin, s'oblilôre et se transforme en un cordon fibreux, accompagné des artères ombilicales. Cette oblitération a lieu du placenta vers le gros intestin; elle ne s'étend point à la portion du canal voisine de ce dernier, laquelle, au coniraire, se dilate en un réservoir qui ne tarde pas à s'isoler du rectum, et qui constitue la vessie. Mais quelquefois la| portion de l'allantoïde renfermée dans l'abdomen reste perméable, soit en partie, au voisinage de la vessie, soit en totalité, et alors l'urine peut s'écouler par l'ombilic.

Après la naissance, l'ouraque et les deux artères ombilicales, qui s'oblitèrent également, adhèrent par leur extrémité à la cicatrice ombilicale. Mais par suite du développement relativement considérable de la paroi abdominale, ces cordons, devenus trop courts, s'éloignent de l'ombihc, auquel ils restent unis par un tissu fibreux d'aspect tendineux. Le mécanisme et les circonstances de cette rétraction ont été étudiés par M. Robin (1).

i)e la vessie La vessie du fœtus est remarquable par la prédominance de son diamètre ver-

dans la première en-

fance. (D Mémoire sur la rétraction, la cicatrisation et l'innainmation des vaisseaux ombilicaux, el le système ligamenteux qui leur succède, in Mem. de l'Acnd. di; méd., t. XXIV, p. 3»'-

DE l'uRÈTHRE.

lical sur les diamètres Iransverses, qui sont très-petits; celte disposition, jointe au défaut de développement du bassin, explique pourquoi la vessie proémine tout entière au-dessus du détroit supérieur, à cet âge de la vie. Le bas-fond n'existe pas ; le sommet se continue d'une manière insensible avec l'ouraque, beaucoup plus volumineux à cette époque. La capacité de la vessie du fœtus est proportionnellement plus considérable, suivant quelques auteurs, avant qu'après la naissance.

La vessie conserve encore dans la première enfance les caractères qu'elle offre chez le fœtus, et il résulte de ses rapports plus étendus avec les parois abdominales des conséquences importantes pour la pratique de la chirurgie. A mesure que le bassin se développe/ la vessie s'enfonce dans l'excavation, pour prendre peu à peu les caractères que nous lui avons assignés chez l'adulte. •

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