‹ Traite d'anatomie descriptive (volume 2)Chapitre 105 sur 180 · DE L'URÈTHRE · texte numérisé non relu

DE L'URÈTHRE

L'urèthre est le conduit excréteur définitif de l'urine. Chez l'homme, il sert en outre de canal excréteur aux organes de la génération, avec lesquels il a des connexions anatomiques si intimes qu'il n'est guère possible de le décrire qu'à la suite de ces organes. Chez la femme, au contraire, il appartient exclusivement i l'appareil urinaire, avec lequel, par conséquent, il doit être étudié.

Vurèthre de la femme, dont il sera seul question dans ce paragraphe, est un canal cylindroïde, situé le long de la paroi antérieure du vagin, sur la ligne médiane, et qui s'étend de la vessie à la vulve.

Sa longueur est de 25 à 35 millimètres. Son calibre est Irès-diffîcile à déterminer, en raison de l'extrême dilatabilité de ses parois : en l'absence de toute dilatation, le diamètre transversal du canal uréthral mesure de 6 à 8 millimètres. L'extrémité inférieure de l'urèthre est un peu rétrécie.

La direction de l'urèthre est oblique de haut en bas et d'arrière en avant, et présente une légère courbure à concavité tournée en avant. ^

Rapports. L'urèthre n'existe à l'état d'organe isolé que dans son quart supé rieur; à ce niveau il est uni, par sa face postérieure, à la paroi antérieure du vagin par un tissu cellulaire Irès-Mche. Plus bas, les deux canaux contractent des adhérences tellement intimes, qu'il est impossible de les séparer l'un de l'autre. Ces rapports entre le vagin cl l'urèthre expliquent pourquoi le déplacement du vagin entraîne nécessairement celui de l'urèthre.

En avant, il répond à la portion inférieure de la symphyse pubienne, dont il

Dimeusions.

Direction.

\. Rapports.

SPLANClINOLOGIli.

est stîparé par du tissu cellulaire traversé parties plexus veineux; à des fibres musculaires appartenant au transverse profond du périnc^e; à l'angle de réunion des racines du clitoris, au bulbe et au constricteur du vagin. Sur les côtés, il répond à ces deux derniers organes et aux racines du cliloris.

'Kig. 221) (♦).

L'extrémité supérieure de l'uréthre, orijîce vésical ou col de la vessie, est située à près de 2 cenliniètres en arriére et un peu au-dessus du sommet de l'arcade pubienne.

Son extrémité inférieure, ou méat urinaire, est située dans la vulve, entre les petites lèvres, à 2 centimètres environ en arrière du clitoris, un peu en avant du tubercule qui termine inférieurement la colonne antérieure du vagin. Cet orifice

n Section médiane de la portion inférieure du tronc d'un cadavre de femme congelé. L'intestin grêle a ete enlevé. — 1, symphyse pubienne. — î, péritoine. - 3, couche externe de la tunique musculeuse de la vessie contractée. — 4, couche interne. — 5, tissu cellulaire sous-péritonéal. - 6, clitoris. — 7, veine dorsale du clitoris. — 8, section transversale du muscle transverse profond du périnée. — 9, fibres circulaires de l'urelhre, paroi antérieure. - 10, grande lèvre. — 11, méat urinaire. - 12, petite lèvre. — 13, fibres longitudinales de l'uiethie. paroi postérieure. — U, fibres circulaires de celle paroi. — 15, orifice du vagin. - 16, tissu musculaire compacte dans Tépaisseur du périnée. - 17, sphincter externe de l'anuS, section antérieure. — 18, sphincter int. ine, scclinn antérieure. - 19, orifice anal. — ÎO, libres musculaires longitudinales du rectum. — 21, sphincter interne de l'anus, section postérieure. — 2Î, sphincter externe de l'anus, section postérieure. — 23, vagin. — 24, lèvre autérieure du col de Pulerus. — 2.5, lèvre postérieure. - 26, muscle iccto-coccygien, dans lequel sont disséminées des fibres musculaires de la vie animale. — 27, coccyx. — 28, recluiii. — 29, utérus.

DE l'uRÈTHRE.

Sui'face iuterue.

Structure.

a une forme très-variable, tantôt allongée dans le sens anléro-poslérieur, lantûL étoilée ou arrondie.

Les parois de l'urèllire, non distendues par le jet d'urine ou par un corps étranger, sont toujours au contact; la section du canal offre l'aspect d'une fente transversale au voisinage de la vessie, d'une fente verticale près du méat, une forme étoilée sur la partie moyenne.

La surface interne de l'urùthre est blanchâtre quand les vaisseaux de la muqueuse sont vides, d'un rouge foncé quand ils sont pleins de sang. Elle présente des plis longitudinaux ou saillies parallèles, qui s'effacent par la distension. Sur la ligne médiane de la paroi inférieure existe une saillie longitudinale constante, qui est la continuation du sommet du trigone.

Dans sa portion inférieure, l'urèlhre présente h. sa face interne de petits plis, qui affectent toutes les directions et qui, en s'unissant par leurs extrémités, circonscrivent des dépressions ou vacuoles irrégulières.

Structure. La paroi de l'urèthre mesure 5 millimètres en épaisseur, dans sa portion libre; elle est formée d'une tunique muqueuse et d'une tunique musculeuse; mais ces deux membranes sont très-difticiles à séparer l'une de l'autre, attendu qu'il n'y a point de tissu cellulaire intermédiaire.

La tunique muqueuse présente un derme très-mince, formé d'une trame de tissu Muqueuse, conjonctif et d'une multitude de fibres élastiques très-fines, et un épithéhum pavimenteux stratifié assez épais; des papilles vasculaires très-grêles, d'un millimètre environ de longueur, s'élèvent à la surface du derme, mais se perdent complètement dans l'épaisseur de l'épithélium.

De petites glandes en grappe très-simples sont annexées à la muqueuse urethrale ; ciaudes. elles forment généralement des séries longitudinales, qui s'ouvrent à la surlace de la muqueuse par des orifices extrêmement petits. Leur diamètre est d environ un demi-millimètre ; un épithélium cylindrique tapisse leurs cavités.

La tunique musculeuse, très-épaisse, se compose d'une couche longitudinale Musculeuse.

(Fig. m) (•).

(252, 2) attenante à la muqueuse, et d'une couche annulaire (3), f de ^précédente. Dans l'une et l'autre couche, les fibres musculaires lisses sont

. . • -.âA..:^....rt Ait vflirin. —

(•) Section longitudinale de la paroi postérieure de Turethre "'"^ ^^"ù^ de Turothre.

i. épithelium de rurèthre. - 2, muqueuse et libres longdud.na les " rmuqucuse vaginale.

- 3, tunique musculeuse du sn^r\u, lil.rcs annulaires. - 4. couche mustulcust

- 5, couche caverneuse et tunique muqueuse. - «, épithelium du vagin.

SPLANCHJNOLOGIE.

Fibres musculaires sln'ées.

disposées en faisceaux étroits, cylindriques, enlourés d'une sorte d'enveloppe d( tissu conjonclif et de tissu élastique, et reliés entre eux par des branches qui vont

de l'un à l'autre. 11 en résuite une espèce de réseau musculaire, dont les niaillo son! occupées par des plexi, veineux très-larges, comui^ dans le tissu caverneux, et dans les trabécules duqu* cheminent les vaisseaux aj térlels. Suivant la quantil.

de sang que renferment veines, elles {fig. 223) paraissent plus ou moins larges qui les faisceaux musculaires qui les séparent; elles sont surtout développées dans la couche longitudinale.

lin dehors de ces deux couches de fibres musculaires lisses, on rencontre des fibres musculaires de la vie animale, dirigées les unes transversalement, ce sont

les plus internes, les autres longifudi-

(Fig. 224) (•*).

nalement. Les premières n'entourent complètement l'urèthre que dans sa moitié supérieure ; plus bas, elles cessent de s'étendre à sa paroi postérieure, contiguë au vagin, et se continuent latéralement avec les muscles du périnée. Ces fibres touchent en dedans aux fibres annulaires lisses, et même

(Fig. 225) ("•).

ZZ^^aT r ^"'"! striées longitudinales, on en trouve tou-

jours des faisceaux sur la paroi postérieure de l'urèthre, des deux côtés de la

.ri^ée7;i"raï::Sue;';oi:::ts^^^^

d'une arlériole. - -, sec.ion d'u,>e vcinuTe ^ " ^"'''^"""^ musculaires divises. - section

^") Section horizontale d'un urclhre de fomm» H,^„l i». fibres striées transversales \ ITJL t n , " '""«seau, ont été injectés. - I, couche de

nui ra 911 ites iransvei saies. — ï, couche de fibres cirru airpc .l» u ■ „

neuse. " ''"'^"""'^«s nu in vie organiqu». - 3, muqueuse caver-

CAPSULES SURRÉNALES.

ligne médiane; ces fibres se continuent en haut avec les fibres longitudinales de la vessie; en bas, elles se perdent dans le tissu conjonctif serré qui unit le vagin à l'urèlhre, et dans les tuniques musculeuses de ces deux canaux.

Vaisseaux. Les artères de l'urèlhre proviennent des vésicules inférieures et des vaisseaux, arlères vaginales. Les veines se jettent dans les plexus voisins. Les lymphatiques se portent aux ganglions situés sur les côtés du bassin.

Page 1