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ANNEXES DE L'APPAREIL URINAIRE. — CAPSULES SURRÉNALES

1" Situatio7i. Les capsules surrénales sont des organes d'apparence glanduleuse, qui avoisinent l'extrémité supérieure des reins, et qui, comme ces derniers, sont situés en dehors du péritoine.

Cette connexion de situation entre les reins et les capsules surrénales a fait supposer une corrélation de fonctions et motive, sans le justifier complètement, le rapprochement de ces deux ordres d'organes {i). La dénomination de reins succenturiés (Cassérius) atteste assez les rapports qu'on a cru trouver entre les reins et les capsules.

Toutefois cette connexion de situation, qui constitue le trait le plus frappant de leur histoire, n'est pas constante, et dans les cas fréquents où les reins n'occupent plus leur place accoutumée, les capsules surrénales n'accompagnent pas ces organes dans leur déplacement. Ainsi, lorsque les reins sont plus élevés que de coutume, les capsules surrénales se trouvent en dedans de ces organes et répondent à la scissure rénale; lorsqu'ils occupent la région pelvienne, les capsules, qui n'ont pas éprouvé le moindre changeaient de situation, ne présentent plus aucune connexion avec ces organes.

2° Nombre. Les capsules surrénales sont au nombre de deux ; on dit en avoir vu deux de chaque côté. Sous le rapport du nombre, comme sous celui de la situation, les capsules sont indépendantes des reins. J'ai vu un cas dans lequel il n'existait qu'un seul rein, occupant sa place accoutumée; la capsule surrénale se voyait du côté du rein manquant.

3° Volume. Leur volume est très-variable suivant les individus ; quelqueiois elles sont si petites qu'on les distingue à peine du tissu adipeux du rein; d'autres fois elles sont très-volumineuses. Dans un cas où les deux reins étaient trèspetits, j'ai trouvé les capsules beaucoup plus volumineuses que de coutume. On avait avancé que le volume des capsules était plus considérable dans la race nègre que dans la race caucasique. J'ai eu occasion d'observer deux ntgres chez lesquels elles ne dépassaient pas le volume ordinaire. Chez le fœtus, elles sont proportionnellement plus considérables que chez l'adulte. Je les ai trouvées volumineuses chez plusieurs femmes très-avancées en flge.

Du reste, le volume des deux capsules surrénales n'est pas identiquement e môme; mais la droite n'est pas plus volumineuse que la gauche, comme le veut Euslachi; bien au contraire, la gauche m'a paru généralement plus volumineuse que la droite. Leur poids est d'environ 7 grammes.

4» Forme. Je la comparerai, avec Boyer, à celle d'un casque aplati d avant en arrière, qui embrasse par une facette étroite et concave l'cNlrémUé supt cui du rein. Au reste, celte forme est très-variable, tantôt allongée dans le sens ver-

situation.

Les capsules surrénales n'accompagnent pas les reins dans leur déplacement.

Nombre,

Volume.

Volume comparatif des deux capsules.

Forme.

(I) Eu8tachi,qiii les a décrits le premier,

. leB mM^iglandulœquœ venibus incumbunt.

348 SPLANCIINOLOGIIÎ.

tical, i\ la manière d'un bonnet |)hrygien, tantôt oblongue transversalement. Uappoiis : 5» Rapports. La face antérieure, k'gôrement convexe, prcsente des rappoi ts différents à droite et à gauche. A droite, elle répond au foie, auquel elle adhùre par un tissu cellulaire assez dense pour qu'on enl6ve toujours la capsule en uiûrne temps que cet organe. Ce rapport de la capsule avec le foie est bien plus constant Kii avant, et plus intime que celui de la niûnie capsule avec le rein. Une petite empreinte déjà indiquée (voyez foie), creusée sur la face inférieure du foie, et située à droite de la veine-cave ascendante, est destinée à cette capsule. A gauche, la capsule est en rapport immédiat avec le pancréas, en rapport médiat avec la rate et la grosse tubéroi-ité de l'estomac, dont elle est séparée par le péritoine. Kl. arrière. La fuce postérieure, aplatie, est appliquée sur la partie la plus élevée des piliers du diaphragme, au niveau de la dixième vertèbre dorsale. Les grands nerfs splanchniques, les ganglions semi-lunaires sont situés en arrière et en dedans de ces capsules, auxquelles ils envoient des rameaux si nombreux que Duvern.oy avait considéré les capsules comme les ganglions des nerfs rénaux. Le rapport de la capsule surrénale droite avec la veine-cave ascendante, à laquelle elle est attachée, mérite d'être signalé, uor.i cnu- Leur bord supérieur ou convexe, mince, légèrement sinueux, regarde en dedans et en haut.

Bord con cave

face.

(^avilé

Leur bord inférieur ou concave, épais, est presque toujours sillonné par une gouttière profonde ; il est en rapport avec la partie antérieure et interne de l'extrémité supérieure du rein.

Prolonge- La surface des capsules est environnée d'une couche mince de tissu adipeux, breux et 1^'°" parvicut à enlever qu'avec beaucoup de difficulté, en raison des prolonvascuiaires gemcuts fibreux et vasculaires très-multipliés que la capsule envoie au milieu de de sa sur- ce tissu adipeux. Des sillons vasculaires ou non vasculaires, plus ou moins profonds et plus ou moins étendus, surtout en avant, parcourent la surface de l'organe, qui est toujours lisse et non sans bosselures.

6° Cavité. Les capsules surrénales contiennent-elles une cavité, comme la dénomination décapsule semblerait l'indiquer? La question est encore en litige. 11 est certain que chez le plus grand nombre des sujets, si l'on divise les capsules en divers sens, on voit qu'elles sont formées de deux lames appliquées l'une contre l'autre, et liées comme par une substance glutineuse, une sorte de pseudo-membrane foncée en couleur; que ces lames semblent se réfléchir en dedans d'ellesmêmes au niveau du bord concave, pour constituer, dans l'intérieur de la capcouieur. sule elle-môme, une saillie qu'on a comparée à une crête de coq. La couleur de la surface externe est jaunïltre, ou plutôt comme marbrée de grosses taches jaunes et brunes. La couleur de la surface interne, ou mieux de la surface accolée, est d'un brun marron ou couleur de bistre diversement nuancée, tellement que je serais tenté de comparer l'aspect delà surface interne de la capsule surrénale à relui des foyers apoplectiques. Il semble que, dans l'un comme dans l'autre cas, il y ait eu du sang déposé et résorbé, Aspccidei,. Cette surface interne est d'ailleurs inégale et comme déchiré.- ; l'action de icrL'"' ^^'''^'"''^^ ««P^ce de bouc jaunnire ou couleur brun-marron. J'ai vu,

de plusieurs pomts de celle surftice, naître comme des végétations sphéroidales, pulpeuses, dont la coupe présentait une couleur jaunAli e, marbrée de brun.

La dénomination de capsules atrabilaires, qui leur a été donnée par Bartholin. vient sans doute de celle coloration brun foncé de leur surface interne. Cet anaioniiste, qui les regardait comme des petiles poches ou capsules, pensait qu'elles

CAPSULES SURRÉNALES.

élaienl le réservoir de ce liquide nniratre, sanguis niijer (Bartholin), succus atrabilarius, extrameiitum glandalosum (Lecat), auquel les anciens donnaient le nom d'atrabile.

7» Stnicture. Les capsules surrénales sont constituées par deux substances : l'une externe ou corticale, l'autre interne ou médullaire.

La. substance corticale est jaunâtre, d'une consistance assez ferme; elle se dé- structure, chire facilement dans le sens de l'épaisseur de l'organe et présente un aspect strié °'"J"';; sur la surface de déchirure; elle mesure l^^-jOO à l»'",bO en épaisseur. La dispo- corticale, sition striée de la couche corticale, qui est si (acile à observer chez les grands animaux, s'efface assez souvent chez l'homme, oïl la capsule semble convertie en une lamelle jaunâtre, mince, repliée sur elle-même. L'aspect lobuleux de sa surface n'est qu'une apparence et tient aux sillons vasculaires qui la parcourent.

La substance médullaire est d'un gris blanchâtre, d'une consistance moindre que celle de la couche corticale; elle se décompose avec une grande facilité, se ramollit, et prend une coloration de plus en plus foncée. Son épaisseur est de 2 à 3 millimètres à la partie moyenne de l'organe, mais elle va en diminuant notablement vers les bords.

Une membrane fibreuse, analogue à la membrane propre du rein, revêt les cap- Membran suies surrénales. Elle envoie dans l'épaisseur de la substance corticale des la- fibreuse, melles qui partent de sa surface profonde et qui, s'unissant entre elles, circonscrivent une foule d'alvéoles, dont le grand diamètre, dirigé dans le sens de l'épaisseur de la substance corticale, mesure de 0-",05 à 0">™,07. La cavité de ces alvéoles est subdivisée, par des cloisons secondaires très-fines, en petites loges dans lesquelles est déposée la substance propre de l'écorce. Celle-ci se compose su^bstanc de cellules polygonales, réunies en amas compactes, et renfermant de fines gra- p^L', nulalions, auxquelles s'ajoutent parfois des granulations graisseuses, et, dans la couche la plus interne, de nombreuses granulations pigmentaires brunes.

(Fig. 226) n.

Dans la substance médullaire, on trouve également une sorte de rés( tin, formé de faisceaux très-délicats de fibres conjonctives; dans les

Substance incdullnire.

SFLANCHNOLOGIE.

(le ce réseau est déposée une substance fine et granulée, au sein de laquelle sont disséminées des cellules irùs-pAles, de 0"'"',02 à O^^^OS de diamètre, dont les formes anguleuses, les piolongements simples ou ramifiés, le contenu granuleux avec un noyau central, muni lui-môme d'un nucléole, rappellent jusqu'il un certain point les cellules des organes centraux du système nerveux.

Artères. Vaisseaux. Les artères capsulaires sont très-nombreuses et très-volumineuses,

eu égard à la petitesse de l'organe. Elles se divisent en supérieures, branches de la phrénique, en moyermes, qui viennent directement de l'aorte, et en inférieures, qui sont fournies par les rénales.

Quelques-unes plongent directement dans la substance médullaire. Le plus grand nombre se ramifient dans la substance corticale, après avoir formé par leurs anastomoses un réseau superficiel contenu dans la membrane d'enveloppe. Les rameaux qui parlent de ce réseau^ cheminent dans les cloisons des alvéoles, où elles forment des réseaux plus déliés, enveloppant les amas de cellules. Enfin, des parties les plus internes de ces réseaux partent des ramuscules très-fins, qui se distribuent dans la substance médullaire, de même que les rameaux qui y ont pénétré directement.

Veines. Les veines sont également très -volumineuses et naissent principalement de

la substance médullaire; c'est pour elles qu'existe surtout le sillon antérieur. On croyait autrefois qu'elles s'ouvraient directement dans la cavité de la capsule, vu la facilité avec laquelle les injections d'air ou d'un liquide quelconque poussées par ces vaisseaux distendent la capsule. Les veines de la capsule droite, extrêmement courtes, vont directement dans la veine-cave inférieure; celles de la capsule gauche se terminent dans la veine rénale du même côté.

Les vaisseaux lymphatiques sont peu connus.

Les nerfs sont extrêmement multipliés. Ils viennent 1° directement des ganglions semi-lunaires et du plexus solaire; 2" des plexus rénaux. Le nerf pneumo-gastrique et le nerf diaphragmatique leur donneraient aussi quelques filets, suivant Bergmann. Ces nerfs, composés presque exclusivement de tubes à bords foncés, forment^ dans la substance médullaire, un réseau très-serré, qui fait de la capsule surrénale un des organes les plus riches en nerfs.

On cherche vainement dans les capsules surrénales le canal excréteur admis par plusieurs anatomistes, et que les uns conduisaient dans le bassinet, les autres aux testicules chez l'homme et à l'ovaire chez la femme.

8° Développement. Les capsules surrénales apparaissent à la môme époque que les reins, mais se développent plus rapidement que ces organes. Elles sont déjà distinctes vers le deuxième mois de la vie intra-utérine, et surpassent alors le rein en poids et en volume. Celle prédominance persiste pendant tout le troisième mois. A quatre mois, les reins et les capsules surrénales sont égaux en volume. A six mois, le volume des capsules n'est plus que moitié de celui des reins. A la naissance, il n'est plus que le tiers.

L'existence d'une cavité dans les capsules surrénales n'est pas mieux démontrée dans le fœlus que chez l'adulte.

Chez les vieillards, les capsules surrénales sont quelquefois très-volumineuses ; leur couleur est constamment jaunAIrc. à cet âge de la vie. Usages. 9o Usagcf. Les usages des capsules surrénales sont inconnus; nous ignorons

même si nous de\ons les classer parmi les organes glanduleux. Le grand nombre

Vaisseaux lymphatiques.

Nerfs.

Il n'y a pas de canal excréteur.

Développement des capsules

surrénales.

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