C. — structure île l'ntérns
La slriicUire de Tulérus doit Ctre examinée dans deux circonstances bien distinctes : 1" dans l'élat de vacuité; 2° dans l'état de plénitude.
Une enveloppe séreuse, dépendance du péritoine, un tissu propre, de nature musculeuse, une membrane interne ou muqueuse, des vaisseaux et des nerfs, telles sont les parties constituantes de l'utérus. Membrane A. Membrane externe ou pèritonéale. Le péritoine qui a revêtu la face postérieure périionéaie. Je la vessie, se réfléchit sur la face antérieure de l'utérus, dont il recouvre les trois quarts supérieurs seulement, le quart inférieur répondant immédiatement à la vessie. Arrivé sur le fond de l'utérus, il gagne la face postérieure, qu'il revêt en entier, se prolonge un peu sur le vagin, au-dessous des ligaments utérosacrés, et se réfléchit sur le rectum. C'est le prolongement transversal de celte Li^ameuts môme lunique pèritonéale qui constitue les ligaments larges. Dans l'intervalle larges. g^j sépare la vessie de l'utérus, cette membrane forme deux replis falciformes Ligaroenis très-pelils, qui portent le nom de ligaments vésico-utérins. Deux autres replis, ^*^rins"'^' bs^ucoup plus Considérables, étendus de la face postérieure du col de l'utérus sur les côtés du sacrum, constituent les ligaments utéro-rectaux ou uléro-sacrés utero- de M"» Boivin.
SclC T'6 S
Adhérence Très-làche au niveau du col et vers les bords de l'utérus, l'adhérence du péride la tuiii- toine devient d'autant plus intime qu'on se rapproche davantage de la ligne mé- ''"néafe"^''"' ^^'^ ^^^^i P^"^ marquée sur la face postérieure que sur la face anté-
rieure de l'organe. En se développant pendant la grossesse, l'utérus s'approprie les feuillets périlonéaux des ligaments larges, espèces de mésentères, qui se dédoublent pour se prêter à son ampliation (1). arivérus! ^' propre. Hors l'état de grossesse, il est grisâtre, très-dense, très-résistant et criant sous le scalpel comme le tissu fibreux. Si la consistance du corps de l'utérus paraît moindre que celle du col, cela provient uniquement de ce que le premier es! plus fréquemment que l'autre le siège d'une fluxion sanguine.
Le tissu propre de l'utérus, qui constitue la portion principale de la paroi utérine, est composé de fibres, c'est-à-dire de parties disposées linéairement. Ces duÏÏu'pro- ^'!^^^^ appartiennent au tissu musculaire de la vie organique : l'examen microscoprc de l'u- pique a mis fin à toutes les discussions qu'on avait soulevées à ce sujet. D'ailleurs tcrus. SI, à l'œil nu, il pouvait rester des doutes sur la nature du tissu fibroïde de la paroi de l'utérus à l'élat de vacuité, il n'en est pas de mémo dans les conditions différentes. Pendant la grossesse, ou par suite du développement de tumeurs, d une accumulation de liquide dans la cavité utérine, le tissu propre de l'utérus rcvût tous les altril)uts extérieurs du tissu musculaire, tel qu'on le trouve dans les appareils de la vie organique, dérnb'res ^-'^'^ireciion des fibres musculaires de l'utérus a fait l'objet de recherches assez de ruicrus. nombreuses. Or, parmi les anatomistes, il en est qui admellent, avec Malpighi et Monro, qu'il n'y a rien de régulier dans la disposition de ces libres et que leur
(I) La laxite de l'adlitireiice du péritoine an niveau du col et des l)ords de l'ulerus explique pourquoi, dans le cas d'une déchirure considérable du col utérin, le péritoine participe rarement à la lésion, et pourquoi l'épanchement de sang se fait alors entre le tissu de l'utérus Cl le péritoine, .l'ai vu deux cas de ce genre.
DE l'utérus.
(Fig. 330)
entrelacement est inextricable. On doit avouer que dans l'état de vacuité de l'utérus, il paraît en être ainsi : les fibres sont tellement serrées les unes contre les autres que tous les faisceaux semblent coufondus et que c'est en vain qu'on chercherait à les débrouiller à l'œil nu. A peine peut-on, sur des coupes pratiquées dans diverses directions, prendre une idée générale de la disposition des divers plans de faisceaux musculaires. Mais dans l'état de gestation, les éléments musculaires ayant pris un développement considérable, l'intrication des faisceaux devient relativement facile à débrouiller, au moins pour un certain nombre d'entre eux (1).
On peut admettre que la paroi musculeuse de l'utérus est formée de trois couches ou plans de faisceaux : unecouche externe, unecouchemoyenne et une couche interne. Ces trois couches ne sont point nettement séparées l'une de l'autre, comme cela s'observe dans la paroi du cœur; loin de là, elles se continuent entre elles et s'envoient fréquemment des faisceaux de communication. Néanmoins, comme les fibres qui les composent, présentent dans chacune d'elles une direction différente, il est possible de les décrire isolément. Celte direction n'est pas absolument invariable, comme dans les muscles de la vie de relation ; mais elle se rapproche toujours d'un type déterminé, dont on peut rencontrer une foule de variétés.
1' La couche externe ou superficielle comprend un faisceau longitudinal, ou plutôt un large ruban médian, et des fibres ti ansversales.
Le faisceau médian, faisceau ansiforme de M. Hélie (2), dont nous suivrons la description, naît sur la face postérieure de l'utérus, au niveau de l'union du corps et du col, par des fibres qui se continuent avec les fibres transversales. Il est souvent recouvert, à son origine, par une mince couche de ces dernières. Dans son trajet ascendant sur la face pos-
(1) Humer, Analomia uleri; Uosenberger, dans Schle- 9fi\,Sijllofj . oper. minor. ad arlem obstetric. Lipsiœ, t. H, p. 296. Voyez aussi le Mémoire présenté à l'Académie de médecine par M"» Boivln, octobre 1821, et la communication faite à la Société anatomlque par Deville. en
(2) Uechcrclies sur la disposition des fibres musculaires de l'utérus développé parla grossesse. Avec atlas de 10 planches. Paris, 18G4.
Trois couches.
Couche externe.
Faisceau ausiforme.
LîL
( ) Section de la paroi utérine, perpeutliculiire à sa surface. — 1, rcvùtcmeiil périloiiùal. — i! « 7, lumque musculeuse. - 8, muqueuse.
SPLANCHNOLOGIE.
Kibreslransversales.
Fibres du col.
Cnuche moyenne.
Couche interne.
Sphincter de l'orifice interne du col.
térieure de l'ulérus, il se ronfoire successivement de fibres semblables qui s'ajoutent à ses bords, et de fibres nouvelles qui commencent dans récarlcmenl de ses fibres primitives. 11 se recourbe ensuite sur le fond de l'utérus, oiî ses fibres, jusque-là parallèles, vont en divergeant, de sorte qu'on peut y distinguer trois portions : une portion interne, une portion externe et une portion moyenne; la portion interne s'entre-croise souvent partiellement avec celle du côté opposé de la ligne médiane; la portion externe se dirige vers les angles de l'utérus et se môle aux fibres transversales. Les fibres de la portion moyenne descendent sur la face antérieure, puisse recourbent successivement en dehors, pour se continuer avec les fibres qui constituent les ligaments ronds. Quelquefois les fibres les plus internes de ce faisceau descendant atteignent le niveau de l'isthme de l'utérus, et se recourbent à leur tour en dehors pour se mêler aux fibres transversales.
Les fibres transversales forment la masse principale de la couche externe. Sur la moitié inférieure du corps, elles sont directement transversales; plus haut, elles deviennent convergentes vers les angles de l'utérus. Vers la ligne médiane, les plus superficielles se recourbent quelquefois pour devenir longitudinales et se continuer avec le faisceau ansiforme ; celles qui sont plus profondes, passent directement d'un côté à l'autre de l'utérus. En dehors, les fibres superficielles se prolongent dans les ligaments larges, sur les oviductes et dans les ligaments ronds et ovariques; les fibres plus profondes se recourbent sur les bords de l'utérus, et passent d'une de ses faces sur l'autre. Dans ce trajet, elles rencontrent les artères et les veines de l'utérus, qu'elles entourent d'anneaux contractiles. En même temps, les fibres passent d'un plan dans un autre, de sorte que, superficielles en avant, elles sont souvent profondes en arrière, et réciproquement.
Les fibres du col sont généralement transversales, un peu obliques cependant en bas et en dedans, et souvent entre-croisées sur la ligne médiane; elles envoient des expansions, en dehors, dans les ligaments larges, en arrière, dans les ligaments utéro sacrés, et quelquefois, en avant, dans les ligaments utéro-vésicaux.
2° La couche moyenne des fibres musculaires de l'utérus se fait remarquer, sur les coupes de la paroi utérine, dont elle forme environ un tiers, par le volume considérable des vaisseaux, principalement des veines, qui la traversent. Elle se compose de faisceaux musculaires qui se croisent dans toutes les directions et qui s'envoient fréquemment des branches circonscrivant plus ou moins complètement de larges trous ou canaux, dans lesquels sont contenus les vaisseaux sanguins. Celte texture est la même dans tout le corps de l'utérus; eUe est surtout manifeste dans la région qui correspond à l'insertion du placenta. Hien de semblable n'existe dans le col.
3° La couche interne se compose principalement de fibres annulaires, depuis isthme de l'utérus jusqu'au voisinage des orifices des trompes. Mais ces fibres sont recouvertes, sur chacune des faces de l'utérus, par un faisceau large et épais de fibres longitudinales, faisceau triangulaire, dont la base supérieure s'étend d un orifice tubaire à l'autre, et dont le sommet, dirigé en bas, descend jusque près de 1 orifice interne du col. Il est formé de fibres transversales qui se recourbent de bas en haul, parcourent un certain trajet dans le sens longitudinal, puis redeviennent transversales.
Un faisceau annulaire très-puissant et toujours un peu saillant entoure l'oriiice interne du col, et y forme un véritable spbincter, qui explique le resserrement habituel de cet orifice. Des anneaux musculaires dont le diamètre va en
DE l'utérus.
lii^croissant de dedans en dehors, entourent les infundibulums de la cavité utérine; sur la ligne médiane de la paroi antérieure et de la paroi postérieure, les ;uinc;iux de droite et ceux de gauche s'adossent et m&me s'enire-croisent. Leurs moitiés supérieures forment des arcs antéro-pûslérieurs qui constituent la voûte (le la cavité utérine; par leur moitié inférieure, ils commencent la série des libres transversales circulaires.
Dans le col, sur le milieu de chaque paroi, un faisceau musculaire ramifié dé- ;ermine la saillie de l'arbre de vie; il s'élève de la partie moyenne de chaque paroi et forme des arcades à droite et à gauche. Au-dessous de ce faisceau, mais assez profondément, les fibres sont transversales ou annulaires, et se confondent avec celles de la couche externe.
Les données fournies par l'anatomie comparée sont parfaitement en rapport
ec la description qui précède. Ainsi l'utérus d'une truie qui venait de mettre lias, m'a démontré i" que le col est exclusivement composé défibres circulaires ; ■1" que les cornes {aduterum de M. GeoflVoy Saint-Hilaire), qui remplacent le corps de l'utérus de la femme, sont constituées par deux couches de fibres : l'une extérieure longitudinale, l'autre profonde circulaire. En étudiant cette disposition, ou est conduit à reconnaître que le corps de l'utérus, chez la femme, résulte évidemment de deux adutei um adossés, qui comnmniquent entre eux, au lieu de f ouvrir isolément dans la cavité du col.
Quelques anatomisles, parmi lesquels nous citerons M. Hélie, admettent qu'il
■ \isle au-dessous du péritoine une lame fibreuse très-mince, mais très-résistante, Hu- laquelle s'insèrent un grand nombre des fibres superficielles de la couche musculaire. Cette lame n'est autre chose que le tissu cellulaire qui unit le péri-
iiie à la couche sous-jacente.
I.a tunique musculeuse de la matrice est composée de faisceaux de fibres ,'partenant au système musculaire de la vie organique. Ces fibres sont fusiformes, 1 noyau ovalaire ; elles ont de 5 à 7 centimètres de longueur et sont unies entre illespar du tissu conjonctif embryonnaire, qui les rend très-difficiles à isoler.
L'énorme développement des parois utérines pendanlla grossesse tient en grande , arlie à l'accroissement de volume des fibres-cellules de la tunique moyenne, i'îsquelles, suivant Kœlliker, deviennent environ 7 à H fois plus longues et 2 à
■ fois plus larges; en même temps il se formerait des éléments musculaires nou- ■iux dans les couches internes de celte tunique, et le tissu conjonctif inter- "jdiaire deviendrait beaucoup plus abondant.
C. Membrane interne ou muqueuse. Les anatom istes qui ont étudié la surface 1 "terne de l'utérus après l'accouchement, et en particulier Morgagni et Chaus- •r, ont contesté l'existence de la muqueuse utérine, aussi bien que ceux qui ■idnictlent une nmqueuse que là où la dissection peut la montrer distincte dans 'i'ie certaine étendue (I),
Aujourd'hui que le microscope a mis fin d'une manière définitive à toutes les •5niiqueâ qu'a suscitées ce point d'anatomie, il est inutile de rappeler les divers '1res de preuves qu'oui apportées à l'appui de leur opinion les auteurs favo-
'0 Chaijssier admettait que non-seulement l'épiderme, mais encore le chorion et toutes parties constituantes de la muqueuse cessaient à l'orince vaginal de l'utérus. Nier la
■■'ence d'une muqueuse sur la face Interne de l'utérus, par cela seul que la séparation de e membrane est extrêmement dimcile, me paraît aussi peu logique que de repousser
^latence d'une muqueuse dans les fosses nasales, parce qu'il est à peu près impossible de
réparer, par la dissection, du périoste et du péricliondre de cette cavité.
Concordance des faits fournis par l'anatomie comparée.
Structure des
faisceaux musculaires.
M uqueuse utérine.
Muqueuse du corps de l'utérus.
Structure.
Épithélium.
Couche fondamentale .
Glandes utérines.
rables à l'idée de l'existence d'une muqueuse utérine. Celte muqueuse est incoa lestable, aussi bien dans la cavité du corps que dans celle du col de la malrice mais elle s'y pi'éscnte avec des caiaclèrcs spéciaux, qui n'apparlienneiil qu'i elle seule cl qui sont d'ailleuis dilTcfenls suivant qu'on l'examine dans l'une o dans l'autre de ces cavités.
1» Corps de l'utérus. La muqueuse du corps de l'utérus est d'un blanc grisaii-e ou rosé; sa surface est lisse, finement ponctuée. Son épaisseur, dans la période intermenstruelle, ne dépasse pas, en général, 1 millimètre, et dans certains points, elle n'est que de 0'""',5; h l'époque des règles, elle augmente considérablement et peut atteindre jusqu'à 3 millimètres et môme davantage.
Contrairement à ce qui s'observe pour la plupart des muqueuses, la muqueuse utérine n'est point séparée de la tunique musculeuse par une couche plus ou moins épaisse de tissu conjonclif, permettant de la faire glisser sur cette tunique ou du moins de reconnaître immédiatement les limites exactes entre les deux tuniques. Ces limites ne peuvent être appréciées convenablement qu'au microscope, et l'on s'assure qu'un certain nombre de faisceaux musculeux pénètrent dans l'épaisseur de la muqueuse, entre les glandes utérines.
Deux couches distinctes composent la muqueuse utérine : une couche épilliéliale et une couche fondainentale ; celle-ci renferme dans son épaisseur des glandes, des vaisseaux et des nerfs.
V épithélium de la muqueuse utérine est composé d'une simple couche de cellules cylindriques pales, de 0°"°,035 de hauteur et garnies à leur surface libre de cils extrêmement déliés, qui se meuvent de dehors en dedans. L'épithélium vibra tile se prolonge jusqu'au milieu de la hauteur du col ; plus bas, il est remplacé par un épithélium pavimenteux. Comme les cils n'agissent qu'en se redressant, il est impossible qu'ils aient pour fonction, comme on l'a prétendu, de faire cheminer le sperme vers les ovaires.
La couche fondamentale se compose, dans le corps de l'utérus, d'un tissu conjonctif embryonnaire dans lequel se voient des noyaux très-serrés et des fibres cellules on , ,^ lamelles aplaties.
y^So^^^ii^lÙM^Â^ Les glandes utérines sont des utricules sim-
ples ou bifurqués, qui ont beaucoup d'ana-ii logie avec les glandes de Lieberkûhn del'in- j lestin. Leur longueur est déterminée par l'épaisseur de la muqueuse et varie avec elle: leur largeur est de O^^jOSà 0""",07. Souvent leur extrémité en cul-de-sac est recourbée en crochet ou contournée en tire-bouchon, lîlles s'ouvrent isolément ou par groupes de deux ou^ trois, par un orifice de 0™™,07 de diamètre, au fond des petites dépressions qu'on observe à la surfnce de la muqueuse utérine. Lorsque la muqueuse
(Fig. 33 1) (*).
n Section horizontale de la muqueuse du corps de l'ulcnis. - \. section d'une glande utérine. - 2dépression produite par l'ablation de Pépilhélium d'une glande utérine diyiscc en travers. - 3, Hépression avec deux glandes utérines. — t, vaisseau sanguin.
DE l'uTÉUUS.
s'hyperlrophie sous l'influence de la menslrualion, les glandules prennent un développement relativement plus considérable encore.
Elles sont formées d'une membrane amorphe très mince, garnie intérieurement d'une couche d'épithélium cylindrique, qui ne se distingue de celui de la surface libre de la muqueuse
quepar l'absence decilsvibraliles. (Fig. 332) {').
Les cellules de cetépilhélium ont 0""°, 02 de hauteur dans les glandes étroites, O^^jOo dans les glandes larges.
Ces glandules son l extrêmement nombreuses; elles ne sont généralement séparées que par un inlen'alle de O"",! à 0""°,2.
2" Col de l'utérus. La muqueuse du col offre une consistance beaucoup plus grande que celle du corps; elle est plus blanche, plus dense et moins friable. Son épaisseur est de 1 millimètre, mais elle s'accroît considérablement au niveau des plis de la paroi antérieure et de la paroi postérieure.
La muqueuse du col est garnie, dans son tiers ou sa moitié inférieure, de papilles verruqueuses ou filiformes, qui ont de 0"",2 à 0°"°,7 de hauteur, et qui sont très-nombreuses à la surface externe du museau de tanche. Formées d'une substance amorphe renfermant une multitude de noyaux, et parcourues par une ou deux anses vasculaires, elles ne font aucune saillie à la surface de l'épithélium.
Enire ces plis se voient une foule d'orifices arrondis ou ovalaires, de 0°"",3 à 0'°"',4 de largeur, disposés en séries linéaires et qui conduisent dans les cavités anfractueuses tapissées d'un épilhélium cylindrique. Le diamètre de ces cavités, qui occupent toute l'épaisseur de la muqueuse, n'est guère plus considérable que celui de leur ouverture. Elles représentent des follicules rudimentaires, dans lesquels on rencontre cependant le mucus transparent et visqueux qui remplit habiluellement la cavité du col.
La muqueuse du col se compose d'un chorion muqueux, formé presque exclusivement par du tissu conjonctif, et d'un épithélium, formé de cellules cylindriques dans les deux tiers supérieurs du col, de cellules pavimenteuses, dans son tiers inférieur.
On rencontre souvent à la surface de la muqueuse utérine des vésicules sphériqties, transparentes, en nombre plus ou moins considérable, qui ont été prises pour des ovules par Nabolh [œufs de Nahoih). Ces vésicules ne sont autre chose que des follicules mucipares, qui se rencontrent dans la cavité du corps aussi bien que dans celle du col, mais qui abondent surtout dans le col au voisinage de l'orifice. Quand elles sont d'un petit volume et que leur diamètre ne dépasse pas \ ou 2 millimètres, elles restent enfouies dans la muqueuse, sans paraître au dehors. Elles ne deviennent apparentes que dans les cas où le mucus s'accumule dans leur cavité en quantité notable, par suite de l'oblitération de leur orifice. Leur développement, qui est parfois considérable, a fait croire, dans certains
Slructurj
Muqueuse du cul.
Papilles.
Follicules.
Structure.
Des prétendus oeufs de
Naboth.
Les follicules de la cavité utérine ont l'apparence vcsi-
culeusc.
llsabondcnt dans le col.
(*) Kpithéliiim du corps de l'utcru» vu de face. Kiitrc les surfaces libres dos cylindres vibraliles se voit I orifice d'une glande utérine,
SPLANCHNOLOGIË.
Artères utérines.
Veines.
cas, à des maladies plus graves {\). Elles sont formées par une membrane d'enveloppe, appartenant au tissu conjonclif, et d'un épiihélium cylindrique; elles renferment un liquide transparent, vitreux ou colloïde.
Les œufs de Naboth résultent probablement de l'oblid^ration accidentelle ài l'orifice des follicules muqueux, qui dès lors se laissent distendre par leur produit de si'crtHion. Mais on les renconire également sur les lèvres du col, où ce? glandules font défaut.
D. Vaisseaux et nerfs, i° Artères. — Les artères de l'utérus proviennent de deux sources : i" les unes naissent de l'hypogaslrique et prennent le nom d'artères utérines. Placées d'abord sur les côtés du vagin, elles pénètrent dans les ligaments larges au voisinage du col ulérin, montent le long des bords de l'utérus et s'anastomosent avec les utéro-ovariennes. 2° Les autres, non moins considérables, destinées au corps de l'utérus, viennent des artères ovariennes, que j'ai cru devoir appeler pour celte raison utéro-ovariennes; elles gagnent les angles supérieurs de l'utérus, puis descendent le long des bords de cet organe, pour s'anastomoser avec les artères utérines.
Les branches fournies par les deux artères qui, de chaque côté, longent le bord de la matrice, cheminent d'abord sous le péritoine, entourées par les faisceaux musculaires qui émanent de l'utérus, puis, après un certain trajet, plongent dans l'épaisseur de la tunique musculeuse, où elles se ramifient et s'anastomosent entre elles et avec celles du côté opposé. Toutes ces branches, trèsnombreuses, se font remarquer par leurs flexuosilés en tire-bouchon (2). Elles ne se distribuent pas d'une manière égale à toutes les parties de l'utérus : le col n'en reçoit qu'un petit nombre ; au voisinage de l'angle supérieur de la matrice, au contraire, l'artère utéro-ovarienne fournit tout à coupde douze à dix-huit bouquets d'artères enroulées en spirale, qui couvrent de leurs ramifications toute cette région de l'organe Au niveau du sillon qui sépare le corps du col, M. Huguier a signalé l'existence d'un cercle artériel formé par les 'anastomoses des artères du côté droit avec celles du côté gauche.
Les dernières ramifications des artères de l'utérus se distribuent dans la muqueuse utérine. Celle-ci n'offre des vaisseaux d'une certaine importance que dans ses couches profondes; au-dessous de l'épithélium, on trouve un réseau capillaire fin et serré, dont les mailles logent les orifices des glandules.
2» Vet7ies. Les veiiies de l'utérus sont remarquables par leur énorme développement; ce sont de larges canaux, creusés dans l'épaisseur de la substance musculaire et fréquemment anastomosés entre eux ; on leur a donné le nom de sinus utenns et leur ensemble a été désigné par M. Rouget sous celui de corps spongieux àe 1 utérus. Les sinus utérins occupent tout le corps de la matrice et cessent brusquement au niveau de l'orifice supérieur du col, organe qui présente
dani IffJTT"''''' '""'^'P'''^^^ est extrêmement considérable oui ni sont n„rT' ^'■'^'^"''"'•^ '^'"-^'^ vieilles femmes. Ces polypes muqucax.
soûvëntTlnL ï r "T «"^ ^'éPens de la muquen's , contiennent
•arrenconTé ç '"""^""'^ <rôs-déveioppés. Dans des cas de ce genre.
ruf rai^t înipr/'' "".r"''' "^"'«"^P""'- '-ut de favoriser le développement de ft-te-
DE l'utérus.
un développement veineux bien moins prononcé. Entre les sinus utérins, on rencontre dans la paroi de la matrice des conduits veineux enroulés en spirale, comme les arlères, et analogues aux réseaux admirables du gland et du corps spongieux de l'urèlhre de l'homme.
Sur les bords latéraux de l'utérus, ces sinus communiquent avec de vaslesptews wemeux, situés dans l'épaisseur des ligaments larges et continus, en bas, avec le plexus vaginal, eu haut avec le plexus sous-ovarique ; on leur a donné le nom de plexus pampini formes. De ces plexus partent, en bas, les veines honteuses, au milieu les veines utérines, en haut les veines ovariennes. Ces dernières vont se jeter, à gauche, dans la veine rénale, à droite, dans la veine cave inférieure. Toutes ces veines ne présentent que de rares valvules et ne prennent leur développement complet qu'après la puberté.
3° Vaisseaux lymphatiques. vaisseaux lymphatiques, que je n'ai bien étudiés que pendant la grossesse et après l'accouchement, époque à laquelle je les ai souvent trouvés pleins de pus, offrent, comme les veines, un volume extrêmement considérable (1); ils forment divers plans dans l'épaisseur de l'utérus; les superficiels sont les plus développés. Us se divisent en deux groupes : ceux du col, qui vont se rendre dans les ganglions pelviens; ceux du corps, qui aboutissent aux ganglions lombaires. Ces derniers accompagnent les veines uléroovariennes.
4" Nerfs. Très-bien décrils et représentés par Tiedemann tels qu'on les voit dans Ne l'état de grossesse, et plus tard par M. le professeur Jobert, ils proviennent, les uns, des plexus rénaux et niésentérique inférieur pour arriver à l'utérus accolés aux arlères utéro-ovariennes ; les autres, du plexus hypogastrique : ces derniers sont formés par quelques branches antérieures des nerfs sacrés et par des branches provenant des ganglions lombaires du grand sympathique. Ces deux plexus s'anastomosent ensemble dans l'épaisseur des ligaments larges, émettent des filets sur les deux faces de l'utérus, filets qui pénètrent dans l'épaisseur de l'organe, en restant accolés aux artères ou en cheminant dans leurs intervalles. C'est à l'union du corps et du col qu'on rencontre les filets les plus nombreux.
La question de savoir si la portion vaginale du col utérin manque de nerfs, question résolue négativement par M. Jobert (2), a reçu une solution affirma- Uve des recherches de MM. R. Lee, Lud. Hirschfeld et Richet. Ce dernier anato-
Plexus veineux.
Vaisseaux lymphatiques.
(1) \ oyez Anatomie pathologique, avec planches, 14^ Uvr.
(2) Voici le résultat des recherches de M. Boulard, aide d'anatomie de la Faculté, sur les nerfs de l'utérus. Ces recherches ont été faites sur des pièces qui avaient macéré dans l'eau additionnée de quantités variables d'acide nitrique, seul moyen d'isoler les nerfs proprement dits au milieu de la gangue celluleuse et fibreuse, qui en impose si souvent, et de suivre les filets nerveux les plus ténus jusqu'à leur point de départ. Les résultats de ces recherches ont été constamment en désaccord avec ceux de Robert Lee et tout à fait conformes aux travaux de Lobsiein et à ceux de Beck {Transactions philosop/iiques, 1846). Voici les conclusions de ce travail :
« 1» Les nerfs de l'utérus sont en très-petit nombre.
« 2" Ils n'augmentent pas de volume pendant la grossesse, si bien que nous ne pouvons « que répéter ce que nous disait M. le professeur Cruveilhier, qui , pendant quelques in-
• atanls, avait été témoin de nos recherches : « C'est, je crois, une difilcultc de plus que de « rechercher les nerfs de Tutéras sur cet organe préalablement développé par le travail de « la conception. » Ce qui nous a suggéré l'idée de préparer ces nerfs comparativement sur
• l'utérus d'une enfant de 12 ans environ et sur celui d'une femme morte au moment du
• travail de l'accouchement , et nous avons vu que les principales modifications portaient,
SPLANCIINOLOGIE.
Développement de l'utérus.
Prédominance du col sur le corps.
niiste assure avoir pu, à difTérentes reprises, suivre des filels nerveux jusqu'à la partie moyenne du col, et tout porte à croire que Jes lèvres du museau de tanche n'en sont pas complètement dc'pourvues^ bien qu'il ait été impossiblejusqu'à ce jour de les y mettre en évidence.
Développement. L'utérus et les oviductes, ainsi que le vagin, résultent des transformations de deux canaux particuliers qu'on trouve chez le fœtus et qui portent le nom de canaux de 31 Ciller. D'abord situés au côté externe des corps de "Wolir, ces canaux, légèrement renflés à leur extrémité supérieure, se dirigent en dedans et en arrière à leur extrémité inférieure, pour s'ouvrir dans la portion inférieure de la vessie, qui constitue à ce moment le sinus uro-génilal. Cette communication a lieu d'abord par deux orifices distincts; mais les deux canaux de Mûiler se rapprochent graduellement h leur extrémité inférieure, se soudent entre eux et, par la destruction de la double cloison qui sépare leurs cavités, constituent une cavité commune et unique, qui est la cavité utéro-vaginale. De plus, l'orifice supérieui- de ces canaux s'évase et forme le pavillon, qui reste distinct de l'oTaire.
Il n'existe d'abord aucune limite entre l'utérus et le vagin. La séparation ne se montre qu'à la fin du cinquième mois: un bourrelet circulaire apparaît a la face interne de la paroi du canal utéro-vaginal et s'accroît dans les derniers mois de la grossesse pour former la portion vaginale du col. Les parois de l'utérus ne commencent à s'épaissir qu'au sixième mois, et pendant longtemps le col 1 emporte sur le corps sous le rapport des dimensions et de l'épaisseur des parois.
La partie la plus large de l'utérus correspond à son extrémité vaginale, la partie la plus étroite répond à son fond, si bien que les deux trompes utérines
" "°,"„ r? T "ï"^ ^ P«'"^ dilTérent, que sur l'état des plexus.
« Liiez 1 enfant, les éléments de ces plexus, rapprochés, serrés les uns contre les autres, « semblent constituer une véritable membrane nerveuse; de là partent des nerfs très-
" ff! ?' ^ ^'"^^"""^ aux ligaments ronds, pour y distribuer des ûlets tout
« a lait capillaires.
„ rpm.nl'-''/'' développé, le plexus, ainsi que l'observe Beck, est
et nll? T"*' "'"''^^ constituent des mailles plus ou moins larges;
coïnrid-.nt"r ' P''''"*' '^'"'^'•^"t 'I"^ «ne plus grande longueur.
'utius formn^ T T'' ^'"^ ''''''''' °" ''"^^''^ ^ ««"^ rencontrent sur
« 1 utérus normal d'une femme adulte,
« ou^Ia?.li!;n''ll^'"""'"' P^'''"' " eanglion hypogastriques, ainsi que de l'anneau Te, Sr " P "u^"' '"'""'■'^ •'•"■^'^'•^ à «"fée dans la vessie, ils gagnent les pars «Int r n«, T' ' '"'^^"^ distribution des artères En tous cas,
.."aVn"ntrfr'"''; ''^^ P'"""""^ artériole très-fine. Quelques-uns. très-ftns,
^Co OuVnt a , '/'".'"l «-«i ^"e le fond de l'uléru..
« de tranrl or .uî.. ? " '^''"^ ^- Longet, nous ne nous permettrons pas
n'est Das comnl.olT! I . convait.cre que le col utérin (portion sous-vadnale)
« n'^3-entda^siar ;:':rr'dr;^r
« jeter e;7;:,;::^"e^nr- "Vérins. llsufnt,du reste, de
« commcnerfsctganglionsdesfibresmu c" iTes 1 V „ , T °" 'Tr etc.. surtout après une immersion unTcu plobuger! '-^^P'^»'"^"'''''
DE l'utérus.
M>mblcnt se loucher. Sur un fœtus de sept mois, l'intervalle quisc'pare les exlréniilés utérines des trompes est d'environ 3 millimètres. Je ferai remarquer le contraste qui eviste, sous le rapport de la précocité, entre le développement des I rompes utérines et celui du corps de l'utérus ; celte circonstance est en rapport avec l'opinion généralement accréditée de nos jours que l'utérus de la femme est
imitivement bicorne, comme celui des mammifères. 11 est évident que la parinterne de chaque trompe doit être considérée comme constituant une moitié Ju corps de l'utérus.
A la naissance, le corps de l'utérus est encore rudimentaire, et si on représente le volume de l'utérus par l'unité, le corps ne forme que le quart, et le col les ircis quarts du volume de l'organe. Le corps n'est vraiment qu'un appendice du col.
Après la naissance et jusqu'à la puberté, le développement de l'utérus est, pour ainsi dire, slationnaire, en sorte que, d'après les observations de Rœderer, confirmées par celles de Dugès, l'utérus, qui a de 2S à 30 millimètres de longueur chez l'enfant naissant, n'a que 40 millimètres chez l'enfant de dix ans.
A l'époque de la puberté, l'utérus acquiert en peu de temps les dimensions qu'il devra conserver par la suite, et le corps prend un développement proportionnel considérable, si bien que, inférieur au col peu de mois avant la puberté, il lui devient supérieur après cette époque et forme les deux tiers du volume de l'organe. Ce développement du corps est en rapport avec la menstruation, qui s'établit à cette époque delà vie de la femme et dont le siège est bien manifestement dans le corps de l'utérus (1). Le tissu de l'utérus, qui est décoloré et extrêmement dur jusqu'à la puberté, devient plus vasculaire et moins dur, surtout dans la portion qui répond au corps. L'état de grossesse et l'accouchement i impriment à l'utérus des changements de volume, de forme, de texture, qui laisï sent sur cet organe des traces ineffaçables et qui permettent toujours de distiniguer l'utérus d'une femme qui a eu des enfants, de l'utérus d'une femme vierge ou stérile.
Dans la vieillesse, l'utérus s'atrophie, se déforme. tJn rétrécissement plus marqué qu'aux autres âges de la vie sépare le col et le corps; ces deux parties de l'utérus semblent devenir plus indépendantes l'une de l'autre. Les lèvres du museau de tanche s'effacent le plus souvent chez les vieilles femmes, au lieu de s'allonger, comme on le croit généralement. Le tissu du corps conserve souvent de la mollesse; le tissu du col devient d'une extrême densité.
La situation de l'utérus présente des différences notables dans les divers Ages. Chez le fœtus, l'utérus déborde de beaucoup le détroit supérieur et plonge dans la cavité abdominale; si bien que les trompes et les ovaires occupent les fosses iliaques et que le fond de l'utérus répond à la cinquième vertèbre lombaire. Après la naissance et par suite du développement du bassin, l'utérus paraît s'enfoncer peu à peu dans l'excavation. A ITige de dix ans, le fond de l'utérus répond au niveau du détroit supérieur; plus lard, il est sur un plan inférieur. Chez les vieilles femmes, on le trouve ordinairement incliné à droite ou à gauche, ou renversé en arrière, sur le rectum.
(1) Un des faits qui démontrent cette proposition, c'est l'absence complète de menstruation chez une femme dont le corps de l'utérus était plein , sans cavité, tandis que lu cavité du col existait à l'état normal. Un autre fait, c'est que l'utérus d'une femme morte pendantia menstruation m'a pré.scnté une injection très-con8idéral)le, avec mollesse delà muqueuse du corps utérin; la muqueuse du col ne participait nullement à cette turgescence.
Contraste entre le Korpsde Putérus et les trompes utériues sous le rapport de la précocité du développement.
Il est stationnaire jusqu'à la puberté.
n se développe à la puberté.
Il s'atropliie danslavieillesse.
Situation de l'utérus aux divers âges de la vie.
SPLANCUNOLOGll:;
Usages. Usages. L'ult^rus est l'organe de la gestation; c'est dans sa cavité que le gerri fécondé est mis en dépût et trouve les conditions les plus favorables à son dé\^ loppemcnt. I/ulérus est aussi l'agent de l'expulsion du fœlus, et c'est là ; l'onction principale, puisqu'on sait que l'œuf peut se grelfer sur un point quti conque de la cavité abdominale et s'y développer normalement, tandis que ra( couchenient ne peut avoir lieu que lorsque l'œuf s'est développé dans la matrict-
DU VAGIN
Situatiou.
Dil-ectionou aje
Forme el dimensions.
Longueur.
Brièveté eongêniale.
Largeur.
Le vagin est un conduit membraneux qui s'étend de la vulve à l'utérus {cm (luit vulvo-utérin), et qui est à la fois l'organe de copulation de la femme et lt> canal destiné au passage du sang menstruel, d'une part, du produit de la conceplion, d'autre part.
SUué dans l'excavation du bassin, entre la vessie et le rectum, maintenu dans sa position par des adhérences assez intimes avec les parties environnantes, le vagin n'est pas tellement fixe qu'il ne puisse subir un renversement sur lui-même à la manière d'un doigt de gant, ou une invagination (1).
Direction. Sa direction est oblique d'arrière en avant et de haut en bas, et forme avec celle de l'utérus un angle à sinus antérieur. Lorsque le vagin 'est court, l'utérus et le vagin ont à peu de chose près le même axe.
Fonne et dimensions. Le vagin a la forme d'un cylindre aplati d'avant en arrière, à parois toujours contiguës, comme on le voit lors de l'application du spéculum. Sa longueur ordinaire est de H à 13 centimètres et demi; mais quelquefoi elle est beaucoup moindre : je l'ai vue réduite à 4 centimètres. Cette brièveté congéniale du vagin doit être distinguée de la brièveté apparente due a 1 abaissement de l'utérus (2).
11 est à remarquer que la paroi antérieure du vagin est plus courte que sa paroi postérieure ; la différence est de 1 à 2 centimètres.
Le vagin n'a pas la môme largeur dans les divers points de sa longueur. Son orifice mférieur ou vulvaire est la partie la plus étroite; son extrémité supérieure a des diamètres bien plus considérables. Chez les femmes qui ont eu des
l'nll!:' ^fP'f'^^'"^"* '^onnu sous les noms d'abaissement, de prolapsus, de chute de ^ranger. "^"'""^ '"^«S'"'»"»" du vagin. L'utérus y est complètement
l'ablilpmpnt iiTr ' ^ ^"^''^^ congéniale du vagin est confondue avec
à dfs nZ" . T'^f' ^'"""^ '^''■""'"^ «"^'«des- Ri^" cependant n'est plus facUe Lhs Z L ' ''''''^'' "e peut être soulevé; dans le cas d'à-
L posTton^.,^ dȔg' 1"' le refoule, et reprend
usJiTca" se I d 1^^^^ ^""^'«"^ ^e stérilité, souvent
«nissi la cause (le douleurs très-vivp'îflnncrno»o I ■ .. , ,, innammatoires aigus ou chronio.l, Tv , f copulation et la source d'engorgements
dérable du vi-^in rfl! . ^ "'crus. J'ai vu un cas de raccourcissement eonsi-
la collarn au ' . "^^'"'^ ^'^ »«"cbe avait été dilaté par l'acte de
as eu e ,e ,r n.;^^^^ '"^^"''"^"^ '""valeur. Le plus souvent, dans ce
une sZe"J;l'a L S; [^^^^^^^^^^^^ [^Pf de la copulatio'n a pour conséquence
paroi postérieure du vagi Si 'o, oucip h""' " avant \ 1 on 4 rpntîmM . ^ "^^''""le , on trouve le museau de tanche en
de l'utérus Ce vncin nriiti .oi ^ ' ""^cricure est adossée à la face postérieure
uu 1 uitrus. IjC vagm nililiciel est fnicldupfniQ niiic ■ . ■
|ucn|ueiois plus long que le vagin naturel.
DU VAGIN. 491
enfants, le fond du vagin forme une vasle ampoule, dans laquelle le spéculum peut décrire les mouvements les plus étendus, et dans laquelle aussi une quan-
(Fig. 333) (').
tité considérable de sang peut s'accumuler dans les cas d'hémorrhagie utérine.
Du reste, ce conduit est éminemment dilatable, comme le prouve la parturition; il est en môme temps élastique, et après l'accouchement, il revient sur luimême, au point de recouvrer h peu près ses dimensions premières. La partie la plus dilatable et la moins élastique est sans contredit la partie supérieure du vagin, à laquelle on pourrait donner le nom A'ampoule vagiiinle, de même qu'on pourrait appeler détroit vai^man'orifice inférieur du vagin.
(*) Sectiou médiane de la portion inférieure du tronc d'un cadavre de femme congelé. L'intestin grêle a été enlevé. — 1, symphyse pubienne. — î, péritoine. — 3, couche externe de la tunique musculeuse de la msie contractée. — 4, rouche interne. — 5, tissu cellulaire sous-péritonéal. — 6, clitoris. — 7, veine diir- Mle du clitoris. — 8, section transversale du muscle transverse profond du périnée. — 9, fihres circulaires <'e l'urèthre, paroi antérieure. — 10, grande lèvre. — II, méat urinaire. — 12, petite lèvre. — 13, libres longitudinales de l'urèthre, paroi postérieure. — 14, fihres circulaires de celle paroi. — 15, orifice du vagin. — 19, tissu musculaire compacte dans Pépaisseur du périnée. — 17, sphincter externe de l'anus,
action antérieure. — 18, sphincter interne, section antérieure. — 19, orilicc anal. — ÎO, fibres musculaires longitudinale» du rectum. — 21, sphincter interne de l'anus, section postérieure. — 22, sphincter eitiîrne de Panus, section postérieure. — 23, vagin. — Î4, lèvre antérieure du col de l'utérus. — 2S, lèvre postérieure. — 26, muscle rcclo-coccygien, dans lequel sont disséminées des fibres musculaires de la vie
"limale. — 27, coccyx. — 28, rectum. —29, utérus.
Dilatabililé du vagin Son élasticité.
SPLANCIINOLOGIE.
Rapports du
vagin :
lo En avant;
2» En arrière.
(Fig. 334) {•).
En l'absence de dilalation pur un corps t'iranger, les parois du vagin se touchont de toute part, de sorte que sa cavité est complètement effacée. Une section horizontale de l'organe présente celte dernière sous la forme d'une fente transversale, mais qui n'est pas toujours exactement la même. Généralement cette fente est légèrement curviligne, à convexité antérieure, et chacune de ses deux extrémités tombe sur une fente anféro-postérieure, ce qui donne à l'ensemble l'image d'une H. Celle forme s'adapte parfaitement à celle des parties voisines, attendu que dans l'écartement antérieur des branches latérales se place l'urèthre, et dans l'écartemenl postérieur, le rectum. La branche transversale a environ 24 millimètres de longueur chez l'adulte; chez l'enfant, elle est plus courte {fig. 337), et la section complète prend plutôt la forme d'une étoile.
Rapports. 1° La face antérieure du vagin, qui présente une concavité légère dans le sens transversal, répond en haut au bas-fond de la vessie, auquel le vagin est uni par un tissu cellulaire filamenteux serré, plus bas à l'urèthre, et ce rapport est tellement intime que l'urèthre semble creusé dans la paroi antérieure du vagin. L'adhérence intime du vagin avéc la vessie et l'urèthre explique pourquoi ces derniers organes sont constamment entraînés dans les déplacements de l'utérus.
2» La face postérieure du vagin répond au rectum, par l'intermédiaire du péritoine dans son tiers ou quart supérieur, immédiatement dans ses deux tiers ou trois quarts inférieurs. On conçoit que lorsque la paroi postérieure du vagin est déchirée dans son tiers ou quarl supérieur, les intestins puissent se précipiter à travers la déchirure (1). Le vagin adhère au rectum par un tissu cellulaire beaucoup plus
vJ'vS"" ^tZT '^"P»'''i«s™'>lles, au niveau du détroit intérieur du bassin. - Ufl, urèthre. va, vagin. — R, rectum. — L, releveur de l'anus.
nnilml/r'^r'^ 'T''^' °" d'iiydropisie enkystée de l'ovaire, la
r t rn-, ' " P"'' ™Si.>. On me permettra de rapporter le fait suivant,
s-, Jnr. h ""VPP'"='''^'«" intéressante des rapports du vagin. Deux mois environ avant yZ L^Tl ?'' malade afTectée d'hydropisie enkvslée de l'o-
m hdP m- vi t?'''' '^'^'"'l à laquelle je faisais A l'illustre
nu i urroon ; In^r" "^"^ P-""^ '''''' ^'^ P'^"^'-'^ P»it à la consultation.
. e uZr n^ d «^"''^ '''^^ «'^ ' '» -"alade ; mais, depuis peu,
vZa re h nnn , î' "'"^^"""'^ "''PP^aissaii entre les grandes lèvres. Le médecin sonde à d m r''''\' ^ P'"- «'te tumeur et tenter la cure radicale à l'aide d'une
douté avec în h"n;' T!'' "'"^''^"'"^ P"'"- «^ '''''''
T^ llZ lit IT"'" '''''' '""^ ''^^'^'«««"^ P'-'^oi^ de la tumeur. Dupuy t.en m ayant .nvile à donner mon avis, je répondis que si celte tumeur, comn.e tout portail
DU VAGIN
lilclie que celui que nous avons dit exister entre la vessie et le vagin, en sorte [lie le rectum n'est pas entraîné dans les déplacements du vagin.
On appelle cloison recto-vaginale la cloison formée par l'adossement de la paroi ^,L>?térieure du vagin et de la paroi antérieure du rectum. Le rectum s'éloignant mlerieurement de la face postérieure du vagin, il s'ensuit qu'il existe en bas, i iitre le vagin et le rectum, un espace triangulaire à base inférieure, dont le diamètre antéro-postérieur mesure l'épaisseur du périnée chez la femme,
3» Les bords latéraux du vagin donnent attache, en haut, aux ligaments larges, >en bas, à l'aponévrose pelvienne; ils sont croisés par les muscles releveurs de l'anus, qui n'y prennent aucune insertion, et répondent au tissu adipeux du pérrioée et à des plexus veineux.
Surface interne. La surface interne ou muqueuse du vagin, lisse dans sa portion ^ supérieure, offre sur ses deux parois des tubercules aplatis, arrondis, mesurant j de i à 3 millimètres en diamètre, et serrés les uns contre les autres {fig. 336, B), ou tbien des crêtes ou saillies transversales imbriquées, qui représentent assez bien les aspérités peu régulières de la voûte palatine (A). Ces diverses saillies partent î toutes d'une crête médiane, qui s'étend sous la forme d'un raphé proéminent sur 1 les parois du vagin. Les deux raphés médians sont appelés colonnes du vagin, lis .présentent de grandes différences individuelles, relativement à leur forme et à i leur volume, et paraissent être un vestige du vice de conformation qui consiste dans une cloison vaginale médiane, vice de conformation qui coïncide le plus î souvent avec la bifldité de l'utérus, mais qui en est quelquefois indépendant. La colonne antérieure commence tantôt immédiatement derrière le méat urinaire, tantôt à une faible distance de cet orifice, sous la forme d'un gros tubercule, qui sert de guide au chirurgien dans l'opération du cathétérisme à couvert. Très-développée et trèssaillante à ce niveau, elle diminue graduellement de hauteur et se perd insensiblement vers le tiers supérieur du vagin. La colonne antérieure est souvent divisée par une scissure médiane plus ou moins profonde en deux portions latérales, qui tantôt sont appliquées immédiatement l'une contre l'autre, et tantôt sont séparées par une dépression. Dans ce dernier cas,
les deux colonnes secondaires peuvent converger vers le bas ou vers le haut.
La colonne postérieure est généralement moins saillante que l'antérieure. U arrive fréquemment que les deux colonnes sont situées un peu sur les côtés de la ligne médiane, de sorte que, dans l'occlusion du vagin, elles se juxtaposent dans le sens transversal.
Les colonnes du vagin sont formées d'une sorte de tissu caverneux ou spon-
(*) Section horizontale de la paroi antérieure du \aginet de l'urèthre (Va).
Laxité des adhérences
du vagin avec le rectum.
Cloison recto-vaginale.
3° Rapports surlescôtés.
Surface interne du vagiu.
Raphés ou colonnes du
(Fig. 335) (').
vagin.
Colonne antérieure.
Colonne postérieure.
à l'admettre, était une dépendance de la tumeur enkystée de l'abdomen , elle était nécessairement formée aux dépens de la paroi postérieure du vagin, et conséquemment que la présence de la vessie n'était pas à redouter. L'examen de la tumeur confirma complètement mon assertion. En elfet. la surface de la tumeur ne présentait pas l'a.spect de la paroi antérieure du vagin , mais bien celui de la paroi postérieure ; le col dp l'utérus était placé nu-devanl de la tumeur, à 8 centimètres de hauteur. Dupuytren, à cette occasion, nous dit avoir vu dans sa pratique plusieurs exemples de guérison radicale d'hydropisle enkystée de l'ovaire parla ponction vaginale avec sonde à demeure.
Sliiu'lmi'.
SPLANCIINOLOOIE.
silués au pourtour du vagin envoient dans l'épaisseur
Rides transversales (lu vagin.
Extrémité supérieure.
Extrémité inférieure.
giou.v. Les ple.xus veineux ^ ^ -,.-..,ocui
de la tunique rausculeusc, et mfime dans la tunique muqueuse, de nombreux
prolongements, au-
C'e- '''^ tour desquels les
faisceaux de fibres musculaires s'entre-croisent dans toutes les directions, représentant ainsi les trabécules des tissus érecliles.
Les rides ou plutôt les rugosités transversales du vagin, très-mullipliées chez l'enfant nouveau-né et chez les vierges, s'effacent en partie après
l'accouchement dans la portion supérieure du vagin, mais elles persistent toujours dans la portion inférieure, notamment à l'orifice vulvaire
♦♦■^^■^^■rai^^^W I ^-"""'^lif^ ^ et en avant; ce sont
de grosses papilles extrêmement saillantes, qu'on peut
considérer comme destinées à multiplier les frottements dans l'acte de la copulation. La différence très-remarquable que présentent, sous le rapport du développement de ces papilles, la paroi postérieure et la paroi antérieure du vagin, n'est pas sans importance pour la pratique. Ces rugosités, n'étant pas des plis, ne peuvent pas servir à l'ampliation du vagin.
Par son extrémité supérieure ou utérine, le vagin embrasse le col de l'utérus, sur lequel il se prolonge sans ligne de démarcation, formant autour du museau de tanche une rigole circulaire, plus profonde en arrière qu'en avant. Cette insertion permet de distinguer dans le col de l'utérus deux parties, l'une sus-vaginale, 1 autre sous-vaginale.
L'extrémité inférieure ou orifice vulvaire {anneau vulvaire) présente, en avuni, une sailhe transversale extrêmement rugueuse. Cette saillie, qui s'aperçoit aussitôt qu on écarte les grandes et les petites lèvres, rétrécit et semble même obturer 1 entrée du vagin ; elle appartient à la colonne antérieure du conduit vaginal.
..oi:; ,::t.:'Sé: i.::ê:::i::x'z:r7z - -r''- -
vers le ba? - Ou mou „rL L - colonne antérieure dont les deux moitiés divergent
pinaN caro::'cur 1;:;::;:;. ~ -
DU VAGIN
L'orifice vulvaire n'est pas situé au centre du détroit inférieur du bassin; il Orinoe vuivoisine l'arcade pubienne el se trouve séparé du coccyx par un intervalle beau-
(Fig. 337) {•)•
«up plus considérable. L'oriflce vulvaire du vagin, bien plus étroit que le reste
(Fig. 338) (*').
Va
'!e ce conduit, conserve toute la vie cette étroitesse relative, mùmc après l'ac- ;oachement (1).
Chez les vierges, l'orifice vulvaire est pourvu d'une membrane, dont l'existence Hymen.
[" Section horizontale d'une colonne antérieure du vagin, dout ou a enlevé l'épithélium. (|*) Section médiane des organes génitaux externes de la femme. — Cl, clitoris. — ?c, prépuce du cli- 'Oru, petite lèvre. — II, hymen. — F«, fosse naviculairc. — Na, fourchette. — Ccc, corps ca- '«rnenx du clitoris. — Cca, hulbe du vagin. — *, plexus veineux intermédiaire au clitoris et au bulbe o »agin. — Vci, vagin. — Cva, Cup, colonnes antérieure et postérieure du vagin. — S, sphincter de anu». u, rectum.
') l.Rîi spéculums, pour être bien faits, doivent cire dispostJs de manière à pouvoir dilater 'ind du vagin sans en élargir l'orilkc vulvaire.
SPLANCIINOLOGUÎ.
Forme.
Variétés.
Caroncules myrti formes ou hyménales.
Structure
de l'hymen.
Épaisseur des parois du vagin.
est constante à l'étal normal, et dont la forme est sujette à de nombreuses va riations : c'est la membrane hymen (de Ûp.v5v, pellicule), espèce de diaphragme, ii lerposé entre les parties génitales internes, d'une part, les organes g(:nitai. externes et l'orifice de l'urùthre, d'autre part.
Cette membrane a ordinairement la forme d'un croissant à concavité and rieure, qui occupe la moitié postérieure de la circonférence de lorifice vulvaii du vagin, et dont les extrémités viennent se perdre sur les côtés du méat urinair^ rarem°ent elles se continuent au-dessus du méat, en formant des franges à si. pourtour. L'hymen représente quelquefois les deux tiers d'un cercle ou môme u cercle complet, perforé près de la partie antérieure de sa circonférence. Le boi adhérent de l'hymen en est la portion la plus épaisse. Son bord libre ou sa circo: férence interne, mince, concave, est souvent irrégulière, déchiquetée en lau beaux ou franges qui [retombent au-devant du méat urinaire. Sa largeur, qui ( plus ou moins considérable, suivant les sujets, établit chez les vierges des diflV rences dans les dimensions de l'orifice du vagin. 11 n'est pas très-rare de voii l'hymen former une membrane qui obture complètement l'orifice inférieur di vagin, et déterminer ainsi le vice de conformation connu sous le nom d'impei foration du vagin. Mais il existe habituellement, dans ces cas, une ouvertun centrale, de dimensions variables, ou bien le diaphragme est criblé d'une fouK de petits trous, en pomme d'arrosoir. Rarement on y observe deux orifices plu cés l'un à côté de l'autre.
L'hymen est ordinairement mince et fragile, et se rompt dans le premier coït Mais il peut être très-résistant, d'une consistance fibreuse ou môme cartilagineuse; il rend alors la copulation impossible. Il est arrivé quelquefois que l'hy men, très-relâché ou muni d'une large ouverture, a pu être refoulé simplemeu par le pénis, sans se déchirer, et persister intact jusqu'au moment de l'àccoucht ment.
Quand l'hymen a été déchiré, ses lambeaux saignants se rétractent en se cica irisant, se ratatinent, et donnent naissance à, des tubercules appelés caroncuh myr^î/ormes, nom auquel Uevilliers a proposé de substituer celui de caroncur hyménales. Le nombre, la forme et la situation de ces caroncules sont extrêmement variables. Le plus souvent elles sont au nombre de trois, épaisses et char nues, et occupent, l'une, la partie postérieure, les deux autres, les parties lait raies de l'entrée du vagin. Quelquefois, au lieu de tubercules, on trouve d lambeaux allongés, ou bien de petites éminences à bords dentelés, en crôle i coq, ou encore de petits polypes pédiculés.
La déchirure de l'hymen peut être partielle : il persiste alors un demi-cercl complet, étroit et à bord déchiqueté, ou avec des fissures allant jusqu'à sa ba?
L'hymen est constitué par un repli muqueux plus ou moins résistant, cont nant entre ses deux feuillets une lame de tissu cellulaire qui renferme de nom breuses fibres élastiques et quelques faisceaux musculaires de la vie organique Quelques vaisseaux sanguins se ramifient dans son épaisseur. Un épithéliun pavimenteux recouvre ses deux faces.
Slniclure du vagin. Mince dans sa portion supérieure, le vagin s'épaissit bcai: coup au niveau de l'urèthre, et se termine par un renflement rugueux très-coi sidérable, qui forme à l'entrée du vagin la saillie déjà mentionnée.
Le vagin, tapissé en arrière, dans une faible étendue, par le péritoine, des parois membraneuses, qui ne ressemblent nullement à celles de ^utéru^ Elles se composent esscnliellcmcnt d'une couche interne ou muqueuse et ô'w
DU VAGIN
(Fig. 339) (•).
■tche externe OU tnusculeuse, qu'il est impossible d'isoler au moyen du scalpel, mais qui, sur une coupe, se distinguent assez nettement par leur couleur, la remiùre étant blanche, la seconde préntant une coloration rougeâtre; leur épaisseur va en augmentant à mesure iju'on approche de l'orifice vulvo-vaginal. \utour de ces deux tuniques s'étend le couche assez mince de tissu cellulo- /ibreux, plus ou moins serrée suivant les .sujets, et dans laquelle on rencontre de nombreuses fibres élastiques.
La tunique musculeuse du vagin est composée de faisceaux juxtaposés, anastomosés ientre eux et entre-croisés de manière à ;former des réseaux à larges mailles com- )blées par du tissu conjonctif. C'est tantôt ce dernier tissu, et tantôt le tissu musculaire qui l'emporte en abondance.
La disposition desfaisceaux musculaires me présente rien de bien régulier; les ifibres longitudinales el les fibres circu- ?laires ne forment point des couches distincles. Cependant, les premières domiinent au voisinage de la muqueuse, les dernières vers la surface externe du vagin. >D'aprôs M. Rouget, qui a fait une étude consciencieuse de ces faisceaux, les fibres longitudinales ou obliques s'en tre-croisent i'un côlé à l'autre sur les parois du vagin; lune partie d'entre elles se continuent, en ihaut, avec les fibres longitudinales exté- ^rieures de l'utérus; les autres, en plus grand nombre, se portent en bas et en arrière, sur les côtés du rectum, et participent à la formation des ligaments utéro-saçrés. Sur les côtés du vagin, les faisceaux mus- 'culaires, assez nombreux, passent entre les grosses veines, •réunies en plexusserrés, qui se trouvent dans cette région.
La muqueuse vaginale est formée d'un tissu conjonctif rlrès-dense, extrêmement riche en fibres élastiques. C'est ce qui explique sa grande solidité et l'énorme distension qu'elle peut subir, sans se rompre, dans l'acte de l'accou- 'chement. De nombreuses /ja/ji/Ze* vascw/aiVes, coniques ou «liformes, garnissent la surface de cette muqueuse; mais elles sont ensevelies et cachées dans Vépithélium pavimenteux stratifié qui le recouvre, et dont l'épaisseur atteint 0'»"',2. On les rencontre
« /louché!"" ''I"'',"'"'''''^. Pa'"' postérieure de la vessie el de la paroi anlérieure du vagin. -
Mbres m""" I ■ ~ """T'euse vésicale. —3, fihrcs musculaires annulaires de la vessie.—
«nnnlaireT"r «"c =6 réservoir. — ",, tissu conjonclif lâche. — C, fibres musculaires
Port'" h"^/"' ~ ^' musculaires longitudinales du vagin. —8. muqueuse. — 9, cpithclium.
» 'on de la muqueuse de la partie supérieure du vagin, pourvue de follicules clos.
Couche musculeuse.
(Fior. 340) (•♦).
Muqueuse.
Papilles.
SPLANCIINOLOGlIi.
Bulbe du vagin.
aussi bien dans l'intervalle des saillies de la muqueuse vaginale qu'à leur surface; elles ne font défaul qu'au voisinage du col utérin.
Dimensions.
(Fig. 341) n-
Il n'exisie point de ^/rt;(dw/eA' dans la muqueuse vaginale. i;xceplionriellementon y trouve, suivant Henie, les follicules clos analogues aux follicules solitaires de l'inleslin, particulièrement dans sa portion supérieure et sur le col utérin {fig. 340).
Balhe du vagin. Indépendamment du tubercule rugueux que présente en avant l'orifice du vagin, il existe autour de cet orifice un renflement ou corps caverneux considérable , remplissant l'intervalle qui sépare l'entrée du vagin des racines do clitoris : c'est le it//fte du vagin. Peu épais en avant, où il est
placé entre le méat urinaire et le clitoris, ce bulbe se renfle progressivement à partir de cette portion moyenne, et se termine en bas, sur les côtés du vagin, par une extrémité arrondie. La partie postérieure de l'orifice du vagin est seule dépourvue de bulbe.
11 serait peut-être plus exact d'admettre deux bulbes du vagin, un de chaque côté; ces deux bulbes, situés l'un à droite, l'autre à gauche de l'orifice, ont été comparés par Kobelt à deux sangsues gorgées; ils commencent en arriére par une extrémité renflée, puis ils vont en diminuant d'arrière en avant, et se réunissent sur la ligne médiane, entre le méat urinaire et le clitoris.
Les dimensions du bulbe injecté sont les suivantes, d'après Kobelt : longueur, 36 millimètres; largeur, 14 à 20; épaisseur, 9 à U. Ces dimensions, du reste, sont très-variables, suivant l'ûge, la fréquence des rapports sexuels, celle des accouchements, l'époque des dernières couches, et enfin suivant les individus.
n Aspecl .les parties silnécs dans la portion antérieure du détroit inférieur du bassin de la fcinmc, quand on a enlevé la peau et le tissu adipeuj. U clitoris [Cl) et la paroi droite du vestibule- ont été renverses a gauche. — C.er, corps caverneux du clitoris. C.cu bulbe du vacin — Bc. bulbo-civcrneui constricteur du vagin. - Jr, ischio-caverneux. - Tp.,, Tpp. muscles transverses supcriicici et profond du périnée. - S. sphincter de l'anus. - couche musculaire de la vie orcanique, intermédiaire au vagin et au rectum. — -1-, limite du pubis et de Tischinn.
(Fig. 342) (•).
DU VAGIN. 499
La face externe du bulbe est convexe et recouvciie par le muscle constricteur , du vagin ; elle rt^pond à la branche ischiopubienne. Sa face inler?ie, concave, est appliqut?e autour de l'orifice du vagin.
Les deux moitiés du bulbe sont unies entre elles par leur extrémité antérieure, d'où paritent des veines nombreuses qui font com- ■muniquer le bulbe avec le gland et les corps caverneux du clitoris (1); ces veines reçoivent également celles qui proviennent du frein et des petites lèvres, en avant, des grandes •lèvres, eu arrière. Quelques-unes aboutissent idircctement à la veine dorsale.
En arrière, le bulbe fournit des veines non ;moins nombreuses, qui communiquent avec celles du vestibule, de la vulve, de l'urèilhre, et avec les réseaux veineux situés au pourtour de la vessie. Du renflement terminal, enfin, partent de gros troncs veineux, .véritables vaisseaux efiférenfsdu bulbe, qui se a-endent à la veine honteuse interne et communiquent avec les héraorrhoïdales externes.
Le bulbe du vagin, qui représente le corps spongieux de l'urèthre de l'homme, êe compose, comme lui, d'une membrane d'mveloppe très-mince, et d'un tissu 'Spongieux aréolaire, dont les mailles, assez larges, sont limitées par des trabéi-.ules formées de tissu conjonctif et de fibres musculaires lisses.
Le bulbe du vagin reçoit de Vartère honteuse interne une branche considérable '{ui pénètre dans son renflement postérieur. Celte branche artérielle supporte luelques filaments nerveux très-fins, qui se distribuent avec elle dans le bulbe.
Vaisseaux et nerfs du vagin. Les artères principales du vagin ou artères vaginales, )roviennent de l'hypogaslrique. Les artères utérines, vésicales et honteuses in- •ernes donnent également des branches au vagin. Toutes ces branches se portent, soit sur la face antérieure, soit sur la face posérieure du vagin, se ramifient dans l'épaisseur de la tunique musculeuse, à laf^Ue elles fournissent de nombreux ramuscules, et se terminent dans l'épaisir de la muqueuse.
Les veines naissent du réseau capillaire de la muqueuse, gagnent les bords du ^in, et se jettent dans les plexus si riches qui l'entourent. Ces veines commuquenl en bas avec celles du bulbe, en haut avec celles de l'utérus. I.es vaisseaux lymphatiques, faciles à injecter parle réseau Ivmphatique de la "uqueuse, se portent aux ganglions lymphatiques du bassin. " lesnerfs viennent du plexus hypogastrique.
ri^^^l'T l''"''"'' génitaux externes d'une jeune f.lle, pratiquée parallèlement à la paroi
leuredu bassin - , vaisseaux dorsaux du clitoris. - ligament suspci.seur du clitoris. - Ccc, - c»verneux du clitoris. - Ccu, bulbe du vagin. - Ua, urèthre coupé Irausvcrsalcmenl. - Va, vagin
ect^n HpTk" '^'i'""-'^»^""*"»- - -""scle constricteur du vagin. - Cw, glande vulvaire. - -eciion de la branche descendante du pubis.
- ) Celte communication se voit parfaitement sur deux pièces déposées h la même époque ■ usne de la l'acuité, l'une par Devillc, l'autre par M. .tarjnv.n ; elh- n été décrite par ITOiesseur Kobeit sous le nom de réseau intermédiaire.
Kupports,
Structure.
Artères vaginales.
Veines.
Vaisseaux lyiiipliati-
()ues.
Nerfs.
SPLANCIINOLOGIE.
Développement.
LVxislcnce de riiymen est constante.
Développement du vagin. L'origine du vagin a été étudiée en môme temps que celle de l'utérus. Suivant Meckel, les rides et rugosités du vagin ne commencent à être bien manifestes que vers le cinquième mois de la vie inira ulénne; du sixième au neuvième mois, elles sont proportionnellement beaucoup plus développées qu'elles ne le seront par la suite. Des rides transversales, pressées les unes contre les autres, se voient dans toute la longueur du vagin.
L'hymen n'apparaît que vers le milieu delà vie fœtale; il est dirigé d'arrière en avant, rugueux, épais et bien plus notablement dentelé qu'il ne le sera par la suite. Son exislence chez le fœtus est constante.
Le vagin, inerte comme le reste des organes génitaux jusqu'à l'époque de la puberté" se développe sans présenter de modification notable. Parmi les changements inévitables qui ont lieu par suite de l'accouchement, le plus remarquable est la dilatation qu'il subit et qu'il conserve pendant toute la vie, dilatation qui est relativement bien plus considérable à la partie supérieure qu'à la partie inférieure du vagin.
§ 5. — DE LA VULVE
Pénil.
Grandes lèvres.
On comprend sous le nom de mdve l'ensemble des parties génitales externes de la femme, savoir : le pénil ou mont de Vénus, les grandes et les petites lèvres,
le clitoris, le méat urinaire, (Fig. 343) (•). auxquels on pourrait ajouter
l'orifice du vagin, déjà décrit 1° Pénil ou mont de Vé7m.
On appelle ainsi une éminence arrondie, plusou moins saillante suivant les sujets, située au-devant du pubis, et qui surmonte la vulve. La saillie de cette éminence est due en partie à celle des os, en partie au tissu adipeux qui soulève la peau. Elle se couvre de poils à l'époque de la puberté.
2° Graiides lèvres. Ce sont deux replis cutanés saillants, qui limitent une ouverture anléro-poslérieureà laquelle la plupart des anatomisles donnent le nom de vulve.
Aplaties transversalement, plus épaisses en avant qu'en arrière, les grandes lèvres présentent une face externe recouverte de poils, une face interne humide et lisse, contiguë à la face interne de la grande lèvre du côté opposé; un bord
Cva
(') Vestibule du vagin ouvert par Pécartemcnt des grandes lèvres. - Ci, clitoris. — Pc, prépuce <i'^ clitoris. — Pc, frein du cliloris. — N, petites lèvres. — On. méat urinaire. — Cva, colonne anierieur du vagin. — H, hymen. - Nn, fosse naviculaire. — orifice de la glande vulvaire. — paroi pos f rieure du vestibule. — lacunes glandulaires au voisinage du méat urinaire.
DE LA VULVE
; libre, convexe et gai-ni de poils ; une extrémité antérieure, qui se continue avec le mont de Vénus (1); une extrémité postérieure qui se réunit à celle du cOlé
opposé pour constituer une commissure ou bride appelée fourchette, laquelle se déchire souvent dans l'accouchement. L'intervalle entre la fourchette et l'anus constitue le périnée, qui a de 16 à 20 millimètres de longueur chez le plus grand nombre des sujets. L'intervalle qui sépare la fourchette de l'entrée du *agin, porte le nom de fosse namculaire.
Un feuillet cutané, un feuillet muqueux, l'un et l'autre pourvus de glandes sébacées très-nombreuses (celles du feuillet cutané s'ouvrent dans les follicules pileux dont ce feuillet est garni, celles du feuillet muqueux s'ouvrent parfois directement à la surface de la muqueuse (2)); une grande quantité de tissu cellulaire adipeux, chez les sujets qui ont de l'embonpoint; chez tous, appliquée contre le feuillet muqueux, une couche considérable d'un tissu fibroïde dont les fibres, dirigées longitudinalement, sont surtout des fibres élastiques, mais dans lequel on rencontre aussi des faisceaux longitudinaux de fibres musculaires lisses, tandis que le tissu adipeux est appliqué contre le feuillet cutané; des vaisseaux artériels, veineux et lymphatiques, des nerfs : telles sont les parties constituantes des grandes lèvres.
Les grandes lèvres ont beaucoup d'analogie avec le scrotum de l'homme. L'é-
(*) Section médiane des organes génitaux externes de la femme. — Cl, clitoris.— Pc, prépuce du cli- 'ton». N, petite lèvre. — H, hymen. — Fn, fosse naviculaire. — Na, fourchette. — Ccc, corps ca- ^»erneux du clitoris. — Ccu, bulbe du vagin. — plexus veineux intermédiaire au clitoris et au bulbe -nu lagin. — v«, vagin. — Cva, Cvp, colonnes antérieure et postérieure du vagin. — S, sphincter de anus. R, rectum.
(') M n'y a pas de commissure antérieure; les grandes lèvres ne se réunissent point en «▼ant, mais laissent entre elles un intervalle dans lequel on voit la saillie formée par le corps i^u clitoris.
(2) Il n'est pas rare de voir de petits poils très-courts naître des follicules sébacés de la 'face interne de la grande lèvre : ces poils sont analogues h ceux des caroncules lacrymales. ^Ce n'est pas 1.1 le seul exemple de poils naissant d'une membrane muqueuse. M. Massel, 'répétiteur à l'école d'Alfort, a présenté à la Société anatomique plusieurs cas de poils nais- MUlde la surface interne du gros intestin, chez le cheval.
Fourchette.
Périnée.
Fosse naviculaire.
des grandes 1 èvres.
Analogie des grandes lèvres avec le scrotum.
502 SPLANCHNOLOGIli.
tude de l'embryogénie établit celle analogie d'une manière évidente, et une dissection attentive conduit au môme résultat. J'avais di'jà reconnu depuis longtemps
dans l'épaisseur des grandes lèvres un tissu (Fig. 345) ('). q^^\^ par ses caractèi'es extérieurs, ressemble
r.^vxv îr * beaucoup au dartos de l'homme, et qui mérite le nom de tissu darloïde. M. Broca esl allé plus loin : il a décrit dans la grande lèvre un sac membraneux qui, par sa structure, sa disposition, ses rapports, reproduit exactement le dartos de l'homme (I).
Qu'on se figure une bourse membraneuse, à goulot long et étroit et à fond aplati d'avant en arrière; qu'on Tinlroduise, par la pensée, entre la peau et l'aponévrose périnéale superficielle, de telle sorte que son fond soit tourné vers la fourchette et que son ouverture, dirigée en haut et en dehors, vienne aboutir à l'anneau inguinal externe, et on aura une idée exacte du sac dartoïque de la femme. La paroi antérieure de ce sac est libre sous la peau, dont elle est séparée par quelques vésicules adipeuses ; sa face postérieure., libre dans sa moitié supérieure, adhère intimement, dans sa moitié inférieure, à l'aponévrose périnéale superficielle. Ses deux bords latéraux sont libres d'adhérences dans leur moitié supérieure ; dans leur moitié inférieure, ils adhèrent, l'externe, à la branche ischiopubienne, l'interne, à la muqueuse vulvaire, au niveau du sillon qui sépare la grande lèvre de la petite.
L'extrémité supérieure du sac dartoïque s'applique exactement sur le pourtour de l'anneau inguinal externe; son extrémité postérieure s'amincit, s'efface par la juxtaposition de ses deux parois opposées et se continue insensiblement avec le fascia superficialls du périnée, '"sac " Enfin, la cavité du sac est remplie de graisse ; c'est dans son intérieur qu'est (larioique. contenu le bourrelet adipeux de la grande lèvre, bourrelet qui se retrouve sur les sujets les plus maigres. Ce bourrelet adhère peu aux parois du sac, surtout dans sa partie inférieure. En outre, le ligament rond de l'utérus, après avoir jeté une partie de ses fibres sur les piliers de l'anneau, s'engage dans le goulot du sac et s'éparpille en plusieurs petits faisceaux blancs, qu'on peut saisir jusque dans la grande lèvre. Chez le fœtus, le prolongement péritonéal qui accompagne le ligament rond, et qu'on appelle le canal de Nuck, se termine en cul-de-sac dans le goulot du sac dartoïque.
des"pàro7s '^^ c« sac out Une structure évidemment fibrillaire : toutes les fibres
(le ce sac. sont parallèles, obliques en bas et en dedans; les supérieures viennent de l'anneau inguinal et du fascia superficialis de l'abdomen; les inférieures viennent de la branche ischio- pubienne, quelques-unes même sont fournies par le ligament
(•) Section verticale et transversale des petites lèvres. Glandes sébacées.
(I) Voyez Bulletin de la Société anatomique, 26' année, p. 92 (mars 1851).
DE LA VULVE
suspenseur du clitoris. Toutes sont d'un blanc jaunâtre; elles deviennent rougeâtres chez les fcmnaes récemment accouchées. Elles possèdent une grande élasticité; c'est à cette élasticité qu'il faut attribuer la formation de la gouttière qui sépare les nymphes des grandes lèvres.
La forme, la disposition, la connexion, la structure de ce sac membraneux permettent donc de le comparer au dartos de l'homme.
3" Petites lèvres ou nymphes. Elles apparaissent, lorsqu'on écarte les grandes lèvres, sous la foi-me de deux feuillets muqueux : étroites en arrière, où elles naissent sur la face interne des grandes lèvres, elles s'élargissent en avant d'une manière progressive, en convergeant l'une vers l'autre. Parvenues au niveau du clitoris, elles se rétrécissent un peu et se bifurquent avant de se terminer : la branche inférieure de la bifurcation va s'attacher au bord postérieur du clitoris, avec lequel elle se continue et dont elle constitue le frein; la branche supérieure, s'unissant à celle du côté opposé, l'orme au-dessus de ce corps un repli en forme de capuchon, qu'on nomme prépuce du clitoris. Les faces des petites lèvres sont lisses ou légèrement chagrinées, particulièrement l'interne; leur bord libre est convexe, tranchant ou mousse, souvent dentelé irrégulièrement.
Relativement à leurs dimensions, les petites lèvres offrent de nombreuses vairiétés, 1° suivant l'âge: chez les enfants nouveau-nés, elles débordent les 1 grandes lèvres, ce qui tient surtout au défaut de développement de ces dernières ; 2" suivant les individus : chez quelques femmes, elles sont extrêmement petites; chez d'autres, elles dépassent les grandes lèvres ; 3° suivant les climats : chez certaines peuplades de l'Afrique, chez les femmes hottentotes, par esem- : pie, elles ont une longueur démesurée et constituent ce qu'on a désigné chez elles sous le nom de tablier.
J'ai rencontré un grand nombre de fois la disposition suivante des petites lèvres : ces replis, au lieu de se terminer comme en mourant sur la face intei'ue ides grandes lèvres, se prolongent en arrière, se réunissent pour constituer une •commissure, laquelle se continue jusqu'à l'anus sous la forme d'un raphé ou d'un repli cutané saillant, une sorte de crête. iDans ce cas, les grandes lèvres ne prennent aucune part à la formaiion de la commissure et se terminent comme en mourant, de chaque côté. Souvent la petite lèvre du côté droit est plus ou moins longue que celle du côté gauche.
Formées par un repli de la muqueuse vulvaire, les petites 'lèvres contiennent dans leur épaisseur du tissu cellulaire non : graisseux; de gros faisceaux de fibres élastiques, anastomosés en réseaux, traversent ce tissu cellulaire.
Le derme muqueux est recouvert, comme celui de toute la vulve, d'un épilhélium pavimenleux stratifié, ou plutôt- d'un véritable épiderme, car on rencontre à la surface de véritables lamelles épidcrimiques, dépourvues de noyau. Ce derme est garni de papilles simples, la plu- 'part vasculaires et de forme conique.
Lorsque les petites lèvres font saillie au dehors, la muqueuse qui les constitue prend tout à fait l'aspect du tégument cutané. Des glandes sébacées, analogues à celles de la face interne des grandes lèvres
n SpcUoa transveraaic el verticale des organes génitaux externes de la femme, immédiatement en ayant du mént urinaire. — Lp, grandes lèvres. — N, petites lèvres. — Ccu, section transversale du onlbe du vagin. — *, couche musculaire de la paroi antérieure de l'urètlire. — **, paroi supérieure 00 mtibule.
Petites vres.
lè-
Leur bifurcation antérieure.
Leurs dinieosious sont variables.
Longueur démesurée des petites lèvres.
Structure,
SPLANCHNOLOGlii:.
Vaisseaux.
Olitoris.
Glaud du clitoris.
Le clitoris liait à la manière du corps caverneux de l'homme.
mais plus petites, s'ouvrent sur ses deux feuillets, mais principaieuient sur le •feuillet interne, où elles foiment une couche serrt'e.
Le réseau vasculaire de la muqueuse est extrêmement développé; il est alimenté par des branches de l'artère honteuse interne. Les veines qui naissent de ces vaisseaux, sont très-nombreuses et forment un plexus logé dans l'épaisseur du tissu cellulaire intermédiaire aux deux feuillets des petites lèvres, ce qui donne à ces dernières une sorte d'apparence érectile.
4o Clitoris. On connaît sous ce nom un organe érectile qui représente assez exactement, aux dimensions près, les corps caverneux de la verge. Son extrémité libre apparaît à la partie antérieure de la vulve, à 12 millimètres environ en
arrière de l'exlré- (P'g- 3") r; mité antérieure des
grandes lèvres, sous la forme d'un tubercule médian , que coiffe le prépuce des petites lèvres, et qui se continue avec leurs branches infé^ rieures de bifurcation. Ce tubercule, qu'on a comparé au gland, glmd du clitoris, bien qu'il soit imperforé, est généralement très-peu développé.
A l'état de flaccidité, le clitoris a ordinairement 3 centimètres de longueur, sur 7 à 8 millimètres de diamètre ; mais quelquefois il est beaucoup plus long, disposition qui a fait croire à l'existence de l'hermaphrodiss' me. Chez une femme
que j'ai eu occasion d'observer, la portion libre du clitoris mesurait 5 centimètres et demi; elle était extrêmement grêle.
De même que les corps caverneux de l'homme, le clitoris naît des branches ischio-pubiennes par deux racines, qui vont en se renflant et en convergeant,
«/Il/rl"" r°"''' 'l' '■yi"""""" «"lé'-ioure du détroit inférieur du bassin, après l'ablation de la peau et du t,ssu ad.penx. Le clitons {CI) et la paroi droite du vestibule ont été renversés à gauche. - Ccc, corps caverneux du chtons. - Ce», bulbe du vagin (corps spongieux de l'urélhre). - Bc, mnsclo bulbocaverneux. -- Je, .sch.o-caverneux. - T;,s. Tpp, muscles Iransverses superficiel et profond du périnée. - S, sphnic er dc.l anus - -, -, couche de fibres musculaires lisses entre le vagin et le reclum. - +• limite entre le pubis et l ischion-.
DE LA VULVE
jusqu'à ce qu'elles soient arrivées au niveau de la symphyse; là elles se réunissent pour constituer un corps unique, aplati d'un côté à l'autre, et qui, après un înijet de quelques millimètres au-devant de la symphyse, s'en détache, se reuirbe en bas et en arrière, et devient de plus en plus grôle jusqu'à son extrémité libre. Le clitoris conserve toujours celte forme recourbée ; même à l'état (l'érection, il se redresse fort peu et reste couvert par les grandes lèvres. Les corps caverneux du clitoris font en avant, entre les deux grandes lèvres, le saillie longitudinale, étendue depuis l'extrémité antérieure de ces grandes lèvres jusqu'au gland du clitoris.
Du reste, il existe pour le clitoris un ligament suspenseur, tout à fait semblable a celui de la verge, et un muscle ischio-caverneux, qui ressemble également, ,iu volume près, à celui de l'homme.
Une autre circonstance vient compléter l'analogie entre le clitoris et les corps : caverneux de la verge, c'est la réception de l'urèthre dans l'espèce d'Y que forment, en se réunissant, les deux racines des corps caverneux du clitoris.
Enfin, il y a analogie, ou plutôt identité de structure, entre le clitoris et les corps caverneux de la verge. Dans l'un et dans l'autre de ces organes, on voit 1" une enveloppe fibreuse pour chaque corps caverneux ; 2» une cloison médiane, . de même nature, séparant celui de droite de celui de gauche, cloison moins incomplète dans le clitoris, les ouvertures dont elle est perforée y étant bien moins nombreuses; 3» un tissu caverneux, formé de trabécules très-fines, dans lesquelles l'élément musculaire est très-abondant.
Le gland du clitoris, dont on ne peut apprécier la forme qu'après l'avoir injecté ^ parfaitement, ressemble exactement à celui de la verge, si ce n'est qu'il est im- : perforé. De même que ce dernier, il coiffe la partie antérieure conoïde des corps ■caverneux, qui s'avancent dans son intérieur et lui servent de point d'appui. A sa ■face inférieure ou postérieure, il présente deux crêtes, qui donnent attache aux deux feuillets du frein.
La texture du gland du clitoris est également la même que celle du gland du pénis. Les arlères du clitoris sont les artères caverneuses et les artères dorsales; ces dernières appartiennent presque exclusivement au gland.
Les uemes sont très-nombreuses : les unes émergent du pourtour de la couronne du gland ou sous son bord postérieur, et forment les radicules antérieures de la veine dorsale du clitoris; d'autres naissent de la concavité des corps caverneux du clitoris, et établissent des communications entre le gland et les corps caverneux du clitoris, d'une part, le bulbe du vagin, d'autre part; d'autres, enfin, émanent des racines du clitoris et de leur angle de réunion et se jettent dans le plexus pubio-vésical.
Les nerfs du clitoris viennent des nerfs honteux internes, sous le nom de nerfs dorsaux du clitoris, ils sont principalement destinés au gland, dans lequel ils forment des plexus serrés.
5° Méat urinaire. A 2 centimètres environ du clitoris, et toujours d'avant en arrière, se voit, sur la ligne médiane, immédiatement au-dessus du bourrelet
■ saillant de l'orifice du vagin, le méat urinaire, ou orifice de l'urèthre, qui se pré-
■ sente habituellement sous l'aspect d'une fente longitudinale ou étoilée, dont les ' bords, légèrement dentelés, sont plus ou moins saillants.
Membrane muqueuse de la vulve. La muqueuse qui revêt la vulve, se contiime, d'une part, avec la peau des grandes lèvres, d'autre part, avec la muqueuse du vagin. KUe se compose d'un chorion muquenx très-mince, formé de faisceaux de
Analogie du clitoris et des corps caverneux
de la verge.
Gland du clitoris.
Vaisseaux.
Méat urinaire.
Membrane muqueuse (le la vulve.
SFLANCIINOLOGIE.
Follicules sébacés.
Follicules niuqueux.
Glande vulvaire.
Rapports.
Conduit excréteur.
Lieu où il aboutit.
tissu conjoactif et de libres élastiques fines, et recouvert d'une couche de cellules qui doit iMre rangée plutôt parmi les épidermes que parmi les épithéliums straliliés, puisque ses couches supcrlicieiles se font rentarquer par leur forme aplatie, lanielleusc et leur défaut de noyau. Des papilles vasculaires, ordinairement simples et de forme conique, garnissent en grand nombre la surface du derme muqucux. Au niveau des petites lèvres et du clitoris, ce dernier se fait remarquer par le grand nombre de fibres nerveuses qu'il présente; sur les grandes et les petites lèvres, on rencontre des follicules sébacés très-mullipliés, visibles à. l'œil nu, et qui fournissent une malière caséiforme, odorante; les mômes follicules abondent autour du méat urinaire et dans le vestibule, c'est-àdire dans celle partie située entre le clitoris et le méat. Quelques-uns s'ouvrent sur les parties latérales du vagin ; mais l'orifice le plus remarquable est celui qui correspond à la glande vnlvaire.
Glande vulvaire ou glande de Bartholin. Celte glande, décrite par Barlbolin, Gowper, Duverney, a été étudiée de nouveau par M. Huguier, qui lui a donné le nom de glande vulvo -vaginale. Elle est située de chaque côté et à la partie postérieure de l'ouverture vaginale.
Elle est ovoïde, arrondie, réniforme ouaplatie. Son volume est à peu près celui d'une amande; mais il n'est pas rare de trouver sous ce rapport des différences notables entre celle du côté droit et celle du côté gauche. Quelquefois aussi on rencontre des lobules glandulaires détachés en quelque sorte de la glande et disséminés dans les muscles voisins.
Laglandevulvaireest en rapport, en dedans, avec le vagin, auquel elle adhère par un tissu cellulaire dense; en dehors, avec le muscle constricteur du vagin. Des granulations partent des conduits, qui se réunissent successivement en branches de plus en plus grosses pour constituer le canal excréteur de la glande. Ce canal, qui a environ 15 millimètres de longueur, se dirige de bas en haut, d'arrière en avant et de dehors en dedans, et s ouvre à la surface de la muqueuse vulvaire, en avant de l'hymen ou des caroncules myrtiformes, dans l'angle rentrant que forment ces parties avec le contour de l'ouverture du vagin. L'orifice de ce canal, souvent difficile A découvrir, est quelquefois assez large pour admettre l'extrémité d'un slylcl. Une enveloppe fibreuse, des lobules formés par la réunion d'un grand nombre
8.i?d\'nïrZ!in''lfot''''"'''""'' "■"^"""^ génitaux externes d'une petite fille nouveau-ué.., paseurî \ J!Z il l' r^TT P''f des grandes lèvres (moitié gauche du segment pos.é-
0„stHc7eur' d,f Zit <i" P"bis. - 2. n.uscle ischio-caverneux. - 3, .iuscle
consincleur du vagiu, section oniritud nalc a vn-r;.. i . ■ ■ - . • . a,,
vn<»in. f.i=^» „ ..1 • . Migiu. — b, glande vu vairc. — 6, cens ricleur du
vagin; faisceaux coupés transversalement et obli.,uemcni. 7, grande lèvre.