‹ Traite d'anatomie descriptive (volume 2)Chapitre 149 sur 180 · C. — GLANDES SUUOIllPARES · texte numérisé non relu

C. — GLANDES SUUOIllPARES

' Sténon, Malpighi et autres avaient admis des glandes sudoriféres situées dans ! tissu cellulaire adipeux, sortes de tubes s'ouvrant à l'extérieur par un orifice «uni d'une valvule (1). Fontana avait parlé de vaisseaux serpentins qu'il avait ^■is sous l'épiderme à l'aide du microscope. Les orifices ou pertuis de la peau qui 'onnent issue à la sueur, signalés en 1717 par Leuwenhoeck, avaient été recon- U8 depuis par tous les observateurs. N. Eichhorn avait de nouveau appelé attention sur les conduits sudoriféres, qu'il décrit comme des canaux droits, nmpant obliquement sous l'épiderme; mais c'est à Breschel et Roussel de «uzème (2) que nous devons la première description exacte de l'appareil sé- •^eteur de la peau, qui se compose : 1» d'une petite glande; 2° de petits caaux en tire-bouchon.

f Kien de plus facile à démontrer que la présence des glandes sudoriparcs et des

Les vaisseaux suilaloires

ont été indiqués par beaucoup

d'auatoniistes.

Des glaudcs sudoripures

(1) Ilallcr, Elemenla physiologiœ, t. V, lib. xn, p. 42.

(2) liecherc/ies sur la structure de la peau, 1836, p. 2C, 72, 00.

SPLANCIINOLOGIE,

canaux spiroïdcs ù la paume des mains et à la plante des pieds. Il suffit d'étudier à k loupe, et mûme quelquefois à l'œil nu, une coupe perpendiculaire d( la peau : on voit alors qu'il existe, soit dans les couches profondes du derme, soit dans le tissu cellulaire sous-cutané, une sorte de petit corps arrondi, quieti formé par un canal capillaire, contourné plusieurs fois sur lui-m<»mc. De ce corp^ arrondi, cjlomérule glandulaire, part un canal excréteur, canal sudorifère, qui traverse le derme en ligne droite ou en décrivant de légères flexuosités, pui l'épiderme en spirale et vient s'ouvrir obliquement à la surface de la peau. iJanles régions garnies de poils, le canal sudorifère, suivant Henle, s'ouvre exceiitionnellement dans la portion supérieure d'un follicule pileux.

(Fig. 388) n.

Leur siège. Ces glandes et canaux sudatoires existent dans toutes les régions de la peau,|( particulièrement dans celles qui sont pourvues de papilles, il faut en exceplcrtl la face interne du prépuce, la surface, du gland, le voisinage des bords labial fttl palpébral. Les régions où elles sont le plus nombreuses, sont la paume de lai main, la plante du pied et la face dorsale de ces organes. On en trouve plus Alla face antérieure du corps qu'à la face postérieure, et du côté de la flexion quct du cOté de l'extension. En coupant par tranches l'épiderme de la plante des» pieds et de la paume des mains, on peut y voir, même à l'œil nu, les coupesi des canaux spiraux.

Les glomcndes glandidaires sont de petits corpuscules arrondis ou ovoïdes, dcmi- Iransparenls, de couleur rougcâtre, dont le volume varie suivant les régions; leur diamètre ordinaire est de 0'"'",2 à 0™"',4. Les plus gros sont ceux du creux de l'aisselle, qui mesurent i à 2 millimètres et môme d millimètres. Cc^ glandes volumineuses se rencontrent aussi parfois, mais isolées, dans d'autre-^ régions, telles que l'aine (Robin), les faces antérieure et latérale du llior.n (Sappey). Les plus petites sont celles des paupières, du nez, du fourreau du pinis, du scrotum, qui n'ont que 0""",2 do diamètre.

fllomiirules glandulaires

l ) Section a travers la peau Je la pulpe d'un doigt, parallèle aux crêtes. — I, couche covnic. ~ *• couche muqueuse. — portion profonde de la couche cornée, formée de cellules moins aplaties. papilles. — 4, derme. — s, tissu adipeux sous-cutan.5 . — 6. canaux excréteurs dos glandes sndorip»re« dans 1 épidcrmo. — 6', les mèir.es dans le derme. — 7, glomérulcs glandulaires. — 8, section de vaisseau-

DE LA PEAU

(Fig. 389)

Chaque glomérule est généralement constitué par un canal unique, replié sur lui-raème et enroulé en peloton. Ce canal commence par une extrémité en culde-sac, cachée dans la portion centrale de la glande. Ce n'est que dans les glandes volumineuses qu'on voit parfois des culs-de-sac latéraux sur le trajet du canal glandulaire, ou mt!me de véritables ramifications de ce canal. Rarement deux . glomérules distincts sont réunis par un canal excréteur commun.

A part l'extrémité en cul-de-sac, qui est légèrement renflée, le canal glandulaire présente le même calibre dans tout son trajet. Ce calibre, du reste, varie considérablement dans les diverses glandes ; il est de 0""",02 à O^^jOG dans les petites glandes et atteint jusqu'à 0°"",i3 et 0'°'°,2 dans les grosses glandes de l'aisselle.

A ces différences de calibre, répondent des différences non moins considérables dans la structure des parois et dans la composition du contenu.

La paroi des canaux sudoripares est constituée essentiellement par une mince couche de tissu conjonctif, ou tunique fibreuse, dans laquelle sont distribués des noyaux allongés, et qui est tapissée intérieurement d'un épithélium pavimenteux. Cet épithélium est composé d'une ou de deux couches de cellules polygonales, dans lesquelles on trouve souvent des granulations plus ou moins foncées, en général de nature graisseuse. Dans les petites glandes, cet épithélium limite une cavité assez nette, remplie d'un liquide transparent ; au contraire, dans les grosses glandes de l'aisselle, de la racine du pénis, et aussi dans quelques glandes de la paume de la main, la lumière du canal glandulaire est moins distincte, et l'on trouve, en dedans des cellules représentant l'épithélium, une substance molle, de couleur jaunâtre, renfermant des granulations plus ou moins foncées, avec des noyaux de cellules libres ou môme des cellules complètes. Dans toutes ces glandes aussi la paroi du canal est beaucoup plus épaisse, et présente une forte couche de fibres musculaires lisses, dirigées dans le sens longitudinal.

Une sorte d'atmosphère celluleuse entoure les glomérules des glandes sudoripares ; en même temps qu'elle sert de support aux vaisseaux qui s'y distribuent, elle envoie, entre les circonvolutions du canal glandulaire, des prolongements qui les relient entre elles.

Le canal excréteur du glomérule, ou canal sudorifére, naît habituellement de la portion supérieure du glomérule, traverse le derme en ligne directe ou légèrement onduleuse, passe entre les éminences papillaires, et s'enfonce dans l'épiderme, où il décrit des tours do spire très-rapprochés, d'autant plus nombreux ique l'épiderme est plus épais. On en a compté jusqu'à vingt dans l'épidermo de la paume de la main et de la plante du pied ; toutes ces spires, suivant Wellccr, ont lieu de droite à gauche, comme celles d'un tire-bouchon. 11 s'ouvre, enfin, à la surface de la peau par un pertuis évasé ou infundibuliforme, de O'""',0o tl O""",! de diamètre, et facile à reconnaître, quelquefois même à l'œil nu.

Dans son trajet à travers le derme, le canal sudorifére, dont le calibre est un

leur sliuctuic.

(*) Canaliculc d'iine plnncln sudoriparc des doigts. — I, liimiprc du cnnal. 3, tissu conjonclif du derme.

ir.

2, couclie de celhdos. —

Calibre du

canal sudoriparc.

Parois.

Contenu.

Canal cscréteur.

SPLANCIINOLOGIE.

Dinoinljri"inenl des glnmles su- (loripares.

peu inl'éi-ieur à celui du canal sudoriparc, conserve sa paroi propre, consliluée;! peu prfis comme celle de ce dernier. lîn passant dans la couche muqueuse de l'épidermc, il s'élargil considérablement, en môme temps qu'il perd son enveloppe de tissu conjonctif; il n'est plus limité, dès lors, que par des cellules, qui difl'ùrent peu des cellules environnantes. Dans la couche cornée, la lumière du canal, ordinairement anguleuse et très-irrégulière, est entourée de plusieurs couches de cellules aplaties, renfermant des granulations graisseuses.

On a fait diverses tentatives pour déterminer le nombre des glandes sudoripares de chaque région et celui de toutes les glandes du corps humain, afin de se faire une idée aussi exacte que possible de l'importance du rôle que jouent

(Fis- 390) (*).

(") Socliou de In peau d'un doigt. — I, Couche cornée. — 2, Couche muqueuse. — 3, Pai>illes. — *• licrine. Les conduits excréteurs spiroïdes des glandes sudoripares ont 616 sectionnés phisicurs fois, la"' lions la couche cornée (5) que dans la couche muqueuse (6). — 7, Couche de tissu conjonctif de 1» paroi de ces cotiduits dans l'épaisseur du derme. — 8 , Kpithélium du canal excréteur. — 9, l.uniiore ce canal, que la section a ouvert dans un point situé plus profondément.

D3 LA PEAU

rcs organes d'élimination. Krause tenant compte, dans cette détermination, des (liU'érences de volume, comptait les grosses glandes pour 2à 4 unités, et réunisiiûlcn une seule deux petites glandes. Il trouva ainsi, par pouce carré :

Dans la paume de la main et la plante du pied. ... 2,700 glandes.

Sur le dos do la main 1,500 »

Au front, au cou 1,300 »

Sur le tliorax, l'abdomen. Je bras 1,100 »

Sur le dos du pied 900 »

Sur la joue, la cuisse 500 à COO »

A la nuque, au dos, au siège 400 »

Estimant la surface totale du corps à 15 pieds carrés, et le nombre moyen des glandes à l,(iOO par pouce carré; évaluant ensuite séparément les glandes palmaires et plantaires, à cause de leur grand nombre, et excluant de ses appréciations les glandes de la cavité axillaire et du conduit auditif, en raison de leur volume exceptionnel, Krause arriva, pour la peau de tout le corps, au chifTre approximatif de 2,400,000 glandes, ayant ^ de ligne de diamètre, et dont le volume total est d'environ 4 pouces cubes,

M. Sappey, de son côté, après avoir compté les orifices des canaux excréteurs dans plusieurs régions, fut conduit au chilTre total de 6 à 7,000,000 glandes pour toute la surface du corps. Mais, comme il le fait remarquer lui-même, ce chiffre est certainement au-dessous de la vérité, puisque M. Sappey n'estime qu'au huitième de celles de la paume de la main et de la plante du pied le nombre des : glandes des autres régions, ce qui ne saurait être admis en présence du tableau do Krause.

i). Vaisseaux et nerfs de la peau.

I.a peau est un organe des plus vasculaires, et la grande quantité de sang l'.oïc des qu'elle reçoit est destinée à un triple rôle : 1» conserver l'intégrité des diverses parties dont elle se compose, en réparant l'usure qu'elles éprouvent, principale- ^ ment par l'exercice de sa sensibilité; 2» fournir les matériaux de l'épiderme, des poils et des diverses sécrétions dont elle est le siège; 3° entretenir la température de la surface du corps.

C'est en tenant compte de ces trois fonctions du sang dans le tégument externe, vasouianié qu'on s'explique la vascularité très-différente que présentent les diverses régions a^sSlei de la peau. Ainsi, les parties les plus riches en vaisseaux sont celles qui sont le régions."'"* plus abondamment garnies de papilles, telles que la paume de la main et la plante du pied, et celles qui présentent les follicules pileux et les glandes le? plus nombreuses, comme le cuir chevelu. Les vaisseaux cutanés sont plus abon- 'dants au pourtour des grandes articulations qu'A la partie moyenne des scg- 'inents de membres, et dans les portions éloignées du centre circulatoire que (dans son voisinage.

«) Les arirres destinées à la peau serpentent d'abord A la face profonde de cette Ancres, enveloppe, dans le tissu cellulaire sous-cutané, où elles se divisent de plus en plus et fournissent des rameaux aux lobules de graisse, aux follicules pileux et «ux glandes sudoripares qui s'y rencontrent. D'autres rameaux pénètrent dans ■les alvéoles de la face profonde du derme, donnent quelques ramuscules aux foll'cules sébacés, au chorion lui-mOme, et s'élèvent enfin jusqu'A la portion su-

SPLANCIINOLOGIE.

pcrficiellc ou papillaire de cet organe, où ils forment par leurs anastomoses un réseau capillaire trùs-scrré. Ce réseau, qui s'étend au-dessous de l'épiderme, est le lieu de départ d'une multitude d'anses vasculaires qui s'élèvent dans l'épaisseur des papilles.

V nés Les veines de la peau proviennent des réseaux capillaires que l'on rencontre

' ' dans tous les organes désignés ci-dessus; les radicules veinules s'anastomosent entre elles au-dessous du derme et forment un réseau à larges mailles, d'où partent les troncs destinés à ramener définitivement le sang vers le centre circulatoire. Les veines sous-cutanées sont remarquables par leur calibre, plus considérable que celui des artères correspondantes, et par le grand nombre de valvules qu'elles présentent quelquefois (celles du membre inférieur particulièrement, Sappey).

Ljn.phaii- c) Les «flisvmttœ lymphatiques sont fort inégalement distribués dans les diverses qiies. portions de la peau ; tandis que certaines régions de ce tégument sont couvertes de réseaux lymphatiques tellement serrés, qu'injectées au mercure, elles semblent recouvertes d'une lame argentée continue, d'autres ne présentent qu'un très-petit nombre de vaisseaux de cette nature. Ce sont encore les points où se trouvent les papilles les plus nombreuses, la face palmaire des mains et la face plantaire des pieds, qui tiennent la première place sous ce rapport ; la peau du scrotum, celle du pavillon de l'oreille, des ailes du nez, fournissent également de? réseaux très-serrés.

Tous ces réseaux, placés dans la couche la plus superficielle du derme, sont-ils constitués par des vaisseaux pourvus de parois propres, ou ne représentent-ils que des lacunes entre les éléments de la peau? C'est une question que nous examinerons à l'occasion des vaisseaux lymphatiques en général (V. t. IIJ, p. 264 à 207).

Quoi qu'il en soit, de ces réseaux superficiels partent des rameaux qui traversent le derme, en y formant un réseau plus lâche, et qui donnent naissance ;\ un certain nombre de petits troncs, lesquels cheminent dans le tissu cellulaire sous-cutané.

^.^^.^^ d) Les nerfs de la peau, destinés principalement aux papilles nerveuses, sont d'autant plus nombreux que ces dernières sont plus multipliées.

Ils cheminent d'abord dans le tissu cellulaire sous-cutané et s'y ramifient, pénètrent ensuite dans les aréoles de la face profonde du derme et gagnent le voisinage du corps papillaire, pour y former des plexus d'où partent les nerfs destinés aux papilles. En outre, un certain nombre de fibres nerveuses se terminent dans les glandes de la peau, dans les muscles lisses annexés aux follicules pileux et dans ces follicules eux-mêmes. On trouve enfin, sur beaucoup de nerfs cutanés, particulièrement sur ceux de la paume de la main et de la plante du pied, au milieu du tissu sous-cutané, des corpuscules spéciaux, généralement Corpuscules désigués SOUS le nom de corpuscules de Pacini, qui ne manquent pas d'analogie de Pacini. avec les corpuscules du tact, bien qu'ils soient plus volumineux et d'une structure plus complexe. Ils sont formés, en efi'et, d'une série de capsu/es emboîtées les unes dans 1 s autres, et dans l'axe desquelles chemine, entourée d'une petite quantité de liquide, une fibre nerveuse pâle, provenant d'un rameau nerveux voisin; cette fibre se termine vers la partie supérieure du corpuscule en se divisant en deux ou trois branches, renflées à leurs extrémités. Les corpuscules de Pacini onf I à 4 millim., de longueur; ils sont supportés par un court pédicule, constitué par leprolongement de leurs capsules, et logeant la fibre nerveuse destinée A chacun de ces organes.

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