CHAPITRE VII ORGANE DE L'ODORAT OU DE L'OLFACTION
]: organe de l'odorat, destiné à nous faire connaître certaines particules volatiles Sasituatiou. qui s'échappent des corps, est situé à la face, comme d'ailleurs tous, les sens spéciaux, dans deux grandes cavités creusées, en quelque sorte, dans l'épaisseur de la portion moyenne de la face, à l'entrée des voies respiratoires, au-dessus de la cavité buccale et par conséquent de l'organe du goût, avec lequel il a tant de points de contact. Double, quoique situé sur la Ugne médiane, l'organe de l'o- ^"^J^""^'" dorât comprend : - liiuantes.
1° Deux cavités anfractueuses, séparées par une cloison verticale médiane, et qui se prolongent, par des arrière-cavités, dans l'épaisseur de plusieurs os du crâne Pt de la face ; ces deux cavités, qui portent le nom de fosses nasales, sont tapissées d'une membrane muqueuse molle et spongieuse, la piiuilaire, sur laquelle se déposent les molécules odorantes et qui constitue la partie essentielle de l'appareil de l'olfaction.
2» Un appareil extérieur, destiné à protéger l'organe olfactif, à le maintenir dans des conditions d'humidité favorables à ses fonctions, et à diriger l'air vers la région de l'organe qui est douée de la sensibilité olfactive : cet appareil extérieur, espèce d'auvent protecteur, est le nez proprement dit.
DU NEZ
Le nez représente une pyramide triangulaire, dont la base regarde directement Posiiion, en bas ; espèce de chapiteau saillant à la partie moyenne de la face, de telle sorte que l'organe de l'odorat est, de tous les sens spéciaux, celui qui est le plus antérieur.
L'étude des variétés de forme et de volume qu'il présente, appartient aux peintres plutôt qu'aux anatomisles ; car ces variétés influent bien plus sur la physionomie que sur l'exercice des fonctions.
Les faces latérales du nez sont remarquables inféricurement par une rainure demi-circulaire, à concavité inférieure, qui limite l'aile du nez {alœ seu pinnœ) ; c'est de cette rainure que part le sillon naso-labial des séméiologisles. l es deux faces latérales constituent, par leur angle de réunion, le dos du nez, lequel est rectiliguc, convexe ou concave, suivant les sujets, et détermine en grande partie les formes nationales ou individuelles de cet organe. On appelle lobe du nez l'éminence arrondie, quelquefois distincte par un sillon superficiel, qui termine inféricurement le dos du nez.
Varictiis ds fonm».
races lnl(?ralos <iii ner.
Dos du iic-i.
Lobe du nri.
Hacine et base du nez.
Direction des narines
Charpente osseuse ;
Carlilag lieuse
576 SI'LANCIINOLOGIE.
Le sommet de la pyramide, ou la racine du nez, est séparée de la bosse nasale par une rainure transversale. La base du nez présente deux orifices elliptiques ou semi-lunaires, à grosse extrémité postérieure, et qui forment l'ouverture inférieure ou l'entrée des narines. Ces orifices, horizontalement dirigés en arriére et en dehors, séparés l'un de l'autre par une cloison antéro-postérieure appelée sous-cloison, sont garnis à leur pourtour de poils roides, vibrisscs, destinés à arrêter les corpuscules qui voltigent dans l'air (1).
Le nez limite deux petites cavités appelées Jianne?, qui se continuent, en arrière , avec celles des fosses nasales, auxquelles elles servent en quelque sorte de vestibule.
La direction des narines atteste la destination de l'homme à l'attitude bipède ; car, dans l'attitude quadrupède, le dos, du nez eût seul été dirigé vers les corps odorants. La situation des narines au-dessus de l'orifice buccal explique pourquoi aucune substance alimentaire ne peut être introduite dans la cavité buccale, sans avoir été préalablement soumise à l'exploration de l'organe de l'odorat.
Structure du nez. Considéré dans sa structure, le nez présente une charpente soMde, servant de support aux diverses parties, et des muscles, destinés à les mouvoir ; il est revêtu, à l'extérieur, par la peau, à l'intérieur, par une membrane muqueuse ; il reçoit enfin des vaisseaux et des nerfs.
A. Charpente du, nez. La charpente du nez comprend une portion osseuse, une portion cartilagineuse et une portion fibreuse.
a) La portion osseuse occupe la partie supérieure de l'organe ; elle est constituée par les os propres du nez et par les apophyses montantes des os maxillaires, les uns et les autres fortement appuyés sur le frontal, qui les soutient (Y. Ostéologie).
Ces quatre os, en se réunissant, forment une voûte dont les divers diamètres augmentent de haut en bas et qui est soutenue, à sa portion moyenne, par la lame perpendiculaire de l'ethmoïde. Très-épaisse en haut, où elle s'articule avec le frontal, la charpente osseuse du nez s'amincit de plus en plus, et se termine par un bord tranchant, concave, qui donne attache aux cartilages latéraux du nez.
b) La portion cartilagineuse du nez prolonge en bas et la cavité limitée par la portion osseuse et la cloison des fosses nasales ; elle comprend : 1 "les cartilages latéraux dunez, auxquels on peut joindre le cartilage de la cloison; 2° les cartilages des nari7ies : en tout, cinq cartilages. Ajoutez à cela 3° des noyaux cartilagineux, intermédiaires à ces derniers et au cartilage de cloison. Santorini a décrit dans le nez onze cartilages, sans doute parce qu'il a considéré comme autant de cartilages distmcts de très-petits noyaux cartilagineux {cartilagines minores vel sesamoideœ) développés accidentellement dans l'épaisseur du tissu fibreux.
Il résulte de cette structure qu'infiexible en haut, le nez est Hexible à sa partie moyenne, et extrêmement mobile inférieurement ; disposition qui a le triple avantage de prévenir les fractures de la portion la plus proéminente du nez, de permettre des mouvements de dilatation dans les orifices, en même temps que la solidité de la parhe la plus supérieure et la plus étroite des fosses nasales assure
1) Celte destination des vibrlssos est surtout démontrée dans les maladies graves, lorslue, la respiration étant exlrémemet.l fréquente, les corpuscules almovphérlq..es non
des narines donne 1 cveil au praticien sur la gravité des maladies.
DU NEZ
(Fis- 391) (•).
une voie libre à l'air atmosphérique et une protection efficace à la membrane fondamentale de l'organe de l'odorat.
1° Cartilages latéi'aux du nez. Triangulaires, unis par leur bord antérieur, qui est épais en haut, avec le cartilage de la cloison et formant avec lui un angle aigu, qui constitue le dos du nez. Une sorte de rainure superficielle, sensible même à travers la peau, se voit sur la ligne de réunion des bords antérieurs des cartilages latéraux 39i). Par son boed sitpérieur etpostérieur, le cartilage latéral s'articule avec les os propres du nez ; je dis qu'il s'articule, car il n'y a pas continuité, mais articulation à l'aide d'un tissu fibreux, ce qui donne à ces cartilages une assez grande mobilité. Le bord inférieur, convexe, répond, en avant, au cartilage de l'aile du nez ; en arrière, au tissu fibreux qui remplit les vides des cartilages. Les cartilages latéraux du nez sont intimement unis, sur le dos de cet organe, avec le cartilage de la cloison"; en sorte qu'on pourrait considérer ces trois pièces cartilagineuses comme ne formant qu'un seul cartilage. Mais quelquefois elles ne sont unies entre elles que par le périchondre.
La portion la plus épaisse du cartilage latéral du nez est en haut et en avant.
2° Cartilage des narines {cartilagines alares seu ffinnales, cartilages pinnaux). Bichat les avait appelés, à tort, fibro-cartilages des ailes du nez. Un seul cartilage, de chaque cûté, est destiné à l'aile du nez, au lobe et à la sous-cloison; il représente une lame irrégulière, repliée en demi-ellipse ou parabole et entourant l'extrémité antérieure de l'orifice inférieur des narines. Nous lui considérerons deux branches, l'une externe, l'autre interne.
La branche extei'ne ou pinnale proprement dite du cartilage des narines {/îg. 392) est ;:généralement décrite comme appartenant à l'aile du nez ; mais je me suis assuré iqu'elle n'appartenait nullement à l'aile du nez. Elle est située au-dessus de cette ^dernière, si bien que son bord inférieur répond au sillon curviligne qui limite supérieurement l'aile du nez. Nous verrons que l'aile du nez est essentiellement constituée par un repli de la peau, dans l'épaisseur duquel sont contenues ^des fibres musculaires très-remarquables. Cette branche externe est plus large que l'interne. Elle atteint sa plus grande hauteur en avant, où son bord supérieur recouvre le bord inférieur du cartilage latéral ; elle diminue beaucoup de largeur en arrière, pour se terminer en pointe à la base de l'apophyse montante du maxillaire supérieur. Cette branche a des faces irrégulières, comme froissées ; ses bords présentent souvent des entailles, qui peuvent même diviser le cartilage en plusieurs fragments.
La branche interne du cartilage des narines {cartilage mobile de la sons-cloison) plus épaisse, mais moins haute que la branche externe, se trouve sur un plan inférieur; elle représente une bandelette allongée, dont la face interne, verticale, répond à
n Cartilages du nez, tus par la face antérieure. — N, os propres du nez. — N', os inlernasnl de Mayer.
1. — m", lame latérale du cartilage médian ou cartilage latéral du nez . — /, car-
Cartilage latéral du
Modes d'articulation des bord.s
du cartilage latéral du nez.
Cartilages des narines.
liranclie externe.
Branche interne ou onrlilage de la souscloison.
— m', cartilage de la cloison •liage de la narine.
578 SPLANCIINOLOGIE.
la branche inlcrno (lu CÔ16 opposé ;clIecstsépar6csupérieuremen(decelledernitTe par le carlilagc de la cloison, qu'elle déborde en bas. Ces deux branches internes
(Fig. 3U2) (•).
F.xcavalion (lu lobule du liez.
Tubercules cartilagi-
(Fig.393) (").
sent unies l'une à l'autre par un tissu cellulaire assez lâche, qui leur permet ! jouer l'une sur l'autre, et qui permet aussi de pénétrer entre elles jusqu'au cartilage de la cloison, sans les intéresser en aucune manière. La branche intenio ne se prolonge pas jusqu'à l'épine nasale antérieure; elle se termine brusquement à une certaine distance de cette épine, par une saillie très-prononcée, surtout chez quelques sujets, saillie souvent inégale des deux côtés, qui soulève la muqueuse de l'entrée des narines d'une manière sensible, et explique en partie l'inégalité des orifices de ces cavités. Au point de réunion de la branche interne et de la branche externe, c'est-à-dire au sommet de la parabole décrite par chaque
cartilage des narines, ce cartilage s'élargit et s'excave en arrière, pour constituer le lobule du nez. Les deux sommets des cartilages dépassent, en avant , le bord antérieur du cartilage de la cloison et constituent seuls le sommet du nez, qui est divisé par un sillon médian plus ou moins marqué, répondant à leur intervalle {* fig. 3931.
Les bords du cartilage des narines sont inégalement découpés et comme festonnés. Le boni supérieur est uni aux cartilages latéraux du nez, au moyen d'un tissu fibreux, qui leur permet de jouer facilement, soit sur ces cartilages latéraux, soit sur le cartilage de la cloison.
Tubercules carlilafjineux {cartilages sésamoîdes ou accessoires). Entre le carlilagc des narines et le cartilage de la cloison, au niveau du lobule du nez, se voit,
l*) Carlilagcs du nez, vus de profil. — X, os du ne/.. - S«n, épine nasale anliirieurp. - m', carlilagcdc la cloison.- m', carliinge latéral. - /, cartilage de la narine. — e, c, cartilages suppli'menlaircs.
(•*) Section de la portion cartilagineuse du nez, suivant un plan parnllcle à lorifice ant.'rieur des fosses nasales osseuses. - w', cartilage de la cloison. — m", cartilage laliiral. — /, cartilage de la narine. — I. peau. — ï, miK|neusc du nez.
DU NEZ
(Fig. 394) ('•),
de chaque côté, un tubercule cartilagineux, qui semble n'avoir d'autre objet que de favoriser les mouvements du lobule sur la cloison.
Assez souvent les cartilages que nous venons de décrire, sont interrompus dans leur continuité par des scissures, au milieu desquelles se trouvent d'autres tubercules cartilagineux sésamoïdes. On en rencontre toujours le long du bord supérieur de la branche externe des cartilages des narines.
3» Cartilage de la cloison des fosses nasales. 11 complète la cloison des fosses nasales, en remplissant l'intervalle triangulaire qu'interceptent la lame perpendiculaire de l'ethmoïde et le vomer. Il est constitué par deux parties : l'une, large et libre, c'est la seule généralement décrite; l'autre, étroite, qu'on peut appeler prolongement caudal du cartilage, et qui est contenue dans l'épaisseur de la portion osseuse de la cloison des fosses nasales, entre les . deux lamelles du vomer.
lipaisde i { millimètre, triangulaire, placé de ; champ, comme la cloison osseuse, le cartilage de la cloison présente : I " deux faces recouvertes par la pituitaire, ordinairement planes, quelquefois concaves et convexes en sens opposés ; '2° un fwrd supérieur et antérieur, qui répond au dos du nez ; dans sa moitié supérieure, il se continue avec les cartilages latéraux ; dans sa moitié inférieure, il est libre, convexe, regarde en bas et est intermédiaire aux deux cartilages des narines, qui le débordent un peu ; 3° un bord supérieur et postérieur, qui est extrêmement épais et rugueux, et qui s'unit intimement au bord, également épais et rugueux, de la lame perpendiculaire de l'ethmoïde. Le mode d'union de ce bord a lieu, non par articulation, mais par continuité de tissu, à la manière des cartilages costaux avec les côtes ; 4° un bord inférieur, qui est reçu dans l'intervalle des deux lames du vomer. Cette réception est extrêmement profonde. Comme les deux lames du vomer s'écartent d'autant plus l'une de l'autre qu'on les examine plus antérieurement, le bord correspondant du cartilage va en s'épaississant : d'où la saillie, quelquefois très-considérable, que présente l'extrémité inférieure de la cloison dans l'une ou l'autre narine, saillie telle qu'elle a pu en imposer pour un polype.
Si l'on examine avec attention l'angle rentrant que forme la lame perpendicu- ' laire de l'etlimoïde avec le vomer, on verra qu'au niveau de cet angle, le cartilage de la cloison envoie un prolongement considérable, en forme de bandelette, qui remplit l'intervalle des deux lames du vomer, et s'avance quelquefois jusqu'au ; rostrum du sphénoïde. Cette bandelette cartilagineuse est tout entière contenue dans l'épaisseur de la portion osseuse de la cloison, au niveau de la partie moyenne. Son bord supérieur est mince et comme dentelé, son bord inférieur est épais et arrondi. Les deux nerfs naso-palatins sont contenus dans le même canal osseux que le cartilage, et placés de chaque côté (I).
(') Section verticale et ti-ansvcrsiilc du nez ; surface de section antiSrieuro.
f Section de la racine osseuse du nez. — Pf, apophyse frontale du niaxilloirc supérieur. — m', cartilage de la cloison. — m', cartilage latéral. - /<, section de la branche externe du cartilage des nariiiiis. i', section de la branche mddiane de ce cartilage. — *, sous-cloison.
(I) Le cartilage de la cloison et son prolongement cuuiliil, qui n'est nutro chose qu'une
Cartilage de la cloison.
Portion libre du cartilage de la cloison.
Ses faces et seî bords.
Prolongement caudal du cartilage de la cloison.
SI'LANCIINOLOGIR.
Clinrpontc fihrinisc.
Ciiiiclie inusculiiira (lu nez.
Couche cutanci;.
Slruclurp musculaire de l'aile du nez.
c. Portion fibreuse. Tons ces carlilagcs sont unis entre eux et à la portion osseuse du nez par une membrane fibreuse, qui n'est elle-m^ïme que le prolongement du périoste de cette derniùre. Cette membrane, simple dans les intervalles qui séparent les diverses pièces de la charpente osléo-carlilagincuse, se dédouble au niveau des cartilages, pour les recevoir dans son épaisseur cl leur servir de périchondrc. Il résulte de cette disposition que le nez, fixe et solide à sa partie supérieure, devient souple et mobile dans sa portion inférieure.
B. Couche musculaire du nez. Elle comprend ( 1) : 1 " les pyramidaux, languettes charnues qui font suite au frontal, s'entre-croisent en partie sur le dos du nez, et se terminent dans l'épaisseur de l'aile du nez ; 2° le transverse ou triangulaire du nez; 3° le pinnal transverse, qui appartient essentiellement à l'aile du nez; 4° le pinnal radié, qui se porte à la sous-cloison et à la partie postérieure de l'aile du nez. Nous devons encore ajouter à cette couche musculaire le faisceau nasal d'origine du releveur profond, son faisceau pinnal de terminaison, et les insertions nasales du muscle canin.
C. Couche cutanée. La peau qui répond aux os du nez et aux cartilages latéraux, ne présente aucun caractère particulier ; elle a peu d'épaisseur, elle est mobile, lisse et tendue. La peau qui répond aux ailes du nez et au lobule, est très-épaisse, d'une densité extrême, crie sous le scalpel, à tel point qu'on a admis des cartilages dans l'épaisseur des ailes du nez. Or, nous avons fait remarquer que les cartilages des narines ne se prolongent pas dans l'épaisseur des ailes du nez, lesquelles sont essentiellement constituées par une peau très-résistante, qui se réflécliit en dedans d'elle-même au niveau de l'orifice des narines.
La peau du nez est garnie de petites papî7/es peu développées et de poîVs très-fins; elle est remarquable par le grand développement des follicules sébacés, annexés à des follicules pileux rudimentaires, qu'on y rencontre. L'orifice de ces follicules, qui plongent dans le tissu sous-cutané, se manifeste chez un grand nombre d'individus par des points noirs, qui ne sont autre chose que la matière sébacée, teinte par la poussière. C'est cette matière sébacée qu'on peut faire sortir sous la forme de petits vers, par une pression latérale. Il existe également dans la peau du nez des glandes sudoripares très-petites, mesurant 0"°',lo à 0'"",20 de diamètre.
La peau se réfléchit sur elle-même au niveau des ouvertures des narines, pour se continuer avec la pituitaire. Il suit de là que l'aile du nez est essentiellement constituée par un repli de la peau, dans l'épaisseur duquel sont contenues des fibres musculaires très-remarquables, qui expliquent les mouvements de dilatation et de resserrement de ces orifices, soit pour les besoins de la respiration, soit pour l'expression des passions. La peau réfiéchie conserve encore les caractères du tissu cutané dans la partie de la face interne des ailes du nez qui est garnie de poils. Au-dessus de cette partie, qui comprend, en dehors, toute la face mterne de l'aile du nez, et en dedans, une lisière non moins considérable de la cloison, l'épiderme cesse brusquement, et la peau réfiécliie prend immédiatement tous les caractères des membranes muqueuses.
D. Membrane pituitaire. La membrane pituitaire ou muqueuse olfactive, membrane de Schneider (2), est une membrane fibro-muqueuse, qui tapisse les fosses nasales
portion du vomer non envahie par lossincation. représentent assez exactement, par leur forme, un papillon dont les ailes seraient rapprochées.
(1) Voy. Myologie, t. II, p. 233.
(2) Schneider (Conrad Yiclor) [de Catarrho)^ attaché son nom h cette membrane, parce quila, le premier, réfuté victorieusement TeiTeur des anciens. qui faisaient descendre
DU NJCZ.
dans toute leur étendue, et qui se prolonge, en subissant de notables modiQcations de texture, dans les cellules et sinus qui viennent s'ouvrir dans ces cavités.
Revêtues par la pituitaire, les fosses nasales présentent une configuration qui diffère à quelques égards de celle qu'elles offrent sur le squelette. Un grand nomibre de trous et de conduits sont bouchés par la membrane, plusieurs sont rétrécis ; les rugosités de la surface des cornets sont en quelque sorte dissimulées.
(Fig. 393) (•),
Conligura-
tion des fosses nasales revêtues de la pituitaire.
En outre, la muqueuse, en se réfléchissant sur elle-même, forme des plis, dont les uns prolongent les cornets, et dont les aulres rétrécissent plus ou moins les «orifices de communication des sinus et cellules avec les fosses nasales.
I. Trajet de la pituitaire. Tirant ainsi son origine de la peau réfléchie et garnie fde poils qui tapisse la surface interne de la narine, la pituitaire se continue, sans ligne de démarcation, avec la muqueuse du pharynx, du voile du palais, de la irompe d'Eustachi et du canal nasal. Voici, du reste, les particularités les plus remarquables qu'elle présente dans son trajet sur les parois des fosses nasales.
1° A /a route des fosses nasales, elle tapisse, en avant, les os propres du nez, la iame criblée de l'ethmoïde, dont elle ferme tous les trous, en sorte que les
(*i Section verticale et transversale des fosses nasales ; surface de section antérieure. + Section de l'orbite. — Ci, cornet supérieur. — Cm, cornet moyen. — Ci, cornet inférieur, — eilulcs ethmoidales. — Sm, sinus maxillaire. — *, stylet pnssuiit du sinus maxillaire dans la oiaiale.
Cil, fosse
lies ventricules du cerveau le produit des socrclions iiasnlos. Le nom vulgaire de rhunae ide cerveau est encore un vestige de celte erreur.
Uisposllioii de la pituitaire à la voiitc des fosses nasa-
SPLANCriNOLOGIE.
Sur la paroi fttcnie.
Valvule semi-lunaire lie l'urillce inférieur du ciiuul nasal.
vuisscaiix cl nerfs qui (raverscnl ces trous, pénètrent la muqueuse par sa face externe. En arrit're, elle couvre le corps du sphénoïde, et arrivée au niveau de l'orifice du sinus sphénoïdal, la pituilaire forme, avant de pénétrer dans le sinus, un repli qui rélrécit singulièrement cet orifice, et lui donne une forme arrondie ou celle d'une fente verticalement dirigée, située à lu partie supérieure et antérieure du sinus.
2° Sur la îmroi externe des fosses nasales, la pituitaire revêt, de bas en haut, un grand nombre de parties :
a. méat inférieur^ k la partie antérieure et supérieure duquel elle rencontre l'orifice inférieur du canal nasal ; autour de son orifice, elle forme un repli
(l'-ig. 396) (•).
valvulaire à bord libre, semi-lunaire, qui prolongcle canal nasal plus ou moins, suivant les sujets; en sorte que, chez ceux qui ont cette valvule très-développée, on est quelquefois embarrassé pour découvrir l'orifice inférieur du canal nasal, même lorsque le cornet inférieur est relevé ou brisé. On conçoit, en outre, que,
n Paroi externe des fosses nasales. - Ou a enlevé le cornet moven. . "o™»" f le cornet moyen. Le cornet supirieur a a ■ divisé par une section verticale
et renversé dos deux cotés (Cs<, C.î), pour rendre visibles les orifices des cellules elhmoKlalcs supérieures. t>/, sinus frontal. - SspA, sinus sphénoïdal. - 1, orifice des cellules etlimo.dalcs inférieures. - S. stylet qu. conduit du s.nu5 frontal dans le méat moyen. - 3, orifice de communication constant du sinus maxillaire avec les fosses nasales. - 4, orifice de communication non constant entre ces cavités. - S, ouverture ptiaryngicune de la trompe d'EusInchi.
DU NIÎZ.
chez ces mômes individus, le cathélérisme du canal nasal par le méat inférieur Idoive presque nécessairement déchirer cette valvule. Du méat inférieur, la pitui- » taire se réfléchit sur le cornet inférieur, qu'elle prolonge par un repli, en avant,
(Fig. 397)
Ssph
et surtout en arrière. C'est sur ce cornet inférieur que la pituilaire présente sa plus grande épaisseur.
b. Daris le méat moyen, la pituitaire fournit trois prolongements, destinés au sinus maxillaire, aux cellules ethmoïdales antérieures et au sinus frontal, revêt infundihulum, lequel présente à son extrémité inférieure une ampoule ou dilatation, dans laquelle se voit le plus ordinairement l'orifice du sinus maxillaire. Cet orifice est bien loin d'offrir le même aspect que sur le squelette ; il a la forme l'une fente allongée, qui, vue du côté du sinus, paraît circulaire ; il répond à la •lortion supérieure et interne de cette cavité et se trouve, par conséquent, dans •les conditions très-défavorables pour évacuer au dehors le liquide qui pourrait ^accumuler dans le sinus. Cet orifice est ordinairement le seul qui fasse communiquer le sinus maxillaire avec les fosses nasales; quelquefois on en trouve lin second, au niveau de la partie moyenne du bord adhérent du cornet infé- ■l'iiir. I,a pituitaire se prolonge, de l'infundibulum, dans les cellules antéricurcF 11! l'etlimoïdc, dans les sinus frontaux et dans le sinus maxillaire. En soulevant
Variétés dans la situation diî l'orifice du si nui tnaxillairtf.
(*) l'aroi cxtorne des fosses nasales. Lva cornets supérieur et moyen (Cs cl Cm) ont été divisés suivant •■iir longueur. — C. cornet inférieur. — Ssph., sinus spliénoïdal. — *, orifice de conimunicotiou entre le l'u et les fosses nasales.
584 SPLANCHNOLOGIE.
\noniaiios le cornct moyen, on voit dans le méat moyen, qu'elle rétrécit singulièrement ''Ixriures''' sanVio Considérable qui limite en haut l'infundibulum, et qui répond à une du" méat grande cellule de l'ethmoïde. C'est sur cette saillie, sur laquelle se moule le cormoyen, j^gj moyen, que l'on voit souvent, en arrière, une ouverture qui communique avec cette grande cellule, et, en avant, une ou plusieurs ouvertures qui communiquent directement avec les cellules ethmoïdales antérieures et supérieures. Ammiaiic c. Du comct moyen, qu'elle prolonge un peu, surtout en arrière, lapituifaire ^"v'ert'urcs"" porte dans le méat supérieur, d'où elle envoie un prolongement dans les cellules (lu miSat du quart supérieuret postérieurde l'ethmoïde par un orifice unique ou multiple; supérieur, plusieurs fols rencontré quatre ou cinq ouvertures communiquant avec autant de cellules postérieures de l'ethmoïde, lesquelles, dans ces cas, ne communiquaient nullement entre elles j j'ai mâme vu une cellule elhmoïdale s'ouvrir sur le cornet supérieur.
La pituitaire s'enfonce dans toutes les cellules ethmoïdales et dans les sinus frontaux, soit directement, soit médiatement; mais elle ne pénètre en aucune
(Fig. 398) (•).
manière dans le trou sphéno-palatin, qu'elle ferme au contraire compléfcmctit. Klle tapisse le cornet supérieur, la surface quadrilatère qui est en avant de ce cornet, et qui répond aux cellules ethmoïdales antérieures, et la gouttière qui se trouve en arrière.
(*) Scclion horizontale des fosses nasales, iminédiatcmeut au-dessus du plancher; surface de section inférieure,
/, cartilage des narines, - m', cartilage de la cloison. - •, ouverture des fosses nasales. - Di, entrée du canal incisif. — Sm, sinus maxillaire.
DU NEZ
3» Sur la cloison, la pituilaire, régulièrement élalée, est remarquable par son épaisseur, qui ne le cùde qu'à celle de la portion de cette membrane qui revtit le cornet inlericur. Adhérente au squelette de la cloison, elle peut cependant en être détachée assez facilement.
4° Sur le plancher des fosses nasales, la pituitaire revôt les os qui le composent, se déprime et fournit un prolongement en cul-de-sac au niveau du conduit palatin antérieur et supérieur (canal incisif), de chaque côté de la cloison, prolongement qui, en général, ne dépasse pas la portion moyenne de ce conduit, mais qui, dans quelques cas, s'ouvre sur la muqueuse palatine par un orifice étroit, situé sur un petit tubercule muqueux, en arrière des incisives moyennes (t ).
II. Structure de la pituitaire. La pituitaire appartient à la classe des membranes muqueuses, et, par une disposition spéciale, elle se trouve étendue sur des os et sur des cartilages. Sa surface libre est molle, rouge, criblée de trous, par lesquels on peut exprimer une grande quantité de mucus. Sa surface adhérente est intimement unie au périoste et au périchondre qui revotent les os et les cartilages des fosses nasales : aussi est-elle rangée parmi les membranes fibro-muqueuses.
La muqueuse qui tapisse les fosses nasales, doit être divisée en deux portions distinctes", l'une supérieure, dans laquelle se distribuent les ramifications des nerfs olfactifs, et qui constitue la muqueuse olfactive i^Topvement dite; l'autre inférieure, qui ne reçoit aucun filet de ces nerfs, et à laquelle on peut, à l'exemple deKôlliker, réserver le nom de membi'ane de Schneider. La limite qui sépare ces deux portions, n'est pas très-nette ; elle se trouve à peu près au niveau du bord inférieur du cornet moyen, aussi bien sur la cloison que sur la paroi externe.
a. La portion inférieure de la pituitaire, ou membrane de Sch7ieider, rosée ou mûme rouge, suivant le degré de congestion des vaisseaux, est très-épaisse dans les fosses nasales proprement dites, surtout sur la cloison et sur le cornet inférieur, où elle atteint plus de 4 millimètres I d'épaisseur, les vaisseaux étant
vides de sang. Cette épaisseur ^ ** • ,1
I augmente considérablcmentlors- T" I qu'une injection distend les nombreux vaisseaux veineux qui parcourent la
(•) Section transversale de la muqueuse injectée du cornet inférieur. — 1, épitliéliuui. — 2, muqueuse I proprement dite et sections des veines injectées. — ramusculcs artériels. — ••. glaudulcs.
(1) Chez beaucoup de mammifères, deux canaux tniiqueux établissenl une commuiiicalion entre les fosses nasales et la houche; ils correspondent aux canaux incisifs. Ils sonlcoinius sous le notn d'organes de Stcnson, du nom de l'analomislc qui en a fait la découverte. Il faut les distinguer de l'organe de .Tacobson, tube membraneux et cntlllagineux placé entre le vomer et la pituitaire, et qui communique avec les canaux de Stcnson
Me la pituitaire sur la cloison.
La pituitaire est une membrane
fibromuqueusc.
Ses deux portions.
Portion inférieure ou membrane de
Schneider.
ir.
SPLANCMNOLOGIE.
Structure .
Épithéliuni.
r.horioii.
Glandes.
l'ûriioii ou olfactive
(Fi g. 400) {*).
momhrnnc ot lui ûom\or\{ iw vérit(d)le aapcd rrcdile. Sa surl'ace i)r(?seiile uti aspect vtïloiilô, qui ii'osl point di*i i\ des villosilés, car la membrane en est complètement dépourvue; il tient il de petites anses vasculaires, qui s'élèvent du réseau veineux. On y distingue de nombreux orifices glandulaires, dont la plupart sont visibles à l'œil nu, et dorment k la muqueuse l'apparence d'un crible; ces oritices sont de ditTérentes grandeurs ; les plus considérables ont le diamètre d'un grain de millet, les plus petits, situés entre les premiers, ne peuvent être vus qu'au moyen d'instruments grossissants.
r,a membrane de Schneider est formée d'un diorion muqmix, recouvert d'un épithélium et renfermant de nombreuses ghmdes dans son épaisseur.
L'épithclium qui couvre la membrane de Schneider est partout un ('pithélium vibratilc stratifié, oll'rant une assez grande analogie avec celui qui tapisse le larynx, il est composé de cellules pâles, finemént granulées, dont les plus superficielles mesurent 0""",()6 en longueur et sont garnies, à leur surface libre, de cils vibratiles, qui déterminent un courant dirigé d'avant en arrière, et dans les cavités , accessoires, vers leurs orifices de communication avec les fosses nasales.
Le déisme ou chorion muqumx est formé de tissu conjonctif fibrillaire, renfermant de nombreux éléments celluleux, mais presque complètement dépourvu d'éléments élastiques.
Les glandules contenues dans l'épaisseur de ce derme sont extréme- . ment nombreuses. M. Sappey en a compté parfois 130 s'ouvrant dans l'étendue d'un centimètre carré.
Ce sont de petites glandes en grappe étendues profondément entre les plexus veineux. Elles font défaut d'une manière presque absolue dans les prolongements que la membrane de Schneider fournit aux cavités accessoires des fosses nasales. Cependant on en a rencontré quelques-unes sur le plancher du sinus maxillaire (Sappey), dans le sinus sphénoïdal, au pourtour de son orifice (Virchow, C. Krause), et dans les cellules cthmoïdales (Luscka).
6. La portion sup&ieurc ou olfactive ,.ni«rr„.„( ,1 „ 1 • P. • ^'^ pltuitairc se distingue géné-
TZ J " '"/'^^■'«"^^ <^ouleur bruLjaunalre, par son %ithclium
et par ses glandules. Mats ces caractères, extrêmement tranchés chez les ani-
(•) Section à travers la uipiiiltranc olfactive dii n.i.ni^.. ■ -lant aux portions prismatiques des cellules .•vliudHouô ~ "'""^P^'''''''^ ''«ipilhéiium, répon-
de celliilcs allougées, perpemlicdaires à la «ù, 11 i , ~ ' g-'anuleuse. - 3. couche profonde
-n ..étonne..- Al au ^Z.n - •'^[r::^" " '^'f'""
"5 iii.ix.nses. — . section d une aricre.
DU NEZ
maux, le sont beaucoup moins chez l'homme, ou du moins sont soumis, chez ce dernier, ;\ des variations très-grandes, ce qui explique les résultais contradictoires auxquels les observateurs ont été conduits.
Vépithélium de celte région se lait remarquer par son allérabilité extrême, qui Épithéiium, ne permet de l'observer que trés-peu de temps après la mort, chez les suppliciés, par exemple. Beaucoup plus épais que celui de la membrane de Schneider, il se compose d'une couche unique de cellules très-longues, dépourvues de cilsvibratiles, et de couches nombreuses de petites cellules à noyaux spliériques, reposant sur le chorion muqueux. Vues de face, ces cellules forment une mosaïque régulière. L'extrémité adhérente des grandes cellules, terminée en pointe, s'avance profondément entre les petites cellules jusqu'à la surface du chorion et se divise ordinairement en deux ou plusieurs branches quelquefois anastomosées entre elles. Ces grandes cellules renferment un noyau allongé, occupant à peu près le milieu de la longueur de la cellule et entouré d'une mbatance granuleuse, dans laquelle se distinguent une multitude de granulations jaunâtres, qui contribuent à donner à cette portion de la muqueuse sa coloration particulière.
Il n'est pas rare de rencontrer chez l'homme des portions plus ou moins cellules étendues de la muqueuse olfactive tapissées d'un épithéiium vibratile. Quelquefois même celui-ci la recouvre tout entière.
Autour des cellules épithéliales de la région olfactive, se rencontrent, d'apn^-s les belles recherches de M. Schultze, des organes spéciaux, dans lesquels se terminent les ramifications des nerfs olfactifs, et auxquels on a donné le nom de cellules olfactives. Ce sont des éléments fusiformes, très-allongés, présentant à leur partie moyenne un noyau arrondi, transparent, avec un nucléole distinct, et
;Fig. 402) (").
se prolongeant en fibrille à leurs deux extrémités. Le iJrolongemenl exiernc, plus épais, passe entre les cellules de l'épilhélium et arrive jusqu'à la surface de
(■) Kpith'Uiiuii (le la inenibraiie olfactive du mouton, vue par sa face libre. — *, ouvertures des glandes. (**) Kli-nicnts (|ul composent l'épilliélium de la membrane olfactive du veau, Iraildc par une solulion tendue d'acide chromi(pie. — *, (jouttcletic d'albumine.
ce dernier (A'/. 402 et 404) ; le prolongement interne, bien plus mince, présente une série de nodosités ou de rennements variqueux sur son trajet, et paraît se
(Fis. 403) '• .
Glandes.
Artères de la pituitaire.
Veines de la pituitaire.
continuer avec les fibres du nerf olfactif. Les cellules et noyaux des couches profondes de l'épithélium de la région olfactive seraient donc les corps des cellules olfactives.
Les glandes de la portion olfactive sont des culs-de-sac allongés, légèrement onduleux, dont 1 epitbélium est formé de grosses cellules finement granulées.
VArSSEAUX ET NEKFS.
\ . Artèren. La pituitaire reçoit un très-grand nombre de vaisseaux artériels, qui la pénètrent par plusieurs points, et qui, d'ailleurs, émanent presque tous de la mùme source, de l'artère maxillaire interne; ce sont: la sphéno-palatine, la sous-orbitaire, l'alvéolaire supérieure, la palatine, la ptérygo-palatine. Quelquesunes viennent de l'artère ophtbalmique ; ce sont les sus-orbitaires et les etbmoïdales; d'autres viennent de la faciale; ce sont les dorsales du nez, l'artère de l'aile du nez, l'artère de la sous-cloison.
2. Veines. Le système capillaire veineux de la pituitaire est tellement considérable, qu'il constitue dans son épaisseur, ainsi que nous l'avons dit, une sorte de tissu érectile. Des réseaux à mailles serrées qui leur servent d'origine, parlent des branches, dont les unes se portent en avant, vers les trous dont sont percés les os propres du nez et vers la base de l'apophyse montante du maxillaire, et se jettent dans la veine faciale. D'autres branches se portent en haut, traversent le trou borgne du frontal, et forment l'origine du sinus longitudinal supérieur. Les plus considérables, enfin, et les plus nombreuses, se dirigent en arrière, vers le trou sphéno-palatin et se jettent dans le plexus veineux de la fosse zygomalique, par des troncs extrêmement considérables, dans les veines maxillaire interne, faciale et ophtbalmique. Il y a de nombreuses communications entre ces veines et celles de la région elhmoïdale du la base du crâne.
C'est pour recevoir les divisions artérielles et veineuses que la surface interne des fosses nasales, et plus particulièrement des cornets, présente cet aspect spongieux qui la caractérise. A la vue des nombreux vaisseaux artériels et veineux que
(•) Épllhélium de la région olfaclivc du cheval, vu de face
tiL* de tZ,'.?",' =°"!P7"V'''^P"'"'l''"" de la membrane olfactive du veau, isolés au moven d'une solution de potasse. 1, 2. 3, 4, diverses formes des cellules olfactives, accompagnées de cellules épilhéliale»
DU NEZ
reçoit la pitiiitairc, on se rend facilement ^omple de la fréquence et de l'abondance des hémorrliagies de cette portion du.systùme muqiieux. •
3. Vaisseauœ lymphatiques. Je ne connais que le réseau lymphatique superficiel dont j'ai parlé. Pour l'injecter, il faut en quelque sorte égratigner la membrane avec un tube à injection. J'ai déjà dit que c'est sur la pituitaire qu'en 1826 j'ai, pour la première fois et par hasard, injecté le réseau lymphatique. Ce réseau, dit M. Panas (th. inaug. Paris, 1860) couvre de ses mailles les cornets, les méats et la muqueuse de la cloison dans toute leur étendue. Il donne naissance à des vaisseaux h/mphatiques qui vont se rendre, sur une pièce de M. Panas, dans un ganglion situé sur les parties latérales du pharynx, au-dessous et en arrière de l'angle de la mâchoire, sur une pièce de E. Simon, soit à un ganglion placé sous l'apophyse basilaire, soit à un autre situé sous le muscle sterno-cléidomastoïdien.
Si on pique plus superficiellement, on voit se former un réseau lymphatique admirable, et tellement superficiel que le mercure présente tout son éclat métaUique. Ce réseau lymphatique ne communique nullement avec les cellules veineuses dont je viens de parler.
4. Nerfs. De même que tous les organes des sens spéciaux, la pituitaire est pourvue d'un nerf spécial, appelé nei'f olfactif ou nerf de la première paire. Sans entrer ici dans la description du nerf olfactif, qui nous occupera ailleurs, nous devons dire que ses branches, nées du bulbe olfactif, s'expriment en quelque sorte à travers les trous et canaux de la lame criblée, de l'ethmoïde , en s'enveloppant de gaines fibreuses ou de périnèvres stratifiés ; qu'elles pénètrent la pituitaire par sa face externe, et qu'elles s'épanouissent dans son épaisseur.
Ces branches se divisent en deux plans, l'un interne, destiné à la cloison, l'autre externe, destiné i la paroi externe des fosses nasales. Le plan interne est constitué par une dizaine de branches, qui s'écartent en divergeant et qui se divisent chacune en un pinceau de rameaux et de ramuscules. Le plan externe
Vaisseaux Jymphaliques.
Son réseau lymphatique.
Du nerf ollactif.
(*) Section horizunlalo <\i; la iiicinbranc olfactive (lu mouton. — [''aisceutix iioi vciix cl si.'clioÈi Irunsvcr- Mle (les glandes.
590 SPLANCIINOLOGIIÎ.
se compose (le six à huit branches seulement, qui occupent d'abord les gouttières creusées sur la face interne des masses latérales de l'ethmoïde, et qui se répandent ensuite sur le cornet supérieur et le cornet moyen, en se ramifiant de plus en plus, et en formant par leurs anastomoses des plexus serrés, dont la disposition est essentiellement diiïérenlc de celle que présentent les ramifications du plan interne. On ne suit pas ces nerfs au delà du cornet moyen, d'une part, et de la partie moyenne de la cloison, d'une autre part. Aussi bien, la portion supérieure des fosses nasales, qui est d'ailleurs excessivement étroite, est-elle le siège ' essentiel de l'olfaction, tandis que la portion inférieure, plus spacieuse, peut seule permettre le passage de l'air dans l'acte de la respiration.
Les ramifications du nerf olfactif sont d'autant plus Unes qu'on les observe plus près de la surface. Les tubes nerveux qui les composent, sont remarquables par leur aspect particulier, qui les fait ressembler aux tubes du grand sympathique : ils sont, en effet, à partir du bulbe, dépourvus de moelle nerveuse, et, par conséquent, de contours foncés, et parsemés dans tout leur trajet de noyaux allongés.
Leur mode de terminaison est encore peu connu. Ekhard et Ecker avaient supposé que les extrémités des fibres olfactives étaient en connexion avec lecellules épithéliales, et plus récemment M. Schultze a exprimé l'opinion qu'elles se terminent par les éléments qu'il a décrits sous le nom de cellules olfactives. Mais cette continuité n'a pas encore pu être observée directement, iranciies Indépendamment de son nerf spécial, la pituitaire reçoit d'autres filets nerveux, le n °rf deîa 1*^^ viennent tous de la cinquième paire, savoir : de la branche ophthalmique de cinquième "Willis, par le filet ethmoïdal du rameau nasal et par le rameau frontal ; du maxil- ' paire. supérieur, par le sphéno-palatin, le grand nerf palatin, le nerf vidien et les ;
dentaires antérieurs. Les expériences des physiologistes modernes ont démontré i que l'intégrité de ces diverses branches de la cinquième paire était nécessaire pour l'intégrité des fonctions olfactives. Il y a loin de cette manière de voir à celle qui place la sensibilité spéciale dans la cinquième paire.
C'est principalement à la membrane de Schneider que sont destinés ces filets : mais la muqueuse olfactive en reçoit également un certain nombre, qui se distinguent des ramifications du nerf olfactif par leurs contours foncés.