‹ Traite d'anatomie descriptive (volume 2)Chapitre 170 sur 180 · TYMPAN OU CAISSE DU TYMPAN · texte numérisé non relu

TYMPAN OU CAISSE DU TYMPAN

Préparation. On arrive dans la caisse du tympan : lopar sa paioi externe, en enlevant la membrane du tympan ; par sa paroi supérieure, en enlevant avec un Ibrt scalpel la partie antérieure de la base du rocher : une scissure, ou plutôt une espèce de suture occupant le lieu précis où le rocher est appuyé sur la portion écailleuse, décèle le point où doit être faite cette ablation; 3" par sa partie inférieure, en brisant la laine du conduit auditif

Pour bien voir la caisse du tympan, il faut avoir plusieurs pièces préparées de diil'érentes manières. Il importe, par suite, d'étudier l'oreille moyenne sur des temporaux d'adulte et de fœtus, sur des pièces macérées, sur des pièces fraîches el sur des pièces desséchées sans macération préalable.

Le tympan, caisse du tympan {tympanum; tambour), est une cavité creusée dans le rocher, entre le conduit auriculaire et le labyrinthe, communiquant avec l'arrièro-bouchc, et par conséquent avec les voies aériennes, par la (rompe d'Kustache, se prolongeant dans les cellules de l'apophyse mastoïde par des arrière-cavités ou sinus, et traversée par une chaîne d'osselets, osselets de l'ouïe.

Préparation de la caisse du tympan.

Idée générale du t)'mpaii.

SPLANCHNOLOGIE.

Sasituatioii.

Sa lornne.

Lii cavité ou caisse du tympan occupe la partie antérieure de la base du rocher, au-dessus de la lame du conduit auditif externe, au-devant de l'apophyse masfoïdc, et fait suilc :\ la portion osseuse de la trompe d'Euslache, dont ellf semble n'être qu'une dilatation.

Sa forme, d'ailleurs irréguliére, ou plutôt les deux membranes qu'elle présente, l'ont fait comparer à une caisse militaire ; le tympan est aplati de dehors en dedans, de sorte que son diamètre transverse est plus petit que tous les autres : ce diamètre mesure 2 à 3 millimètres à la partie moyenne de la caisse. — On considère à la caisse du tympan une paroi externe, une paroi interne, toutes deux convexes du côté de la caisse, et une circonférence.

Paroi externe.

Portion osseuse.

A. — Paroi externe de la caiase du tympan.

En partie membraneuse, en partie osseuse, elle est formée par la membrane du tympan et par la portion de l'os temporal dans laquelle cette membrane est enchâssée.

i" La. portion du temporal qui concourt à former la paroi externe du tympan, est une sorte de croissant osseux, situé au-dessous et en avant de la portion membraneuse, croissant dont les extrémités sont dirigées en haut et dont le bord concave est creusé d'une rainure trôsfine, dans laquelle est reçue la cir-

(Fig 507)

.Ucmbranp flu tympan.

Sa

•lirecticii.

conférence de la membrane du tympan. Elle forme une lame compacte, plane chez l'homme, extrêmement bombée chez quelques animaux.

2° La membrane du tympan est une cloison membraneuse presque c rcul.iirc. dcmi-lransparente,rougcritre, mince, élastique, tendue entre le conduit anditir externe, au fond duquel on peut la voir chez le vivant, et la caisse du tympan.

ba direction générale {fig. 505 el 306) est très-oblique de haut en bas, de denors en dedans et d'avant en arrière,- de telle sorte qu'au lieu de terminer le conduit audilil en le coupant perpendiculairement à sa longueur, elle se conli-

dull,duf IiKlTtir" ''"'^"^ f'"^" «^^l-rne; on a enlève la paroi ant.'.ienrc

- ^ -M'ophyse Mjîoïde. - 3, épine dn sphénoi.le.

conrirap phv t;;rte;r''"^.''""r';''"/'^ ' "'""•''^"^'^ .yRomati^uc. - saillie qui répond i, la I 1 y* cm marle.iu - , ombilio de la membrane du lympnii.

OnCANES DE l'ouïe.

nue sous un angle à peine marqué avec la paroi supérieure de ce conduit. Il résulte de cette obliquité que la membrane du tympan s'unit, sous un angle de 4o» environ, avec la paroi inférieure du conduit auditif, et que ce conduit, se

< terminant en bec de flûte, présente plus de longueur en bas qu'en haut.

Son diamètre vertical est de 1 0 à 1 1 millimètres ; son diamètre antéro-postérieur, de iO millimètres.

Mais la membrane du tympan n'est point plane : attirée vers la cavité tympanique, à sa partie centrale, par l'extrémité du manche du marteau, elle présente une face externe concave, regardant en bas et en avant, et une face interne

. convexe, dirigée en haut et en arrip-e, adhérant très-fortement au manche du

! marteau, qui l'attire de son côté, et présentant à son centre une petite saillie conique qu'on a comparée à V ombilic. Cette dernière face est en rapport avec la corde du tympan, qui la traverse à l'union de son quart supérieur avec ses trois quarts inférieurs, et avec le marteau, dont les rapports avec la membrane du tympan

: sont très-inlimes. La circonférence de cette membrane, épaissie, est encadrée, à la manière d'un verre de montre, dans une fine rainure circulaire que présente l'extrémité interne du conduit auditif chez l'adulte, le cercle du tympan chez le fœtus. Cette rainure s'efface en haut, où la membrane est moins tendue et semble

:se continuer directement avec la peau du conduit auditif exlerne. En haut et en arrière, près de l'encadrement, la membrane du tympan est soulevée par une petite apophyse du marteau. C'est immédiatement en dedans de l'encadre-

;ment de-la membrane du tympan, au niveau de l'extrémité postérieure du dia-

I mètre horizontal de cette membrane, que se voit un petit trou, qui est l'orifice

1 du canal à travers lequel passe le nerf appelé corde du tympan.

La membrane du tympan est-elle perforée ? Quelques anatomistes ont pré-

■ tendu qu'il existait une lacune entre la membrane et l'os, sur l'un des poinis de la circonférence de cette membrane ; d'autres ont admis une fente traversant obliquement son épaisseur. Mais aucun de ces modes de perforation ne nous paraît exister dans l'état naturel; en sorte que la membrane du tympan

isolerait complètement la caisse du conduit auditif externe. Cependant, tout

■Técemment encore, la perforation de cette membrane a été affirmée de nouveau par des observateurs extrêmement recommandables. La question n'est

'donc pas jugée définitivement.

Malgré son épaisseur peu considérable, qui n'est que de O""'",!, et malgré sa

' transparence, la membrane du tympan est formée de trois feuillets bien distincts :

a. D'un feuillet exlerm ou cutané, prolongement de la peau qui revêt le conduit auditif; ce feuillet se compose d'une couche mince de tissu conjonclif, intimement unie à la fibreuse propre et renfermant un riche réseau vasculaire, à mailles allongées dans la direction des rayons, et d'un épiderme assez werré, qui recouvre ce derme rudimenlaire. Par l'en'et d'un commencement de outréfaction, l'épiderme peut s'enlever en lame continue avec celui du conduit lauditif exlerne.

b. D'un feuillet interne ou muqueux, prolongement de la muqueuse, extrêmeclient amincie, qui tapisse la caisse du tympan, moins vasculaire que le feuillet ':ulané et revêtu d'un épit/iéliurn pavimenteux simple; on trouve dans sa portion

léripjiérique des papilles vasculaires de forme hémisphérique ou ovoïde.

c. D'un feuillet intermédiaire ou fibreux, qui donne à la membrane du lympan ia résistance. Ce feuillet est formé de lamelles superposées, composées chacune le fibres plates entre-croisées, qui laissent entre elles des fenles de 0""",01 de

Ses (liainètrus.

Ses faces interne et externe.

Sa circonférence.

Trou par lequel passe la corde du tympan.

La meni braue du tympan ne parait pas perforée.

Des trois feuillets ou couches

de la membrane du tympan.

SPLANCHNOLOGIE.

Nerfs.

Usages de la membrane du tympan.

(Fig. i)08) (•).

longueur et qui anparlieiinent au tissu conjonctif. On n'y trouve point de fibres élastiques, mais seulement des noyaux très-étroits.

Le feuillet fibreux se divise facilemeni en deux couches, l'une extérieure, à fibres rayonnantes, l'autre inférieure, à fibres concentriques : la première est très-mince à la périphérie et augmente d'épaisseur vers le centre; la seconde est surtout développée à la périphérie et s'amincit vers la partie centrale, où il n'eu existe que des traces. Les fibres radiées naissent principalement du tissu conjonctif qui remplit la rainure tympanique, quelque peu aussi du périoste qui tapisse le conduit auditif externe, et s'insèrent successivement aux côtés et à la pointe du manche du marteau. Elles ne vont point directement d'un côté à l'autre de la membrane du tympan, si ce n'est au-dessus de la petite apophyse du marteau, où elles sont disposées en arc de cercle. Le feuillet fibreux de la membrane tympanique est dépoui*vu de vaisseaux et de nerfs.

Vaisseaux et nerfs. Les artères de la membrane du tympan proviennent de plusieurs sources : les principales sont fournies par un rameau de l'artère stylo-mastoïdienne, qui accompagne la corde du tympan jusqu'au manche du marteau, où elle se divise en ramuscules divergents, servant à alimenter le réseau capillaire; d'autres, plus petites, naissent du rameau tympanique de la maxillaire interne. Les veines suivent le même trajet que les artères.

Les nerfs sont fournis par le rameau auriculaire du pneumogastrique et peutêtre par le rameau de Jacobson.

Les usages de la membrane du tyuipan sont de transmettre à l'air contenu dans la caisse du tympan et surtout à la chaîne des osselets les vibrations sonores qu'elle reçoit par le conduit auditif externe. Son inclinaison, outre qu'elle augmente les dimensions de cette membrane vibrante, a certainement d is usages relatifs à la réflexion des ondes sonores. En raison de son adhérence au manche du marteau, la membrane du tympan participe aux mouvements des osselets, et ces mouvements ont pour eflet de produire sa tension ou son relâchement.

B. — Paroi interne «le la caisse «lu tympan.

Paroi interne de la caisse.

Fenêtre otRie.

naroi ÔZIZ '"^^ Parfaitement lorsqu'on a ouvert la caisse par sa

eu e dan n ' n'"' ^"''"ï"'"" " ^"'«^'^ membrane du tympan, est oss- » en ha, , T g^^ndnombre d'obicls à considérer:

obliourmonMSi r i grand diamèlrc horizonlal, un peu

renr eTt ehinf ' T ^^'^^ «"P^"«"re de sa drconfé-

haut e cl ' l"^"'"'^ ou légèrement convexe en

• I^^^^^^^ -aie, appelée aussi ouverture

tymnan Pf 1p vpÏ.T ^'^7'^'^ largo communication entre la caisse du

ovale. '"^ '^"^''^ «^«l'c csl précédée par une fossette, dont la profondeur est déter-

(•) section verticale du feuillo, fil.reu. do la mcn.l,ra,.e d,. ,v.pa„

ORGANES DE LOUIE.

rainée, en haut, par le relief de l'aqueduc de Fallope, qui la circonscrit dans ce sens ; en bas, par la saillie du promontoire ; en arrière, par une languette osseuse qui va à la pyramide.

2» Au-dessous de la fenôtre ovale, est le promotitoire, éminence à large base, qui répond au premier tour de spirale du limaçon, et qui est sillonnée par plusieurs demi-canaux divergents en haut, convergents en bas, où ils aboutissent à un canal commun. Ce dernier va s'ouvrir sur la face inférieure du rocher, entre le canal carotidien et la gouttière destinée cà la veine jugulaire interne; on peut l'appeler canal de Jacobson, parce qu'il contient le nerf de Jacobson, filet nerveux du glosso-pharyngien, qui est destiné à la muqueuse de l'oreille moyenne et qui étabht une anastomose fort remarquable entre le glosso-pharyngien et les filets nerveux provenant du nerf vidien et du grand sympathique. C'est pour les divisions de ce filet qu'existent les sillons creusés sur le promontoire et qui souvent sont de petits canaux complets.

3" Derrière la fenêtre ovale, et au niveau de son diamètre transverse, est une petite saillie, plus ou moins proéminente suivant les sujets, appelée pi/ramide. On la reconnaît à un pertuis, très-visible à l'œil nu, et qui donne tà la pyramide un aspect tubulé. C'est par ce pertuis que sort un cordon d'apparence fibreuse, connu sous le nom de muscle de l'étrier. Une soie, introduite dans ce pertuis, pénètre dans un canal, canal de la pt/ramide, lequel ne va pas se terminer par un cul-de-sac, comme on le dit généralement. M. Huguier a parfaitement démontré, dans une série de pièces, que le canal de la pyramide consiste en un long conduit qui se porte en arrière et en bas, au-dessous du canal de Fallope, devient vertical comme ce dernier, dont il n'est séparé que par une lame mince, communique avec lui par un ou deux pertuis, s'en éloigne inférieurement, pour venir s'ouvrir à la face inférieure du rocher, en dedans du trou stylo-mastoïdien, dont il est plus ou moins rapproché, suivant les sujets.

Quelquefois le canal de la pyramide se bifurque inférieurement, en sorte que deux soies introduites dans les petits trous qui avoisinent le trou stylo-mastoïdien pénètrent dans son intérieur. On peut considérer comme un diverticulum de ce canal un petit conduit très-court, horizontal, qui va se perdre dans le diploé. J'ai déjà dit que le conduit de la pyramide loge le muscle de l'étrier. Ses communications avec l'aqueduc de Fallope donnent passage aux vaisseaux et aux nerfs de ce muscle.

.Sous la pyramide, en arrière delà fenfitre ronde, se voit une fossette profonde, fossette sous pyramidale, remarquable par son existence constante, et qui est percée, dans son fond, de quelques trous vasculaires.

4» Au-dessous de la fosse ovale, en arrière du promontoire, se voit la fenêtre ronde, qui occupe le fond d'une fossette infuhdibuliforme, bien décrite par Ribes sous le nom de fossette delà fenêtre ronde. Le fond de cette mûme fossette présente une lamelle, partie osseuse, partie membraneuse, qui n'est autre chose que le commencement de la cloison spirale du limaçon. Sur un os sec qui a macéré, la partie membraneuse étant détruite, la fossette de la fenêtre ronde communique avec le vestibule. C'est au-dessous de cette lamelle, c'est-à-dire f\ la partie inférieure de la fossette de la fenêtre ronde, que se voit la fenêtre ronde proprement dite, qui conduit dans la rampe tympaniquc du limaçon : d'où le nom d'ouverture cocliléaire du tympan, doruié à la fenêtre ronde, par opposition à celui â'otiverturc vestihulaire, donné à la fenêtre ovale.

La fenêtre ronde est fermée, dans l'élat frais, par ime membrane mince cl

Promoiiloire.

Sillons nerveux.

Canal de Jacobson.

Pyramide.

Caual de la pyramide.

Sa communication avecle canal de Fallope.

Sa

bifurcation.

Fossette sous-pyramidale.

Fenêtre ronde.

Sa fossette.

La fenêtre ronde conduit dans In rampe tympaniquc du

limaçon.

Tympan secondaire.

Orifice du conduit du muscle interne du marteau .

Ce que c'est que le bec de cuiller.

(j7(3 SPLANCIlNOLOGIli:.

transparente, appelée tyinpan secondaire, et qui n'est autre chose qu'une portion non ossifiée de la capsule osseuse du labyrinthe membraneux. Sur des pièces dépouillées de leurs sels calcaires par la macération dans un acide, la membrane delà fenûtrc ronde, recouverte par la muqueuse tympanique des parties voisines, n'est séparée par aucune limite distincte.

0» C'est sur la paroi interne du tympan, devant la fenéire ovale, un peu audessus de son diamètre transverse, sous la saillie du canal de Fallope, que se voit Vorifice interne du conduit qui loge le muscle interne du marteau. Cet orifice, béant, caliciforme, est supporté par une saillie tubulée, soutenue elle-même par plusieurs arêtes ; en sorte qu'il existe la plus grande analogie entre la saillie tubulée qui constitue la pyramide, et qui loge le muscle de l'étrier, et la saillie tubulée qui renferme le muscle interne du marteau : toutes deux donnent passage à un tendon ; l'une est située au-devant, l'autre en arrière de la fenêtre ronde.

Le canal qui loge le muscle interne du marteau, commence dans l'angle rentrant du temporal; situé immédiatement au-dessus de la portion osseuse de la trompe d'Eustache, il se dirige d'abord obliquement en arrière, en dehors et en haut. Il gagne ainsi l'extrémité antérieure de la fenêtre ovale, où il se coude, pour se porter transversalement en dehors et se terminer sur la saillie tubulée antérieure. M. Huguier, qui a bien l'ait connaître cette disposition, a montré que le bec de cuiller des auteurs n'était autre chose qu'un débris de la saillie tubulée, dont une moitié, très-fragile et très-mince, se détruit quelquefois par la macération prolongée. Le prétendu bec de cuiller fait donc partie du conduit réfléchi du muscle interne du marteau.

Suture persistante <le la base du rocher.

Arrière-ca-

»ité de la caisse du tympan.

Rigole <ic la çaissc.

Cellidci masl'iidicnncs.

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