CON S I DÉ RAT I ON S GÉ N É K A LES
inaniùie générale, de ce dernier par sa uioiiulrc épaisseur, par l'aspccl do ses cellules superlicicUes, plus grosses que celles de l'épiderme el conservant toujours leur noyau, el enfin par cette circonstance que les cellules présentent moins de difl'érences dans leurs diverses couches, quand elles sont stratifiées, et ne constituent point deux couches distinctes, une couche nuiqueuse et une couche cornée, comme dans l'épiderme.
Les cellules épithéliales sont tantôt arrondies, ou polygonales parpression réciproque, tantôt de forme conique ou cylindrique; leur face lihre peut être lisse ou garnie de prolongements particuliers, appelés cils vibraliles. Quand les cellules sont disposées sur un plan unique, elles forment un épithélium simple ; cet épiihélium est dit pavimenteux, quand il est composé de cellules polygonales : tel est celui qu'on rencontre dans beaucoup de vésicules glandulaires; un épithélium simple formé de cellules cylindriques, implantées perpendiculairement à la surface de la muqueuse, se rencontre dans l'intestin, depuis le cardia jusqu'à l'anus, et dans les canaux excréteurs des glandes qui s'ouvrent dans l'intestin ; des cellules cylindriques ou coniques^ garnies de cils vibraliles sur leur face libre, s'observent dans les dernières ramifications des bronches, dans les trompes de Fallope, etc.
L'épithélium est dit stratifié, quand les cellules y sont disposées en plusieurs couches. Dans ces cas, la forme varie généralement dans les diverses couches : ainsi, dans la cavité buccale, dans la portion inférieure du pharynx, dans l'œsophage, les cellules profondes sont cylindriques ou arrondies, tandis que les superficielles sont polygonales et plus ou moins aplaties ; dans le larynx, la trachée, les grosses bronches, elles sont arrondies profondément et cylindriques ou coniques avec cils vibratiles à la superficie.
2" La couche externe ou choriale des muqueuses répond au derme de la peau ; c'est une membrane fibreuse, plus ou moins épaisse, qui est formée principalement de tissu conjonclif, et qui reçoit, en général, un grand nombre de vaisseaux et de nerfs. Au tissu conjonclif des muqueuses se trouve mêlé du tissu élastique, plus ou moins abondant suivant les organes dont ces muqueuses font partie. Extrêmement rare ou môme complètement absent dans les muqueuses qui se confondent, en quelque sorle, avec le périoste des os voisins, et qui partagent la fixité de ce dernier, le tissu élastique devient fort al}ondant dans les muqueuses qui sont sujettes à de fréquents déplacements ou à des distensions répétées.
Lorsque le derme muqueux présente une certaine épaisseur, les fibres de tissu conjonctif quile composent essentiellement, ne sont généralement distinctes que dans ses couches les plus profondes. Au voisinage de l'épithélium, elles deviennent de plus en plus vagues, et immédiatement au-dessous de ce dernier, on ne trouve quelquefois qu'une couche amorphe, dans laquelle les fibres viennent se fondre, pour ainsi dire, et qu'on a décrite à part sous le nom de basement-mcmbrnne. Celle dernière est loin d'être constante; on ne la renconirc jamais dans le tube digestif, mais elle manque rarement dans la trachée; son épaisseur est toujours peu considérable.
Profondément, la couche choriale des muqueuses se continue, sans limites distinctes, avec le tissu cellulaire sous-muqucux ; mais dans la muqueuse du canal intestinal, elle en est séparée par une couche de fibres musculaires lisses, disposées en faisceaux longitudinaux. C'est dans l'œsophage et dans le rectum que, suivant Hcnle, colle couche atteint sa plus grande épaisseur.
La cnurhp. mwtcidome fl'.nini /ucwies a dos connexions intimes avec les glandes
Épilhéliiim simple.
Épithélluiu slratific.
Chorion.
lissu élastique.
Membrane propre.
Courbe nuisciileuse.
Villosités.
Papilles.
Glandes.
Glandes en cœcuin
Glandes conglomérées.
\ SPLANCIINOLOGli:.
que rerifernicnt ces meinbi anes, et elle envoie souvent des prolongements entre les faisceaux conjonclifs doni elles se composent, et jusque dans les villosités.
La couche choriale des muqueuses est surtout épaisse quand elle renferme des glandes nombreuses, comme cela arrive pour l'estomac, par exemple, où les glandes forment la muqueuse presque tout entière, lîlle reçoit de nombreux \ aisseaux et nerfs, dont les troncs, avant de s'y ramifier, cheminent dans le tissu cellulaire sous muqueux ; ce dernier renferme aussi beaucoup de glandes dites muqueuses, telles que les glandes de Brunner du duodénum.
On trouve à la surface des muqueuses : 1° des prolongements diversement ronegurés qui font saillie dans la cavité muqueuse et qui portent le nom àevillosilés ou de papilles; i" des dépressions ou des orifices conduisant dans la cavité d'organes spéciaux, annexés aux muqueuses et que l'on appelle des glandes.^
Les villosités sont des prolongements de la muqueuse qui président à l'absorption de certains principes, et que, pour ce motif, on ne rencontre que dans l'intestin grêle, et exceptionnellement dans une petite étendue de la muqueuse stomacale, au voisinage du pylore; elles se distinguent des papilles par leurs connexions avec les vaisseaux lymphatiques, qui envoient un rameau dans leur partie centrale.
Les papilles sont des prolongements vasculaires et nerveux qui se rencontrent principalement au voisinage des orifices naturels, là où les muqueuses se continuent avec la peau; mais on en trouve aussi profondément, dans certaines régions. A l'exception des papilles de la langue, qui ont des caractères spéciaux, les papilles des muqueuses ont une grande analogie de structure et de conformation avec les papilles cutanées; un épithélium pavinicnteux les recouvre complètement et les dérobe à la vue, en passant sur elles sans présenter aucune
élevure à leur niveau.
Les glandes sont des organes qui ont pour fonction d'élaborer dans leur cavité, aux dépens du sang, certains principes qui sont ensuite versés à la surface de la peau ou des muqueuses. A un point de vue général, toutes les glandes peuvent être considérées comme des dépressions simples ou multiples des téguments. On a cru trouver la forme la plus élémentaire de ces dépressions glandulaires dans de petites fossettes qu'on rencontre à la surface de beaucoup de muqueuses; mais il est douteux que ces fossettes jouissent de propriétés dift'érenles de celles du reste de la muqueuse, et que les produits que l'on y rencontre soient un résultat de leur propre activité.
Les organes les plus simples, qui ont évidemment le caractère glandulaire, affectent la forme de dépression en doigt de gant ou de cœcum : telles sont les glandes en tube de l'estomac, les glandes de Lieberkûh de l'intestin; la longueur de ces culs-de-sac est mesurée, en général, par l'épaisseur de la muqueuse qui les renferme et qu'ils constituent quelquefois en grande partie. Toutes ces glandes sont tapissées par un épithélium cylindrique.
Ce tube fermé à l'une de ses extrémités, au lieu d'être rectiligne, peut s'allonger considérablement et devenir flexueux, comme cela se voit pour quelques glandes utérines, ou même s'enrouler sur lui-même, se pelotonner en forme de glomérule, comme cela s'observe dans les glandes sudoriparcs et cérumincuses.
Les glandes en tubes les plus simples ont des parois lisses et présentent le mO.me calibre sur toute leur longueur. Mais souvent ces parois présentent des séries de rennements séparées par des rétrécissements.
L'extrémité terminale du cul-de-sac se divise parfois en deux ou plusieurs
COiNSmÉHATlONS GÉNÉHALliS..
tubes secondaires, qui alors semblent s'ouvrir àla surface de la muqueuse par un canal commun. Ces subdivisions peuvent prtîsenler l'aspect moniliforrae que nous avons signait^ précédemment, et même contenir, à la place de l'épithélium cylindrique des glandes en tube, un épithélium pavimenteux spécial, ou des cellules glandulaires qui en font une transition aux glandes munies d'un conduit excréteur : telles sont les glandes de l'estomac dites glcmcles à pepsine. Quelquefois cette partie commune aux divisions glandulaires est extrêmement courte ou même réduite à un simple orifice : c'est ce qui se voit pour beaucoup de glandes sébacées. Ces divisions glandulaires n'y conservent point la forme cylindrique ; elles soni rcnnées à leur partie moyenne, ce qui leur donne l'aspect d'une outre.
Lesformes élémentaires que nous venons d'esquisser, passent par des transitions multiples aux formes complexes qu'il (pi^ 3, ^.^
nous reste à mentionner : ce sont, d'une pari, \&% glandes réticulées; d'autre part, \csglaiides en grappe ou glandes acineuses.
Les glandes réticulées sont composées (le canaux cylindriques qui se ramifient et s'anastomosent entre eux pour former un réseau, et qui aboutissent à un canal excréteur commun; elles comprenuenl, chez l'homme, le testicule, le rein et le foie. Des différences considérables, qui seront exposées plus tard, séparent entre elles ces glandes.
Les glandes en grappe ou glandes acineuses, les plus répandues dans l'organisme, présentent toutes une grande analogie de structure. Elles se composent uniformément d'un nombre plus ou moins considérable de lobules primitifs, constitués par une petite poche dont la paroi présente une multitude de dépressions en cul-de-sac hémisphériques, plus ou moins allongées, et communiquant avec la cavité commune par un orifice plus ou moins large : ce sont ces dépressions que l'on désigne généralement sous le nom de vésicules glandulaires, lilles olVrent de grandes variétés, relativement à leur volume, dans les diverses glandes en grappe; il en est de HJême du nombre des vésicules qui entrentdans la composilion d'un lobule primitif, d'où il résulte des dilVérences
énormes entre le volume des lobules primitifs des diverses glandes.
Le nombre de lobules primitifs qui entrent dans la composition d'une glande, n'est pas moins variable ; il est telles glandes en grappe qui ne comprennent que
Glaudes réticulées.
Glandes en grappe.
Lobules,
Vésicules (;laiâdulaires.
') lilaiiiics (lu tioric du ciiiid hépatique, injccléca pnr ne dernier.
SPLANCIINOLOGIIÎ.
deux ou trois lobules et qui ne présentent que des dimensions niitroscopiques, lundis que d'autres, la glande mammaire, pur exemple, renfeiinent des millions de lobules et mesurent plusieurs centimètres de diamètre.
Les lobules primitifs voisins communiquent entre eux au moyen d'un petit canal commun, dans lequel ils viennent s'ouvrir; une mince coucbe de tissu
(Fit;. 4) [')■
conjonctif leur forme une enveloppe commune, qui les sépare du reste de la glande, en les réunissant en un lobule secondaire. De chaque lobule secondaire part un canal excréteur qui, en s'unissant à des canaux de même ordre, forme un canal plus considérable, représentant les voies excrétoires d'un des segments de la glande ordinairement faciles à isoler, connus autrefois sous le nom A'acini.
Dans les glandes en grappe, la partie sécrétante et la partie excrétante sont distinctes et présentent une structure différente. Au-dessous de l'épithélium,
qui est le plus souvent cylindrique, on trouve ordinairement, dans les canaux excréteurs, une membrane composée de fibres de tissu conjonctif et une de tissu élastique, disposées longitudinalement ou diversement entrecroisées. Les fibres élastiques, généralement peu nombreuses, prennent un grand développement dans quelques canaux excréteurs, tels que le canal de Sténon, le canal de Wharton, où elles forment un réseau très-serré. Ces deux couches se rencontrent dans tous les canaux excréteurs, quelle que soit leur finesse. Le tissu musculaire se voit rarement dans les canaux excréteurs ; on en trouve cependant en grande abondance dans le canal déférent, où il forme une double couche longitudinale et circulaire; il en existe également dans l'urètre, la vésicule biliaire.
(♦) Coupe fine d'une parotide de moulou, desséchée après avoir niçccré dans l'acide nccliquc. —
•, nclit rameau vasculaire. , , ^ ... . .
(♦•) C.oune Irés-linc d'une glande sous-maxillaire conservée dans le chromalede potasse. — I. section loncitudinale. — 2, section transversale d'un rameau terminal du conduit excréteur. - 3, 3. Vésiculr Klandulairc. - <4. 4, paroi du canal excréteur, formée de tissu conjonctif avec des noyaux ovalaires. - S, vaisseau capillaire .
(Fig. 5) ('•).
Canaux excréteurs.