‹ Traite d'anatomie descriptive (volume 2)Chapitre 21 sur 180 · DE PARO · texte numérisé non relu

DE PARO

a. — GLANDE PAROTIDE

Ainsi nommée à cause de sa situation au-dessous et en avant du conduit auditif situation, îxterne, la glande parotide (i^apâ, auprès de; &u;, wto'ç, oreille) remplit une excavation {excavation parotidienne) bornée en avant par le bord postérieur de la branche de la mâchoire, en arrière par le conduit auditif externe et par l'apophyse mastoïde, en haut par l'arcade zygomatique, en bas par l'angle de la cnAchoire inférieure, en dedans par l'apophyse styloïde et par les muscles qui en partent. Cette glande a donné son nom à la région qu'elle occupe (2).

Elle surpasse en volume les autres glandes salivaires; elle l'emporte même à volume, jlle seule sur toutes les autres glandes salivaires réunies.

Sa forme est irrégulière et déterminée, à la manière d'une cire molle, par celle Forme, les parties environnantes, sur les anfractuosilés desquelles la glande se serait Doulée. Large dans sa portion superficielle, elle se rétrécit brusquement au noment où elle s'enfonce derrière la branche de la mâchoire.

Le poids moyen de la parotide est d'environ 30 grammes. Pour avoir une bonne Poi,is. dée du volume et delà forme de cette glande, il faut la retirer tout entière de

(1) La continuité de cette chaîne glanduleuse, ailmise par quelques anatomistes, n'est qu'apparente ; la glande maxillaire est toujours séparée de la glande parotide par une cloison 'ibreuse.

(2) Quelquefois la glande parotide fait sous la peau une saillie considérable et semlile placée Dut entière en dehors de l'excavation parotidienne ; elle se présente alors sous ra.?pect 'une tumeur molle, oQ'rant au toucher une disposition granuleuse, tumeur qui soulève la eau au-devant, au-dessous et en arrière du conduit auditif. Un malade, dont les deux îoitiés de la mâchoire inférieure étaient réunies à angle très-aigu, présentait celte dispoilion au plus haut degré; au premier abord, on aurait pu croire à une tumeur morbide, à n engorgement glanduleux. Cette disposition devrait favoriser l'extirpation ouplutol l'énuléation de la glande parotide, dans le cas de dégénénilion cancéreuse de cette glande.

Sl'LANr.llNOLOGIIi.

l'espùce de moule aiirracluciix dans lequel elle esl logée. On l'a comparée à une pyramide donl lu hase sérail en dehors el le sonmiel en dedans, uapporis: Ilapporls. Par sa face externe ou hase, qui est large, oblongue dans le sens ver-

De su face externe ou ciilanéc ;

ou niaxil laire ;

tical, irrégulièrement quadrilatère et comme découpée dans sa circonférence elle répond à la peau, dont elle est séparée par l'aponévrose parolidienue et par le risorius de Santorini, lorsqu'il existe (1). De sa face Sa face antérieure est comme creusée en gouttière, pour embrasser le bord posaniérieure [èiieuT de la branche de l'os maxillaire. L'ne synoviale, ou un tissu celluhure membraneux qui en tient la place, favorise le glissement de l'os sur cette glande. Cette face répond, en outre, au muscle ptérygoïdien interne, au ligament stylo-

(*) Tùle vue de profil. Oii a enlevé la peau des joues et des lèvres, le pca..cicr du cou, le buccinatcur et le sphincter buccal. Glandes buccales et labiales. Parotide eu place. - Z, muscle zïg.omat.que coupe près de son origine. — M, niasséter. - Scm, sterno cléido-mastoidien. ^

(1) Chez une femme qui m'a servi à la préparation delà glande parotide, le risorius naissait de la ligne courbe demi-circulaire supérieure de roccipital par deux faisceaux distincts, qui se portaient de haut en bas et d'arrière en avant, se réunissaient au niveau du sommet de l'apophyse n.astoide, se dirigeaient ensuite, en se rénéchissanf, d'arrière en avant et de bas en haut, et s'épanouissaient sur la parotide. Quelques-unes .le ces fibres se portaient f, la commissure des lèvres; le plus grand i-ombre se penlaie.,! dans rnp..nevrose patotidienne.

DE LA BOUCIIIC KT UE SES DÉPENDANCES

maxillaire, au masstHer, sur la face exleriu! duquel la parotide se prolonge plus ou moins, suivant les sujets, et dont elle est sc'parée, en avant, parles rameaux du nerf facial, par un tissu cellulaire lâche, et par l'artère transversale de la face (t). L'arière auriculaire poslt^rieure traverse la partie inférieure de cette glande.

Par sa face postérieure, elle répond à la partie cartilagineuse du conduit auditif externe, sur la convexité duquel elle se moule et auquel elle adhère par un tissu cellulaire très-dense; plus bas, elle répond à l'apophyse mastoïde, aux muscles sterno-cléido-masloïdien etdigas- ' trique, et médiatement à l'apophyse transverse de l'atlas.

Cette face est extrêmement irrégulière, adhérente aux parties voisines par un tissu ■cellulaire dense, qui rend la dissection de la glande très-difficile lorsqu'on veut l'enlever en totalité.

En dedans, la parotide est réduite à un bord ; qui répond à l'apophyse slyloïde, aux muscles et aux ligaments qui en naissent. Elle envoie

un prolongement considérable dans l'espace qui sépare cette apophyse styloïde et les muscles styliens du plérygoïdien interne; mais le rapport le plus important de ce bord est celui qu'il affecte avec l'artère carotide externe, à laquelle il fournit un demi-canal, et quelquefois un canal complet.

En haut, la parotide répond à l'arcade zygomatique et à l'articulation temporomaxillaire.

Son extrémité inférieure mesure l'intervalle qui sépare l'angle de la mAchoire du sterno-masfoïdien; elle avoisine la glande sous-maxillaire, dont elle est séparée par une cloison fibreuse très-épaisse.

Indépendamment des rapports que nous venons d'indiquer^ la parotide affecte un autre ordre de rapports, qu'on pourrait appeler profonds ou intrinsèques, avec les vaisseaux et les nerfs qui la traversent à diverses profondeurs. Ainsi, \" l'ar- '.ère carotide externe traverse presque toujours la glande au voisinage de son côté .nterne; 2° l'artère temporale, la transversale de la face, les artères auriculaires antérieures, qui naissent dans l'épaisseur de cette glande, l'artère auriculaire postérieure, la traversent encore dans divers sens. On voit, en outre, dans l'épaisseur de la parotide, 3» la veine temporale, la branche de communication entre

^;iiLf*'"''p î"*"'""'"'" crâne, passant immé.liatement au-dessous de l'oreille. - Pc, condyle de l'oc- ..p al - P.,^ apophyse slylo.de. - f, seclion de la bronche de la M,àchoire. - S.„ , sten o clé do- T.a to.d.cu - Rm, venire poslérieur du digasirique. - M, masséter. S^, siMo^se - section tnïZ ~ l^o^^éneure. - 3, section d l/ca o id ' ex.e .'.e t

De sa face postérieure ou niasloïdiciinc ;

Eu dedans;

En haut ;

En bas.

Rapports profonds ou intrinsèques.

Avec des artères ;

Des veines ;

(I) Je signalerai ici les adhérences intimes qui existent entre la parotide et la portion du muscle masseter qu elle recouvre. Ces adhérences ont lieu par un grand nomi.re de languettes fibreuse», qu,, parlant des portions tendineuses du muscle, se perdent dans le tissu cellu-

ThéVeïl?"' "r T' ''''' l-e-^ "^êmes

interne ' " tendir.euses du muscle plérygoïdien

68 SPLANCIINOLOGIE,

la veine jugulaire externe et la veine jugulaire interne; 4" le Ironc du ncil' fati;il, d'abord placé derrière celle glande, et qui s'enfonce immédialomenl dans son épaisseur pour se diviser en deux ou trois branches, lesquelles s'éparpillent ensuite et la traversent en tous sens; 5" le filet temporal superficiel du nerf niaxili>es neris. laire inférieur; 6° le nerf auriculaire, branche du plexus cervical, traverse encoi ■ celte glande, mais superficiellement (1). Les rameaux nerveux fournis par le nci 1 auriculaire antérieur, branche ascendante du plexus cervical, traversent l-i glande parotide pour venir se distribuer à la peau de la joue; 7° la glande parotide, par une exception fort remarquable, contient toujours dans son épaissem , i),,s çai,. m;iis à peu de profondeur, plusieurs ganglions lymphatiques, qui se distinguem j;iions'"lym- aisément du tissu de la glande par leur couleur rouge. On conçoit que l^' pimtiques. j^Yeioppemeiit aiorbide de ces ganglions ait dû souvent en imposer pour une

maladie de la glande elle-même.

„ , Struclure. Une membrane fibreuse très-dense et très-résislante , surtout en

iibi-«usr. bas, enveloppe la glande parotide, et envoie dans son épaisseur des prolong* - Des lobules menis de plus en plus lénus qui la divisent en lobes et lobules de divers Des grains' drcs, et ccux-ci cn grains glanduleux. Ces grains sont les acini de Malpighi ; te ginn.ii.icux. gQj^j'auiant de vésicules creuses, sur lesquelles se ramifient les vaisseaux, et d'où ^sïopïue émanent les radicules des conduits excréteurs. Ces vésicules ont des parois con^du srraiii liiu^eg par une membrane propre, des cellules à noyau peu distinctes les unes glanduleux. ^^^^ ^^^^,.(,3, et ne présentent point de véritable cavité {fiy. 7).

Les ar/ères parotidiennes sont très-nombreuses : les unes émanent directement de la carotide externe; les autres proviennent de ses branches, et plus particulièrement de la temporale superficielle, de la transversale de la face et des auriculaires antérieure et postérieure.

Les veines portent le même nom et suivent la même direction que les artères. Il existe un plexus veineux parotidien.

ya.s.eaux Les vuissenux lymphatiques, peu connus, aboutissent, les uns aux ganglions lymphati- lymphatiques qui occupent l'angle de la mâchoire, les autres aux ganglions lymphatiques situés au-devant du conduit auditif, et surtout à ceux qui sont situés dans l'épaisseur de la parotide, à quelques miUimèlres de sa surface.

Quant aux nerfs parotidiens, plusieurs rameaux du nerf auriculaire antérieur, branche du plexus cervical, paraissent se perdre dans l'épaisseur de la glande parotide C'est à tort qu'on a dit qu'il en était de même pour certains rameaux du nerf faciaL II résulte des dissections les plus répétées que ces rameaux ne

font que la traverser. r H Conduit parotidien. De chaque grain glanduleux part un petit conduit excréteur,

rotidie'" qui se réunit presque immédiatement à angle très-aigu avec les conduits excréoHeine leurs des granulations voisines; de la réunion successive de tous ces conduits résulte un canal unique, qui émerge du bord antérieur de la circonférence de la glande au niveau de la partie moyenne de ce bord ; c'est le conduit parotidien, appelé aussi canal de Sténon, bien qu'il eût été décrit par Cassérius. Ce

M) Ces rapports nous prouvent l'impossibilité presque absolue 1» de l'extirpation de la .1 nde paroide par l'instrument tranchant; 2» de la compression de cette glande, su.va t à méthode indiquée par Desaul., pour la guérison des fistules salivaires. La compre^^'O' ' au-r^BSttce si^ment douIourcuse^ à raison des nerfs nombreux qui traversent la gland , ne pour i p ter que sur la partie superf.cieUe de cette glande. Il est vrai que. la cou presin du conduit excréteur principal des glandes a oons.nn.men. pour ronsequencn U suspension de la sécrétion de ces glandes.

croscopique

du grai glandulei

Altères.

Velues.

Vaisseaux lynipl que

Nerfs.

DE LA BOUCIIlî ET DE SES DÉPENDANCES.

iiduit se porte horizontalement d'arrière en avant, à un centimètre environ

i-.Jessous de l'arcade zygomatique, sur le masséler, qu'il coupe perpendiculairement et à la portion tendineuse duquel il adhère d'une manière intime, l^arvenu au bord antérieur du masséter, il change de direction, se recourbe Mi-devant d'une masse graisseuse qui répond au bord antth-icur de ce muscle, enfonce perpendiculairement dans l'épaisseur des graisses de la joue, traverse

buccinateur dans la mûme direction, et glisse obliquement, dans l'espace de

isieurs millimètres, entre ce muscle et la muqueuse, qu'il perce enfin dans intervalle qui sépare la première de la deuxième grosse molaire, à peu près ui niveau de la partie moyenne de la couronne de ces dénis.

11 suit de 1;\ que le canal de Sténon s'ouvre dans la cavité buccale exactement 1 ' la même manière que les uretères s'ouvrent dans la vessie : 1" il se glisse

liquement et parcourt un certain trajet sous la muqueuse. La longueur de

trajet est facile à déterminer; il suffit de perforer la joue dans le point où le i Mnal va traverser le buccinateur, et de mesurer l'intervalle qui sépare cette

■.foration de l'orifice buccal du conduit. Cet intervalle est de 0'",004 à O'",000. . Quant à l'orifice buccal en lui-môme, il est oblique comme l'orifice vésical de l iiretère; en sorte que rien n'est plus facile que de faire pénétrer un stylet délié [j.ir l'orifice buccal. Chez quelques sujets, j'ai vu le conduit de Sténon s'ouvrir jur une crête horizontale, semblable à celle de l'orifice du conduit de "Wharton.

[>e conduit de Sténon est souvent accompagné par une glande accessoire (1) qui 4 située entre l'arcade zygomatique et ce canal, aui]Liel elle adhère intimement dans le point où son canal i"vcréteur vient s'ouvrir dans le canal de Sténon. J'ai

■nconlré deux petites glandes accessoires situées,

aie, à la partie moyenne, l'autre, à la partie anlérii'ure du masséter, au-dessus du canal. Enfin, au moment où le conduit de Sténon traverse le buccinateur, il est entouré de glandules qui fout suite aux giandules iiles glandes molaires, glandules dont les unes parais-

it s'ouvrir dans ce conduit, et dont les autres s'ou- . ! ent directenacnt dans la bouche.

Sans êire flexueux, le canal de Sténon, isolé des par-

'5 environnantes, est beaucoup plus long qu'il ne

uiblerait nu premier abord.

Rapports. Sous-cutané, superficiel au niveau du mas- - ; ter, le conduit de Sténon est séparé de la peau par le grande épaisseur de graisse, et en outre, au-devant

m masséter, par le muscle grand zygomatique.

l'ne branche considérable du nerf facial et quelques ^ irlères qui proviennent de la transversale de la face , longent ce c anal Structure. On se fait généralement une idée exagérée de l'épaisseur du con-^ duitde Sténon; il n'est réellement aussi épais qu'on le dit qu'à sa partie anté

('•) Coupe lougiludiualc de la portion interne du canal de Sténon, moins l'opitliclinni. — 1, menioraac propre. — 2, section des fibres élastiques annulaires. — 3, faisceaux longitudinaux de tissu conlonclif et libres élastiques longitudinales.

Direction.

Trajet.

Courbure.

Point précis de son orifice buccal.

Analogie entre l'orifice buccal du canal de Sténon et l'orifice vésical de l'uretère.

Glandes parolidlenncs accessoires.

Glandules buccales.

i.ongiieur du canal de Siénoii.

Ses rapports.

Son épaisseur n'est pas aussi grande qu'elle paru il l'èlre.

(I) Celte glande était Irès-volumiiicuse, d'uprès DesauU.diez un iiidivLdu dont la parotide corresponilanlc était atrophiée.

SPLANCUNOLOGIli:.

rieurc, où il reçoit une expansion de l'aponcvrose Ituccinalrice. Débarrassé de la couche celluio-adipeuse qui l'entoure, il n'a guère plus d'épaisseur que la plupart des autres conduits, les uretères par exemple. On se fait également une "incî'temi-^ fausse idéc de son inextensibilité. Ce qui est vrai, c'est que le calibre de ce canal bie. n'est pas en rapport avec le volume de la glande. Deux membranes constituent ce canal: 1" une externe, composée de tissu conjonctif dont les faisceaux deviennent de moins en moins gros à mesure qu'on avance vers la profondeur ; ces faisceaux sont généralement dirigés dans le sens longitudinal ; de nombreuses fibres élastiques fines leur sont mélangées; prés de la membrane interne elles se transforment en un réseau élastique très-serré. 2" Une interne, émanation de la muqueuse buccale, et constituée par une membrane amorphe très-fine, recouverte d'un épithélium cylindrique; les vaisseaux artériels et veineux de ce conduit sont très-développéy.

b. — GLANDE SOUS-MAXII-bAIKE.

SitualioD.

Volume.

Figure.

Itapporls :

Eu dehors et en bas.

En dedans et eu haut.

Prolongemeut supérieur de la glande.

Kapport de la glaudu avec l'artère faciale.

Slructurc.

La glande sous-maxillaire est située dans la région sus-hyoïdienne^ et en partie derrière le corps de la mâchoire inférieure; elle est circonscrite par la courbe du tendon digastrique, qu'elle déborde presque toujours inférieurement.-

Volu7ne et figure. Beaucoup moins volumineuse que la parotide, mais plus volumineuse que la glande sublinguale, oblongue d'arrière en avant, ellipsoïde, irrégulière, elle est divisée en deux, et quelquefois en trois lobes, par des scissures profondes. Ses rapports sont les suivants :

Rapports. En dehors et en bas, elle répond à une fossette de l'os maxillaire (fossette de la glande sous-maxillaire), dans laquelle elle est entièrement logée lorsque la mâchoire inférieure est abaissée. Lorsqu'au contraire la tête est renversée en arrière, sur la nuque, la glande apparaît presque en enlier dans la région sus-hyoïdienne, et répond au peaucier, dont elle est séparée par l'aponévrose cervicale, à laquelle elle est unie par un tissu cellulaire tellement lâche, qu'on dirait d'une synoviale. Par cette face, la glande sous-maxillaire répond encore au muscle ptérygoïdien interne, et aux ganglions lymphatiques nombreux qui longent la base de la mâchoire.

En dedans et en haut, elle répond aux muscles digastrique, mylo-hyoïdien, hyoglosse, à la neuvième paire de nerfs ou grand hypo-glosse et au nerf lingual.

Presque toujours la glande sous-maxillaire présente, au-dessus du muscle mylohyoïdien, un prolongement dont le volume et la forme varient. Quelquefois les grains glanduleux qui le constituent, sont situés linéairement, de manière à simuler le canal de Wharton, ou mieux un second canal qui marcherait parallèlement à ce canal et au-dessus de lui. Le plus souvent ce prolongement est considérable, irrégulier, et constitue en quelque sorte une seconde glande sousmaxillaire.

Le rapport le plus important de la glande sous-maxillaire est celui qu'elle affecte avec l'artère faciale, laquelle est reçue dans un sillon profond creusé sur l'extrémité postérieure de cette glande, et sur la partie voisine de sa face externe. Quelquefois ce sillon, prolongé en avant, divise la glande en deux lobes inégaux. On ne saurait méconnaître une grande analogie entre la disposition de Tarière faciale, par rapport à la glande sous-rnaxillairc, et celle de l'artère carotide externe, par rapport ;l la glande parotide.

Structure. La même que celle de la glande parotide, si ce n'est que l'épilhé-

DE LA BOUCHE ET DE SES DÉPENDANCES. 71

liuni qui tapisse les vésicules glandulaires, est plus distinct et circonscrit une cavité mieux marquée. La membrane fibreuse d'enveloppe de la glande sous-

imaxillaire est facile à démontrer, la glande pouvant être retirée sans difficulté de cette enveloppe, à laquelle elle ri'adbère que par un ti^su cellulaire très-lâche.

Les vaisseaux artériels sont nombreux et viennent des artères faciale et sous- -mentale. Les veines leur correspondent. Les vaisseaux lymphatiques, peu connus, vont dans les ganglions voisins. Les nerfs viennent du lingual et du rameau imyloïdien du nerf dentaire. Je ferai remarquer que la plupart des filets nerveux qui émanent du renflement nerveux ganglionnaire appelé ganglion sous-maxillaire, sont destinés à cette glande.

Le conduit excréteur de la glande sous-maxillaire est appelé conduit de Wharton, conduit de bien qu'il ait été antérieurement découvert par Van Horne. Né de la réunion wiiaiion. îsuccessive de tous les petits conduits qui proviennent des grains glanduleux, le conduit de Wharton sort par la branche supérieure de bifurcation de l'extrémité antérieure de la glande, conséquemment au-dessus du mylo-hyoïdien , et se

Artères

Veiues.

Vaisseaux lymphatiques.

Nerfs.

(*) Région suT-liyi.î,liennc et sous-hyoïdicniie. On a enlevé la peau elle peaucicr, et divisé Taponévro-se sus-hyoïdienne (6;, pour montrer la glande Rous-maxillaire (3) en place. — •}-, coupe de l'os hyoïMc. — M, massétcr. — S^M, stylo-hyoïdien. — Bml, ventre postérieur du dinastrique. — S<:m, sterno-cléidomasIoîJien. — Wj, hyoglosse. — T/i, thyro-hyoidien. — Oh, onio-hyoïdien. — Sln/i, sterno-hyoïdien. — 1, 1, ganglions lymphatiques. —2, vaisseau» sous-mentaux. —4, artère faciale. — 5, veine faciale

antérieure (4', 5', les mêmes vaisseaux avant leur passage à travers l'aponévrose sus-liyoïdicnne). —

7, parotide, extrémité inférieure. — ft, arièrc carotide externe. — '.), veine faciale postérieure. — 10, »eine jugulaire iulernc. — 11, brandie arlcriellc du steruu-niasloïdien, coupée près de sou origine. iî, nerf hypo-glosse. — artère carotide primitive. — 1 1, artère tliyioïdienne siipOrieuro.

Sl'LANCHNOLOGlIÎ.

dirige obliquement de bas en haut et de dehors en dedans, parallèlement aux nerfs grand hypo-glosse et lingual. D'abord placé entre les muscles u)ylo-hyoïdien et hyo-glosse, il se glisse entre le génio-glosse et la glande sublinguale, à la lace

li m'

Trajet du conduit de Whartun.

Son orifice buccal.

Caractères particuliers au conduit deWharlon.

interne de laquelle il est accolé. Reçoit-il un ou plusieurs conduits excréteurs de cette glande? C'est ce qu'il m'a été impossible de constater, bien que la chose me paraisse plus que probable.

Parvenu sur le côté du frein de la langue, le conduit de Wharton, qui est sousmuqueux dans toute la portion de sa longueur où il répond à la glande sublinguale, change de direction, se porte d'arrière eu avant, pour venir s'ouvrir, par un pertuis extrêmement étroit, sur le sommet d'une sorte de papille saillante et mobile qu'on observe derrière les dents incisives, de chaque côté du frein de la langue, saillie déterminée par quelques glandules muqueuses qui se trouvent à ce niveau. Cet orifice, qu'on voit à peine à l'œil nu, a pu, malgré son exiguïté, admettre une soie de sanglier dans un cas particulier présenté à la Société anatomique par Robert. Bordeu a exprimé parfailement l'aspect de cet orifice par le terme à'ostiolum umbilicale.

Le conduit de Wharfon est remarquable 1» par le peu d'épaisseur de ses parois : aussi est-il afl'aissé comme une veine; 2° par son calibre, qui est plus considérable que celui du canal de Sténon ; 3° par l'extensibilité de ses parois, en sorte que ce canal acquiert dans la grenouillette un volume énorme; 4° par sa situation au voisinage de la muqueuse de la bouche, situation qui explique pour-

(*) Même préparation que fig. Si'J. Lii iîlaudo sous-maxillaire (3) a élé retirée de son enveloppe, étalée et abaissée ; le ventre antérieur du digastrique (BhiS) et le mylo-liyoïdien (M/i, ont été détaches du maxillaire inférieur et renversés. - Sllh, sljlo-liyoïdien. - Gg, génio-glosse. - G/i, génio-hyoïdien. - Hff, hyo-glosse. — 1, neif lingual de la cinquième paire et ganglion sublingual. - î, artère linguale, canal sou8-maxillaiie. — 4, glande sublinguale.

Dl£ LA nOUCllE ET DE SES DÉPENDANCES.

(uoi ce canal dilaté proémine dans la cavilé buccale. Il est composé d'une lulique externe, formée de tissu conjonclif avec de nombreuses fibres élastiques

(b-ig. tii) (•).

lont la direction est longitudinale, et d'une tunique interne, membrane propre ans structure supportant une couche de cellules cylindriques.

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