XI. — DESCRIPTION GÉNÉRALE DE LA MUQUEUSE BUCCALE
La muqueuse buccale se continue avec la peau au niveau du bord libre dps Contiuiiiié
lèvres; elle revêt leur face postérieure, se réfléchit de cette face postérieure sur q',e„sebuc-
les os ma.xillaires, en formant un cul-de-sac ou rigole, et sur la ligne médiane, cale avec la un petit repli appelé frein ou filet des lèvres. Arrivée à 0'",00J3 i\ 0"',0()4y du ^rréiicbord des alvéoles, elle change de caractère pour constituer la membrane gingi-
vale, membrane fibreuse, dense, très-vasculaire , qui, en se réfléchissant sur Î^V';""''!
cllc-méme, pénètre dans l'alvéole, et se continue avec la membrane fibro-mu- ics gcnciqueuse appelée périoste alvéol-odentaire.
En ba.Sj la muqueuse se porte du bord alvéolaire sur la paroi inférieure de la ,"'''',''"''!',", Doucne, et de cette paroi sur la l'ace inférieure do la langue. Là, elle présente, ^le;
SPLANCHNOLOGIE.
\)o lalaugue sur l'épi-
Muqueuse palatiiie.
Muqueuse lies joues.
Prolougelucut de la uiuqueuse dans les couduits sali va ires.
Caraclères de la muqueuse buccale dans les divers points de son étendue.
Présence de l'épilliéliuni .
iiu niveau de cette réflexion, sur la ligne médiane, unrepli : c'est le frein ou filet, IJe la face inférieure de la langue, la muqueuse se porte sur les bords, puis sur la face supérieure de cet organe, et présente sur celle face supérieure les modifications de siructure que nous avons indiquées. Au moment où elle se réfléchit de la base de la langue sur l'épiglotte, la muqueuse forme trois replis glosso-épiglolliques, pourse continuer, d'une part, avec la muqueuse qui tapisse le larynx, d'autre part, avec la muqueuse pharyngienne-
En haiU, la muqueuse se porte du bord alvéolaire supéiieur à la \oûle palatine, et passe sur les trous palatins antérieurs et postérieurs, qu'elle bouche sans y pénétrer. Delà voûte palatine elle se prolonge sur la face inférieure du voile du palais, et se conlinue, au niveau du bord libre de ce voile, avec la membrane muqueuse qui revêt la face supérieure de ce voile, et par conséquent avec la muqueuse nasale. Sur les côtés, elle forme deux replis considérables pour les piliers du voile du palais, tapisse l'excavation amygdalienne, revêt l'amygdale, et se continue avec la muqueuse de la base de la langue et avec la muqueuse du pharynx.
Sur le^ côtésde la cavité buccale, la muqueuse se réfléchit de l'un et de l'autre bord alvéolaire sur la face interne des joues, et forme, par sa réflexion, une rigole supérieure et une rigole inférieure. Elle est soulevée, au niveau du bord antérieur de la branche de la mâchoire, derrière les dernières molaires, par une glande salivaire qui établit la limite entre les joues et les piliers du voile du palais. En dehors de cette saillie, la muqueuse buccale forme un cul-de-sac.
La muqueuse buccale se prolonge, en se modifiani, dans les nombreux conduits qui viennent s'ouvrir tà la surface interne de la bouche. Ainsi, il existe deux prolongements considérables au plancher de la bouche pour les canaux de Wharlon, et plusieurs petits prolongements pour les nombreux conduits des glandes linguales et sublinguales. Deux autres se voient à la face interne des joues, pour les conduits de Stéuon. Enfin, le raisonnement indique que la muqueuse buccale doit pénétrer par les milliers d'ouvertures dont est criblée la cavité de la bouche. Mais, dans tous ces prolongements, cette membrane est modifiée et d'une témiité prodigieuse. 11 est môme constant qu'elle pénètre, non-seulement dans les conduits principaux, mais jusque dans les dernières divisions de ces conduits. Ainsi, il existe une sorte de parotidite qui consiste dans l'inflammation de la membrane interne des conduits excréteurs de la glande du môme nom. Eh bien, dans ce cas, tous ces conduits sont injectés par une mucosité puriforme qui suinte par l'orifice buccal, lorsque la glande est comprimée. Les nombreuses ouvertures dont est criblée la surface de l'amygdale, sont formées par celte môme muqueuse qui se prolonge dans les cavités dont ce corps glanduliforme est creusé.
Quoique continue, la muqueuse buccale n'a pas les mômes caractères dans les divers points de son étendue. Comparez, sous le rapport delà densité, de l'é- .paisseur, de l'adhérence avec les tissus subjacents, les gencives et la muqueuse palaline avec la muqueuse des lèvres ou des joues ; lamuqueuse qui revôt la face inférieure, avec celle qui revôt la face supérieure de la langue ; la muqueuse du bord libre du voile du palais à celle des piliers ou de l'excavation amygdalienne.
Les deux caractères principaux de la muqueuse buccale sont les suivants : 1° la présence d'un épithélium stratifié qu'on démontre de la manière la plus manifeste par la macération, par l'action de l'eau bouillante ou par un aride. C'est A
DE LA lîOUCHK ET DE SES DÉPENDANCES.
:et (5pilh6liiiin, si épais au niveau des gencives, i\ la voùle palatine, à la langue, Hir laquelle il forme autant d'éluis cornés qu'il y a de papilles; c'est, dis-jc, à •et épilhéliuni, non moins qu'à la présence du liquide dont la langue est inces- ;amment humectée, qu'on doit la possibilité d'appliquer ou plutôt de promener sans ustion un fer chaud sur la surface de la langue.
2° Un deuxième caractère consisie dans la mulliplicilé des glandules subja- Muiiipiiciié •entes à la muqueuse, glandules qui sont tellement confluenles dans quelques ^'«^ giandularties, qu'on les voit former une couche continue. " l'e"!'^''
A ces deux caractères, on pourrait en joindre un troisième, qui est propre à Elle est en luelquos perlions de la muqueuse buccale : c'eA d'être, en général, soutenue par généraisupuî tissu flbreux très-dense, avec lequel elle fait corps pour ainsi dire ; tissu du'ussu'^iiîbreux qui est bien distinct du périoste, et qui doit faire classer certaines ré- i^eux. jions delà membrane buccale parmi les membranes fibro-muqueuses.
Xil. — DES DENTS.
Les dents, iiistrumenis immédiats de la mastication, sont des organes extrême- Définiiion. ment durs, qui bordent l'une et l'autre nhlchoire, dans l'épaisseur desquelles elles sont implantées. Leur structure offre beaucoup d'analogie avec celle des os; mais leur mode de développement es( tout à fait distinct de celui de ces organes.
A, — IVombre de dents.
Le nombre des dents, chez les jeunes sujets, à l'époque de la première dentition, est de vingt, dix à chaque mâchoire; chez l'adulte, il est de trente-deux, seize h :haque mâchoire. L'homme a donc, dans le cours de sa vie, cinquante-deux dents, vingt temporaires et trente-deux permanentes.
Les variétés dans le nombre des dents sont ou des variétés par défaut, ou des .'ariétés par excès.
Les variétés par défaut consistent 1° dans l'absence absolue des dents, ainsi que ■^ox et Sabalier en ont cité des exemples; 2» dans l'absence d'un grand nombre le dents, comme chez un sujet qui ne présentait à chaque mâchoire que les ]uatre incisives. Ces variétés par défaut s'observent surtout k l'égard des molaires tostérieures; souvent aussi l'absence de ces dernières n'est qu'apparente, et délend de ce qu'elles sont recélées par leurs alvéoles au delà du temps vers leïuel elles paraissent ordinairement.
Du reste, il n'est aucune dent dont l'absence, soit isolément, soit conjoinement avec d'autres, n'ait été quelquefois observée, suivant la remarque de
Les variétés par excès consistent dans l'existence de dents surnuméraires, qui ont placées tantôt dans le rang, tantôt hors du rang que représente l'arcade lentaire.
Les dents surnuméraires peuvent exister dans des alvéoles distinctes, ou bien iire confondues avec d'autres dents. Ce dernier cas présente deux variétés : ou )ien la dent surnuméraire semble prendre naissance sur une dent principale, Jne dent mère ou prolifère {dentés proliferœ, Bartholin) ; ou bien plusieurs dents Paraissent réunies' en un seul corps.
Nombre des
dents.
Vingt temporaires.
Trente-deux permanentes.
Variétés par défaut.
Variéléspar
excès.
Dents surnuméraires.
SPLANCIINOF.OCIK
B, — l'osition des «lents.
Arcades lientaires.
Les (ienis sont implaulées, niais non articulées.
Elles sont maintenues:
1» Mécaniquement ; 2" Par les
jteocives et le périoste alvéoloileutaire.
Régularité
et continuité lie l'arcade dentaire chez l'homme.
Ses faces et ses bords.
Mode de rencontre des deux
arcades dentaires ; chevauchement antéro-pos-
térieur.
Les dcnis sont rang(5cs suivant deux courbes paraboliques, semblables à celles des arcades alvéolaires qui leur servent de support; ces rangtjes constilneiit les arcades denluires. Elles sont maintenues dans ces arcades, non par articulation, mais bien par l'implantation de leurs racines dans les alvéoles, qui sont exactement moultjcs sur elles; disposition qui, à l'époque oii les dents (Haienl regardées comme des os, avait fait admettre pour elles un mot particulier d'articulation, la gomphose (-)"J[j.cpoç, clou).
Les dents sont mécaniquement retenues dans leurs alvéoles. On doil toutefois regarder comme moyens d'union les gencives et le périoste alvéolo-denlaire. On appréciera toute l'importance de ce dernier moyen d'union, si on se rappelle l'ébranlement des dents chez les scorbutiques, et la facilité avec laquelle les dents se détachent des mâchoires du squelette.
Chaque arcade dentaire présente une courbe régulière et non interrompue double disposition qui est particulière à l'espèce humaine. On trouve, en effet, que chez les animaux, les dents présentant une longueur inégale, les arcades dentaires offrent un rebord irrégulier; et de plus, les dents, au lieu d'être toutes conliguës et sans interruption, laissent entre elles, au moins dans quelques points, des intervalles assez prononcés.
Chaque arcade dentaire présente une face antérieure, convexe; une face postérieure, concave ; un bord adhérent ou alvéolaire, régulièrement festonné ; un bord libre, mince et tranchant à sa partie moyenne, épais et tuberculeux sur les côtés, où il offre deux lèvres, l'une externe, l'autre interne. La lèvre externe est la plus tranchante sur les dents supérieures ; c'est la lèvre interne, au contraire, sur les dents inférieures. Le bord libre est tellement disposé que toutes
les dents sont de niveaii.
'^'g- Comme l'arcade dentaire
supérieure représente une courbe plus étendue que l'arcade dentaire inférieure, il en résulte que les deux ar^ cades se rencontrent à la manière des lames d'une paire de ciseaux ; mais le mode suivant lequel elles se correspondent, n'est pasleméme à la région moyenne, qu'occupent les dents incisives, et dans les régions latérales, qu'occupent les dents molaires. Les dents incisives supérieures glissent au-de\anl d(!S incisives inférieures; les tubercules externe? dos dents molaires supérieures glissent en dehors des tubercules externes des molaires inférieures, de telle sorte que ces derniers correspondent à la rainure qui sépare, dans les molaires supé-
(') Section antéro-postcricurc de la cavité buccale. Arcade dculairo vue parla face interne.
DE LA BOUCIIR KT DE SIÎS DÉPENDANCES. 79
ieures, la rangée dos tubercules exicrnes do la raiigi5o dos tubercules iiileriies. Les dents de la mâchoire supth-ieure sont, à l'cxceplion des grosses molaires, l'iieviiiiciu;lus volumineuses, en génth-ul, que celles de la mâchoire inférieure : aussi ferai- ) remarquer qu'aucune dent ne correspond exactement, et corps pour corps, à l'eugiéuci dent qui porte le mi^me nom qu'elle à l'autre mAchoire. Il y a toujours un lievauchement plus ou moins grand : d'où résulte, non pas un simple contact, lais un véritable engrùnemenl.