L. — §ftrncture îles dents
Cavité dcii- La couronne des dents est creusée d'une cavité dont la forme reproduit celle de taire. la dent. Cette cavité se prolonge, en se rétrécissant, dans le centre de la racine, et vient s'ouvrir au sommet du cône simple ou multiple que représente celte racine, par un pertuis plus ou moins considérable, ^"oii"!"' La cavité dentaire offre des dimensions qui sont en raison inverse de l àgc, raison il!- c'csi-îï-dire d'autant plus considérables que l'âge est moins avancé; elle finit '"'^^^ même par s'oblitérer complètement, lille contient une substance molle, qui La dent se constitue la pulpe dentaire.
compose de ^g^^f compose donc de deux substances, l'une extérieure, dure ou corli- ' ManceT.'' licalc, pri véc de vaisseaux et de nerfs : c'est la portion dure, ou la dent proprement
DE LA BOUCHE ET DE SES DÉPENDANCES
(/(7e; l'a 11 Ire intérieure, pulpeuse, vasculaire et nerveuse : c'est la porfion molie ou pulpe dentaire.
1" Pulpe dentaire. La f ulpe dentaire, contenue dans la cavité dentaire comme dans un moule, présente à peu près la forme de la dent îi laquelle elle appartient. Elle se détache du périoste qui tapisse le fond de l'alvéole, pénètre dans la cavité dentaire par l'ouverture visible au sommet de la racine, parcourt le petit canal dont cette racine est creusée, et vient s'épanouir dans la cavité de la couronne, qu'elle remplit complètement et à la face interne de laquelle elle adhère intimement. Cette pulpe, que des analogies dont on appréciera la justesse dans l'étude du développement des dents, doivent faire considérer comme un bulbe, une grosse papille, est une substance molle, rougeûtre, riche en vaisseaux et en nerfs. La masse principale de celte substance est composée de fibres longitudinales, extrêmement fines, entre lesquelles se voient de nombreux noyaux sphériques ou allongés. A la surface de la pulpe se trouvent plusieurs couches de cellules à noyau, dont les plus superficielles , cylindriques ou en cône, sont disposées perpendiculairement à cette surface, tandis que les plus profondes sont ari'ondies et se confondent insensiblement avec la substance de la pulpe.
Les artères qui sont destinées à la pulpe dentaire proviennent toutes de la maxillaire interne ; elles donnent lieu à un réseau capillaire à mailles assez larges, occupant et la superficie et l'épaisseur de l'organe. Les nerfs dépendent des branches ma.\illaires supérieure et inférieure de la cinquième paire; ils se composent de tubes assez fins, très-nombreux, réunis en fiisceaux et formant dans la couronne des plexus serrés qui se perdent vers la périphérie, et dont le véritable mode de terminaison n'est pas encore parfaitement connu.
La pulpe dentaire est douée d'une sensibilité exquise; c'est à elle qu'il faut rapporter et les douleurs dentaires, et tout ce qui a été dit sur la sensibilité et sur la vitalité des dents.
2» Portion dure ou corticale. La portion dure ou corticale, ou la dent proprement dite, est composée de trois substances : Vivoire, qui forme la masse principale de la dent ; Vémail, couche mince qui recouvre la couronne, et le cément qui enveloppe la racine.
L'ivoire, appelé aussi dentine, est une substance d'un blanc jaunâtre, translucide dont la dureté est supérieure à celle de l'os. Il forme la paroi de la cavité dentaire, ou la dent proprement dite, et ne se trouve recouvert que par une couche mince d'émail, au niveau de la couronne, d'une couche mince de cément, au niveau de la racine.
L'ivoire se compose essentiellement d'une substance fondamentale, de nature particulière, parcourue de nombreux canaliculus, {i]}]yc\és cnnalicules dentaires. La substance fondamentale de l'ivoire csl homogène dans toutes ses parties, et
^ ) Section anlcro-postcricure de la mâchoire inférieure, passant à travers une dont incisive. — I, lèvre encure. 2, email. 3, ivoire. — 4, pulpe dentaire. — 5, gencive. — G, paroi osseuse de l'alvéole. — 7, périoste alvéolo-dcutaire.
Pulpe dentaire.
La pulpe est un bulbe ou uue papille.
Artères.
Nerfs.
Uent proprement dite.
Ivoire.
Substance fondamentale.
SPLANCIINOLOGIE.
Canaliculcs dentaires.
Contenu.
Conipositioa chimique de l'ivoire.
Émail .
Cuticule de l'émail.
Émail proprement dit.
lie présente ni cellules ni fibres. L'apparence fibreuse qu'elle présente sur des tranches traitées par un acide, et la facilité avec laquelle elle se divise dans un sens déterminé, tiennent simplement à la présence et au trajet des canalicules qui la parcourent.
Les canalicules dentaires sonl des conduits très-étroits qui cheminent dans l'épaisseur de l'ivoire. Leur diamètre varie entre 0""",001u et 0""", 002, suivant Kœlliker, et peut atleindre jusqu'à O'"'",00o dans la racine. Leur direcUon, d'une manière générale, est perpendiculaire à la surface de la dent ; ils conimencenl au-dessous de l'émail et du cément, pour s'ouvrir dans la cavité dentaire. Mais leur trajet n'est point rectiligne; les canalicules dentaires présentent de nombreuses inflexions, plus ou moins marquées. En outre, ils se bifurquent fréquemment, surtout au voisinage de la cavité de la dent, sans diminuer notablement de calibre, et émettent de nombreuses branches latérales, ordinairement plus fines, qui se ramifient à leur tour et, communiquant les unes avec les autres, établissent des anastomoses très multipliées entre tous les canalicules de la dent. Arrivés audessous de l'ivoire, ramifications et branches de bifurcation, devenues extrêmement fines, tantôt se réunissent entre elles sous forme d'anses, et tantôt pénètrent dans la substance de l'émail ou du cément.
Les canalicules dentaires, qui cheminent parallèlement entre eux, sont fort nombreux et ne sont sépares les uns des autres que par une couche d'ivoire quelquefois extrêmenaent mince. La lumière de ces vaisseaux est immédiatement entourée par l'ivoire. Leur contenu est une substance transparente, sur la nature de laquelle nous possédons encore peu de notions. Sur les dents desséchées, cette substance est remplacée en grande partie par de l'air, ce qui donne aux canalicules, vus par tiansparence, une teinte foncée.
La composition chimique de l'ivoire diffère peu de celle des os. On trouve dans cette substance une matière organique, dite cartilage dentaire, que l'on obtient en traitant une dent par l'acide chloi'hydrique, et qui se transforme en gélatine par la coction. Par la calcination, la substance organique de la dent est détruite, et il ne reste que les principes inorganiques, composés principalement, comme celle des os, de phosphate et de carbonate de chaux. On trouvera plus loin les résultats fournis à Bibra par les analyses chimiques de l'ivoire.
L'émail, avons-nous dit, ne forme qu'une couche mince à la surface de la couronne. C'est au niveau de la surface triturante de la dent que son épaisseur est le plus considérable ; elle va en diminuant à mesure qu'on avance vers la racine, jusqu'au collet, où elle se termine brusquement. C'est même le relief de la ligne courbe indiquant la Umite de l'émail, qui détermine le rétrécissement appelé collet. L'émail est une substance translucide, d'un blanc bleuâtre, beaucoup plus dure que l'ivoire, et remarquable surtout par la résistance qu'elle oppose aux agents chimiques. Cette résistance est due principalement à la portion la plus superficielle de l'émail, décrite, depuis Nasmylh, sous le nom de cuticule de l'émail: c'est une pellicule très-mincC;, très-adhérente à l'émail, séparable seulement au moyen de l'acide chlorhydrique, et constituée par une membrane amorphe imprégnée de sels calcaires. L'eau bouillante et les acides ne lui font éprouver aucune altération, la potasse et la soude caustiques la gonflent seulement un peu.
Quant à y émail proprement dit, il se compose de fibres ou prismes à cinq ou six pans, implantés perpendiculairement à la surface de l'ivoire; leur trajet, sans être rectiligne, est cependant moins flexueuxque celui des canalicules de l'ivoire.
Composition chimique.
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Leur longueur csl, en gt5néral, telle qu'une mûme fibre traverse toute l'épaisseur de l'émail; il y a cependant des exceptions. Leur surface présente souvent un aspect strié qui "leur donne une certaine analogie avec les fibres musculaires. Les fibres de l'émail sont juxtaposées et intimement adhérentes entre elles, sans substance intermédiaire ; elles se séparent les unes des autres sous l'influence de l'acide chloihydrique. Elles sont disposées par couches concentriques, dans chacune desquelles les fibres sont parallèles entre elles, et s'entre-croisent à anïle aigu avec celles des couches voisines. Au point de vue chimique, l'émail se distingue surtout de l'ivoire par la faible proportion de substance organique qu'il renferme, ainsi qu'il résulte du tableau ci-dessous.
Le cément enveloppe la racine comme l'émail recouvre la couronne. Il s'étend cément, depuis le sommet de la racine, où il présente sa plus grande épaisseur , jusqu'au collet de la dent; quelquefois même il recouvre une petite portion de l'émail. Sa face externe, inégale et rugueuse, est en rapport avec le périoste alvéolo-dentaire ; sa face profonde adhère intimement à l'ivoire, si bien que la limite entre les deux substances est souvent difficile à saisir.
La structure du cément est à peu près celle du tissu osseux. Comme ce dernier, il est formé à' une substance fondamentale, homogène ou granuleuse, dans laquelle sont disséminés des corpuscules osseux. Mais on n'y rencontre qu'exceptionnellement des canalicules vasculaires et des vaisseaux. An point de vue chimique, on trouve la môme analogie entre le cément et la substance osseuse.
Struclure.
COMPOSITION CHIMIQUE DES DENTS, d'aPBÈS BIBRA.