‹ Traite d'anatomie descriptive (volume 2)Chapitre 34 sur 180 · C. — llembraue muqueuse · texte numérisé non relu

C. — llembraue muqueuse

Le demi-canal musculeux formé par le pharynx est tapissé par une membrane [muqueuse, qui se continue, d'une part, avec la muqueuse buccale et nasale, i d'autre part, avec la muqueuse laryngienne et la muqueuse œsophagienne.

Cette membrane, de couleur rosée, présente quelques modifications dans les 1 divers points de sa longueur. Supérieurement, au niveau de l'apophyse basilaire, elle est épaisse et comme fongueuse, intimement unie au périoste, dont elle ne ipeut être séparée ; dans cette région, elle est extrêmement sujette aux polypes ! fibreux. Elle présente, à quelques égards, les caractères de la membrane pitui- I taire au voisinage de l'orifice postérieur des fosses nasales et des trompes d'Eus- I tache. Là, elle entoure le pavillon de cette trompe à la manière d'un bourrelet, eet envoie un prolongement très-remarquable dans l'intérieur de ce canal, [prolongement qui va en s'amincissant graduellement et se continue avec la I membrane interne de la caisse du tympan. Cette continuité de la muqueuse [pharyngienne avec la muqueuse de la trompe explique les rapports qui existent i entre ces deux membranes, et la surdité qu'entraîne l'obstruction de la trompe, rsuite fréquente des angines et des coryzas chroniques.

Dans sa portion buccale, elle resseml)le exactement à la muqueuse qui revêt lia face inférieure du voile du palais; elle est pille, plissée et extrêmement mobile dans la portion qui revêt la face postérieure du larynx.

La muqueuse pharyngienne n'adhère aux plans musculaires subjacents qu'à l aide d'un tissu cellulaire assez lïlche, qui n'est jamais graisseux, jamais infiltré de sérosité. Elle adhère bien moins encore à la face postérieure du larynx.

La muqueuse pharyngienne est soulevée par un grand nombre de petites glandes muqueuses ou en grappe, occupant principalement la partie supérieure de la paroi postérieure du pharynx, où elles forment une couche continue; mous les diviserons en agglomérées et en isolées. Deux glandules agglomérées occupent constamment le pourtour de la trompe d'Eustache. Elles s'ouvrent sur la muqueuse, tantôt par des orifices isolés, tantôt par des orifices communs. On ■rencontre quelquefois ces glandules disposées linéairement, quelquefois même plusieurs séries de glandules parallèles. Haller croit que le muscle salpingo-pharyngien de Santorini et de Winslow n'est autre chose qu'une série de glandules unies entre elles par un tissu fibreux. Les glandules isolées sont disséminées dans toute l'étendue du pharynx, mais beaucoup moins nombreuses au-dessous ide l'ouverture postérieure des fosses nasales.

Suivant Kœlliker, on rencontre, en outre, dans le pharynx, des follicules clos analogues àccux delà base de la langue et des amygdales; cet anatoniiste les a observés au niveau de la base du crfine, où elles lormcnl niic couche étendue d'un urilice

U enibraiie rauq UL'use.

Ses modilicaliousdans

les divers points de sa

longueur.

Portion basilaire.

Portion nasale.

Prolongement qu'envoie la muqueuse dans

la trompe d'EusIache.

Portion buccale.

Son peu d'adhérence aux muscles subjacents .

Glandules pharyngiennes.

Glandules agglomérées et isolées.

Kolliculcs clos.

SPLANClhNOLOGIE.

l'apilles.

Epithélium

Artères.

Veines.

Vaisscau.x lymphatiques.

Nerfs.

tubaire à l'autre, autour de cet orifice et sur les parois latérales du pharynx La muqueuse pharyngienne ne présente que des papilles tovl peu développée^

et dans ses portions inférieures seulement; 6m chorion eèt extrêmement riche en fibres élastiques, particulièrement dans ses couches profondes. Dans le cul-de-sac supérieur du pharynx, jusqu'au niveau du pilier postérieur du \oile du palais, l'épithélium qui le recouvre est vibratile comme celui qu'on voit dans les fosses nasales, dans le larynx, la trachée; tandis que la partie iaférieure de la muqueuse est tapissée d'un épithélium pavimenteux, analogue à celui de la muqueuse buccale.

B. — Vaisseaux et nerfs.

I. Artères. Le pharynx re- j çoit de chaque côté une ar-i tére principale, la pharyngienne inférieure , branche de la carotide externe. La pharyngienne supérieure , branche de la maxillaire interne, quelques ramuscuies provenant de l'artère palatine et de la thyroïdienne supérieure, complètent le système artériel de l'organe.

2. Les vemes forment autour du pharynx un plexus très-considérable, p/exiw veineux pharyngien, qui va s'aboucher dans les veines jugulaires internes et thyroïdiennes supérieures.

3. Les vaisseaux lymphatiques, peu connus, vont s'ouvrir dans les ganglions qui longent la veine jugulaire interne.

4. Les nerfs sont Irès-multipliés et constituent un plexus fort remarquable,

(') Base (lu crâne cl pharynx, vus par la face poslciicure. Le cAté droit du crâne est abnissc, et la paroi postérieure du pharynx a élc portée à droite, de manière à rendre apparente la paroi gauche du pharynx cl de la bouche. On a enlevé les muscles buccin.ilcur et constricteur supérieur, et séparé par un Irait de scie horizontal la branche de la mâchoire. — Vis, péristaphylin externe. — pcrislaphylin interne. — Hp/. crochet de l'apophyse ptérygoïdc. — Hij, liyoglosse. — M//, mylo- hyoïdien, détache de la mâchoire inférieure. — \lp. constricteur moyeu coupé à son oripine. — S/t, «.lerno-hyoîdien.— T/(, thyro-hyoïdicn. — Lp, constricteur inférieur — Cmj, sommet de la grande corne de l'os hyoïde. — 1 , glandules buccales. — 2, glandes molaires. — 3, glandes linguales — 4, .nniygdale, vue par sa face externe. — S, glande sublinguale. — fi, glandules pharyngiennes. — 7, giniidulcs pabilincs.

ulc l'œsophage.

plexus nerveux pharyngien, que je regarde comme un des plus importants plexus nerveux de Téconomie.

Ces nerfs viennent de deux sources H» de l'axe ct^rébro-spinal ; ce sont: le ils viennent nerf pharyngien, branche du pneumo-gastrique, dons laquelle est entrée une Jurées! portion de la division interne du spinal et qui paraît se distribuer plus spécialement dans la couche musculeuse; le neri glosso-pharyngien, qui paraît plus particulitM-ement destiné à la muqueuse ; ces nerfs, avant de se rendre à leur destination respective, forment, sur les côtés de la portion buccale du pharynx, un -plexus dit pharyngien ; enfin, quelques filets provenant du laryngé supérieur et du ■récurrent se terminent dans le constricteur inférieur; 2» du grand sympathique : lainsi, plusieurs grosses branches grisâtres et molles, détachées du côté interne' idu ganglion cervical supérieur, viennent se rendre au pharynx.

Usages du pharynx. Le pharynx est un des organes principaux de la dégluti- Usages. !tion. !l sert, en outre, de passage à l'air dans la respiration, et de tuyau vocal ■pour les modulations de la voix. L'importance du pharynx sous ce dernier rapport, l'influence qu'exercent ses divers degrés de raccourcissement et de constrictioa sur l'échelle diatonique, ne me paraissent pas avoir fixé suffisamment l'attention des physiologistes.

§ 3. — Dlî L'OESOPHAGE.

L'œsophage, de otow je porte ; cpayu, je mange : porte-manger, est un conduit Définition, imusculo-membraneux, destiné à porter les aliments du pharynx dans l'estomac.

Situation. Il occupe la partie inférieure de la région cervicale, toute la Ion- situation, gueur de la région thoracique, et traverse le diaphragme, pour s'ouvrir dans l'estomac.

Sa limile supérieure est marquée parle bord inférieur du muscle constricteur Limites, inférieur. Sa limite inférieure est moins nette extérieurement et ne se reconnaît qu'à la dilatation infundibuli forme qui marque le commencement de l'estomac. Intérieurement, un rebord dentelé, au niveau duquel l'épilhélium change brusquement de nature, constitue une limite plus précise entre l'œsophage et l'estomac.

Direction. Situé sur la ligne médiane, appuyé contre la colonne vertébrale, à Direction, peu près rectiligne, car il n'est qu'un lieu de passage, l'œsophage subit quelques légères inflexions : médian à son origine, il s'incline un peu à gauche au cou, un peu à droite dans la partie supérieure du thorax, pour se replacer sur la ligne médiane, puis s'incliner à gauche à la partie inférieure de cette cavité, et traverser le diaphragme.

La direction rectiligne de l'œsophage permet l'introduction de sondes droites jusque dans l'estomac. L'inflexion qu'il subit en pénétrant dans le thorax, explique pourquoi les sondes œsophagiennes s'arrêtent quelquefois au niveau de la première côte.

Figure. L'œsophage est cylindroïde, et diffère du reste du cannl alimentaire en ''''S'"'*'ce qu'il est vide d'air et contracté sur lui-même, de façon que sa cavité se trouve complètement effacée. Un peu aplati et comme affaissé à sa partie supérieure, il présente toujours inférieurement l'aspect d'un cylindre plein, d'un cordon dur, résistant, disposition qu'il offre dans toute son étendue chez certains animaux, le cheval, par exemple.

SPLANCHNOLOGIE.

Page 1