‹ Traite d'anatomie descriptive (volume 2)Chapitre 64 sur 180 · STRUCTURE DK LA HATE · texte numérisé non relu

STRUCTURE DK LA HATE

Deux membranes d'enveloppe, dont l'une séreuse et l'autre fihreuse des ar.^n- n .•

, , , . f, ,. «lou Parties con-

lules à parois fibreuses, que remplit une sorte de pulpe couleur lie-de-vin, des siituantes corpuscules de nature spéciale, une artère très-volumineuse, une veine'plus rate, volumineuse encore, des vaisseaux lymphatiques et des nerfs : telles sont les parties constituantes de la rate.

i" Membrane séreuse ou péritonéale. Elle enveloppe la rate tout entière, à Membrane 1 exception de la scissure par laquelle pénètrent les vaisseaux et d'une portion périionéaie. k de son bord postérieur. L'épiploon gaslio-splénique, arrivé au niveau de cette scissure, se divise en deux feuillets; l'antérieur tapisse successivement la portion • ' antérieure de la face concave de la rate, le bord externe, la face externe, le bord - postérieur de cet organe, pour gagnerde là le pilier gauche du diaphragme et se continuer avec le péritoine qui revêt l'hypochondre gauche ; le feuillet postérieur tapisse k partie postérieure de la face interne, puis se détache de la rate 9 adosse au feuillet antérieur, se dirige A droite et se continue avec la portion dil péntoine qui forme la paroi postérieure de i'arrière-cavité des épiploons I es II. I >• ' ' "

SPLANCIINOLOGir:.

Membrane propre ou libreuse.

Prolongements libreux.

Prolongements canaliculi's autour des vaisseaux.

r.harpeule fibreuse de la rate.

Préparation pour mon trer la disposition aréolaire ilc la trame fibreuse.

Injectiondirecle des cellules spléniques.

deu.\ feuillets qui se détachent du bord postérieur de la rate, constituent un repli qui unit la rate à la paroi postérieure de l'abdomen. L'extrémité supérieure de ce repli forme ce que l'on appelle le ligament phréno-splénique, son exiréiiiilé inférieure le lUjament dit pancréntico-spléiuque.

Cette membrane donne à la rate un aspect lisse et en lubrifie la surface, en même temps que, par les liens qu'elle lui fournit, elle fi.xe cet organe aux parties voisines. Par sa face profonde, elle adhère intimement à la membrane fibreuse.

2° Membrane propre. La membrane propre forme à la rate une espèce de coque fibreuse, résistante malgré sa ténuité et sa transparence. C'est cette membrane qui est le siège de ces plaques cartilagineuses que l'on rencontre si souvent autour de la rate et qui en voilent la couleur. Intimement unie à la membrane périlonéale par sa face externe, elle adhère plus intimement encore, par sa face interne, au tissu de ce viscère, t\ l'aide de prolongements fibreux exMmenienl multipliés, très-denses, qui le pénèirent dans tous les sens, et s'entrecroisent sous toutes les directions, pour former des aréoles ou loges, dont nous étudierons plus tard la disposition.

Ce n'est pas tout encore : la membrane fibreuse n'est pas perforée au niveau de la scissure splénique, pour le passage des vaisseau.x; mais, par une disposition que nous avons déjà eu occasion de rencontrer au foie, cette membrane, parvenue à la scissure de la rate, se réfléchit autour de ces vaisseaux, à la manière de la capsule de Glisson, et se prolonge le long des vaisseaux artériels et veineux, auxquels elle forme des gaines qui se divisent et se subdivisent comme ces vaisseaux eux-mêmes, et qui reçoivent les prolongements émanés de la face interne de la membrane fibreuse.

Cette disposition a été très-bien décrite par Delasonne (l),el surtout par Dupuytren (2); il suit de là que la charpente de la rate est constituée par un tissu fibreux qui se compose : 1° d'une membrane fibreuse d'enveloppe, 2° de gaines fibreuses qui accompagnent les vaisseaux dans leurs divisions et subdivisions, jusqu'à leurs dernières extrémités, 3° de prolongements qui, nés de la face interne de la membrane fibreuse, s'entre-croisenl sous toule sorte de directions et vont se fixer à la face externe des gaines (3).

La charpente intérieure de la rate est donc une trame aréolaire, dont on peut se faire une bonne idée en soumettant un fragment de rate à l'action d'un jet d'eau continu : la pulpe splénique est entraînée ; ce qui reste est un tissu blanchâtre, aréolaire et spongieux.

La disposition aréolaire spongieuse se montre dans toule son évidence par l'injection directe soit de mercure, soit d'un liquide coloré, soit mOnie d'air dans le tissu de la rate, à l'aide d'une ponction faite à cet organe. On voit alors les enveloppes se soulever çà et l!\, et la disposition celluleuse se manifester par la dessiccalion. Celle expérience démontre encore que la rate est divisée en un certain nombre de départements; car, à moins de déchirure, on ne peut injecter de cette manière qu'une petite partie de l'organe.

(f) Mém. Acad. des sciences, l754.

(2) Thèse de Assolant.

(.3) Cetic clinrpeiile est plus ou moins dcveloppce dans les diverses espèces d'animaux : elle est bien plus ré.-: I s tau le chez le clieval que clicz le lucuf. La rcsistiince de cette charpcnl' ne serail-clle pas en rapport avec l'activité musculaire, et pur conséquent avec la destination de l'animal à des elFiirts pltisou moins violents?

DE LA RATE

Structure. Chez l'homme, l'enveloppe fibreuse de la late , de môme que les prolongements qu'elle envoie dans l'inlc^'ieur de l'organe, sonl constitués par du lissu conjonclif et du tissu (élastique; mais chez quelques animaux, tels que le chien, le cochon, etc., il s'y Joint une notable proportion de fibres musculaires de la vie organique; cette circonstance rend compte de la rétraction que subit la rate sous l'influence de l'irritation galvanique.

3° Boue splénique. Les aréoles fibreuses de la rate renferment une matière pullacée, couleur lie de \\n, pulpe ou boue splénique, que les anciens regardaient comme une des humeurs fondamentales de l'économie, et qu'ils désignaient sous le nom iVatrabile.

La coloration de la pulpe splénique varie suivant l'époque où on l'observe; elle est tantôt p.lle, ou d'un rouge grisâtre, tantôt rouge-brun ou rouge-noir, et îres différences de coloration tiennent à la quantité variable de globules santguins plus ou moins modifiés que renferme la pulpe splénique.

Quand on examine la pulpe splénique au microscope, on reconnaît qu'elle est traversée en tous sens 1" par des filaments microscopiques, qui se contimuent avec les fibres des aréoles de la rate et coniîlituent des réseaux d'une ténuité extrême; 2° par ■ies dernières ramifications de l'artère splénique. 3uant à la pulpe elle-même, elle se compose d'élé-

(Fip. 137) !"•).

(Pii:. 136) ('*).

(Ki-. 135) ri-

Dents celluleux, parmi lesquels on dislingue les formes suivantes : 1° Des celules particulières {cellules de la pulpe sjdéniquf), arrondies, pilles, pourvues l'un seul noyau; elles renferment souvent quelques granulations graisseuses et irennent un aspect granulé sous l'influence de l'eau ; leur diamètre varie entre )"»»,007 et O'"™, OU. 2» Des noyaux libres disséminés entre les cellules. 3» Un oetit nombre de grosses cellules, qui atteignent jusqu'à 0°"",02 de diamètre, et ^loat les unes, très-paies, sont pourvues d'un ou de deux noyaux, tandis que es autres renferment seulement des granulations incolores, de nature grais-

nôn ">oyci.iic de la raie d'u.i b.iM.f adulte. Vv-uvc destinée à

nirer les trabecules splciiiques et leur disposition. Grandeur i.alurelle (d'après Koelliker) J M.ontenu d uu corpuscule de Malpighi du bœuf. Grossissement de 350 diamètres.- a. pol

" " ~ ''^ ('l'»l>''ès K<Blliker) .

le lauin T"'^''"'" '«"f""""" ''«s t.'""h"lcs sanj-uins; ces cellules sonl prises su - M oi, r Tl'"*'"'"v', u*; "'»"'«'■•")• - a, d..ux cellules à noyau coulenant des glnlndos "ile de , r„l ".'7 ' "-""sforméescn cellules pign.entoires l-r„ues. - r, cellules dccoUue'-.s par

"lé»l.bre.T,V . , ""=""""7''"'^« - granulations pign.entaires provenant de «lobules sanguins " iinre» pendant leur Iraniformaliou td'après Kœlliker) .

petites cellules.

sur une rate sanguins.

Structuie de

l'enveloppe fibreuse

et de ses prolongements.

Structure de la boue splénique.

SrLANCUNOLOGII-:.

Corpuscules lie la raie.

Structure.

Arlèie splénique.

Son volume.

seuse. Ces cellules ont de grandes analogies avec les globules blancs du sang. 4" Des globules rouges du sang, soil à l'état normal, soit à divers degrés de transformation. Voici, suivant Kœlliker, comment s'opèrent ces transformations : les globules sanguins se rapetissent, prennent une teinte foncée et sel réunissent en amas arrondis, qui, en s'entourant d'une membrane, se chan-l gent en cellules renfermant des globules sanguiiis. Ces cellules ont de 0°"",011 àj 0""",033 de diamètre et contiennent jusqu'à 20 globules sanguins, lesquels, parj des altérations ullérieures, deviennent des granulations pigmentaires. Les granulations, enfin, se décolorent; il ne reste plus alors que des cellules complètement incolores.

Il s'opérerait donc dans la rate une véritable destruction de globules rouges du sang. !

4» Corpuscules de lu rate ou corpuscules de Malpùj/ii. Ce sont de petites vésicules) blanches, arrondies, qu'on rencontre au milieu de la pulpe splénique et qui ontj

des rapports intimes avec les| petites ramifications de l'ar-i tère splénique. Ces vésicuies| s'allèrent et se détruisenlj avec une grande facilité, et| on ne les retrouve guère,!

chez l'homme , que sur des| rates examinées peu def temps après la mort, chezi des suppliciés, par exem-f pie. !

Les corpuscules de la rate, dont^le diamètre moyen est d'environ j millimètre, sont plus ou moins gros, suivant les sujets. Libres au milieu j de la pulpe splénique, ils!

sont Uxés sur les petits rameaux de l'artère splénique. Ils sont très-nombreux : i d'après Kœlliker, un rameau artériel de 0""",04 à 0""»,09 de diamètre porte dej 5 à 10 corpuscules. [ Ils sont formés t" d'une membrane d'enveloppe incolore, transparente, assez | épaisse; cette membrane, parfaitement close, est intimement adhérente par sa face externe avec la gaîne de l'artériole qui supporte le corpuscule. 2° D'une substance molle, visqueuse, grisâtre, dans laquelle on trouve, au milieu d'un liquide albumineux, des cellules et des noyaux libres analogues à ceux de la pulpe splénique. Les vaisseaux sanguins ramifiés qui sont appliqués A la surface du corpuscule, envoient des prolongements très-ténus dans leur intérieur. Tous ces» caracières rapprochent les corpuscules de la raie des follicules clos qui consli-> tuent les glandes solitaires et les plaques de Peycr de l'intestin et les follicules^ de l'amygdale. ;

5» Vaisseaux de la raie. a. Artère splénique. Aucun organe d'un aussi petit volume que la rate ne reçoit une artère aussi considérable; Tarière splénique esM en ell'et, la branche la plus volumineuse du tronc cœliaque, disposition qu'l

(*) Porlloii il' line petite artère de la rate du clilcn, avec les corpuscules de Malpighi appendus a rameaux, (flrosslssement de 10 diamètres. D'après Kœlliker. )|

DE LA RATE

, \plique pourquoi les solutions de continuité de la rate sont presque toujours livies d'une hémorrhagie mortelle. L'artùre spléniquc est encore remarquable Kir ses flexuosités. Rt^duite de moitié par les branches qu'elle a fournies, elle I, nùtre dans la rate par quatre ou cinq divisions plus ou moins espacées; ces ii\isions se ramifient dans l'épaisseur de l'organe à la manière accoutumée, et •onservent jusqu'à leur terminaison la disposition tlexueuse. Une particularité ii ,^n digne d'être notée, c'est que les divisions de l'artère splénique se distri- ■iit dans un rayon déterminé, sans communiquer les unes avec les autres, en [e que l'air insufflé, l'eau ou le suif injectés dans une branche artérielle ne 1 absent pas dans les ramifications des autres branches. Or, cette division par dé- ;.;irleu)ents s'observe, non-seulement dans les grandes, mais encore dans les peli les branches, si bien que la rate peut être considérée comme l'agglomération l'un nombre considérable de petites rates réunies sous un tégument commun. \iissi, chez un anima} vivant, si l'on pratique la ligature d'une division de l'arùre splénique, la partie de la rate à laquelle se distribue cette division se flétrit, outle reste présentant l'état naturel. On peut rendre cette disposition piquante 't démonstrative tout à la fois en injectant les différentes branches artérielles de a rate par des matières diversement colorées. Ces matières injectées ne se méangeront nullement, et la ligne de démarcation qui sépare les lobes deviendra j\idente.

Cette structure de la rate explique comment des rates multiples peuvent se ,'encontrer chez l'homme et chez les animaux, et pourquoi il existe tant de valiétés sous ce rapport dans la série animale.

Quelques rameaux arlériel-s lombaires, spermaliques ou ovariens gagnent la rate à travers l'épijiloon gastro-splénique.

Dans l'intérieur de la rate, les grosses branches artérielles cheminent avec ii'3 branches veineuses, au-devant desquelles elles sont situées, en général. Les livisions plus petites, celles qui n'ont plus qu'un demi-millimètre environ de liamètre, marchent isolément, et émettent une foule de rameaux sur lesquels ■ ibservent les corpuscules de Malpighi. Ces rameaux, d'après Kœlliker, ne

nètrent jamais dans les corpuscules, mais s'engagent dans la pulpe splénipour se diviser aussitôt en une touffe de ramuscules, dont les uns pénètrent

IIS les corpuscules de Malpighi et s'y distribuent, et dont les autres forment, dehors des corpuscules, un réseau capillaire appliqué soit autour d'eux, soit 1 ins leur intervalle.

h. Veine splénique. La veine splénique, de quatre à cinq fois plus considérable '10 l'artère, est une des deux racines principales de la veine- porte; elle est A

n près égale à l'autre racine, formée par la veine mésaraïque supérieure.

■il en grande partie à la connexion veineuse de la rate et du foie qu'est l ie l'opinion généralement reçue sur la conncxité des fonctions de ces deux "rqanes.

I.a veine splénique remplit la rate de ses innombrables et volumineuses diviions; celles-ci cheminent dans les mômes gaines que les divisions artérielles; f'Ntre les branches dans lesquelles elles se divisent, elles donnoiil naissance, dans l'Hit leur trajet, à de petits ramuscules dont les orifices font paraître les parois \ ' ineuses comme perforées. Ces ramuscules deviennent extrêmement nombreux '1 uis les petites branches, qui se montrent comme criblées de trous quand on les

•iminepar leur face interne.

A mesure que le calibre des veines diminue, leurs tuniques s'aminrissenl

Ses flexuosités.

Division lie la rate en départ emenls indépend mis les lins (les antres.

Veine splénique.

SPLANCHNOLOGIE.

déplus en plus et se confonclont avec la gaîne qui les enloure. Mais les veines spléniques conservent toujours une paroi propre, et ne se terminent nullement dans les arMes formées par les Irabécules do la rate. Elles se continuent à la manière habiluelle avec le n'seau capillaire qui traverse en tous sens la pulpe splénique. Lorsqu'on a vu les matières injectées dans la veine splénique se répandre dans les aréoles de la ra'le, ce fait n'a donc pu se produire qu'à la suite de rupture.

vaisseai.x ^- ^'^^ vaisseauz lymphatiques de la rate sont divisés en superficiels et en profondB. lyinphaii- Lessuperflcicls, très-peu nombreux, s'observent particulièrement au voisinagedu hile. Les lymphatiques profonds cheminent dans les mûmes gaines que les autres vaisseaux delà rate. Les deux ordres de lymphatiques se rendent à de| petits ganglions situés au niveau de la scissure de la rate, dans l'épaisseur del l'épiploon gasiro-splénique. | Nerfsde cet 6" Nerfs. Les nerfs sont une émanation du plexus solaire, et portent le nom de) ort-ane. plexus splénique. Ils pénètrent dans la rate avec l'artère splénique et accompa-i gnent les divisions et subdivisions de ce vaisseau, pour se répandre avec elles| dans la pulpe splénique (1). 1 u n'existe Quuut aux conduits propres de la rate, qui se rendraient directement de celi pas dp con- organe à la grosse tubérosité de l'estomac, ou même au duodénum, et qui y( duiis spie- verseraient un liquide particulier, ils sont purement imaginaires.

niques particuliers.

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