THYRO-ARYTÉNOIDIEN
Préparation. La même que celle du précédent. On peut préparer ce muscle par l'intérieur du larynx en enlevant les cordes vocales.
Ou pourrait, à la rigueur, comprendre dans la même description, sous le nom tde thyro-crico-aryténoîdien, le thyro-aryténoïdien et le crico-arylénoïdien latéral ; ;car ces deux muscles ont la môme insertion aryténoïdienne, leurs fibres sont •placées sur le même plan, sans autre ligne de démarcation qu'une ligne cellutleuse plus ou moins prononcée, et d'ailleurs ils remplissent les mômes usages.
Le thyro-aryténoïdien, situé dans l'épaisseur de la corde vocale inférieure et de Figure, fia paroi externe du ventricule laryngien, est un muscle quadrilatère, très-mince
(Fig. 160) n.
en haut, très-épais en bas. il naît de chaque côté de l'angle rentrant du cartilage insenions à Hhyroïdc, aux deux tiers inférieurs de la hauteur de cet angle, et de la portion j^"' voisine du ligament crico-lbyroïdien. Le plus grand nombre des insertions a lieu thyroïde.
(') Face interne de la moitié gauche du larynx ; la muqueuse a été disséquée jusqu'à l'angle postérieur du Terilricule du larynx ('*) cl jusqu'au sommet du cartilacc arylénoïde, puis renversée. — T«c, muscle thyro-arylénoïdien externe. — Ta', muscle thyro-aryléuuïdieu interne. — Vu, apophyse vocale du carti- .lage arylénoïde. — Cal, muscle crico-arytéiioïdiuu latéral. — A, muscle arylénoï lien. — *, angle interne de Tapiiphyse vocale.
(**) Portion postérieure de la moitié droite du c.nrlilaf;e thyroïde et du cartilafîc arylénnïde vus par la face 'nlerne. L'articulation crico-arylcuoïdienne a été ouverte. — Tni, niu-cle thyro-aryténoïilicn Interne Ta«, muscle thyro-aryténoïdien externe. — Cal, muscle crico arylénoïilicu latéral. Tous ces niuscles sonl •coupés près lie \,;,ir insertion . — San, surface articulaire arylénoidienne du cartilage cricoïde.
SI'I.ANCHNOLOGIK.
.\iihérence du Ihyroaryténoïdieu à la corde vocale iufé-
ActiuD.
Mouvements de bascule.
(Fig. 162)(»).
-Taep
à la parlie inférieure do cet angle, et constitue un faisceau exlrOniement épais. De là, les fibres se portent horizonlalement d'av;int en arrière et de dedans en dehors, el se terminent, savoir : un faisceau tapais et triangulaire au bord supérieur au sommet et au bord inférieur de i apopbyse vocale de l'aryténoïde, ainsi qu'à une cavité d'insei tion que présente, en dehors, la base de ce cartilage entre les deux apophyses. Ce faisceau a été décrit à part par Henle, sous le nom de muscle t/tyro-arylénoîdien interne {fig. i60); il remplit complélemenlla corde vocale inférieure, et quelques-unes de ses fibres les plus internes se continuent manifestement avec les fibres élastiques dont elle se compose. Plus en dehors, sont des
faisceaux aplatis qui s'insèrent à la moitié inférieure du bord externe de l'aryténoïde; c'est le muscle thyro-aryténoidien externe de Honle (Toe, fi'j. t60), dont un faisceau naît quelquefois à la parlie supérieure de l'angle du cartilage thyroïde. Les fibres supérieures vont se terminer au bord externe du cartilage aryténoïde; quelquesunes se portent manifestement dans les replis ary-épiglol tiques ou aux bords de l épiglotte.
Rapports, lin dehors, le muscle tliyro-aryténoïdien répond au cartilage thyroïde, dont il est séparé par un tissu ccliulair>; lâche, quelquefois un peu adipeux; en dedans, il répond aux cordes vocales et au ventricule qui les sépare» C'est au niveau de la corde vocale inférieure que se voit la partie la plus épaisse de ce muscle, qui détermine en presque totalité la saillie que fait celle corde dans l'intérieur du larynx. On peut même considérer ce faisceau comme logé dans l'épaisseur de la corde vocale inférieure. L'adhérence de celte corde vocale au muscle est telle qu'il faut beaucoup de soin pour les isoler l'un de l'autre, ce qui tienl, comme nous l'avons vu, à la continuité qui existe entrS les fibres musculaires les plus internes et les fibres élastiques. « En appliquant « le galvanisme aux filets nerveux qui vont aux muscles ihyro arylénoïdiens. on " constate que ces muscles, en se contractant, donnent plus de rigidité aus « cordes vocales inférieures et les rendent plus vibrantes (I). ..
Action. Il porte le cartilage arylénoïde en avant : ce mouvement semblerait devoir entraîner un relâchement de la corde vocale inférieure, ainsi que l avait cru Haller (2) : cartilagines yuttales (les aryténoïdes) antrorsum ducunt, gluttidem dilatant, ligamentorûm glottidis (ensiouem minuunt. Mais remarquons que, 1° vu le mécanisme de l'articulation crico-aryténoïdienne ; •>» vu l'insertion des muscles thyro aiyténoïdiens en dehors de la base des carlilagcs arylénoïdes, en même temps que ces cartilages sont portés en avant, ils éprouvent un mouvement de bascule, par lequel l apophyse antérieure ou vocale estporlée en dedans. Lesliga-
(•) Section verticale et transversale du larynx; moitié antérieure, vue par sa face interne. — t, cartilage thyroïde. — Taep, muscle thyro-ary-épit'lollique (V. fig. 159). — Tue, muscle tliyro-aryténoidieu
externe, et Tni, muscle Ihyro-arylénoïdlen interne, coupés en travers. cr, cartilage criooide. —
1, saillie de l'épiglotle. — 2, ventricule du larynx. — 3, arriére-cavité de ce ventricule. — ""SP'' tbyro-aryténoïdieu supérieur. — 5, repli tliyro-arytéuoïdien inférieur.
(t) Longet, Traité de physiologie, l. I, fa.sc. ni, p. 148. (2) Elemenin physiol., t. III, iiv. IX, p. 38.
DU LAHYNX.
iiiciils lie la glotle soiil donc leiuluset rapprochés ruii de l'aulre. Ce mouvement bascule poul i^tre por(i5 au poiut que les apophyses vocales se louclienl, ce qui l'duil d'autant le diamètre antéro postérieur de la glotte. Le th\ro-arvtt^noïdien est donc constricteur et tenseur de la glotte : c'était d'ail- constnc-
* * tcur et tel
'. nis l'opinion deCowper et d'Albinus, opinion queHallera cherché à réfuler(l). gg^^ de i Itu reste, la pression exercée par le muscle thyro-aryténoïdien sur le ventri- gioue. lie du larynx imprime à ce ventricule une secousse qui peut le débarrasser des
mucosités qui l'obstruent.