‹ Traite d'anatomie descriptive (volume 2)Chapitre 80 sur 180 · MUQUEUSE ET GLANDES DU LARYNX · texte numérisé non relu

MUQUEUSE ET GLANDES DU LARYNX

La membrane muqueuse du larynx est la continuation de la muqueuse buccale et de la muqueuse pharyngienne. On a vu que, par une exception unique dans irécononiie, une partie de la surface externe du larynx, sa face postérieure, était '■recouverte par une membrane muqueuse ; cette exception est motivée par cette îcirconstance que la face postérieure du larynx fait paroi dans le pharynx. • Voici d'ailleurs comment se comporte la muqueuse laryngée : en la supposant partir de la base de la langue, on la voit se réfléchir sur la face antérieure de ; l'épiglotte, et dans cette réflexion former les trois replis muqueux glosso-éipi- \ gloUiques, un médian et deux latéraux, déjà, décrits (1). Ces derniers sont voi- ! sins, à leur insertion sur l'épiglotte, de deux autres plis qui se perdent sur les [ côtés du pharynx (replis pharyngo épiglottiques). La muqueuse adhère lâchement

Ià la face antérieure de l'épiglotte, se réfléchit sur le bord de cette valvule, dont elle revêt la surface postérieure, en y- adhérant très-intimement (2), pour pénétrer ensuite dans le larynx; de chaque côté, elle se porte de l'épiglotte aux carî tilages aryténoïdes, pour se continuer avec la muqueuse pharyngienne qui revêt la face postérieure du larynx. Au niveau de l'ouverture supérieure du larynx, elle se réfléchit sur elle-même pourformer les replis muqueux aryténo-épiglottiques, recouvre la corde vocale supérieure, s'enfonce dans le ventricule et envoie en avant un prolongement dans son arrière-cavité. Dans ce ventricule, elle est remarquable par son peu d'adhérence aux parties qu'elle revêt. Du ventricule, elle se réfléchit sur la corde vocale inférieure; là, de môme qu'au niveau de la corde vocale supérieure, elle est si mince qu'elle ne voile nullement l'aspect nacré de ce ligament, et si adhérente qu'il est difficile de l'en séparer. Au niveau du muscle aryténoïdien, elle est très-lâchement adhérente et présente des plis verticaux qui s'effacent lorsque la glotte s'élargit. Enfin, elle recouvre la surface interne du cartilage cricoïde et les membranes crico-thyroïdiennes moyenne et latérales. La membrane muqueuse laryngienne est l'emarquable par sa ténuité, par son

(1) Sur un sujet mort de phthisie laryngée, j'ai trouvé une disposition fort remarquable rdes trois replis muqueux giosso-épiglottiques : le repli médian était très-développé, car il atteignait presque le sommet de l'épiglotte : les replis latéraux étaient, d'autre part, tellement développés qu'ils constituaient de chaque côté une petite poche muqueuse, à orifice ^assez large pour admettre l'extrémité du petit doigt, et qui se prolongeait en bas et en dehors aur les côtés de la base de la langue. Certes, un corps étranger aurait pu s'engager dans innede ces poches. Cette disposition de la muqueuse était bien congénitale et tout à fait indépendante de la phthisie laryngée, qui consistait exclusivement dans une carie du cartilage thyroïde, ossifié au niveau de l'insertion des cordes vocales, et dans un abcès considérable intftrmédiaire à ce cartilage et aux muscles de la région sous-hyoïdlenne. Les cordes i-vocaleg étaient parfaitement saines.

(2) La différence qui existe, sous le rapport de l'adhérence de la muqueuse, entre la face antérieure et la face postérieure de l'épiglotte, explique pourquoi, dans l'œdème du larynx, '1 y a un bourrelet œdémateux en avant et de chaque côté de l'épiglotte, tandis que l'œdème n occupe en aucune manièr»la face postérieure. J'ai vu plusieurs fois les bords de l'épiglotte renversés en arrière par les bourrelets latéraux de l'œdème, l'épiglotte en quelque sorte P'oyéesur elle-même, et ses bords arriver presque en contact. Il est possible que, dans quel- Ties cas, l'obstacle à la respiration et la mort par asphyxie ne reconnaissent pas d'autre •■auge. i i J

Membrane muqueuse.

Le larynx est recouvert par une membrane muqueuse dans une partie de sa surface externe.

Muqueuse laryngée.

Ténuité et adhérence de la muqueuse laryngienne.

SPLANCHNOLOGIE.

Épiihélium.

Papilles.

Glandes du larynx.

Glandes épiglottiques.

Glandes aryténoïdiennes.

Leur disposition anguleuse.

adh(5rence aux parties qu'elle rêvât, et par sa couleur rose pâle ou blanchâtre. Elle est criblée d'ouvertures, visibles quelquefois à l'œil nu, et qui ne sont autre chose que des orifices glanduleux. On connaît son exquise sensibililé, surtout à; l'orifice supérieur et dans la partie sus-gioltique du larynx (1). Les replis mu-; queux aryténo-éplglotliques, qui contiennent dans leur épaisseur un ligamentj du même nom, et, chez les grands animaux, des fibres musculaires, sontremar-: quables par la grande quantité et parla laxité du tissu cellulaire séreux qu'on v rencontre. Cette disposition anatomique les expose à cette infiltration séreuse, 8i| rapidement mortelle, qui est connue sous le nom de laryngite œdémateuses

Dans toute l'épaisseur de la muqueuse laryngée, on rencontre, entre iesi faisceaux de tissu conjonclif qui forment son chorion, de nombreuses fibrest élastiques très-fines. L'épithélium qui la recouvre est cylindrique et vibratile,( excepté dans les régions suivantes : les deux faces de l'épiglotte, le bord des cor-j des vocales et une portion plus ou moins considérable de leurs.faces supérieure) et inférieure, où se voit un épiihélium pavimenteux stratifié.

Dans les mômes régions, la muqueuse laryngée supporte des papilles de 1 àj 2 centimètres de hauteur, qui s'enfoncent dans l'épaisseur de l'épithélium, '

Les glandes du larynx, dont on distingue très-bien à l'œil nu les orifices à lat surface de la muqueuse laryngienne, sont toutes de petites glandes en grappe,! appliquées contre la surface externe de cette dernière. Les unes sont isolées, les! autres réunies en groupes d'un certain volume. On peut les diviser en glandest épiglottiques, glandes aryténoïdiennes, glandes ventriculaires et glandes dela| paroi postérieure du larynx.

On appelait autrefois glande épigloitique la masse adipeuse placée entre le corps I thyroïde et l'épiglotte; on avait môme prétendu qu'elle s'ouvrait à la face pos-i térieure de l'épiglotte par des conduits particuliers, il n'y a de glande épigloitique que lesglandules placées dans l'épaisseur de l'épiglotte, laquelle est criblée | d'une infinité de trous pour les contenir; ces glandules, qui sont tellement i multipliées que Morgagni (2) les a considérées comme constituant une seule i glande, s'ouvrent toutes sur la face laryngée de l'épiglotte, par des pertuis très- < manifestes, de diverses grosseurs, à travers lesquels on peut exprimer un mucus ( assez abondant.

Les glandes aryténoïdiennes ont été parfaitement décrites par Morgagni, qui les ( considère comme un seul et môme corps glanduleux ; situées dans l'épaisseur du i repli muqueux aryténo-épiglottique, elles sont rangées suivant deux lignes i réunies à angle, à la manière de la lettre L (3), et leur disposition anguleuse semble déterminée par celle du cartilage aryténoïde; ainsi, la branche verticale de la glande longe la face antérieure du cartilage aryténoïde et du cartilage corniculé, et fait, en dedans du repli muqueux aryténo-épiglottique, une légère saillie, bien distincte de celle de ces cartilages; la branche horizontale, moins saillante, est comme logée dans l'épaisseur de la corde vocale supérieure, dont sa présence augmente beaucoup le relief. Les glandules aryténoïdiennes s'ouvrent par une multitude de pertuis sur la muqueuse qui revôt leur face interne.

(1) La sensibilité de la partie sous-glottique du larynx est beaucoup moins développée, ainsi qu'on l'observe dans les expériences sur les animaux et dans l'opération de la larjngotomie, lors de l'introduction de la canule.

(2) Advers. 1, p. 1 ; advers. V, p. f>8.

GnomoMis, sed oblusanguli ttguram ulervis acervus habet (Haller).

DU LABYNX.

Les y landit les ventriculaires sont de petit volume et réparties sur toute la surface îxterne de la aiuqueusc qui tapisse les ventricules du larynx. 11 en est de môme le celles qu'on rencontre sur la paroi postérieure du larynx, à la surface du musle aryténoïdien.

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