‹ Traite d'anatomie descriptive (volume 2)Chapitre 82 sur 180 · O. — DÉVELOPPEMENT · texte numérisé non relu

O. — DÉVELOPPEMENT

Le larynx devient reconnaissable dans ia sixième semaine de la vie fœtale, sous Apparition a forme d'un renflement allongé qui occupe l'origine du canal aérien; celui-ci 'aiyux. ommunique alors avec le pharynx par une fente limitée par deux saillies. A la in de la sixième semaine, Kœlliker trouva le larynx arrondi, très-proéminent, et lésentant les rudiments des cartilages aryténoïdes et de l'épiglotte. Les quatre ■irtilages principaux du larynx deviennent distincts vers la neuvième semaine ; f! cricoïde et le thyroïde ne paraissent pas se développer par deux moitiés laté- ■iles, comme l'avait admis Fleischmann. Au troisième mois, l'épiglotte n'est enore figurée que par une saillie transversale. Les ligaments internes du larynx ;t les ventricules sont déjà visibles au quatrième mois.

L'évolution du larynx présente ceci de remarquable, que depuis le moment où Évolution. ! est formé jusqu'à l'époque de la puberté, il ne présente aucun ctiangement

I) Les mouvements de bascule des cartilages aryténoïdes, qui me paraissent aussi claireîit démontrés que les mouvements de bascule de l'omoplate dans le mécanisme de paule, modifient singulièrement la classification des muscles du larynx en dilatateurs et ' Il constricteurs.

'2) Voy. Longel, Traité de plujsiologir, t. ll,fasr.. in.

SPLANCHNOLOGIE,

ribaugenienls à l'é poque de la

puberté.

notable. Dans les premières années de la vie, les ventricules sont si peu développés qu'on en a nié l'existence chez les sujets qui n'ont pas atteint l'âge de puberté. La saillie de l'os hyoïde elTace en quelque sorte celle du larvnx. Il n'existe, comme l'a très-bien prouvé Richerand (1), aucune difl'érence bien remarquable entre le larynx d'un enfant de trois ans et celui d'un enfant de douze ans; en outre, le larynx n'olTre aucun vestige des différences sexuelles, qui deviendront si remarquables plus tard. En regard de ces données anatômiques nous devons placer le timbre grêle de la voix et l'uniformité des sons vocaux dans les deux sexes à cet âge de la vie.

A l'époque de la puberté, en mâme temps que les organes génitaux, le larynx se développe si rapidement que dans l'espace d'une année son évolution est terminée : alors, d'uniforme qu'elle était chez les enfants, la voix acquiert et son timbre et sa qualité; alors aussi les différences sexuelles de l'appareil vocal se prononcent.

Serait-ce parce que le développement ne se fait pas d'une manière égale dans les diverses parties du larynx, ou bien par le besoin d'une certaine éducation, que la voix présente alors ces sons discordants, bien sensibles surtout dans le chant, et qui caractérisent ce qu'on appelle la mue de la voix ?

La coïncidence du développement de l'organe de la voix et du développement des organes génitaux a fait admettre entre ces organes une relation de cause à effet, et l'observation a prouvé que l'organe vocal était en quelque sorte sous la dépendance des organes génitaux. Chez les castrats, cet organe conserve, avec la petitesse du larynx de la femme, un timbre particulier, qui est intermédiaire, pour ainsi dire, entre le timbre de la voix de l'homme et celui de la voix de la femme (1).

Par le développement qu'elle éprouve à la puberté, la glotte acquiert des dimensions d'un tiers en sus chez la femme, et presque doubles chez l'homme.

Après la puberté, les changements qui peuvent avoir lieu dans le larynx, sont le résultat de l'exercice et non point du développement proprement dit.

L'ossification des cartilages du larynx n'est pas toujours l'effet de l'âge :je l'ai observée ctiez des adultes de trente ans, indépendamment de toute maladie; rmflammation chronique du larynx amène une ossification précoce de ses cartilages. Le cartilage thyroïde est celui qui a le plus de tendance à s'ossifier ; en deuxième lieu, vient le cricoïde ; en troisième lieu, hîs aryténoïdes. L'ossification de 1 epiglotte est plus rare, mais elle est réelle ; j'ai eu occasion d'en observer un exemple.

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