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I. — CORPS THyaOIDE

Le corps thyroïde est un organe glanduliforme, couché, à la manière d'un croissant à concavité supérieure, au-devant des premiers cerceaux de la trachée et sur les parties latérales du larynx.

En le décrivant à l'occasion du larynx, j'obéis à un usage généralement reçu : en l'absence de connexions fonctionnelles directes entre le corps thyroïde et le iarvnx, il était naturel de s'attacher à une connexion de contiguïté.

Son volume présente beaucoup de variétés, suivant les individus. Il est peu d'organes dont les différences individuelles de volume soient plus multipliées.

Les dilTérences de volume relatives au sexe, comme d'ailleurs toutes les différences qui se rattachent à l'appareil vocal, sont très-marquées ; mais elles sont en iens inverse de celles que nous avons observées jusqu'ici, c'est-à-dire que le :orps thyroïde eçt moins volumineux chez l'homme que chez la femme, où il orme un relief arrondi qui concourt à diminuer la saillie, déjà moins prononcée :hez elle, du cartilage thyroïde.

Le climat, et plus particulièrement certaines qualités d'eaux, influent sinjulièrement sur ce volume, qui peut devenir monstrueux dans les cas de ;oître.

Au reste, ces différences de volume portent tantôt uniformément sur la totalité lu corps thyroïde, tantôt sur l'un ou sur l'autre lobe, et quelquefois enfin sur la )artie moyenne toute seule.

Le poids du corps thyroïde, qui est de 30 grammes environ, à l'état normal, )eut s'élever à IbO grammes, et môme davantage, dans les cas de maladie.

Forme. Le corps thyroïde se compose en général de deux lobes latéraux ou ornes, réunis entre eux par une portion rétrécie et aplatie d'avant en arrière, îu'on appelle isthme. Les variétés de forme portent principalement sur l'isthme, (ui peut être très-étroit, long ou court, régulier ou irrégulier, manquer compléement, avoir la même épaisseur et le même diamètre vertical que les lobes eux- .nCmes. J'ai vu un cas dans lequel la portion la plus épaisse du corps thyroïde épondait à la partie moyenne de cette glande. Les lobes se terminent en pointe rès-étroite supérieurement.

C'est sans doute à l'étroitesse ou à l'absence de l'isthme, ou plutôt à la sépaation et à l'indépendance complète des deux lobes du corps thyroïde chez Jn grand nombre d'animaux, qu'est due cette opinion des anciens, qu'on rerouve encore dans Vésàle, savoir, qu'il y a deux glandes thyroïdes chez l'homme.

La surface du corps thyroïde est lisse, bien limitée, quelquefois divisée en lobules par des sillons superficiels.

Pour l'élude de ses rapports, on peut lui considérer deux faces, l'une anté- ■ieure ou superficielle, l'autre postérieure ou profonde, et quatre bords, un bord supérieur, un bord inférieur et deux latéraux.

La face antérieure ou superficielle est convexe et recouverte par les muscles de a région sous-hyoïdienne. Je dois mentionner plus particulièrement les rapports les muscles sterno-lhyroïdiens, qui recouvrent immédiatement la glande tliy- ■"oïde, et dont la largeur semble mesurée sur celle des lobes latéraux de cctic glande. J'ai vu, dans plusieurs cas de goitre, ces muscles avec une largeur double j:>u triple de l'élat naturel.

^•ti face jmtcrienre, concave, forme une sorte d'anneau ouvert ou de demi-canal

Situation.

Volume du corps

thyroïde.

Différences

sexuelles;

De climat.

Poids.

Forme, lobes.

Isthme.

Rapports:

Face antérieure.

Face postérieure.

Bord supérieur.

Piolongcinenl ascendant.

Ses variétés.

11 ne contient pas de conduit excréteur.

Eu arrière.

Rapports des extrémités.

Consistance

SI'LANCIINOLOGIE.

autour des parlics siluc^cs au-devanl de la colonne vertébrale. La poi lion moyenn, de celle face, apparlenant à l'isllime, rtîpond aux trois ou qualre premier anneaux de la trachée, auxquels elle est faiblement unie par du tissu cellulair lùclie; ses portions lalc'rales embrassent les parlies lattîrales de la trachée d cartilage cricoïde, la partie inférieure et latérale du cartilage thyroïde, la parti inférieure du pharynx et la partie supérieure de l'œsophage. Ces rapports, exlré l mcraent importants, e.xpliquent comment certains goitres aplatissent la trachéF latéralement, gênent la déglutition et finissent par amener une véritable asphv par strangulation.

Le bord supérieur, concave, est échancré à sa partie moyenne, qui répond . bord inférieur du cartilage cricoïde, et longé par les artères thyroïdiennes su; rieures. Ses parties latérales, obliques en haut et en arrière, s'appliquent sur faces latérales du cartilage cricoïde et du cartilage thyroïde, ainsi que sur muscle crico-thyroïdien.

C'est de ce bord que part un prolongement {colonne), parfaitement représo! par Bidloo, et désigné par Lalouette sous le nom de pyramide. Ce prolongeme qui est à peu près constant, se porte verticalement en haut, à droite ou à gau^ de la ligne médiane, et présente de nombreuses variétés : 1° sous le rapporl son origine: il naît tantôt de l'isthme, tantôt de l'un ou del'autre lobe, surles d. de l'isthme ; 2° sous le rapport de sa terminaison : il finit quelquefois au nivi de l'échancrure du cartilage thyroïde, d'autres fois au niveau de la membi hyo-thyroïdienne, d'autres fois enfin au niveau du corps même de l'os hyoi toujours il adhère fortement soit à la membrane hyo-thyroïdienne, soit à 1 3° sous le rapport de la composition : quelquefois c'est un cordon fibreux, d'au: fois un cordon rougeûtre, linéaire, qui a toutes les apparences d'un faisceau n. culaire, et qui a été effectivement décrit comme un muscle; souvent c'est i succession de granulations disposées linéairement ; d'autres fois, au milieu c l'extrémité de ce cordon, se voit un renflement glanduliforme, qui a tout à . l'aspect du tissu de la glande thyroïde ; enfin il peut être double, bifurqué manquer complètement; mais il n'en existe pas moins, dans ce dernier cas, corps glanduliforme à une certaine hauteur. Ce prolongement, dans lequel; été tenté, après tant d'autres, de chercher un conduit excréteur, estévidemm plein. Serait-il le vestige, soit d'une partie qui aurait existé chez le fœtus, r d'une disposition normale chez quelques animaux?

Le bord inférieur, court, épais, plus ou moins profondément échancré à sa part moyenne, est situé plus ou moins bas suivant le degré de développement d| l'isthme ; la distance qulle sépare de la fourchette siernale, varie conséquemraen entre d et 3 centimètres. Ce bord est longé par l'artère thyroïdienne inférieur^

Les bords latéraux ou postérieurs sont épais et répondent à la colonne vertt! brale, dont ils sont séparés, en dehors, par l'artère carotide primitive, la vein jugulaire interne, le nerf pneumo-gastrique et le grand sympathique. Or, suivar i le volume de la glande thyroïde, toutes ces parties sont tantôt recouvertes par glande, et tantôt en rapport seulement avec son côté externe.

Son exlrémitc inférieure, épaisse, arrondie, descend plus ou moins bas suivant les sujets, et répond du cinquième au septième ^erceau de la trachée ; elle c: située entre la trachée et l'artère carotide primitive. C'est par cette extrénait inférieure qu'arrive au corps thyroïde l'artère thyroïdienne inférieure.

Structure. Le tissu propre du corps thyroïde a une couleur variable, lantil lie-de-vin foncé, tantôt jaunûtre; sa consistance est assez ferme, et donne au la( i

DES POUMONS

sensation de granulations. Cet organe présente tous les caractères extérieurs 3 glandes, et comme dans celles-ci, son tissu se sépare par la dissection en lins glanduleux; mais il y a entre ces grains glanduleux et ceux des glandes linaires celte différence que, dans le corps thyroïde, nous cherchons vaincînt des conduits excréteurs. Si, les yeux fixés sur la trachée elle larynx et îsophage ouvert, on presse le corps thyroïde, rien ne transsude dans l'intéur de ces canaux divers. Vainement a-t-on prétendu conduire le canal excré- ;r du corps thyroïde jusqu'au foramen cœcum de la langue, ou bien dans ventricules du larynx, ou bien encore dans la trachée, au niveau du premier •ceau. A l'exemple de Santorini, on a été forcé d'abandonner de prétendues tûuverles, annoncées trop légèrement.

Je signalerai une adhérence intime de la partie latérale du corps thyroïde ec le premier anneau de la trachée, adhérence fibreuse, qu'on démontre >s-bien en détachant le corps thyroïde d'avant en arriére et au milieu de luelle j'ai cru voir quelquefois un conduit traverser la membrane qui unit trachée au cartilage cricoïde, sans avoir jamais pu le démontrer d'une manière 3n positive.

[, 'absence de conduit excréteur doit-elle faire rayer le corps thyroïde du nomù des glandes de l'économie ? Je suis loin de le croire. Je pense qu'il existe dans conomie des glandes sans conduits excréteurs, telles que le thymus, la capsule rrcnale et le corps thyroïde, organes que l'on a tenté de réunir sous le nom de mdes vasculaires sanguines. Le liquide produit dans leur intérieur est absorbé en tier, et remplit d'ailleurs des usages inconnus.

Le corps thyroïde est entouré d'une membrane fibro-celluleuse, qui envoie .ns l'épaisseur de l'organe des prolongements celluleux servant d'enveloppe X divisions et subdivisions. Chacun des lobes du corps thyroïde, en efl'et, se mpose d'un certain nombre de lobes secondaires, séparés par des cloisons lluleuses, et que l'on peut diviser en lobes de plus en plus petits, et enfin en mies (granulations glandulaires des auteurs).

L'enveloppe fibro-celluleuse du corps thyroïde peut être considérée comme un doublement delà lame qui se détache de la partie inférieure du larynx et entuc la trachée et l'oesophage, se continuant latéralement avec la gaîne des •isseaux carolidiens, en bas, avec l'aponévrose cervicale moyenne. La face super- :ielle n'adhère aux parties voisines que par des filaments celluleux ; de sa face ofonde partent une multitude de lames, de lamelles et de filaments qui pé- ;trent entre les divisions de la glande et dans leur épaisseur, et circonscrivent complètement des espaces aréolaires, qui tous communiquent les uns aux au- 63 et dans lesquels sont déposés les lobules glandulaires. L'enveloppe du corps thyroïde, de même que ses prolongements dans l'épaisiir de l'organe, est formée de faisceaux de tissu conjonctif, entre-croisés dans utes les directions et mêlés de fibres élastiques fines.

Les lobules du corps thyroïde sont arrondis ou oblongs, quelquefois polyédriies;leur diamètre varie entre un demi-millimètre et un millimètre. Ils se imposent de vésicules glandulaires, closes de toutes parts, sphériques ou ovoïdes, esurant de 0'"'",4 à 0""",! de diamètre. Ces vésicules, séparées les unes des Jtres par du tissu conjonctif, présentent une membrane très-fine, transparente, )nipl6temcnt amorphe, tapissée intérieurement d'une couche simple de celiles épilhéliales polygonales, claires, finement granulées. Mais on rencontre ircment cet épithélium dans un état d'intégrité parfaite, si ce n'est chez les

Le corps thyroïde présente tous les caractères des glandes.

Point de conduit excréteur.

Adhérence fibreuse intime du corps thyroïde au premier anneau de la trachée.

Soupçon de conduit excréteur

dans ce point.

Glandes vasculaires sanguines.

Enveloppe

tibrocelluleu?e.

Lobules.

Vésicules

glandulaires.

SPLANCHNOLOGir:.

Artères.

Veines.

Vaisseaux lymphatiques.

Nerfs.

Développement.

(Fig. 186) (•).

enfants. Le plus souvenl, chez l'adulle, on ne trouve dans l'intérieur des vé.^ cules que des cellules plus ou moins altérées, des noyaux libres ou même di

simples granulations, nageant dai le liquide transparent, visqueux, d.

nature albumineuse, que renferment les vésicules. Très-souvent ce liquii:

est rempla';é par de la substance co [oîde, dont l'accumulation déterrain.

la distension des vésicules et constitue une des formes du goitre.

Vaisseaux. i° Artères. Le calibre et le nombre des artères qui se distribuent au corps thyroïde, attestent qu'il s'opère dans cet organe autre chose qu'un travail nutritif. Ces artères sont au nombre de quatre, et quelquefois au nombre de cinq : les deux supérieures viennent de la carotide externe ; les deux inférieures, de la sou3-clavière; une cinquième, la thyroïdienne de Neubauer, quand elle existe, prend son origine à la crosse de l'aorte.

Les branches de ces artères, après avoir serpenté, en se ramiflanl, à la surface du corps thyroïdf;, pénètrent entre les lobes et les lobules, et se divisent en ramuscules de plus en plus ténus, dont les plus fins s'engagent dans l'épaisseur •des lobules et forment à la surface des vésicules un réseau capillaire serré, à mailles polygonales.

2° Veines. Les veines, plus volumineuses encore que les artères, naissent du réseau capillaire des vésicules, s'unissent entre elles pour former des ramifications de plus en plus considérables, qui dans l'épaisseur de la glande, n'accompagnent pas toujours les artères. Arrivées à la surface du corps thyroïde, elles se partagent entre les veines thyroïdiennes supérieures, moyennes et inférieures (v. Angéiologie). Ces veines forment au-devant de la trachée un plexus si considérable qu'il a pu s'opposer, dans certains cas, à ce qu'on terminât l'op&ration delà trachéotomie.

3° Lymphatiques. Les vaisseaux lymphatiques du corps thyroïde sont peu nombreux, et l'on connaît peu leurs rapports avec les éléments de la glande. Suivant M. Sappey, ils se rendent, les supérieurs, dans les ganglions situés au-devant du larynx, les inférieurs dans les ganglions placés au-dessous de la fourchette slernale.

Les nerfs qui pénètrent dans le corps thyroïde proviennent des ganglions cervicaux du grand sympathique, et sont supportés parles artères: leur destination est encore inconnue.

Développement. Le corps thyroïde, suivant Remak, serait une excroissance de la paroi antérieure du pharynx, excroissance qui s'en sépare par la formation d un étranglement à sa base et se divise ensuite en deux moitiés latérales, lesquelles se réunissent plus tard ;\ l'aide d'une portion movenne. Pendant la vie mtra-uténne et pendant l'enfance, son volume est proportionnellement plus considérable que dans les âges suivants. Toutefois, les changements que subit le

(•) Vésicules plamlulaires ,lu corps Ibyroule d'un enf,„t; grossissement de 230 diamètres. - a. tissa conjoncf >utermed,a,re. i. membrane des vésicules glandulaires. - c, épithelium (d'après Koelliker).

DES POUMONS

corps thyroïde aprùs la naissance, ne peuvent pas être mis en parallèle avec ceux qu'éprouve le thymus, et nous ne pouvons pas dire, comme pour le thymus que l'existence de cet organe se rapporte plus spécialement à la vie fœtale. Usages. Les usages du corps thyroïde nous sont totalement inconnus.

l'sages.

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