II. — STRUCTURE DD REIN
Préparution. Couper le rein verticalement, de son bord convexe vers son bord concave. Détacher dans le même sens la membrane propre. Injecter sur des reins ditrérents, et sur le même
rein, les artères, les veines et les uretères. Injecter directement les conduits urinifères.
Membrane Membrane propre .Le Tc'm est dépourvu de tunique péritonéale. Lamasseadicapsuie adi- P°"se, si remarquable, dans laquelle il est plongé, porte le nom de capsule adipeuse peuse. du rein. Il est, en outre, pourvu d'une membrane propre, fibreuse, adhéreni par sa face externe au tissu adipeux, à l'aide de lamelles fibreuses qui le Iravcr sent, adhérente au tissu du rein par sa face interne, à l'aide d'une foule d petits prolongements, lesquels se déchirent avec la plus grande facilité, lorsqu'on détache cette membrane de la face externe de l'organe. Au niveau du hile, la membrane propre, qui est assez résistante, malgré sa ténuité, se prolonge dans l'intérieur de celte cavité, dont elle tapisse les parois,, et fournit ainsi aux vaisseaux qui se ramifient dans le rein une enveloppe comparable à la capsuli^ de Glisson qui entoure les vaisseaux du foie. Cette membrane est formée de tissr conjonclif et ne renferme que très-peu de tissu élastique.
(•)Rcin vu par le boni interne. On a incisé les deux extrémités et écarté les surfaces de section, pour permettre au regard de plonger au fond du hile; puis on a enlevé les ramifications de la veine rénale, iiinsi que la graisse du hile, cl Ton a renversé Parlcre rénale (A) à gauche, Turelère [V) adroite. f , f , branches de l'artère rénale coupées en travers.
DES REhNS.
Tissu du rein. Lorsqu'on fait une section du rein parallèle à ses deux faces, on'reconnaît que son tissu est composé de deux substances : l'une extérieure, <ubstance corticale, répondant àun oord convexe; l'autre profonde, entourant le hilc du rein, substance médullaire ou tubuleuse, Quelques anatomistes ont admis une troisième substance, la substance mamelonnée ', mais les mamelons ou papilles qui la constituent, appartiennent à la substance tubuleuse.
Voici, du reste, quelle est la ■disposition respective de ces deux substances.
La substance corticale ou granuleuse forme une couche continue, d'apparence granuleuse, molle, rouge, quelquefois jaune, de 4 millimètres d épaisseur qui occupe la surface du rein, et qui envoie des prolongements en forme ke colonnes ou de cloisons, colomies de Berlin, de 2 à 6 millimètres d'épaisseur» entre les cônes de la substance tubuleuse.
Ls. substance médullaire ou tubuleuse, plus rouge, se présente sous l'aspect de cônes ou de pyramides d'apparence fibreuse ou striée {pyramides de Malfighi), dont les bases adhèrent à la substance corticale, et dont les sommets, libres, sont diri<-és du côté de la scissure rénale, où ils affectent la forme de mamelons ou de papilles. Bellini et, avant lui, Bérenger de Carpi ont considéré les fibres ou stries de la substance médullaire comme autant de tubes urinifères {tubes de Bellini), d'où le nom de substance tubuleuse.
11 résulte de cette disposition que le rein est divisé en lobes, correspondant aux cônes de la substance tubuleuse. Ces lobes, dont le nombre varie de dix u vingt, sont parfaitement distincts chez le foetus humain, et conservent leur indépendance dans le plus grand nombre des animaux (1). 11 s ensuit que le lein est le résultat de l'agglomération d'un nombre plus ou moins ^^l^^'^^f^'^l reins plus petits, ou de lobes accolés et réunis sous la même membrane Chacun de ces lobes présente une portion centrale, formée de substance '^édulla. , et une portion périphérique, ou corticale, enveloppant de toute par la preni.c e. Lorsque les lobes du rein se soudent entre eux, les portions de ^^^^^^2^^^^^^^^^ cale qui répondent à la base des lobes voisins se «o^^ent entre elles po oimer la substance corticale proprement dite, tandis que les por ions de ceUe ubstance qui répondent aux faces latérales, forment les colonnes de Berlm. No" J^"?" bientôt que, sous le rapport de la circulation, ces petits reins sont tout indépendants les uns des autres. ' .
Bien que la distinction entre les deux substances paraisse tranchée de primo
Substance corticale.
Substance médullaire .
Le rein résulte de l'agglomération d'un nombre plus ou moins grand de reins plus pilits.
(•) Section horizontale du rein droit, à travers le liile. - A, '''•'«'•«J^'^''''^- "J^^^ lèJe. - 1, couche externe de Tenveloppe fibreuse du rem - 2, couche .ntcrue. cale. - 4, subst-nnce médullaire. - 5, liisu adipeux du h.le.
(I) Chez un certain noinlue
,1'animaux, le rein ressemble ft une gmppe i>e "isin.
SPL.VNCHNOLOGIE.
abord, il est facile de voir qu'un cerlain nombre de faisceauv, de sti'ies ou tub< - Pyramides de la substance lubuleuse pénètrent dans la substance corticale et arriven
le Fcrrciii
jusqu'à la superflcie de l'organe. Cette pénétration de la substance corticale pa; les tubes de la substance tubuleuse a été parfaitement exposée par Ferrein, qu les a considérés comme les conduits excréteurs des granulations. On appelle
(l''ig- 193; (Fif. 194 (•♦).
conduits de Ferrem ces prolongements des pyramides de Malpighi dans Tépaisseur de la substance corticale. Les prolongements ou pyramides de Ferrein, qui ont environ 0«'-",3 de diamètre, sont séparés les uns des autres par de la substance
Ferrein - 1" «„l,«i»„.» „T • i bassinet. - 1, substance corticale. - 1'. pvraniide de
fa pronr. n,'en di ë r t " "'édullaire. 2', substance médul-
:^::;:j's:^:::.î;i^„- : • ;:^;:c:^rd:stn::;iS^"^%"^;^'^r- - 'vr'i r-''-"'-
art^ripU — nvrimiMnc A p 1 • "-anaiicuies. — 4, lissu adipeux du hile. — 5, 5, rameaui
,„ „ ''"-'gées transversalement.
( ^) Hem coupe en deux pnr une section vcriii-nl.. «i i i . .
a enlevé le tissu adipeux du hile on nouré e n " r"''''! ' '''' "
rénale, et les branches de l'uretère au ni e'au de la b fe ^"'^^«^"^ 'r""
présente son sommet 3, ligue de secUrd'un o!li.T x ''"''r""' ~
du rein - 5 section d'„„ v„i n , " «"rfacc de la membrane fibreuse interne
antérieure dû hUe ~ f"^'-"'"^-^^- " y. empreintes vasoubires de la paroi
DES REINS. 315
corticale véritable, et se terminent piùs de la superficie du rein par une exlré-
"'.UnuT'îà que les pyramides de Ferrein, de môme que les pyramides de U pi"hi, sont partout enveloppées de substance corticale, et que les deux sub- Incef dont se compose Técorce du rein, présentent en miniature la disposition que le rein entier nous montre en grand.
A. — Substance médullaire ou tubuleuse.
Les papilles rénales, dont le nombre varie entre sept et vingt sont des saillies Papille. ovraniWales ou coniques, d'autant plus volumineuses qu elles son moin Lb euses. Quelquefois une grosse papille présente à sa surface un sillon qui ndtu qu'elle ré ulte de la fusion do. deux ou trois papilles simples ; cette partSité se remarque surtout sur les papilles situées aux extrémités du diamètre .
"lerpaTill^s Î^ples ont environ 8 millimètres de bauteur et 10 millimètres de diamèîre à leur base. Un peu au-dessous de celle-ci, le pourtour de chaque p p lfdonne attache au boîd d'une sorte d'enveloppe membraneuse qui résuUe 5 la dTvision de l'uretère et qui porte le nom de calice. Au niveau de cette msertion existe un léger étranglement, appelé col de la papille. Î.^J.^
U surface des papUles est lisse et régulière; leur --met qui proémme libre- p^p- ■ment dans la-cavlté du calice, est percé d'un nombre variable d orifices, par les- ■ quel on voit suinter l'urine lorsqu'on comprime la substance rénale au voisinaLe la papille. Ces orifices, qu'on distingue parfaitement avec une loupe ont , oi 2 à ol de diamètre; les papilles simples en présentent lOà i5, espapil es . omposées, 5 à 30. Ils sont le point de départ d'un système de canalicules, les : ZaUcules '.rinifères, qui constituent une portion notable delasubstance du rein, aussi bien de la substance corticale que de la -bstance tubr^eus^^^^ ^
Les papilles, en effet, ne sont que les sommets ou la portion l^^ie des pyra nudes de Malpîghi, qui traversent toute l'épaisseur de la substance médul aire " nt la base 'aplatie ou légèrement convexe tient à la -^-^--/^^J^^' f se continue avec les pvramides de Ferrein. Le nombre des pyramides de Malpi- "dlTmème-que celui des P^P^^-, et leur volume ..n^^^^^^ ^ celui de ces dernières. Séparées les unes des autres par les « Bert n
ellesse font remarquer par les stries rectilignes et f^^^^^^^l^^^f tent. Ces stries ne sont autre chose que les canalicules urimfères, qm traversent presque en ligne droite la substance médullaire.
Les canalic:ies urinifères ou tuhes de Bellini commencent au ™ ^^^^ "^^^^^^^^^^ qui se voient au sommet des papilles ; leur diamètre et leur nombre ont d a^ord exactement ceux de ces orifices. Mais, après un 'nf fleur tou' se divise en deux ou trois tubes secondaires, lesquels se ' J.ll Z
et se subdivisent un grand nombre de fois. Les divers ordres ^^^'^^^^^^^^^^^ résultent de ces divisions successives, cheminent presque P ^ me"ù e eux; mais le nombre des tubes devient de plus en plus considérabl à me.uie qu'on avance vers la périphérie du rein, d'où la f^^^^ Py^'^'f/^^.fdi niments de la substance médullaire. En môme temps le ^j^^'l-'^/^^l^^^.e ^ianue graduellement : à leur origine, avons-nous dit, ils^oni u :,s sont ré-
mètre ; à une distance de b millimètres du sommet de la papuie,
Tubes de Bellini.
structure des canalicules urini-
fères.
Membrane propre.
Kpiihélium.
SPLANCHNOLOGIE.
duits h 0'»"',05 ou 0'"'^,06, diamètre qu'ils conservent dans leur trajet ult,
neur.
Vers la base des pyramides, de gros faisceaux vasculaires, s'interposantà iater-
valles égaux entre les tubes urinifères, semblent les diviser en un certain nombre de faisceaux, plus ou moins nettement circonscrits, lesquels se prolongent dans la substance corticale et constituent les pyramides de Ferrein (2", fig. 193).
^ Lescanalicules urinifères sont des tubes cylindriques, dont la paroi est formée d'une membrane propre et d'un épithélium.
La membrane propre est complètement amorphe, transparente, très-mince, mais assez résistante; elle jouit, en outre, d'une certaine élasticité,'de sorte que, débarrassée de son contenu, elle se plisse légèrement et prend un aspect strié. Ses caractères chimiques rappellent ceux du sarcolemme.
L'épithélium se compose d'une simple couche de cellules cylindriques, et se continue, à travers les orifices de la papille, avec celui qui revêt la surface de cette dernière. Chaque cellule renferme un noxjau sphdrique et une substance finement granulée. Dans les troncs principaux des canalicules, les cvlindres de l'épithélium {fig. 228, A et B, aa) ont 0'°'°,02 à 0°>»,03 de hauteur ; dans les dernières ramifications des canalicules droits, ils n'ont plus que 0"",016. Dans les canalicules de la substance corticale, leur hauteur est encore moindro Ces cellules s'altèrent avec une grande rapidité, surtout sous l'influence de 1 eau.
B. Substance corticale ou g^rauulcnse.
coSat , ^"'^ pyramides de Malpighi, les canalicules urinifères passent dans
les pyramides de Ferrein, qui se prolongent jusque vers la surface du rein, à travers toute l'épaisseur de la substance corticale, mais en diminuant rapidement de volume. En efi-et, à mesure que ces pyramides pénètrent dans la substance corlica e les canalicules périphériques du faisceau se recourbent successivement en dehors, deviennent flexueux, décrivent de nombreuses circonvolutions, et se terminent, amsi que Bowman l'a démontré le premier, en se renflant en une
(•) Seclioa d'une papille rénale Injectée par l'uretère, faite parallèlement à la direclion des canallcule urinifères.
DES REINS
vésicule qui renferme un corpuscule de Malpighi. Dans chaque pyramide de Feirein, ce sont donc les canalicules les plus superflciels qui se recourbent les premiers, tandis que ceux qui sont plac(5s plus en dedans continuent leur trajet i-ecliligne avec le reste du faisceau, pour se recourber à leur tour un peu plus naut, et ainsi de suite jusqu'à ce que la totalité du faisceau se soit ainsi transformée en tubes tortueux.
11 résulte de là que les pyramides de Ferrein, épuisées graduellement par les lubes flexueux qu'elles ont fournis, n'arrivent au voisinage de la surface du rein
(Fig. 196) (♦).
(Kic;. 197) (•')
I qu'avec un très-petit nombre de canalicules, ceux qui, à Torigine, occupaient leur partie centrale. Suivant Henle, ces canalicules se recourlicnt souvent en arcade, pour se continuer avec un canalicule voisin (/?<?. J9G), et de la convexité
(•) Section de la couche enlerne de U substance corticale d'un rein de porc, faite perpendicu'aircmeH 4 la «urface. Les canalicules de Bellini ont clé injectés par rurctcrc.
n Section de U subMancc corticale et de la substance médullaire du rein, faite l'»"""'''"'"" °,, " ,^ des pyramides. - 1, rameau de l'artère rénale. - 2, gloméiulc de Malpighi. - 3, '',V proprement dite. - 4, pyramide de Fcrrein. - 5, faisceau vasculaire de la couche externe de la sun- •lance médullaire.
des arcades parlent des branches plus fines, qui s'irradient dans la subslan corticale, ou, revenant sur elles-mômes, se dirigent vers la substance médullaire.
Les renflements qui se montrent aux extrémités des tubes flexueux de la substance corticale, constituent de petites vésicules arrondies, dont le diamètre vai entre O^'^jOS et 0°"",t5. Les unes sont spbériques, les autres elliptiques ou cordi
iFîg. 198) {•).
(i-ig. 199) n.
formes; chacune d'elles renferme un plexus vasculaire, connu sous le nom il Corpuscules corpuscule ou glomérule de Malpighi. Disséminés dans toute l'épaisseur de la sul deiiaipighi. tance corticale, ces corpuscules sont placés à intervalles égaux autour d
pyramides de Ferrein, qu'ils sép rent les unes des autres et enlrc lesquelles ils se montrent, sur une coupe, sous la forme d'un double traînée rouge. Entre les corpuscules appartenant à deux pyramides voisines et parallèlement à ces dernières, chemine une arli riole qui envoie un petit rameau chacun des corpuscules, de sori.
que ceux-ci semblent appendu?
aux branches des vaisseaux sanguins.
Cette disposition des pyramide de Ferrein relalivemeni à la sub stance qui les entoure, explique l'aspect que présente la substance corlicalc si les coupes pratiquées dans les différents sens. Sur une coupe parallèle à l'axi
(*) Coupe Bntéro-posiérieurc de la substance corticale d'un rein d'enfant. — A, pyramide de Ferreiu — B, substance corticale propremcnl dite. — C, glonicr<ile de .Malpinhi. — l), rameau arlcriel.
("j Coupe transversale et verticale de la substance corticale du même reiu.— Les lettres désignent le» mêmes objets que ci-dessus.
DES REINS
des pyramides, la substance corticale semble divisée en segments qui se prolongent vers la substance médullaire. Sur une coupe parallèle à la surface du rein, la substance corticale forme une masse continue, dans l'épaisseur de laquelle pénètrent^ à intervalles égaux, les pyramides de Ferrein.
Pour terminer tout ce qui est relatif aux canalicules urinifères, il nous reste à parler d'un autre ordre de tubes , dont les connexions avec les tubes de Bellini n'ont pas encore pu être déterminées avec précision. Découverts par Henle dans ces dernières années, et d'abord mis en doute par les anatomistes.
ces tubes sont aujourd'hui admis par la plupart des micrographes ; pour les distinguer des premiei's, nous les désignerons avec Kœlliker sous le nom Ae tubes de Henle.
Lorsqu'on pratique des sections transversales de la substance médullaire à diverses hauteurs^ on voit, au voisinage du sommet des papilles, que les ponts
(Fig. 201) (").
Tubes de Henle.
desubslance rénale qui séparent les orifices des canalicules de Bellini, sont traversés, outre les vaisseaux sanguins, par des canalicules très-étroils, dépassant rarement 0""",02 en diamètre, et disposés circulaircmcnt autour des premiers.
[*) Section d'une papille rénale au voisinage de sa base cl perpendiculairement à son axe longitudinal.
- or, coupe transversale (les canalicules de Bellini. — a', coupe longitudinale. — 6, coupe Iransvcrsa (les cau;illcules de Henle. ■ t 1 1
l") Coupe transversale d'une papille rénale. — A, au voisinage du sommet. —13, plus près de ■
- coupes transversales des canalicules de Bellini. - 6,4, coupes transversales des c»''»''*;"'" Henle avec epithélium transparent. — b' , h', les mêmes avec épilhclium granuleux. - e, c, coupes 'erjales di's vaisseaux sanguins.
Sl'LANCIINOLOGIE.
(FiR. 202) (').
ml
A mesure qu'on s'éloigne du sommet des papilles, tandis que le calibre tubes de Bellini va en se rélrécissanl, les espaces qui les séparent devienneiii de plus en plus larges, et les tubes dellenlequi cheminent dans leurs intervalles, augmentent en nombre el en calibre.
Mais ces derniers ne se distinguent pas uniquement par leur moindre volume; ils présentent une structure qui diffère considérablement de celle des tubes de Bellini : malgré leur faible diamètre, ils possèdent une membrane propre plu? épaisse, offant un double contour au microscope ; leur épithélium, au voisina, du sommet de la papille, est pavimentcux, formé de cellules transparentes, rlioi; boédriques, à surface libre bombée, ce qui donne à la lumière du canal une forii.i
dentée. Quand on suit ces canalicules du côlé de la base des pyramides de Malpighi. on voit cet épithélium changer de nature,, devenir foncé, granuleux. Dans cet état, il est formé de cellules plus volumineuses et circonscrit une cavité cylindrique très-i ' gulière. Les canalicules de Henle présentant ces derniers caractères deviennent de plus en plus nombreux, relativement auv canalicules transparents, à mesure qu'c sY'carte des papilles, et sur des coup' transversales pratiquées au niveau de i base des pyi-amides de Malpighi, ils existent seuls à côlé des tubes de Bellini, qu'on l econnaît toujours à leur épithélium cylindrique.
Les tubes de Henle à épithélium transparent se continuent avec ceux dont l'épithélium est granuleux, et cette continuité peut se voir sur des fragments de substance médullaire conservés dan? l'acide chlorhydrique, agent qui dissout la substance intermédiaire aux canalicules, ainsi que la plus grande partie des vaisseaux sanguins. Les tubes urin fères peuvent alors être isolés, avec la plus grande facilité, soit par dilacér tion, soit par compression entre deux lames de verre, et il n'est pas exlrémeme: rare de rencontrer des fragments dont les extrémités montrent les caractère de l'une el de l'autre espèce de tubes {fig. 202, C).
Les tubes de Henle ne se jettent pas dans les tubes de Bellini, comme pourrait le faire croire leur nombre de plus en plus restreint à mesure qu'on s'avance ver; le sommet de la papille; ils cheminent toujours isolés et parallèlement à ces derniers. Mais, à diverses hauteurs, ils se recourbent en anse et se continuent avec un canalicule de Henle voisin. Ces anses se voient souvent avec une grande faci- Hté sur les coupes longitudinales des pyramides, particulièrement au voisinage de leur sommet, lorsque les canalicules sont le siège d'une infiltration pathologique par des granulations graisseuses. Dans ces cas, une section très-fine ét.r traitée par une faible solution de potasse, puis lavée à grande eau, les celluL épilhéliales et le stroma, ainsi que les globules sanguins, sont détruits, cl 1 ' membrane propre des canalicules de Henle hanche netlcmenl sur le fond
(♦•) Épilhélinm des canalicules de Henle de la substance médullaire, extrait eu masse. - A. épill.e hum pavimenleux transp irent. - B, cpilhc:iu,n panraeuleux erauuleux. - C. transition de Tépillîélium granuleux a I c|iitlicliHm transpariMil.
U12S REINS
pùle de la préparation, f.es mfimes observations peuvent se répéter également sur des reins normaux.
Les différences qui séparent les deux ordres de canalicules dont il vient d'être question, deviennent de moins en moins marquées à mesure qu'on approche de la substance corticale. D'une part, l'épi- Ihéliuni des tubes de Bellini, dont les cylindres diminuent de hauteur, se rapproche par là de l'épithélium pavimenteux des tubes de Henle. D'autre part, le calibre des tubes, diminuant de plus en plus dans les premiers, tandis qu'il augmente dans les seconds, devient à peu près le môme dans les uns et les autres ; de sorte qu'à une très-pelite distance de f la substance corticale , il serait impos-sible, d'après leur simple aspect, d'établir les caractères différentiels des deux espèces de tubes et, par conséquent, de déterminer lesquels d'entre eux se prolongent dans cette substance.
Pour élucider ce dernier point d'analomie, il est indispensable de se servir de reins dont les tubes de Belliniont été injectés par l'uretère. Sur des pièces dont l'injection a parfaitement réussi, on suit manifestement ces tubes dans la substance corticale, où ils se comportent près de la surface du rein, ainsi que nous l'avons établi plus haut (v. fig. 196). Or , tous les canalicules de la substance corticale qui renferment de la matière à injection, présentent un épithélium spécial, transparent, formé de cellules cylindriques d'une très-faible hauteur, bien qu'elles aient conservé la môme largeur (Ai/. 233, a) ; c'est ce qui les différencie des canalicules non injectés, qui forment la masse principale de la substance intermédiaire aux pyramides de Ferrein ; ces derniers sont remplis presque complètement, chez le cochon, par une matière finement granulée, dans laquelle on distinguo difficilement des cellules isolées et qui cache les noyaux disséminés dans son intérieur (/Î.7. 204, h).
Les canalicules de Bcllini isolés, tels qu'on les obtient en faisant macérer le I ein dans l'acide chlorhydrique, lorsqu'ils ne sont pas complètement remplis de matière à injection, sont aplatis, rubanés, limités de chaque cûlé par un double contour [firj, 200, C, D); les canalicules de Henle sont cylindriques, uniformément granuleux [fig. 200, A, R). Les premiers présentent souvent des divcrticules glo-
Etufle du rein injecté
(•) Coupe longitu l.uale d'une papille n-nnl.-, dont les canalicules en forme d'anse (lubcs distinguent par un dépôt de fines praiiiilstions prnisscuscs. I.^i pièce n été Irailce P"! m .. étendue de pol isse, puis lavce à graiidc eau.