EN PARTICULIER
prisées en Les articulations de la colonne vertébrale se divisent en ex-
exlnnseques et
en intrinsèques, trinsèques et en intrinsèques. Les premières comprennent les articulations de la colonne vertébrale avec la tête , avec les côtes et avec les os coxaux. Les intrinsèques comprennent les articulations des vertèbres entre elles.
Les articulations intrinsèques se divisent en articulations communes à toutes les vertèbres, et en articulations propres à quelques unes d'entre elles. Étudions successivement les unes et les autres.
Des articulations des vertèbres entre elles.
Préparation. Dépouiller complètement la colonne vertébrale des parties molles qui l'environnent ; enlever par un trait de scie vertical toute la partie de la tête qui est au devant de cette colonne ; séparer, dans toute la longueur du rachis, les corps des vertèbres des arcs postérieurs par deux traits de scie portant sur les pédicules. Quand on arrive à l'axis, porter l'instrument derrière les apophyses articulaires supérieures de cette vertèbre, dé l'atlas et derrière les condyles de l'occipital; enlever la moelle et ses membranes : de cette manière la colonne vertébrale est divisée en deux parties: l'une antérieure, formée par la série des corps vertébraux, sur lesquels on trouve les ligaments vertébraux communs antérieur et postérieur et les disques intervertébraux; l'autre, postérieure, formée par la série des lames et des apophyses articulaires et épineuses. Les disques intervertébraux seuls réclament une préparation particulière qui consiste à soumettre un
tronçon de colonne à des coupes verticales cl horizontales, ou bien tout simplement à la macération dans l'acide nitrique étendu d'eau. Celle dernier* préparation permet d'enlever les corps des vertèbres, en laissant intacts les disques intervertébraux.
Les vertèbres s'articulent entre elles : l' par leur corps ; 2° par leurs apophyses articulaires : en outre, elles sont unies les unes aux autres ; 3° par leurs lames ; 'f par leurs apophyses épineuses.
A. Articulations des corps des vertèbres.
Les corps des vertèbres s'articulent entre eux par amphiar- L'articulation
, 7 des corps des
tlirose ou symphyse. Or, nous avons vu que dans toute sym- vertèbres entre
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physe, il y avait une partie contiguë et une partie continue. La symphyse. partie arthrodiale ou à surface contiguë , est représentée ici par l'articulation des apophyses articulaires, ou mieux parla lentille molle qui existe au centre du disque intervertébral', lentille molle que nous verrons n'être autre chose qu'une synoviale rudimentaire.
Surfaces articulaires . Ce sont les surfaces supérieure et Espaces lemiinférieure du corps de chaque vertèbre. I! résulte de la conca- cepTéses parties vite de ces surfaces, que, bien loin de se mouler les unes sur ^ps des verleles autres, elles interceptent entre elles des espaces lenticulaires assez considérables, que nous avons considérés comme le vestige de l'espace bicône , qui sépare les vertèbres des poissons (1).
(4) La colonne vertébrale de Se raphia (conservée dans les cabinets de la Faculté) dont toutes les pièces sont sondées entre elles au moyeu d'une lame osseuse superposée, donne une idée extrêmement exacte de celte disposition. La dessiccation n'ayant pu opérer le rapprochement des vertèbres, on voit parfaitement que les plans voisins sont séparés par des espaces lenticulaires, dont le diamètre présente beaucoup de différences, suivant la région, et mesure exactement le dfgré de mobilité des vertèbres correspondantes. Ce point d'anatomie pourra paraître minutieux au premier abord, mais il est de la plus haute importance, puisqu'il permet d'apprécier les proportions de hauteur qui existent entre la portion osseuse et la portion fibreuse de la colonne vert ibrale ; il permet surtout de se faire une bonne idée de ses mouvements, qui sont rigoureusement proportionnels à la hauteur des substances iuvei lébrales.
378 ARTHROLOGIE.
Hauteurvaria- La hauteur de ces espaces n'est pas la même dans toute la
ble des espaces , , , ,
interrertébraux longueur de la colonne vertébrale, et celle hauteur mesure exactement celle des disques intervertébraux. Il résulte des observations que j'ai pu faire à cet égard, qu'à la région lombaire, la hauteur de l'espace intervertébral est moitié de la hauteur des vertèbres qui l'interceptent; qu'à la région dorsale, cet espace est à peu près le tiers de la hauteur des vertèbres correspondantes, à la région cervicale un peu plus de moitié; il suit de là que c'est à la région lombaire que les intervalles sont, absolument parlant, les plus considérables, et que la région cervicale l'emporte un peu sur la région lombaire, eu égard au diamètre vertical des vertèbres correspondantes.
Les surfaces articulaires que constituent les faces supérieure et inférieure du corps des vertèbres (1), sont revêtues d'une
Cartilages ar- couche très mince de cartilage, lequel sert en quelque sorte ticulaires. s ' n -i 1
d'intermédiaire entre le tissu osseux et le tissu fibreux.
Moyens d'union. Ils sont de deux ordres comme dans toutes les amphiarthroses : 1° ils entourent l'articulation, 2° ils vont d'une surface articulaire à l'autre ; en un mot, iis sont les uns périphériques, les autres interosseux. idée générale 1* Ligaments périphériques. L'idée la plus générale qu'on
des ligaments . „ . . „ „ f ■
périphériques, puisse se laire de ces ligaments , est celle d une gaine fibreuse , entourant l'espèce de colonne formée par les corps des vertèbres, et réunissant en un seul tout les différentes pièces dont elle est composée. La partie de gaine qui revêt le plan antérieur s'appelle ligament vertébral commun antérieur, grand surtout ligamenteux antérieur. La partie qui revêt le plan postérieur s'appelle ligament vertébral commun postérieur, grand surtout ligamenteux postérieur.
Ligament vertébral commun antérieur. Il se présente sous
(1) Ainsi, quelque bornés que soient les mouvements des vertèbres, par cela seul qu'il y a mouvement, un cartilage articulaire est là pour attester cette mobilité, de même que nous verrons au centre du disque vertébral une synoviale rudimen taire , sécrétant un liquide propre à prévenir les effets des frottements.
l'aspect d'une membrane d'un blanc nacre, étendue depuis l'axis jusqu'à la partie supérieure du sacrum. Ce ligament, qui a plus d'épaisseur au dos qu'au col et aux Trois portions
, , , , ,. i • i- .• distinctes con-
lombes, est compose de trois portions bien distinctes, une stituent ie ligamédiane épaisse et deux latérales. Celles-ci sont séparées de la commun rantépartie médiane par une série d'ouverlures qui donnent passage à des vaisseaux.
Sa face antérieure répond aux organes du col , du thorax Happons. et de l'abdomen, auxquels elle est unie par un tissu cellulaire fort lâche. Les tendons des musles longs et droits antérieurs du cou et des piliers du diaphragme confondent leurs fibres avec ce ligament. Les muscles psoas répondent en bas à ses parties lalérales.
Sa face postérieure adhère plus intimement aux disques intervertébraux et aux rebords saillants du corps des vertèbres qu'aux gouttières transversales de ces corps.
Ce ligament est composé de plusieurs plans de fibres, dont structure; les plus superficielles sont les plus longues. Les plus profondes vont d'une vertèbre à la vertèbre voisine, et se confondent avec le périoste; les plus superficielles s'étendent à quatre ou cinq vertèbres.
Ligament vertébral commun ■postérieur. Plus épais que Ligament verl'antérieur, et comme lui d'un aspect nacré , ce ligament corn- p^é'rie^rT^11 mence à l'occipital et finit au sacrum : il se présente sous la forme d'une bandelette fibreuse qui s'élargit au niveau des disques intervertébraux , ei se rétrécit au niveau du corps des vertèbres , disposition qui lui donne un aspect régulièrement sa disposition
■ , o /» ... . i régulièrement
festonne. Sa face postérieure est en rapport avec la dure- festonnée, mère , à laquelle il n'adhère que supérieurement : dans le reste de son étendue elle en est séparée par un tissu cellulaire séreux très délié. Sa face antérieure adhère intimement aux disques intervertébraux ; elle est séparée de la partie moyenne des corps des vertèbres par les veines, qui, de l'intérieur de ces corps, vont se porter aux sinus veineux vertébraux, lesquels longent les bords du ligament.
380 ÀRTHROLOGIE.
structure. Comme le ligament vertébral antérieur, il est composé de plusieurs plans de fibres, dont les postérieures sont les plus longues. Son tissu est plus serré que celui du ligament antérieur.
2° Ligament interosseux , il est constitué par une espèce
Disque inter- ^e disque qui remplit l'espace lenticulaire intercepté par les
vertébral. corps des vertèbres ; on peut lui donner le nom de disque in-
tervertéhral.
Chaque disque intervertébral représente une lentille bicon-
Son adhérence vexe, si intimement unie par ses faces supérieure exinférieure intime aux vertèbres, aux vertèbres correspondantes , qu'il est plus facile de fracturer ces os que de les séparer du disque.
sa circonfé- Par sa circonférence, il adhère intimement en avant et en rence. .«'"■,.
arrière aux ligaments vertébraux communs antérieur et postérieur, et concourt à former les trous de conjugaison. En outre, à la région dorsale, cette circonférence fait partie de la facette anguleuse qui s'articule avec les côtes.
Hauteur des La hauteur ou V épaisseur des disques intervertébraux n'est disques. ' *
pas la même dans toutes les régions de la colonne vertébrale ; elle est d'autant plus considérable , qu'on l'examine dans des disques plus inférieurs.
Proportion de La proportion de hauteur entre les disques et les corps des
hauteur entre ,
les disques et vertèbres est exactement mesurée par celle de 1 espace înler-
les vertèbres. „ , ', , ' . , A , , ,.
vertébral ; elle n est donc pas la même dans les diverses régions. Ainsi, à la région lombaire, la hauteur du disque est égale à la moitié de la hauteur des vertèbres correspondantes : à la région dorsale , elle est le tiers environ de la hauteur des vertèbres de celte région ; à la région cervicale, un peu plus de moitié (1).
Le disque n'a pas la même hauteur dans tous les points de son étendue. 1° Sa forme étant lenticulaire, il est plus épais au
(1) Une préparation très curieuse consiste a enlever sur une colonne vertébrale, ramollie dans l'acide nitrique, tous les corps des vertèbres. Il reste une colonne formée par la série des disques, qu'on peut étudier comparativement avec la colonne formée par la série des corps des vertèbres.
centre qu'à là circonférence; 2° au cou et aux lombes', il est inégalité <ie
, , •. , T . ..,,,■ la hauteur de
plus épais en avant qu'en arrière. Le contraire :i lieu a la ré- chaque disque
, , ,1 . , ,.,, ,,, . . ... dans les divers
gïon dorsale , et c est par celte inégalité d épaisseur que les dis- points de son
. ■> i . • i i . . . élaidue.
ques concourent a la triple courbure aniero-posteneure que présente la colonne vertébrale. Les déviations de la colonne vertébrale sont en grande partie causées par l'inégalité dans l'épaisseur des disques, et j'ai eu occasion de m 'assurer plusieurs fois que c'est par la dépression des disques du côté de l'inclinaison que la déformation commence le plus ordinairement.
La hauteur des disques varie dans diverses circonstances. Ainsi, après une station verticale prononcée, il y a dans la. Diminution de
1 ' ' J hauteur par la
hauteur de la [aille une différence, en moins, de huit à dix li- stationverticaie. gnes, qu'on attribue, peut-être à tort, à l'affaissement des disques intervertébraux.
Si on divise d'avant en arrière un disque intervertébral par chaque disque
est constitué |>ar
une coupe horizontale , ou mieux si on scie verticalement un dc's couches fibreuses conuentronçon de cette colonne, on voit que chaque disque est corn- triques.
posé de couches concentriques , fortement pressées les unes
contre les autres à la circonférence, et devenant d'autant plus
raies , qu'on les examine plus près du centre où se voit une
substance molle, spongieuse, pénétrée d'un liquide visqueux
analogue à la synovie.
Cette substance molle, qui est plus rapprochée du pïàh pos- Substance
, . , . , •' ,, molle cemraie
teneur que du plan antérieur du corps de la vertèbre, se- du disque. chappe et fait comme hernie dans les coupes verticales et horizontales ; elle présente beaucoup de variétés suivant les âges. Humide, molle, spongieuse, blanche chez l'enfant et dans la jeunesse, elle est en rapport avec la souplesse de la colonne vertébrale à cet âge de la vie. On y développe, par l'insufflation, une cavité cellulaire irrégulière (1) qu'on peut con-
(1) Cette cavité, indiquée par M. Portai {Anat. méd., t. I, p. 279), qui appelle avec presque tous les analomisles synovie le liquide qui pénètre les subslancesinverlébrales, a été signalée d'une manière plus particulière par M. Pail-
382 ÀRTHR0L0GIE.
Rudiment de sidérer comme le rudiment de la synoviale très développée qu'on trouve dans l'articulation des corps des vertèbres, chez les poissons. Dans la vieillesse, elle devient sèche, friable, morcelée, jaunâtre ou brune. C'est au déplacement de celte substance molle centrale dans les divers mouvements que
opinion de Monro attribue l'élasticité dont jouit la colonne vertébrale;
Monro. .... .
c est sur elle, comme sur un pivot mobile, sur un point d appui liquide que se passent, suivant sa théorie, les mouvements des corps des vertèbres.
Les disques Les disques intervertébraux ont été désignés par Vésale sous
ne sont ni des ....
cartilages ni de» le nom de ligaments cartilagineux ; par d autres sous le nom fibro-cartilages. . . , , .■
de cartilages; par. rachat, sous le nom de fibro-carlilages ,
mais ils appartiennent bien évidemment au tissu fibreux. On peut le démontrer en soumettant à la macération, pendant quelques jours , un tronçon de colonne vertébrale, ou même sans préparation en frottant la surface de ces ligaments avec un linge rude. On verra alors que ce prétendu fibro-carlilage n'est couches fi- autre chose qu'une série de couches fibreuses concentriques , triques* crSsles fortement pressées les unes contre les autres; que chaque couche en sautoir. esL formge de fibres parallèles , très obliquement dirigées du plan inférieur de la vertèbre qui est au dessus, au plan supérieur de la vertèbre qui est au dessous, et se croisant très régulièrement en sautoir avec les fibres des couches voisines. Cet entrecroisement régulier en sautoir, que nous retrouverons ailleurs, est évidemment une condition de solidité (1).
loux {Bulletins de la Société anat.t 1826, lr« année), qui croit que cette cavité est tapissée par une membrane synoviale.
(1) Un anatomiste distingué, M. Jules Cloquet, a pensé que cette disposition donnait une extrême souplesse à la colonne vertébrale, que les fibres se redressent et tendent à devenir verticales dans l'extension, tandis qu'elles se couchent et tendent à devenir horizontales dans la flexion; mais pour qu'un pareil effet fût produit, il faudrait, ou que les fibres ligamenteuses fussent extensibles, ou bien que leurs attaches fussent mobiles : or, l'absence de ces deux conditions ne me permet pas d'adopter cette manière de voir. L'entrecroisement des fibres a ici, comme partout ailleurs, un but de solidité, de résistance ; car ou prouve en
/>. Articulation des apophyses articulaires.
Celte articulation est une arthrodie.
Facettes articulaires. Pour cette articulation , les facettes par lesquelles se répondent les apophyses articulaires sont encroûtées d'un cartilage mince. Quelques fibres ligamenteuses Fibres figa-
,., . . , k, , i i? .• i ,• menteuses irré-
irregulieres, qui entourent le cote externe de larticulation, et guiières. qui sont plus multipliées aux régions dorsale et cervicale qu'à la région lombaire , tels sont les moyens d'union des apophyses articulaires. Le côté interne de l'articulation est occupé par le ligament jaune.
Cette articulation est pourvue d'une synoviale qui est plus étendue à la région cervicale que dans les autres régions.