C. Union des lames
Les espaces qui séparent les lames vertébrales sont remplis par des ligaments d'un ordre particulier, qu'on appelle liga-
- .' ' , , , -, , , Ligaments
ments jaunes, a raison de leur couleur ; ils sont composes de jaunes ou éiasdeux moitiés réunies à l'angle, comme les lames des vertèbres. Leur bord inférieur s'implante au bord supérieur de la lame qui est au dessous, tandis que c'est à la face antérieure de la lame qui est au dessus que s'implante le bord supérieur du même ligament. Il suit de là que la hauteur des ligaments jaunes est beaucoup plus considérable qu'il ne le faut pour aller d'une lame à une autre : cette hauteur est à peu de chose ns ont la même près la même que celle des lames vertébrales correspondantes. ïamesverFébra- Leur longueur est mesurée par celle de ces lames, et par con- es' séquent bien plus considérable au cou qu'au dos et aux lombes. Leur épaisseur est plus grande aux lombes qu'au dos et au cou; leur partie la plus épaisse répond à la base de l'apophyse épineuse : là il y a des faisceaux de renforcement qui Faisceaux de
r J r J n renforcement de
lu partie moyens physique que de deux tissus composés de la même quantité et de la même qua- meem<e ces ''°a~ lité de substance, celui dont les ûbres sont régulièrement entrecroisées a beaucoup plus de résistance que celui dont les fibres sont parallèles ou irrégulières, et nous verrons que dans la disposition des tissus fibreux la nature a été prodigue de l'entrecroisement en sautoir.
38^ AUTIïP.OI.OGIE.
font de celle partie moyenne une sorte de ligament jaune médian, race antérieure Leur face antérieure répond à la dure-mère, dont elle est séparée par du tissu cellulaire séreux et par des veines rachidiennes : cette face est remarquable par son aspect lisse et poli.
Face posté- Leur face postérieure répond aux lames vertébrales qui les recouvrent presque complètement, exceplé à la région cervicale, où ces ligaments s'aperçoivent entre les lames, pour peu que la tête soit inclinée en avant; d'où la pénétration possible d'un instrument piquant entre les lames cervicales, tandis qu'elle est presque impossible entre les lames des régions dorsale et lombaire.
Structure. Ces ligaments sont composés de fibres verticales Extensibilité, parallèles, très serrées ; ils sont extensibles et reviennent immédiatement sur eux-mêmes, lorsque leur extensibilité a été mise Élasticité. en jeu : ils sont par conséquent élastiques. En outre, leur résistance ne le cède nullement à celle des ligaments ordinaires ; leur extensibilité est mise en jeu dans la flexion de la colonne vertébrale, et leur élasticité dans l'extension. Ils concourent puissamment à maintenir la station qui, sans eux, nécessiterait un déploiement bien plus considérable de force musculaire.
D, Union des Apophyses épineuses.
Les apopyses épineuses sont unies entre elles , 1° par le ligament surépineux : 2° parles ligaments interépineux. Ligament sur- Du liqament surépineux. C'est un cordon fibreux , étendu
épineux.
depuis la septième vertèbre cervicale jusqu'au sacrum , le long du sommet des apophyses épineuses des vertèbres dorsales et lombaires. Il est le résultat de l'intersection des fibres aponévroiiques, qui s'insèrent aux apophyses épineuses, et qui, dans l'intervalle de ces apophyses, s'insèrent les unes aux aimes en s'entrecioisant. Il est plus considérable à la région lombaire qu'à la région dorsale. Il se renfle, et devient même quelquefois cartilagineux, dans l'intervalle des apophyses. Ce li-
DES ARTICULATIONS I)K LA COLONNE VilUTi'.liUALi;. u8f>
gîimeiM est inextensible. On y chorchç vainement des fibres propres longitudinales.
Je regarde comme la continuation du ligament surépineux un cordon fibreux étendu de la septième vertèbre cervicale à la protubérance occipitale externe. Ce cordon fibreux, que l'on considère comme le veslige du ligament cervical posté- Ligament cer-
t i < i t t , r , v'ca' postérieur
rieur des quadrupèdes, est assez développe chez certains sujets : on voit se détacher de sa partie antérieure des prolongements pour les apophyses épineuses de toutes les vertèbres cervicales, la première exceptée (1).
Ligaments interépineux. Ils n'existent pas au cou, où ils Ligaments sont remplacés par de petits muscles. Ils sont très minces au Inlere')" eux dos, où chacun d'eux représente un triangle, dont la base regarde en arrière. Us sont épais et quadrilatères aux lombes. Leurs bords supérieur et inférieur se fixent aux apophyses épineuses correspondantes. Leurs deux faces répondent aux muscles des gouttières vertébrales. M. Mayer parle de capsules synoviales qu'il a rencontrées entre les apophyses épineuses lombaires , et particulièrement entre la troisième et la quatrième vertèbre de cette région ; ce que je puis assurer, c'est que ces membranes ne sont pas constantes.
Bien que l'articulation de l'atlas avec l'occipital , et celle de connexims
, , a , ... , entre l'articuia-
1 axis avec le même os, soient des articulations extrinsèques non occipito et
, 'ii i ii .,. . l'articulation
de la colonne vertébrale, cependant telle est 1 intime con- axoïdo - atioï nexion qui existe entre ces articulations et celle de l'atlas avec l'axis, qu'il est impossible de les séparer. C'est pour l'articulation delà tête avec la colonne vertébrale que les deux premières vertèbres présentent dans leur configuration des modifications si remarquables; c'est pour elle que, par un mécanisme unique
(1) Ce ligament n'est autre chose qu'un raphé aponévrotique, raphé cervical -postérieur, qui résulte de l'intersection des aponévroses des muscles trapèze, splénius , rhomboïde et petit dentelé supérieur. Je le décrirai avec détail dans la myologie à l'occasion des aponévroses cervicales postérieures.
386 ARTIIROLOGIE.
dans l'économie, il existe un os .intermédiaire à deux autres os, qui s'articulent , se meuvent l'un sur l'autre: cet os i n terme - L'aiias rem- diaire, c'est l'atlas, qui remplit ici les fonctions des rouleaux dunrouîeaumo- mobiles , qui facilitent le glissement des corps lourds et préb)le' viennent les déplacements. Joignez à cela que la tête devant
exécuter sur la colonne vertébrale des mouvements de rotation, il fallait qu'un axe roulât dans un anneau. Or, sans l'atlas, qui est l'anneau de réception de l'axe ou cylindre formé par l'apophyse odonloïde, cette apophyse serait reçue dans l'intérieur du crâne , disposition qui ne serait pas sans de grands inconvénients. L'articulation de l'occipital avec l'atlas présente donc à considérer trois articulations : 1° X articulation occipitoatloïdiettne , 2° Y articulation atloïdo-axoïdienne , 3° ï articulation occipito-axoïdienne .
A. Articulation occipito-alloïdienne.
Préparation. Enlever la partie de la tête qui est au devant de la colonne vertébrale, en ayant soin de laisser intacte l'apophyse hasilaire. Les muscles qui entourent l'articulation étant immédiatement appliqués sur ces ligaments, doivent être détachés avec beaucoup de précaution.
La tête, con- Rappelons ici que la tête, considérée dans son ensemble ens^mb^^em" comme portion du squelette, forme un levier horizontal, artidêVYier0.nCUon cul^ ^ ailS,e droit avec la colonne verticale que représente le rachis; que celte articulation a lieu à la réunion du tiers postérieur avec les deux tiers antérieurs de la tête; et comme le tiers postérieur est formé par la partie la plus pesante, il en résulte que la tête est presque en équilibre sur la colonne vertébrale.
L'atlas s'unit à l'occipital : 1° par son arc antérieur, 2° par son arc postérieur, 3° par la base de ses apophyses transverses, k° essentiellement par ses deux facettes articulaires supérieures. 1°. L'arc antérieur de l'atlas est uni au pourtour du trou Ligaments oc- occipital par deux ligaments occipito - atloïdiens antérieurs. aîuérieur0s.diens De ces ligaments , l'un, superficiel, est un cordon cylindrique , très fort , situé sur la ligne médiane où il forme une saillie très prononcée, étendu de l'apophyse basilaire del'occipi-
lai au tubercule anlerîëttr de l'atlas 5 l'autre, profond, assez épais, formant plusieurs couches, est étendu du bord supérieur de l'arc antérieur de l'atlas à l'occipital.
2° On admet généralement un ligament étendu de la partie postérieure du trou occipital au bord supérieur de l'arc postérieur de l'atlas , ligament occipito-atloïdien postérieur ; mais à peine peut-on distinguer quelques fibres ligamenteuses au milieu du tissu adipeux qui se trouve dans cette région.
o° Ligaments occipito-atloïdiens -latéraux. Un cordon Ligamentsoc» fibreux , né de la base de l'apophyse transverse de l'atlas , va latéraux, se rendre à l'éminence jugulaire de l'occipital. Ce cordon forme avec un faisceau semblable venu du rocher , un cercle ou canal fibreux très remarquable, qui donne passage à la veine jugulaire interne, à l'artère carotide interne , aux nerfs grand-hypoglosse, pneumo-gaslrique, glosso-pharyngien et accessoire de Willis. Ce canal fibreux unique inférieurement peut être considéré comme se divisant à son extrémité supérieure en trois canaux osseux, qui sont : le carolidien , le trou déchiré postérieur et le trou condylien antérieur; canaux ou trous que j'ai considérés comme formant par leur groupement le trou de conjugaison des vertèbres occipitale et moyenne.
U° L'union des condyles de l'occipital avec les surfaces articulaires supérieures de l'atlas est une double articulation Double arti-
1 culation condy-
condylienne. lienne.
Surfaces articulaires du coté de l'occipital. Deux condyles , à surfaces convexes , oblongues , regardant en bas et en Condyles de dehors, très obliquement dirigées d'arrière en avant et de de- 0CC11" hors en dedans, de telle manière que leurs axes prolongés viendraient se rencontrer au devant de l'apophyse basilaire.
Du côté de V atlas. Surfaces concaves , oblongues , regar- surraces condant en haut et un peu en dedans , qui se moulent exactement caves de lallas" sur la convexité des condyles : une couche mince de cartilage revêt l'une et l'autre surface articulaire.
Ligaments. Ce sont des fibres ligamenteuses verticales qui Ligaments,
388 ARTHR0LOGIE.
entourent l'articulation , surtout en avant et en dehors, car elles manquent presque entièrement en dedans et en arrière, synoviale. Synoviale. Une ..membrane synoviale, très lâche , déborde
en tous sens , et principalement en dehors les surfaces articulaires. Elle est doublée de lissu adipeux; cette synoviale se prolonge un peu sur les attaches du ligament odontoïdien et du ligament transverse ou demi-annulaire.
B. Articulation altoïdo-axoïdienne.
Préparation. Après avoir étudié les ligaments superficiels, enlever les lames de l'axis, l'arc postérieur de l'atlas, et la partie postérieure du trou occipital. Détacher avec précaution la portion de dure-mère qui répond aux deux premières verlèhres et au trou occipital, en la renversant de bas en haut. Enfin , pour avoir une bonne idée de l'articulation de l'apophyse odontoïde avec l'atlas, désarticuler l'occipital.
Pour celle articulation, 1e l'axis répond à l'arc antérieur
de l'atlas par son apophyse odontoïde ; 2° ses deux surfaces
articulaires supérieures s'articulent avec les deux surfaces arii-
uniondesarcs culaires inférieures de l'atlas; 3° en outre, les arcs antérieur
antérieur et pos- , . • , . . , ., .
teneur de l'atlas et postérieur de 1 atlas sont unis a 1 axis par deux ligaments ,
avec l'axis. , ,, . , ,. 7 .. , .. , , , .
dont 1 un constitue le ligament atloïdo-axoïdien antérieur , et l'autre , le ligament atloïdo-axoïdien postérieur. Ligaments a- Ligament atloïdo-axoïdien antérieur. Faisceau vertical
tloïuo-axoidieiis
épais , composé de plusieurs couches , étendu du tubercule e du bord inférieur de l'arc antérieur de l'atlas au devant de la base de l'apophyse odontoïde et du corps de l'axis. Il se continue en bas avec le ligament vertébral commun antérieur.
Ligament atloïdo-axoïdien postérieur. C'est une membrane très lâche el 1res ténue, qui s'étend de l'arc postérieur de l'atlas au bord supérieur des lames de l'axis ; un peu plus épaisse sur la ligne médiane que sur les côtés , elle représente les ligaments jaunes à l'état rùdimenlaire.
Articulation de V apophyse odontoïde avec Vatlas. C'est une trochoïde (ginglyme latéral des auteurs). Pour celle articulation l'apophyse odontoïde de l'axis est reçue dans
un anneau moitié osseux, moitié fibreux, dont la partie anté- 0S^euXeau mo!ii<! rieure est formée par l'arc antérieur de l'atlas, sur les côtés fibreux de l'atlas, par une portion des masses latérales, et en arrière par le ligament transverse , mieux nommé ligament demi- annulaire. Elle présente donc à considérer , 1° l'articulation de l'arc antérieur de l'atlas avec l'apophyse odontoïde {articulation atloïdo-odontoïdienne); 2° l'articulation de cette même apophyse avec le ligament transverse ou demi-annulaire {articulation syndesmo-odon toidienn e) .
1° Articulation atloido-odontoïdienne. Surfaces articulai- ai|0Mo-odon\o° res. Ce sont , 1° du côté de V atlas , une facette ovalaire légère- dienne. ment concave, qui occupe la face postérieure de son arc antérieur ; du côte de l'apophyse odontoïde , une facette légèrement convexe, oblongue verticalement, qui occupe sa partie antérieure. L'une et l'autre surface sont encroûtées de cartilage. Une synoviale très lâche , que soulève du tissu adipeux , est destinée à celte articulation. Des fibres ligamenteuses, disposées en capsule , la fortifient.
2° Articulation syndesmo-odontoïdienne. Ligament trans- s™tesmo-oàonverse ou deyni-annulaire. C'est un faisceau fibreux très épais et t0ldiennetrès dense, tellement dense que je m'étonne que Bichat ne l'ait Ligament pas compris dans son système fibro-cartilagineux, aplati d'avant demi-Ynnuiaire! en arrière , horizontalement étendu d'une masse latérale de l'atlas à l'autre, en passant derrière l'apophyse odontoïde, qu'il embrasse exactement à la manière d'un demi-anneau.
La face antérieure de ce ligament est concave, et présente rieuFr|Cde caenljt le poli d'un cartilage: on y rencontre quelquefois des points gamentcartilagineux; j'ignore si on y a vu des points osseux. Elle est en rapport avec la face postérieure de l'apophyse odontoïde, laquelle est revêtue d'un cartilage , et presque toujours rayée transversalement, c'est à dire dans le sens des mouvements. On trouve pour cette articulation une synoviale très lâche, qui se prolonge sur les côtés de l'apophyse odontoïde , et répond aux ligaments odonloïdiens.
La face postérieure de ce ligament est recouverte par les riZ.aece poste*
ligaments occipilo-axoïdiens postérieurs (1). De son lord su- Languettes du penewr se détache une languette fibreuse, qui va se fixer, par
ligament demi- , . , , . , . ... , ,
annulaire. une extrémité étroite, a 1 occipital, au devant du ligament occipito-axoïdien. De son bord inférieur part une autre languette fibreuse, plus longue que large, qui va se fixer à la face postérieure de l'axis : d'où le nom de ligament cruciforme , qui a été donné au ligament demi-annulaire par quelques auteurs. Ses extrémités s'insèrent à deux tubercules que présente le côté interne des masses latérales de l'atlas.
Une disposition fort remarquable du ligament demi-annulaire est celle-ci: c'est que sa circonférence inférieure appartient à un cercle plus petit que sa circonférence supérieure ; en sorte odon^ofdPe0ph!e?t ^u8 l'aP°ph-yse odonloïde est fortement et indépendamment meCnueIueidans ^e t0llt aulre mécanisme, retenue dans fanneau ostéo-fibreux Panneau aiioï- qlle concourt à former ce ligament. Cette disposition est en harmonie avec l'espèce d'étranglement que présente l'apophyse odonluïde à sa base (2).
articulation des apophyses articulaires de l'atlas et de Vaxis.
Doubiearihro- C'est une double arthrodie très lâche. Pour que les ffloùve-
<dic très UicIjc
ments de rotation de l'articulation de l'atlas avec l'apophyse odonloïde pussent librement s'exécuter, il fallait qu'ils ne fussent gênés par aucune disposition articulaire : aussi les surfaces articulaires correspondantes de l'atlas et de l'axis, au lieu d'être verticales ou obliques , comme dans les autres vertèbres cervicales, sont- elles presque horizontales.
(1) Si l'on n'a qu'une seule pièce pour voir toutes ces articulations, il faut étudier ces ligaments avant de les diviser pour mettre à découvert le ligament Iransverse ou demi-annulaire.
(2) Si on me demande pourquoi cet anneau fourni par l'atlas pour cette articulation, est moitié osseux, moitié fibreux, et pourquoi il n'est p;>s complètement osseux , je répondrai que si l'apophyse odonloïde avait roulé dans un anneau complètement osseux, les fractures de cette apophyse auraient été beaucoup plus fréquentes , et que la portion fibreuse de l'anneau échappe pars a flexibilité aux causes de fracture.
Surfaces articulaires. Du côté de l'atlas, larges surfaces pla- Surfaces pia-
' t nos et liorizon-
nes, circulaires, horizontales, toutefois regardant un peu en de- taies, dans; du côlé de l'axis, surfaces planes, horizontales, regardant un peu en dehors, plus étendues que les surfaces correspondantes de l'atlas.
Capsule fibreuse , forte surtout en avant, elle impose des Capsulc(lbreuso limites aux mouvements de rotation; mais elle est assez lâche pour permettre les mouvements très étendus qu'exécute cette articulation; elle est formée de fibres verticales et parallèles.
Capsule synoviale, extrêmement lâche, débordant de beau- synoviale. coup les surfaces articulaires, surtout en avant, communiquant presque toujours avec la synoviale de l'articulation du ligament transverse ou demi-annulaire avec l'apophyse odontoïde.
C. Union de l'occipital avec Taxis (articulation occipilo-axoïdieane).
Bien que l'occipital et l'axis ne soient nulle part cohiig'us, et par conséquent ne soient pas articulés, ils sont unis entre eux d'une manière extrêmement solide, au moyen de ligaments très forts, étendus de l'occipital, d'une pari, au corps de l'axis, et d'une autre part, à l'apophyse odontoïde.
Préparation. Enlever avec précaution la portion de dure-mère qui répond à la face postérieure des deux premières vertèbres; sous elle sont les ligaments occipito-axoïdiens. Détacher ensuite le ligament transverse; enlever l'arc antérieur, et même les masses latérales de l'atlas, de manière à ce quïl ne reste plus que l'occipital et l'axis.
1° Ligaments occipito-axoïdiens au nombre de trois, un moyen et deux latéraux.
Ligament occipito-axoïdien moyen, épais, formant à sa couches du
c . . , . , n, , ligament occi-
partie supérieure un faisceau unique, dont les fibres se séparent Pit0 - axoïdien inférieurement en trois couches bien distinctes. La plus postérieure se continue avec le ligament vertébral commun postérieur, dont elle peut êlre considérée comme l'origine: la seconde va se fixer à la face postérieure du corps de l'axis. La plus profonde , très mince , en forme de languette pointue en
moyen.
392 fi ARTHROLOGIE.
haut, est celle que nous avons décrite à l'occasion du ligament iransverse ou demi-annulaire.
occipuô8aaxoïl- Ligaments occipito-axoïdiens latéraux très forts , bien diens latéraux, qu'ils n'aient pas encore été décrits, étendus des parties latérales de la gouttière basilaire , où ils présentent une extrémité 1res large jusqu'à la face postérieure de l'axis, où ils se terminent en pointe. Ils répondent, en avant, aux ligaments odontoïdiens et au ligament iransverse qu'ils brident, et en arrière, à la dure-mère.
cdon'toïdiensS 2° Ligaments odontoïdiens, au nombre de trois: un moyen et deux latéraux. Le moyen consiste dans des trousseaux ligamenteux qui, du sommet de l'apophyse odontoïde, vont s'attacher entre lescondyles à la partie antérieure du trou occipital; les deux latéraux sont deux faisceaux extrêmement forts, cylindroïdes, très courts, étendus des parties latérales du sommet de l'apophyse odontoïde à deux petites fossettes creusées en dedans des condyles; leur direction est horizontale, de telle manière qu'ils .représentent la branche horizontale d'un T, dont l'apophyse odontoïde représenterait la branche verticale; ils sont presque toujours unis par un faisceau qui passe, sans y adhérer, au dessus de l'apophyse odontoïde, en sorte qu'on dirait, au premier abord, qu'ils constituent un seul et même ligament. Recouverts en arrière par les ligaments occipiloaxoïdiens moyen et latéraux, ils répondent en dehors à l'articulation atloïdo-axoïdienne , à laquelle ils ne sont pas tout à fait étrangers, car la synoviale revêt l'insertion condylienne de ces ligaments.
Articulations sacro- vertébrales, sacro-coccygiennes et coccygiennes.
identique à A. articulation sacro-vertébrale. Elle ressemble en tout
celles des autres
vertèbres. point aux articulations des autres vertèbres. Nous ferons seulement remarquer, 1° l'épaisseur considérable, surtout en avant, du disque intervertébral, dont la coupe verticale d'avant en arrière a la forme d'une hache à tranchant convexe, qui serait tourné en avant; 2° un ligament propre à celle articulation
ligament sacro-vertébral, faisceau court, épais, résistant, obli- Ligament sa-
.... , , . ,, cro-vi rtcbral.
qucmciH étendu de 1 apophyse transvcrse de la cinquième vertèbre lombaire à la base du sacrum, où il s'entrecroise avec des fibres ligamenteuses de l'articulation sacro-iliaque.
B. articulation sacrc-coccxigienne . C'est une amphiarthrose L'articulation
sacro - coccy -
ou symphyse, tout à fait analogue à celle des corps des verte- g'onne est une
symphyse.
bres; un disque fibreux, semblable aux disques intervertébraux, mais à fibres plus lâches, unit entre elles les surfaces articulaires correspondantes. Chez les sujets qui ont le coccyx très mobile, une synoviale parfaitement distincte occupe le centre du disque, qui est alors extrêmement restreint. Les autres moyens d'union sont :
1° Le ligament sacro-cocciinien antérieur, composé de (i- Ligaments sa-
ou cro-coccygiens.
bres parallèles, étendues de la face antérieure du sacrum a la face antérieure du coccyx, souvent divisé en deux faisceaux latéraux.
2° Le ligament sacra-coccygien postérieur, fixé supérieurement aux bords de l'échancrure qui termine le canal sacré, et qui se prolonge en se rétrécissant sur la face postérieure du coccyx. Ce ligament, qui complète le canal sacré, donné attache, par sa face postérieure, aux muscles grands-fessiers. Il est composé de plusieurs couches, dont les plus superficielles vont jusqu'au sommet du coccyx, et dont les plus profondes ne vont que jusqu'à la première pièce de cet os.
C. Les articulations coccygiennes sont encore des amphiar- Articulations ,, . , . , , . , coccygiennes.
throses qui deviennent des synarlhroses par suite des progrès de 1 âge. L'articulation delà première avec la deuxième pièce est la seule qui se maintienne jusque dans un âge avancé (1). Elle jouit quelquefois d'une grande mobilité.
(1) J'ai rencontré une articulation très mobile entre la première et la deuxième pièce du coccyx. Il existait, pour cette articulation, une synoviale et une capsule fibreuse orbiculaire. Le mouvement pouvait être porté assez loin pour que les deux pièces comprissent entre elles un angle droit, rentrant en arrière, saillant en devant.
J'ai rencontré plusieurs fois de petits muscles sacro-coccygiens antérieurs. Quelques anatomistes ont décrit un muscle sacro-coccygien postérieur.
394 arthrologie;
mécanisme de la colonne vertébrale.
' Triple usage La colonne vertébrale étant à la fois, 1° un cylindre protec-
de la colonne
vertébrale. leur de la moelle, 2° une colonne qui transmet aux membres abdominaux le poids du tronc et des membres ihoraciques, 3° enfin, un organe de locomotion, nous devons examiner les conditions analomiques qui sont en rapport avec ce triple usage.
A. De la colonne vertébrale considérée comme cylindre protecteur de la moelle.
Conditions de C'est par des conditions de solidité que la colonne vertébrale chis. "remplit l'office de cylindre protecteur. Or, sous ce rapport,
nous devons noter, 1° en avant, la présence des corps vertébraux; 2° en arrière, la saillie des apophyses épineuses, qui tiennent pour ainsi dire à dislance les corps extérieurs ; 3° sur les côtés , la saillie des apophyses transverses.
Au moyen de ces dispositions , la moelle n'est accessible que pour un instrument acéré qui pénétrerait, soit en devant à travers l'épaisseur des disques intervertébraux, soit sur les côtés par les trous de conjugaison, soit enfin en arrière dans l'intervalle qui existe entre les apophyses épineuses, ainsi qu'entre les lames vertébrales.
La multiplicité Une autre condition de solidité réside dans la multiplicité
des pièces du . ., , . , ,, . ,.,..,
rachis est une des pièces dont se compose la colonne vertébrale ; multiplicité
condition deso- ., .,,,,, ,
îidité. que Ion considère généralement comme ayant pour but la mo-
bilité aux dépens de la solidité.
11 arrive, en effet, que dans les chocs imprimés à la colonne, ses articulations sont toutes le siège d'une décomposition de mouvement : une partie de la quantité de mouvement est employée à produire un léger déplacement des surfaces articulaires, et cette partie est entièrement perdue pour la transmission du choc. Si , au contraire , la colonne vertébrale était formée d'une pièce unique , la transmission des chocs s'effecluant
sans aucune déperdition , deviendrait une cause plus fréquente de commotion de la moelle et de fracture. Enfin, la largeur des surfaces articulaires par lesquelles les Largeur des
,,.,/.. •-.<! i n surraces articu
corps se correspondent , la résistance jointe a la souplesse des laires. disques intervertébraux, la direction verticale des apophyses articulaires en opposition à la direction horizontale des surfaces articulaires des corps, l'espèce d'engrenage qui en résulte, telles sont encore les conditions les plus favorables du cylindre protecteur delà moelle; conditions telles que, dans notre système d'organisation, je ne crois pas qu'il soit possible de faire davantage.
B. Delà colonne vertébrale , considérée comme colonne de transmission du poids du tronc.
Comme colonne de sustentation, la colonne vertébrale présente les dispositions analomiques suivantes : 1° Le rachis présente une résistance toujours croissante de Augmentation
i ii ^ i t ■ • i i ! i progressive de
haut en bas, d ou la diminution progressive du volume de la co- volume de haut lonne vertébrale de la base vers le sommet. La colonne de sustentation va en effet en diminuant de volume et de résistance de bas en haut chez l'homme , depuis la première vertèbre du sacrum jusqu'à la région cervicale; et si la première et la deuxième vertèbre cervicale font exception , cela lient à ce qu'elles remplissent des usages particuliers relatifs aux mouvements de la tête. Chez les quadrupèdes, c'est aussi sans doute la portion de colonne vertébrale qui répond aux fémurs qui est la plus considérable , mais aucun animal n'a les deux pre- Forme cornières vertèbres sacrées aussi volumineuses que l'homme , s/[% de la ¥se
1 ' du sacrum chez
parce que l'homme seul est destiné à la station bipède (î). Le laom(Iie' sacrum , placé comme un coin , et dans le sens vertical et dans le sens antéro-postérieur, transmet le poids qu'il a reçu aux deux
(1) Les oiseaux , destinés momentanément à l'attitude bipède, ont également le sacrum très développé. Chez les serpents et les poissons, les vertèbres vont en diminuant de la tête à la queue, Quelle admirable coordination I
396 ARTHROLOGIE.
os coxaux qui le transmettent eux-mêmes aux fémurs. Aussi bien la colonne vertébrale peut-elle supporter et transmettre au sol non seulement le poids du corps, mais ce poids chargé de fardeaux extrêmement considérables. D'un autre côlé, la situation de la colonne vertébrale à la partie postérieure du tronc , son articulation avec la partie postérieure du bassin , en arrière de abdominaux6^ lous 'es viscères qui pèsent en devant d'elle et tendent à porter sur'ie racuts aut ^ans 'eur sens *° cenlre de gravité hors de la base de sustentation : celle situation, dis-je, est désavantageuse chez l'homme destiné à la station bipède, et il eût bien mieux valu, sous le rapport de l'équilibre, que les viscères eussent été régulièrement disposés autour d'une colonne centrale. Mais par combien de conditions favorables d'organisation les désavantages non équivoques de cette disposition, qui entraîne l'attitude quadrupède chez les animaux, n'ont-ils pas été contrebalancés !
Large base de 2° La large base de sustentation transversale et antéro-possustentalion du , . , . . „ , ,
bassin. teneure , que présente le bassin en avant, est aussi favorable
à la station verticale qu'inutile à la station quadrupède.
inflexions al- 3° Les inflexions alternatives de la colonne vertébrale qui
ternes de la colonne vertébrale permettent au centre de gravite de cette colonne des oscillations beaucoup plus étendues que ne lui en eût permis une direction tout à fait rectiligne, en même temps qu'elles augmentent sa résistance dans le sens vertical, indépendamment de la forme pyramidale déjà indiquée.
Longueur des 4° La longueur des apophyses épineuses qui offrent aux mus-
apophvses epi- ° r ■ • r ^
neuses. clés puissants, qui remplissent les gouttières vertébrales, un
bras de levier d'autant plus favorable qu'il est plus allongé.
Aussi l'absence de ces apophyses dans l'enfance est-elle une
des causes de la difficulté de la station à cet âge de la vie.
Existence de 5° L'existence de la lentille molle qui occupe l'épaisseur des
des disque^m! disques intervertébraux, est une condition très favorable, et qui
tervcrtébraux. r . . . „ «> . . ,ji i <v • j>
prévient 1 affaissement de la colonne , en offrant un point d appui liquide, et par conséquent à peu près incompressible, ainsi que l'a remarqué Monro ; ce dont on peut s'assurer en soumettant un tronçon de colonne vertébrale aux pressions les
plus considérables. Remarquons que celle lentille molle n'occupe pas précisément le centre du disque intervertébral, qu'elle est plus rapprochée de la face postérieure que de la face antérieure du. corps des vertèbres, qu'elle occupe par conséquent le centre du mouvement de ces vertèbres, qu'elle adoucit les chocs, change de place suivant les altitudes, remplit les vides qui résultent du rapprochement des vertèbres d'un côté, et de leur écartenient de l'autre. On pense généralement, il est vrai, Les disques
,...,.,,. , , . v intervertébraux
que la diminution de taule qui succède a une station et a une s'affaissent - ils
, , , , , , ,. „, . , dans la station?
marche prolongées, sont le résultat de laffaissement mécanique des disques intervertébraux et d'une diminution absolue dans la hauteur de ces disques ; mais il nous semble plus conforme aux lois de la physique d'admettre que la diminution de hauteur de la colonne dépend d'une augmentation de ses courbures, à moins qu'on n'admette avec Monro l'hypothèse de l'absorption d'une partie du liquide contenu dans les disques.
6° La présence des ligaments jaunes, qui, par leur élasticité, présence des liaient efficacement et incessamment contre les causes qui ten- nls.men s Jau" dent à porter le tronc en avant , et sont pour chacune des vertèbres ce qu'est le ligament cervical postérieur pour la tète.
7° L'existence du canal vertébral qui remplit les mêmes usa- Canatrachidien. ges que le cylindre des os longs , c'est à dire qu'il augmente la résistance sans augmenter le poids.
8° Le mode d'articulation delà colonne vertébrale avec la Mode d'articutête, mode d'articulation doublement avantageux, et sous le aveclerachis.16 rapport du lieu qu'occupent les surfaces articulaires , et sous le rapport de leur direction. En effet, 1° les surfaces articulaires correspondent à la réunion du tiers postérieur avec les deux tiers antérieurs de la tête. Or, le tiers postérieur de la tête contient une portion considérable de la masse encéphalique , tandis que les deux tiers antérieurs sont formés en grande partie par la face, qui, relativement à son volume, offre un poids peu considérable. Il résulte de là que le poids du tiers postérieur contrebalance à peu près celui des deux tiers antérieurs de la tête. 2° La direction à peu près horizontale des
398 ARTHROLOGIE.
Direction hon- condyles chez l'homme , permet au crâne de reposer sur le
zontale des con- , , , „ . , ,
dyies- sommet de la colonne vertébrale sans avoir une tendance né-
cessaire ou du moins très prononcée à s'incliner en devant, ainsi qu'on l'observe chez les animaux qui ont les condyles occipitaux dirigés verticalement, et situés tout à fait à la partie postérieure de la tête.
Disons , toutefois , que , malgré les dispositions avantageuses que présente l'articulation alloïdo-occipitale, sous le rapport de l'équilibre, la partie antérieure aux condyles a sur la partie postérieure une prédominance de poids, légère sans doute , mais suffisante pour déterminer la flexion de la tête quand celle-ci est abandonnée à elle-même , comme pendant le sommeil ou après la mort.
Nécessité des Cependant, malgré toutes ces dispositions favorables, il s'en ™nts' des goîu- fa ut bien que la station bipède se fasse sans beaucoup d'efforts, tières vertebra- ^ù jes muscles puissants que remplissent lesgoutiièresverlébrales, muscles dont la force est exactement proportionnelle au poids qu'ils ont à surmonter. Ainsi, chez l'homme, les muscles de la région cervicale, destinés à supporter le poids de la tête, sont moins forts que chez les quadrupèdes; l'homme au contraire est celui dont les muscles lombaires sont les plus forts , parce que chez lui seul ces muscles ont à maintenir le tronc dans sa La station bi- rectitude. La station bipède n'est donc point un état de repos unéutde^epo^ sous 'e P°^nt de vue de la colonne vertébrale, malgré la présence des ligaments jaunes, véritables ressorts de station ; d'où la fatigue de la région lombaire, d'où le soulagement qu'on reçoit d'un appui antérieur; de là encore les déviations morbides de la colonne vertébrale qui dépendent d'un défaut d'équilibre entre la résistance de la colonne et le poids qu'elle a à supporter.
C. De la colonne vertébrale considérée comme organe de locomotion.
Les vertèbres exécutent les unes sur les autres des mouvements oscillatoires ou de balancement dans tous les sens, qui
sont le résultat de la souplesse des disques intervertébraux (I); mais ces mouvements sont tellement obscurs, que, pour en apprécier le caractère, et même pour reconnaître leur existence, il faut en étudier les résultats généraux dans les mouvements de totalité de la colonne vertébrale. Mouvements de totalité. Ces mouvements de totalité sont : Mouvements
n n d'ensemble du
1 la flexion ou le mouvement en avant, 2° 1 extension , 3° l'in- racnis. clinaison latérale , U° la circumductïon dans laquelle la colonne décrit un cône dont le sommet est à la partie inférieure et la base à la partie supérieure ; 5° la rotation sur l'axe ou la torsion de la colonne vertébrale.
Dans l'analyse des mouvements de la colonne , il faut dislin- n ne faut pas
■ 'ii confondre les
guer avec soin les mouvements réels aes mouvements appa- mouvements rents; les premiers sont beaucoup moins étendus qu'on ne le r mouvementses croirait au premier abord , et la majeure partie des mouve- apPareutsments apparents se passe dans les articulations du bassin avec les fémurs.
Bans ses mouvements de totalité, la colonne représente un Leviers que
,.",.., ,, . , , , représentent la
levier du troisième genre , un arc élastique dans lequel la colonne verté-
, . » „ , . , , . , ,, . x ,, brale et chaque
résistance est a 1 extrémité supérieure, le point d appui a 1 ex- vertèbre. trémité inférieure, et la puissance au milieu. Chaque vertèbre, au contraire , représente un levier du premier genre , dans lequel la puissance et la résistance sont aux extrémités antérieure et postérieure de la vertèbre , et le point d'appui au milieu.
1° Dans le mouvement de flexion qui est d'ailleurs le plus État des articulations dans étendu, le ligament vertébral commun antérieur est relâché : la le mouvement
. ,, , . , de flexion du
partie antérieure des disques intervertébraux se déprime ; la rachis. substance molle centrale est repoussée en arrière ; les fibres postérieures des disques sont un peu distendues, ainsi que le ligament vertébral commun postérieur, les ligaments surépineux, les interépineux et les ligaments jaunes.
(1) C'est ainsi que daus les moyens destinés à maintenir Tunion des vertèbres entre elles, ont été placés ses moyens de locomotion.
400 ABTHROLOGIE.
Les apophyses articulaires inférieures de chaque vertèbre se meuvent de bas en haut sur les apophyses articulaires supérieures de la vertèbre qui est au dessous. Les lames s'écartent, et c'est dans cette altitude que le canal rachidien, surtout dans la région cervicale , est accessible aux instruments piquants.
État des arti- 2° Dans {'extension, le ligament vertébral commun antérieur
oublions dans
le mouvement est tendu, ainsi que les fibres antérieures du disque inter-
d 'extension du
rachis. vertébral ; les fibres postérieures du disque sont relâchées ; la
matière molle centrale est refoulée en avant; les ligaments jaunes, les surépineux et inlerépineux, sont relâchés; les apophyses articulaires inférieures de chaque vertèbre glissent de haut en bas sur les apophyses articulaires supérieures de la vertèbre qui est au-dessous. Ce mouvement a très peu d'étendue ; il est limité par la résistance du ligament vertébral commun antérieur et par la rencontre mutuelle des apophyses épineuses et des apophyses articulaires.
Dans l'incii- 3° Dans les mouvements ^inclinaison latérale, les disques
naison latérale.
s affaissent du cote de 1 inclinaison, la pulpe centrale est refoulée du côté opposé; ces mouvements sont limités, non pas seulement par la rencontre des apophyses transverses, mais bien, avant que celles-ci se touchent, par la résistance des disques intervertébraux et des faisceaux latéraux du ligament vertébral commun antérieur.
Dans la cir- 4° Circumduction. Ce mouvement , qui a son centre à la
cumdiiciion. -.; , . . . . . ,, , , m , ,, , , , .
région lombaire, parait d abord très étendu, parce qu on lui attribue une portion du mouvement qui se passe dans l'articulation coxo-fémorale; il est au contraire excessivement borné, et résulte de la succession des mouvements précédents (1).
(1) On peut dire que le mouvement de circumduction comme d'ailleurs le mouvement de rolation de la colonne vertébrale, a presque exclusivement son siège dans les articulations coxo-fémorales. En outre, dans la station verticale sur les deux pieds ou sur un seul pisc!, aux mouvements de circumduclion et de rotation qui se passent dansles articulations coxo-fémorales, se joint le mou ■
DES ARTICULATIONS DU i. V COLONNE VERTÉBRALE. 401
5° Le mouvement de rotation s'effectue par la torsion des Mouvement de
rotation.
disques intervertébraux. Bien que réduite dans chaque disque aux bornes les plus étroites, la torsion simultanée de tous les disques donne lieu à un mouvement général, au moyen duquel la face antérieure de la colonne regarde un peu sur les côtés. Ce mouvement général est, du reste, fort limité ; et si l'homme peut, dans la station sur les deux pieds, faire décrire au tronc un mouvement de demi-cercle , c'est à l'articulation coxofémorale qu'on doit rapporter l'étendue de ce mouvement.
Toutes les régions de la colonne vertébrale ne participent pas également aux mouvements généraux. On peut mesurer L'étendue du mathématiquement l'étendue proportionnelle des mouvements ï^aqu^région de chaque région par l'épaisseur de disques intervertébraux, neiiePTi£p°ïscar c'est aux dépens de la flexibilité des disques que se passent seur desd,^ues tous les mouvements. Or, nous avons vu que ces disques étaient composés de tissu fibreux inextensible ; c'est donc uniquement par la mobilité de la substance mucilagineuse centrale que s'opère le mouvement, et cette substance étant incompressible, il en résulte une tendance continuelle au rétablissement, de telle sorte que les disques intervertébraux réunissent deux qualités antipathiques, l'élasticité et l'inextensibilité.
Mouvements de chaque réaion. 1° La re'qion cervicale est Mouvements
1 ° a propres à cîia—
celle qui y prend la part la plus active. On observe, en effet, <iue région. que dans cette région, 1° le mouvement de flexion peut être jo^a,^^ porté assez loin pour que le menton vienne toucher l'extrémité cervicale. supérieure du sternum; 2° que le mouvement d'extension va jusqu'à permettre le renversement du cou en arrière; 3° que le mouvement de latéralité est assez marqué pour permettre à la tête de se rapprocher beaucoup de l'épaule; 4° que le mouvement de rotation est beaucoup plus considérable que dans les autres régions, malgré l'emboîtement qui résulte de la présence
vement de rotation si prononcé qui a lieu dans les articulations des deux rangées du tarse entre elles. A ce mouvement succède encore le plus souvent un mouvement de rotation sur la pointe du pied,
£02 ARTHP.OLOGIE.
des crochets latéraux (1). Ces mouvements peuvent être portés assez loin pour permettre la luxation qui n'est possible, sans fracture, qu'à la région cervicale, en raison de la direction des apophyses articulaires, direction qui se rapproche de l'horizontale. De toutes les régions, celle qui prend le moins de part aux mouvements généraux est la région dorsale. 2° La région 1° Le mouvement de flexion est rendu impossible par la pré-
dorsale est là
moins mobile de sence du sternum. La présence du sternum atteste toujours duUrachis.,esionS dans les espèces animales le défaut de mobilité de la colonne dorsale, comme son absence atteste la mobilité de celte colonne. 2° Le mouvement d'extension est restreint par la rencontre mutuelle des apophyses épineuses qui sont ici plus longues et plus étroitement imbriquées que dans toutes les autres régions. 3° Les mouvements de latéralité sont rendus impossibles par la présence des côtes qui s'arcbouteraient réciproquement si ce mouvement avait lieu. h° Tous les mouvements qui précèdent étant les éléments du mouvement de circumduction, on conçoit que celui-ci existe à peine. 5° Les mêmes obstacles s'opposent aumouvement de rotation qui trouve une nouvelle impossibilité dans la disposition des apophyses articulaires, dont la direction est verticale, et dont les facettes ne sont pas sur un même plan à droite et à gauche. Le peu d'épaisseur des disques intervertébraux de la région dorsale est en harmonie avec toutes ces dispositions peu favorables à la mobilité. Mobilité pro- Ce qui vient d'être dit de l'immobilité de la région dorsale ne
portionnelle (te
la partie infé- s'applique qu à la partie supérieure de cette région. A la partie
ricurc do 13 rc—
gion dorsale, inférieure, il existe des dispositions plus favorables a la mobilité. On sait, en effet, 1° que les deux dernières vertèbres dorsales sont remarquables par la brièveté de leurs apophyses
(1) Ou aurait une fausse idée de l'obstacle que les crochets latéraux du corps des verLèbres cervicales peuvent apporter au mouvement de rotation, si on se contentait de les étudier sur les squelettes désarticulés. Sur un sujet frais, les crochets latéraux arrivent à peine au contact de la ver.èbre qui est au dessus, à. cause du disque intervertébral.
épineuses et de leurs apophyses transverscs; 2° que les côles avec lesquelles elles s'articulent, jouissant d'une extrême mobilité, ne peuvent nullement entraver les mouvements de ces deux vertèbres.
3° La re'nion lombaire participe beaucoup plus que la réaion 3° Mobilité de
..,■■•, , • , la H'Zi0Q lom-
dorsale aux mouvements généraux. Les apophyses articulaires baire.
offrent dans celle région une disposition qui est pour le mouvement de rotation beaucoup plus avantageuse que celle qu'on observe pour les apophyses articulaires des vertèbres dans les régions dorsale et cervicale.
A la région lombaire, en effet, les apophyses articulaires inférieures de chaque vertèbre constituent un cylindre plein, reçu dans le demi-cylindre creux que présentent les apophyses articulaires supérieures de la vertèbre qui est au dessous. Cette disposition semble destinée à permettre un mouvement analogue à celui des pivots d'une porte sur leurs gonds.
Il esta remarquer que dans toutes les régions les apophyses articulaires inférieures de chaque vertèbre sont placées en imbrication
. , , . i • - • ii , , des apophyses
arrière des apophyses articulaires supérieures de la vertèbre articuiairesdans
, , , ,,.,.. toutes les ré-
situee au dessous, et présentent une sorte d imbrication. ' gions du rachis.
Chaque vertèbre est donc retenue dans sa position par une sorte d'engrènement tel qu'elle ne peut, 1° se déplacer en avant sans briser les apophyses articulaires supérieures de la vertèbre qui est au dessous ; 2° se déplacer en arrière, sans fracture préalable des apophyses articulaires inférieures de la vertèbre qui est au dessus. Ces considérations ne sont pas rigoureusement applicables à la région cervicale, dont ces apophyses articulaires , à raison de leur obliquité , peuvent permettre le déplacement sans fracture.
Mécanisme des articulations de la colonne vertébrale avec la tête.
Les mouvements de la tête sur la colonne vertébrale sont répartis entre deux articulations, savoir: 1° l'articulation oc* cipito-atloïdienne à laquelle appartiennent tous les mouvements de flexion, d'extension, d'inclinaison latérale et de circumduc-
hOU ARTHROLOGIE.
tion; 2° l'articulation alloïdo-axoïdienne, qui nejor.it que d'un seul mouvement, celui de rotation (1).
1° Mécanisme de l'articulalion occipito-atloïdienne.
Mouvement de Les mouvements de flexion et d'extension delà tête sur l'amité?n r " lias sont très peu étendus : quand la tête se fléchit ou s'incline d'une manière notable, c'est par un mouvement de totalité de Ja région cervicale. Il est, au reste, un moyen sûr de distinguer les mouvements de flexion qui se passent dans l'articulalion alloïdo-occipilale, de ceux qui appartiennent à toute la région cervicale. Dans les premiers, le menton se rapprochant de la colonne vertébrale, la peau de la parlie supérieure du cou se ride transversalement; quand au contraire c'est un mouvement de totalité de la région , la colonne se fléchissant en même temps que la tête , le même intervalle sépare la colonne cervicale et le menton, et il ne se forme point de rides transversales. Dans la flexion, les condyles glissent d'avant en arrière ; les ligaments odonloïdiens sont tendus ainsi que les ligaments occipito-axoïdiens postérieurs; dans l'extension, le glissement a iieu en sens opposé.
La double ar- Si l'articulation alloïdo-occipilale est privée du mouvement
liculation con- , , ,,. . i i. . • " \ -, ,
(lyiienne est un de rotation, c est a raison de la direction opposée des condyles,
obstacle à la ro- , , „ ,. , , ,
tation. lesquels se lont mutuellement obstacle dans ce mouvement.
Aussi, chez les oiseaux, qui n'ont qu'un seul condyle, l'articulalion de la tèle possède un mouvement de rotation forléiendu. Chez riiomme , un léger mouvement de rotation est possible dans celte articulation, quand la tête a été préalablement inclinée sur un des condyles qui sert alors de pivot.
(l)La tête se fléchit, s'étend, s'incline ou se fléchit latéralement sur la colonne vertébrale; die exécute des mouvements de circumduction et des mouvements de rotation ; aucun mouvement n'est donc étranger à son articulation avec la colonne vertébrale. Cette articulation devrait donc être classée parmi celles du premier genre de Bichat: exemple frappant des vices d'une classification exclusivement fondée sur les mouvements.
2° Mécanisme de V articulation atloïdo-axoïdienne.
Dans le jeu de celte articulation, l'atlas et la tète doivent être
considérés comme ne formant qu'une seule pièce.
fa Les mouvements de flexion et d'extension sont totalement Les raouve- ' , ,, . , . , .. , .. ,. „ , . meDtssontbor-
elrangers a 1 articulation alloido-axoidienne ; 1 enclavement de nés à la rotation
l'apophyse odontoïde dans l'anneau syndesmo-atloïdien ne permet pas à la première vertèbre d'exécuter sur l'axis le plus léger mouvement en avant ou en arrière : car dans le mouvement en avant, qui est celui de flexion, l'atlas est retenu par le liga ment transverse ou demi-annu laire qui heurte contre l'apophyse odontoïde ; et, dans le mouvement en arrière, l'atlas est retenu par son arc antérieur, qui heurte contre le même obstacle.
Cette articulation ne possède aucun mouvement de latéralité, Mécanisme de les ligaments odontoïdiens s'opposant à tous les mouvements têt™lal'°D de cette espèce. Le mouvement de rotation est donc le seul qui appartienne à cette articulation. Dans ce mouvement, dans lequel la tête décrit sur la colonne vertébrale un arc de cercle très étendu , l'anneau syndesmo-atloïdien tourne sur l'axis comme une roue sur son essieu. Des deux facettes planes de l'articulation atloïdo-axoïdienne, l'une glisse d'arrière en avant* l'autre d'avant en arrière : l'un des ligaments odontoïdiens est relâché, l'autre est distendu ; ce sont ces ligaments qui mettent des bornes à ce mouvement, d'où la force énorme de ces ligaments.
Quelquefois leur résistance est impuissante , et l'un de ces
ligaments étant rompu, l'apophyse odontoïde peut s'engager au d n!jj-Pdoph£„t
dessous du ligament transverse, et déterminer la mort parla sortir de son ° r anneau.
compression qu'elle exerce sur la moelle. Les luxations de cette articulation sont donc à redouter, non seulement comme déplacements articulaires, mais encore comme causes de compression de la moelle.
Il ne faut pas attribuer à celte seule articulation la totalité du mouvement par lequel la face se porle à droite et à gauche. Ce mouvement, en effet, a l'étendue d'un demi -cercle, un quart
U06 ARTHROLOGIE.
de cercle de droite à gauche , et un quart de cercle de gauche à droite, or les surfaces articulaires de l'atlas et de l'axis s'abandonneraient avant que ces deux vertèbres eussent décrit, l'une sur l'autre, Une moitié de circonférence. Raisons de ré- \[ esi k0n de rappeler que la tête, placée à l'extrémité du le-
tendue des mou- ir /* 7 *
vements de la vier vertébral , jouit 1° des mouvements de rotation et de cir-
teie. ' J
cumduction qui se passent dans les régions cervicale et lombaire; 2° des mouvements de rotation et de circumduclion qui se passent dans les articulations coxo- fémorales (1).
Les os du Tous les os du crâne sont articulés entre eux d'une manière
crâne s'artku- . '
lent par suture, immobile, par suture onsytiarthrose. Avant Hunauld(2)onnavait qu'une idée fort imparfaite des sutures des os du crâne ; les détails dans lesquels il est entré , laissent peu à délirer bous le rapport scientifique, en même temps qu'il a su jeter sur les circonstances de conformation les plus arides, l'intérêt le plus vif, en les rattachant à la mécanique du crâne.
(1) L'homme dans l'état destalion sur les deux pieds, peut faire décrire au tronc, indépendamment de tout mouvement propre de la région cervicale et de la tête, un mouvement de quart de rotation; mais ce mouvement se passe en très grande partie dans les articulations coxo-fémorales; en outre, la tête et la colonne cervicale jouissent d'un mouvement de rotation propre, en vertu duquel la tête peut parcourir un arc de 180 degrés sans le secours de la colonne vertébrale et des articulations coxo-fémorales, en sorte que les mouvements de rotation réunis de l'articulation coxo-fémorale, de la colonne vertébrale et de la tête, permettent à la tête de décrire les trois quarts d'un cercle : ajoutez à cela que, dans la station sur un seul pied, le corps peut tourner sur son extrémité inférieure comme sur un axe, et vous aurez une idée de l'importance et de l'étendue d'un mouvement qui peut embrasser un demi-horizon par la locomotion de la tête seule, les trois quarts d'un horizon par la locomotion de la tête, de la colonne vertébrale et de l'articulation coxo-fémorale, les deux pieds étant fixés sur le sol, et l'horizon presque entier par la locomotion de la tête, de la colonne vertébrale et de l'articulation coxo-féoiorale , dans la station sur un seul pied : or, ce mouvement de rotation n'a évidemment d'autre but que de permettre aux sens d'exercer autour d'eux leurs fondions exploratrices.
(2) Mémoires de L'Académie des Sciences, 1730.
Los os du crâne destinés â former une cavité complète fer- Dispositions
, qui concourent
niée de toutes parts , s articulent entre eux par tous les points à la solidité des
articulations du de leur circonférence, et par conséquent par leurs bords ; or, la crâne.
solidité d'une articulation étant en raison direcle de l'étendue des surfaces en contact, la nature a suppléé autant que possible au désavantage d'une articulation qui se fait par des bords: 1° en donnant aux bords ou à la circonférence des os du crâne une grande épaisseur; aussi, règle générale, tous les os du crâne sont-ils beaucoup plus épais à leur circonférence que dans tout autre point. 2° Ce n'est pas tout encore : en armant les bords articulaires de dents plus ou moins longues suivant les besoins, en donnant à ces bords une disposition sinueuse, elle a doublé, triplé, quadruplé, décuplé les surfaces juxtaposées ; 5° en taillant ces mêmes bords obliquement ou en biseau tantôt dans un sens, tantôt dans un autre, alternativement dans deux sens , elle a pu encore multiplier les surfaces qui se prêtent au point d'appui réciproque. k° Je dois encore faire remarquer la disposition anguleuse des différents os du crâne, angles saillants d'une part, angles rentrants de l'autre, si favorables à la solidité en multipliant les surfaces d'engrenure.
Toutefois ces éléments divers de solidité n'ont pas été inuli- des Repda,verS°e" lement prodigués, indistinctement réparties, mais bien dislri- gXiuéT la base bues avec sagesse et mesure, et presque toujours en raison in- etàlavoute« verse les uns des autres. Ainsi, à la hase du crâne nous trouvons, soit des surfaces articulaires extrêmement larges, soit une configuration réciproque dans les angles saillants et rentrants, nous y cherchons vainement des dentelures et des biseaux ; voyez l'angle inférieur ou basilaire de l'occipital, ce n'est pas un bord, c'est une face qui s'articule avec le plan postérieur du corps du sphénoïde ; voyez l'angle postérieur très aigu des grandes ailes du sphénoïde reçu dans l'angle rentrant que forme la portion écailleuse avec la portion pierreuse du temporal , et cette portion pierreuse elle-même remplissant comme une grosse pierre de maçonnerie l'angle rentrant que forme le bord inférieur de l'occipital et le bord postérieur du sphénoïde. La voûte an crâne
408 AKTHROLOGIE.
au contraire ne présente que des bords articulaires peu épais ; aussi est-ce là que régnent , si je puis m'exprimer ainsi , et les dents et les biseaux.
principales je ne puis énumérer toutes les variétés que présentent les
formes des den- *
fêlures. surfaces articulaires des os du crâne ; lors même que j'établi-
rais avec Monro quatorze ou quinze espèces de sutures, je n'aurais pas épuisé la matière : il me suffira d'indiquer les principales circonstances de configuration. Pour avoir une bonne idée des sutures, il faut remonter à l'époque du développement des os du crâne, alors que des rayons osseux partent en divergeant d'un point central qu'on appelle centre d'ossification et se terminent par des pointes largement espacées. Ces diverses
fo r menue" de s- Pomtes ou dents, d'abord séparées par des espaces carlilagi-
teiures. neux qui donnent au crâne une flexibilité si favorable à l'ac-
couchement, s'allongent graduellement et vont pour ainsi dire au devant les unes des autres. Arrivées au contact, elles s'opposent mutuellement obstacle, elles se dévient, s'infléchissent et se moulent les unes sur les autres; de là les engrenures : or, ces engrenures présentent toutes les combinaisons que l'imagi-
Descripiiondes nation la plus inventive pourra former. Ainsi , tantôt ce sont
diverses espèces , , , „ . , ,. . , ,
de dents. des dentelures tellement petites, qu on dirait au premier abord
qu'elles n'existent pas ; il en résulte des sutures qu'on a appelées par juxta-position ou \>&y harmonie ; tantôt ce sont des dents plus ou moins longues ; et souvent ces dents, dont la longueur peut être de quatre à cinq lignes , sont elles-mêmes dentelées sur leurs bords, ce qui constitue des dentelures secondaires; ordinairement droites, les dents sont quelquefois curvilignes, déjetées de la surface externe vers la surface interne de l'os et réciproquement. Il n'est pas rare de rencontrer des dentelures étroites et comme étranglées à leur extrémité adhérente, très larges à leur extrémité libre, enclavées entre d'autres dentelures et tenant ainsi le milieu entre les dents ordinaires et les os wormiens. Enfin je dois faire remarquer qu'il existe plusieurs séries ou couches de dents et de cavités de réception dans l'épaisseur de chaque bord articulaire.
AHTICULATXOJNS DES OS DU CRANK. 409
Mais pourquoi les sutures sont-elles beaucoup plus pronon- i^s mates
A » . 1 • ' 1 A f , , . . , SOtlt I'|US Pr0"
eees du cote de la convexité que au cote de la concavité des os noncées du côté
, ..., . , , ,. convexe que du
du crâne? Celle dillerencc esl une siule nécessaire du deve- côtéeoncave. Ioppemenl des os du crâne ; les dénis existent à la face interne comme à la face externe de ces os ; mais plus promplement développées que celles de la surface convexe, les dents de la surface concave s'infléchissent pour aller s'enfoncer dans les cavités du diploé.
Il est très peu d'articulations des os du crâne qui ne présen- Des biseaux. lent de biseaux; par là les divers os du crâne prennent les uns sur les autres un point d'appui beaucoup plus large et par conséquent plus solide que sur un bord droit. Je signalerai surtout le biseau alternatif des articulations fronlo-pariétales; dansées articulations, le biseau se trouve réuni à la dentelure ; il en est d'autres don t la solidité dépend particulièrement du biseau seul, qui est alors à son maximum de développement : telle esl surtout l'articulation lemporo-pariélale. Les surfaces contiguës étant taillées à la manière d'une écaille, cette articulation prend le nom ftécailleu&e; mais encore ici le biseau se trouve réuni à l'engrenure, car la portion écailleuse esl comme rayonnée,. et les lignes saillantes de l'une des surlaces articulaires reçues dans les rainures correspondantes de l'autre surface, constituent une sorte d'engrènement extrêmement solide.
Moyen d'union des articulations du crâne. Quelque réciproques que soient les engrenuresdesosdu crâne, elles laissent entre elles des vides, et ces vides sont remplis par des cartilages, cartilages suturaux , qui ne sont autre chose que la portion cartilages sudu cartilage d'ossification qui n'a pas été envahie par le phosphate calcaire, et qui établissent la continuité aussi solidement que possible. Cela est si vrai que les coups (1) violents reçus
(1) Je sais bien qu'on rapporta quelques cas de désarticulation des os du crâne, sans fracture; j'ai même vu dernièrement un exemple de séparation des pariétaux sans fracture , mais, dans ce cas, il y avait brisement des dents qui unissent ces deux os, et ce brisement ne constitue-t-il pas uue véritable fracture.
Md ARTHROLOGIE.
Diflicuiiédeia sur le crâne n'opèrent que très difficilement, peut-être jamais, la
désarticulation ,
desosdu crâne désarliculatîondesos, àmoinsde fracture préalable ; d'où la nécessité de l'ébullilion ou d'une macération longtemps continuée pour désarticuler les os du crâne dans nospréparationsanatomiques. L'épaisseur de la substance cartilagineuse étant d'autant plusconsidérable que l'individu est plusjeune et réciproquement, il suit que c'est la tête des jeunes sujets qu'il faut choisir pour celle désarticulation ; encore n'y réussirait-on qu'incomplètement si l'on n'avait recours à un artifice ingénieux que voici : par le trou occipital on remplit de haricots secs la capacité du crâne, puis on verse de l'eau jusqu'à ce qu'elle déborde; les haricots gonflent, le crâne éclate de toutes parts au niveau des sutures, elles os sont séparés. ■-
Point deliga- Puisqu'il n'existe aucune articulation mobile au crâne, il ne ments. . . . ,.
doit pas y avoir de ligaments, ni par conséquent de muscles Point de mus- T , . „. ,, ., , - ,
clés. propres. Le pencrane au dehors, la dure-mere au dedans,
quoique plus adhérents au niveau des sutures que partout ailleurs, ne peuvent pas être regardés comme des moyens d'union. Maintenant que nous connaissons, d'une part, les diverses pièces osseuses qui, par leur réunion, constituent le crâne, d'une autre part, leurs diverses articulations, il nous sera facile d'éludier celte boîte osseuse dans son ensemble, et d'apprécier son mécanisme.
Mécanisme du crâne.
Tandis que la colonne vertébrale joue le quadruple rôle , 1° de cylindre ou de canal protecteur, 2° de colonne de sustentation, 3° de levier central de la locomotion, 4° d'organe mo- Des fonctions bile lui-même dans ses diverses parties, le crâne ne doit êire
du crâne.
envisagé que sous deux points de vue différents : 1° comme organe de locomotion , 2° comme organe de protection. Comme organe de locomotion nous l'avons amplement étudié à l'occasion des mouvements de la colonne vertébrale. II ne nous reste plus qu'à étudier le mécanisme de la protection qu'il accorde à la masse nerveuse qu'il recèle.
ARTICULATIONS DES OS DU CRANE. Ml
Le crâne n'est antre chose qu'une enveloppe osseuse du cerveau surajoutée ù l'enveloppe fibreuse de ce viscère, se moulant L« "âne se
" * ' moule sur le
exactementsur lui et représentant à sa surface interne les moin- cerveau, dres dépressions et les moindres éminences de la surface correspondante du cerveau. Avant son ossification complète, le crâne peut éprouver un retrait ou un développement proportionnels au retrait ou au développement du cerveau ; jusqu'à celte époque il est vrai dédire que le crâne est le moule ou le représentant fidèle du cerveau. L'ossification une fois achevée, la capacité du crâne est en quelque sorte indépendante du volume du cerveau. Si le cerveau s'atrophie, le vide est rempli par de la sérosité; s'il s'hypertrophie, il éprouve une compression funeste. L'imagination a eu beaucoup de part dans ce qu'on a dit sur le crâne de certains hommes de génie , de Napoléon par exemple, qui, en arrivant aux affaires, avai!, dit-on , un, crâne bien moins développé que dans les dernières années de son règne. Le cerveau remplissant complètement le crâne, toute mobilité dans les trois grandes vertèbres qui constituent cette boite osseuse aurait été funeste ; il fallait donc qu'elles fussent articulées solidement entre elles.
On me demandera peut- être, si le crâne n'aurait pas été plus solide avec une seule pièce; pourquoi non-seulement il existe trois vertèbres céphaliques, mais encore pourquoi chaque vertèbre est elle-même composée d'un grand nombre, de pièces. Je répondrai en présentant le crâne du vieillard, dont Lecrâneau-
, , rait élé moins
tous les os sont soudes entre eux; or, celle soudure rend son solide s'il avait
* i • i • o ,»,,,,, été composé
crâne bien plus sujet aux fractures que le crâne de 1 adulte et dune seule du jeune homme. N'est-il pas évident que la quantité de mou- pi ( vement se perdant plus ou moins dans les diverses articulalions, le crâne composé de plusieurs pièces articulées résiste à des chocs beaucoup plus violents qu'il ne le ferait sans celte disposition. Voyez les articulations de la voûte , se faisant toutes par des bords épais et de longues pointes tellement engrenées, qu'on ne peut désarticuler la plus simple d'entre elles , par exemple la bipariétale , sans fracture. Voyez encore
^12 ARTHROLOGIE.
les biseaux alternatifs si éminemment favorables à la solidité. Conditions de A peine approchons-nous de la base que les dentelures dimi-
soi 1 1 il Le Q& la
base du crâne, niient ; à la base, plus de dentelures; il n'y a que juxtaposition; mais aussi quelles larges surfaces articulaires ! Comparez l'angle supérieur de l'occipital avec son angle basilaire, la portion écailleuse du temporal avec les portions mastoïdienne et pierreuse , les grandes ailes du sphénoïde avec le corps du même os , et vous jugerez de la différence ; et cependant ne semblerait-il pas que toute la résistance aurait dû être appliquée à la voûte sur laquelle agissent incessamment les corps extérieurs, tandis que la base est abritée par sa situation même. Mais tel est le mécanisme du crâna que c'est précisément à la base que sont transmis en définitive tous les chocs venus du dehors; aussi est-ce là que se trouvent réunies toutes les conditions de solidité , ainsi qu'il me sera facile de le prouver. La base du jj6 crâne est à l'abri des corps extérieurs par sa base : la
crâne est a l'a- * r
bri des corps face, la colonne vertébrale et les muscles nombreux de la région
extérieurs. °
cervicale postérieure la protègent efficacement; aussi est-ce à la base du crâne que répondent les parties les plus importantes du cerveau, celles dont la lésion serait immédiatement mortelle ; aussi est-ce encore par celte base que sortent tous les nerfs crâniens, les veines cérébrales , et que pénètrent les artères du même nom. Pour former celte base, les os se rétrécissent ies°chocesntde°k et augmentent d'épaisseur. Le moindre choc éprouvé par les meuentViaaba- divers os de la voûle, se communique à tous les os de la base , prochénUes'prà" et le* est l'agencement réciproque de ces derniers qu'ils tences- dent à se rapprocher plus fortement encore par l'effet de ces
chocs. La nature a utilisé pour cet objet les propriétés du coin; ainsi le sphénoïde étroit à sa parlie moyenne , s'élargissant dans ses masses latérales , est placé comme un coin entre l'occipital et le temporal qui sont en arrière , le frontal et l'os malaire qui sont en avant; l'apophyse basilaire de l'occipital forme un coin entre les apophyses pétrées des temporaux; les apophyses pélrées forment elles-mêmes un coin entre l'occipital et le sphénoïde.
Nous voilà rassures sur la base du crâne ; elle ne peul recevoir aucun choc direct, excepté dans quelques cas extraordinaires. Disons cependant qu'il existe à la base du crâne une région remarquable par la ténuité de ses parois , tellement fragile, que la moindre violence peut la briser : c'est la région antérieure de la base du crâne formée par les voûtes orbitaires et la lame criblée de l'elhmoïde. Il n'est pas très rare de voir des instruments piquants pénétrer dans le crâne à travers celte région ; le crime a trop souvent utilisé celte disposition analomique.
Le crâne reçoit des chocs de bas en haut par la colonne vertébrale, et des chocs de haut en bas, d'avant en arrière ou latéralement par les corps extérieurs. Voyons par quel mécanisme il résiste à ces différentes impulsions.
\° Comment le crâne résiste-t-il à des chocs dirigés de Mécanisme du
has en haut? crâno dans sa
uubenuuav. résistance aux
Pour qu'une commotion funeste puisse être transmise au basenh'I!n!s de crâne de bas en haut, il faut que la chute ait lieu ou sur la plante des pieds, les jarrets tendus, ou sur les genoux, ou sur les tubérosités de l'ischion. Une chute sur la pointe des pieds n'a aucun résultat pour le crâne, vu la grande décomposition de mouvement qui a lieu successivement dans les articulations phalangiennes, métatarsiennes et tarsiennes, dans les articulations du genou , du bassin et dans celles des vertèbres entre elles et avec le crâne. Ce sont les condyles de l'occipital qui reçoivent le premier choc, ce choc se communique à toute l'étendue des parois du crâne; mais le contrecoup souvent funeste au cerveau, ne peut l'être aux parois elles-mêmes.
2° Comment le crâne résiste-t-il à des chocs imprimées de Mécanisme de
la résistance du haut enhasl crâne dans le
cas de violence
Nous avons vu que la colonne vertébrale était protégée dans exercée de haut tous les sens par une grande épaisseur de parties molles; il n'en est pas de même de la région supérieure et des régions latérales du crâne qui sont presque immédiatement en butte à l'action des corps extérieurs. Que peuvent, en effet, la
Ulk ARTHROLOGIE.
peau et l'aponévrose sous-cutanée , que peuvent les cheveux qu'on peut cependant comparer à ces corps mous dont les assiégés tapissaient leurs murailles pour les préserver de l'action du bélier? Cependant, il est une région efficacement protégée par les parties molles, c'est la région temporale; ^et sans le muscle temporal qui remplit le vide de la fosse du même nom , combien les fractures ne seraient-elles pus plus fréquentes, car aucune région de la voûte n'est inoins favorisée sous le rapport de la solidité î
Cela posé, si un corps pointu ou à petite surface agit sur un point du crâne, il le brisera toutes les fois que sa quantité de mouvement l'emportera sur la résistance de la portion du crâne contre laquelle il est dirigé. Mais si c'est un corps orbe qui agisse plus encore par sa pesanteur que par sa dureté, il en résultera un ébranlement général de la boîte osseuse. La voûte du crâne étant la partie la plus accessible aux violences extérieures, nous examinerons le mécanisme de la résistance du crâne dans le cas d'une percussion dirigée verticalement sur le sommet de la tête ; il sera facile de faire des applications de ce qui va être dît au mécanisme de la résistance du crâne dans les percussions qui peuvent l'atteindre dans tout autre sens.
Effets d'une Les effets présumables d'une percussion violente sur le
percussion vio- A
leme sur le som- sommet du crâne peuvent être :
met de la tête.
1° De déterminer un ébranlement de la boîte osseuse , et de meure en jeu son élasticité; 2° de tendre à la disjonction les pièces qui font partie du crâne ; 3° de briser ces pièces.
Examinons suivant quel mode se produisent ces résultats divers.
Ébranlement 1° Ebranlement et compression du crâne sans fracture.
du crâne à la T » A , , ,
manière d une Le crâne pouvant eire considère comme une sphère creuse,
bille d'ivoire , , ,, ,. . .. , , „ , .
élastique. douée d une certaine élasticité qu elle doit en partie au tissu osseux lui-même , en partie aux lames cartilagineuses qui séparent les os , on ne peut douter que le crâne ne soit susoep
ARTICULATIONS DES OS DU CRANE. Al 5
liblc d'éprouver, par l'effet d'une pression ou d'une percussion violente sur le sommet de la tête, un aplatissement à la suite duquel il se rétablit clans sa forme primitive, à la manière d'une bille d'ivoire creuse, qui serait soumise à une percussion verticale. Il suffit pour se convaincre de la vérité de celte explication de lancer un crâne contre un plan résistant; il rebondit à la manière d'une bille élastique. Quelque étroites que soient les limites de cet aplatissement, et du retour qui le suit, les lois de la physique ne permettent pas d'en récuser la possibilité.
T Tendance à la disjonction des os du crâne. La disjonc- Tendance à la
, , . ,\ , , , , , disjonction des
lion n a jamais ete observée comme conséquence de perçus- pièces osseuses
, > . -\r • • i i ' » . °u crâne.
sions extérieures, voici par quel mécanisme ce déplacement est prévenu dans le cas d'un choc sur le sommet de la tête.
Il est évident qu'un choc en ce sens tend à déprimer la suture sagittale, c'est à dire le bord supérieur des pariétaux; mais celte dépression ne pourrait avoir lieu qu'autant que le bord inférieur des pariétaux se portât en dehors. Or, la disposition de la suture écaiileuse étant telle que le temporal et le sphénoïde recouvrent les pariétaux , ceux-ci ne peuvent se porter en dehors sans déterminer dans le temporal un mouvement de bascule qui tend à resserrer les articulations de la base du crâne. Nous avons vu en effet que toutes les articulations de la base présentent cela de remarquable, qu'elles consistent dans la réception d'éminencesen forme de coins, dans des cavités en forme d'angles rentrants. C'est ce qu'on voit dans l'articulalion du rocher avec le sphénoïde et l'occipital , et dans celle de l'apophyse basilaire, partie évidemment cunéiforme, avec les temporaux et le sphénoïde.
De ce qui vient d'être dit , il résulte :
Que les percussions sur le sommet de la tête, bien loin de disjoindre les os du crâne , tendent à resserrer leur union.
o° Un autre effet des percussions dirigées contre le sommet Fractures des
r ° os du crâne.
de la tête peut être de briser les os du crâne; or, il serait impossible de comprendre le mécanisme de plusieurs de ces fractu-
^16 AUTIIROLOGIE.
res sans la connaissance des dispositions anatomiques que nous allons faire ressortir ici.
1° Le crâne est d'une épaisseur inégale dans ses différents points.
Celte circonstance explique comment -un corps arrondi, qui frappe le crâne dans un point assez résistant pour ne pas se rompre, peut déterminer une fracture dans un lieu plus ou moins éloigné du point de la percussion, et où les parois, Mécanisme des étant plus minces, sont moins résistantes. On conçoit que ce conirer-coup.par genre de fracture puisse avoir lieu , soit dans l'os qui a été percuté soit sur d'autres os , soit enfin aux dépens de la table interne de l'os, latable externe restant intacte. concentration 2° Le crâne est disposé de manière à ce qu'un ébranlement ment ve^s" "îâ imprimé à son sommet se concentre vers sa base. Dans le cas ase du crâne, ^'une percussion sur le sommet du crâne , l'ébranlement se propage , 1° en partie sur les côtés jusqu'au temporal et au rocher, ainsi qu'aux grandes ailes du sphénoïde et au corps de l'os; 2° en arrière, par l'occipital jusqu'à l'apophyse-basilaire et au corps du sphénoïde; 3° en avant, par le frontal et la voûte orbitaire , aux petites ailes et au corps du sphénoïde. On voit donc que l'ébranlement communiqué dans tous les sens vient, en dernière analyse , se concentrer à la base du crâne , ce qui explique la production des fractures qu'on trouve à la base à la suite des percussions de la voûte.
ii.nuencedes 3° Plusieurs des os du crâne sont coudés et anguleux. Celte
eoudes ou fan- . . . , , , ., • T . '
giessuriesfrac- disposition qui s observe a 1 union de la partie orbitaire du
tures par con- „ , „ . . , ,, . , , . ,
trecoup. frontal avec sa portion frontale, a 1 union de la portion ecail-
leuse du temporal avec le rocher , explique comment ces os peuvent se briser dans la transmission des chocs imprimés à la voûte. On conçoit en effet que quand un ébranlement se transmet à travers un os coudé , le coude est le siège d'une décomposition de mouvement ; une partie delà quantité de mouvement est transmise à la portion de l'os située au dessous de l'angle; l'autre partie fait effort contre l'angle dans le sens de la direction primitive , et peut faire éclater l'os dans ce point.
/i° La décomposition des mouvements qui a lieu dans les sutures doit être prise en grande considération.
Mécanisme du crâne chez le fœtus. Ce qui a été dit de l'immobilité des os du crâne n'est pas également vrai à toutes les époques de la vie. Pendant la vie fœtale et pendant les Mobilité des os
, . . , de la yoùIc du
premières années qui suivent la naissance, les intervalles des crâne chez le os du crâne sont remplis d'une substance cartilagineuse flexible , qui permet aux os de la voûte d'exécuter les uns sur les autres des mouvements assez étendus. On conçoit qu'à cette époque de la vie, les conditions de solidité du crâne n'étant pas les mêmes que chez l'adulte , nous devions examiner par quel mécanisme le crâne du fœtus et de l'enfant nouveau né résiste aux violences extérieures.
Chez le fœtus comme chez l'adulte, les conditions de solidité doivent être examinées : 1° à la voûte, 2° à la base du crâne.
1° A la voûte du crâne, l'ossification n'ayant pas complète- Mécanisme de
la solidité du
ment envahi les cartilages, ceux-ci permettent aux os de se mou- crâne chez ie
. , i ,» ' i i talus.
voir les uns sur les autres, et , sous ce rapport, 1 encéphale est protégé moins solidement.
On doit remarquer d'un autre côté que la présence des inter- i° a la voûie. valles cartilagineux devient la cause d'une déperdition dans la quantité de mouvement , lorsque des chocs sont imprimés au sa compres-
, » ! sibilile.
crâne; circonstance qui prévient en partie les fractures du crâne , et les commotions de la masse encéphalique.
La mobilité des os du crâne se manifeste principalement à l'époque de la naissance dans l'espèce de chevauchement que présentent ces os pendant la sortie de la tête du fœtus à travers le bassin.
2° A la base du crâne, l'ossification ayant fait des progrès tels, 2° a iabase. que les pièces osseuses ne sont plus séparées que par des lames cartilagineuses extrêmement minces , les os ne jouissent d'au- Elle est m-
, ... • , •. i * • ., , . compressible.
cune mobilité , et la base du crâne est incompressible ; circonstance avantageuse à la protection des parties les plus importantes de la masse encéphalique , lesquelles correspondent à la base du crâne.
418 ARTHROLOGIE.
Articulations de la face.
Bien que les deux mâchoires soient destinées à se mouvoir l'une sur l'autre, elles ne s'articulent nullement entre elles; s'il en eût été ainsi, l'étendue du mouvement d'abaissement de la mâchoire inférieure aurai télé beaucoup plus borné; toutes
Les deux ma- , , „ , , , . ,-. ,
choires s'anicu- deux vont s unir au crâne, la mâchoire supérieure dune matent avec la base .,. ,., T . ,. !,-! 1 A
du crâne. mère immobile avec la partie antérieure de la base du crâne
(mâchoire syn crânienne'), la mâchoire inférieure d'une manière mobile, avec la partie moyenne de celte même base (mâchoire diacranienné).
Les articulations de la face nous présentent à considérer , 1° les articulations des divers os qui constituent la mâchoire supérieure entre eux et avec le crâne; 2» les articulations de la mâchoire inférieure avec ce même crâne.
Articulations des os de la mâchoire supérieure entre eux et avec le crâne.
Prédominance Toutes ces articulations sont des sutures ; mais nous y chersmureharmoni- chons en vain ces dentelures si considérables dont sont hérissées les surfaces articulaires des os du crâne ; la suture dite harmonique , ou par juxtaposition, est le moyen d'union qui se remarque le plus généralement dans les articulations de la face.
La suiure Toutefois, je dois faire remarquer que ces prétendues juxta-
harmonique est . . ' ' , '; '• . ,
une véritable positions sont de véritables engrenures, ainsi quon le voit
engrenure. . . ' .
dans 1 articulation des deux os maxillaires entre eux , articulation fondamentale de la face, qui se fait par des surfaces épaisses , sillonnées , et qui s'engrènent avec une très grande solidité.
Je ne connais pas de suture plus solide que celle de l'os malaire avec l'os maxillaire : c'est surtout vers les parties latérales et supérieures de la face qu'on trouve des sutures dentelées. On trouve un exemple de suture par réception dans le mode d'après lequel la portion verticale de l'os palatin est reçue dans la fêlure que présente l'orifice du sinus maxillaire.
Des dentelures très prononcées s'observent dans l'articula-