ARTICULATIONS DE L'ÉPAULE
1° Cartilage interarticulaire. Luire les surfaces articulaires CaniiaRninicr- ... . . , , articulaire.
existe une lame cartilagineuse, qui se inouïe sur les deux surfaces, et qui est très épaisse, surtout à sa circonférence. Quelquefois elle est percée d'un trou à son centre (1). Ce cartilage est tellement uni dans tout son pourtour avec le ligament orbiculaire qu'il est impossible de l'en séparer ; en bas, il est adhérent au cartilage de la première côte, en haut et en arrière il est très adhérent à la clavicule.
B. Moyens d'union. 1° Ligament orbicidaire. On peut don- Llgament or ner ce nom à la capsule fibreuse qui circonscrit en tous sens bicVlaQrbere°"e°a~ l'articulation slerno-claviculaire. Les fibres qui la composent ont été considérées comme formant deux faisceaux distincts désignés sous les noms de ligament antérieur et ligament postérieur; mais il est impossible d'établir entre eux une ligne de démarcation. Du pourtour de la facette articulaire de la clavicule partent des fibres qui vont se rendre obliquement de haut en bas et de dehors en dedans au pourtour de la facette articulaire du sternum. La capsule orbiculaire de cette articulation ne présente pas la même épaisseur dans toutes ses parties. Elle est moins épaisse et un peu plus lâche en avant qu'en arrière, circonstance qui peut en partie rendre raison de la plus grande fréquence des luxations de la clavicule en devant comparées aux luxations en arrière.
2° Ligament interclaviculaire . Ce ligament consiste en un Ligament inn • . ■. ,. ... • 5 '. i j i .- r ■ , terclaviculaire.
faisceau 1res distinct, qui s étend de la partie supérieure de
l'extrémité interne d'une des clavicules à l'extrémité interne de l'autre en passant horizontalement au dessus delà fourchette du sternum. Ce ligament qui est beaucoup plus rapproché de la partie postérieure que de la partie antérieure de l'articulation, établit une sorte de continuité des clavicules. C'est le seul moyen qui serve directement à unir les deux épaules.
(1) Ce ligament est, dans Un grand nombre de cas, en partie détruit, morcelé par l'usure, à la suite des pressions violentes auxquelles l'articulation est exposée.
452 ARTHROLOGIE.
Deuxsynoviaies. s° Deux synoviales appartiennent à celle articulation. Celle qui est entre le sternum et le cartilage interarticulaire est beaucoup plus serrée que celle qui est placée entre la clavicule et ce même cartilage. Aussi dans les mouvements de l'épaule, ce cartilage reste-i-ii accollé au sternum.
Articula Lion costo-claviculaire.
L'articulation qui existe entre la clavicule et le cartilage de L'articulation 'a P1 emière côte est une arthrodie. Ce qui constitue l'articulacosto-ciavicu- lion costo-claviculaire, c'est l'existence d'une facette articulaire
laire est une ar- '
throdie. qU{ se rencontre presque toujours à la partie inférieure de la
clavicule, et qui correspond à une facette costale analogue, existant sur la face supérieure de l'extrémité interne de la première côte, à sa jonction avec le cartilage. Une capsule synoviale lâche, surtout en arrière, est destinée à cette articulation.
Synoviale. ^u seul ligament lui appartient : c'est le ligament costo-claviculaire.
Ligament Ligament costo-claviculaire. On donne ce nom à un fais-
i7ire° ClavlCU~ ceau fibreux épais, résistant, bien distinct du tendon du sousclavier placé au devant de lui : ce faisceau fixé à la partie interne du premier cartilage costal se dirige très obliquement en haut et en dehors pour venir s'insérer à la face inférieure de la clavicule, en dedans de la facette articulaire.
Mécanisme de V articulation sterno-claviculaire.
Elle est le Cette articulation est le centre mobile des mouvements de
ccnire mobile ,,, ,.i j.^i-.'j 1 .1
des mouvements 1 épaule et des mouvements de totalité du membre thoractque,
du membre tho- ,, v ., .-..' , , ,., . , , . . „ „ ,
racique. d ou 1 ulihle du cartilage interarticulaire, qui a pour usage de
prévenir les effets des chocs et des pressions; d'où l'usure assez
commune de ce cartilage; d'où la déformation et l'usure assez
Fréquence de fréquentes des surfaces articulaires; d'où la dépression de la
l'usure dos sur- ., , , T9 v; r> 1 • t .• 1 1
faces articulai- facette sternale droite; a ou enfin la disproportion de volume entre l'extrémité interne de la clavicule droite et l'extrémité interne de la clavicule gauche.
Comme toutes les articulations par emboîtement réciproque, celle-ci permet des mouvements dans tous les sens.
ARTICULATIONS DE L'ÉPAULE. !ft>3.
1° En haut, 2° en bas, S0 en devant, 4° on arrière, î>°' des mouvements, de circumduction, résultat composé de tous les précédents : il n'y a point de mouvement de rotation.
1° Mouvement d'élévation. Dans ce mouvement, la facette Mécanisme ,<Ju
mouvement u"é-
sternale de la clavicule glisse de haut en bas sur la faeeite cor- lévation de i erespondante du sternum; le ligament inlerelaviculaire est relâché : la rencontre du cartilage de la première côte oppose à l'extrémité interne de la clavicule une résistance qui limite le mouvement d'élévation et s'oppose à tout déplacement.
2° Mouvement d'abaissement. Dans ce mouvement, l'exlré- pu mouvement
u abaissement.
mité interne de la clavicule glisse en sens opposé; les surfaces articulaires de l'articulation costo-claviculaire pressent fortement l'une contre l'autre et limitent l'étendue de ce mouvement.
Il est à remarquer que dans ce mouvement, l'artère sous- Effets de cet
, t , , . , . \ . » 4. abaissement sur
claviere est comprimée entre la clavicule et la première cote, l'anere sousquelquefois au point d'intercepter complètement la circulation dans le membre correspondant.
3° Dans le mouvement de l'épaule en arrière, l'extrémité Mouvement en
arrière.
interne de la clavicule glisse d'arrière en avant sur la facette sternale ; la partie antérieure de la capsule orbiculaire est tendue, et si le mouvement est porté au delà d'une certaine limite, la partie antérieure du ligament orbiculaire est déchirée, et la clavicule se luxe en devant. k° Dans le mouvement en avant de l'épaule , l'extrémité Mouvement en
r ' avant.
interne de la clavicule glisse d'avant en arrière. La partie antérieure du ligament orbiculaire est relâchée , la partie postérieure est tendue , il en est ainsi du ligament interclaviculaire qui , comme nous l'avons vu , est plus rapproché de la partie postérieure que de la partie antérieure de l'articulation. Dans ce mouvement, il y a possibilité de luxation en arrière. Il est à remarquer que de tous les mouvements de l'épaule , ce sont ceux dans lesquels celte luxation pourrait se produire , c'est à dire les mouvements en avant qui ont lieu le plus rarement.
5° Mouvement de circumduction. Ce mouvement a plus cjrciïmlùaion!6
k5k ARTHROLOGÏE.
M n d'étendue en avant et en haut qu'en arriè?'e. Au reste , les niou-
Les mouvc- ^ 7
mentssternocia- vements de l'articulation sterno-ciaviculaire sont extrêmement
viculaires sont
très limités. circonscrits j mais transmis par le levier que représente la clavicule, ils deviennent assez considérables au moignon de l'épaule.
Mécanisme de l'articulation coëto-clavicutaire.
Cette articulation qu'on peut considérer comme une dépen^ dance de l'articulation sterno-ciaviculaire r permet des mouvements peu étendus „ subordonnés à ceux de cette dernière articulation.
Articulation scaputo-humérale.
Prêpartiti&h. id Séparer du trotte ïe membre thoracique, soit <u désarticulant la clavicule, à son extrémité sternale, soit eii la sciant à sa partie moyen ne; 2° détacher le deltoïde à ses insérions supérieures; 3° détacher les muscles sus1 et sons-épineux, petit-rond et sousscapnlaire; en procédant de l'omoplate vers rhumérus; 4° respecter les adhérences des tendons de ces muscles avec la capsule fibreuse j 5° diviser la- capsule circulaircment, après avoir étudié sa surface extérieure.
L'articulation seapulo-btimérale appartient à la classe des Enartbroses. marthroses.
A. Surfaces articulaires. D'une part, l'omoplate présente cavité gténoïde. la cavité g lénoïde , surface articulaire légèrement concave*, regardant directement en dehors , ayant la forme d'un ovale dont 1» grosse extrémité est dirigée en bas : d'une autre part , Tête sphéroï- l'humérus présente tttietéte qui équivaut an tiers à peu près d'une sphère , et qui offre une surface deux ou trois fois plus Axedetatêie. étendue que celle de la cavité glénoïde^ L'axe de la tête numérale forme avee l'axe du corps- de l'humérus un angle très obtus (1).
Ces deux surfaces sont revêtues d'une couche cartilagineuse ,
(1) Telle est la brièveté du col humerai, que sa tête, qui regarde en haut et en dedans , serait presque entièrement comprise entre les plans prolongés du corps de l'humérus.
ARTICULATION SCAPULO-IITJMÉRAMî. kï%
plus épaisse au centre qu'à la circonférence pour Fa lele , plus épaisse à la circonférence qu'au centre pour la cavité.
Bourrelet glénoïdien. C'est un cercle fibreux qui couronne bourrelet giéen quelque sorte le pourtour de la cavilé glénoïdc , et qui sem- no,(lienble être le résultat de la bifurcation du tendon de la longue portion du biceps. Mais il se compose en grande partie de fibres propres qui , parlant d'un point de la circonférence de la cavité glénoïdc, vont se terminer à un point plus ou moins éloigné. Ce bourrelet ne se borne pas à augmenter la profondeur de la cavité articulaire -, il sert encore à matelasser sa circonférence et à prévenir les effets des chocs violents de la tête numérale contre le pourtour de celte cavité. Toutefois , malgré la présence de ce bourrelet, il n'y a pas réception de la tête de l'humérus n y a juxta-
, , . , , , .. . , ,. , . i , a position et non
dans la cavité glenoide ; de telle sorte qu une portion de la leie réception entre
. , . ... la tête numérale
numérale est constamment en contact avec la capsule, incon- etia cavité gié-
, . i i • 11 . n . ' i ' • noïde.
venient auquel obvie 1 existence d une cavité supplémentaire, ainsi que nous le verrons plus lard. L'articulation scapulo-humérale se fait donc par juxtaposition et non par réception, disposition qui a, jusque dans ces derniers temps, fait classer celte articulation parmi les artJtrodies.
B; Moyens d'union t Comme dans toutes les enarthroses , on trouve ici une capsule fibreuse ou ligament capsulaire , sac Capsule fibreuse à deux ouvertures, espèce de manchon qui s'étend du pour^tour de la cavité glénoïde au col anatomique de l'humérus (1)«
Cette capsule est remarquable pat son extrême laxité. En Saiaxitéi effet , elle à tine capacité' telle qu'elle pourrait loger une tête deux fois plus considérable que telle de t'hUmérus , et telle est sa longueur qu'elle permet un écaPtënient de plus d'uti pouce entre les surfaces articulaires : exemple unique dans l'écano-
(1) Il faut toutefois remarquer que la capsule fibreuse rie se termine pas directement au col anatomique de l'humérus, mais qu'elle s'épanouit et se prolonge un peu au-dessous, en confondant ses insertions à l'humérus avec les tendons des muscles sus-épineux, sous-épineux etsous-scapulaire.
456 ARTHROLOGIE.
mie d'une diduction aussi étendue des surfaces articulaires sans déchirure de ligament (1).
Eiieestincom- Un caractère particulier à la capsule fibreuse scapulo-humé-
Diète t
raie , c'est d'être en quelque sorte incomplète et suppléée dans une partie de son étendue par les tendons des muscles qui l'entourent. En aucun lieu , en effet , les muscles et les tendons ne prennent une plus grande part à la solidité d'une articulation ; ils s'identifient en quelque sorte avec elle. Il y a , d'ailleurs , à cet égard un grand nombre de variétés. La capsule fibreuse est d'autant plus fortement organisée qu'elle est plus distincte des tendons qui l'environnent.
ses rapports. Les rapports de la capsule sont les suivants : 1° en bas dans
1° En bas. l'intervalle variable qui sépare les muscles sous-scapulaire et petit-rond, elle répond au tissu cellulaire du creux de l'aisselle ou bien aux bords amincis de ces muscles : aussi est- il assez facile de sentir la tête de l'humérus en portant les doigts pro-
2° En haut, fondement dans le creux de l'aisselle ; 2° en haut et en dehors , elle répond immédiatement au tendon du sus-épineux dont il est très difficile de la séparer, et médiatementà la voûte acro-
3° Enavant. mio-claviculaire et au deltoïde; 3° en avant, au muscle sous-
4° En arrière, scapulaire dont il est facile de l'isoler; h° en arrière, aux tendons du sous-épineux qui lui adhèrent plus ou moins intimement, et du petit-rond qui en est toujours parfaitement distinct.
sa structure. Examinée dans sa structure, la capsule présente des fibres étendues d'une manière peu régulière du col de l'humérus au
Son épaisseur, pourtour de la cavité glénoïde. Son épaisseur est peu considérable et inégale dans les différents points de son étendue. C'est en bas et en avant qu'elle est la plus considérable; supérieurement, la capsule est fortifiée par un faisceau considérable, nommé faisceau coracoïdien, ligament accessoire de la ca-
(1) Pour bien apprécier la laxité de la capsule, il convient de la distendre par insufflation. Dans la paralysie du deltoïde, la tête numérale s'éloigne tellement de la cavité glénoïde qu'on peut interposer deux doigts entre les deux surfaces articulaires.
ARTICULATION SCAl'ULO- HUM Î'.IIA LE. M 7
psule fibreuse qui, du bord antérieur de l'apophyse coracoïde, vient se terminer sur cette capsule.
Celte capsule présente constamment une ouverture (1) ou interruption en avant et en haut , au niveau du bord supérieur interruption
1 • constante de la
du muscle sous-scapuiaire qui la couvre en partie, ou plus ex- capsule fibreuse, actement encore entre ce bord et le faisceau de renforcement coracoïdien. Celle ouverture est ovalaire, son plus grand diamètre est horizontal , sa grosse extrémité est dirigée en dehors et sa pelite extrémité est dirigée en dedans. La circonférence de celle ouverture qui est assez considérable pour admettre l'index, est parfaitement lisse, épaisse et d'un aspect nacré, surtout dans sa moitié inférieure. Celle ouveri tire laisse passer Prolongement
1 sous-eoracoiilicn
un prolongement considérable de la synoviale articulaire qui de la synoviale
J ' articulaire par
gagne la base de l'apophyse coracoïde et s'enfonce entre le cette ouverture tendon du muscle sous-scapuiaire et la fosse du même nom. Ce prolongement qui est conoïde, est 1res variable quant à son étendue , il ne paraît avoir d'autre but que de favoriser le glissement du tendon du sous-scapuiaire sous la voûte coracoïdienneet contre le pourtour de la cavité glénoïde. En insufflant la capsule articulaire chez plusieurs sujets, M. Bonamy m'a parfaitement démontré cette disposition. J'ai pu voir que le prolongement synovial est quelquefois divisé en plusieurs cellules par des cloisons incomplètes , ce qui donne à ce prolongement insufflé un aspect bosselé. Quelquefois même plusieurs de ces cellules sont tout à fait distinctes de la synoviale.
Ligament inter articulaire. On pourrait à la rigueur donner ce nom au tendon de la longue portion du biceps, qui
(1) J'ai vu cette ouverture divisée en deux parties inégales par un faisceau fibreux, très-fort, d'un aspect nacré, qui ressemblait à un petit tendon. Souvent j'ai rencontré une seconde interruption de la capsule fibreuse au niveau du bord concave de l'apophyse acromion, bord concave qui est une véritable poulie de renvoi pour le muscle sous-épineux et analogue à la poulie de renvoi que présente la base de l'apophyse coracoïde au muscle sous-scapuiaire. Dans le eus où la capsule est perforée en ce point, la synoviale envoie un prolongement qui sert de capsule de glissement au tendou du sous-épineux.
ft58 ARTHROLOGIE.
r Le tendon du naissant de ïa partie supérieure de la cavilé glénoïde se concSdéPréUcom- tourne à la manière d'une corde sur la tête de l'humérus , et in^erartîîfuiaire.1 v*eilt s engager dans la coulisse bicipilale. Ce tendon a pour effet d'appliquer la tête de l'humérus contre la cavité glénoïde. Il constitue une sorte de voûle qui soutient la tête de l'humérus dans les chocs dirigés de bas en haut, j'ai trouvé deux sujets chez lesquels le tendon du biceps se terminant dans la coulisse bicipitale à laquelle il adhérait fortement, justifiait ainsi la dénomination de ligament inlerarticulaire que je lui ai donnée. On voyait naître dans la même coulisse la portion de tendon destinée à la longue portion du muscle. Je peUse que cette division du tendon en deux parties était accidentelle, car la coulisse bicipitale était déprimée, le ligament interarticulaire aplati et comme lacéré, capsuiesyno- Capsule synoviale. La plus simple de toutes dans sa disposition. Elle tapisse la capsule fibreuse et les tendons qui la remplacent, et se réfléchit sur le col humerai d'une part, sur le pourtour de la cavité glénoïde d'une autre part, pour se perdre sur la circonférence des cartilages articulaires. Elle présente ceci de remarquable, 1° qu'elle forme autour du tendon du biceps un repli qui se prolonge jusque dans la couson prolonge- lisse bicipitale, et se termine en bas par un cul de sac ou repli ment bicipita . cjrcuia}r6 qUj prévient l'effusion de la synovie ; 2° qu'elle est constamment ouverte en un point, et quelquefois ouverte en deux points de son étendue, qu'elle présente constamment un prolongement conoïde très considérable qui constitue la synoœent sous-sca- viale du tendon du muscle sous-scapulaire, et que dans le cas
pulairc. , ., , „ . ,,
ou il existe une seconde perforation , elle présente un autre prolongement qui constitue la synoviale du tendon du sousépineux. Cette synoviale présente donc deux ou trois prolongements destinés à la lubrifaction des tendons, cavité suppié- Cavité supplémentaire. On doit considérer comme une dépendance de l'articulation scapulo-humérale la voûle formée par les apophyses coracoïde, aci'omion et le ligament qui les unit. Celte voûte, en effet, est en quelque sorte moulée sur
ARTICULATIONS SCAPULO-IIUMERALE. fi59
la tôle de l'humérus, et disposée de telle manière que , l'apophyse coracoïde prévient les déplacements vers la pin \'w, interne; que l'acromion prévient les déplaccmenls en haut et en dehors, et que le ligament réuni aux deux apophyses prévient les déplacements qui tendraient à s'effectuer directement en haut. Cette disposition compense évidemment les inconvénients qui résultent de la réception incomplète de la tète de l'humérus dans la cavité glénoïde.
Une circonstance qui prouve l'utilité de celte voûle, et les uu,ilé do la
^ * ' voûte coraco-
contacls fréquents qu'elle doit avoir avec l'humérus, c'est acromiennel'existence constante d'une capsule synoviale si Uiée entre la voûle coraco-acromienne d'une part, et, d'une aulre part, le tendon du sus-épineux et le grand trochanter de l'humérus. L'élude de la voûte coraco- acromienne ne saurait donc être séparée de celle de l'articulation scapulo-humérale sous le point de vue anatomique et physiologique, de même que sous le point de vue chirurgical. La fonction de cavité supplémentaire que j'assigne à cette voûte est tellement dans la nature, que j'ai eu occasion de présenter à mon cours d'anatomie de 1825-26 , une articulation scapulo-humérale dans laquelle le tendon du susépineux ayant été usé, la tête de l'humérus se trouvait en contact immédiat avec les apophyses coracoïde et acromienne également détruites en partie; que l'extrémité externe de la clavicule, qui forme comme une seconde voûte au dessus de la voûle coraco-acromienne, usée elle-même, était brisée en plusieurs fragments.
Ligament acroniio-coracoïdien. Il fait partie de la voûte *. to n,acro acromio-coracoïdienne ; c'est une lame fibreuse triangulaire , mio-coracoïdien radiée, étendue du sommet de l'acromion à toute la longueur du bord postérieur de l'apophyse coracoïde. Son bord externe se continue en s'amincissant avec une lame aponévrolique subjacenie au muscle deltoïde qu'elle sépare de l'articulation scapulohumérale. Ses faisceaux antérieurs et ses faisceaux postérieurs sont très forts, plissés sur eux-mêmes, d'un aspect nacré ; ses faisceaux moyens sont beaucoup moins épais. Tapissé en bas
6G0 ARTHROLCGIE.
par une synoviale, ce ligament est séparé de la clavicule par du tissu adipeux.
Mécanisme de V articulation scapulo-humerale .
De toutes les articulations du corps humain , l'articulation scapulo -numérale est celle qui permet les mouvements les plus
Aucun mou- , • , . . ..
vement n'est étendus. Aucun mouvement ne lui est étranger ; elle permet
étranger à l'ar- , , ,, ,
ticuiaiion sca- des mouvements en avant, en arrière, des mouvements dad-
pulo-humérale. , ,, , , . , , , .
duction et d abduction, des mouvements de circumduction et des mouvements de rotation.
1° et 2° Mouvements en avant et en arrière. Dans ces mouvements, qui répondent aux mouvements de flexion et d'extension des autres articulations, la tête de l'humérus roule sur la cavité glénoïde, et se meut autour de l'axe du col humerai, tandis que l'extrémité inférieure de l'os décrit un arc de cercle dont le centre est à l'articulation, et dont le rayon est représenté par l'humérus (1).
M Le mouvement en avant est très étendu, et peut être porté
en avant très assez loin pour que l'humérus prenne la direction verticale dans un sens diamétralement opposée sa direction naturelle. Mouvement en Le mouvement en arrière se fait par le même mécanisme :
arrière. , 4 , . , = •
la tele numérale tourne sur son axe. Le mouvement en arnere est limité par la rencontre de la lête numérale et de l'apophyse coracoïde, sans laquelle le déplacement en avant serait très facile.
L'omoplate ^ ^aut remarquer que l'omoplate ne reste pas étrangère à un mouvements.068 grancl mouvement en avant, et qu'elle décrit alors l'espèce de mouvement de rotation dont nous avons parlé dans l'exposé du mécanisme de l'épaule. El cette combinaison du mouvement en avant du bras et du mouvement de rotation de l'épaule, rend
(1) C'est en vertu de ce mécanisme si ingénieux et si simple, que nous retrouverons bientôt dans l'articulation du fémur avec l'os coxa), qnc le mouvement en avant de l'humérus peut être porté au point de décrire un demi-cercle sans déplacement.
ARTICULATION SCAPULO-HUMÛUA Llï . 461
(ouïe espèce de déplacement extrêmement difficile dans l'çsxereice du mouvement du bras ci) avani.
S0 Le mouvement eu dehors ou à.' abduction est le plus re- Mouvement masquable..; il est exclusivement propre aux animaux clavicules. Dans ce mouvement, la tête huniérale ne tourne plus sur son axe ; elle glisse de haut en bas sur la cavité glénoïde , et c'est à celte circonstance que se rapporte le double avantage , pour la cavité glénoïde , d'offrir son grand diamètre verticalement dirigé, et sa plus grande largeur inférieureinenl; la tête de l'humérus vient presser contre la partie inférieure de la capsule. Lorsque le mouvement d'abduction est porté assez Mouvement du loin pour que l'humérus lasse avec l'axe du tronc un angle fer de l'humérus droit, la tête huniérale se trouve en grande partie au-dessous co-a^romfenne. delà cavité glénoïde. Si, dans cette altitude, des mouvements sont imprimés au bras, soit en avant, soit en arrière, le grand trochanter de l'humérus frotte alors contre la voûte coracoacromienne, et forme avec elle une espèce d'articulation supplémentaire que lubrifie la capsule intermédiaire à la voûle coraco-acromienne et à ce grand trochanter (1).
Le mouvement d'abduction peut être porté assez loin pour permettre la rencontre de la tête el du bras sans déplacement; la capsule scapulo-humérale est assez lâche surtout à sa partie inférieure pour recevoir la presque totalité de celte lèle sans se rompre. Il importe de remarquer que pendant le mouve- L'omopiaieest ment d'abduction, l'omoplate est immobile, circonstance qui mouvement1- Ce explique la fréquence des luxations en bas de l'humérus.
h° Le mouvement d'adduction est limité par la rencontre Ainsi qu'au
. , ... , . , mouvemenul'ad-
du thorax. Lorsqu'il se combine avec le mouvement en avant, duoiioo.
(1) Si la théorie a pu faire penser que la voûte coraco-acromienne concourait à la luxation, en servant de point d'appui au levier représenté par l'humérus écarté du corps, une observation plus attentive a démontré que cet areboutement était impossible, le bord antérieur du ligament coraco-acromien appuyant seul contre l'humérus dans l'abduction forcée, et la luxation se produisant toujours dans un écartement moyen du bras.
462 ARTIIROLOGIK.
il en résulte une distension considérable de la partie supérieure et postérieure de la capsule et des muscles qui la recouvrent. L'omoplate est étrangère à ce mouvement qui, pour être suivi de déplacement, nécessiterait une impulsion très forte imprimée de bas en haut et d'avant en arrière, rourquoi je 50 jT^ mouvement de circumduction ou en fronde n'est
mouvement de
circumduction q„e \e passade d'un de ces mouvements à l'autre. Le cône
est plus étendu ^
en avant qu'en qU'ji décrit est beaucoup plus étendu en devant qu'en arrière,
fir 1 ici. c «
c'est une disposition éminemment favorable à la préhension des objets extérieurs, préhension qui est le but définitif des membres thoraciques. Celle prédominance des mouvements en avant a déjà été indiquée pour l'articulation sterno-claviculaire ; on la retrouvera dans plusieurs aulres articulations.
6° Mouvement de rotation. Nous remarquerons par rapport Axe fictif du à ces mouvements que l'humérus ne tourne pas sur son axe,
mouvement de
rotation. mais bien autour d'un axe fictif, dirigé de la tête numérale à
l'épilrochlée et qui serait parallèle à l'humérus. Une circonstance très favorable à ce mouvement en ce qu'elle supplée à la brièveté du col qui sert de levier de rotation, c'est l'espèce Enroulement d'enroulement que présentent les muscles rotateurs autour de
des muscles ro- ,
tateurs. la tele numérale.
Articulation du coude, ou articulation huméro-cubitale.
Préparation. 1° Enlever avec précaution le muscle brachial antérieur, dont les fibres les plus profondes et les plus inférieures se terminent au ligament antérieur; 2° détacher de haut en bas le tendon du triceps en évitant d'ouvrir la synoviale; 5° enlever les muscles qui se fixent aux tuberosilés interne et externe, en se rappelant que les ligaments latéraux se confondent avec la portion tendineuse des muscles.
Celle articulation appartient à la classe des articulations trochlèennes (Ginglymes angulaires).
A. Surfaces articulaires : 1° Du côté de l'humérus , tro-
chlée ou poulie presque complète , offrant deux bords , dont
l'interne est le plus saillant, en sorte que pour faire porter sur
mK;.hlée hu" un Plan horizontal l'extrémité inférieure de l'humérus, il faut
donner à ccl os une direction oblique très prononcée de haut
en bas et de dehors en dedans : 2° petite tête ou condyle arli- Petite tête ou
. condyle.
culaire séparée de la trochlee par une rainure également articulaire; 3° deux cavités, Tune postérieure, très profonde, des- cavité oiécra-
7 ,'".'„ nienne et coro-
tinée à recevoir l'olccrane, cavité oleçranienne j 1 autre , noïde. antérieure, plus superficielle pour l'apophyse coronoïde , cavité coronoïde.
Du côté de Vavant-hras. 1° Crochet cubital embrassant crochet cubital, exactement la trochlee (1) ; 2° cavité glénoïde du radius, qui
reçoit la petite tête numérale, tandis que la bordure de la cavité cavité glénoïde
," . ' . , j du radius.
glénoïde est reçue dans la rainure qui sépare la petite tele qe la trochlee hnmérale.
B. Moyens d'union : ce sont quatre ordres de ligaments , deux latéraux , un antérieur et un postérieur. térau™erne!a"
1° Ligament latéral externe , confondu avec le tendon du court supinateur, et en partie avec le tendon des extenseurs, de forme triangulaire, étendu de la lubérosité externe de l'hu- aygç ferment mérus au ligament annulaire avec lequel il se continue, et qui annulaire. paraît être en partie formé par son épanouissement. Quelques fibres de ce ligament vont encore s'insérer à la partie externe du crochet cubital. Les connexions du ligament latéral externe avec le ligament annulaire jouent un grand rôle dans le mécanisme des luxations de l'extrémité supérieure du radius (2).
(1) Il y a là véritablement charnière ; c'est l'exemple le plus remarquable de charnière qui existe clans l'économie ; c'est le ginglyme angulaire le plus parfait. Les deux surfaces articulaires présentent une surface sinueuse, alternativement concave et convexe, une sorte d'engrenage qu'on ne rencontre nulle part ailleurs.
(2) Ces rapports entre le ligament annulaire et le ligament latéral externe sont si intimes, qu'il est bien rare de voir ces deux ligaments se rompre indépendamment l'un de l'autre; d'où le déplacement consécutif du radius sur le cubitus dans les luxations du coude, d'où les luxations du radius sur l'humérus » le cubitus restant en place. (Voyez ua exemple de luxation en arrière du radius sur l'humérus, le cubitus étant en place, Anal, pathol. avec planches» 8e livraison.)
£|6& ÂRTHÏtOLOGÏE.
Lio-àraents la- 2" Ligaments latéraux internes. Au nombre de deux , l'un téraux internes. jn te,,ne proprement dit , ou hu'méro-coroitoïdien , l'autre interne eL postérieur, huméro-olécranien.
1° numéro- Le premier , ou huméro-coronoïdien , en partie confondu
coroiioïdien. , , ,. , , „ > , •: r> . i
avec le tendon aponevrotique du muscle fléchisseur superficiel des doigts , est constitué par un faisceau épais , arrondi , qui naît au bas de la tubérosité interne de l'humérus, et va s'insérer à tout le côté interne de l'apophyse coronoïde , et plus particulièrement au tubercule qu'il présente. ' 2° numéro- Le second , ou huméro-olécranien, qu'on pourrait décrire
olécranien. .. , . , ,, . ,
comme un ligament postérieur de l'articulation , est mince , rayonné : il naît de la partie postérieure de l'épitrochlée, et s'irradie pour aller s'insérer à toute l'étendue du bord interne de l'olécrane ; les faisceaux inférieurs sont les plus forts , et font suite au ligament huméro-coronoïdien. Les faisceaux supérieurs sont très grêles , et débordent l'olécrane pour se répandre sur la synoviale.
3° Ligament antérieur. Formant une couche très mince, et
Ligament an- . . , . , .. , „ A .
térieur. néanmoins résistante , dans laquelle on peut reconnaître trois
ordres de fibres. Les premières, dirigées verticalement, forment un faisceau qui s'étend depuis la partie supérieure de ia cavité coronoïde de l'humérus jusqu'à la partie inférieure de l'apophyse coronoïde du cubitus! D'autres fibres sont transversales, et coupent perpendiculairement la direction des premières. Enfin , le troisième ordre de fibres , qui est le plus considérable, est obliquemeut dirigé de haut en bas et de dedans en dehors jusqu'au ligament annulaire qui y prend de nombreuses insertions (1). Nous verrons plus tard que le muscle brachial
(1) Il est à remarquer qu'aucun des ligaments de l'articulation du coude ne s'étend directement au radius ; que les fibres qui sont dirigées vers cet os se fixent au ligament annulaire : disposition qui permet à l'extrémité supérieure du radius d'exécuter les mouvements de rotation les plus étendus dans son anneau, ce qui eût été impossible si des ligaments se fussent insérés directement à l'extrémité supérieure du radius.
ATlTIf.ULATÏON DU COUDE. &65
antérieur rendait un ligament antérieur 1 ôsisiant loin à fait inutile ; d'ailleurs les fibres les plus inférieures et les plus profondes de ce muscle , s'insèrent directement au ligament antérieur.
U° Ligament postérieur. Le ligament postérieur est rem- Ligament poplacé par l'olécrane et par le tendon du triceps. Toutefois, on scrleu1trouve quelques fibres propres dirigées de la tubérosité externe de l'humérus à la tubérosité interne, et qui répondent en avant à la synoviale, en arrière au tendon du triceps. Les principales fibres ligamenteuses postérieures sont celles qui semblent émaner du ligament huméro-olécranien.
Synoviale. Elle revêt la face postérieure du ligament anlé- synoviale. rieur, de là se réfléchit en haut au dessus de la cavité coronoïde qu'elle revêt, tapisse en arrière la cavité olécranienne, se prolonge un peu au-dessus de cette cavité entre le tendon du triceps et la face postérieure de l'humérus. C'est dans ce point qu'elle présente le plus d'ampleur et de laxité.
Inférieurement, cette synoviale fournit un prolongement pour l'articulation radio-cubitale, tapisse tout le pourtour intérieur du ligament annulaire , et forme inférieurement un cul de sac circulaire qui prévient l'effusion de la synovie. Une certaine quantité de tissu adipeux synovial se voit autour de tous les points de réflexion de la synoviale, mais surtout autour des cavités coronoïde et olécranienne.
Il suit de ce qui précède , que la synoviale de l'articulation prolongements
i j i i * o ... de cette svno-
du coude présente plusieurs prolongements, 1 un principal viaie. qui constitue la synoviale de l'articulation radio-cubitale supérieure ; 2° un second, pour la cavité olécranienne : c'est le plus lâche ; 3° un troisième pour la cavité coronoïde du cubitus ; ha enfin pour ne rien omettre, un prolongement pour la petite dépression antérieure de l'humérus qui reçoit le rebord de la cupule radiale dans une flexion forcée.
Mécanisme de l'articulation uuméro-cubitale.
Les mouvements de flexion et d'extension, les seuls dont 1. 30
UdG ARTHROLOGIE.
causes de la jouisse cette articulation, sont remarquables par leur précision
précision et de , . ,. , , . ..
fa rapidité des et par leur rapidité, ce qu on doit attribuer aux circonstances uv m ' suivantes : 1° à l'exactitude de l'engrenage des surfaces; 2° à la grande étendue du diamètre transversal de l'articulation, autour duquel les mouvements de flexion et d'extension s'effectuent comme sur un axe ; 3° à la brièveté du diamètre antéropostérieur de l'extrémité inférieure de l'humérus, et par conséquent à la petitesse de la courbe que représente la poulie humérale.
Mécanisme du 1° Mouvement de flexion. Dans ce mouvement qui est exmouvement de , .
ilexion. tremement étendu , le radius et le cubitus se meuvent a la ma-
nière d'un seul os, d'arrière en avant , sur la petite tête et sur la*trochlée numérales. Or, il est à remarquer que dans ce mouvement , par le seul fait de l'obliquité que présente la trochlée d'arrière en avant, et de dehors en dedans, l'avant-bras, fléchi, vient se placer en devant du thorax , et la main au devant de la bouche. Ce mouvement est borné par la rencontre du bec de l'apophyse coronoïde contre la cavité coronoïdienne. Quand son étendue, ce mouvement est porté jusqu'à ses dernières limites, l'extrémité supérieure de l'olécrane répond à la partie la plus déclive de la trochlée, et se trouve par conséquent au dessous d'une ligne passant par les tubérosités interne et externe de l'humérus. Dans ce mouvement , la partie postérieure de la trochlée et la fossette olécranienne ne sont plus recouvertes que par le tendon du triceps , aussi les instruments vulnéranls pourraientils facilement pénétrer dans l'articulation. Du reste, la flexion du coude, mouvement fondamental dans la préhension, dans l'attraction des corps extérieurs, peut être portée aussi loin que possible, puisqu'elle va jusqu'à la rencontre de l'avant-bras et du bras , et que toute espèce de déplacement est impossible , quelque exagéré que soit ce mouvement.
2° Mouvement d'extension. Dans ce mouvement, le radius et le cubitus roulent d'avant en arrière sur l'humérus. Ce mouvement ne peut jamais être porté au delà de la ligne droite ; quand il arrive au point que les axes du bras et de l'avant-bras