MÉCANISME DO THORAX
Le thorax remplissant le double usage, 1° de protéger les organes qu'il renferme; 2° de concourir par ses mouvements aux phénomènes de la respiration , son mécanisme doit être examiné sous ce double rapport.
A. Mécanisme du thorax, relativement à la protection des organe3 thoraciques.
1° Voici par quel mécanisme le thorax résiste aux pressions
Mécanisme de . . , ,..,,, /lN .
la résistance aux ou aux percussions violentes dirigées d avant en arrière (1) ; le
violences dans le
sens antéro-pos- nomDre des sujets de tout âge, dont j'ai eu occasion d'étudier le sternum, il y avait articulation, tantôt symphyse, comme le dit Meckel, qui compare celle articulation aux articulations des corps des vertèbres , et alors un ligament intercsseux très dense occupait ou une partie, ou toute l'épaisseur des surfaces articulaires; tantôt il y avait diarlhrose, c'est à dire contiguïté dans toute l'étendue des surfaces articulaires, ainsi que l'a fort bien observé M. Maisonneuve. Chez plusieurs sujets avancés en âge, j'ai trouvé entre les deux pièces du sternum une matière brunâtre, pultacée, tout à fait semblable à celle que l'on trouve si souvent au centre du disque intervertébral des vieillards. Au reste, le seul mouvement qui se passe dans celle articulation, est un mouvement de balancement léger, comme dans toutes les symphyses. Dans plusieurs sternums, j'ai pu déterminer un léger mouvement de torsion. Il est bon de noter que la deuxième côte suit constamment la première pièce dans ses mouvements.
Une remarque qui n'est pas sans quelque intérêt, c'est que le renflement notable que présente le lieu de l'union de la poignée du sternum avec le corps de cet os est beaucoup plus considérable lorsqu'il y a articulation, que lorsqu'il y a absence d'articulation. Quelquefois ce renflement est tel que le sternum présente une sorte d'apophyse dans ce point. Chez presque tous les sujets, lorsqu'on renverse de bas^en haut le sternum qui lient encore par les deux premiers cartilages et par les clavicules, ce n'est jamais au point de réunion de la poignée avec le corps qu'a lieu la séparation, soit qu'il y ait articulation, soit qu'il y ait continuité., mais bien toujours au dessus de ce point, à la réunion des deux tiers supérieurs avec le tiers inférieur de la poignée, qui est très peu épaisse et par conséquent peu résistante.
(1) Tel est l'agencement des diverses pièces qui le constituent, que le thorax résiste bien plus efficacement aux violences extérieures que s'il n'était composé que d'une seule pièce, et s'il formait, comme le crâne, uue boîte complètement osseuse. Les instruments piquants seuls peuvent pénétrer dans les
ARTICULATIONS DU THORAX. kZI
sternum est soutenu par les quatorzcs eûtes, qui , comme aillant d'arcsboulants , opposent leurs résistances réunies aux causes de déplacement ou de fracture. Aussi est-il excessivement rare de voir le sternum enfoncé et la fracture simultanée de toutes les côtes qui le soutiennent, quelque violent qu'ait été le choc. L'élasticité des cartilages et des côtes , non moins L'élasticité des
, ... ,. .. . , . .. , , , côtes est favo-
que la multiplicité des articulations que présente le thorax , rabie à la soiusont des circonstances favorables à la solidité, car elles atténuent l'intensité des chocs extérieurs en absorbant une partie de la quantité de mouvement. Cependant , j'ai vu un cas de chute sur le sternum , qui eut pour résultat la fracture de toutes les côtes sternales , de telle sorte , qu'on eût dit d'une seclion de la paroi antérieure du thorax faite pour une préparation anatomique. La circonstance de la présence ou de l'absence d'une articulation entre la première et la deuxième pièce du sternum, doit être prise en grande considération dans l'appréciation du mécanisme de la résistance du sternum aux pressions ou percussions dirigées contre cet os.
Je dois aussi faire remarquer que la flexibilité des côtes et La flexibilité de leurs cartilages permettant une forte dépression sans frac- qU| îa°iéSSionPdes ture du sternum , on s'explique la possibilité de contusions et Maures. sa"S même de déchirures du cœur, des poumons et des gros vais^ seaux , sans fracture des os du ihorax. Du reste , une circonstance qui fait varier considérablement le degré de résistance de la paroi antérieure du thorax , c'est l'état de relâchement ou de contraction des muscles qui doivent être considérés comme des aresboutants actifs et contractiles de la voûte dont le sternum est la clef.
2° Dans le cas de pressions ou de percussions latérales , le Résistance
,, '•.•»! ••«j? a* j . i '• „ ' dans le cas de
thorax résiste a la manière d une voûte dont le cintre est repre- violences qui
s'exercent Iaté— intervalles que laissent entre elles les différentes pièces, qui entrent dans sa composition. Comme moyens de protection des viscères thoraciques, nous devons encore noter les extrémités supérieures, dont la clavicule garantit le sommet en avant, l'omoplate le plan postérieur, le bras le plan latéral, l'avant-bras demi-fléchi le plan antérieur.
438 ARTHR0L0GIE.
sente par la convexité des douze côtes, et dont les piliers sont le sternum en avant, les vertèbres en arrière. Les chocs extérieurs ne pouvant porter simultanément sur toute l'étendue des parois latérales, tandis qu'en devant les pressions ou les percussions portent à la fois sur toute l'étendue du sternum souinfluence de tenu par ses quatorze supports , il en résulte que les côtes n'of-
Ja contraction « .. , . / " , , , > . , , • . r .
des muicieséié- lient latéralement qu une résistance isolée, et se fracturent surîarésfsunce! bien plus facilement que dans les chocs dirigés d'avant en arrière : du reste , dans les pressions latérales , de même que dans les pressions aniéro-postérieures, quand les muscles élévateurs des côtes sont contractés, la résistance de ces os est beaucoup plus considérable : aussi , voit-on des individus sup« porter dans cette circonstance des poids énormes, qui, dans l'état de relâchement des muscles, détermineraient probabio meni la fracture des cotes.
Tout ce qui a été dit du mode de résistance des côtes ne s'applique nullement aux côtes asternales, qui, n'étant point fixées au sternum , se dépriment vers la cavité abdominale. B. Mécanisme du thorax, relativement à la mobilité.
Le thorax devait non seulement servir d'organe protecteur à certains organes, niais encore coopérer activement à la respiration par sa dilatation et son resserrement alternatifs. Or, cage^horadque il est dans le thorax une partie consacrée exclusivement à la consacrée "à "a protection , elle est formée en avant par le sternum , en arrière protection. ^v ,a coionne vertébrale; aussi le cœur et les gros vaisseaux, l'œsophage, la trachée, etc., qui répondent à cette région, sont-ils dans la cavité thoracique comme daus une bohe comparée consa- pjètement osseuse. Le mécanisme de la deuxième partie, qui
crée à la mobi- L v ,r .
lité. est en partie consacrée a la mobilité est, suivant la comparai-
son aussi ingénieuse que vraie de Mayow , celui d'un soufflet qui admet l'air lorsque la main en écarte les parois, et qui l'expulse lorsque la main cesse d'agir. mentsed'en°senT- Les mouvements d'ensemble du thorax consistent en effet consistent hdans dans une dilatation et dans un resserrement alternatifs : or, ces unressCTrement mouvements sont le résultat composé des mouvements qui se
alternatifs.
ARTICULATIONS DU THORAX. llÔO
passent, 1° dans les articulations costo-vertébrales ; 2° dans les Analyse des articulations chondro-sternales; 3° dans les articulations des pHsTcTcôcai'iilages les uns avec les antres. Ce n'est qu'après avoir ainsi tes' analysé les mouvements partiels que nous pourrons exposer, h° les mouvements de totalité de chaque côte ; et 5° les mouvements d'ensemble du thorax.
1° Mouvements des articulations costo-vertébrales .
Ces articulations ne permettent que des glissements très limités. Dans ses mouvements , chaque côte représente un levier chaque côie
1 r représente un
qui se meut sur le point d'appui que lui présente la colonne lcvicrvertébrale. Elle peut décrire des mouvements, 1° d'élévation ; 2° d'abaissement; 3° elle peut être portée en dedans; If elle peut être portée en dehors; 5° elle décrit des mouvements de torsion autour de la corde qui soutend l'arc qu'elle représente.
Ces divers mouvements très obscurs au voisinage de l'articulation, sont d'autant plus prononcés, qu'on les étudie à une plus grande distance de l'extrémité postérieure de la côte. Du reste , telle est la solidité des moyens d'union de ces côtes avec les vertèbres, que la luxation des côtes n'est pas possible, et que les causes qui tendraient à la produire auraient pour effet la fracture du col de ces os.
Il n'est aucune côte qui ne jouisse à la fois de tous ces mou- T . , .
1 ° Inégale repar-
vements-, mais inégalement répartis entre les diverses côtes, tu:ondumou\e-
° * 7 ment.
ces mouvements doivent être examinés comparativement dans
la série des articulations costo-vertébrales. La onzième et la La onzième et
, . * ..... , , la douzième cô-
douzieme cote sont celles qui jouissent des mouvements les te sont les plus plus étendus. Elles doivent celte mobilité, 1° à ce qu'elles s'ar- m° ie3' ticulent à peine avec les apophyses transverses, lesquelles sont à l'état de vestige; 2° à ce que leurs moyens d'union sont très lâches; 3° à ce que leurs surfaces articulaires sont presque planes. Je dois faire remarquer l'étendue des mouvements en dedans et en dehors dont ces deux côtes sont susceptibles, mouvements que nous retrouverons, mais moins prononcés,
hhù AKTHROLOGIE.
dans les huitième, neuvième et dixième côtes, et qui sont presque nuls dans les sept premières côtes.
La première côte présente dans la configuration de sa lête des conditions favorables à la mobilité ; ce qui a sans doute suggéré l'idée que cette côte était la plus mobile de toutes ; mais prem?èrequ°cô!e l'articulation de sa lubérosité avec l'apophyse transverse de la mobiie.as 'a P'US première vertèbre, le défaut de laxité des ligaments expliquent assez pourquoi celte côte n'occupe pas le premier rang, sous le rapport de la mobilité.
Les mouvements qui se passent dans les articulations costovertébrales des deuxième, troisième, quatrième, cinquième, sixième et septième côtes , ne présentent pas de différences assez tranchées pour que nous devions en faire une mention spéciale.
2° Mouvements des articulations chondro-sternales .
Ces articulations ne permettent que des mouvements de glissement bien plus limités encore que ceux des articulations précédentes. L'extrémité antérieure de la première côte , ou plutôt le cartilage qui lui fait suite, est de tous le moins mo-
Immobilité ; ., .,
presque com- bile ; le plus souvent même il est complètement immobile a
plétG de l'cxtré-
mité antérieure raison de sa continuité avec le sternum; ce qui neutralise les
de la première ... . , . ... , , ,, , . , , .
côte. conditions de mobilité que présente 1 extrémité postérieure.
Celles des côtes qui offrent le plus de mobilité, sont les onzième et douzième côtes , dont l'extrémité antérieure se perd La mobilité dans les parois de l'abdomen. La mobilité des côtes en avant
QCS coics GH
avant va en di- va en décroissant de la partie inférieure vers la partie supé-
minuant de bas r . r
en haut. rieure du thorax ; il y a cependant une exception pour la
deuxième côte, dont la mobilité est due en grande partie à l'existence de deux synoviales très distinctes , qui appartiennent à l'articulation chondro-sternale de cette côte. Je dois rappeler ici que la mobilité de ce cartilage est très variable, et subordonné d'une part à la présence ou à l'absence d'une articulation entre la première et la deuxième pièce du sternum,
ARTICULATIONS DU THORAX. l\l\\
el d'une autre part au mode d'articulation plus ou moins mobile de ces deux pièces.
3° Mouvements des cartilages les uns sur les autres.
Les cartilages des dixième , neuvième , huitième , septième , sixième , et quelquefois cinquième côtes sont les seuls qui s'articulent entre eux; ils glissent les uns sur les autres, et ce mouvement de glissement est proportionnel à la laxité des ligaments. Il suit de là que les côtes que je viens de nommer ^"^"Jvcnt se meuvent toujours simultanément, en même temps qu'elles [106^°eunrtsslII'ulta~ exécutent les unes sur les autres de légers mouvements de glissement, tandis que les côtes supérieures sont indépen- indépendance
7 ^ r ' des cotes supe-
dantes dans leurs mouvements. Toutefois , cette indépendance rieures. n'est pas aussi grande qu'on pourrait le croire au premier abord , à cause de l'aponévrose inlerosseuse , des muscles interosseux, el du ligament transverso-coslal supérieur qui , très étroit en haut , se présente en bas sous la forme de grandes lames aponévrotiques resplendissantes.
Voilà pour les mouvements considérés dans les articulations. Il résulte de ce parallèle que, de toutes les côtes , les plus mobiles sont la douzième et la onzième qui, indépendamment des mouvements d'élévation et d'abaissement, jouissent en même temps au plus haut degré des mouvements de projection en dedans et en dehors , que la première côte est la moins mobile de toutes; que les côtes supérieures peuvent se mouvoir isolément ; que les côtes inférieures se meuvent en masse.
4° Mouvement de totalité des côtes,
Actuellement que nous connaissons tous les éléments dont se compose le mouvement des côtes , il nous sera facile de comprendre le jeu de chacun de ces os pris isolément et le jeu de l'ensemble du thorax. Or , les mouvements de chaque côte en particulier sont le résultat composé 1° des mouvements qui se passent dans leurs articulations vertébrales et sternales; 2° de ceux qui résultent de la flexibilité et de l'élasticité
khi ARTHROLOGIE.
des leviers qu'elles représentent. Et d'abord, réduisons la question à ses plus simples éléments.
Effet de réié- Supposons que les côtes soient des leviers inflexibles, rec-
Vâlion des côtes
' lilignes : par le seul fait de leur obliquité sur l'axe vertical représenté par la colonne vertébrale, le premier effet de l'élé- Aeirandisse- vation des côles est l'agrandissement des espaces iniercosiaux.
ment dés espaces D
intercostaux. Car on prouve en physique que des lignes obliques par rapport à une autre ligne et parallèles entre elles, s'écartent les unes des autres, lorsque d'obliques qu'elles étaient d'abord, elles deviennent horizontales, c'est à dire perpendiculaires à cette autre ligne. Il suit de là que le contact ou le chevauchement des côtes est impossible pendant le mouvement d'élévation de ces os. Un second effet de l'élévation de ce levier oblique est le mouvement de projection en avant de l'extrémité antérieure de la côte,
mem drud?a'mè- mouvement qui est d'au tant plus considérable que le levier sera
îérieur'thJTtio- P'us *onê> » ^'oa résulte l'agrandissement des diamètres antéro-
rax- postérieurs du thorax. .
Mais les côtes, représentant des leviers curvilignes, et non des leviers reçlilignes, ne pourront prendre la position horizontale sans que leur concavité ne regarde perpendiculairement le plan médian représenté par le médiasiin. Or , on démontre géométriquement que la concavité d'un arc qui tombe perpendiculairement sur un plan, intercepte un espace plus considérable que quand le même arc tombe obliquement (1),
œentd^dfamè- L'élévation des côtes a donc pour résultat l'accroissement des
ire transverse. diamètres transverses du thorax.
Mais les arcs costaux n'appartiennent pas tous à la même Conséquences courbe ; chaque côte a son périmètre propre. Or , on prouve
dupérilnaredes Que P^us ^e cercle que décrit la côte sera recourbé, plus le
côtes. mouvement de projection en dehors produit par l'élévation de
la côte sera considérable.
Enfin, dans quelques côtes, l'arc que décrit le bord supé-
(i) Borellî, t. II, p. 177. Si les extrémités A et C d'un arc A B C sont fixées sur un plan P sur lequel cet arc est incliné, l'espace intercepté entre cet arc et le plan augmentera à mesure que cet arc se rapprochera de la perpendiculaire.
rieur appartenant à un cercle d'un diamètre moindre que ,Caus° de ,a le cercle auquel appartient l'arc décrit par le bord inférieur, j"emouyeim*Pt le mouvement de projection en dehors est proportionnelle- da,ls l(;s di~
1 verses cotes.
nient plus considérable qne dans les autres côtés. On peut vérifier cette assertion expérimentalement en faisant exécuter à la deuxième côte des mouvements d'élévation et d'abaissement.' or, plus la disproportion sera grande entre la courbe du bord supérieur et la courbe du bord inférieur, plus aussi la projection en dehors sera marquée. C'est pour celle raison que l'élévation de la deuxième et de la troisième côte courbées à la fois, et suivant leurs faces et suivant leurs bords, a pour résultat une augmentation si remarquable de la capacité thoracique. D'après les mesures établies par Hallcr, la deuxième côte esi celle qui s'élève le plus dans l'inspiration ; et si Ton peut révoquer en doute sa plus grande élévation , on ne saurait douter que son mouvement excentrique ne soit plus considérable que pour les autres côtes.
Si les côtes et leurs cartilages étaient des leviers inflexibles, part de œou-
, ,, i, f' .. .. , < . . • vement due à la
ce mouvement d élévation serait très restreint; mais, par un flexibilité des cô
, , ... , tes et des carti-
mecanisme dont nous ne retrouverons ailleurs aucun exemple, iages. la flexibilité de ces leviers introduit dans le problème un facteur très imponant et éminemment variable, en sorte que les mouvements sont bien plus prononcés que ne le comporte la mobilité des surfaces articulaires, et que ces mouvements ne peuvent pas être soumis au calcul. Or, cette flexibilité, d'où résulte la torsion de la côte ou sa rotation autour d'un axe représenté par la corde de l'arc que forme cette côte , est en raison directe de la longueur des côtes et des cartilages et de la flexibilité des unes et des autres. Aussi, les mouvements des ,„1îIQ(,"v„eTnl î!e
rotation OU U0
côtes sont-ils bien plus considérables chez les enfants et chez toréion« les femmes que chez les vieillards ; et le défaut de puissance mécanique dans la respiration qui est en rapport avec le peu de développement de la locomotion des vieillards, explique la gravité de l'asthme et de toutes les maladies du poumon à cet âge de la vie.
kkk ÀRTHROLOGIE.
Ainsi , le mouvement des côtes ne se passe pas seulement dans leurs articulations antérieures et postérieures, il se passe encore dans la continuité des côtes, et surtout dans celle de leurs cartilages qui tendent à s'infléchir en haut par le mouvement d'élévation, à se porter en avant par la projection de la côte dans ce sens, à se tordre par la projection en dehors : il résulte de tout cela un mouvement d'ascension et d'excentricité très compliqué et sur lequel on ne saurait trop appeler toute l'attention des physiologistes.
5° Mouvements de totalité du thorax.
Les mouvements de totalité du thorax, qui sont le résultat
de tous les mouvements partiels qui viennent d'être étudiés,
sont : 1° un mouvement de dilatation qui répond à l'inspiration;
2° un mouvement de resserrement qui répond à l'expiration.
La dilatation 1° La dilatation du thorax est le résultat du mouvement d'é-
du thorax est . A , , , . ,
uneconséquen- levation des cotes. Par ce mouvement, 1 extrémité antérieure
ce de l'élévation A , . . , , , .
des côtes. des cotes est portée en avant, le diamètre antero-posleneur du thorax est donc agrandi ; la partie la plus excentrique de la côte est portée en dehors, et par conséquent le diamètre transemfent?a8°p!!rue verse est augmenté. Il y a entre la partie inférieure et la partie paniefnierieure supérieure du thorax une sorte d'antagonisme sous le rapport du thorax. ^u sens dans lequel se fait spécialement l'agrandissement du thorax ; au niveau de la partie supérieure, c'est suivant le diamètre transverse qu'a surtout lieu cet agrandissement : au niveau des dernières côtes, c'est suivant le diamètre antéro-postérieur. Le point le plus mobile des côtes supérieures est au centre de la courbure; le point le plus mobile des côtes inférieures est à la réunion des côtes et des cartilages. Mais les colonnes auxquelles se fixent les extrémités des côtes ne sont pas également immobiles: si l'extrémité postérieure est fixe, l'extrémité antérieure est amovible.- Cette circonstance ne s'oppose point à ce que l'agrandissement transversal n'ait lieu par l'effet de l'élévation des arcs costaux , mais il en résulte une nouvelle condition dans le problème; savoir : l'élévation de la colonne
ARTICULATIONS DU THORAX. !\l\h
antérieure, c'est à dire du sternum. Tout le temps que le mouvement d'élévation des rôles est borné aux articulations et à une mise en jeu légère do la flexibilité des côtes et de leurs cartilages, Je sternum ne participe pas à ces mouvements; mais quand ce mouvement d'élévation dépasse une certaine mesure Jorsque toutes les puissances inspiratrices sont en activité, lorsqu'il y a un mouvement d'élévation en masse du thorax, mouvement qui n'a pas été assez distingué du mouvement partiel, alors le sternum slc^hon du est porté en haut avec toutes les côtes soulevées, alors les deux premières côtes que nous avons représentées comme les arcsboutants essentiels du sternum, sont elles-mêmes soulevées, et ce soulèvement doit être le même que celui de toutes les autres côtes, et par conséquent proportionnellement plus considérable. Le sternum éprouve-t-il dans ce mouvement d'ascension un mouvement de bascule, comme le dit Haller? Si on place le thorax entre deux plans parallèles, et si on exécute un mou- Le s[ernum vement forcé d'inspiration , on éprouve à la partie inférieure mouvement18"" une pression qui semble dénoter un mouvement de projection basculeen avant de celle partie inférieure. Il semble en effet que le levier formé par les côtes inférieures étant plus long, il doive y avoir un mouvement de bascule, mais remarquez qu'aucune pression ne tend à diminuer la courbe que décrivent les côtes, que conséquemment les deux moitiés de l'arc qu'elles représentent ne tendent pas à s'écarter l'une de l'autre, et que les puissances d'élévation se bornent à attirer en haut toutes les extrémités antérieures des côtes; aussi le sternum s'élève-t-il purement et simplement du côté do la région cervicale, suivant le même plan qu'il occupait avant l'élévation, ainsi que Borelli l'avait très bien indiqué; le mouvement de bascule est à peu près impossible , vu la flexibilité des cartilages.
Par l'élévation des côles, le thorax s'agrandit, et la dilata- Agrandisse-
° ment du thorax
tion a lieu soit transversalement soit d'avant en arrière. L'aarran- dans le sens ver-
a tical.
dissement du thorax, dans le sens vertical, est produit par un tout autre mécanisme, par la contraction du diaphragme dont nous parlerons plus lard.
UUQ AUTllKOLOGIE.
Mécanisme du 2° Occupons-nous maintenant du resserrement du thorax. Ce
resserrement du ' .
thorax. resserrement se fait par 1 abaissement des cotes. Dans un pre-
mier degré, le resserrement est passif, parce qu'il résulte de l'élasticité des cartilages qui, cessant d'être maintenus dans l'état de torsion, vu le relâchement des muscles élévateurs, réagissent et ramènent la côte dans sa position primitive, en sorte que , suivant l'ingénieuse remarque de Haller , la côte et le cartilage sont alternativement la cause de leurs rnouve- Le ligament ments respectifs. Il est à remarquer que le mouvement d'a-
transverso-cos- ,
taisuperieurim- baissement est beaucoup plus limite que le mouvement d'élé-
pose des limites . , .
à l'abaissement, vation, et je suis fonde a regarder le ligament transverso-costal supérieur, comme destiné à imposer des limites particulières ù cet abaissement, pendant lequel les espaces intercostaux se resserrent. Nous devons regarder comme un puissant auxiliaire de l'abaissement et du resserrement du thorax, le mouvement de projection en dedans qui existe surtout pour les cinq dernières côtes, lesquelles sont en quelque sorte solidaires, ce mouvement de projection en dedans est en opposition avec la dilatation transversale ou mouvement de pro-
^?ucvt^nent^jeclion en dehors qui a surtout lieu à la partie supérieure,
fnferieures00163 a"1S* ^Ue n0US ^'av0ns vu » ams* clue ^e P^OUVe tOUS les JOUTS
l'usage des corsets. Plus tard , nous verrons que les grandes puissances inspiratrices ou d'élévation occupent la partie supérieure du thorax , de même que les grandes puissances expiratrices occupent la partie inférieure. Enfin , dans le degré le plus considérable de resserrement, à l'élévation en masse Abaissement ^u l^10rax j correspond un abaissement en masse, et cet abaisthora"'asse du semen,: des côtes est effectué directement par des muscles qui portent le nom $ expirateurs.
Les deux os de l'épaule s'articulent entre eux ; en outre, la clavicule s'articule avec le sternum et avec la première côte. De là, deux ordres d'articulations : 1° les articulations intrinsèques de l'épaule, ou articulations acromio et coraco-claviculaires ;
AimCULATIOINS DE L'ÉPAULE, khi
2° les articulations extrinsèques, ou articulations slcrno et costoclavieulaires.
A. Des articulations acromio et coraco-claviculaires.
La clavicule s'articule : 1° avec l'acromion par son extrémité externe : articulation acromio-claviculaire ; 2" avec l'apophyse coracoïde par sa face inférieure; articulation coracoclaviculaire.
Préparation. Enlever la peau, le tissu cellulaire, et les muscles qui entourent ces articulations : séparer l'acromion de l'épine de l'omoplate : enlever successivement les diverses couches du ligament acromio-cïavieulaire supérieur, afin de bien juger de son épaisseur.
Faire à l'articulation acromio-claviculaire une coupe verticale, dirigée transversalement pour apprécier l'épaisseur des ligaments et des cartilages articulaires.
\° Articulation acromio-claviculaire.
A. Facettes articulaires. La clavicule et l'acromion s'op- cette articu-
„ ;,. . . it* j' • > Iation est une
posent une facette p.ane, elliptique, a grand diamètre dirige arthrodie lâche. d'avant en arrière. La facette clavicuîaire regarde un peu obliquement en bas et en dehors, la facette acromiale regarde un peu obliquement en haut et en dedans.' L'étendue de ces surfaces présente de nombreuses variétés individuelles qui dépendent du degré d'exercice auquel cette articulation a été soumise (1).
B. Moyens d'union et de glissement. 1° Cartilage inter ar- cartilage in= ticulaire. Ce cartilage, qui a élé signalé par Weilbretch ,
ne se rencontre pas constamment, et quand il existe, ii n'occupe que la moitié supérieure de l'articulation.
2° Sorte de capsule orbiculaire. Très épaisse en haut et en arrière, très mince inférieurement. La moitié supérieure de ce ligament orbiculaire est composée de faisceaux distincts beau-
(1) Chez les individus qui ont beaucoup exercé leurs membres thoraciques, ces facettes sont deux ou trois fois plus considérables que de coutume, rugueuses,, inégalement encroûtées d'un cartilage de nouvelle formation, unies entre elles par des ligaments très lâches et très épais.
Uk?t ARTIIROLOGIE.
Epaisseur de coup plus longs en arrière qu'en avant, et fortifiés par quelques
la moitié supé- t i o i
neuve de ce H- fibres appartenant auxinsertions aponévroiiques du muscle tra-
gament. , A
pèze : du reste, ce ligament ne naît pas en haut du bord même des facettes articulaires de ce ligament, mais bien de la Tace supérieure de l'acromion et des inégalités qui s'y trouvent et de la face supérieure de l'extrémité externe de la clavicule. Ce ligament est composé de plusieurs couches superposées qui sont de plus en plus courtes à mesure qu'on les examine plus profondément.
Synoviale. 3° La synoviale est très simple dans sa disposition , et sou-
levée à sa partie inférieure par du tissu adipeux.
2a Articulation coraco-clavieulaire . La clavicule et Qn ne saurait méconnaître une articulation dans la conli-
I apophyse coracoïde sont vrai- «uité de deux surfaces susceptibles de glisser l'une sur l'autre,
ment articules. ° x °
et dont l'une, la surface coracoïdienne, est presque toujours revêtue d'un cartilage et tapissée d'une synoviale ; et dont l'autre, la surface claviculaire, présente quelquefois une apophyse considérable destinée à celte articulation.
Moyens d'union. Deux ligaments, ou plutôt deux gros faisceaux ligamenteux distincts, l'un postérieur, l'autre antérieur, appartiennent à celte articulation ; ce sont les ligaments coracoélaviculaires .
térie^éTvèni- *° ^l<3 ^gantent postérieur nommé aussi conoïde ou rayonné cal- est triangulaire et dirigé verticalement : né de la base de
l'apophyse coracoïde à laquelle il s'insère par une extrémité étroite, il se porte en rayonnant à une série de tubercules que présente le bord postérieur de la clavicule près de son extrémité externe.
Ligament an- 2° Le liqament antérieur (Liefamfcnt trapézoïde de BoverY
térieur et obli- ° r J /»
que. naît du bord interne de l'apophyse coracoïde et de loule l'é-
tendue de la saillie raboteuse qu'on remarque à la base de celle apophyse; de là il se porte très obliquement à la crêle que présente la face inférieure de la clavicule près de l'exlrémfté externe de l'os.
ARTICULATIONS DK L'ÉPAULE. M9
Les deux ligaments coraco-claviculaires sont continus, cl ne se distinguent que par la direction de leurs fibres.
On peut encore à la rigueur ranger parmi les moyens d'union de celle articulation une lame aponévrotique , à laquelle on attache beaucoup d'importance en anatomie chirurgicale , et
qui est connue sous le nom d'aponévrose costo-claviculaire . Aponévrose
^ * .'! costo-clavicu—
Celle aponévrose, qu'on peul sentir facilement même à travers laire. le grand pectoral chez les individus très maigres, s'étend du bord interne de l'apophyse coracoïde à la face inférieure de la clavicule. Elle convertit en canal la gouttière du muscle sousclavier.
Mécanisme des articulations acromio et coraco- clavicu-
la ires.
Les articulations acromio et coraco-claviculaires exécutent des mouvements de glissement très prononcés. En outre, l'omoplate exécute sur la clavicule des mouvements de rotation assez étendus en avant et en arrière. Pour avoir une bonne idée de ces mouvements et de leur mécanisme, il faut, sur une ro^atioM^Voépaule dont les os sont maintenus en place par leurs ligaments ^lale sul son imprimer à l'omoplate des mouvements de rotation, soit en avant, soit en arrière. On voit alors que, dans ces mouvements, l'omoplate tourne autour d'un axe fictif qui traverserait sa parlie moyenne, et représente exactement un mouvement de sonnette. La laxité de la moitié postérieure du ligament orbiculaire, celle des ligaments coraco-claviculaires permettent ce mouvement de rotation. Des deux ligaments çoraeo-clavicu- Les ligaments iaires dont nous avons fait remarquer la direction onnosée, poiaco-ciavicu-
i i yj ^^y, , |aires limitent
l'un impose des limites au mouvement de rotation en avant; •«* mouvements
r ' de rotation.
l'autre au mouvement de rotation en arrière. Quelque étendus que soient ces mouvements, jamais le déplacement n'a lieu dans leur exercice; ce n'est que dans les chutes sur le moignon de l'épaule que la quantité de mouvement peut être suffisante pour opérer la luxation qui, pour être complète, suppose le déchirement préalable des ligaments coraco-claviculaires, Des dépla- 1. 29
céments incomplets peuvent très bien s'effectuer sans déchirure des ligaments coraco-claviculaires.
Articulation sterno-claviculaire.
L'articulation de l'extrémité interne de la clavicule se compose: 1° de l'articulation sterno-claviculaire, 2° de l'articulalion costo-claviculaire.
Préparation. Scier verticalement les clavicules à leur partie moyenne et les deux premières côtes dans le point correspondant; réunir sur le sternum les deux traits de scie par une coupe horizontale; pour voir l'intérieur de l'articulation sterno-claviculaire , ouvrir sa capsule fibreuse à la partie supérieure en longeant le sternum, ou bien faire à cette articulation une coupe horizontale qui la divisera en deux parties égales, l'une supérieure, l'autre inférieure.
Pour l'articulation costo-claviculaire, ouvrir en arrière la synoviale.
L'articulation sterno-claviculaire appartient à la classe des articulations par emboîtement réciproque.
surfaces arti- A. Surfaces articulaires. Du côté du sternum : Surface obloncuiaire. gue transversalement, concave dans le même sens, convexe
stemaîe»' dans le sens antéro-postérieur: regardant obliquement en haut et en dehors, et située sur le côté de l'échancrure supérieure du sternum.
ciavicuiaire. 1° Du côté de la clavicule : Facette oblongue d'avant en arrière, légèrement concave dans le même sens et convexe transversalement. Il résulte de la configuration respective des sur-
Embotiement faces articulaires qu'il y a un emboîtement réciproque ; que le plus petit diamètre de l'une répond au plus grand diamètre de l'autre ; de telle sorte que l'extrémité de la clavicule déborde en avant et en arrière la facette du sternum ; de même que la facette slernale déborde en dedans et en dehors la facette ciavicuiaire (1).
(l) Bichat regarde cette disposition des surfaces articulaires comme prédisposant aux luxations j elle me paraît avoir un résultat tout a fait opposé, en ce qu'elle permet aux surfaces articulaires de se mouvoir l'une sur l'autre dans une plus grande étendue avant de s'abandonner.
ïeciproque.