‹ Traité d'anatomie descriptive (volume 3)Chapitre 122 sur 140 · ARTICULATIONS DES MEMBRES ABDOMINAUX · texte numérisé non relu

ARTICULATIONS DES MEMBRES ABDOMINAUX

Les articulations du bassin sont, 1° les symphyses sacroiliaques ; 2° la symphyse pubienne ; 3° la symphyse sacro-coccygienne. Celte dernière articulation a été décrite avec celles de la colonne vertébrale.

Symphyses sacro-iliaques.

Préparation. \° Isoler le bassin du reste du tronc ; 2° séparer la colonne pubienne par deux traits de scie verticaux à dix-huit lignes de chaque côté de la symphyse des pubis; 3° luxer un des os coxaux; 4° préparer les ligaments antérieurs de la symphyse sacro-iliaque du

5Û7» ARTHROLOGIE.

côté opposé; 5° pratiquer ensuite une coupe horizontale qui divise l'articulation sacro-iliaque en deux moitiés, l'une supérieure, l'autre inférieure.

symphyse. L'articulation sacro-iliaque est du genre des symphyses ou amphiarthroses.

surfaces arti- &. Surfaces articulaires. Ces surfaces , qui appartiennent au sacrum et à l'os coxal, son t en partie contiguës, en partie conti&uë:fartie °0B" lHlues- La partie de cette surface qui est contiguëest antérieure à l'autre ; elle a la forme de l'auricule , dont le bord convexe sérail tourné en avant ; c'est à celte portion qu'on donne le nom de surface auriculaire. La portion de surface, qui est continue, au moyen de fibres ligamenteuses, est située en arrière, et comprend , pour l'os coxal , tout l'espace qui existe entre la surface auriculaire et le bord postérieur de l'os; pour le sacrum , toute la partie des faces latérales qui n'est pas occupée par la face auriculaire. Celte portion de surface est remarquable par les dépressions profondes et les saillies extrêmement raboteuses qu'elle présente.

Disposition Les surfaces articulaires ont ceci de particulier, qu'elles sont

sinueuse des . , . ...

surfaces anicu- sinueuses, alternativement concaves et convexes, et qu'elles

offrent une double obliquité très prononcée, savoir : une pre-

Leur double mière obliquité de haut en bas, une seconde obliquité d'avant

obliquité. . , ,- , , . , „ ,

en arrière et de dehors en dedans, de telle façon que le sacrum représente entre les os coxaux un double coin : d'une part, dans le sens vertical; d'une autre part, dans le sens anléropostérieur.

B. Moyens d'union. Les surfaces auriculaires sont revêtues Cannage ru- d'un cartilage qui est plus épais sur le sacrum que sur le coxal.

gueux. c

Ce cartilage est remarquable par les aspenies de sa surface, qui conlrastent avec l'aspect lisse des autres cartilages arlicudiiTiciieSyè°V(?'e laires. Une synoviale difficile à démontrer chez l'adulte et le montrer. vieillard, mais manifeste chez l'enfant et chez la femme pendant

l'état de grossesse, est destinée à celle articulation . Les ligaments de celte articulation sont périphériques et interosseux.

Les ligaments périphériques sont : 1° Un ligament sacro-

.,. , . , ,,, . . a. , Ligaments:

iliaque antérieur, couche hbreuse, ires mince, qui revêt en Me- 9acro \\\ ,„,„,.

., . . . 1/^1 i antérieur,

vant 1 articulation, el qui se compose de libres étendues transversalement du sacrum à l'os coxal ;

2° Un ligament sacro-iliaque supérieur, très épais, étendu Supérieur. transversalement de la base du sacrum, à la partie attenante de l'os coxal ;

3° Les ligaments sacro-iliaques postérieurs, qui s'étendent Posl6rlcursde la crête iliaque au sacrum dans l'intervalle des trous sacrés.

Parmi ces faisceaux, il en est un qui mérite une description spéciale: il consiste dans une bandelette à peu près verticale, longue et résistante, qui, de l'épine iliaque postérieure et supérieure, s'étend jusqu'à un tubercule épais, appartenant à la troisième vertèbre sacrée ; Bichat l'avait improprement appelé

, . ,, ,. .,. Ligament sa-

sacro-epmeux : on peut 1 appeler ligament s acro-iliaque ver- cro-itiaque vur- , , , . n ,. j i ■ c • 'Jcal postérieur.

tical postérieur. Ce ligament se compose de plusieurs taisceaux

superposés, dont le plus superficiel est le plus long.

k° Un ligament interosseux : c'est lui qui constitue le plus Ligament in-

terosseux.

puissant moyen d'union de cette articulation. Il est composé d'une multitude de faisceaux ligamenteux entrecroisés, horizontalement étendus de l'os coxal au sacrum, remplissant la presque totalité de l'excavation profonde qui est comprise entre ces deux os> laissant entre eux de petits intervalles remplis de graisse, et parcourus par des veinules multipliées.

5" On peut rattacher à cette articulation le liqament ile'o- Ligament itéo-

lombaire.

lombaire qui, du sommet de l'apophyse transverse de la cinquième lombaire, s'étend à la partie la plus épaisse de la crête iliaque, c'est à dire au renflement qu'elle présente à deux pouces au devant de l'épine iliaque postérieure el supérieure. Ce ligament consiste en un faisceau triangulaire épais et très résistant.

Symphyse pubienne.

Préparation. Elle n'exige aucune indication particulière; seulement, pour bien apprécier l'étendue respective de la partie contiguë et dé la partie non contiguë de la symphyse, il faut la soumettre à deux coupes: à une coupe horizontale et à une coupe verticale d'avant en arrière.

50(5 ARTHROLOGIE.

Surfaces articulaires. Ovalaires , présentant leur grand

diamètre dans le sens vertical, ces surfaces sont planes, obli-

Coupe oblique queinent coupées d'arrière en avant et de dedans en de-

des surfaces. ^ r

hors; d'où il résulte qu'elles sont séparées par un intervalle triangulaire, dont la base est en avant et le sommet en arrière.

variétés dans Nous devons faire remarquer à ce sujet qu'il existe beaucoup

I'élendue de la ,

partie contiguë. de vaneles dans 1 étendue respective de la partie coutiguëet déjà partie continue des surfaces articulaires. Quelquefois les surfaces sont continues l'une à l'autre dans leur presque totalité; d'autres fois, au contraire, elles sont contiguës dans presque toute leur étendue. J'ai rencontré cette dernière disposition d'une manière très manifeste sur la symphyse d'une jeune femme morte dans le sixième mois de la grossesse.

périphériques'! Moyens d'union. Ce sont : A. Ligaments périphériques .

Ligament pu- 1° Un ligament pubien antérieur,- couche fibreuse, très bien antérieur. . . ,,

mince, qui se confond en arrière avec le ligament interosseux; il se compose de fibres qui parlent de l'épine de chacun des os pubis, et se portent de là obliquement à la face antérieure de l'os pubis du côté opposé; celles du côté gauche passent au devant de celles du côté droit.

Ligament pu- 2° Un liqament pubien postérieur, extrêmement mince qui bien postérieur.

recouvre la saillie que forment en arrière, au niveau de leur articulation, les os pubis. Celte saillie, qui est très prononcée chez les sujets avancés en âge, paraît due au déjeltement en arrière de la table postérieure de l'os, déjeltement qui dépend selon toute apparence de la pression qu'exercent l'une contre l'autre les surfaces articulaires que nous avons dit elre contiguës en arrière et écartées en devant. J'ai vu chez une femme récemment accouchée, morte de péritonite, celle saillie postérieure épine pubienne du pubis constituer une sorte d'épine de quelques lignes dedia-

postérieure. ,, . v

meire d avant en arrière.

Ligament pu- 30 jjn liqament pubien supérieur très épais, qui se continue bien supérieur. ° ' r

de chaque côté avec un cordon fibreux qui matelasse en quel-

que sorte le bord supérieur des os pubis, cl en clïace les inégaliiés.

U° Un ligament pubien inférieur, sous pubien ou triannu- LiR.imcnisous

j . > „ . „ . . ,. , . .. pubien.

taire, très fort, qui fait suite au ligament antérieur ci au ligamcnt inlerosseux, cl que constituent des fibres croisées en sautoir: ce ligament émousse l'angle que forment, parleur réunion, les os pubis et donne à l'arcade la courbe régulière qu'elle offre à la tête du fœius pendant l'accouchement,

B. Enfin un lia amen l inlerosseux qui occupe toute !a por- Ligament in- ° , lerosscux.

lion de surface articulaire qui n'est pas conliguë, ei présente de grandes variétés d'épaisseur chez les différents individus. Ce ligament, qui est le principal moyen d'union des os pubis, remplit le vide d'une ligne et demie à deux lignes , qui existe en avant entre les surfaces articulaires: il est composé de fibres croisées en sautoir disposées par plans parallèles , à la manière des disques intervertébraux (l).

De la membrane sous pubienne et des ligaments sacro-sciatiques.

Je rapprocherai de l'histoire des articulations du bassin la description de la membrane sous-pubienne et des ligaments

(1) L'analogie devait nous faire pressentir une identité de disposition entre la sympbyse pubienne et la symphyse vertébrale. Ainsi, on voit que dans ces deux articulations les surfaces arliculaires ne sont pas configurées d'une manière réciproque. Cependant nous trouvons un degré de mobilité de plus dans la symphyse pubienne; il y a contiguïté dans une plus grande partie de l'étendue des surfaces articulaires et la synoviale est si parfaite qu'elle n'a été révoquée en doute par aucun anatomiste. On pourrait donc regarder la symphyse pubienne comme le passage entre les articulations mixtes ou symphyses et les articulations mobiles. Il résulte de l'obliquité en sens inverse, des surfaces articulaires, que la symphyse pubienne est beaucoup plus large en avant qu'en arrière; conséquemment, dans l'opération dite symphyséolomie ou section de la symphyse, c'est sur la partie antérieure de cette symphyse qu'il faut porter le bistouri pour pouvoir pénétrer avec plus de sûreté dans l'articulation. On conçoit que l'idée de plonger un troisquart dans la vessie, à travers la symphyse, ne saurait être mise à exécution, à cause de l'étroitesse de cette sympbyse en arrière.

508 ARTHROLOGIE.

ce ne sont sacro-sciatiques, tout en faisant remarquer que ce sont moins

point des liga- ,,.-,.,.

ments.maisbien de véritables ligaments que des aponévroses servant a comple-

des aponévroses. . .

ter les parois du bassin, sans être d aucun avantage pour la

solidité des articulations pelviennes. En cherchant à me rendre

utiiiiédesirous compte du but d'utilité qui a présidé à l'existence du grand

sous pubiens et

des écnancrures trou ovalaire et de la grande echancrure sciatique, je me suis

sacro sciatiques.

demande si, indépendamment de 1 usage de transmettre au dehors des vaisseaux, des nerfs et même des muscles, la présence de ces grands vides n'était pas une conséquence de cette loi d'ostéologie, par laquelle dans la formation des os, ces leviers de la puissance représentée par les muscles, il y a toujours économie de poids et économie de volume. Voyez combien le bassin aurait été inutilement plus lourd, si le trou ovalaire et si la grande echancrure sacro-sciatiqne eussent été remplis par du tissu osseux. Je dis inutilement, car la solidité n'aurait été en aucune manière augmentée.

Peut-être aussi ces membranes résistantes mais flexibles ont-elles pour usage, dans le travail de l'accouchement, de rendre moins forte la pression des parties molles de la mère comprises entre la tête de l'enfant et les parois osseuses du bassin.

1° Membrane sous-pubienne ou obturatrice.

Membrane Elle ferme le trou sous-pubien, excepté dans sa partie supésouspu ienne- rjeure ou se vojt une echancrure, qui convertit en canal la gouttière dans laquelle passent les vaisseaux et nerfs sous-pubiens. Fixée dans sa demi-circonférence externe au pourtour même du trou sous-pubien, cette membrane s'attache dans sa demi- circonférence interne à la face postérieure de la branche ascendante de l'ischion; ses deux faces donnent attache aux muscles obturateurs. La membrane sous-pubienne se compose de faisceaux aponévrotiques nacrés, qui s'entrecroisent dans toutes sortes de directions. Un des points intéressants de sa structure, c'est qu'elle est formée de plusieurs couches de fibres ; c'est qu'il naît constamment de la moitié interne du pourtour du

irou sous-pubien despinceaux de fibres qui s'épanouissent sur l'a face antérieure de la membrane, et vont se jeter sur le périoste avec lequel elles se confondent. Il existe constamment un trousseau très fort qui naît d'une espèce d'épine située sur le pourtour du trou ovalaire, immédiatement au dessus du niveau de la grande échancrure cotyloïdienne.

2° Ligaments sacro-sciatiques.

Au nombre de deux, divisés en grand et en petit: nous leur conservons le nom de ligaments, en ayant égard plutôt à leur forme fasciculée qu'à leurs usages, qui sont à peine relatifs à l'union des os du bassin.

Le qrand ligament sacro-sciatiqne naît de la lèvre interne Grand 1!sa-

" u * ment sacro-

de la tubérosité ischialique qui présente une crête pour cette sciaiique. insertion, et de la branche ascendante de l'ischion, par un large bord recourbé, à concavité supérieure, qui forme avec la face interne de cette tubérosité une gouttière protectrice des vaisseaux et nerfs honteux internes. Les fibres les plus superficielles de ce ligament se continuent en partie avec le tendon commun aux muscles biceps et demi-tendineux. Immédiatement après son origine, ce ligament se ramasse sur lui-même, devient très étroit et très épais, se dirige de bas en haut et de dehors en Ses insertions. dedans, puis s'élargit considérablement, et s'insère aux bords du coccyx, du sacrum et de la crête iliaque jusqu'à l'épine iliaque postérieure et supérieure. Son bord supérieur ou plutôt Sej bords> externe est vertical ; il se continue avec une lame aponévrotique qui revêt le muscle pyramidal. Son bord interne, presque horizontal, curviligne, fait partie de la circonférence inférieure Sesrapports. du petit bassin; il recouvre le petit ligament sacro-sciatique, auquel il adhère à son insertion coccygienne, et dont il est séparé en dehors par un espace triangulaire dans lequel il est en rapport avec le muscle obturateur interne; il est recouvert par le muscle grand fessier, auquel il donne un grand nombre d'insertions aponévroiiques, disposition qui augmente notablement l'épaisseur de ce ligament, et donne à sa face postérieure

ÔlO ARTHROLOGIE.

l'aspect rugueux et comme lacéré, jamais lisse, qui la caractérise, structure du Le grand ligament sacro-scialique est composé de faisceaux,

grand ligament . , . .

sacro-sciatique. dont plusieurs s entrecroisent en manière d X, au niveau de la partie la plus étroite de ce ligament. Plusieurs de ces faisceaux qui sont externes, à leur insertion sciatique, deviennent internes à leur insertion coccygienne, et réciproquement. Le grand ligament sacro-scialique et les ligaments sacro-iliaques postérieur et supérieur, constituent un plan fibreux, fascicule, qui part de l'épine iliaque postérieure et supérieure, et s'étend dans diverses directions.

Petit ligament Le petit liqament sacro-sciatique , situé au devant du pré-

sacro-sciatique. " . , . . .

cèdent , extrêmement mince , naît du sommet de 1 épine sciatique; il se porte en dedans , s'épanouit et se confond avec la face antérieure du grand ligament sacro-scialique. Division de la Les deux ligaments sacro-scialiques divisent la grande

grande échan- ,

crure sacro- ecliancrure sacro sciatique en deux trous distincts : 1° le trou

sciatique.

supérieur , très considérable , ayant la forme d un triangle , a angles arrondis, rempli en grande partie par le muscle ischiococcygien et le pyramidal , donne en outre passage aux grands et petits nerfs sciatiques , aux vaisseaux et aux nerfs fessiers , ischiatiques et honteux internes, et à une grande quantité de tissu cellulaire : c'est par cette ouverture que se fait la hernie appelée sciatique. 2° Un second trou beaucoup plus petit est situé entre l'épine sciatique et la lubérosité de l'ischion , et donne passage au muscle obturateur interne , aux vaisseaux et nerfs honteux internes.

Mécanisme du bassin.

Divers points Le mécanisme du bassin doit être envisagé sous quatre

queiseie°mécal points de vue bien distincts : 1° relativement à la proleclion

doi™êire envu des viscères contenus dans sa cavité ; 2° relativement au rôle

sage' qu'il joue dans le mécanisme de la station et de la progression ;

3° relativement au rôle qu'il joue dans l'accouchement ; 4° eu

égard aux mouvements qui se passent dans ses articulations

avec d'autres os , ci dans les articulations des os qui le composent.

1° Mécanisme du bassin considère comme organe de protection.

Le bassin est destiné à protéger un grand nombre de par- du bassin,

• T il- i ii comme cavité

lies importantes. Le grand bassin supporte les viscères abdo- protectrice.

minaux. Les vastes fosses iliaques internes n'ont pas d'autre

but , et leur ampleur et leur évasement compares à f exiguïté Ampleur des

, „ ... . . . , . fosses iliaques

des fosses iliaques des autres animaux, se rapportent bien chez l'homme. évidemment à la destination de l'homme à l'altitude bipède. Aussi les os iliaques n'exislent-ils qu'à l'état de veslige chez les quadrupèdes et sonl-ils représentés par une lame triangulaire. Chose bien remarquable , les os iliaques reparaissent énormes chez les oiseaux , destinés, comme l'homme, à l'altitude bipède.

Voici , d'ailleurs , les circonstances de conformation qui se rapportent à la protection des viscères contenus dans le bassin :

1° En arrière , la présence de la colonne sacrée , protégée Protection eu

, arrière,

elle-même , ainsi que les nerfs qu elle renferme , par la saillie

considérable des tubérosités iliaques postérieures , qui la débordent dans une étendue notable ;

2° Sur les côtés , la présence des crêtes iliaques, la saillie Sur les côtés, considérable des trochanters qui préserve si souvent le bassin du choc des corps extérieurs.

Mais en avant , pourquoi celle vaste échancrure qui laisse conditions

. . . favorables pour

sans delense les nombreux viscères situes a son niveau? le la protection.] voici : les viscères contenus dans le petit bassin étant susceptible de variations de voiumetrès considérables, devaient sortir de l'enceinte osseuse et non dilatable où ils sont emprisonnés dans l'état de vacuité pour venir réclamer une place dans une cavité dont les parois sont molles et susceptibles d'une dilatation en quelque sorte indéfinie. Aussi , les viscères pelviens peuvent-ils être atteints dans l'état de vacuité par des corps vulnérants dirigés de haut en bas, au niveau de l'échancrure

512 ARTiinoï.or.iE.

supérieure; mais d'un aulre coté, par une juste compensation, l'art a utilisé cette disposition pour une foule d'opérations du plus grand intérêt.

L'absence de parois osseuses au niveau des trois vastes échancrures que présente le détroit inférieur du bassin , est encore une circonstance défavorable sous le rapport de la solidité, mais qui se rapporte à des avantages d'une autre nature, et notamment au mécanisme de l'accouchement (1). Mode de ré- Le mode de résistance du bassin , surtout à la partie antésisiance du bas- rjeure ^ ou jj est ^us spécialement accessible à l'action des

corps extérieurs , se rattache au mécanisme des voûtes. Une partie de la quantité de mouvement se perd dans la production du léger glissement que permet la symphyse pubienne. Mais lorsque la résistance du bassin est surmontée, il est facile de prévoir que les parties qui doivent se briser , sont les branches ascendantes de l'ischion au niveau de leur union avec la branche descendante du pubis.

2° Mécanisme du bassin relativement à la station et à la •progression.

[Mécanisme ^e r°'e clu bassin dans la station se rapporte à la transmis mission IfJ poids s*°n c'u P°'ds du tronc aux membres abdominaux. Or, cette nlemnresCabdo- transmission s'effectue par la colonne sacrée qui appuie ellemmaux. même sur les os iliaques. Nous devons ajouter , pour ne rien

omettre , qu'une petite partie du poids est transmise directement aux fémurs par les os iliaques qui soutiennent les viscères abdominaux. Sous le rapport de la transmission du poids par Je sacrum , nous devons noter les dispositions suivantes : Dimensions i° Les dimensions considérables du sacrum, qui attestent

colossales du ,

sacrum. Ja destination de 1 homme a 1 attitude bipède.

(1) Bien que le détroit périnéal soit protégé par les membres abdominaux, les viscères pelviens peuvent encore être intéressés par les corps vulnérants dirigés de bas en haut ; et si les législateurs de certains peuples ont utilisé cette disposition pour des supplices barbares, l'art s'en est emparé pour un bon nombre d'opérations du plus grand intérêt.

2° L'articulation à angle obtus du sacrum avec la colonne Angto Bacrovertébrale , angle propre a 1 espèce humaine, cl qui devient le siège d'une décomposition dans la quantité de mouvement que transmet la colonne vertébrale. Une partie de la quantité de mouvement agissant suivant l'axe de la colonne , n'a d'autre effet que de tendre à augmenter l'angle saçro-vertébral , et cela aux dépens de la flexibilité du disque sacro-vertébral ; l'autre partie de la quantité de mouvement se transmet seule au sacrum , et par suite aux membres pelviens.

S0 La disposition en forme de double coin vertical et antéro- Disposition

1 doublement cu-

poslérieur que présente le sacrum. Pour bien comprendre néïforme du ?a- Tavanlage de cette disposition en forme de coin , il faut d'abord remarquer que le poids du tronc est transmis suivant l'axe de la moitié supérieure du sacrum , et , par conséquent , suivant une ligne oblique de haut en bas et d'avant en arrière : il suit de là que le sacrum tend à s'échapper ou à se déplacer , soit en bas , soit en arrière. Or , le sacrum ne peut s'échapper en bas , puisque l'espace dans lequel il est contenu entre les os des hanches, va en se rétrécissant de la partie supérieure à la partie inférieure; il ne peut pas non plus s'échapper en arrière-, en raison de la disposition oblique d'avant en arrière, et de dehors en dedans, des surfaces que lui opposent les os des hanches; disposition en rapport avec celle du sacrum ; qui va en se rétrécissant d'avant en arrière (1).

(4) Ce n'est qu'en admettant que les efforts que supporte le sacrum tendent à le chasser en arrière en même temps qu'en bas, qu'on peut s'expliquer l'utilité de la forme de coin à base antérieure que présente le sacrum, et tout ce puissant appareil ligamenteux postérieur de la symphyse sacro-iliaque, qui ne peut lutter que contre le déplacement de l'os en arrière. L'opinion que les efforts que subit le sacrum tendent à le chasser eu devant en même temps qu'en bas, serait en opposition manifeste avec les moyens d'union, puisqu'en devant les symphyses sacro-iliaques ne sont maintenues que par une couche ligamenteuse extrêmement mince, et puisque la largeur de l'espace qui sépare les os des îles est plus considérable en devant qu'en arrière : double disposition évidemment propre à favoriser le déplacement du sacrum à la partie antérieure. 1. 33

Espace qui W L'espace qui sépare rarticulaiion sacro-iliaque des arti-

sépare l'articu— , „ , , .'', . . , . - . . r

îanonsacro-iiia- culations cuxo-femorales. L articulation de la colonne verle-

que des articu- , , , , , . , . ,

lations coxo- brale avec le bassin occupant la partie postérieure de celle

fc morales

cavité , tandis que rarticulaiion des fémurs avec le bassin est située à la partie antérieure et latérale, l'intervalle qui sépare ces deux articulations augmente l'espace dans lequel peut osciller le centre de gravité , avant d'être porté assez avant pour déborder la ligne perpendiculaire, abaissée de l'articulation coxofémorale sur la base de sustentation. Chez l'homme seul existe une large base de sustentation pelvienne , et c'est ainsi que la station bipède a été possible, sans que le support ail élé allongé antérieurement d'une manière démesurée.

Chez les quadrupèdes, les os iliaques présent un diamètre

Exiguïté du ' r ' ,

diamètre antéro- anléro-postérieur très peu considérable, et leurs os coxaux sont

postérieur chez

les quadrupèdes, allongés en arrière et placés à peu de chose près sur le même plan que la colonne vertébrale. Le fœtus et l'enfant nouveau né se rapprochent , sous ce rapport , des animaux : aussi remarque-l-on chez l'homme, pendant la première année de la vie, une tendance notable à prendre l'attitude quadrupède. Répartition du Le poids reçu par le sacrum , et transmis aux os des hanches,

poids entre les , . . , ,*. , , . *. • » 1 . , ,

deux symphyses se repariil tantôt également, tantôt inégalement entre les deux sacro-iliaques. Sympilvses sacro-iliaques ; une portion de la quantité de mouvement met en jeu ia mobilité de ces symphyses , l'autre portion se transmet de la symphyse sacro iliaque à la cavité cotyloïde. Or, il est à remarquer que cette transmission s'effeclue colonne cur- suivant une espèce de colonne prismatique et triangulaire qui

viligne destinée A 1 * ° l

à la transmission répond aux pariies latérales du détroit supérieur, et qui con-

du poids du r r r , .

corps. stilue la partie la plus épaisse et la plus résistante du bassin ,

colonne curviligne au bas de laquelle se voit la cavité cotyloïde

qui semble creusée dans son épaisseur, et à laquelle le poids

du tronc est transmis.

Mécanisme du Dans la siation assise , le poids du corps est transmis aux

bassin dans la .,.,..,.. . , , . , , . , ,

station assise, tuberosiles de 1 ischion, que leur volume considérable rend très propres à servir de support définitif au poids du tronc. Il est à remarquer que ces éminences étant un peu antérieures

aux cavités cotyloïdes, et par conséquent situées sur un plan du bassin très rapproché de la partie antérieure, le centre de gravité du tronc tend à déborder en arrière la buse de sustentation qu'elles représentent : aussi la chute ou le renversement en arrière est-il facile à produire dans l'attitude assise , tandis qu'en avant, à la base de sustentation pelvienne, s'ajoutent et la longueur du fémur et la longueur du pied lorsqu'on est assis sur une chaise, et toute la longueur du membre abdominal lorsqu'on est assis sur un plan horizontal.

Au mécanisme du bassin dans la station assise se rattache Mode de réson mode de résistance dans les chutes sur les lubérosilés is- fin dans les chiatiques. La transmission du choc s'effectue, dans ce cas , uibérosités1 <ïe directement de bas en haut dans le sens de la cavité cotyloïde, I'ischl011, dont l'hémisphère inférieur résiste à la manière d'une voûte : de la cavité cotyloïde la transmission du choc s'effectue, 1° en arrière, parla colonne épaisse curviligne^ qui, de la partie postérieure de la cavité cotyloïde , s'étend jusqu'à la symphyse sacro-iliaque; 2° en avant, à la symphyse pubienne. Aussi les chutes sur les tubérosités ischiatiques sont-elles presque toujours accompagnées d'un ébranlement douloureux, non seulement dans les symphyses sacro-iliaques, mais encore dans la symphyse pubienne.

Pour compléter l'exposé du mécanisme du bassin dans la Mécanisme da station , nous devons examiner le mode de résistance de cette chmes su"r les boîte osseuse, dans les chutes sur les genoux ou sur la plante faen0piànteU des des pieds. Dans ce cas , le choc est communiqué de bas en haut p à la cavité cotyloïde. Or, la partie de cette cavité qui reçoit le choc est son hémisphère supérieur, qui est soutenu par la colonne prismatique dont nous avons déjà parlé. La partie antérieure de la cavité cotyloïde , qui présente une large échancrure , est totalement étrangère à cette transmission , de même que la lamelle très mince qui forme le fond de la cavité cotyloïde , et qui n'est susceptible de compression que dans les chutes sur le grand trochanter. On comprend la différence énorme qui doit exister sous le rapport de la commotion du cerveau et

516 ARTHROLOGIE.

de la moelle épinière entre une chute sur les genoux et sur ies lubérosilés de l'ischion et une chute sur la pointe des pieds. Dans la station sur un seul pied , le poids du tronc est transmis au fémur par la symphyse sacro-iliaque, et par la colonne curviligne du côté qui porte sur le sol. La chute est imminente , vu la facilité avec laquelle le centre de gravité dépasse la base de sustentation. La théorie ne répugne nullement aux fractures du bassin par contrecoup , mais je ne sache pas que ces fractures aient été observées.

Mécanisme du Dans la progression, le bassin fournit alternativement à cha-

hassin dans la «. .. v ,, . , ,., , -, * .

progression. que lemur un point d appui solide pour prendre a son tour un point fixe sur celui des fémurs qui appuie avec le membre pelvien contre le sol. Pendant que le bassin repose par un de ses côtés sur un des fémurs, son côté opposé éprouve un mouvement de projection. Les mouvements de projection alternatifs de chacun des côtés du bassin se passent dans l'articulation coxo-fémorale du membre qui porte sur le sol. Plus le bassin présente de largeur, plus les mouvements de projection alternatifs sont considérables. Aussi la femme marche- t-elle beaucoup plus des hanches que l'homme, et c'est pour faire allusion à ce mouvement latéral peu gracieux du bassin, qu'un auteur spirituel a dit : « Courir est la seule chose que la femme ne sache pas faire avec grâce. » Nous pouvons nous faire une juste idée de la part que prend le bassin dans l'action de marcher en étudiant le mode de progression des individus qui ont deux jambes de bois; chez ces malheureux, les mouvements d'inclinaison latérale du bassin suffisent à la progression en transportant alternativement le centre de gravité sur les deux colonnes inflexibles, qui remplacent les membres inférieurs.

S0 Mécanisme du bassin sous le rapport de l'accouchement. L'art des ac- L'art des accouchements repose en grande partie sur l'étude

couchementsest , , . , , , ,. ,

fondé sur retude du bassin; les axes du bassin, ses dimensions comparées aux dimensions du foetus, l'angle sacro-vertébral , les plans inclinés du petit bassin , les diamètres de ses détroits, les vices de

conformation dont il est susceptible; voilà les circonstances d'organisation sans la connaissance desquelles il est impossible de se faire une idée de l'accouchement naturel. Do longs détails à ce sujet seraient déplacés ici. Je ferai seulement remarquer, 1° que la présence de l'arcade pubienne est propre à l'es- Dispositions

1 * ' du bass m favo-

pèce humaine, et que c'est à cette échancrure que la femme doit rablcsà l'accou-

. ii/i .r clicmenl.

le privilège d'expulser le fœtus d arrière en avant; 2° que la présence des échancrures sciatiques et du trou ovale., tout en offrant un avantage , sous le rapport de l'économie de poids , sont utiles en ce sens que le trou ovale, d'une part, etl'échancrure sciatique de l'autre, répondant aux diamètres obliques de la tête du fœtus dans l'accouchement, rendent les pressions moins douloureuses; 3° que la cavité pelvienne est comme matelassée par les muscles pyramidaux, obturateurs internes et psoas-iliaques ; h° que l'accouchement consistant dans l'expulsion du fœtus à travers la filière du bassin, c'est d'une bonne conformation du bassin , d'une part, d'une bonne conformation et d'une bonne position du fœtus, d'une autre part, que dépend l'accouchement naturel , en supposant, d'ailleurs, la puissance expultrice dans les conditions convenables; 5° qu'on peut donner une idée générale de tous les vices de conformation du bassin , en disant que cette cavité est passible de toutes les déformations qui peuvent résulter d'une pression exercée, soit de haut en bas ou de bas en haut, soit d'avant en arrière , soit d'un côté à l'autre, sur toute sa circonférence ou sur une partie de sa circonférence.

U° Mécanisme du bassin sous le rapport de ses mouvements. Le bassin présente des mouvements intrinsèques très ob- Mouvements

obscurs des di-

scurs : ce sont de légers glissements ou plutôt des mouvements verses pièces du

• bassin.

de balancement, dont la production absorbe une partie de la quantité de mouvement dans les chocs extérieurs. Or, par un artifice admirable, la mobilité des articulations in- Les mouve-

ments intrmse-

trinsèques du bassin augmente notablement dans les der- q«es du bassin

- a augmentent a la

niers temps de la grossesse; de telle sorte, que le coccyx nn de ta grospeut éprouver une rétropulsion qui agrandit de cinq à six

518 ARTHROLOGIE.

lignes le diamètre anléro-postérieur du détroit inférieur; tandisque la symphyse pubienne (1) est susceptible d'une diduction qui agrandit d'une quantité peu considérable , il est via": , mais digne d'être notée, le détroit supérieur de l'excavation. Cette mobilité qui est surtout très marquée dans le cas d'étroitesse du bassin, favorise singulièrement l'accouchement; et c'est en imitant ce procédé de la nature que l'art a imaginé la symphyséotomie , qui, au reste , agrandit bien peu les diamètres pelviens, à moins que i'écartement des pubis ne soit porté jusqu'au point d'opérer celui des symphyses sacro-iliaques. Le relâchement des symphyses du bassin peut donner lieu à de singulières erreurs dans le diagnostic.

Mouvements Quant aux mouvements extrinsècrues du bassin, le bassin se

extrinsèques. ,.''',

fléchit, s'étend , s'incline latéralement, et éprouve un mouvement de rotation sur la colonne vertébrale. Tous ces mouvements, qui sont resserrés dans d'étroites limites, ont été exposés à l'occasion du mécanisme de la colonne vertébrale. Le bassin exécute sur les fémurs des mouvements qui sont extrêmement considérables. Ces mouvements seront examinés dans le mécanisme de l'articulation coxo-fémorale.

Articulation coxo-fémorale.

Préparation. Détacher avec précaution tous les muscles qui entourent l'articulation, en conservant le tendon réfléchi du droit antérieur de la cuisse. Le muscle psoas-iliaque, dont la capsule synoviale communique si souvent avec le synovial arliculaire, sera enlevé avec un soin particulier. Lorsque la capsule fibreuse aura été étudiée à sa surface extérieure, vous la diviserez circulairement à sa partie moyenne, pour mettre à découvert les parties profondément situées.

(1) Je viens de voir chez une femme âgée de soixante-dix-neuf ans, qui avait eu dix-neuf enfants, une symphyse pubienne extrêmement mobile : les deux facettes articulaires du pubis étaient continués ; le ligament inlerosseux avait disparu ; une capsule fibreuse de nouvelle formation, extrêmement épaisse, entourait en avant, en haut tt en bas, les surfaces articulaires, eu s'insérant à une certaine distance de ces surfaces ; c'était uue symphyse transformée eu une arthrodie lâche.

ARTICULATION COXO-FiblOllAI.E. 6 I 9

Yl articulation coxo-fe'morale appartient à l'ordre des enar- Enarthrose. throses , elle en est même le type le mieux caractérisé.

A. Surfaces articulaires. „ ?.u^ccs artl~

* cuiu irc.*>.

Ce sont, du côlé du fémur, la tête spbérique déjà décrite ; du côlé de l'os iliaque, la cavité colyloïde. Il existe entre ces surfaces articulaires et celles de L'articulation seapulo-humérale qui les représente dans le membre thoracique , des différences frappantes, sous le rapport de l'étendue de la tête et de la profondeur de la cavité.

Ainsi , tandis qu'il y a simple juxtaposition sans réceplion aucune entre la cavité glénoïde et la tête de l'humérus, si bien qu'on a longtemps considéré , et que l'on considère encore l'articulation scapulo -numérale comme une arthrodie, il y a em- La têts du

i * „. , . , , . , ., ,. .. , fémur esl com-

boilement profond et complet de la lete du fémur dans la cavité piètemem reçue

. , .. , ,. ». , , pi •. - dans la cavilé

cotyloide que nous avons dit être la plus prolonde cavité arii- cotyloïde. culaire du corps humain. Les deux surfaces articulaires sont revêtues de cartilages , excepté au niveau de la dépression que présente, d'une part, la tête de l'os, de l'autre, le fond, la cavilé cotyloïde. La dépression, ou l'arrière-fond de lacavilé cotyloïde, est rempli par un tissu adipeux rougeàlre , auquel on a donné improprement le nom de glande cotyloïdienne. C'est un tissu Tissu arijpeux adipeux, analogue à celui qui se trouve dans le voisinage de cotyioidien. toutes les articulations, et dont l'utilité n'est pas généralement connue : je me suis souvent demandé pourquoi cette arrièrecavité cotyloïdienne?

Si, dans le but d'apprécier celle utilité , on soumet l'articulation à une coupe verticale antéro-poslérieure qui empiète léeèrement sur la circonférence de f arrière-cavité cotvloïdienne. „ a quoi sert

0 ' . 1 arrière- cavité

on voit que celte arrière-cavité a pour but de protéger le ligament colyloïde. rond dans toutes les positions possibles delà tête du fémur, que, sans cette arrière-cavité, le ligament rond aurait été impossible , car il eût été nécessairement comprimé entre les surfaces articulaires.

Or, comme c'est dans cette arrière -cavilé qu'arrivent les vaisseaux inlra-articulaires , et comme ces vaisseaux viennent

le long du ligament rond se porter à la tête du fémur, il ne serait pas impossible que la protection des vaisseaux destinés à la tête du fémur fût l'usage exclusif de cette arrière-cavité cotyloïde, et que le ligament rond lui-même n'eut d'autre usage que celui de servir de support à ces vaisseaux et de les trans- " utilité du tissu mettre à la tête du fémur. Quant à l'usage du tissu adipeux

adipeux coiyloi- ^ ° r ««.

dien. colyloïdien, il me paraît n'avoir d'autre utilité que de remplir

le vide de celte arrière-cavité.

L'arrière-cavité colyloïdienne me paraît être, relativement au ligament rond de l'articulation coxo-fémorale, ce que l'espace intercondylien de l'extrémité inférieure du fémur est à l'égard des ligaments croisés du genou.

B. Moyens d'union.

Bourrelet co- Bourrelet cotyloïdien. Ce bourrelet, improprement nommé ligament cotyloïdien , couronne le pourtour de la cavité cotyloïde qu'il complète en quelque sorte , dont il augmente la profondeur, et dont il égalise la circonférence sinueuse et échancrée : il est plus considérable au niveau des échancrures de la cavité cotyloïde que dans les autres points de son étendue. Il résulte de celte disposition, 1° que les sinuosités du rebord cotyloïdien sont effacées ; 2° que l'échancrure profonde que présente ce rebord en avant et en bas est convertie en trou pour le passage des vaisseaux destinés au tissu adipeux de l'arrièrecavité cotyloïdienne , au ligament interarticulaire et à la tête du fémur.

rétroitessereia- Le bourrelet cotyloïdien est beaucoup plus épais en haut et

live du diamètre ., , , . /-. , , . ,

de la circonfé- en arrière qu en bas et en avant. Or , c est précisément contre le premier de ces poinls que vient sans cesse heurter la tête du fémur. Il présente en outre cette disposition remarquable : savoir , que le diamètre de sa circonférence libre est plus étroit que le diamètre de sa circonférence adhérente, disposition qui tend à retenir et à emprisonner , en quelque sorte , la tête du fémur dans la cavité cotyloïde (1).

(l) J'ai n'ai jamais mieux vu cette disposition que chez un sujet sur lequel

ARTICULATION COXO-FÉMORALE. S5l

Le bourrelet colyloïdien est constitué par des fibres qui naissent successivement de tous les poinis de la circonférence de la cavité cotyloïde , et s'enlrccroiscnl à angle très aigu. Cet Enirecroise-

A ... ... mont do ses

entrecroisement est surtout extrêmement sensible au niveau de fibres, la grande échancruie antérieure , où l'on voit des fibres disposées en sautoir naître des deux extrémités de celte échancrure.

Ligament orhiculaire ou capsule fibreuse. Espèce de sac Capsulo

fibreuse.

fibreux a deux ouvertures, dont l'une supérieure embrasse le pourtour de la cavité cotyloïde en dehors du bourrelet coiyloïdien, dont l'autre inférieure embrasse le col du fémur. L'inser- son insertion tion fémorale de la capsule orbiculaire mérite d'être étudiée a attentivement, si l'on veut se rendre compte de la différence qui existe entre les fractures qui ont lieu en dedans de la capsule, et celles qui ont lieu en dehors de celte même capsule. Cette insertion est telle, que supérieurement et en avant, elle répond à la base du col du fémur, tandis qu'intérieurement et en arrière elle répond à la réunion des deux tiers internes avec le tiers externe de ce col. L'insertion de la capsule en avant se fait non seulement à la base du col du fémur, mais encore dans l'étendue de plusieurs lignes en dedans de celle base, ainsi qu'on peut s'en assurer , en incisant sur cette insertion dans le sens de l'axe du col. Au reste, le ligament orbiculaire n'a juste que la longueur sa brièveté, nécessaire pour se rendre de l'une à l'autre insertion , excepté à sa partie interne où il jouit d'une grande laxité , d'où l'étendue du mouvement d'abduction. Voyez les bateleurs dont les membres inférieurs écartés du corps peuvent faire , sans luxalion , un angle droit avec le tronc.

L'épaisseur de ce ligament n'est pas la même dans tous les inégalité de son poinis de son étendue ; très considérable en haut et en dehors , epalsseu^•

le bourrelet cotyloïdien était ossifié dans toute son éteDdue, excepté au niveau de l'échancrure antérieure et inférieure. La tête du fémur était mécaniquement el solidement retenue dans la cavité cotyloïde, dont le fond, en partie usé et refoulé en dedans, faisait saillie dans l'intérieur du bassin.

522 ARTHROLOGIE.

au niveau du tendon réfléchi du muscle droit , très considérable encore en avant et en haut , elle esi moindre en arrière , et encore moindre en dedans. Chez quelques sujets, l'épaisseur de la partie supérieure de la capsule est à celle de la partie inférieure comme 5 : 1. Antérieurement, la capsule est fortifiée

renTorcement.de Par lin faisceau fibreux obliquement étendu en manière d'écharpe, de l'épine iliaque antérieure et inférieure à la partie interne de la base du col , faisceau que Bertin appelait ligament antérieur et supérieur. Celte bandelette de renforcement est subjacente à la portion du muscle iliaque qui naît de l'épine iliaque antérieure et suit la même direction ; elle est composée de fibres parallèles, adhère intimement à la capsule, et n'adhère nullement au muscle. C'est en dedans de ce faisinterruption ceau °lue ^a capsule est souvent interrompue pour permettre

caplu^fibreuse! une communication plus ou moins large enire la synoviale articulaire et la synoviale du muscle psoas-iliaque. Cette dernière synoviale peut être considérée comme un prolongement de la synoviale articulaire analogue à celui que nous avons décrit à l'articulation scapulo-humérale pour le muscle sous-scapulaire. Chez un sujet que j'ai eu occasion de disséquer , l'ouverture de communication était si large que le tendon du muscle psoas iliaque touchait immédiatement la tête du fémur dans une grande étendue ; que ce même tendon était divisé en plusieurs bandelettes, dont quelques unes avaient été lacérées et comme usées par le frottement, sesrapports. Du reste, à sa surface externe, la capsule orbiculaire répond en avant au muscle psoas-iliaque, dont elle est séparée supérieurement par une synoviale propre, dans le cas où la capsule fibreuse n'est pas interrompue, et donne insertion en bas à un assez grand nombre de fibres de ce muscle. En dedans, elle répond à l'obturateur externe et au pectine; en dehors, au petit fessier ; en arrière , aux muscles carré Jumeaux , py- 'La capsule ram'c'al et obturateur interne. Plusieurs de ces muscles

expansions "fi- envoient des faisceaux de renforcement à la capsule. Je

breuses. signalerai une expansion aponévrotique appartenant au

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