DU SACRUM
erate. L'hommo est de ions les mammifères celui qui présente le sacrum proportionnellement le plus développé; ce qui est en rapport avec l'attitude bipède et avec l'attitude assise qui lui appartiennent d'une manière spéciale (1).
Le sacrum présente la forme d'une pyramide quadrangulairc Figure, aplatie d'avant en arrière, à sommet tronqué, à base regardant en haut : symétrique comme tous les os impairs, il présente à considérer une face antérieure; une face postérieure , Régions. deux faces latérales, une base et un sommet.
1° La face antérieure, face pelvienne ou rectale, fait partie de 1 excavation du bassin , et présente une concavité variable, rieure. suivant les individus et suivant les sexes; mais, sous ce dernier rapport , les anatomistes sont loin de s'accorder entre eux. Suivant les uns, c'est chez la femme que l'excavation anté- Concavité ya-
' ^ nable suivant le
rieure du sacrum est plus considérable : il en résulte, disent-ils, sexecet avantage, que le bassin ayant chez la femme plus d'ampleur et de capacité , offre une voie plus facile aux mouvements de la tête du fœtus pendant l'accouchement. Suivant quelques opinions dî-
. , verses des au-
aulres, au contraire, 1 homme présenterait un sacrum a cour- teursàce sujet. bure très prononcée , tandis que chez la femme il serait presque droit. Une trop grande courbure du sacrum, suivant ces derniers, rétrécirait chez la femme non seulement le diamètre antéro-postérieur du détroit inférieur, mais encore le mêii.e diamètre du détroit supérieur du bassin, disposition qui devrait s'opposer à l'ascension de l'utérus du petit dans le grand bassin.
Pour apprécier la valeur de ces assertions opposées, j'ai comparé un grand nombre de sacrum appartenant à des sujets de sexes différents, et je suis resté convaincu qu'à quelques exceptions près, la courbure du sacrum était beaucoup plus considérable chez la femme que chez l'homme.
Les accoucheurs ne sauraient trop étudier les variétés que présente cette courbure du sacrum. Il est un rachitisme du
(lj Les oiseuux, destinés comme l'homme à la station bipède, sont aussi remarquables par le volume considérable de leur sacrum.
80 OSTÉOLOGL-E.
sacrum auquel ne participent pas les autres os du bassin , et
qui s'explique par les usages de cet os, qui sert de base de
sustentation à tout le tronc.
La concavité antérieure du sacrum est interrompue par quatre
Quatre saillies saillies ou crêtes transversales qui répondent à l'union desvertè-
transversales. * l
bres sacrées : ce sont les analogues des saillies intervertébrales. Quelquefois la première est tellement proéminente, qu'elle a pu être prise pendant le toucher pour l'angle sacro-vertébral.
Trous sacrés De chaque côlë de la ligne médiane, se voient les trous antérieurs. . •».",.',
sacres antérieurs au nombre de quatre , d un diamètre considérable pour les deux premiers , beaucoup moindre pour les deux derniers; donnant passage aux branches antérieures des nerfs sacrés , aux veines sacrées et à quelques artérioles. En dehors de ces trous, sont des gouttières qui conduisent les nerfs sacrés et donnent attache par leurs bords aux digitations du muscle pyramidal. Cette face antérieure du sacrum répond à l'intestin rectum , qui en suit la courbure. Crête sacrée. Face postérieure, face spinale ou cutanée. Sa convexité est rigoureusement proportionnelle à la concavité de la face antérieure. 1° Sur la ligne médiane, elle présente la crête sacrée-, qui fait suite aux apophyses épineuses de la colonne vertébrale, souvent continue dans toute sa longueur, quelquefois interrompue, bifide inférieurement, et formant les bords de la gouttière qui termine le canal sacré. Il est rare de trouver la crête sacrée bifurquée dans toute sa longueur.
Gouttièressa- 2° Sur les côtés de la ligne médiane, se trouvent deux goût-
crctîs.
lièrespeu profondes) gputtièfes sacrées, continuation des gout-
Trous sacrés tières vertébrales, présentant quatre trous sacrés postérieurs,
postérieurs. v
plus petits que les antérieurs, a diamètres moins rapidement décroissants , qui donnent passage aux branches postérieures des nerfs sacrés, à des veines et à des artérioles. Ces gouttières sont bornées par deux rangées de saillies inégales. La première rangée située en dedans des trous, représente les apophyses articulaires, soudées entre elles; la seconde, située en dehors des trous, offre des éminences beaucoup plus prononcées,
qui représentent les apophyses transverses, également souciées. Faces latérales. Triangulaires, larges en haut, minces en bas, où elles constituent de véritables bords, elles sont coupées obliquement d'avant en arrière et de dehors en dedans, de telle sorte que le sacrum représente, entre les os coxaux, un coin aniéro-poslérieur aussi bien qu'un coin vertical. En devant, se voit une facette demi-ovalaire , en forme de croissant, qu'on a comparée à i'auricule humaine, facette auriculaire, s'arti- Facette auri.
1 7 ' ' culaire.
culant avec l'os coxal. Derrière elle sont des aspérités très prononcées, des enfoncements irréguliers , donnant attache aux ligaments sacro-iliaques postérieurs. Le bord sinueux qui termine inférieurement chaque face latérale donne attache aux ligaments sacro-sciatiques.
Base. Elle présente, 1° sur la ligne médiane, une facette Facette ov.v ovalaire, en tout semblable à la face supérieure du corps d'une vertèbre lombaire. Cette facette répond à la face inférieure du corps de la cinquième lombaire. Barrière elle est une ouverture triangulaire entièrement semblable au trou des autres orifice supé-
„>i ■> . n •£> ' • i i 'i ' rieur du caua
vertèbres; c est lonfice supérieur du canal sacre, borne en ar- sacré. rière par deux lames qui se réunissent pour former une apophyse épineuse (1), commencement delà crête sacrée.
2° De chaque côté de la ligne médiane, se voient deux surfaces triangulaires, lisses, regardant en avant et en haut, et faisant partie du grand bassin. Elles sont séparées de la face antérieure du sacrum par un bord mousse, que nous verrons constituer la partie postérieure du détroit supérieur. Derrière la facette ovalaire médiane de la base sont deux échancrures Echancrures. qui concourent à former les deux derniers trous de conjugai- ■ son ; derrière les échancrures, se voient les apophyses artîcu- Apopbysesar-
i . , , c ' ■■ •■„• i , . ticulaires.
laires, ayant la même configuration que les apophyses articulaires supérieures de la cinquième vertèbre lombaire , et s'articulant avec les apophyses articulaires inférieures de la même vertèbre.
(1) Il n'est pas 1res rare de voir celle apophyse épineuse bifuripiée. 1. 6
Sommet. Tronqué, présentant une facette elliptique, Irans-
versale, articulée avec la base du coccyx. Derrière elle se voit
Gouttière sa- |a fin ,je |a gouilière sacrée, bornée par deux, pelites apophy-
„ . ses, destinées à s'articuler avec deux apophyses semblables du
Petites cornes " ■ ''"'
du sacrum. coccyx : ce sont les petites cornes du sacrum.
Canal sacré. Canalsacré. Ce canal, creusé dans l'épaisseur du sacrum dont il mesure toute la hauteur, fait suite au canal vertébral : prismatique et triangulaire, large supérieurement, il est étroit et aplati à sa partie inférieure, où il dégénère en une gouilière convertie en canal par des ligaments. Ce canal loge les nerfs sacrés et communique à la fois avec les trous sacrés antérieurs et avec les trous sacrés postérieurs.
Coccyx.
Forme gêné- Qu'on se représente quatre et rarement cinq tubercules aplatis, successivement décroissants, ordinairement soudés entre eux, rarement distincts, dont le plus considérable, aplati d'avant en arrière, répond au sommet du sacrum, tandis que le plus pelit est libre, et on aura une idée de cet os, triangulaire, comme noueux, rudiment de la queue des animaux, et dont la direction est en général celle de la partie inférieure du sacrum. Je l'ai vu former, dans certains cas, un angle droit et même un angle aigu avec le sacrum.
Face posté- \° La face postérieure spinale ou cutanée est inégale pour l'insertion des aponévroses des muscles grands fessiers. Face antérieure. 2° La face antérieure présente, en petit, le même aspect que la face antérieure du sacrum, et répond comme elle au rectum. Bords. â° Ses bords, minces, sinueux et tuberculeux, donnent at-
tache aux. ligaments sacro-sciatiques.
h° La base, souvent soudée au sacrum, même chez les jeunes
sujets, présente une facette articulaire elliptique, exactement
configurée sur celle du sommet du sacrum. En arrière sont
Cornes du deux apophyses dirigées de bas en haut (cornes du coccyx),
coccyx. quelquefois continues aux pelites cornes du sacrum ; en dehors
sont deux échancrures converties en trous par des ligaments,
qui livrent passage aux cinquièmes paires des nerfs sacrés.
5° Le sommet, quelquefois renflé, d'autres fois bifurqué, sommetquei-
, T , . quefois dévie.
donne attache au releveur de 1 anus. 11 n est pas rare de voir les dernières pièces du coccyx déviées d'un côté ou de l'autre delà ligne médiane.
Considérée comme une seule pièce, la colonne vertébrale re- situation géprésente une longue tige osseuse qui mesure toute la hauteur du tronc: située sur la ligne médiane, postérieure au canal alimentaire, aux organes de la respiration et de la circulation, entre la tête qui la surmonte à la manière d'un chapiteau et le bassin dont elle forme la paroi postérieure , elle doit être étudiée sous le rapport de ses dimensions, de sa direction, de sa forme et de ses régions.
Dimensions de la colonne vertébrale.
1° La longueur ou hauteur de la colonne vertébrale n'est Dimensions de pas proportionnée à la longueur de la moelle épinière, qui ne [ébraie.nne ver" dépasse pas le niveau de la première vertèbre des lombes. La hauteur de cette colonne varie aux différents âges: elle va en augmentant jusqu'à la vingt- cinquième année; quelquefois cepen- Hauteur vadant son accroissement en hauteur s'arrête longtemps avant cet [èsàges.su v âge. Chez l'adulte, elle reste stationnaire et diminue dans la vieillesse par l'incurvation du tronc en devant, ainsi que par l'affaissement des corps des vertèbres et des substances intervertébrales. Il est généralement admis que c'est l'affaissement de ces mêmes substances qui détermine, après de longues marches ou la station prolongée, une diminution de taille qui peut aller jusqu'à un demi-pouce, mais cette assertion n'est nullement démontré.
La hauteur de 3a colonne, mesurée par un fil qui en suit les Hauteur meflexuosîtés, est en général de deux pieds quatre pouces; mesu- sureePar ancrée par un fil rectiligne, elle est de deux pieds deux pouces, ce qui fait une différence de deux pouces. Cette hauteur n'est point
rigoureusement proportionnelle à la taille des différents individus, qui dépend surtout du plus ou moins de longueur des membres abdominaux.
Hauteur de Mesurée chez un adulte de moyenne taille, la colonne cer-
chacune des régions, vicale a cinq pouces et demie de hauteur, la colonne dorsale
neuf pouces et demi, la colonne lombaire six pouces et demi ,
la colonne sacro-coceygienne six pouces et demi.
Hauteur dans On conçoit que dans le cas de déviation, la hauteur mesurée
Uon. ~ par une ligne verticale présente des différences considérables ,
tandis que, mesurée par une ligne qui suit les inflexions, elle
est à peu près constante. Sur le squelette d'une femme rachi-
tique, un fil rectiligne étendu du tubercule de l'atlas à la base du
sacrum, avait un pied six pouces srx lignes, tandis qu'un fil qui
suivait les inflexions avait deux pieds dix-huit lignes ; ce qui
donne une différence de sept pouces. De là la possibilité d'un
alongement rapide et considérable chez les individus déviés
qu'on soumet à l'extension continuelle.
Dimensions 2° Dimensions antéro -postérieur es . Le diamètre antéro-
antéro - posté- . . ,
rieures. postérieur est de trois pouces au niveau de 1 angle sacro-verte-
bral et de la colonne lombaire , de deux pouces quatre lignes au niveau de la région dorsale, et d'un pouce six lignes au niveau de la région cervicale.
Dimensions 3° Dimensions transversales. Le diamètre transverse est de dix-huit lignes au niveau de la région lombaire, de treize lignes au niveau de la région dorsale, et de vingt-deux lignes à la région cervicale. Il faut remarquer que dans cette dernière région, on comprend dans la mesure les apophyses transverses; tandis que ces apophyses ne sont pas comprises dans les mesures transversales des autres régions.
Direction.
Direction. erlicalement dirigée, la colonne vertébrale présente plu-
sieurs courbures alternatives. Ces courbures donnent à la colonne vertébrale un aspect peu régulier, et à cette occasion je dois rappeler ici qu'on ne trouve dans l'économie aucune forme
géométrique, ni ligne droile, ni ligne courbe qui puisse être
soumise au calcul. Ce que je dis ici des formes, nous le dirons Les courbu-
, i > * res de 'a co"
ailleurs des forces vitales, de 1 état sain comme de l état ntor- îonnc vertébrale
, . , , ,, . ' , . . . ne peuvent pas
bide, et c est la un grand caractère des corps vivants : les corps être soumisesau
, a r -, , . • i ' • • calcul.
bruts peuvent être mesures ; les lois qui les régissent sont immuables ; les corps vivants sont incommensurables : les formules qui expriment leurs lois sont encore à trouver.
Les courbures de la colonne vertébrale, examinées dans le sens anléro -postérieur, sont au nombre de quatre : en avam, une convexité au cou, une concavité à la région dorsale, une convexité à la région lombaire, une concavité à la région sacrococcygienne.
A ces courbures de la partie antérieure correspondent, en arrière, des courbures en sens opposé.
Les trois premières courbures sont toujours en raison directe solidarité des
. , diverses régions
les unes des autres; en sorte que, dans le cas de convexité plus sous ie rapport
r y , , . .... , , , . , . de la courbure.
prononcée a la région cervicale, il y a, a la région dorsale, une concavité, et, à la région lombaire, une convexité proportionnelles. Telle est, en un mot, la dépendance mutuelle de ces courbures, que la moindre modification dans l'une d'elles en entraîne de correspondantes dans les deux autres. Ces courbures sont soumises à de nombreuses variétés indi- cescourbures
augmentent la
viduelles; elles paraissent avoir pour effet d'augmenter la ré- résistance. sistance de la colonne vertébrale dans le sens vertical ; car on démontre en physique que, de deux tiges semblables, toutes choseségales d'ailleurs, celle qui présente des inflexions alternes résiste plus à une pression verticale que celle qui est rectiligne, à raison des décompositions de mouvement qui ont lieu à chaque courbure (1),
(1) On a même cru pouvoir exprimer par des chiffres que la résistance de la colonne vertébrale supposée rectiligne serait à la résistance de la colonne vertébrale, telle que nous la voyons, comme 1 : 16. On a dit que les courbures étaient le résultat de l'action musculaire. Mais ces courbures sont trop fixes, leur but trop important, pour qu'on doive les rapporter à une cause autre qu'un système général d'organisation, et les faire dépendre d'un agent aussi variable que la contraction musculaire.
86 OSTÈOLOCIE
Angle saoro- À !a réunion des pyramides sacro-coccygienne el cervico-
vertébral. .
dorso-Iombaire, se voit 1 angle sacro-vertebral, angle 1res obtus, saillant en avant, rentrant en arrière, angle dont la saillie variable intéresse à un haut degré les accoucheurs, et qui, présentant une convexité à la surface convexe de la tête el du corps du fœtus, explique la rareté des positions directes de cette tête et de ce corps. C'est à l'angle sacro-vertébral que vient en définitive aboutir le poids du tronc ; c'est là bien plus efficacement qu'aux courbures graduelles et régulières des autres régions, qu'est décomposée la quantité de mouvement qu'a reçue la colonne vertébrale.
Courbure la- Indépendamment des courbures antéro-postérieures, il existe au niveau des troisième, quatrième et cinquième vertèbres dorsales, une inclinaison ou plutôt une dépression latérale dont la concavité est à gauche. Comme c'est 'précisément à ce niveau que la principale artère de l'économie, Vaorte, se recourbe pour devenir descendante, d'ascendante qu'elle était d'abord , les anciens avaient attribué cette concavité à la pré-
opiniondeBi- sence de la courbure de l'aorte. L'ingénieux Bichat soupçonna
chat el de Bé- a ' v
dard. Cjlie Cquq déviation était due à l'habitude presque générale où
l'on est de se servir de la main droite ; or, celte habitude obli- * géant , disait-il , à incliner la partie supérieure du tronc à gauche, pour offrir un point d'appui et une espèce de contrepoids à l'action du membre thoracique droit, la répétition fréquente de cette inclinaison finissait par en perpétuer l'existence. Dans cette lnpoihèse, les individus gauchers devraient offrir une déviation en sens opposé, el c'est en effet ce que l'observation paraissait avoir démontré à Béclard dans un cas particulier, et son autorité avait entraîné l'assentiment universel (1).
En voyant d'une part celle constante uniformité de l'inclinaison latérale, considérant d'une autre part que le corps des ver-
(1) Dans ces derniers temps, on a pensé que la déviation latérale était due à l'attitude du fœlus dans le sein de la mère; mais s'il en était ainsi, la déviation devrait exister à ta naissance : or, je puis affirmer qu'elle n'existe jamais alors.
lèbres est déprimé plulôl qu'incurvé ou incliné à ce niveau,
que toutes les fois qu'une artère avoîsine un os, cet, os pré- ,^alecourn"™
sente une dépression correspondante au passage de l'artère , qu'une d^pres-
je me suis demandé si l'opinion des anciens ne serait pas plus
fondée qu'on ne le croit communément.
Pour résoudre cette question d'une manière définitive, il fallait trouver l'occasion d'étudier la. colonne vertébrale chez un sujet qui présenterait une transposition de l'aorte; or, chez deux sujets qui offraient ce vice de conformation , j'ai pu constater une dépression des troisième, quatrième et cinquième vertèbres à droite (1).
L'histoire des courbures accidentelles ou déviations apparie- Descausesgé-
, ,, . i ■ • -i ao iv i- • • nérales des dé-
liant a lanatomie pathologique, il me suffira d indiquer ici vivions.
que toutes ces déviations sont le résultat des causes suivantes : 1° l'usure des vertèbres par la carie ou le ramollissement; 2° le défaut d'équilibre en ire la résistance de la colonne vertébrale et le poids du corps, seul ou chargé de fardeaux; 3° les tractions musculaires; h° la fréquente répétition d'une altitude dans laquelle la colonise vertébrale est courbée (2).
(1) M. le docteur Géry vient de présenter à l'Académie de médecine un autre cas d'inversion complète des viscères, y compris l'aorte. Or, la colonne vertébrale offrait à droite la concavité ou plutôt la dépression latérale. Le fait a été parfaitement constaté par M. Bonamy, qui a fait l'ouverture du sujet. Il résulte d'informations positives que cet individu n'était pas gaucher.
(2) Les colonnes cervicale et sacro-coccygienne seules peuvent se dévier isolément, leur mécanisme est en effet indépendant du reste delà colonne vertébrale. Je ne saurais trop appeler l'attention sur les déviations ou le rachitisme du sacrum qui se concilie souvent avec une très bonne conformation du levier vertébral, tandis que, dans d'autres cas, le bassin le mieux conformé coïncide avec la colonne vertébrale la plus difforme. Ainsi, chez une femme dont la colonne vertébrale avait sa rectitude naturelle, j'ai vu les deux premières pièces du sacrum former avec le reste de ces os un angle très aigu rentrant en avant. Un excès opposé, c'est l'aplatissement du sacrum qni offre antérieurement une surface plane qu'on peut atteindre à l'aide du toucher. Cette diminution de la concavité du sacrum a des conséquences très graves pour l'accouchement.
bô OSTÉOLOGIE
Figure et réglons.
Vue en devant, la colonne vertébrale représente deux pyramides adossées base à base. La pyramide inférieure est consti-
Doubie pyra- tuée par la colonne sacro-coccygienne (1) ; la pyramide supérieure a sa base adossée à celle de la première, et son sommet surmonté par l'atlas comme par une espèce de couronnement.
On a établi encore d'autres subdivisions sur lesquelles nous n'insisterons pas parce qu'elles sont dépourvues d'ulilhé (2). Ce qu'il nous importe de savoir, c'est que la colonne vertébrale va,
Renforcement en se renforçant progressivement, de la partie supérieure vers
progressif. ..„,'.
la partie inférieure, preuve bien évidente de la destination de
l'homme àl'atitude bipède ; mais qu'il existe, suivant le besoin,
Renforcements des renforcements partiels dans divers points de cette colonne,
partiel?. ,
renforcement dans le sens antero-posteneur, renforcement dans le sens transversal, renforcement du corps, renforcement des apophyses épineuses ou des apophyses transverses. Tels sont, par exemple, le renforcement des deux premières vertèbres cervicales sur lesquelles repose la tête, le renforcement de
(1) La pyramide inférieure ou sacro-coccygienne est courte, à sommet très délié, formé par la pointe du coccyx, ù base très large formée par la base du sacrum. Le rétrécissement brusque du sacrum s'explique aisément, car le poids du corps étant transmis au bassin par le sacrum au niveau des premières vertèbres sacrées, tout ce qui est au dessous devient inutile pour la transmission.
(2) Voici les principales : Le rétrécissement que présente la colonne dorsale au niveau de l'inclinaison, ou plutôt de la dépression latérale, a fait subdiviser la pyramide supérieure en deux pyramides adossées par leur sommet; mais cette distinction subtile et cette autre distinction plus subtile encore, par laquelle on subdivise la plus supérieure de ces pyramides en deux pyramides secondaires adossées par leur base qui répondrait a la première dorsale; ces distinctions, dis-je, ont été suggérées par le désir d'arriver à quelque chose de rigoureux; or, je ne connais rien de pire que la précision el la rigueur appliquées à des objets qui n'en sont nullement susceptibles, et d'ailleurs ces subdivisions ne peuvent s'appliquer qu'à la colonne vertébrale vue en avant; elles sont démenties par l'observation lorsqu'on étudie celle colonne dans d'aulres sens.
la septième vertèbre cervicale et de la première dorsale, le -renforcement transversal des régions cervicale et lombaire qui a pour but de rendre plus solides les mouvements latéraux. Du reste, envisagée d'une manière générale , la colonne Forme géné-
,, , ... .. , .v raie de la co-
verlebrale représente en devant un cylindre noueux ; en arrière i0„ne verte-
. » . i • , • « < • < 1.» ' • brale.
et sur les cotes, une pyramide triangulaire hérissée d eminences et percée de trous. Que de choses irrégulières dans cette structure, si l'on se borne au premier coup d'œil ! mais lorsqu'on envisage l'ensemble et que l'on rattache les formes aux usages, alors on se sent pénétré d'admiration en voyant qu'il n'est pas le plus petit tubercule, le plus léger hiatus, les plus petites circonstances de forme, qui n'aient une destination bien marquée et qui ne concourent à la perfection du tout.
On considère à la colonne vertébrale, considérée dans son Régions, ensemble, une face antérieure, une face postérieure, deux faces latérales, une base et un sommet.
Face antérieure. Convexe au cou, elle devient concave au Faceantérieure dos, pour redevenir convexe aux lombes et fortement concave au sacrum. Elle présente une série de petites colonnes osseuses superposées que séparent sur le cadavre des rondelles blanches, flexibles, assez semblables aux rondelles de drap dont on sépare les éléments de la pile de Volta ; rondelles proéminentes, ce qui donne à la colonne vertébrale un aspect noueux que quelques anaiomistes transcendants ont voulu retrouver dans la moelle épinière elle-même. Ces rondelles ou disques ont un diamètre vertical qui ne dépasse jamais et qui atteint rarement la moitié de la hauteur des vertèbres qui les séparent. Chaque corps de vertèbre est creusé en avant d'une gouttière transversale, dont Gouttière la profondeur est plus considérable chez les vieillards que chez corps des ver-
tèbrcs
les jeunes sujets, qui ne diminue nullement la force delà vertèbre et à laquelle on a donné l'usage secondaire de loger les vaisseaux correspondants ; mais cette gouttière ou cet étranglement circulaire me paraît un vestige de la forme bicone que présentent les vertèbres des poissons et des reptiles, lesquels possèdent la vertèbre à son maximum de développement. Etroite à la région
dorsale où elle forme cloison, la face antérieure de la colonne vertébrale s'élargit et s'aplalit aux lombes; s'élargit et s'aplatit proportionnellement beaucoup plus au cou,oùellesertde supporta un grand nombre départies; s'élargit, s'aplatit et s'excave au sacrum, où elle doit faire partie d'une cavité, et où elle présente en outre dix trous, cinq de chaque côté ; véritables trous de conjugaison delà région sacrée, appelés sacres antérieurs, que nous retrouverons dans les autres régions sur les parties latérales de la colonne vertébrale.
Une couche ligamenteuse revêt toute la face antérieure de la colonne vertébrale ; les muscles longs et droits cervicaux antérieurs, les piliers du diaphragme, et les muscles psoas répon-
Connexionsde dent à quelques parties de cette face qui a des connexions im-
rLure.°e ante" portantes 1° avec le canal alimentaire, dont l'entonnoir pha-
ryngo-œsophagien repose sur les régions cervicale et dorsale,
de même que la partie inférieure, le rectum, qui a tant de
rapports de structure avec l'œsophage, repose sur la région
Avec les or- sacro-coccygienne et suit exactement sa courbure. Au des-
ganes digestifs. ,.»•,» , i , , i ,
sous de 1 œsophage, 1 estomac et le duodénum embrassent la colonne vertébrale sur laquelle irs reposent ; et le reste du canal alimentaire, alors même qu'il décrit des courbures multipliées qui l'en éloignent, y tient encore par des liens membraneux (les mésentères).
Avec les or- 2° Avec les oraranes de la circulation : sur la colonne verté-
ganes de la circulation, braîe appuient le cœur et l'aorte, celle-ci dans toute son étendue;
ce rapport entre le système artériel et la colonne vertébrale est tellement dans les vues de la nature , que iorsque l'aorte a fini et s'est divisée pour se rendre aux membres inférieurs, elle est continuée par une petite branche, la sacrée-moyenne, qui longe la région sacro-coccygienne: Et chez les animaux, lorsque la colonne vertébrale se prolongeant en queue au delà des cavités splanchniques, rendait nécessaire la présence d'un vaisseau principal pour nourrir ce prolongement caudal, la nature a organisé pour les vertèbres caudales un canal artériel ou vascuiaire tout à fait semblable au canal supérieur ou nié-
dullaire; aussi certains naturalistes regardent- ils les cavités idée ingénieuse des nasplauehniqucs antérieures au corps des vertèbres comme les turaiisies.
analogues du canal vertébral, en sorte que, d'après une manière de voir fort ingénieuse, le tronc serait composé d'une colonne formée par le corps des vertèbres. De celte colonne naîtraient 1° en arrière deux lames qui iraient former un canal couvert pour loger la moelle épinière ; 2° en avant, les côtes qui iraient former un autre canal couvert destiné à protéger les organes de la circulation. A la région cervicale de la colonne vertébrale, répondent encore les artères carotides et les artères Rapports des
. x , grosses artères
vertébrales, ces dernières logées dans un canal creuse dans avecia colonne
,, , , mi t . . i vertébrale.
1 épaisseur des vertèbres de cette région : les rapports des grosses artères avec la colonne vertébrale expliquent les tentatives quelquefois heureuses de compression, qui ont été faites sur les artères qui longent cette colonne , telles que la carotide (i), l'aorte abdominale; ils expliquent encore les battements si sensibles chez les personnes amaigries tout le long de la colonne lombaire, battements qui en ont imposé quelquefois pour des anévrysmes.
Je dois encore signaler les rapports de la colonne vertébrale Rapportsdeia avec les gros troncs veineux , les veines-caves ascendante et ^""avec^ies descendante, les jugulaires , les iliaques primitives , et cet im- veiDes# mense réseau rachidien dont les troncs occupent la région antérieure de la colonne vertébrale (troncs qu'on peut appeler système des veines azygos), vaste moyen de communication entre les veines des extrémités supérieures et les veines des extrémités inférieures. C'est encore sur la colonne vertébrale que reposent .uAve? le canal
^ r thoracique.
le canal thoracique et ia grande veine lymphatique , centres de la circulation lymphatique et lactée.
3° La face antérieure du rachis affecte encore des rapports
(1) Je dois noter ici le tubercule ou racine antérieure de l'apophyse transverse de la sixième vertèbre cervicale que M. Chassaignac a indiquée pour servir de guide dans la ligature de l'artère vertébrale, si jamais on pratiquait cette ligature et pour fournir des indications utiles dans la ligature de l'artère carotide primitive.
Avec les orga- avec les organes de la respiration ; elle a des connexions médiaration. a respi" tes avec la trachée, d'où le nom de région trachélienne imposé à la région cervicale (Chaussier) et avec les poumons qu'elle sépare l'un de l'autre par sa portion dorsale, qu'elle enveloppe parles côtes qu'on peut considérer comme des apophyses transverses très développées.
Avec le grand U° La colonne vertébrale sert encore de support au système
sympathique. j - , ...
des neris grands sympathiques qui mesurent toute sa longueur, et dont les renflements ganglionnaires sont proportionnels au nombre de pièces qui la constituent.
Ainsi, la colonne vertébrale, centre de l'économie sous le rapport de la locomotion, l'est également sous le point de vue du support et de la protection qu'elle fournit aux principaux appareils, à la moelle épinière, au canal digestif, à l'appareil de la circulation artérielle , veineuse, lymphatique, aux organes de la respiration, aux grands sympathiques. On conçoit l'impossibilité de reconnaître, par la région antérieure , les lésions de la colonne vertébrale, vu l'épaisseur des parties qui la recouvrent.
Face postérieure. Sur la ligne médiane, elle présente une rangée d'éminences connues sous le nom ft apophyses épineuses, régulièrement situées les unes au dessous des autres, dont l'ensemble constitue une crête verticale qu'on a appelée épine, d'où le nom d'épine , de colonne épinière, rachis (p*xl? épine), crête épinière. imposé à la colonne vertébrale. Celte crête épinière est bien loin d'être uniforme dans toute sa longueur : elle présente aux régions cervicale, thoracique, lombaire et sacro-coccygienne, des différences parfaitement adaptées aux usages respectifs de ces régions ; elle commence supérieurement par un tubercule appartenant à la première vertèbre, se renfle subitement au niveaude la seconde vertèbre ou axis, rentre, pour ainsi dire, au niveau des troisième, quatrième et cinquième vertèbres cervicales, pour augmenter progressivement à la sixième, et surtout à la septième, qui porte le nom de proéminente; en sorte qu'à la région cervicale, l'épine décrit une courbe à concavité postérieure appartenant à un cercle beaucoup plus petit
que la convexité observée antérieurement. Jusque là, les éminences sont horizontales, bituberculeuses à leur sommet; à partir de la septième vertèbre cervicale les apophyses deviennent obliques, prismatiques et triangulaires , unituberculeuses. Leur obliquité augmente et leur force diminue depuis la première vertèbre dorsale jusqu'à la dixième; les apophyses deviennent horizontales, plus courtes, mais plus Différences de
' la créle épi—
fortes aux dixième, onzième et douzième vertèbres dorsales : mère dans les
diverses ré—
elles sont larges, quadrilatères, horizontales au niveau des gîons. cinq vertèbres lombaires ; et je dois faire remarquer que les apophyses épineuses des douzième dorsale et première lombaire, représentent exactement, pour la force, pour la prédominance, celles des septième cervicale et première dorsale. Enfin, cette crête finit comme en mourant, au niveau de la . région sacro-coccygienne, où elle est quelquefois remplacée par une gouttière : celle gouttière est le résultat de la division delà crête sacrée qui se partage en deux demi-crêtes laissant dans leur intervalle une rainure qui se continue jusque sur le coccyx.
Les plus petites circonstances de conformation de la crête importance de épinière ont un but d'utilité facile à saisir. Ainsi, 1° sous le crêieeépinfère.a rapport physiologique, cette crête peut être considérée comme le bras de levier des puissances destinées à l'extension . On conçoit encore que c'est à la région cervicale que le mouvement d'extension est le plus considérable ; qu'il doit être presque nul à la région dorsale, pour reparaître à la région lombaire. L'intervalle des apophysos épineuses mesure pour ainsi dire l'étendue de ce mouvement. Pourquoi les trois renforcements indiqués, savoir : celui de la deuxième vertèbre cervicale , celui des septième cervicale et première dorsale, celui de la douzième dorsale et première lombaire? Le premier est pour l'ar- Sous )e rap. ticulation et les mouvements particuliers de la tête; le second, J5°que.physiolo~ pour les mouvements du cou; le troisième, pour l'insertion des muscles extenseurs des lombes ; en un mot, tout s'explique jusqu'à la forme triangulaire du bord postérieur des apophyses
9ft OSTÉOLOGIE.
épineuses lombaires, donl les angles inférieurs donnent insertion aux faisceaux musculaires des transversales épineux, sous le rap- 2° Sous le rapport pathologique, la pointe ou le sommet de
port palhologi- . A , . , , , . , , , ,, ,
que. la crête epmiere étant la seule partie de la colonne vertébrale
qui soit accessible sur le vivant à nos moyens d'investi galion , on conçoit de quelle importance il est d'étudier les moindres différences que présente ce sommet, puisque ce n'est que par l'appréciation de ces différences que nous pouvons mesurer le degré de déviation de la colonne vertébrale. Je me hâte d'ajouter qu'il s'en faut bien que les déviations latérale et antéropostérieure du corps des vertèbres soient exactement représentées par celles des apophyses épineuses, à cause de la torsion qu'éprouvent constamment dans ce cas les pédicules des vertèbres. Or, celte torsion se faisant d'une manière alternative, de même que les déviations des corps, il en résulte une disproportion énorme entre la déviation vue antérieurement et Déviations la déviation vue postérieurement. Il y a même plus, les coursonTna'suscep°tf- bures naturelles que nous avions étudiées sur le plan antérieur sèsépineuses.y~ ne sont pas parfaitement représentées en arrière, vu lé défaut d'uniformité de la crête. Je ne saurais trop appeler l'attention des praticiens sur certaines déviations propres aux apophyses épineuses. Combien de fois n'ai-jepas vu le sommet d'une ou de plusieurs apophyses épineuses hors de rang, et l'apophyse suivante reprenant sa direction naturelle ! J'ai rencontré un cas dans lequel les sommets des apophyses épineuses décrivaient des espèces de zigzag.
Gouttières ver- Sur les côtés de la crête médiane se voient deux gouttières larges et presque planes au cou, larges et profondes à la partie supérieure du dos, se rétrécissant à la partie inférieure de la région dorsale, pour s'élargir aux lombes et à la base de la région sacrée, se rétrécir de nouveau et finir comme en mourant à la partie inférieure de cette dernière région. Au niveau de la région lombaire, chaque gouttière est divisée en deux gouttières plus petites par lu saillie que forme la série des apophyses articulaires, lesquelles font évidemment susKe aux apophyses
iransverses du dos dont elles sont les analogues. La largeur et
la profondeur de ces gouttières sont exaeiement proportion- causes des
,, , . , ,, . , ... . différences de la
nelles aux niasses musculaires qu'elles sont destinées a re- souiiière verte-
, > ,, • , h , . , , brale dans les
cevoir , et c est pour celle raison qu elles sont plus considéra- diverses régions. blés aux régions cervicale el lombaire qu'à la région dorsale. Ces masses musculaires débordent la crête épinière chez les individus robustes et pourvus d'embonpoint, tandis que c'est la crêle au contraire qui déborde chez les individus amaigris ; d'où les eschares qui surviennent sur les points les plus saillants et les plus comprimés à la suite d'un décubitus dorsal longtemps continué.
Faces latérales. Elles présentent en avant : 1° la partie latérale du corps des vertèbres, delà gouttière transversale de ces corps , gouttière toujours plus prononcée sur les parties latérales qu'au milieu, plus prononcée aux lombes qu'au clos et au cou, chez les vieillards que chez les adultes; 2° à la région dorsale, des facettes destinées à s'articuler avec les côtes; 3° plus en arrière, des ouvertures qu'on appelle trous de Trous de conconjugaison, en nombre égal à celui des vertèbres. Le plus Jugaisonconsidérable de tous est sans contredit celui qui est situé entre les quatrième et cinquième vertèbres lombaires. Ces trous vont Leurs difféensuite en diminuant progressivement jusqu à la partie supérieure de la région dorsale; ils augmentent un peu à la région cervicale, dont le plus considérable est situé entre la deuxième et la troisième vertèbre de cette région. La région saero-coccygietine paraît, au premier abord, dépourvue de trous de conjugaison ; mais cette exception n'est qu'apparente ; e\ les trous de conjugaison, bien loin de manquer, sont au contraire doubles et rejetés en avant et en arrière, à cause de l'articulation latérale du sacrum en général : ce sont les trous sacrés an- Les trous sa-
crés sont dos
teneur et postérieur. Les dimensions des trous de conju- trous de conju-
• i ■ i. - , gaison.
gaison ne sont nullement proportionnelles au volume des ganglions et des nerfs qui les traversent, mais bien plutôt en rapport avec les veines destinées à établir des eom;»unicâlions entre les systèmes veineux intra et exlravertébral ; h° derrière
&6 OSTÉOLOG1E.
et entre les trous de conjugaison se remarque la série des apophyses transverses, espèce d'apophyses épineuses latérales dont la forme et les dimensions varient suivant les régions, et qui concourent à former les parties latérales de la gouttière étudiée sur la face postérieure ; 5° entre les apophyses transverses se voient les apophyses dites articulaires.
Canal vertébral. Les trous de conjugaison que nous avons observés-sur les faces latérales viennent tous s'ouvrir dans un canal qui règne dans toute la longueur de la colonne vertébrale : c'est le canal vertébral. Ce canal, creusé dans l'épaisseur de cette colonne, en suit toutes les courbures, mais non toutes les variations de forme et volume. On peut même dire Loi qui préside que ses dimensions, dans tel ou tel point de sa longueur, sont en
aux dimensions
du canal verte- raison inverse de celles de la colonne vertébrale ; ainsi, tandis
bral. .' , '
que laparlie la plus volumineuse de la colonne est a la région lombaire, la partie la plus ample du canal est à la région cervicale. On a dit que ce canal se renflait comme la moelle épinière ; mais où est le renflement du canal correspondant au renflement moyen de la moelle? où est même le renflement correspondant au bulbe de terminaison? La véritable loi qui préside aux dimensions du canal , dansles diverses régions, c'est la mobilité (1). Plus une région de la colonne vertébrale est mobile , plus les dimensions du canal y sont considérables , disposition qui prévient la compression de la moelle correspondante. Ainsi, c'est aux régions cervicale et lombaire que le canal a le plus de capacité ; c'est à la région dorsale, et surtout à la région sacrée, qu'il en a le moins. Si le diamètre transverse l'emporte à la région cervicale sur le diamètre antéro-posiérieur, c'est à cause de l'étendue des mouvements latéraux. Au reste, il s'en faut bien que le canal vertébral soit rempli par la moelle épinière : quelque ingénieux qu'eût été le mécanisme de la colonne vertébrale , par cela seul qu'elle est mobile , la moelle
(1) Ainsi que l'a d'ailleurs démontré le docteur Earl par des observations d'anatomie comparée (Philos, irans. , 4822).
DE 1A COLOIS'MÏ VliRTÉBBAliE KS GÉRERAI*. ■'"
eût éprouvé des compressions funestes, sans l'intervalle assez considérable qui exisle entre elle cl les parois osseuses, intervalle rempli par des membranes et par un liquide, et aux lombes par une assez grande quantité de tissu adipeux. Ce canal est d'ailleurs presque également protégé en avant , Moyens de
, , - protection dit
en arrière et sur les côtes : en avant, par le corps des vertèbres ; canal vertébral, sur les côtés, par les apophyses transverses et articulaires ; en arrière, parles apophyses épineuses, qui éloignent de ce canal tous les corps vulnérants et par les lames vertébrales dont les intervalles sont remplis par des ligaments (les ligaments jaunes). Or, la nature a prévenu les désavantages de la présence de ces ligaments : 1° en donnant à ces ligaments le moins de largeur possible, en sorte que les bords voisins des lames se touchent; 2° au cou, où l'espace intermédiaire aux lames devait être le plus considérable, en donnant à ces lames une inclinaison-telle que le bord supérieur de la lame qui est au dessous s'imbrique sous le bord inférieur de la lame qui est au dessus ; 3° enfin aux lombes, où l'intervalle ne devait pas être beaucoup moindre, vu l'étendue du mouvement d'extension, en donnant aux masses latérales et aux pédicules un développement considérable aux dépens des lames , en sorte qu'il n'y a pour ainsi dire pas de lames, ces lames se trouvant envahies par les masses latérales. On peut défier de péné- . trerdans le canal vertébral par la région lombaire, à moins d'enfoncer l'instrument entre les apophyses épineuses. Le mémo défi peut être porté pour la région cervicale pendant l'extension , à cause de l'imbrication des lames , mais non dans la flexion forcée de la tête, lorsque l'instrument est dirigé de bas en haut.
Si l'on demande pourquoi ce canal vertébral, nous répon- Usages du ca-
r nal vertébral.
drons qu'il doit être considéré comme une gaine osseuse et protectrice, comme un névrilemtne osseux delà moelle épinière surajouléaunévrilemmefibreux,disparaissantavecceite moelle chez les animaux invertébrés. On ne saurait méconnaître comme usage accessoire celui de diminuer la pesanteur du le- 1- 7
vier vertébral, et sous ce rapport le canal vertébral est l'analogue du canal médullaire des os longs. Une colonne vertébrale pleine aurait nécessité des puissances musculaires bien plus considérables.
Conformation intérieure des vertèbres.
Si l'on en excepte la couche mince de tissu compacte qui le revêt à l'extérieur, le corps des vertèbres est presque exclusivement composé de tissu spongieux à larges cellules; il n'en est pas de même des diverses apophyses dans lesquelles on Abondancedu trouve une assez grande quantité de tissu compacte ; encore
dans îe^ccfrps ^aul~1^ remarquer que ces apophyses sont celluleuses dans tous
des vertèbres. ies endroits où elles se renflent. Les lames sont presque entièrement compactes. L'abondance du tissu spongieux explique comment le poids de la colonne verlébraleest si peu considérable relativement à son volume.
Canaux vei- ^es vertèbres sont de tous les os du squelette , ceux qui of-
neux : des verte- frent les canaux veineux les plus considérables. La disposition
d'ailleurs très variable que présentent ces canaux dans l'inté-
variétés dans rieur du corps de la plupart des vertèbres , est la suivante : un
leur disposition. cana| uniql]e? diri gé horizontalement et d'avant en arrière, commence à la face postérieure du corps de la vertèbre; après un trajet de quelques lignes , il se divise en deux, trois ou quatre canaux, qui s'écartent à angle, et vont tantôt s'ouvrir directement sur la face antérieure du corps , tantôt se perdre dans les cellules.- Tous ces conduits sont tapissés par une lame de tissu compacte et criblés de trous (1).
[Développement.
Le développement de la colonne vertébrale comprend, 1° le développement des vertèbres en général ; 2° le développement de celles des vertèbres qui présentant des différences dans leurs formes, en présentent aussi dans leur mode de dévelop-
(l) Voyei les belles planches de M.Breschet sur le système>eineux.
I)K LA C0LOHNK VERTÉBRALE KN GÉNÉRAL. 'JU
pement ; 3° le développement de la colonne vertébrale considérée dans son ensemble.
A. Développement des vertèbres en général.
Chaque vertèbre se développe primitivement par trois points Trois points d'ossification (1). primitifs-
1° Un médian pour le corps ; 2° deux latéraux pour le reste de l'anneau vertébral. A ces points qui sont primitifs, se joi- cinq points
complémenlai-
gnent, à des époques plus ou moins reculées , cinq points d os- res. sification complémentaires : ce sont tes points épiphysaires. Il en existe, 1° un pour le sommet de chaque apophyse transverse ; 2° un pour le sommet de l'apophyse épineuse ; 3° deux pour le corps, l'un à la face supérieure , l'autre à la face inférieure, où ils représentent deux lames très minces , en sorte qu'il y a une époque où la colonne vertébrale offre aulant de triples disques osseux qu'il y a de corps de vertèbres. Enfin , Deux autres
, , . . , . . points complé-
un point complémentaire existe pour chaque tubercule apophy- mentales pour
les vertèbres
saire des vertèbres des-lombes , ce qui fait sept points d'ossifi- lombaires. cation complémentaires pour cet ordre deverlèbres.
En général, c'est dans les lames que se voient les premiers ordre d'appapoints osseux; ils précèdent de quelques jours l'apparition dtintI0n" point osseux du corps. Du reste, cette loi n'est pas générale, ainsi que l'a remarqué Béclard.
C'est du quarantième au cinquantième jour de la vie intra- Epoque de utérine qu'apparaissent les premiers points d'ossification. Celui ' appar,tlondu corps occupe le centre du cartilage sous la forme d'un grain i° Des points osseux qui s'étend horizontalement, de manière à présenter pnmi ls" l'aspect lenticulaire. C'est dans le lieu où se réunissent les apophyses transverses et les apophyses articulaires qu'apparaissent les points d'ossification des lames.
Ce n'est qu'à quinze ou dix-huit ans que se manifestent les 2° Des points
complémentaires.
(1) Quelques anatomistes admettent deux points primitifs pour le corps de la
vertèbre. L'exposé des discussions qu'a fait naître celte question d'ostéogénie,
sortirait des bornes que nous avons dû nous imposer.
points osseux complémentaires. Quelquefois cependant, suivant Ja remarque de Bichal , le point qui couronne le sommet de l'apophyse épineuse est primitif, et, dans ce cas, il est situé à l'endroit où l'apophyse épineuse se continue avec les lames, ordre de sou- Toujours les deux points osseux latéraux qui ont constitué
dure.
les lames se réunissent entre eux avant de s'unir au corps. Celle La soudure des réunion commence à s'effectuer un an après la naissance: ce
points primitifs
s'effectue des n'est que vers quatre ans et demi que les points osseux latéraux
deux côtés du ,
corps. s unissent au corps. La réunion s effectue sur les côtes du corps
de telle manière que les points latéraux viennent former les parties latérales de ce corps. Dans la région cervicale, les points latéraux anticipent assez sur le point médian pour former au moins les deux cinquièmes du corps de la vertèbre.
C'est donc sur le corps des vertèbres, c'est à dire sur leur partie , essentiellement articulaire, que se fait la jonction des irai s po i n ts pr i m i ti fs .
C'eel de vingt à vingt-cinq ans que se réunissent les points épiphysaires des apophyses trausverses et épineuses; la réunion des lames épiphysaires du corps ne se complète que de vingtcinq à irenie ans.
B. Développement de quelques vertèbres en particulier. Parmi les vertèbres, celles qui offrent de grandes différences dans leur forme en offrent aussi dans leur mode de développement : ce sont i'atlas, l'axis, la septième vertèbre cervicale, la première lombaire , et les vertèbres qui, par leur réunion, constituent le sacrum et le coccyx.
Atlas. 1° Atlas. Les analomistes modernes admettent pour celte
Nombre des vertèbre cinq ou six points d'ossification , savoir : un ou deux points osseux. ^^ yùrc anlérieur, <jeux p0Ur ies niasses latérales et deux pour l'arc postérieur. Je n'ai jamais observé de points d'ossification spéciaux pour les masses latérales, le même point appartenant à la masse latérale et à la moitié d'arc de chaque côté. Je n'admets donc que quatre points d'ossification ; deux pour l'arc antérieur, deux pour l'arc postérieur. Voici dans quel ordre apparaissent es différents poinls.