AVANT- PROPOS. XIX
spire cette heureuse audace qui va chercher à travers des parties , dont la lésion serait dangereuse ou mortelle, ce vaisseau qu'il faut lier, cette tumeur qu'il faut extirper ; c'est elle qui interprète les maladies chirurgicales, et donne, soit de leurs causes, soit de leurs symptômes, soit des indications thérapeutiques, ces raisons anatomiques qui seules peuvent constituer la science sur des fondements inébranlables. C'est l'anatomie qui juge en dernier ressort les méthodes et les procédés opératoires; elle va au-devant de l'expérience, et indique de la manière la plus positive par quelles voies un organe est attaquable. C'est encore l'anatomie qui, dans les revers, lui découvre les causes de ces revers, les modifications à apporter au procédé opératoire, s'ils ont tenu au procédé opératoire, et la médication à opposer à l'affection locale ou éloignée qui a emporté le malade.
Il est évident d'ailleurs que l'anatomie du chirurgien est non l'anatomie de texture, mais bien l'anatomie des rapports, l'anatomie des faces, des angles et des bords, telle que l'ont, enseignée Desault et Boyer, et dont l'anatomie des régions, si bien nommée anatomie chirurgicale, n'est que le complément.
3° L'anatomie n'est pas moins indispensable au médecin. Sans doute, on peut être bon anatomiste sans être médecin ; mais je soutiens qu'on ne saurait être bon médecin, et surtout aspirer à faire avancer la science, sans être profondément versé dans l'anatomie. Je sais bien qu'on rencontre tous les jours des médecins qui soutiennent qu'on en sait toujours assez pour ia pratique médicale, quand on connaît