partie moyenne du fémur, explique en grande partie pourquoi
les fractures par contrecoup de cet os ont presque toujours lieu
à sa partie moyenne. Cette courbure est souvent exagérée chez
les rachitiques. Indépendamment de la courbure antéro-posté-
300 OSTÉOLOGIii.
courbure de rieure, l'os est légèrement tordu sur lui-même. Cette courbure
torsion. m °
de torsion me paraît en rapport avec la disposition de l'artère fémorale qui passe d'une face à l'autre en contournant le corps du fémur. Enfin, à sa partie supérieure, le fémur présente une galeuse ""de3"! courbure anguleuse, sur laquelle nous insisterons plus lard. neurel Supe~ De-même que tous les os longs, le fémur se divise en corps et extrémités.
A. Du corps. Le corps du fémur est prismatique et triangulaire; on lui considère trois faces et trois bords. La face interne i° La face antérieure, arrondie, présente un aspect cylin-
est la face de ' ' l r j
l'artère fémorale drique ; elle est plus large en bas qu'en haut. 2° La face interne, plane, s'élargit beaucoup inférieurement , et devient postérieure; l'artère fémorale qui correspond à cette face, peut être comprimée sur elle vers le tiers moyen de la cuisse. 3° La face externe, beaucoup plus étroite que l'interne, est légèrement excavée dans toute sa longueur.
Bords. h° Des trois bords, ï interne et l'externe sont arrondis, et
se distinguent à peine des faces qu'ils séparent. Le bord posterieur, au contraire, extrêmement saillant et rugueux, a reçu le
Ligne âpre. nom de ligne âpre. Cette ligne saillante est divisée en deux lèvres et un interstice, afin de faciliter l'indication précise des muscles nombreux qui s'y attachent.
La ligne âpre, plus inégale en haut qu'en bas, se bifurque à
Sa bifurcation ses deux extrémités. Des deux branches de la bifurcation supé-
supeneure-
rieure, V externe, extrêmement rugueuse, est quelquefois surmontée d'une apophyse considérable qui représente une espèce de petit trochanter , et va se continuer jusqu'à l'apophyse volumineuse qu'on appelle grand trochanter. La branche interne , moins saillante, se termine en dedans à une éminence nommée petit trochanter.
sa bifurcation Des deuxbranches de la bifurcation inférieure, l'une, externe,
inférieure. ,. . , . n ., ,.,.„.. ,
se dirige vers la partie externe de 1 extrémité inférieure du fémur, et se termine à une éminence , au dessous de laquelle est une petite dépression ou s'insère le muscle jumeau externe. La branche interne s'efface presque totalement dans le lieu où
passe l'artère fémorale. Cette ligne reparaît un peu plus bas, et se termine, de même que l'externe, à uneéminence très prononcée, destinée à l'insertion du grand adducteur, au dessous de laquelle s'attache le jumeau interne. L'intervalle triangulaire qui sépare les deux branches de la bifurcation inférieure répond à l'artère et à la veine poplilées, d'où le nom d'espace Espace popiité. poplité.
C'est sur la ligne âpre que se voit le conduit nourricier, ou les conduits nourriciers du fémur qui pénètrent l'os obliquement de bas en haut.
B. Extrémité supérieure. L'extrémité supérieure du fémur, qui forme avec le corps de l'os un angle obtus , présente à considérer, 1° une tête, 2° 'un col, 3° deux éminences inégales en volume, qu'on appelle trochanters, distingués en grand et en petit.
1° Têtedu fémur. C'est de toutes les éminences du squelette celle qui est le plus régulièrement sphéroïdale; elle représente à peu près les deux tiers d'une sphère limitée par une ligne sinueuse. Elle est creusée un peu au dessous de sa partie moyenne Dépression de par une dépression raboteuse, dont la profondeur est variable, latête" et qui donne attache au ligament interarticulaire.
2° Col du fémur. Ainsi nommé, parce qu'il supporte la tête de l'os, ie col du fémur est obliquement dirigé de bas en haut Direction du
col du fémur.
et de dehors en dedans : il forme, avec le corps du fémur , un angle obtus, angle du fémur, rentrant en dedans, saillant en Angle du fémur, dehors, et dont le degré d'ouverture est variable dans les divers individus, dans les différents âges et dans les différents sexes. Tantôt, en effet, cet angle est très obtus ; tantôt il est presque droit. Il est généralement admis que cette dernière disposition est propre à la conformation de la femme , et contribue à déterminer la saillie plus considérable que présente chez elle le grand trochanler.
Le col est aplati d'avant en arrière, et son diamètre vertical Aplatissement
1 ' antero - poste -
est deux fois plus considérable que son diamètre antéro-posté- rieur du coi. rieur : d'où il suit que le col résiste beaucoup plus aux efforts
302 OSÏÉOLOGIE.
dirigés contre lui de haut en bas qu'aux efforts dirigés d'avant en arrière; disposition tout à l'avantage de la solidité du col, car c'est presque toujours dans le sens vertical qu'agissent les causes de fractures.
Longueur du La longueur du col varie beaucoup chez les différents sujets. Chez tous, celle longueur est plus considérable en arrière qu'en avant, en bas qu'en haut; ainsi, chez un sujet dont la face antérieure du col avait un pouce de longueur, la face postérieure avait de 15 à 16 lignes. La longueur du bord inférieur de ce col est en général deux fois plus considérable que celle du bord supérieur. L'un et l'autre bord sont concaves; mais la concavité du bord supérieur est beaucoup plus considérable. Enfin, pour ne rien omettre, l'axe vertical du col est légèrement incliné d'avant en arrière et de haut en bas, d'où il résulte que la face antérieure de ce col regarde un peu en bas, et la face postérieure regarde un peu en haut. Suivant la plupart des anatomisles, le col du fémur est un peu plus long, et surtout plus horizontal chez la femme que chez l'homme; mais celle différence ne m'a pas paru aussi prononcée qu'on le dit ordinairement.
Base du col d ^a ^ase ^u c0* ^u ^mur présente un grand nombre de trous fémur. nourriciers : elle est limitée en arrière et en haut, par le grand
Irochanler; en arrière et en bas, par le petit trochanter; et dans l'intervalle de ces deux éminences, en avant, par des inégalités ; en arrière, par une crêie saillante qui les unit l'une à l'autre et donne attache au muscle carré de la cuisse. En arrière, au niveau du grand trochanier, la base du col du fémur est singulièrement affaiblie par une excavation profonde, d'où la fréquence des fraclures de la base du col à ce niveau. Grand tro- g° fiJ§!0FQfld trochanier est situé à la partie externe supéchamer. rieure ei un peu posiérieure du fémur. Moins élevé que la lèie,
il est sur la même ligne que le corps qu'il prolonge en haut. Celte éminence dont le volume est considérable, et qui fait sous la peau une saillie 1res prononcée, doit être étudiée avec soin Rapporu. ^ans ses raPPorls : 1° aveG *a cr^le iliaque qu'il déborde en de^
hors ; 2° avec le condyle externe du fémur ; 3° avec la malléole externe, parce que ces rapports servent constamment de guide soit dans la diagnostic, soit dans la réduction des luxations du fémur et des fractures du col ou du corps de cet os. Le grand trochanler, destiné tout entier à des insertions musculaires est quadrilatère, aplati de dehors en dedans et présente, l°une face externe, convexe, qui se termine en bas par une crête saillante, destinée à l'insertion du muscle vaste externe, crête créieduraste
externe.
dit vaste externe, et qui est traversée par une ligne oblique en bas et en avant, donnant insertion au muscle moyen fessier ; 2° une face interne offrant une excavation qui porte le nom de cavité' digitale ou troehantérienne, et destinée à l 'in- cbaniérienne?" sertion d'un seul muscle, l'obturateur externe; 3° un bord supérieur qui donne attache au petit fessier, au pyramidal et à l'obturateur interne; 4° un bord antérieur, souvent surmonté par un tubercule très considérable, donnant attache au vaste externe ; 5° un bord postérieur, donnant attache au carré de la cuisse.
k° Le petit trochanler est une éminence d'insertion située Petit trochan-
ter.
en dedans, en arrière et en bas de la base du col du fémur ;
c'est une sorte du tubercule conoïde, donnant attache au tendon du muscle psoas-iliaqtte.
C. Extrémité inférieure. L'extrémité inférieure du fémur présente un volume considérable; large transversalement, Son volume. aplatie d'avant en arrière , elle se bifurque ei forme deux éminences convexes articulaires qu'on appelle condyles du fé- condyles. mur : on les distingue en interne et externe. Le condyle externe est sur la même ligne que le corps du fémur. Le condyle interne est hors de rang, fortement déjelé en dedans de l'axe de l'os, et déborde en bas le condyle externe : aussi faut- il, pour les faire porter tous deux sur un même plan horizontal, qne le fémur soit obliquement dirigé de haut en bas et de dehors en dedans. Ces deux condyles sont séparés l'un de l'autre, en arrière, par une échancrure profonde, échançrure inler- Échancrure. condylienne ; mais en devant les deux condyles constituent
304 OSTÉOI-OGIE.
Trochiée. par leur réunion une espèce de gorge ou de poulie, trochlée fémorale, qui répond à la rotule.
La portion de trochlée qui appartient au condyle externe est plus considérable, plus saillante et un peu plus élevée que celle
Facéties des qui appartient au condyle interne. Chaque condyle présente trois facettes : 1° la facette inférieure, articulaire, convexe, plus arrondie en arrière qu'en avant, répond au tibia et à la rotule ; la facette inférieure du condyle interne est plus saillante en arrière que celle du condyle externe ; 2° la facette interne du condyle externe et la facette externe du condyle interne sont profondément excavées et donnent insertion aux ligaments croisés ; 3° la facette interne du condyle interne et la facette externe du condyle externe présentent chacune un ren-
Tubérosiiés flement qui porte le nom de iuhérosilé du fémur. La tuhéro-
du fémur.
site interne, plus considérable, offre en arrière une dépression que surmonte le tubercule du grand adducteur déjà décrit. La tubérosité externe, moins saillante, présente deux dépressions séparées par un tubercule facile à sentir à travers la peau chez les sujets maigres. La dépression inférieure est très remarquable; elle est disposée en gouttière et donne insertion au tendon du muscle poplité.
Résumé des connexions. Le fémur s'articule avec l'oscoxai, qui lui transmet le poids du corps , et avec le tibia sur lequel il appuie. Il répond aussi à la rotule.
Conformation intérieure. De même que tous les os longs, le fémur est compacte à sa partie moyenne , et spongieux à ses extrémités ; son canal médullaire est le type de tous les canaux du même genre.
oj^on™bre des Développement. Le fémur se développe par cinq points d'ostion« sification : trois primitifs, dont un pour le corps et un pour
chaque extrémité ; deux épiphysaires , dont un pour le grand trochanter et un pour le petit.
1° Le premier point qui paraisse est celui du corps : il devient manifeste du trentième au quarantième jour de la vie fœtale.
2° C'esi dans les quinze derniers jours de la vie fœlale que Époque <i',ip-
1 ° panuon du point
paraît le point osseux de l'extrémité inférieure : il oecupe le osseux <ie l'ex
' ' tremité mfé-
cenlredu cartilage. La présence constante de ce point osseux iïeure. dans l'exlrémilé inférieure du fémur est d'une grande importance en médecine légale : car, par cela seul qu'un fœlus présente ce point osseux, on peut affirmer qu'il est à terme.
8° Le troisième apparaît au centre de la tête du fémur, à la fin de la première année qui suit la naissance.
Le col n'a pas de point osseux particulier; il se forme par l'extension de l'ossification du corps.
U° Le point osseux du grand trochanter se forme de trois à quatre ans.
5° Celui du petit, de la treizième à la quatorzième année.
L'ordre de réunion n'est pas, à beaucoup près, le même que .Ordre deréucelui d'apparition.
La réunion ne commence qu'après la puberté, et ne se termine qu'après l'époque du développement complet.
Le petit trochanter d'abord, puis le grand trochanter et la tête ont successivement opéré leur réunion au corps de l'os vers la dix-huitième année.
Ce n'est qu'après la vingtième année que l'extrémité inférieure, qui pourtant a paru la première, se soude au corps de l'os.
Chez le vieillard, la raréfaction du tissu spongieux qui Raréfaclii)n du constitue le col du fémur, est telle que chez un sujet j'ai vu ce d'jfcVdTfemùr col creusé d'une espèce de canal central rempli de tissu adi- chez le vieillard. peux, à la manière du corps d'un os long. Cette raréfaction explique pourquoi le col du fémur se fracture si souvent à cet âge de la vie. La même disposition explique pourquoi, dans quelques cas, le col du fémur s'infléchit en bas, se raccourcit et s'atrophie de telle manière que la tête du fémur dépasse à peine en haut le niveau du grand trochanter, contre lequel elle est presque immédiatement appliquée.
306 OSTÉOLOftIE.
De la Rotule.
Le plus im- Ainsi WÔiflrflie à cause de sa forme arrondie, qui l'a fait comsé5araoïdesS °S Pàrer à une petite roue, la ro/w/e tient, par son volume et par l'importance de ses fonctions, le premier rang dans un système d'osselets qu'on appelle sésamoïdes (de (res-as^es-, parce qu'on les a comparés à des grains de sésame, plante de l'ordre des bignones).
Les os sésamoïdes constituent un système particulier d'osselets qui se voient autour des articulations soumises à des pressions très considérables. Il est des os sésamoïdes constants, il en est d'accidentels. Ainsi, on en rencontre constamment dans les articulations métacarpo-phalangiennes du pouce et métalarso-phalangiennes du premier orteil ; le pisiforme du carpe, qui est un véritable os sésamoïde, est également constant, tandis qu'on en rencontre quelquefois seulement dans l'épaisseur des tendons des muscles jumeaux, à l'endroit où ils frottent contre la partie postérieure des condyles.
La rotule est ^a rotule est constante; elle entre dans le plan de l'organisaconsiaute. \\ià\\-y aussi la plupart des analomistes la rangent-ils parmi les os du corps humain, ce qui me paraît un vice de langage en anatomie rationnelle.
situation. Située au devant du genou, la rotule est mobile dans l'exten-
Mobiiité. Sion' **xe et fortement proéminente dans la flexion de la jambe sur la cuisse. Sa mobilité lui permet d'échapper aux influences funestes de chocs extérieurs. Que serait-il arrivé si, comme l'olécrane, elle eût été soudée au tibia?
variétés de C'est de tous les os celui qui présente le plus de variétés,
forme et de vo- . , i-.i 1 . j j-
lume. soit dans son volume, soit dans le rapport de ses dimensions
entre elles.
La rotule étant aplatie d'arrière en avant, présente une face
antérieure, une face postérieure et une circonférence.
Face sous» La face aniérienre ou sous cutanée est convexe, recouverte
par un plan hhreux, 1res épais, intimement adhèrent a 1 os, et
qui se continue d'une part avec le ligament de la rotule, d'une
DES MEMBRES ABDOMINAUX, ht LA ROTULE. 307
autre pari avec le tendon du cirait antérieur de lu cuisse, Colle faceetl encore recouverte par un prolongement de l'aponévrose fémorale, ou plutôt par une expansion des, muscles vaste interne etvasic externe; une bourse synoviale très intéressante est interposée à la rotule et à ce plan aponévrotique, qui par conséquent la sépare de ce plan. Cette bourse synoviale manque quelquefois.
La face postérieure ou fe'mçrah se moule exactement sur la Face fémorale, poulie que présente l'extrémité inférieure du fémur ; pp y voit, 1° une crête articulaire, oblique de haut en bas et de dehors en dedans, répondant à la gorge de la poulie, qui présente la même obliquité 5 2° de chaque côlé de la tête , une facétie articulaire concave, qui se moule sur le condyle correspondant du fémur; et, comme le condyle externe du fémur est plus inégalité des large que l'externe, il suit que la surface articulaire externe de ariîcuiahes^* la rotule est également plus large que l'interne. Celte inégalité des deux facettes suffit pour faire distinguer au premier coup d'œil une rotule droite d'une rotule gauehe.
La circonférence de la rotule représente un triangle curviligne dont la hase épaisse, tournée en haut, donne attache, Base. dans le tiers au moins de son épaisseur, au tendon des extenseurs de la jambe, el dont le sommet , qui est assez aigu et di- sommet, rigé en bas, donne atiache au ligament rolulien. Les bords latéraux sont minces, et donnent attache au tendon aponévro Bords lateraux> tique des portions du triceps fémoral, appelés vaste externe et vaste interne, et à de petits faisceaux ligamenteux fixés d'une autre part aux tubérosités du fémur, et qu'on peut appeler ligaments latéraux ou -propres de la rotule. Il en résulte qu'à l'exception de sa face postérieure, qui est articulaire, la rotule est de toutes parts enveloppée de tissu fibreux, disposition qui s'accorde avec le mode de développement propre à la rotule, et qui a une grande importance dans la consolidation des fractures de cet os (I).
(1) On distingue le bord interne de la rotule d'avec le bord externe à une dé'
intér0ieurmatl0n Conformation intérieure. Entièrement spongieuse , la rotule est revêtue en avant par une lame mince de tissu compacte, qui, par une exception bien remarquable dans les os courts, présente des fibres verticales et parallèles très prononcées. Ces fibres laissent voir dans leurs intervalles des ouvertures vasculaires assez nombreuses. Sa structure éminemment spongieuse la rend très susceptible de fracture, soit par choc direct, soit par l'effet de la contraction musculaire. Un seul point Développement. La rotule se développe par un seul point
d'ossification. . *
osseux; ce n'est que dans les cas rares et exceptionnels, tels que celui cité par Rudolphi, qu'on en trouve plusieurs.
L'ossification se manifeste dans la rotule vers deux ans et demi.
Du Tibia.
Le tibia, le plus considérable des deux os de la jambe, est situé entre le fémur, qui appuie sur son extrémité supérieure , et le pied, sur lequel il appuie.
C'est, après le fémur, le plus volumineux et le plus long des os du squelette.
Renflé à son extrémité supérieure, le tibia se rétrécit et prend la forme d'un prisme triangulaire à sa partie moyenne. Infé rieurement, il se renfle de nouveau, mais beaucoup moins qu'à son extrémité supérieure.
La partie la moins volumineuse du tibia ne correspond pas exactement à la partie moyenne de l'os , ainsi qu'on le voit au fémur, mais bien au point de réunion des deux tiers supérieurs avec le tiers inférieur : aussi est-ce dans ce point que les fractures par contrecoup ont lieu le plus souvent.
Le tibia est dirigé verticalement, et par conséquent les deux
pression ou facette articulaire, continue à la facette postérieure interne : cette disposition s'explique très bien par les rapports qu'affecte le bord interne delà rotule avec le bord interne du condyle interne du fémur dans les flexions de la jambe. Ce bord interne du condyle s'imprime en quelque sorte sur la rotule. Il n'en est pas de inême du bord externe, par rapport au condyle externe. C'est M. Lenoir qui m'a indiqué celte disposition, qui permet la distinction facile de 'a rotule droite d'avec la rotule gauche.
Situation.
Volume.
Figure.
Direction.
tibias sont parallèles. Celte direction est bien différente de celle du fémur, qui est oblique de haut en bas et de dehors en dedans. Chez les individus dont les fémurs sont très obliques en dedans, les tibias, au lieu d'offrir la direction verticale, sont obliquement dirigés de dedans en dehors et de haut en bas.
Considéré dans son axe propre, le tibia présente une double Double m- . „ i ' > . 11 . a •. ' ' • l i- • flexion latérale.
inflexion latérale, telle que son extrémité supérieure est dirigée en dehors, tandis que l'extrémité inférieure se dirige un peu en dedans. Lorsque cette dernière inclinaison est exagérée, on dit qu'il y a cambrure des jambes. Enfin le tibia présente une torsion légère à sa partie inférieure (1).
De même que tous les os longs, le tibia offre un corps et deux extrémités.
A. Corps. Il a la forme d'un prisme triangulaire, et celte Le corps reforme, qui s'observe dans la plupart des os longs, n'est nulle prisme etrian° part aussi caractérisée que dans le tibia. Nous aurons donc à 8 considérer à cet os trois faces et trois bords.
Des trois faces, l'une est externe, l'autre interne ; la troisième est postérieure.
La face interne est recouverte dans sa partie supérieure par Face cutanée. le ligament latéral interne et par une expansion aponévrotique qui porle le nom de patte d'oie,- dans tout le reste de son étendue , cette face est placée immédiatement sous la peau. Cette situation superficielle de la face interne du tibia explique en partie la facilité avec laquelle cet os se fracture par choc direct; elle rend aussi raison de la fréquence des caries, des exostoses et des nécroses du tibia. Large en haut, la face interne se rétrécit progressivement vers la partie inférieure de l'os. Dans ses trois quarts supérieurs , elle regarde obliquement en de-
1 L'absence de courbure antéro-postérieure, l'inflexion latérale en sens alternatif, de même que la légère torsion, me paraissent avoir pour but la plus grande solidité de l'os. Ces circonstances, joiutes à la présence du péroné, expliquent pourquoi le tibia, quoique destiné à supporter un poids plus considérable que le fémur, est cependant moins volumineux.
310 OSTEOLOGIE.
dans cl en avant, et directement en dedans dans son quart inférieur.
Face externe. La face externe présente, dans la plus grande partie de sa longueur, mais surtout en haut, une dépression verticalement dirigée, et dont la profondeur est en raison directe du volume du muscle jambier antérieur, auquel elle donne attache dans toute son étendue.
Déviation en Jnférieurement, la face externe du tibia se dévie en devant, externe.6 déviation en rapport avec le changement de direction de plu-
sieurs tendons ttdes vaisseaux qui placés d'abord à la partie externe du tibia, passent ensuite au devant de cet os. Il existe en effet un rapport constant entre le changement de direction des os et les changements de direction des tendons et des vaisseaux qui les «voisinent.
La face postérieure, large en haut, se rétrécit progressivement de haut en bas; on y remarque près de la partie supé-
Ligne oblique. r'eure» 1° une ligne inégale, obliquement dirigée de haut eu bas et de dehors en dedans : à ceUt; ligne , s'insèrent plusieurs des muscles profonds de la partie postérieure de la jambe. 2° Au
surface popii- dessus de cette ligne estime surface triangulaire recouverte
par le muscle popiité qui "la sépare de l'artère poptiléè. 3° Au
dessous de celte même Signe se voit l'orifice du conduit nourriconduit nour- , ricier. cier qui pénètre l'os obliquement de haut en bas. C est dans ce
conduit nourricier, le plus considérable peut-être dé tous ceux que présentent les os longs, que j'ai vu pénétrer un filet nerveux qui accompagne l'artère nourricière du tibia, h" Depuis la ligue oblique jusqu'à l'extrémité inférieure du tibia, la face postérieure de cet os présente une surface lisse d'une largeur à peu près uniforme, et divisée, dans le sens de sa longueur, par une ligne verticale plus ou moins marquée cirez les différents sujets, crête du tibia. Êorcts. ï)es trois bords ou arêtes que présente le tibia, l'un antérieur, immédiaiemenlplacésousla peau, à traverslaquelle il est facile à sentir (1), est mousse et arrondi daus son quart (1) La situation superGfcteite du 'bord antérieur <4a tibia ie rend très propre
inférieur, tranchant dans ses trois quarts supérieurs, disposition qui lui a valu le nom de crête du tibia.
Ce bord, qui donne attache à l'aponévrose jambière, est légèrement incline en dehors à sa partie supérieure et en dedans à sa partie inférieure, et représente par conséquent exactement la double inflexion alternative de l'os.
Le bord externe donne attache au ligament interosseux : Bord externe
., , .n v . . „, . p . , , ou inlerosseux.
il se bilurque a sa partie intérieure, et lorme ainsi les deux bords d'une cavité articulaire dont nous parlerons en décrivant l'extrémité inférieure du tibia.
Le bord interne, beaucoup moins tranchant que les deux autres, fournit plusieurs insertions musculaires.
B. V extrémité supérieure ou fémorale , d'un volume dou- Extrémité su-
, ", périeure.
ble au moins de l'extrémité inférieure (1), est beaucoup plus étenduelransversalemeniqued'avanten arrière. Elle présente ; Deux facettes articulaires horizontales, légèrement concaves, ovalaires , à grand diamètre an téro -postérieur, désignées improprement sous le nom de cpndyles , et qu'on peut appeler cavités glénoïdes du tibia. Ces facettes , qui s'articu- cavités pté-
,. , îijf , p • . . noïdes du tibia.
lent avec les condyles du fémur , ne sont pas parfaitement semblables. L'interne est plus longue, moins large et plus profonde que l'externe.
Elles sont séparées l'une de l'autre par une éminence pyramidale , surmontée de deux tubercules aigus. Cette éminence , qui porte le nom tf épine du tibia , est plus rapprochée de la Épine du tibia. partie postérieure que de la partie antérieure de l'os.
En avant et en arrière de l'épine du tibia , sont deux dépres^sions raboteuses qui donnent attache aux ligaments croisés.
à servir de guide aux chirurgiens dans le diagnostic et la çoantalion des fractures de la jambe. Celte même situation superficielle du bord antérieur l'expose à de fréquentes lésions, par l'action des corps extérieurs. Il n'est pas rare de le voir brisé, et en quelque sorte écorné par les projectiles que lance la poudre à canon.
(4) Le volume de cette extrémité supérieure est exactement proportionnel à celui de l'extrémité inférieure du fémur.
312 0STÉOLOG1E.
Les cavités glénoïdes sont supportées par deux renflements considérables qu'on nomme tubérosités du tibia. Tubérosiiéin- La tubëvosite 'interne , plus volumineuse que l'externe , présente en arrière une gouttière horizontale dans laquelle s'in-
Goutiiére len- , ,. . . , , , ,
dmeuse. sere une des divisions du tendon du demi -membraneux.
La tubérosite externe , moins volumineuse, mais plus saillante en arrière que l'interne, offre à sa partie postérieure une Faceite pero- petite facette presque circulaire, facette péronéale, qui s'articule avec une facette correspondante du péroné.
Les deux tubérosités du tibia sont séparées , en arrière , par une échancrure assez prononcée. En avant , elles sont séparées par une surface triangulaire, criblée de trous vasculaires, et qui se termine inférieurement par une éminence qui
Tubéi'osiiéan- constitue la tubérosite antérieure du tibia. Cette tubérosite , teneure du tibia
au dessous de laquelle commence la crête de l'os, est saillante et rugueuse en bas, où elle donne attache au tendon des muscles extenseurs de la jambe (l); lisse dans sa moitié supérieure, où elle répond à ce même tendon par l'intermède d'une membrane synoviale.
Tubercule du De cette tubérosite part en dehors une ligne saillante qui se
jambier anlé- ... „ ' . „
rieur. termine en haut a un renflement osseux, faisant un relief très
prononcé chez certains sujets et pouvant être facilement senti à travers la peau. Ce renflement osseux est une petite apophyse d'insertion qui donne attache au muscle jambier antérieur et au tendon aponévrolique du fascia lata.