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MUSCLES DE L'ŒIL ET RELEVEUR DE LA PAUPIÈRE SUPÉRIEURE

Les muscles de l'œil, au nombre de six, se distinguent en droits et en obliques. Il y a quatre muscles droits et deux obliques. Nous étudierons en même temps le releveurde la pau~

ORGANES DE LA VISION. MUSCLES DE l'oEIL- <#

piere supérieure, qui a des connexions si grandes avec le muscle droit supérieur. En tout, sept muscles.

Préparation. Enlever la voûte de l'orbite par deux traits de scie, , Préparation 1 des muscles de

qui se réunissent à angle aigu sur le trou optique ; faire attention à l'œil.

ce que le trait de scie interne n'intéresse pas la poulie cartilagineuse du grand oblique, et que le trait de scie externe passe au dessus de l'apophyse orbitaire externe. Disséquer avec de minutieuses précautions les insertions de ces muscles au fond de l'orbite. Ces insertions sont disposées suivant deux cercles fibreux : l'un autour du nerf optique, et l'autre autour du nerf moteur commun. Les insertions qui ont lieu au dessus du nerf optique, tiennent à la dure-mère et au périoste et nullement aux os ; celles qui ont lieu au dessous de ce nerf, tiennent plus fortement aux os. L'oblique inférieur, ou petit oblique, estle seul qui ne s'insère pas au fond de l'orbite.

Pour bien voir les insertions orbitaires antérieures de ces muscles, il faut, à l'exemple de Tenon, les disséquer en écartant ou séparant les parties et non en les divisant avec le scalpel.

Les faisceaux orbitaires des muscles droit externe et droit interne de l'œil, avaient été indiqués par Zinn ; ceux des muscles droit supérieur et droit inférieur, ont été indiqués par Tenon. Ces faisceaux, oubliés ou négligés par les anatomisles, ont dû être recherchés et retrouvés à l'occasion de la strabotomie; et les travaux de MM. Bonnet, Boyer et Guérin, contiennent des documents précieux à cet égard; la thèse de M. le docteur Héiie, mon ancien interne; les excellentes préparations faites par M. Richer, pour le concours de prosecteur, un assez grand nombre de préparations fraîches, qu'il a bien voulu faire à ma prière, m'ont permis de donner, de ces muscles, une description plus complète, qu'on ne l'avait fait jusqu'à ce moment.

Releveur de la paupière supérieure.

Beaucoup plus mince et plus étroit que le droit supérieur de 0rigine. l'œil, qui lui est subjacent, le releveur de la paupière supérieure (orbito-palpe'bral, Chaussier),naît du fond de l'orbite, à la partie supérieure du pourtour du trou optique, ou plutôt de la gaînefibreuse que la dure-mère envoie autour de ce nerf. Celte origine a lieu par des fibres aponévroiiques, courtes et radiées,

Direction, auxquelles succèdent des fibres charnues, qui forment un faisceau mince, aplati, triangulaire , lequel se porte, en s'épaississant, d'arrière en avant, parallèlement au grand axe de l'orbite, s'épanouit en une aponévrose, qui mesure toute la largeur de la voûte orbitaire et se comporte de la manière suivante : Ses insertions la plus grande partie de celte aponévrose vient s'insérer au bord supérieur du cartilage tarse, après s'être réfléchie sur le globe de l'œil; mais les fibres les plus externes constituent un son faisceau petit faisceau tendineux (faisceau orbitaire externe'), qui va terne!116 '" se fixer à la base de l'orbite , immédiatement au dessous de la glande lacrymale, au niveau de la suture de l'apophyse orbitaire externe du frontal avec l'angle supérieur de l'os malaire.

orbi°tairea'Scen- Les fibres les plus internes forment un faisceau tendineux terne. moins considérable (faisceau orbitaire interne), qui va s'in-

sérer au côté interne de la base de l'orbite, autour de la trochlée du grand oblique.

Une arcade aponévrotique est étendue du faisceau orbitaire externe au faisceau interne.

Rapports. Rapports. Recouvert par le périoste de la voûte orbitaire,

obliquement croisé à son insertion postérieure par le nerf ophthalmique de Willis, il recouvre le droit supérieur de l'œil. Action. Action. Releveur de la paupière supérieure, qu'il porte en

même temps en arrière, de telle sorte que le bord supérieur de cette paupière se cache sous l'orbite. Celte action me paraît singulièrement limitée par les insertions orbitaires aulérieures de ce muscle.

Droit supérieur ou élévateur de Pœil.

Double ori- Le droit supérieur présente deux origines distinctes. La

gine. * r .■■■:

première a lieu, comme celle du précédent, à la partie supérieure de la gaine fibreuse qui revêt le nerf optique, mais sur un plan inférieur ; la deuxième se fait à la partie interne de la fente sphénoïdale, entre cette fente et le trou optique. Cette dernière insertion, qui fait suite aux insertions du muscle droit

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externe, paraît avoir lieu à la gaine que la dure-mère fournit au nerf moteur commun. •

Nées par des fibres aponévrotiques radiées, les fibres char- Direction, nues forment un faisceau aplati, triangulaire, qui se dirige en avant et en dehors , suivant l'axe de l'orbite , et se divise en deux portions bien distinctes : l'une oculaire, l'autre orhitopalpébrale.

1° La ■portion oculaire, qui est la plus considérable, continue portion ocu-

sa direction primitive, se réfléchit sur Je globe de l'œil, où le laire*

muscle dégénère en une aponévrose large, mince, qui vient

s'insérer sur la sclérotique, à une petite distance de la cornée.

2° La portion orbito-palpe'brale , qui est infiniment moins porion orbi- , , , , , „ , , , to-palpébrale

volumineuse que la précédente, est formée aux dépens des fibres les plus supérieures du muscle, et se termine par une aponévrose mince qui se divise en trois parties : une partie moyenne ou palpéhrale, qui va se confondre avec le releveur de la paupière supérieure ; un faisceau orhitaire externe, qui va s'insérer immédiatement au dessous du faisceau orbilaire externe du releveur de la paupière supérieure; un faisceau orhitaire interne, dont l'insertion est bien remarquable. Celte insertion reinsertion (l)a lieu, non à la trochléedu grand oblique, non aux J£"Ceau *orbi-

, , *, , , ,. vi taire interne.

os, mais sur le tendon même du grand oblique, après qu il a traversé la trochlée. Il en résulte que la portion orbitaire du droit supérieur et la portion directe du grand oblique, forment une anse susceptible de glisser dans la trochlée. Le muscle droit supérieur et le grand oblique sont donc solidaires.

Ce muscle répond, comme tous les autres muscles droits, au périoste de l'orbite, dont il est séparé en dedans par le muscle releveur de la paupière supérieure ; il recouvre le nerf optique et le globe de l'œil.

Droit inférieur ou abaisseur de l'œil.

Le droit inférieur naît d'un tendon qui lui est commun avec

(1) Ceraode d'insertion est parfaitement démontré par les pièces de M. Ricber»

tendou com- les muscles droit interne et droit externe, tendon ou liqament

mun ou liga-

mentdeziun. de Zinn, qui s insère a la moitié inférieure du pourtour du trou optique, et plus particulièrement dans une dépression qui se voit en dedans de la fente sphénoïdale. Ce tendon se trifurque presque immédiatement après sa naissance : c'est de la branche moyenne de ce tendon que naît le droit inférieur, qui se porte horizontalement en avant et en dehors, se réfléchit sur le globe de l'œil, et se termine de la même manière Faisceau or- que le précédent. Le faisceau orbitairê, émané du droit infé-

bito-palpébral. . . . ... « - , . ,

rieur, quoique peu considérable , mente le nom d orbuo-palpébral : une partie s'épanouit dans la paupière à la manière du droit supérieur; l'autre partie va s'insérer au plancher de l'orbite, à côté du petit oblique.

Droit interne ou adducteur de l'œil.

Double ori- Le droit interne naît par deux origines bien distinctes :

gine" l'une, du tendon de Zinn; l'autre, de la partie interne de la

gaîne fibreuse du trou optique : cette dernière origine continue

Double termi- la série des insertions du muscle droit supérieur. De là, ce muscle se porte d arrière en avant, le long de la paroi în-

Ocuiaire, terne de l'orbite, et se divise en deux portions : l'une oculaire plus considérable , qui se réfiéchil sur le globe de l'œil, pour

Orbitairê. se terminer comme les précédents ; l'autre orbitairê, plus petite, qui va se fixera la crête de l'os unguis. J'ai déjà dit que ce faisceau, signalé par Zinn. avait été plus explicitement indiqué par Tenon.

Droit externe ou abducteur de l'œil.

Double ori- Le droit externe naît également par une double origine : gine' l'une inférieure, qui est fournie par le ligament de Zinn ; l'autre

supérieure, qui vient de la gaîne fibreuse du nerf moteur externe, et lait suite aux insertions externes du droit supérieur. Une arcade fibreuse, sous laquelle passent des nerfs, réunit ces deux insertions et devient elle-même point d'insertion. De là , ce muscle se porte obliquement en avant et en dehors, le Jong

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de la paroi externe de l'orbite, et se divise en deux portions:

l'une oculaire, continuation du muscle, qui se réfléchit sur le Portion oculaire, globe de Fœil, et se termine comme les précédents; l'autre

orbitaire, qui va s'insérer au dedans de la base de l'orbite, im- Portion orbimédiatement au dessous du faisceau orbitaire du droit supérieur, par conséquent au niveau de l'articulation de l'apophyse orbitaire externe de l'os frontal avec l'os malaire.

Description générale et action des muscles droits.

Les quatre muscles droits viennent du fond de l'orbite, et Analogies d'osé terminent au globe de l'œil, à quelques lignes de la cornée. rigme'

Leur forme est identique : ils représentent des triangles iso- Déformes, cèles, alongés, dont la base est en avant et le sommet en arrière. Leurs rapports sont les mêmes : d'une part, ils correspondent De rapports. au périoste de l'orbite ; de l'autre, au nerf optique et au globe de l'œil, dont ils sont séparés par de la graisse et des vaisseaux. Tous sont pourvus d'une gaine aponévrolique que nous verrons fournie par une aponévrose très remarquable, que j'appellerai aponévrose orbito-ocitlaire, ou aponévrose de sus- Leur gaine tentation de l'œil , gaine aponévrotique qui occupe la moitié aponevro iqueantérieure seulement de la longueur des fibres charnues des muscles.

Yu leur insertion au devant du grand diamètre de l'œil, tous Tous sont des sont des muscles réfléchis autour du globe oculaire. Cette ré- chis. flexion est surtout considérable, lorsque l'œil est porté dans un sens opposé à l'action du muscle que l'on examine; leurs tendons sont entourés d'un tissu cellulaire membraneux blanchâtre, et comme élastique, qui favorise les mouvements.

Les muscles droits présentent entre eux des différences qui Différences, se rapportent à la longueur et à l'épaisseur. Ainsi, le droit interne est le plus court , le droit externe est le plus long ; le droit supérieur est le moins volumineux.

D'autres différences sont relatives à la disposition de la por- Différences

u-.'j i n . ■ i.. déduites de la

lion orbitaire de ces muscles. Cette portion orbitaire appar- portion ornitaitient-elle aux muscles eux-mêmes? Ne serait-elle pas plutôt c7es.e c

1k ORGANES DES SENS."

constituée par quelques trousseaux fibreux détachés de la gaine aponévrotique de ces muscles? Une dissection attentive démontre que cette portion orbitaire est bien une émanation du muscle; mais que le petit tendon qui la constitue est enveloppé par un prolongement de l'aponévrose orbito-oculaire.

Or, nous voyons que le droit supérieur et droit inférieur émettent un faisceau orbito-palpébral, et qu'en outre, le droit supérieur s'implante sur le tendon réfléchi du grand oblique. Le droit externe et le droit interne émettent chacun un faisceau orbitaire.

Les muscles Action. Si ces muscles n'étaient pas réfléchis autour du

droits agissent à .,,,,.,, . , . , ,

la manière des globe de lû3il, leur action se bornerait a porter fortement le

muscles réflé- , , ■«,,,/,. . , ,„ «.

chis. globe vers le fond de 1 orbite; mais leur réflexion a pour effet

de lui imprimer un mouvement de rotation. Ainsi , le droit supérieur et le droit inférieur font rouler le globe de l'œil autour de son axe transversal ; le droit interne et le droit externe le font rouler autour de son diamètre vertical. Lorsque ce premier effet est produit, l'œil est porté ou plutôt tend à être porté en arrière : le mouvement direct en arrière a lieu par la contraction simultanée des quatre muscles droits. combinaisons Lorsque deux des muscles droits se contractent simultané-

d'action de ces .,....,. , , P , ,

muscles. ment, 1 œil suit la diagonale des forces que représentent ces deux

muscles: d'où il suit que l'œil, et par conséquent la pupille, peut parcourir dans ses mouvements tous les rayons du cercle que forme la base de l'orbite : disposition qui favorise les fonctions exploratrices de cet organe, en même temps qu'elle concourt à mettre la vision sous l'influence de la volonté, puisque l'œil peut échapper par ses mouvements à une sensation qu'il repousse. Les muscles droits de l'œil (et cet usage leur est commun avec les muscles obliques) servent encore à l'expression des passions : de là les dénominations suivantes qui leur avaient été imposées par les anciens : le droit supérieur s'appelait superbus (mirator, Haller) ; le droit inférieur, humilis; le droit externe, indignatorius ; le droit interne, amatorius seu hibitorius.

Enfin , on a pensé que les muscles de l'œil pouvaient, par la compression qu'ils exercent sur cet organe, faire varier l'intervalle qui sépare la rétine du cristallin ; on a même déduit de la possibilité de cette compression, une théorie relative à la faculté que nous avons de voir les objets à des distances si différentes.

Du reste, un fait de physiologie très remarquable, c'est simultanéité

,, . , , t - t i d'action et coor-

1 action nécessairement simultanée et coordonnée des muscles, dinaiion des tantôt homologues, tantôt différents dans les deux yeux. Ainsi, la contraction du muscle droit supérieur de l'œil droit s'accompagne d'une manière nécessaire de la contraction du muscle droit supérieur de l'œil gauche; la contraction du droit externe de l'un des yeux s'accompagne de celle du muscle droit interne de l'œil opposé, et réciproquement; et la volonté ne peut rien, soit pour empêcher, soit pour coordonner, dans un sens différent, cette contraction. Cependant on peut, même sans beaucoup d'habitude, échapper à ces rapports de coordination, c'est à dire, loucher, en cherchant à regarder son nez.

Il n'est pas sans intérêt de remarquer que le muscle droit externe reçoit à lui seul une paire de nerfs, la sixième, et quune seule et même paire, la troisième, se distribue aux trois autres muscles droits, à l'élévateur de la paupière supérieure et au petit oblique Aucun muscle ne reçoit des nerfs proportionnellement aussi considérables que ceux des muscles de l'œil.

Quels sont les usages de la portion orbitaire de ces muscles?

Tenon pense que la contraction de celle portion orbilaire usages présudes muscles droits, du muscle droit externe ou abducteur uon oîbitaireT en particulier, « force le tendou de ce muscle à se couder ; en « changeant ainsi sa direction, il fait, par rapport à ce tendon « et au muscle entier, l'office d'une poulie de renvoi (1). » Il ajoute que, par ce mécanisme, la pression qu'exerceraient ces muscles sur le globe de l'œil est empêchée. Telle n'est pas ma manière de voir sur l'action de ces muscles.

(1) Tenon, Mém. sur VAnat. , 1. 1, p. 197.

76 ORGANES DES SJENS.

Il m'a paru que la portion orbiiaire des muscles droits n'avait d'autre usage que de limiter leur action. Je suis convaincu que si, sur un animal vivant, on divisait cette portion orbiiaire, les mouvements de l'œil seraient singulièrement exagérés.

Les faisceaux palpébraux des muscles droit supérieur et droit inférieur , rendent solidaires les mouvements d'élévation et d'abaissement de l'œil et des paupières.

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