‹ Traité d'anatomie descriptive (volume 4)Chapitre 12 sur 136 · MUSCLES OBLIQUES DE L'OEIL · texte numérisé non relu

MUSCLES OBLIQUES DE L'OEIL

Au nombre de deux, distingués en supérieur ou grand oblique, et en inférieur ou petit oblique.

Oblique supérieur de l'œil ou grand oblique.

Long, fusiforme, réfléchi, pourvu d'une trochlée {muscle trochléairé), X oblique supérieur de l'œil, ou grand oblique,

origine. naît de la gaîne fibreuse du nerf optique, entre le droit supérieur et le droit interne, de la même manière et sur le même

Direction, plan que ces muscles; de là il se porte, d'arrière en avant, au niveau de l'angle rentrant que forment par leur réunion la voûte et la paroi interne de l'orbite; représente un faisceau musculaire arrondi, qui dégénère en un tendon également arrondi, au voisinage de la poulie cartilagineuse qui lui est des-

Sa réflexion tinée ; traverse celle poulie ; se réfléchit à angle aigu sur luidans une poulie.

même, dételle manière, qu'il se dirige en bas, en dehors et un

peu en arrière, passe au dessous du muscle droit supérieur de l'œil, et s'épanouit avant de s'insérer à la sclérotique, au niveau du plus grand diamètre transversal de l'œil, et, par conséquent, sur un plan postérieur à l'insertion des muscles droits. Le grand oblique est le plus long des muscles de l'œil. Le grand oblique n'a pas de portion orbitaire proprement dite; la disposition que j'ai signalée à l'occasion du droit supérieur, et qui consiste dans l'insertion d'un faisceau du droit supérieur à la portion réfléchie du grand oblique, me paraît en tenir place. Lu poulie du grand oblique est un petit cartilage formant Jes cinq sixièmes d'un cylindre ou d'un anneau; les bords de

ce cylindre sont attachés aux petites crêtes qui limitent une Description

J , de la pomie car-

dépression osseuse qu'on remarque sur la paroi supérieure de tiiagineuse du

, „, grand oblique.

l'orbite. Ce cylindre est fixe a 1 aide de fibres ligamenteuses lâches, de telle manière que la poulie elle-même jouit d'une certaine mobilité. Une synoviale qui revêt le tendon et la poulie, et qui se prolonge en avant et en arrière de celle-ci, facilite le glissement. Plus en avant, un tissu filamenteux blanchâtre remplace la synoviale.

Les rapports du grand oblique sont les mêmes que ceux du muscle droit.

Action. De même que pour tous les muscles réfléchis, l'ac- Action, lion du grand oblique doit être prise à partir du point de la réflexion. Il en résulte que ce muscle fait rouler l'œil sur luimême, c'est à dire , suivant son axe antéro-postérieur, de dehors en dedans. L'obliquité d'avant en arrière que présente son tendon, après sa réflexion, lui permet de porter l'œil en avant, et de tendre à l'amener hors de l'orbite. On regarde le grand oblique comme concourant à l'expression des passions tendres (jpatheticus). Une paire nerveuse, la quatrième paire, ou nerf pathétique, lui est exclusivement destinée. Si l'insertion du droit supérieur à la portion réfléchie du tendon du grand oblique, sert, en quelque sorte, de modérateur à l'action du premier de ces muscles, cette même insertion devient à son tour le modérateur du grand oblique : car la contraction du grand oblique, en même temps qu'elle fait glisser son tendon dans la trochlée', attire également le faisceau tendineux du droit supérieur, ce qui limite son action. Il suit de là que le grand oblique, en même temps qu'il fait tourner l'œil sur son axe antéro-postérieur, porte la pupille en haut, et non point en bas, comme on Ta dit.

Oblique inférieur ou petit oblique.

U oblique inférieur, ou petit oblique, est le plus court des muscles de l'œil,etleseulqui ne s'insère pas au fond de lorbite; son insertion fixe a lieu à la partie interne et antérieure du

plancher de celte cavité, et, par conséquent, à la face orbitaire

de l'os maxillaire supérieur, immédiatement derrière la base

Le petit obii- de l'orbite, et souvent même au sac lacrymal. De là il se porte de

siKia race infé- bas en haut, de dedans en dehors, et un peu d'avant en arrière;

neuredeiœi. forme un faisceau aplati qui s'enroule sur la face inférieure du globe de l'œil, qu'il sépare du droit inférieur d'abord, puis du droit externe, et s'épanouit en une aponévrose qui se confond avec la sclérotique, au voisinage du bord externe du droit supérieur.

Son insertion à la sclérotique a lieu plus en arrière que celle du grand oblique, par conséquent bien en arrière de celle des muscles droits. Le muscle petit oblique est complètement dépourvu de portion orbitaire, et, par conséquent, de muscle modérateur.

Action. Ce muscle est rotateur de l'oeil dans un sens opposé à celui du grand oblique. Son enroulement autour du globe de l'œil , rend cette action extrêmement efficace. Son obliquité d'avant en arrière lui permet d'attirer l'œil un peu en avant.

Son insertion

sclérolicale.

Son action.

De l'aponévrose orbito-oculaire, ou aponévrose d'isolement et de sustentation de l'œil.

Signalée mais décrite d'une manière fort incomplèle, sous le litre de nouvelle tunigue deVœil, par Tenon (1), elle a été parfaitement décrite par M. le docteur Hélie dans sa thèse inaugurale (Thèses de Paris, juin 1841). M. Richer, dans un concours pour le prosectorat, en 1843, en a fait le sujet d'une série de pièces qui mettent dans tout leur jour les détails les plus circonstanciés de la disposition de cette membrane.

Supposez une membrane fibreuse qui naisse de tout le pourtour de la base de l'orbite, en se continuant avec le périoste orbitaire ; s'adosse à la conjonctive (2) palpébrale, au dessous

(1) Obs. sur ï1 œil et les paupières, dans un Mém. sur l'anat., 1806, p. 200.

(2) La face postérieure des paupières est donc tapissée par l'aponévrose orbito-oculaire, bien distincte du ligament propre de la paupière.

de laquelle elle est placée, puis à la conjonciive oculaire, qu'elle idée générale

de l'aponévrose

abandonne à quelques millimètres de la cornée ; supposez que orbiio-ocuiaire. cette membrane fibreuse, après avoir abandonné la conjonctive, se porte en arrière pour recouvrir l'hémisphère postérieur de la sclérotique, sur laquelle elle se moule en lui formant une espèce de coque concentrique; se laisse traverser par les tendons des six muscles de l'œil , auxquels elle envoie en arrière une gaîne aponévrotique, et parle nerf optique sur lequel elle se termine en se confondant avec son névrilême; et vous aurez une idée exacte de cette aponévrose qui soutient l'œil, lui fournit un point d'appui résistant, mais flexible, le suspend, pour ainsi dire, à l'entrée de l'orbite, en le liant aux paupières, et le sépare complètement des muscles et des graisses de l'orbite : celte séparation, cette délimitation est telle, que si l'on divise la conjonctive circulairement autour de la cornée, si l'on coupe les tendons des six muscles de l'œil et le nerf optique, en rasant la sclérotique, on peut enlever l'œil sans pénétrer en aucune façon dans la partie de l'orbite, qui est remplie par les muscles, les nerfs et la graisse.

Cette préparation, indiquée par M. Hélie, permet de voir parfaitement la face antérieure ou oculaire de l'aponévrose.

Pour voir sa face orbitaire, i! faut, comme dans les pièces de Face orbitaire. M. Richer, enlever la paroi supérieure et la paroi externe de l'orbite, en laissant intacte l'arcade orbitaire; on aura également soin de respecter et de laisser en place le périoste de l'orbite. Ce périoste incisé, on dissèque les muscles en les écartant, sans se servir du bistouri; on enlève avec soin les flocons graisseux, les nerfs et les vaisseaux ; on arrive ainsi peu à peu jusqu'au globe oculaire, sur lequel on trouve l'aponévrose, qui le sépare complètement des parties profondément situées.

D'après ce qui précède, on voit que l'aponévrose orbito-ocu- L'aponévrose laire forme, dans la cavité orbitaire, une espèce de diaphragme f°rrme° "u0neUlaesqui divise celte cavité en deux chambres : une chambre anté- phrâ^me6 dia" rieure ou oculaire, qui est limitée en avant par les paupières, et dans tout le reste de son étendue par l'aponévrose : cette

chambre est exclusivement destinée au globe de l'œil ; une chambre postérieure, exclusivement destinée aux graisses de l'orbite, aux muscles et aux nerfs.

La présence de ce diaphragme aponévrotiquè, explique pourquoi il n'existe peut-être pas d'exemple d'extirpation de l'œil qui ait été suivie d'inflammation du tissu cellulaire de l'orbite (1). Elle explique encore pourquoi, dans les fractures de la voûte orbitaire, le sang épanché dans la chambre postérieure de l'orbite, vient soulever l'aponévrose , et apparaît à travers la transparence de cette aponévrose et de la conjonctive. Membrane se- Le mode d'adhérence de l'aponévrose orbito-oculaire avec la

reuse rudimen- r

taire. conjonctive et avec la sclérotique, est remarquable : cette ad-

hérence s'effectue à l'aide d'un tissu cellulaire lamelleux extrêmement lâche, permettant les glissements les plus faciles , si bien qu'on serait tenté d'admettre, entre celle aponévrose et le globe oculaire, une membrane séreuse, rudimenlaire, analogue aux bourses sous-cutanées.

Mode deper- Le mode de perforation de l'aponévrose par les tendons des

foraiion de l'a~ . , , ,. .. .. ,,A , TT ,

ponéviose par six muscles propres de 1 œil, est digne d eirc note, v ue par la par ie6nerf opti- face antérieure , l'aponévrose semble perforée directement par les tendons; vue par sa face postérieure ou profonde, on reconnaît que celle aponévrose envoie autour de chaque tendon un prolongement en forme de g-une, qui dégénère en tissu cellulaire , après avoir recouvert le tiers environ du muscle; chaque gaîne représente un entonnoir dont la partie rétrécie est en avant (2).

(1) La présence de cette aponévrose explique comment une aussi grande quantité de graisse a pu coïncider dans l'orbite avec la grande mobilité de l'œil. Je crois avoir établi ce fait général, savoir : que les vuides, dans l'économie, sont remplis par de la sérosité, lorsqu'il y a mouvement, et par de la graisse, quand il y a absence de mouvement. Eh bien! avant la connaissance de l'aponévrose orbito-oculaire, je ne pouvais me rendre un compte satisfaisant de la présence de la graisse dans la portion de la cavité orbitaire qui avoisine l'œil.

(2) C'est probablement à cette gaîne qu'est due, dans certains cas, la persis-

Au niveau de ia portion' orbilaire des muscles droits, l'aponévrose envoie sur celte portion orbitaire un prolongement qui voile le tendon de cette partie orbitaire. Ce sont ces prolongements aponévrotiquesque Tenon appelle ailes ligamenteuses.

DES VOIES LACRÏMALES.

Les voies lacrymales comprennent l'appareil de sécrétion Punies con-

* stituantes des

et d'excrétion des larmes. Cet appareil se compose : 1° d un voies îacrymaorgane sécréteur, la glande lacrymale ; 2° de conduits excréteurs, qui déposent les larmes sur la conjonctive; 3° d'un second ordre de conduits destinés à absorber les larmes et à les transporter dans les fosses nasales, savoir : des points et des conduits lacrymaux, du sac lacrymal et du canal nasal. C'est dans cet ordre que nous allons décrire cet appareil.

Glande lacrymale.

La glande lacrymale, glande innommée des anciens, se compose de deux parties bien distinctes : l'une, portion orbitaire, qui occupe la fossette de la voûte orbitaire, c'est la glande lacrymale proprement dite; l'autre, qui occupe l'épaisseur de la paupière supérieure, portion palpe'brale, que j'ai déjà décrite (Foyez Structure des paupières). C'est la partie accessoire de la glande lacrymale.

La glande lacrymale proprement dite, ou glande lacrymale orbitaire, la seule généralement décrite, se présente sous la forme d'un demi-ovoïde peu régulier, dont le grand diamètre serait transversal Son volume, variable suivant les sujets, est Son volume, généralement égal à celui d'une aveline. Par sa face supérieure ses rapports, convexe, elle répond à la fossette du frontal, auquel elle adhère, surtout en avant, par des trousseaux fibreux très prononcés ; par sa face inférieure concave, elle répond au muscle droit ex-

tancedu strabisme, même après lasection la plus complète dutendondu muscle. Dans quelques cas particuliers, le débridement de l'aponévrose peut être né> cessaïre pour obtenir un redressement complet.

82 ORGANES DES -«l-NS.

terne, et un peu au droit supérieur de l'œil. Son bord antérieur répond à l'arcade orbitaire, ou plutôt à la membrane fibreuse de la paupière, derrière laquelle elle est immédiatement située; d'où la possibilité de la mettre à découvert par une incision pratiquée le long de cette arcade. Par son bord postérieur, la glande reçoit ses vaisseaux et ses nerfs. Des conduits Des conduits excréteurs de la glande lacrymale. Avant la

excréteurs de la ,

glande lacry- découverte des conduits excréteurs de la glande lacrymale, ce

maie. . "'.,""

n était que par induction qu on pouvait considérer la glande dite innominée, comme servant à la sécrétion des larmes. Ce fut en 1661 que Slenon démontra ces canaux chez le mouton, et put y introduire des soies de sanglier. Il en a décrit treize ou quatorze. La difficulté de voir ces conduits chez l'homme, est suffisamment établie par ce fait, que Morgagni, Zinn et Haller n'ont jamais pu les y découvrir : il n'en est pas de même de Monro fils, qui a pu les remplir avec du mercure, et les a procédés pour parfaitement décrits. Suivant cet auteur, ils sont au nombre de iton de^eTcon" dix à douze, qui marchent parallèlement entre eux sous la conteurs. excre~ jonetivepalpébrale, et viennent s'ouvrir, à la face interne de cette paupière, par autant d'ouvertures très régulièrement placées à une ligne environ du cartilage tarse, au niveau de la moitié externe de ce cartilage. Chaussier et M. Ribes sont parvenus à les injecter avec du mercure, en dirigeant l'injection de la glande vers les paupières. Ayant inutilement cherché à voir, soit à l'œil nu, soit à la loupe, les orifices des canaux excréteurs de la glande lacrymale dans l'espèce humaine, j'imaginai de plonger l'œil et les paupières tantôt dans une solution de carmin, tantôt dans de l'encre un peu étendue : je vis alors manifestement une douzaine de pertuis disposés linéairement dans le point où la conjonctive palpébrale se réfléchit pour devenir conjonctive oculaire, et occupant la moitié externe de la longueur des paupières (1).

(1) Je lis, dans Haller, que c'est sur un œil humain , qui avait macéré pendant quelque temps dans de l'eau teinte de saDg, que Monro fils avait décou-

Il résulte des recherches de M. Gosselin , prosecteur et Plusieurs des

, , , , « i > i ii '. i conduits excré-

agregede la Faculté, que le nombre des canaux excréteurs de teursappanienla glande lacrymale proprement dite, ou orbitaire, n'est pas uc'rymâl/ apaiaussi considérable qu'on l'admet depuis Stenon ; que des dix à pe rale# douze pertuis qu'on regarde comme appartenant aux orifices des conduits excréteurs de celte glande , le plus grand nombre appartient à la glande lacrymale palpébrale. Ainsi M. Gosselin n'a constaté, chez le mouton, que deux conduits excréteurs; chez le bœuf, que cinq conduits excréteurs ; et chez l'homme, que deux conduits excréteurs venant de la glande lacrymale orbitaire. Il a vu que six ou huit canaux extrêmement étroits et courts, appartenaient aux glandules qui constituent la portion accessoire ou palpébrale de cette glande; que, le plus souvent , le canal excréteur de chacune de ces glandules s'ouvre isolément , mais qu'il s'unit quelquefois à l'un des conduits plus grands, pour traverser avec lui la conjonctive (1).

Des points et des conduits lacrymaux.

1° Les points lacrymaux , au nombre de deux , un pour Poin's îaeryr a , maux,

chaque paupière , sont ces permis , foraminula, visibles à l'œil

nu, que présente le centre des tubercules lacrymaux : parfaitement circulaires, toujours béants , contractiles au moindre attouchement, ils sont dirigés en arrière ; le supérieur regarde en bas, l'inférieur regarde en haut. Ces pertuis, qui sont tenus à dislance par la présence de la caroncule lacrymale, sont l'orifice capillaire de petits canaux des larmes, connus sous le nom de conduits lacrymaux.

2° Les conduits lacrymaux sont des canaux capillaires, étendus des points lacrymaux au sac lacrymal. Ils sont au nombre de deux, l'un supérieur, l'autre inférieur. Leur calibre est un peu plus considérable que celui du point lacrymal

vert ces orifices. Ces pertuis, une fois découverts, rien de plus facile que d'y faire pénétrer un tube à injection lymphatique. (1) Jrch. de médec,, octobre, 1843, p. 202.

Direction an- correspondant. Leur direction anguleuse est très remarquable :

Cultiusc des cou*

duits lacrymaux, ils se portent d'abord verticalement, le supérieur en haut, l'inférieur en bas; et, après un court trajet, ils se coudent brusquement à angle droit , pour se diriger de dehors en dedans, et s'ouvrir chacun par un orifice distinct, et très rarement par un orifice commun, à la partie antérieure et externe du sac lacrymal. La direction de cette seconde portion des conduits lacrymaux varie suivant que les paupières sont rapprochées ou écartées : légèrement obliques de bas en haut , pour la paupière inférieure , et de haut en bas , pour la supérieure , même dans le rapprochement le plus complet des paupières , ils acquièrent une bien plus grande obliquité, lorsque les paupières sont écartées : or, cet écartement étant principalement déterminé par l'élévation de la paupière supérieure, il en résulte que l'obliquité est surtout très prononcée pour le conduit lacrymal supérieur.

Elasticité des Les parois des conduits lacrymaux sont denses et élastiques :

conduits lacry- .. , . , . , „, . . ,..

maux. lien resuite que ces conduits ne s affaissent pas, lorsquils

sont vides; et, sous ce rapport, ils doivent faire l'office de tubes capillaires. On ne peut reconnaître de sphincter, ni à leur orifice palpébral , ni à leur orifice nasal; ils paraissent creusés dans l'épaisseur du bord libre de la paupière; un prolongement de la conjonctive revêt leur- surface interne; les fibres du muscle orbiculaire les recouvrent. En arrière , se voient des fibres musculaires, dépendance d'un petit faisceau musculaire, connu sous le nom de muscle de Horner, où de Rosenmuller, ou muscle lacrymal, et qui serait destiné, suivant Horner, à tirer en dedans les conduits lacrymaux (tensor sacci lacry malis).

Muscle de Horner.

Préparation. Renverser les paupières de dehors en dedans ; enlever avec précaution une lame fibreuse qui revêt ce muselé sur le sac lacrymal.

Ce petit muscle ou plutôt cette languette musculaire naît de

l'un guis , sur la crête verticale qui borne , en arrière , la gouttière lacrymale ; de là il se porte transversalement en dehors, couché sur le tendon postérieur du muscle orbiculaire, et se divise en deux languettes plus petites, l'une supérieure, l'autre inférieure, qui répondent chacune au conduit lacrymal correspondant , et qui ne m'ont pas paru se terminer au niveau de Le muscle de

Horner est une

l'orifice du point lacrymal , mais bien se continuer avec la dépendance du

muscle orbicu-

couche la plus profonde du muscle orbiculaire. îan-e.

Je regarde donc le petit faisceau musculaire décrit sous le nom de muscle de Horner, comme constituant les insertions postérieures du muscle orbiculaire des paupières.

Sac lacrymal et canal nasal, ou conduit lacrymo-nasal.

Le sac lacrymal et le sac nasal constituent un seul et même conduit , conduit lacrymo-nasal, étendu de la partie supérieure de la gouttière lacrymale de l'os unguis au méat inférieur des fosses nasales.

Sac lacrymal.

Portion du canal lacrymo-nasal qui occupe la gouttière la- Rapports du crymale , le sac lacrymal représente la moitié d'un cylindre terminé en cul-de-sac supérieurement. Creusé, pour ainsi dire, dans l'épaisseur de la paroi interne de l'orbite, immédiatement derrière la base de cette cavité, le sac lacrymal est en rapport avec l'angle interne des paupières , la caroncule lacrymale , le tissu adipeux de l'orbite, et le tendon du muscle orbiculaire. Ce dernier rapport est un des points les plus importants de l'étude du sac lacrymal. Si on détache les paupières circulairement à leur angle externe, et à leur bord adhérent, de manière à pouvoir les renverser de dehors en dedans; et si on prépare avec soin le tendon du muscle orbiculaire, on voit que ce tendon se trifurque; que la branche antérieure, appelée tendon direct , s'insère au devant de l'apophyse montante; que la branche postérieure, non moins considérable que l'antérieure , s'insère à la crête de l'os un-

Rapports du guis; que la branche moyenne ascendante va s'attacher à la

tendon de l'or- . , . , , , , „ , ,

bicuiaireavecie parue supérieure de la gouttière lacrymale; enfin, de la parsac lacrymal. .'.-.'„,;, , -eu

ne inférieure de ce tenoon, part une expansion fibreuse , qui forme le côté externe du sac lacrymal , et qu'on pourrait considérer comme un quatrième épanouissement tendineux. C'est sur le tendon postérieur qu'est couchée la languette musculaire connue sous le nom de muscle de Horner.

Le tendon de l'orbiculaire répond à la partie supérieure du sac lacrymal , qui ne le déborde en haut que par son culde-sac. La plus grande partie du sac est donc située au dessous.

Vu par sa face interne, le sac lacrymal présente l'aspect

de tous les conduits tapissés par des membranes muqueuses :

surface inter- on y rencontre souvent beaucoup de mucus. A la partie amène du sac lacry- • ■ . , ... , mal. neure de sa paroi externe, vers le milieu de la hauteur

de cette paroi , se voient les deux orifices des conduits lacrymaux ; en haut , est le cul-de-sac étroit qui le termine ; en bas, sa continuation avec le canal nasal : là se voit, assez souvent, une valvule semi-lunaire , quelquefois même circulaire ; espèce de diaphragme admis par Zinn , et rejeté par Morgagni. Haîler dit ne l'avoir rencontré qu'une fois. structure. Structure. Le sac lacrymal est constiiué par un canal osi°Portionos- seux et fibreux, tapissé par une membrane muqueuse. 1° La portion osseuse de ce canal est formée par la gouttière de l'apophyse montante de l'os maxillaire , et par la gouttière de l'os unguis : cette dernière, mince et criblée de trous, peut être facilement perforée : d'où la facilité d'ouvrir aux larmes une roule artificielle. Le sac lacrymal répond au méat moyen des fosses nasales.

br2° Portion 0- 2° La -portion fibreuse forme le côté externe, aplati , de ce canal; elle est très fortement constituée, inextensible, ou plutôt ne cédant qu'à une cause de distension permanente.

cuîeusehe mus~ Couche musculeuse. On peut considérer comme appartenant au sac lacrymal , la petite couche musculeuse , connue

sous le nom de muscle de Horner, et qui est elle-même recouverte par une lame aponévrolique.

Membrane fibro -muqueuse. La membrane interne du sac Membrane filacrymal est rougeâtre, et comme pulpeuse , et présente beau- ~mu(iueuse* coup d'analogie avec la membrane piluitaire, avec laquelle elle se continue par l'intermédiaire du canal nasal ; elle adhère, assez fortement, au périoste des parois du canal, pour mériter le nom de membrane fibro-muqueu se.

Canal nasal.

Le canal nasal, qu'on peut considérer comme creusé dans l'épaisseur de la paroi externe des fosses nasales, s'étend du sac lacrymal, à la partie antérieure du méat inférieur des fosses nasales.

Il est de forme cylindroïde, un peu aplati sur les côtés , un sa forme et sa peu plus étroit à sa partie moyenne qu'à ses extrémités. Ver- coul ure' ticalement dirigé , il offre une légère courbure, dont la convexité regarde en avant et en dehors. On conçoit d'ailleurs que l'élargissement, ou le rétrécissement de la racine du nez, doivent influer sur la direction de ce canal.

Il répond, en dedans, au méat moyen des fosses nasales et Rapports. au cornet inférieur ; en dehors, il répond au sinus maxillaire, dont le sépare une lame osseuse, fort mince et très fragile. C'est, sans doute , ce rapport et la facilité de la rupture de la lame de séparation du canal nasal et du sinus maxillaire qui ont fait dire à un anatomiste que le canal nasal s'ouvrait à la fois et dans le sinus maxillaire et dans les fosses nasales.

Structure. Le canal nasal est formé par un conduit osseux structure. que tapisse un canal fibro-mnqueux ; le conduit osseux est complet, et constitué par l'os maxillaire, l'os unguis et le cornet inférieur. Très résistant dans la partie qui répond à l'os maxillaire, excepté au niveau du sinus de cet os, le canal nasal est très mince et très fragile dans celle qui répond à l'os unguis et au cornet inférieur. La membrane qui le tapisse est une fibre-muqueuse, qui adhère peu aux parois du canal, et qui se

continue, d'une part, avec la muqueuse du sac lacrymal, d'une vu?euxdu canal autre Part> avec ^a pituilaire. Celte membrane prolonge souvent nasal. en bas (je plusieurs lignes le canal nasal, en formant un repli

valvuleux. Dans le cas où ce repli existe, l'orifice inférieur du canal nasal est toujours affaissé sur lui-même et difficile à apercevoir, même lorsqu'on a emporté ou luxé le cornet inférieur ; en sorte que pour le découvrir on est obligé d'avoir recours à l'introduction du stylet par la partie supérieure des voies lacrymales. Dans le cathétérisme du canal nasal, de bas en haut, suivant la méthode de Laforest, on doit nécessairement déchirer ce repli muqueux, quand il existe.

On a dit que l'orifice inférieur du canal nasal était précédé par une ampoule, ou dilatation infundibuliforme. J'ai rencontré celle disposition ; mais je l'ai regardée comme morbide. Je suis persuadé qu'un grand nombre de tumeurs lacrymales tiennent au rétrécissement ou à l'oblitération de l'orifice inférieur de ce canal.

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