DES MILIEUX DE L OEIL
Ce sont, indépendamment de la cornée transparente, déjà décrite, le corps vitré, le cristallin et V humeur aqueuse.
Du corps vitré, ou hyaloïdien.
Le corps vitré ^e corPs vitre' ou hyaloïdien (de vaXos, verre), ainsi
remplit les trois > - , -u, j c .
quarts posté- nomme a cause de sa ressemblance avec du verre fondu, est
rieurs de l'œil. 1 ' -j e •. . , „ . • i-«
un corps sphéroïde, parlaiiement transparent, qui remplit exactement les trois quarts postérieurs du globe de l'œil; il est enveloppé immédiatement par la rétine, qui lui est simplement contiguë et médiatement par les autres membranes , qui se moulent exactement sur lui. En avant, il présente une petite excavation pour recevoir la face postérieure du cristallin. Le corps vitré et le cristallin représentent très bien la forme du globe de l'œil : la saillie du cristallin figure le relief de la cornée.
Membrane Le corps vitré est formé par un liquide, humeur vitrée , et par une membrane qu'on appelle membrane hyaloïde.
Découverte par Fallope, la membrane hyaloïde ou vitrée, est facilement démontrée par l'expérience , qui consiste à faire écouler le liquide du corps vitré à l'aide d'une ponction faite à cette membrane. La surface externe de celle membrane est en rapport immédiat avec la rétine : il y a simple contiguïté entre ces deux membranes , dont la surface correspondante est parfaitement lisse. Cette contiguïté» et cet aspect lisse suffisentils pour faire admettre une membrane séreuse intermédiaire analogue à la membrane dite de Jacob? Je ne le pense pas.
Plongée dans l'acide nitrique étendu , l'hyaloïde prend une
couleur opaque , qui en décèle la présence. Non seulement
cette membrane forme une enveloppe générale, ou capsule, ceiinies de la
à l'humeur vitrée, mais encore de sa surface interne partent M™.rdne ya"
des prolongements lamelleux, qui séparent celte humeur et
un nombre indéterminé de loges ou cellules. L'existence de
ces cellules est facile à constater, en promenant le corps vitré
entre |les doigts ; la congélation permet d'apprécier leur
figure , par celle des glaçons qu'ofl relire de leur cavité.
Ces cellules communiquent-elles toutes les unes avec les Lacommuniautres? Cette opinion, généralement admise , est fondée sur fuies entre elfes l'écoulement insensible de la totalité de l'humeur vitrée, par es omeusel'ouverture d'une seule de ces cellules. Cependant, j'ai vu plusieurs fois l'œil ne point se vider, dans l'opération de la cataracte par extractions, avec issue d'une certaine quantité d'humeur vitrée : ce qui peut tenir, d'ailleurs, à l'obstacle opposé à l'écoulement du liquide par le rapprochement des lèvres de l'incision de la cornée.
Un point controversé, dans l'histoire de la membrane hyaloïde, c'est la manière dont cette membrane se comporte avec le cristallin. On admet , généralement, qu'arrivée à une ligne environ de la circonférence du cristallin, elle se divise en deux lames, dont l'une passe derrière ce corps , tandis que l'autre passe au devant. Dans cette manière de voir, l'espace triangulaire, qui règne tout autour du cristallin, et qui a été décrit par François Petit, sous le nom de canal godronnè ', c.anaigodronserait intercepté entre les deux lames de l'hyaloïde et la cir- ne e el,t" conférence du cristallin. Ce canal circulaire se démontre, d'ailleurs très bien, par l'insufflation de l'air. On voit alors qu'il est comme étranglé par de petites brides ou replis; qu'il présente, en un mot , l'apparence godronnée.
D'autres anatomistes disent, au contraire, que la membrane hyaloïde ne se divise pas en deux lames; qu'elle se porte, tout entière, derrière le cristallin , pour revêtir la partie antérieure du corps vitré. Ce qu'il y a de positif, c'est qu'on
voit se détacher, de la partie antérieure de cette membrane hyaloïde, une lame circulaire, en forme de couronne rayonnante , parfaitement bien décrite par Petit et Camper, bien qu'elle porte le nom de zone, ou de couronne ciliaire de Zinn , et qui représente exactement les procès et le corps , ciliaire de la choroïde.
zone ciliaire La zone ciliaire de Zinn , procès ciliaires du corps vitré, cèsZc™airesrciû s'aperçoit à travers la transparence de ce corps, lorsqu'on a corps viue. enievé la partie postérieure du globe de l'œil. On la voit directement lorsqu'on a séparé la choroïde et l'iris du corps vilré : c'est elle qui forme au devant du corps vitré et autour du crisiallin cette belle couronne radiée, beaucoup plus étendue que le corps ciliaire de la choroïde, qui est composée de rayons noirs alternant avec des rayons transparents, et que l'on considère généralement comme l'empreinte des procès ciliaires de la choroïde. Les procès ciliaires du corps vilré répondent aux lignes noires ; les intervalles répondent aux rayons transparents. Longueur des Les procès ciliaires du corps vitré sont moins volumineux
procès ciliaires , . , . , . , ., » ,. . ,
du corps vitré, que ceux de la choroïde ; mais les espèces de pus qui les constituent commencent plus en arrière que les procès ciliaires de la choroïde ; en sorte que le disque du procès ciliaire du corps vilré est bien plus considérable en étendue que celui du corps vitré de la choroïde. Du reste , les plis du corps vitré offrent le même aspect spongieux et déchiqueté que les plis de la choroïde : ils n'ont pas de partie libre, ou plutôt ia partie qui répond à la portion libre des procès ciliaires de la choroïde, est appliquée sur le cristallin.
Rapports des Les rapports des procès ciliaires de la choroïde avec les
procès ciliaires . „
choroïdiens et procès ciliaires du corps vitre sont tels , que les premiers sont
des procès ci- ,.",,,
liaires hyaioï- reçus dans les intervalles des seconds, et réciproquement. Celte réception est-elle une simple application? Y a-t-il , au contraire, continuité des uns et des autres? La question me paraît difficile à résoudre. Cependant, en examinant à la loupe ce qui se passe au moment où s'effectue la séparation , il m'a semblé qu'il y avait déchirure d'une sorte de celluîosité ; et la
ORGANES DE LA VISION. MILIEUX DE L'OEIL. i il
matière noire, cohibée jusqu'alors, s'écoule avec un peu de liquide. M. Ribes pense que, dans celle séparation , des lambeaux de membrane hyaloïde sont entraînés par les procès ciliaires de la cliGroïde.
La circonférence interne de la zone ciliaire de Zinn empiète . circonférence sur la circonférence du cristallin, et lui adhère assez forte- zJ>ne ciliaire de
' Zinn.
ment. La circonférence externe, qui est excentrique à la circonférence externe du corps ciliaire de la choroïde , présente le commencement des plis radiés, qui sont comme l'origine des procès ciliaires. Celte circonférence adhère à la circonférence antérieure de larétine, qui m'a paru épaissie et comme dentelée dans le lieu de celte adhérence , et qui n'a aucun rapport de continuité avec la membrane hyaloïde.
De ce qui précède, il résulte : 1° que le canal godronné, ou canal de Petit , se trouve placé entre l'hyaloïde et la zone de Zinn, et que le cristallin se trouve fixé à la circonférence du corps vitré par cette zone ; 2° qu'il n'est pas démontré que la surface antérieure du cristallin soit recouverte par une lame de l'hyaloïde, et par conséquent par une membrane étrangère à sa capsule; 3° que la rétine ne saurait, en aucune manière , arriver jusqu'à la circonférence du cristallin.
M. Jules Cloquel a décrit, sous le nom de canal hyaloïdien, diecnanal hyaIoï" un canal cylindroïde qui résulterait de la réflexion de la membrane hyaloïde, laquelle s'enfoncerait en dedans d'elle-même, pour conduire l'artère nourricière du cristallin, et qui, comme cette artère, traverserait directement le corps vitré d'arrière en avant. Il ne m'a pas été donné de voir ce canal , qui me paraît avoir été admis rationnellement plutôt qu'anatomiquement démontré.
On n'a pas pu démontrer de vaisseaux dans la membrane structure de la
1 r membrane hya-
hyaioïde; aucun des vaisseaux de la rétine n'y pénètre ; mais on loïdene saurait douter de l'existence de ces vaisseaux. Bien que la structure des procès ciliaires du corps vitré soit peu connue, connue il est probable qu'elle est la même que celle des procès ciliaires de la choroïde, et par conséquent essentiellement
lt2 ORGANES DES SENS.
vasculaire , ce serait, d'après M. Ribes , par les procès ciliaires de la choroïde qu'arriveraient, à raison de leur continuité, les moyens de nutrition et de sécrétion aux procès ciliaires du corps vitré et au cristallin . L'élude des lymphatiques veineux de l'hyaloïde, comme aussi celle de la membrane cristalline, et en général de l'intérieur de l'œil, est encore à faire. Mascagni comprenait l'hyaloïde et le cristallin parmi les parties dépourvues de vaisseaux lymphatiques; ce qui veut dire, non qu'ils n'y existent pas, mais qu'il ne les y avait pas découverts. Il est infiniment probable qu'il en existe un grand nombre.
Du cristallin et de sa membrane.
situation. Le cristallin (corpus crystallinurn) est un corps lenticu-
laire , une lentille (lens cristallinà) transparente comme le cristal, située à la réunion des trois quarts postérieurs de l'œil, avec le quart antérieur, entre le corps vitré qui est en arrière, et l'humeur aqueuse qui est en avant.
Son axe répond au centre de la pupille.
Sa forme est Le cristallin a la forme d'une lentille biconvexe, dont la face
celle d'une lentille biconvexe, postérieure serait plus bombée que l'antérieure. Il résulte de
travaux très exacts et très minutieux, faits à ce sujet par François Petit et autres, que la convexité relative et absolue des faces du cristallin varie beaucoup suivant les individus; qu'en général, la convexité postérieure appariientà une circonférence de quatre à cinq lignes de diamètre , tandis que la convexité antérieure appartient à une circonférence dont le diamètre varierait de six à neuf lignes. Il est des sujets chez ilesqueis le degré de courbure des deux faces du cristallin est à peu près égal. Chez le fœtus, le cristallin se rapproche de la forme sphéroïdale, qui est celle du cristallin du poisson. Sa face antë- La face antérieure du cristallin répond à l'iris, dont elle est
rieure limite la , , ,,, Tïr. . . .. ,
chambre pos- séparée par 1 humeur aqueuse, winslow avait dit, a tort, que i'œn.ure le cristallin repoussait l'iris en avant : c'est l'espace intermé-
diaire au cristallin et à l'iris qui constitue la chambre postérieure de l*œil. La face du cristallin antérieure peut être vue à
travers la pupille, d'où la possibilité d'apprécier les moindres nuances de coloration dans celte lentille. Lorsque la pupille est très dilatée, la face antérieure du cristallin est tout entière à découvert. Je ne sache pas qu'on ail démontré sur la face antérieure du cristallin, un feuillet séreux appartenant à la membrane de l'humeur aqueuse.
Sa face postérieure est en rapport avec le corps vitré, lequel Face posté-
11 *■ ' . neure du cris-
est déprimé pour la recevoir. Cette face n'adhère nullement à talli"la membrane hyaloïde : en disséquant un sujet de ving-sept ans, mort avec une hydrophihalmie de l'un et de l'autre œil, M. Ribes a trouvé, en ire l'hyaloïde et le cristallin , une humeur iimpide, du poids de six grains ; eu sorleque cet espace aurait pu être pris pour une troisième chambre.
La circonférence du cristallin est comme enchâssée par les sa circonfë-
rcnc6i
procès ciliaires du corps vilré, qui recouvrent, en y adhérant, la partie antérieure de celte circonférence : aussi le cristallin esl-il maintenu solidement dans la place qu'il occupe. Le canal godronné entoure celte circonférence.
Le cristallin présente diverses nuances de coloration dans Ses nuances
de coloration
les. différents âges de la vie. Un peu rougeâtre chez le fœtus, il suivantiesâges. est d'une transparence parfaite après la naissance ; chez l'adulte, il devient un peu opalin à son centre; dans la vieillesse, il acquiert une opacité jaunâtre, qui approche un peu de la nuance de l'ambre ou de la topaze. L'opacité morbide du cristallin constitue la cataracte.
Le cristallin se compose d'une capsule et d'une substance propre qui s'y trouve renfermée.
Sahstance propre du cristallin. Dépouillé de sa membrane, substances
, propres ducris-
le cristallin présente trois degrés de consistance : 1° à sa super- iaiun. ficie, il est d'une mollesse presque liquide; 2° au dessous, le cristallin offre une consistance molle, collante, et s'écrase sous le doigt, couche corticale ; il est dur dans sa portion centrale, ses trois de-
, , . grés de consis-
qui a reçu le nom de noyau, et qui représente exactement une tance, boule de gomme. On a donné le nom d'humeur de Morgagni aux couches les plus superficielles qui sont liquides.
li. ' 8
structure La substance du cristallin est formée de couches concenlri-
squammeuse ou . , „ .. ,, , , , A
ïameiieuse du ques, qui sont très faciles a démontrer, lors même que ce corps
cristallin. »•»..'» • » ' .- • i , i
n a ete soumis a aucune préparation, mais qui sont de la derr nière évidence après l'ébullition ou après l'immersion dans un acide étendu. Le cristallin se sépare alors en couches superposées ou squammes, à la manière du bulbe de l'ognon.
Les trois degrés de consistance dans le cristallin n'établissent pas des différences de nature , mais de simples modifications. Endurci par ua acide, le cristallin présente, dans toule son épaisseur, une disposition parfaitement identique : l'humeur de Morgagni elle-même paraît devenir Ïameiieuse. chaque squam- Chacune des lames concentriques est elle-même composée
me est compo- . ,
sée de fibres de fibres radiées, qui se voient parfaitement sans préparation, en plaçant une de ces lames sur un plan noirci, et en l'examinant à la loupe ou au soleil.
Enfin, le cristallin, soumis à l'ébullition ou à l'action d'un acide, se fendille en trois, quatre, et même en un plus grand nombre de segments triangulaires, qui aboutissent tous par leur sommet au centre du cristallin; en sorte que les deux faces de cette lentille présentent un aspect étoile. Les pathologistes ont rapproché avec avantage ce fait anatomique des cataractes étoilées à trois ou à un plus grand nombre de branches.
Le cristallin Quelle est la nature du cristallin? Est-il le produit d'une sé-
n'a pas une , . „ .,• n- ■««■ -r\ - s > «
structure mus- cretion ? est-il vivant? M. Duges vient récemment d appuyer de son autorité et de nouveaux faits, l'opinion du docteur Young, qui admet que non seulement le cristallin est un organe vivant, actif, pourvu dé vaisseaux et de nerfs, mais même que le cristallin est un organe musculaire, contractile, suscepble d'augmenter ou de diminuer spontanément de courbure et de densité, en donnant à l'œil la faculté de s'accommoder aux dissa substance tances si diverses des objets visibles. Le tissu squammeux du produît de se- cristallin présente, à la vérité, une disposition linéaire ; mais il creuon sohui- ^ & ^.^ ^e muSculaire, ni dans sa consistance, ni dans son aspect régulièrement stratifié. Je me crois donc fondé à regarder
les couches superposées du cristallin comme un produit de sécrétion solidifié de la capsule cristalline.
Capsule cristalline. Capsule lenticulaire, exactement moulée sur le cristallin, transparente comme lui dans l'état physiologique, susceptible de devenir opaque : ce qui constitue la cataracte membraneuse.
Sa surface externe , libre en avant, où elle est baignée par Surfaces de
,„ .... . , , ,,, .... la capsule du
1 humeur aqueuse, contigue seulement en arrière a 1 hyaloide, cristallin, adhère intimement, dans sa circonférence, à la membrane hyaloïde ou plutôt à la zone ciliaire de Zinn.
Sa surface interne ne paraît en aucune façon adhérente au cristallin. Si on incise celte capsule sur le vivant, après l'incision de la cornée transparente, le cristallin en est chassé par la seule tonicité des membranes de l'œil. La capsule cristalline a deux fois plus d'épaisseur dans son segment antérieur que dans son segment postérieur : on dirait d'une lame de la cornée (1).
La capsule cristalline reçoit des vaisseaux qui viennent de ses vaisseaux. l'artère centrale de la rétine (arteria capsularis) (2). Ces vaisseaux, d'après Meckel, ne se distribueraient qu'à la moitié postérieure de la capsule ; ceux de la moitié antérieure viendraient des procès ciliaires.
Quelques anatomistes admettent que ces vaisseaux envoient des ramifications entre les divers lames concentriques du cristallin, pour servir à leur nutrition ; mais il est constant que les ramifications de l'artère centrale de la rétine, après s'être
(1) Suivant M. Ribes, que je me plais toujours à citer, parce que ses travaux méritent toute confiance, « en examinant la membrane cristalline du côté de sa « face interne à un beau jour, et avec une bonne loupe, on y voit, au point où. « les deux moitiés antérieure et postérieure de la capsule se réunissent, une « série de fentes transversales qui régnent sur toute la circonférence. Il m'a « été impossible de m'assurer si ces fentes répondent aux procès ciliaires « du corps vitré, ou aux franges villeuses des procès ciliaires de la choe roïde. »
(2) Voy. la fig. V delà pi. 6 de Sœmmering, Icônes oculî humani.
116 ORGAWES DES SENS.
épanoui sur la face postérieure de la capsule, se réfléchissent sur la circonférence de cette capsule pour se porter sur la face antérieure, on n'a point On n'a point découvert de nerfs dans le cristallin. M. Dugès
découvert de , , . . . , -.,.,/*,
nerfs dans le pense que la rétine envoie jusqu au cristallin des filaments nerveux qui viennent s'épanouir sur la capsule ; mais j'ai déjà dit que l'examen le plus attentif m'a convaincu que telle n'était pas la disposition de la rétine.
De l'humeur aqueuse et de sa membrane.
L'humeur On donne le nom d'humeur aqueuse à un liquide d'une
aqueuse remplit , . .. ■ , ,
les deux cham- limpidité parfaite, transparent, qui remplit les deux chambres de l'œil. Ces deux espaces ou chambres, qui nesont bien connus que depuis la découverte du véritable siège de la caiaractedans le cristallin, occupent la petite portion delà cavité oculaire, qui est intermédiaire à la cornée et au cristallin. L'iris sépare cet espace en deux parties inégales : l'une, antérieure, plus considérable, c'est la chambre antérieure; l'autre, plus petite, c'est la chambre -postérieure. Ces deux chambres communiquent entre elles par l'ouverture pupillaire. On peut acquérir la preuve de l'existence, longtemps contestée, de la cham- Kapport de bre postérieure , en soumettant l'œil à la congélation. La ?esPdeux charn- même expérience permet d'étudier approximativement le bres' rapport de la capacité des deux chambres. Ce rapport est
de 3 : l, la chambre antérieure étant, bien entendu, la plus grande.
La quantité totale de l'humeur aqueuse est évaluée à cinq
grains ; son analyse chimique donne, sur cent parties, 90,10
d'eau , et quelques traces d'aibumine et d'hydrochlorate de
soude.
Trajet supposé Membrane de V humeur aqueuse. On admet généralement
delamembrane .„ . .„
de rhumeur a- aujourdhui que 1 humeur aqueuse est sécrétée par une mem-
qutus . brane qu'on appelle membrane de l humeur aqueuse ou de
Demours, bien qu'elle ait été décrite, avant lui, par Zinn
et par Descemet. Celte membrane, d'après Demours, tapisse
la face postérieure de la cornée , et se réfléchit sur la face antérieure de l'iris; là, suivant le plus grand nombre , elle se perd , et ne saurait être suivie jusqu'à la pupille ; suivant d'autres, au contraire, elle va jusqu'à la pupille, et s'y termine; suivant d'autres enfin, elle se réfléchit à travers la pupille, pour revêtir la face postérieure de l'iris, où elle retient le pigmentum.
Or, il est facile de détacher sur la face postérieure de la c'est par incornée, soit après une macération prolongée, soit après une admeTson^exîsébullition légère, une lame assez épaisse, assez résistante, po^tldeurt^dc d'un aspect cartilaginiforme ; mais rien n'indique que celle a corneelame soit autre chose que la lame postérieure de la cornée, dont elle présente l'aspect.
C'est uniquement par induction qu'on admet l'existence de la membrane de l'humeur aqueuse.
On ne peut pas démontrer anatomiquement sa réflexion sur la circonférence de l'iris. Il est d'ailleurs constant que cette membrane n'existe pas sur l'une et l'autre faces de l'iris.
Suivant M. Ribes, l'humeur aqueuse serait fournie par le L'humeur corps vitré, et versée dans la chambre postérieure par les JXnie3 epSarelJe canaux qu'il dit exister dans l'épaisseur des procès ciliaires corps Vltre? du corps viiré. Il se fonde : 1° sur une expérience qui consiste à enlever la cornée avec précaution, et à suspendre l'œil par le nerf optique : on voit alors l'humeur vitrée suinter à travers la perte de substance de la cornée, et en moins de vingtquatre heures, les deux tiers du corps vitré se sont écoulés ; 2° sur les cas d'imperforation de l'iris, dans lesquels, suivant cet observateur, l'humeur aqueuse serait contenue en entier dans la chambre postérieure de l'œil : la portion libre des procès ciliaires du corps vitré ciliaire serait chargée de l'absorption du liquide.
M. Dugès a modifié cette opinion ainsi qu'il suit. Le canal godronné de Petit serait, suivant lui, divisé en autant de plis faisant cloison qu'il y a de procès ciliaires. Il représente donc plutôt uai ensemble de canaux courts, antéro-postérieurs, qu'un
Hypothèses canal circulaire ; ces canaux courts communiqueraient en
diverses au sujet . , -. , .. , , ,
de la sécrétion arrière avec le corps vitre, et s ouvriraient en avant par des
de l'humeur a- , ... P . i , n-
queuse. eraillures ou perforations que présente la couronne de Zinn,
et qui permettraient à l'humeur aqueuse, sécrétée par le corps vitré, de suinter au devant du cristallin.
On peut lire, dans Haller, toutes les opinions qui ont été émises sur la génération de l'humeur aqueuse , génération qu'on a successivement attribuée au corps vitré, comme MM. Ribes et Dugès, aux procès ciliaires, à la choroïde, à l'iris, et enfin à des conduits particuliers, venus du dehors, qui traverseraient la sclérotique à son union avec la cornée.
Vaisseaux et nerfs de l'œil.
Artères ci- artères. Ce sont : 1° les ciliaires courtes postérieures, en haires. nombre considérable, qui entourent le nerf optique, traversent
la sclérotique au voisinage de ce nerf, et se distribuent dans la choroïde, dans les procès ciliaires et dans l'iris ; 2° les ciliaires courtes antérieures , qui traversent la partie antérieure de la sclérotique, et se distribuent à l'iris ; 3° les ciliaires longues postérieures, au nombre de deux, l'une en dedans, l'autre en dehors, qui marchent entre la sclérotique et la choroïde, percent la sclérotique à trois ou quatre lignes du nerf optique, sans fournir le moindre rameau à ces deux membranes. Parvenues à la grande circonférence de l'iris, elles se bifurquent en décrivant uoe courbe, et s'anastomosent autour de cette grande circonférence, pour constituer le grand cercle artériel de l'iris. C'est de ce cercle que partent le plus grand Artère cen- nombre des vaisseaux iriens. U° Artère centrale de la rétine. tine. Elle pénètre par le centre du nerf opiique, envoie au cristallin
une branche qui traverse le corps vitré d'arrière en avant, et couvre de ramifications la surface interne de la rétine. Veines. Peines. Elles correspondent aux artères, mais sont beau-
coup plus multipliées que ces dernières. Les veines ciliaires postérieures ou courtes forment, dans la choroïde, des espèces de tourbillons (vasa vorticosd). Toutes les veines du globe
de l'œil s'abouchent dans la veine ophlhalmique et dans la veine angulaire (1).
Nerfs. 1° Nerf spécial; c'est le nerf optique, dont nous ex- Nerf optique, poserons ailleurs (Voy. nerfs crâniens') l'origine, la disposition et la structure ;
(1) Voici quelques détails très précis sur la distribution des artères et des veines de l'œil, qui m'ont été fournis par M. Denonvilliers, aujourd'hui chef des travaux anatomiques , d'après de très belles préparations qu'il fit, à l'occasion d'un concours pour le prosectorat, en 1835.
Artères : 1° Les artères ciliaires courtes postérieures sont, en général, réunies en deux groupes : l'un externe , l'autre interne. Après avoir fourni quelques rameaux très déliés à la sclérotique , elles se placent entre cette membrane et la choroïde, s'épanouissent en rayonnant à la surface externe de la choroïde, qu'elles ne lardent pas à traverser pour gagner sa face interne. De ces ramifications, les unes se perdent dans la choroïde, les autres vont se porter à la circonférence externe du cercle ciliaire, pour se jeter, en très grande partie, dans les procès ciliaires ; tandis que les autres vont s'anastomoser avec des rameaux émanés du grand cercle artériel de l'iris.
2° Les ciliaires longues -postérieures, au nombre de deux, vont former le grand cercle artériel de l'iris.
3° Les ciliaires antérieures proviennent de la terminaison des branches musculaires. Elles sont au nombre de deux, une supérieure, une inférieure, quelquefois il y a une troisième artère ciliaire qui est externe. Elles percent perpendiculairement la sclérotique, à une ligne environ de sa réunion avec la cornée, au niveau de la circonférence externe du ligament ciliaire ; chacune d'elles se divise immédiatement en deux branches, qui se portent, en divergeant, à la rencontre des branches des ciliaires postérieures longues, et complètent ainsi le grand cercle artériel de l'iris. Ce grand cercle artériel est donc fourni, à la fois, par les artères ciliaires antérieures, et par les artères ciliaires postérieures longues. Quand les premières sont très développées, les secondes le sont moins, et réciproquement. Assez fréquemment, le cercle est entièrement formé par les ciliaires postérieures longues, et les ciliaires antérieures viennent s'y rendre directement, sans division préalable. Bien qu'on ait généralement écrit que le cercle artériel est formé uniquement par les ciliaires postérieures , M. Denonvilliers n'a pas rencontré un seul cas où les ciliaires antérieures n'entrassent pour quelque chose dans sa composition. Du grand cercle artériel, ainsi constitué, part un nombre considérable: 1° de branches iriennes, extrêmement serrées, fines, flexueuses, qui se portent vers la pupille. Ces branches
Nerfs ciliaires. 2° Nerfs ciliaires, venant 1° de la cinquième paire, nerf exclusivement affecté à la sensibilité, soit directement par le nerf nasal , soit indirectement par le ganglion ophthalmique ; 2° du nerf moteur commun , nerf essentiellement affecté au mouvement. Ces nerfs se distribuent au cercle ciliaire et à l'iris.
iriennes ne s' anastomosent entre elles qu'à la terminaison à la petite circonférence de la pupille, pour former le -petit cercle artériel de l'iris ; 2" des branches rétrogrades choroïdiennes, qui traversent le ligament ciliaire, auquel elles abandonnent quelques ramuscules, et vont s'anastomoser avec les artères ciliaires courtes postérieures. Il y a donc, pour la choroïde et l'iris, deux systèmes artériels : le postérieur, formé par les artères choroïdiennes postérieures; le système antérieur, formé par les ciliaires postérieures longues et les ciliaires antérieures. Ces deux systèmes communiquent largement entre eux.
Veines choroïdiennes et iriennes. Indépendamment des veines ciliaires postérieures longues et courtes, qui sont satellites des artères du même nom, il existe un système veineux choroïdien particulier, qui a reçu le nom de vasa vorticosa, vaisseaux tourbillonnes. Ces vasa vorticosa occupent la surface externe de la choroïde, à une distance à peu près égale des extrémités antérieure et postérieure de l'œil ; ils sont au nombre de quatre et quelquefois au nombre de cinq. A eux seuls aboutissent les veines iriennes, innombrables., comme chevelues, flexueuses à la manière des artères, traversant le ligament ciliaire, en éludant le grand cercle veineux de l'iris, et allant se jeter directement dans les vaisseaux tourbillonnes. Il importe d'insister sur ce point, qu'aucune veine irienne ne va se rendre à ce cercle veineux de la grande circonférence de l'iris, qui est formé par les veines ciliaires longues postérieures : les vaissaux tourbillonnes communiquent, d'ailleurs, largement avec les veines choroïdiennes. De chaque groupe de vaisseaux tourbillonnes, part une veine ; ces veines, au nombre de quatre ou de cinq, suivant le nombre des tourbillons, se réunissent en deux troncs, qui percent perpendiculairement la sclérotique, à une distance à peu près égale des extrémités antérieure et postérieure du globe de l'œil, et vont se jeter dans une des divisions de la veine ophthalmique, Evidemment, ces troncs veineux répondent aux artères ciliaires antérieurses, bien qu'elles leur paraissent complètement étrangères.
de l'orgahe de l'ouïe. i2l