‹ Traité d'anatomie descriptive (volume 4)Chapitre 13 sur 136 · DU GLOBE DE L'OEIL · texte numérisé non relu

DU GLOBE DE L'OEIL

Le glohe de l'œil est situé dans la cavité orbitaire, dont il occupe ia partie antérieure; il est maintenu dans sa position par le nerf optique, par les muscles droits et obliques, par des vaisseaux, par la conjonctive, par les paupières, moyens de conleniion qui, loin de l'assujétir d'une manière fixe, lui permettent une grande mobilité, et enfin par l'aponévrose orbitooculaire. L'œil peut,en effet, se mouvoir suivant tous ses axes ; il peut même être porté un peu en avant {Voyez Muscles de l'œil) (1).

volume de Son volume, peu considérable par rapport à la capacité de l'orbiie, présente, chez les divers sujets, quelques légères dif-

(1) Il n'est pas sans intérêt de faire remarquer que, vu le défaut de protection de l'œil à son côté externe, pour peu que cet organe prédomine en avant, il semble qu'il soit tout entier chassé delà cavité orbitaire: d'où ces descriptions d'exophthnjmies avec chute dp l'œil., qui se serait ensuite spontanément replacé.

ORGANES DE LA VISION. GLOBE DE l'ûEIL. S9

férences qui n'ont pas encore été bien appréciées. Les mois de grands et petits y eux, usités dans le langage vulgaire, s'appliquent moins au globe de l'œil lui-même, qu'à l'ouverture des paupières. L'œil est, d'ailleurs, proportionnellement plus volumineux chez le fœtus et chez l'enfant nouveau-né, que chez l'adulte et chez le vieillard.

Sa forme est celle d'un sphéroïde régulier, surmonté en g hja-da[°rme avant par un segment de sphère plus petite, disposition qui accroît le diamètre antéro-poslérieur de l'organe. Aussi, a-t-il onze lignes d'étendue, tandis que les autres diamètres ont une ligne de moins. On dit que la contraction des muscles de l'œil peut modifier celte forme; mais le changement est si léger, vu le degré de tension du globe de l'œil, qu'il mérite à peine d'être mentionné.

Les rapports qe'néraux du globe de l'œil sont les suivants : Ses rapports 1 ' ° ° généraux.

en avant, dans la moitié antérieure de sa circonférence , il est recouvert immédiatement par la conjonctive et médiatement par les paupières, qui l'abritent contre la lumière et les corpuscules qui voltigent dans l'air, bien plus que contre l'injure des corps extérieurs. Il résulte, en outre, de la coupe oblique de la base de l'orbite, qu'en dehors, l'œil déborde de beaucoup la base de cette cavité , disposition qui le rend facilement vulnérable dans ce sens. En arrière, dans son hémisphère posté- L'aponévrose

orbito- oculaire

rieur, 1 œil est en rapport avec le coussinet graisseux du fond 'e sépare au

i i> i - „ , , . . coussinet grais-

de 1 orbite, dont il est sépare par 1 aponévrose orbito-oculaire, seux. sur laquelle il glisse à l'aide d'une membrane synoviale rudimentaire, qui favorise ses mouvements. J'ai déjà dit que l'aponévrose orbito-oculaire fournit à l'œil un point d'appui , résistant, mais flexible, en même temps qu'elle l'isole complètement des parties environnantes.

Bien que contenu dans une cavité osseuse protectrice , l'œil se trouve donc en réalité plus particulièrement en rapport avec une membrane fibreuse qui l'en sépare et avec les paupières, voiles mobiles qui l'encadrent en avant.

Il est maintenu dans sa position : i° par les paupières, dont la

fente, un peu plus étroite que le diamètre transverse de l'œil? ne le laisse pas sortir sans quelque difficulté ; 2° par la conjonctive qui le lie aux paupières par sa réflexion ; 3° par les six muscles de l'œil, et ko par le nerf optique. Les portions orbitaires des quatre muscles droits me paraissent propres à fixer l'œil du côté de la base de l'orbite, de même que les aitaches postérieures de ces muscles fixent l'œil au sommet de cette cavité, structure de Structure. De même que tous les autres organes des sens,

l'œil. i '■ ■ '

l'œil est constitué par une membrane pourvue d'un nerf spécial, et par un appareil particulier en rapport avec l'agent extérieur. La membrane, organe immédiat de la vue, est la rétine ; le reste de l'œil n'est autre chose qu'un appareil de dioptrique très compliqué, une chambre obscure, qui a pour objet de réfracter les rayons lumineux, de les concentrer pour augmenter l'intensité de l'impression, et qui est en même temps pourvue d'un diaphragme, susceptible de dilatation et de resserrement, propre à graduer la quantité de ces rayons. Sa division en Sous un point de vue plus anatomique, on divise l'œil en

membranes et

en humeurs, membranes et en humeurs ou milieux. Les membranes sont, dans l'ordre de superposition : 1° la sclérotique et la cornée; 1° la choroïde et Y iris ; 3° la rétine. Les humeurs ou milieux, sont : 1° le corps vitré et sa membrane (Jhyaloïdé) ; 2° le cristallin et sa capsule ; 3° l'humeur aqueuse.

Sclérotique.

Préparation. Isoler le globe de l'œil ; laisser les muscles attachés à la sclérotique ; diviser circulairement cette membrane, en évitant d'entamer la choroïde ; renverser en avant et en arrière les deux hémisphères de la sclérotique, dont la section, sans entamer la choroïde, se fait plus facilement sur un œil un peu flétri, que sur un œil frais.

La sclérotique (mcAwf «?, dur), cornée opaque, tunique alhuginée de l'œil, est la membrane la plus extérieure de l'œil, dont elle forme, en quelque sorte, la coque ; elle est d'un blanc nacré, très résistante, perforée en arrière, pour laisser passer

le nerf optique, et présente, en avant, une ouverture circulaire, dans laquelle est enchâssée la cornée. Sa surface externe, qui forme la surface extérieure du globe surface ex-

, .,.,,.. a . i v i • •' 11 terne delà sclé-

de 1 œil, présente les mêmes rapports que ce globe. Ainsi, elle roiiquè. est recouverte en avant par la conjonctive, qui lui adhère au moyen d'un tissu cellulaire très lâche et susceptible d'infiltration : c'est sur elle que s'implantent les muscles droits et obliques de l'œil. Une sorte de capsule synoviale rudimentaire la sépare de la conjonctive, d'une part, de l'aponévrose orbito-oculaire, d'une autre part, et lui donne un aspect lisse.

Sa surface interne présente un aspect terne et rugueux, Aspect terne tout à fait étranger à la surface externe; elle offre, en outre, Lrface^nterne! une couleur brune très prononcée, qui est due au pigmentum choroïdien ; elle répond à la choroïde, qui lui est unie par un tissu cellulaire très fin et par les vaisseaux ciliaires. Les nerfs ciliaires marchent librement d'arrière en avant entre ces deux membranes, et sillonnent légèrement la surface interne de la sclérotique. Ces vaisseaux et ces nerfs traversent très obliquement l'épaisseur de la membrane.

Suivant M. Arnold, il existerait, entre la sclérotique et la La présence choroïde, une membrane séreuse, analogue à la membrane de ne'slrèus^ciél'humeur aqueuse ; membrane, dont le feuillet externe ou scié- ™enne^LTuas rotical serait la source de la couleur brunâtre de la surface demontreeinterne de la sclérotique; il existerait aussi un feuillet choroïdien et une humeur particulière, contenue dans la cavité séreuse. L'existence de cette membrane, que M. Arnold nomme membrane arachnoïdienne (membrana arachnoïde a), me paraît impossible à concilier avec l'aspect tomenteux de la surface interne de la sclérotique et de la surface externe de la choroïde.

Structure. La sclérotique est une des membranes fibreuses les plus épaisses et les plus fortes de l'économie ; son épaisseur n'est pas uniforme dans tous les points de son étendue; sa partie la plus épaisse répond, en arrière, à l'entrée du nerf optique; sa partie la moins épaisse répond, en avant, au voisinage

La sclérotique de la cornée. Comme toutes les membranes fibreuses, elle est

est un type de .

membrane fi- inextensible ; ce qui donne a lœil le degré de fermeté et de breuse. , • • i , . „, , . .,.,.,

tension qui le caractérise. C est encore a cette inexlensibilite que

tiennent les douleurs atroces qui accompagnent l'inflammation de l'intérieur de l'œil et certaines hydroplnhalmies. Le mode de perforation de la sclérotique par le nerf optique, est remarquable. Celte perforation n'a pas lieu par un seul point, mais par une foule de points, à la manière d'un crible ; le nerf optique s'exprime à travers la sclérotique, comme le nerf olfactif à travers la lame criblée de Pethmoïde.

Elle n^est pas Les anciens considéraient la sclérotique comme composée

composée de ~i >

deux larne^ dis- de deux lames, dont l'inlerne serait, d'après Zinn, le prolongement de la pie-mère, et, d'après Meckel, le prolongement de l'arachnoïde. Mais, outre que la division de la sclérotique en deux lames est purement artificielle, on peut affirmer que ni la pie-mère ni l'arachnoïde ne se prolongent sur le nerf optique. Enfin, on a considéré la sclérotique comme la continuation de la dure-mère par l'intermède du névrilème du nerf optique; et cette manière de voir n'est nullement contredite par la dissection, qui montre la gaine fournie au nerf optique par la duremère, se prolongeant manifestement sur la sclérotique et se confondant avec elle. En outre , on a admis , mais à tort, pour la partie antérieure de la sclérotique , une lame distincte, qui serait formée par la réunion des aponévroses des muscles droits de l'œil.

La sclérotique est constituée par des faisceaux fibreux, qui s'entrecroisent dans toutes sortes de directions. Ses usages. ges usages sont surtout relatifs à la protection de l'œil, dont elle forme l'enveloppe, et dont elle détermine la forme.

Cornée.

La cornée transparente complète, en avant, la coque extérieure de î'œil : elle représente le segment d'une sphère plus petite, surajoutée à une sphère plus grande ; sa circonférence

est circulaire , ou plutôt un peu elliptique , car le diamètre

transverse a une demi-ligne en sus des autres diamètres.

La face antérieure, convexe, faisant relief au-devant de la Face anté-

, . . n , lin . rieure de la cor-

sclérotique, est revêtue parla conjonctive, a laquelle elle est née. si intimement unie, que sa présence a été niée par quelques anatomisles (1).

La convexité exagérée de la cornée, en augmentant les forces réfringentes de l'œil, détermine la myopie.

La face postérieure, concave, forme la paroi antérieure de Face posté la chambre antérieure de l'œil. On admet sur celte face pos- rieurelérieure un feuillet membraneux, connu sous le nom de membrane de V humeur aqueuse {membrane de Demours ou de Descemet).

La circonférence de la cornée, enchâssée dans l'ouverture circonférence. de la sclérotique, est taillée en biseau aux dépens de sa face externe, et correspond au biseau, en sens inverse, que présente la sclérotique.

L'adhérence entre ia cornée et la sclérotique est telle, qu'on a longtemps regardé ces deux membranes comme constituant une seule et même membrane ; mais, indépendamment de leur différence d'aspect et de texture, on parvient à les isoler Tune de l'autre par l'ébullition ou par une macération longtemps prolongée.

Structure. La cornée a plus d'épaisseur que la sclérotique : La |amel|alion on peut la décomposer en un grand nombre de lamelles unies anîfaieîwf6 est par des couches très minces de tissu cellulaire; mais cette décomposition est purement artificielle ; aussi le nombre de ces lamelles est-il indéterminé. La couche la plus mince de liquide, interposé entre les lamelles, suffit pour troubler la transparence de la cornée; la macération lui donne de suite

(1) Une dissection attentive, surtout après une macération prolongée, montre la continuation de la lame la plus superficielle de la cornée avec la conjonctive. Il est un vice de conformation, dans lequel une partie de la cornée est revêtue par un prolongement non adhérent de la conjonctive.

un aspect laiteux. L'aspect blanc-laiteux, qu'elle contracte dans certaines ophlhalmies, lient à la présence d'une certaine quantité de liquide infiltrée entre ses lames, en sorte que l'absorption de ce liquide redonne à la cornée toute sa transparence.

dépouCrvueêe Cde ^e& 'nJecl'ons *es plus fines, poussées dans les veines et aufnseaux san~ ^ans 'es arlères de l'œil, ne démontrent aucun vaisseau dans la cornée ; sa couche superficielle , celle qui fait suite à la conjonctive , est formée par un réseau lymphatique qui se continue avec celui de la conjonctive, et qu'on démontre en piquant au hasard la couche la plus superficielle de la cornée. Son réseau Vainement introduit-on le tube plus profondément ; ce réseau

lymphatique. .

lymphatique est tout entier a la superficie. Ses usages. Usages. La cornée transparente est le premier milieu que traversent les rayons lumineux ; à raison de sa densité et de sa forme convexe, elle réfracte ces rayons et les fait converger. La densité de la cornée est la même chez les divers individus ; mais sa convexité variable détermine en grande partie la myopie, la presbytie ou la vue naturelle.

Choroïde, cercle ciliaire, procès et corps ciliaires. La choroïde La choroïde, ainsi nommée à cause de sa grande vascula-

est une mem- ;

brane vascuieu- rite (l), est la seconde des membranes de l'œil, dans 1 ordre

se.

de superposition : c'est une membrane vasculeuse, revêtue d'une couche épaisse de pigmentum ; elle double exactement la sclérotique, et se termine comme elle à la circonférence de la cornée.

Sa surface ex- Sa surface externe adhère à la sclérotique par les vaisseaux et les nerfs ciliaires, et par un tissu cellulaire rare et très fin, qui se déchire avec la plus grande facilité, et s'enlève à la manière d'une toile d'araignée. C'est cette espèce de toile d'araignée que M. Arnold regarde comme le feuillet choroïdien de la membrane séreuse, qu'il admet entre la sclérotique et la

(1) Choroïde est synonyme de vasculeuse.

choroïde. Celte face, examinée à la loupe, présente un aspect tomenteux, semblable à celui de i'agaric.

Sa surface interne répond, sans y adhérer, à la rétine, qui sa surface inla tapisse dans toute son étendue.

L'une et l'autre surfaces sont revêtues d'un enduit ou pigment Pigment cho-

, „ . , , , . . , . , . roïdien.

tout a fait semblable au pigment de la peau des nègres, et qui est beaucoup plus abondant sur la face interne que sur la face externe, moins abondant en arrière qu'en avant, où il forme une couche épaisse en forme de zone concentrique à la couronne ciliaire.

Ces deux surfaces sont sillonnées par des stries innombrables, longitudinales, contournées, qui correspondent aux vaisseaux de la choroïde.

Chez un grand nombre d'animaux, chez le bœuf, par exem- de^surfacèlnple, ce pigment est remplacé, en arrière, par un brillant mé- roï°e.delacho~ tallique qui constitue le tapis. Dépouillée de son pigmenlum, cette surface présente un aspect lisse et nullement tomenteux, comme la surface externe. Sa couleur est gris-blanc ; elle devient blanche, et comme resplendissante en avant, dans la partie couverte d'une couche épaisse de pigmenlum.

En arrière, la choroïde est percée d'une ouverture circulaire pour le passage de la pulpe du nerf optique; en avant, elle se termine parle cercle ou anneau ciliaire, et par les procès ciliaires qui doivent en être considérés comme une dépendance.

Du cercle ciliaire. Le cercle ou anneau ciliaire est une cercle ciliaire. zone circulaire d'une ligne à une ligne et demie de largeur, d'une couleur grisâtre, d'une consistance molle, qui limite, en avant, la choroïde. Son épaisseur est considérable. Sa face ses rapports, externe répond à la sclérotique, à laquelle elle adhère peu. Sa face interne répond aux procès ciliaires : par sa grande circonférence, qui se distingue de la choroïde par un léger relief, il reçoit les nerfs ciliaires, lesquels se bifurquent, et semblent s'anastomoser entre eux, avant de pénétrer dans son épaisseur; par sa petile circonférence, qui répond à l'iris, il

adhère intimement à la circonférence de la cornés, dans le point précis où celte membrane se continue avec ia sclérotique.

Le cercle cl- Les anciens appelaient le cercle ciliaire ligament ciliaire. La iaa,redisPposUion grande quantité de nerfs que reçoitle cercle ciliaire, sa couleur

un gang ion. grjs£lre? son aspect pulpeux, l'ont fait considérer par les modernes comme un ganglion nerveux, annulus gangli-formis, seu ganglion annulare (Sœmmering); et je me range d'autant plus de cet avis, que les nerfs ciliaires traversent tous le cercle ciliaire, et se comportent, en le traversant, à la manière dont les nerfs ganglionnaires se comportent dans leurs ganglions respectifs.

CanaideFon- Quelques anatomistes décrivent, sous le nom de canal ciliaire, ou canal de Fontana, un très petit espace circulaire, extrêmement étroit, qui serait limité par le cercle ciliaire, la cornée et la sclérotique. Il n'est pas certain que cet espace, qui est susceptible d'injection, ne soit pas la cavité d'un vaisseau sanguin.

Des procès ciliaires et du corps ciliaire. Si on enlève la partie postérieure de la sclérotique, de la choroïde et de la rétine, ou même si on se borne à diviser l'œil en deux moitiés, l'une antérieure, l'autre postérieure, par une coupe circulaire, on voit autour du cristallin un disque rayonné, parfaitement régulier. Ce disque, que l'on a comparé très exacte-

Corps ciliaire. ment à une fleur radiée, s'appelle le corps ciliaire ou la couronne ciliaire; chacun des rayons porte le nom de procès ciliaires, plis ciliaires, ou rayons ciliaires. Si, après avoir

Procès Ciiiai- Pr*s l,ne ^ée exacte de ce disque rayonné, on sépare la cho-

res- roïde des humeurs de l'œil, on voit, après cette séparation, deux

disques bien distincts, dont l'un reste attaché à la choroïde :

c'est le disque ou corps ciliaire de la choroïde • dont l'autre

reste attaché aucorpsvilréet au cristallin : c'est la zone ciliaire

zone ciliaire ^e Zinn, qu'on peut appeler, avec M. Ribes, procès ciliaires dezmn. ^u corpS v{fre\ Nous n'allons nous occuper ici que des procès

ciliaires de la choroïde , renvoyant la description des procès ciliaires du corps viiré, à l'occasion de celle de ce corps.

Les procès ciliaires de la choroïde, si bien décrits par Procès cillai» „. . , , ^ , . res de la cho-

Zmn, qui en porte le nombre a soixante, sont regardes comme roïde. autant de plis de la lame interne de la choroïde. On pourrait en admetire de grands et de petits. Ces derniers occupent l'intervalle des grands : tous vont grossissant à mesure qu'ils approchent de la grande circonférence de l'iris derrière laquelle ils se prolongent sans y adhérer (d'où le nom de rayons sousiriens qui leur a été donné par Chaussier) , se recourbent sur eux-mêmes d'arrière en avant, pour venir se fixera cette grande circonférence. Ces procès ciliaires , qui se regardent par leurs faces latérales , présentent donc une partie adhérente ou choroïdienne, et une partie libre ou irienne. Cette dernière est flottante au milieu des humeurs de l'œil, à la manière d'une frange; la moindre agitation, imprimée au liquide ou au vase dans lequel sont contenus les procès ciliaires, se communique à celle portion libre de la couronne ciliaire.

Le corps, en disque ciliaire, couronne ciliaire, qui résulte Corps ou dis -

... que ciliaire.

de la reunion de tous les procès ou rayons ciliaires , repond en arrière au corps vitré, et s'avance sur la circonférence du cristallin. Ses rapports avec le corps vitré ne sont pas une simple application ; il y a adhérence assez intime, et nous verrons plus Son adhérence

,, , . . , , , au corps vitré.

bas que celle adhérence est un veruable engrenement, tel que

les procès ciliaires du corps viiré sont reçus dans l'intervalle

des procès ciliaires de la choroïde, et réciproquement.

Dépouillés de la couche épaisse de pigment qui les recouvre ,

examinés à la loupe et sous l'eau, les procès ciliaires ont une

couleur blanche : leur surface est spongieuse ; leur substance AsPect spongieux de la surest creusée de cellules irrégulières que remplit la matière brune face des procès

ciliaires.

du pigment, et qui donnent aux procès ciliaires l'aspect spongieux et comme déchiqueté. On voit manifestement leur continuité avec la choroïde, qui offre autour d'eux une zone plus blanche que le reste de la surface interne de celte membrane.

Structure de la choroïde et des procès ciliaires. La struc- structure

* toute vasculaire

lure des procès ciliaires ei de la choroïde est essentiellement de la choroïde et

des procéa ci-

vasculairer Les injections fines , poussées chez les jeunes sujets, Uai,es-

d'une part, dans l'artère carotide; d'une autre part, dans la veine jugulaire interne, couvrent cette membrane d'un réseau admirable. On voit manifestement la disposition lourbillonnée d'un certain nombre de ces vaisseaux, disposition qu'indiquent très bien, sans injection préalable, les stries qui sillonnent la surface de la membrane. Les artères ciliaires courtes sont exclusivement destinées à la choroïde. Il résulterait d'un grand nombre d'injections faites par M. Ribes, que les injections artérielles ne pénètrent pas dans les villosités et franges du corps ciliaire , mais que les injections veineuses les remplissent; en sorte que la structure de la portion libre et frangée des procès ciliaires serait tout à fait veineuse , à la manière du tissu caverneux ou érectile.

L'aspect différent de la surface externe et de la surface interne de la choroïde, a fait admettre dans celte membrane deux Lame ruys- lames, dont l'interne a été appelée ruyschienne, du nom de

chienne de la ' ,

choroïde. l'anatomiste célèbre, Ruysch, qui l'a le mieux décrite. D'après une manière de voir qui n'est pas sans quelque fondement, la lame interne concourrait seule à la formation des procès ciliaires ; tandis que la lame externe seule correspondrait à l'anneau ciliaire.

usages. Usages. Par son pigment, la choroïde convertit l'œil en une

véritable chambre obscure. Par leur grande vascularité, la choroïde et les parois ciliaires doivent remplir des fonctions importantes relatives aux mouvements de l'iris.

Iris.

Ainsi nommé à cause des couleurs variées qu'il présente , Viris est une cloison membraneuse, espèce de diaphragme actif, verticalement dirigée et perforée à son centre, à la manière L'iris sépare des diaphragmes des instruments d'optique. C'est par cette cloi-

les deux cham- r , . •

bresdei'œii. son que l'intervalle compris entre la cornée et le cristallin est

divisé en deux parties ou chambres, l'une antérieure, l'autre

poste'rienre. L'iris est circulaire, et perforé à son centre d'une

Pupille. ouverture qui constitue la pupille ou prunelle, ou petite cir-

conférence de l'iris : ouverture circulaire chez l'homme , oblongue dans le sens transversal ou dans le sens vertical chez les animaux, et dont les dimensions variables mesurent la quantité de rayons lumineux qui arrivent jusqu'à la rétine. On observe constamment dans plusieurs espèces d'animaux , et quelquefois chez l'homme, de petites franges attachées à cette petite circonférence et qui flottent dans l'humeur aqueuse.

Par sa grande circonférence, l'iris est comme enchâssé Grande cir-

conférer! C6 ds

entre le cercle ciliaire, qui la déborde un peu en avant, et les l'iris, procès ciliaires qui la débordent et qui empiètent même sur elle en arrière. Le mode suivant lequel a lieu cette adhérence, n'est son mode pas encore bien connu. Il y a véritable continuité, et cependant d'adherencela séparation peut s'effectuer par une traction légère : d'où l'opération de la pupille artificielle par décollement de l'iris. La grande circonférence de l'iris n'a d'ailleurs aucun rapport de continuité avec la circonférence de la cornée.

Face antérieure de l'iris. C'est celle surface diversement Face anié- , . , , rieure de l'iris.

nuancée quon aperçoit a travers la cornée transparenle; elle est plane et non convexe. L'intervalle qui la sépare de la cornée mesu re les dimensions de la chambre antérieure de l'œil. Cet intervalle, dont on peut parfaitement apprécierla forme et les dimensions sur un œil congelé, est rempli par l'humeur aqueuse; son plus grand diamètre d'avant en arrière est d'une ligne. Examinée à la loupe, la face antérieure de l'iris présente un Son aspect to

, , .. , . , , menteux.

aspect tomenteux, comme la choroïde, mais plus prononcé :

on dirait l'agaric du chêne. Elle est comme crevassée cà et sa disposition

,, , in. i . ■,. , , radiée.

la et présente chez 1 homme des stries radiées très manifestes. Ces rayons, qui sont rectilignes quand la pupille est resserrée, deviennent flexueux pendant sa dilatation. Ils semblent se confondre en s'entrecroisant au voisinage de la pupille. On admet assez généralement que la membrane de l'humeur aqueuse revêt la face antérieure de l'iris,- mais on ne saurait le démontrer anatomiquement.

Cette face, diversement colorée chez les différents individus,, Différences de

. j , i i r r -, sa coloration.

et dont la couleur est généralement en rapport avec celle des

cheveux, a fait établir la distinction des yeux en bleus, noirs et gris. Quelle que soit cette couleur, elle présente deux nuances d'intensité qui ont fait admettre dans l'iris deux zones ou anneaux colorés concentriques : un petit anneau qui est plus foncé ; il avoisine la pupille ; un grand anneau moins foncé , qui comprend les deux tiers extérieurs de la membrane. Cette distinction n'est pas toujours facile à établir. Face posié- Face -postérieure de l'iris. Elle répond au cristallin , dont

rieure de l'iris.

la sépare un intervalle rempli par 1 humeur aqueuse au postérieur de l'iris, et qu'on appelle chambre postérieure de l'œil.

Les deux chambres de l'œil communiquent entre elles à travers la pupille.

La face postérieure de l'iris est enduite d'une couche épaisse

Pigment de l r

|,;ris- de pigment, qui se continue avec le pigment choroïdien : elle

est recouverie, au voisinage de la grande circonférence de l'iris, parla portion libre ou irienne des procès ciliaires, dont le renversement facile laisse à découvert toute cette face postérieure. Elle présente des stries radiées extrêmement prononcées, qu'on voit très bien, même avant l'ablation du pigment choroïdien.

Aspect de la L'aspect de la face postérieure de l'iris diffère essentielle-

faci- postérieure . j , . \ ' , c , > ■ -i ,Ui 1-

de l'iris dépouii- ment de celui de la lace antérieure : il est blanc, lisse , et a tum. up'smen~ beaucoup de rapport avec celui de la face profonde de la choroïde. Quelques anatomisies admettent que la face postérieure de l'iris est recouverie par la membrane de l'humeur aqueuse. Il est difficile de comprendre comment , dans cette hypothèse, se comporterait cette membrane par rapport au pigment.

La structure Structure. L'iris a trois ou quatre fois plus d'épaisseur que corèTndéu'rmi- l£ choroïde ; son épaisseur va en diminuant de la circonfénee- rence externe à l'interne. La véritable structure de cette mem-

brane est peu connue. L'opinion ancienne que l'iris est de nature musculeuse, réfutée par Weilbrecht et par Demours, a Les uns la con- été reproduite par M. Maunoir, qui admet deux ordres de muscuïireT™ fibres musculaires : les fibres radiées, qui répondent à l'anneau

coloré externe* les fibres circulaires, qui correspondent à l'anneau coloré interne, et qui formeraient autour de la pupille une sorte de sphincter; mais il n'y a point de fibres circulaires appréciables autour de la pupille. Ce qui a pu en imposer, c'est une disposition particulière des fibres radiées, qui semblent se bifurquer au niveau du petit anneau coloré, pour s'entrelacer, et se terminer brusquement autour de la pupille ; en sorte que la petite circonférence de l'iris ou la pupille présente l'extrémité nettement coupée de ces lignes radiées.

Chef le bœuf et le mouton , l'iris présente deux ordres de fibres disposées suivant deux couches bien distinctes : les unes, antérieures , sont circulaires , et occupent toute l'étendue de cette face ; les autres, postérieures, sont radiées, convergentes de la circonférence au centre. Le premier ordre de fibres n'existe pas chez l'homme.

Une autre opinion sur la structure de l'iris, est celle qui con- Les autres ,a sidère cette membrane comme vaseuleuse ou comme éreç-™Tlimi£e'iiâtile (l). Si l'on examine à la loupe une coupe oblique de l'iris, ture érectlleon voit, en effet, une disposition spongieuse : la grande vascularité de "l'iris vient encore à l'appui de celle manière de voir.

Cependant, si l'on considère qu'il y a dans cette structure de l'iris, des fibres qui résistent à l'injection; si on considère que les nerfs ciliaires ou iriens, émanent, en très grande partie, du nerf moteur oculaire commun, nerf exclusivement musculaire ; que sur des suppliciés,- soumis à la pile de Volta, Nysten a déterminé des mouvements dans les pupilles ; que M. Longet Elle est peut-

cire crpctïltî ci

a répète, avec succès, la même expérience sur des chiens qu'il musculaire. venait de sacrifier : on sera porté à admettre que la structure de l'iris est à la fois musculaire et vasculaire. L'anatomie microscopique pourra peut-être un jour éclaircir cette question.

Artères iriennes. Les artères de l'iris sont fournies en irtéros irien. grande partie par les deux ciliaires longues, qui, parvenues au nes-

(1) On cite l'exemple d'un jeune homme, qui pouvait resserrer ses pupilles en retenant sa respiration,

nés

ligament ciliaire, se bifurquent et s'anastomosent, pour constituer un cercle vasculaire, duquel partent des vaisseaux radiés, qui se dirigent en convergeant de la grande circonférence de l'iris vers la pupille. On admet encore des anastomoses en arcade au voisinage de cette pupille.

Veines irien- peines iriennes. Les veines, bien plus multipliées que les artères, vont se rendre non dans les veines satellites des ciliaires longues, mais exclusivement dans les vasa vorticosa.

Nerfs iriens. Nerfs. Les nerfs de l'iris, extrêmement volumineux, sont les nerfs ciliaires, que nous avons vus gagner le cercle ciliaire, dans lequel ils s'anastomosent à la manière des plexus ou des ganglions, et qu'ils traversent ensuite en grand nombre, pour pénétrer dans l'iris, dans l'épaisseur de laquelle ils se distribuent. On peut suivre ces nerfs jusqu'à la circonférence interne de la pupille. La disposition à anse , au niveau de cette circonférence interne, admise, et figurée par plusieurs anses, ne m'a paru nullement démontrée.

Les nerfs iriens viennent, pour la plupart, du ganglion ophthalmique; quelques uns viennent directement du nerf nasal, branche de la cinquième paire.

L'irisestcon- Les anciens distinguaient dans l'iris deuxlames: l'une, an-

stituu par des . , . ... , - , . . ,, . .

lames. teneure, qu'ils appelaient membrane tris; l autre, postérieure,

couverte de pigmentum, qu'ils appelaient membrane uve'e. En examinant à la loupe une coupe oblique de l'iris, on trouve, en effet, deux lames, dans l'intervalle desquelles se voit le tissu spongieux dont j'ai parlé.

Membrane pupîllaire.

Préparation. En ouvrant l'œil par sa partie postérieure, on voit très bien celte membrane vasculaire à travers le corps vitré et le cristallin.

pupiiiakeabrane ^nez 'e fœlus5 *a PupiHe est occupée par une membrane, membrane pupîllaire, découverte et parfaitement décrite par Wacliendorf, mieux décrite encore par Haller, Sœmmering et récemment par M. Jules Cloquet. Elle peut être aperçtte dès

le troisième mois delà vie intra-utérine, et disparaît ordinai- Mode de forrement vers le septième. Sa persistance devient une cause de £)?ie.on e apu' cécité congéniale. Wachendorf et Sœmmering ont parfaitement démontré les vaisseaux de cette membrane, qui sont la continuation de ceux de l'iris ; en sorte qu'à cette époque la membrane de l'humeur aqueuse, formerait un sac sans ouverture. Il résulte des recherches de M. Jules Cloquet, sur cette membrane, qu'elle est formée de deux feuillets minces, adossés, contenant dans leur intervalle des vaisseaux sanguins disposés en arcades ; que les arcades vasculaires, qui se regardent par leur convexité, ne s'anastomosent pas avec celles qui leur sont diamétralement opposées ; qu'il reste entre elles, vers le centre de la pupille, un petit espace irrégulier, dans lequel la membrane pupHlaire est dépourvue de vaisseaux, et par cela même plus faible que dans le reste de son étendue ; que la formation de la pupille a lieu par la rupture de cette membrane, et que cette rupture se fait par la rétraction de ces anses vasculaires, qui vont occuper la petile circonférence de l'iris. Reste à dédéienniner pourquoi celte rupture, pourquoi celte atrophie.

Usages de liris. L'iris est le modérateur de la quantité des Usages de l'i- . . ... . . . ,, , ,.. T ris.

rayons lumineux qui doivent arriver jusqua la rétine. Le resserrement de la pupille est actif, la dilatation est passive : ce qui est en opposition avec la doctrine de la présence des fibres musculaires radiées, et en faveur de la structure vasculaire et érectile de l'iris.

On a dit, à tort, que les mouvements de l'iris avaient pour but de nous faire juger de la distance et de la grandeur des corps, ou plutôt de nous permettre de voir les objets à des distances différentes : car la pupille reste immobile sous l'action delà même lumière, soit que nous regardions des objets rapprochés, soit que nous regardions des objets éloignés. J'ai vu un enfant de 12 à 13 ans, chez lequel il y avait absence congéniale de l'iris des deux côtés, et qui voyait parfaitement les objets à toutes les distances.

L'influence des narcotiques, de la belladone en particulier,

104 organes des sens.

appliquée localement sur la conjonctive ou sur la piluitaire, ou prise à l'intérieur, sur la pupille qu'elle dilate, est une des particularités les plus curieuses de l'histoire de cette membrane. L'action directe des rayons lumineux sur l'iris, n'influe en rien sur les dimensions de la pupille : l'action des rayons lumineux sur la rétine, d'une part, l'état du nerf optique et du cerveau, d'une autre part, influent seuls sur les dimensions de celte ouverture.

Pigment de l'œil.

Du pigment Nous avons vu que la face externe de la choroïde et la face

choroïdien et

irien. interne de la sclérotique étaient colorées par une Couche très

ténue de pigment ; que la face interne de la choroïde en offrait une couche plus épaisse, mais que c'était à la partie antérieure de cette membrane, au voisinage des procès ciliaires et derrière l'iris, que celte couche offrait la plus grande épaisseur. Par le pigment, l'intérieur de l'œil est converti en une véri- De son iden- table chambre obscure. On peut demander, toutefois, pour-

tité avec le pig- ... , , , . T

ment de la peau, quoi le pigment est moins abondant en arrière qu en avant. Le pigment n'est pas noir, mais couleur de bistre, comme le pigment de la peau des nègres ; il se présente sous la forme de molécules ou de globules insolubles dans l'eau.

Le pigment choroïdien et irien manque chez l'albinos , comme le pigment cutané : d'où la couleur rouge de l'iris et de la pupille chez l'albinos comme chez le lapin blanc. L'analyse chimique du pigment choroïdien y a démontré les mêmes éléments que dans le pigment cutané des nègres.

Le pigment présente l'éclat métallique et un aspect irisé, dans une bonne partie de l'étendue de la choroïde chez un certain nombre d'animaux.

Rétine.

La rétine, organe immédiat de la vision, la troisième des membranes de l'œil dans l'ordre de leur superposition, est une membrane essentiellement nerveuse, concentrique à la choroïde et ù la sclérotique. Par sa face externe, elle répond à la

choroïde dont la sépare le pigment qui, dans les yeux un peu L'existence de

, „ ,, , r \.\ vi „.„ >r la membrane de

avances, forme sur elle une couche peu régulière, a la manière 3acob est dou-

d'une toile d'araignée. Jacob (1) a décrit une membrane inter- teuse*

médiaire à la rétine et à la choroïde, membrane séreuse qui

serait le siège d'une sorte d'hydropisie, dans la maladie connue

sous le nom de staphy/ôme postérieur de l'œil. M. Weber

croit que cette membrane se prolonge jusqu'au pourtour du

cristallin, se réfléchit sur la face postérieure de l'iris, où elle

se continuerait avec la membrane de l'humeur aqueuse. Il ne

m'a pas été donné de démontrer analomiquement la membrane

de Jacob.

La face interne de la rétine est appliquée sur le corps vitré , sans y adhérer en aucune manière.

Les limites antérieures de la rétine sont encore un sujet Limiiesamé-

, ,. . , , „ . -ni • rieuresde lare-

de litige aux yeux de beaucoup d anatomistes. Plusieurs, avec tjne. les anciens, font arriver la rétine jusqu'à la circonférence du cristallin. Quelques uns modifient cette opinion de la manière suivante : du bourrelet qui termine la rétine , se détache une membrane extrêmement mince , qui s'avance au dessous du corps ciliaire, jusqu'au devant de la capsule du cristallin, à laquelle elle est unie. M. Dugès , dans un beau travail d'anatomie comparée sur l'organe de la vue , vient d'exprimer une opinion un peu différente. Suivant lui, à la naissance des procès ciliaires, la rétine se divise en nombreuses languettes ; chacune d'elles passe entre deux procès ciliaires, et se perd , en s'épanouissant sur la circonférence du cristallin. Un examen attentif m'a démontré, de la manière la plus manifeste , que la circonférence antérieure de la rétine se terminait nettement à la circonférefice des procès ciliaires du corps vitré , auxquels elle adhère assez fortement, mais dont on peut , toutefois , la séparer sans rupture (2).

(1) Newly discovered membrane on the eye. Annals of pliilosophy, 1818.

(21 M. Arnold, dans ses belles planches, a figuré la rétine comne allant jusqu'à !a circonférence du cristallin ; il admet dans la rétine une partie ciliaire et des procès ciliaires s pars ciliaris rçtinœ, processus ciliares retince.

Continuité de La rétine est-elle l'épanouissement de la partie médullaire

la rétine avec le ,„..-,,, ...

nerf optique, du nerf optique? est-elle un organe particulier continu au nerf? Bien que la première opinion soit la plus vraisemblable, cependant on ne saurait l'admettre sans objection. Le nerf optique éprouvant une sorte d'étranglement, à son passage à travers la sclérotique , la substance nerveuse correspondante présente une modification particulière; de telle manière, que la pression , exercée sur le nerf , ne fait jamais refluer la substance nerveuse dans l'intérieur de l'œil; tandis que , sur tout autre point , la pression de ce nerf a pour résultat la sortie hors de ses canaux, d'une pulpe blanche.

La rétine est demi-transparente, à la manière d'une couche

mince d'opale; elle est sans cohésion, d'aspect pulpeux, et se

déchire avec la plus grande facilité. Son épaisseur ne m'a pas

paru plus grande en arrière qu'en avant.

Disposition h- La disposition linéaire et radiée delà rétine, admise par

neaire et radiée

deiarétine. plusieurs anatomistes anciens, et reproduile par M. Dugès, ne se voit bien qu'en arrière, à l'entrée du nerf optique. Elle était manifeste sur un œil de bœuf que j'ai récemment étudié : le nerf optique se divisait en trois faisceaux épais et divergents, qui s'épanouissaient en lames; mais à la disposition filamenteuse succédait bientôt une disposition pulpeuse, au moins en apparence.

Des deux la- On considère à la rétine deux lames : une externe , qui est

mes de la rétine, nerveuse; une interne, qui est vasculeuse, celle-ci formée

par les ramifications de l'artère et de la veine centrales de la rétine; mais cette division en deux lames m'a paru purement fictive. Cependant , dans une excellente dissertation sur la rétine, M. Langenbeck admet trois couches dans celte membrane : 1° une couche externe, qu'il appelle cortioale , et qu'il considère comme identique avec la substance corticale du cerveau; 2° une couche moyenne, qu'il appelle médullaire, et qu'il regarde comme identique avec la subtance médullaire du cerveau; 3° une couche interne, qui est toute vasculaire. Il se fonde sur l'analomie comparée , sur i'anatomie dévolu-

tion, et sur l'inspection microscopique (1). Sœmmering a parfaitement représenté les aréoles vasculaires qui servent , en quelque sorte , de support à la substance nerveuse.

Trou central, pli et tache jaune de la rétine. Sœmmering, le premier, a décrit un trou , foramen cen- Foramen cen-

, , ,. , N . . , , , , Irai de la rétine.

irai (foramen centrale), qui avait échappe aux recherches

de Ruysch , de Zinn , de Halier, sans doute parce qu'il se cache sous les plis que présente la rétine dans ce point.

Les plis, ou mieux, le pli transversal de la rétine, est-il Plis de la réle résultat de l'affaissement de l'œil qui suit nécessairement les préparations anatomiques nécessaires pour l'étude de ses parties intérieures ; ou bien est-il lié à l'organisation , et doit-il être considéré comme le vestige du plissement de la rétine , si remarquable dans diverses espèces d'animaux, et en particulier chez les oiseaux, dont ils multiplient singulièrement la force visuelle ? Je ne doute nullement que ce pli n'entre dans le plan de l'organisation.

Quoi qu'il en soit du pli ou des plis de la rétine, le fora- situation pré-

cise du foramen central occupe toujours le côté externe de l'insertion du men.

nerf optique, et il est entouré d'une zone jaune serin (limhus Tache jaune.

luteus foraminis centralis, Sœmmering), connue sous le

nom de tache jaune de Sœmmering (macula lutea , limhus

luteus foraminis centralisa .

Le foramen central et la tache jaune n'existent qne chez l'homme et les quadrumanes , c'est à dire , chez les animaux dont les axes visuels sont parallèles entre eux , comme chez l'homme.

Je n'ai pas vu que la tache jaune correspondît au point le plus épais de la rétine.

^1) Tiedmann et Langenbeck parlent d'un nerf central delà rétine. M. Langenbeck parle d'un anévrisme de Tarière centrale de la rétine, qui avait acquis le calibre d'une plume à écrire. Cet anévrisme avait déterminé une amaurose.

Du reste , c'est le foramen central , et non l'insertiou du nerf optique, qui répond à l'axe anléro-postérieur du globe de l'œil , au véritable point central de la rétine.

Les usages du foramen et de la tache jaune sont complètement inconnus.

La lâche jaune n'existe pas chez le fœtus.

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