CONFORMATION EXTÉRIEURE
Considérée dans sa conformation extérieure, la peau présente, 1° une surface libre ou superficielle ; 2° une surface adhérente ou profonde.
(1) C'est par la peau que quelques auteurs anciens, Marc-Aurèle Séverin, entre autres, fidèles à l'ordre de superposition, qu'on appelle quelquefois l'ordre anatomique, commençaient la description du corps humain ; c'est encore par elle, mais pour un motif bien différent, que M. de Elainville commence la description de VAnatomie comparée: ce naturaliste célèbre, poussant en quelque sorte l'induction analogique jusqu'à ses dernières limites, fait de la peau l'organe fondamental de l'économie, rattache à cette membrane t;ous les organes des sens qu'il regarde comme des phanères (a) analogues aux poils, fait sortir l'appareil delà locomotion de l'élasticité de la peau, qui devient contractilité ; les appareils de la digestion et de la respiration, d'une modification de la faculté absorbante de l'organe cutané ; les appareils des sécrétions et de la génération, d'une modification de la faculté exhalante. L'appareil circulatoire est le seul qu'il ne fasse pas dériver immédiatement de l'enveloppe extérieure. Encore, peu s'en faut qu'il ne regarde l'appareil de circulation comme une extension du tissu cellulaire sorti des mailles de la peau.
(a) Mot créé par M. de Blainville, par opposition au mot crypte, de yctvipoe, évident, manifeste, apparent.
Surface libre.
objets que La surface libre de la peau présente à considérer, 1° des
fircscn'6 là surace libre de la.plis et des sillons ; 2° une coloration variable suivant les races
humaines et suivant les individus; 3° des productions cornées, ongles et poils, annexes de la peau ; hb des pertuis par lesquels s'échappent les produits des diverses sécrétions, et qui appartiennent les uns aux orifices des cryptes sébacées, d'autres aux orifices des vaisseaux sudatoires, d'autres enfin aux trous ou dépressions qui donnent passage aux poils. Les productions cornées, les pertuis et la coloration de la peau seront étudiés à l'occasion de sa structure.
Plis delà peau. Un mot sur les plis divers dont la surface de la peau est sillonnée. Ils sont de plusieurs ordres :
1° Plis de îo- V II est des plis de locomotion qui sont permanents, en
eomolion. . .
quelque sorte inhérents a la constitution de la peau, et en rapport avec les divers mouvements des parties correspondantes. Us se divisent en grands et en petits. Les grands plis s'observent autour des articulations, tant dans le sens de la flexion que dans celui de l'extension. Exemple : Articulations de» phalanges, plis de la paume de la main. Les petits plis sillonnent toute la surface de la peau, qu'ils divisent en losanges peu réguliers; c'est à ces plis que la peau doit son extensibilité. 2° plis par 2° II est desplis par froncement qui résultent de la contrac-
froneement. . > . , .
lion des muscles subjacents : tels sont les rides transversales qui résultent de la contraction du frontal, les plis verticaux qui résultent de celle des sourciliers, les plis radiés qui résultent de la contraction de l'orbiculaire des paupières, du sphincter. Ces plis, de temporaires qu'ils sont comme la contraction des muscles dont ils dérivent, deviennent permanents lorsque la contraction est fréquemment répétée. Nous devons ranger dans la même catégorie les plis du scrotum par la con- „ .. , ., . ïraction du dartos.
3°P!issemles,
PriSsseraentmaiis ^° ^es P^s *^ ailes, les plis par amaigrissement et par dis- Lroéôdis'ensi°P tension résultent de ce que la peau, après une distension plus
BË LA PEAU. h
ou moins considérable, se trouve relativement trop étendue pour les surfaces qu'elle doit recouvrir. Voilà pourquoi la maigreur des jeunes sujets ne ressemble nullement à la maigreur du vieillard. Ces plis dérivent du défaut d'élasticité de la peau -, et sont d'autant plus considérables que la peau a plus perdu de son ressort. Dans les distensions forcées , lorsque la peau a été altérée dans sa texture et comme éraillée, les plis sont beaucoup plus prononcés et permanents : tels sont ceux de l'abdomen, chez les femmes, après la grossesse; dans les deux sexes, après l'hydropisie.
Sillons des papilles. Il faut bien distinguer des plis de suions des pala peau les sillons superficiels plus ou moins réguliers qui medesmainset
, .. , ,, , . ... • , i de la plante des
séparent les rangées d emmenées ou papilles qui s observent pieds. à la paume de la main et à la plante des pieds, papilles qui se voient dans toutes les parties du corps, mais qui ne sont nulle part aussi prononcées que dans les régions que je viens d'indiquer. Ces papilles de la pulpe des doigts parfaitement figurées par M. Arnold (1), sont disposées les unes en spirale (lineœ et sulci vorticosi)> les autres enarc&](jtineœ etsulci arcuati), les autres transversalement {lineœ et sulci transversi). Ces sillons des papilles contrastent avec les plis de locomotion situés sur les parties latérales des phalanges.
Toutes les régions de la peau , autres que la paume des ns sont bien mains et la plante des pieds, vues à la loupe, offrent une mul- fôns^piisiotitude de petites éminences qui donnent à la peau l'aspect reste de \l peau! grenu de la surface d'une orange. Ces saillies inégales, qui sont constituées par des papilles, forment des groupes irréguliers séparés par des plis losangiques. Il faut bien distinguer ces éminences papillaires des saillies formées par les follicules sébacés et les follicules pileux, saillies très variables suivant les individus et qui apparaissent à leur maximum de développement dans le phénomène connu sous le nom de chair de poule.
(1) Ieones oryanorum stnsmim^ fascic, 2,
Surface adhérente de la peau.
Tandis que la peau des mammifères est doublée dans la plus grande partie de son étendue, par une couche musculaire destinée à la mouvoir, peaucier, pannicule charnu, celle de l'homme n'en présente que des vestiges, tels que le peaucier du cou, le palmaire cutané.
Lespeauciers Les peauciers de l'homme sont concentrés à la face. Il suit I0IîaCfacee!chez de là que, chez les animaux , les passions peuvent s'exprimer rhomme. par ioule ja surface du corps, au lieu que chez l'homme leur expression est bornée à la face. Vainement a-t-on prétendu que le phénomène connu sous le nom de chair de poule, espèce de' corru galion de la peau, qui rend saillants, en les repoussant à l'extérieur, les bulbes des poils et les follicules sébacés., témoignait de la présence d'une couche de fibres musculaires sous ce tégument. L'examen le plus attentif n'a rien fait découvrir de semblable ; on n'y trouve pas même ce tissu dartoïde qu'on rencontre partout où il est besoin de mouvements toniques indépendants de la volonté.
Sous la peau de l'homme, on voit une couche plus ou moins Pannicuie considérable de tissu adipeux, pamiicule graisseux, lequel est contenu dans les mailles fibreuses qui se détachent du derme et qui tantôt vont s'implanter aux aponévroses d'enveloppe, auquel cas la peau est dite adhérente ; tantôt s'épanouissent en une membrane aponévrolique très mince, appelée fascia su- -perficialis, et alors la peau est mobile. La quantité de tissu adipeux sous-cutané, l'adhérence ou la mobilité de la peau, sont dans un rapport constant et nécessaire avec les fonctions que doit remplir telle ou telle région. Ainsi, abondant à la paume de la main et à la plante des pieds , où il forme un coussinet graisseux, le tissu adipeux est nul aux paupières et à la verge, etc.
viâ1esrsousSycu- Lorsque la peau qui avoisine une surface osseuse doit être à tanées. ja f0}s et tr£s mot>ïle et exposée à des frottements habituels,
on trouve au dessous d'elle des espèces de bourses ou capsules
graisseux.
synoviales, dont les unes sont congénitales et entrent dans le plan primitif de l'organisation, et dont les autres sont accidentelles et le résultat du frottement.
On doit considérer le tissu adipeux sous-cutané comme une Le tissu adi-
. • j . peux pénètre la
dépendance, et même comme une partie constituante de la peau. peau ; car il est impossible de l'en isoler complètement. Le tissu adipeux pénètre en effet les espaces aréolaires du derme, qu'il remplit entièrement.
C'est par sa face adhérente, et plus particulièrement par ses c'est par sa
, . . .. , . , face adhérente
aréoles, que la peau reçoit et émet ses vaisseaux, et que les queiapeaurenerfs la pénètrent : aussi, toutes les fois que la peau est décol- seauxsebetVdîls lée dans une certaine étendue, ou bien elle tombe en gangrène, ou bien l'énergie des phénomènes vitaux y est tellement altérée, qu elle ne saurait suffire au travail de la cicatrisation. On ne se fait peut-être pas généralement une idée exacte de l'énorme quantité de nerfs et de vaisseaux artériels que reçoitlapeau,du grand nombre de veines, et de vaisseaux lymphatiques qui en émanent. Son importance dans l'état physiologique et dans l'état pathologique est suffisamment expliquée par cette circonstance de structure.