‹ Traité d'anatomie descriptive (volume 4)Chapitre 3 sur 136 · STRUCTURE DE LA PEAU · texte numérisé non relu

STRUCTURE DE LA PEAU

La peau est essentiellement constituée par deux couches , Parties conl'une profonde, c'est le derme ou chorion, dont les papilles ou peau!mes de la corps papillaire sont une dépendance; l'autre superficielle, c'est Ye'piderme, auquel je rattache le corps muqueux de Malpighi et les ongles. Entre ces deux couches se voient en procédant du dedans au dehors.

1° Le réseau lymphatique ; - 2° La matière colorante, ou pigmentum.

Comme annexes de la peau, nous trouvons les follicules sébacés, les follicules pileux, les glandes et vaisseaux sudatoires.

Enfin , !a peau reçoit un très graad nombre de nerfs et d'ar-

tères ; elle émet un nombre non moins considérable de veines et de vaisseaux lymphatiques.

Nous allons étudier successivement ces diverses parties.

Derme ou chorion.

Le derme est Le derme ou chorion est la partie fondamentale , la charla peau^CDte de pente de la peau : c'est lui qui en détermine la résistance , l'extensibilité et l'élasticité. Si on conçoit la peau comme formée de plusieurs couches superposées , c'est le derme qui constitue la couche la plus profonde.

son épaisseur U épaisseur du derme, variable suivant les régions, est tou-

est variable sui- * , . ° .

vamies régions, jours en rapport avec les usages de résistance quil doit remplir. Ainsi, au crâne, il offre une très grande épaisseur et une très grande densité ; à la face, son épaisseur est généralement moindre qu'au crâne, mais variable dans les diverses régions. Comparez la densité et l'épaisseur de la peau des lèvres à la ténuité et à la délicatesse de celle des paupières. Au tronc, il offre en arrière une épaisseur presque double de celle qu'il présente en avant. Dans ce dernier sens, la finesse de la peau de la verge, du scrotum et de la mamelle, eslbien plus grande que celle des autres parties. Aux membres, l'épaisseur du chorion, clans les surfaces qui sont dirigées vers la ligne médiane, ou dans le sens de la flexion , est beaucoup moindre que dans les parties situées dans le sens de l'extension, lesquelles sont plus exposées à l'action des corps extérieurs. A la paume de la main et à la plante des pieds, qui sont sans cesse en contact avec les corps extérieurs, le derme a une épaisseur très considérable. Suivant les L'épaisseur du chorion varie suivant les individus, suivant

âges.

le sexe, suivant l'âge et suivant les professions. Chez le vieillard, le derme participe à l'atrophie des autres tissus ; il devient tellement mince qu'il acquiert une sorte de translucidité , et permet d'entrevoir dans certaines régions l'aspect nacré des tendons, et la couleur rougeâtre des muscles (1).

(1) Toutefois dans ceLte appréciation de l'épaisseur du derme, il faut avoir

DE LA PEAU. y

On considère au chorion une face profonde et une face epidermique ou papillaire.

La face profonde, qu'il est impossible d'isoler complètement du tissu adipeux sous-cutané, présente une foule ^alvéoles ou .qà^i" "££ d'espaces coniques dont la base répond à la couche adipeuse , m«. et dont le sommet est dirigé du côté de la surface libre de la peau, et percé d'ouvertures très fines. Ces alvéoles fibreuses, qu'on trouve à leur maximum de développement à la plante du pied et à la paume de la main, sont remplies de prolongements ou de paquets adipeux conoïdes, dont l'inflammation constitue le furoncle, et dont la gangrène constitue le bourbillon. C'est dans ces mêmes alvéoles coniques que sont reçus les vaisseaux et les nerfs de la peau.

Examiné dans sa structure, le derme est constitué par un , structure du

' r derme.

tissu fibreux extrêmement résistant, d'un blanc mat, beaucoup moins nacré que celui des tendons et des aponévroses , tissu fibreux disposé en faisceaux entrecroisés qui interceptent par leur entrecroisement les espaces coniques indiqués. Ce tissu fibreux est à peine extensible, à peine élastique ; en sorte que la peau doit l'extensibilité et l'élasticité dont elle est douée, non pas à la nature du tissu du derme, mais à l'arrangement de ses fibres (1). Car s'il est une extensibilité et une élasticité qui dérivent de la nature même des tissus , exemple, la gomme élastique, il est une extensibilité et une élasticité qui dérivent de l'arrangement même des tissus, exemple, le fil de laiton roulé en spirale. Or, l'extensibilité et l'élasticité de la peau appartiennent à cette dernière catégorie, et sont la conséquence d'un déplacement de fibres plutôt que d'un allongement et d'un raccourcissement de ces mêmes fibres.

égard aux différences que présente l'épaisseur de l'épiderme correspondant, différences dont on n'a pas toujours tenu compte.

(1) Comme le tissu fibreux, le tissu du derme se résout en gélatine par la coctioo, Il acquiert une grande épaisseur et une grande résistance par le procédé du tannage, qui le convertit en cuir,

Papilles ou corps papillaire.

Des papilles r De la surface épidermique du derme s'élèvent une multitude de petites éminences , tantôt linéairement disposées , comme à la paume de la main et à la plante du pied , tantôt irrégulièrement disséminées à la surface de la peau. Ces éminences se nomment papilles ; leur réunion constitue le corps

De leur forme papillaire. Pour en avoir une bonne idée, il faut étudier la coupe d'une portion de peau appartenant à la paume de la main ou à la plante du pied ; cette coupe devra être perpendiculaire aux séries linéaires des papilles : on voit alors le derme hérissé de petites saillies conoïdes, à base appuyée sur le derme, qui s'enfoucent dans l'épaisseur de l'épiderme, lequel se distingue des papilles par sa transparence et par son aspect corné. Ces papilles qui font corps avec le derme dont elles ne peuvent être séparées par aucun procédé analomique, apparaissent mieux encore sur la peau dépouillée de son épiderme par la macération , et étudiée à la loupe sous une couche mince de liquide. Les papilles de la peau des mains et de la plante des pieds sont disposées par paires , et nous verrons que chaque paire est reçue dans la même gaîne épidermique.

La structure Quelle est la structure des papilles (1) ? L'anatomie micro-

des papiiles est . , , , , ', .,

peu connue, scopique n a pas encore répondu a celte question d une manière satisfaisante. Tout ce que nous savons , c'est que la papille cutanée est demi-transparente, molle, comme spongieuse; que c'est à elle qu'aboutissent tous les nerfs cutanés , à sa surface et dans son épaisseur que se ramifient les vaisseaux

(1) On ne saurait révoquer en doute l'analogie qui existe entre les papilles de la peau et les papilles linguales, et même les papilles intestinales. Bien que nous ignorions ce qu'il y a d'intime dans cette structure , il nous suffit de savoir que les papilles sont constituées par une sorte de tissu spongieux érectile où aboutissent des nerfs et des vaisseaux. On suit par la dissection les filets nerveux jusqu'au fond des alvéoles du derme. Plusieurs anatomistes disent avoir vu les nerfs s'épanouir en pinceau dans la papille elle-même ; d'autres assurent, mais sans en fournir la démonstration, que la papille est essentiellement nerveuse.

artériels et veineux de la peau , et que toute sa surface est revêtue par le réseau lymphatique comme par une lame argentée.

Relativement aux nerfs des papilles , on remarque que le on ignore ie nombre et le volume des nerfs cutanés sont en raison directe Maison des^erfs du développement du corps papillaire, d'où l'énorme quantité ieas"s es papi " des nerfs de la paume de la main et de la plante du pied. On suit les filets nerveux jusque dans les alvéoles du derme, jusqu'au fond de ces alvéoles , jusqu'à la base de la papille ; mais leur mode de terminaison, dans l'épaisseur même de la papille, ne nous a pas encore été révélé par le microscope.

Relativement aux vaisseaux artériels et veineux, pour les injection des démontrer, il faut pousser des injections très fines dans l'ar- pScasuxdeces 1ère principale d'un membre, après avoir intercepté par une ligature fortement serrée toute communication entre celte partie et le centre de l'arbre circulatoire. L'injection passe des artères dans les veines, et par conséquent le système capillaire sanguin est entièrement pénétré.

L'essence de térébenthine , le vernis à l'alcool coloré de vermillon , le mercure, se prêtent parfaitement à cette injection. Lorsque ces injections ont bien réussi, les papilles sont entièrement recouvertes d'anses vasculaires, et leur tissu est entièrement pénétré par la matière à injection. On dirait d'un tissu érectile. Il est d'ailleurs facile de reconnaître que , de même que pour les nerfs, le développement des artères et des veines , qui appartiennent à la peau , est en raison directe du développement du corps papillaire.

C'est aux papilles que la peau doit la sensibilité exquise dont elle est douée.

De l'épiderme et du corps muqueux de Malpighi.

Uépiderme ( cuticule) est la couche la plus superficielle de L'épiderme la peau, la surpeau, suivant une expression vulgaire : c'est ecfv^ lameUe une lamelle demi-transparente , cornée , dépourvue de toute sensibilité, qui se moule sur la surface papillaire du derme

à la manière d'un vernis , et garantit la papille , organe essentiel de la sensibilité tactile , contre l'impression trop vive des corps extérieurs.

Nous distinguerons àl'épiderme une surface externe et une surface interne.

surrace libre Surface externe. La surface externe de 1 épidémie n'est epi urme. aulre cj10se qUe la surface libre de la peau, et présente en conséquence :

1° Les plis et sillons déjà décrits ;

2° Les trous ou pores dont les uns sont destinés au passage des poils, les autres sont les orifices des follicules cutanés, d'autres enfin les orifices des vaisseaux sudaloires. Nous verrons, à l'occasion de ces diverses parties, de quelle manière l'épidémie se comporte à leur égard, surface interne Surface interne. Par sa face interne, l'épidémie adhère in-

ou papillaire. ,

timement a la surface papillaire du derme ; mais cette adhérence est vaincue sur le vivant par l'insolation , un érysipèle, .par l'action d'un vésicaloire, en un mot par toute inflammation érylhémateuse de la peau , et sur le cadavre par la macération.

Si, sur un fragment de peau macérée, on examine avec attention la surface profonde de l'épidémie (et l'épidémie de la paume des mains et de la plante des pieds se prête admirablement à cet examen), on voit que cette surface profonde est inégale, comme chagrinée; et si on l'étudié avec une forte loupe, on voit qu'elle est creusée d'une multitude innombrable de fosdcs alvéoles settes ou d'alvéoles, dans lesquelles sont reçues, comme dans un

et des tubes pa- l *

piiiaires de ré- moule, les papilles de la peau. Le grand développement des papilles de la paume de la main et de la plante des pieds , donne aux fossettes ou alvéoles correspondantes de l'épiderme , l'aspect de tubes ou d'étuis cornés (1) , disposition qu'on voit

(1) J'ai tu celte disposition à son maximum de développement dans la peau qui revêt la face inférieure de la palle de Tours : les tubes épiderm iques, unis entre eux à l'aide d'une matière glutineuse, pouvaient se séparer avec la plus grande facilité. (Voy. Anat, patk, 2e livr. 1829.)

parfaintemet , soit en coupant l'épiderme perpendiculairement à la surface de la peau , soit en séparant ces tubes par ia lacération. Le plus souvent deux papilles sont réunies dans le même tube épidermique, disposition qui a été parfaitement figurée oar M. Arnold, papillœ geminœ quœ uni eminentiœ in exteriori cutis parte respondent (tab. undec. fig. W), Dans l'intervalle de ces séries linéaires de fossettes ou d'al- Prolongements

... . , . , épidermiques en

véoleSj l'épiderme présente des saillies linéaires qui repondent forme de pi-

„ ... , „ , . quants.

aux dépressions de la surface libre , et entre les fossettes de la même série , des espèces de piquants sensibles au doigt qui reconnaît des rugosités, sensibles à l'œil nu et surtoutàl'œil armé d'une loupe. Ces espèces de piquants ne sont autre chose que des prolongements épidermiques lubulés , qui s'enfoncent dans les orifices des petits conduits qui viennent s'ouvrir à la surface de l'épiderme.

Si on examine la surface interne de l'épiderme appartenant à des régions autres que la paume des mains et la plante des pieds, on voit que les alvéoles papillaires, beaucoup moins profondes, sont irrégulièrement disposés comme les papilles, et réunis en groupes inégaux, séparés par des lignes saillantes, irrégulières, quelquefois rameuses, qui ne sont autre chose que des plis de l'épiderme répondant aux sillons de la surface externe.

Si on étudie, sous une couche d'eau limpide, l'épiderme se- Prolongements paré du derme , et si on agite l'eau , on voit se détacher de la su/uT aux"sp?surface interne de l'épiderme, et flotter dans l'eau une mulli- miques. epider" tude de prolongements chevelus, mous, extrêmement déliés, ayant plusieurs lignes de longueur, et faisant suite aux piquants épidermiques, dont ils diffèrent essentiellement par leur mollesse et leur ténuité.

En quoi consistent ces prolongements? Sont-ce des prolongements épidermiques dans les aréoles du derme , comme le dit Cruikshank? Sont-ce de simples tractus muqueux qui se forment par l'allongement de ia substance muqueuse intermédiaire au derme ou à l'épiderme, comme le dit Béclard? Ces fila-

\k ORGANES DES SENS.

inefits sont-ils canaliculés et doivent-ils être considérés comme

les vaisseaux sudorifères de Bidloo, ou les vaisseaux sudatoires

d'Eiehorn, qui leur attribue la faculté exhalante et absorbante

tout à la fois?

Opinions di- Touiours est-il que ces filaments déliés pénètrent dans reverses sur ces ° prolongements rjaisseur du derme , ainsi qu'on peut s'en assurer en écartant ,

epidermiques. r , ,

sur un fragment de peau macéré , 1 épidémie du corps de la peau. On voit alors une multitude innombrable de Glamenls très déliés sortir de l'épaisseur du derme et susceptibles d acs quérir plusieurs lignes de longueur avant de se déchirer.

Je suis porté à penser que ces filaments ne sont autre chose que des prolongements epidermiques canaliculés destinés aux vaisseaux sudatoires.

Structure de l'épiderme.

L'épiderme De ce qui précède, il résulte que l'épiderme forme une pelli-

formeunernem- ,••.'■'

brane continue, cule continue, pins ou moins épaisse, suivant les régions, qui

se moule sur la surface papillaire du derme, dont il traduit au

sa division en dehors toutes les inégalités. On pourrait rationnellement consi-

est purement dérer l'épiderme comme composé de deux couches : la couche

rationnelle. , .

profonde, papillaire ou alvéolaire, que constituerait cette portion d'épiderme qui est creusée de fossettes ou d'alvéoles pour recevoir les papilles, et la couche superficielle, qui, bien qu'elle se moule sur la précédente, formerait un tout continu. Ces deux couches seraient matériellement distinctes d'après M. le professeur Flourens, qui est parvenu à les séparer par une macération méthodique (1).

Or, la couche profonde ou alvéolaire de l'épiderme plus molle, plus transparente peut-être que la couche superficielle, se résolvant plus promptement qu'elle par la coction en matière

(1) ânat. générale de la peau et des membranes muqueuses, Paris, 1843. « Il y a , dit M. Flourens , même dans la peau de l'homme de la race blanche, « deux épidermes, l'épiderme extérieur ou l'épiderme proprement dit, et le se- « cond épiderme, l'épiderme interne, l'épidermeplacé entre l'épiderme exlé- « rienr et le derme.

eélatini forme, n'est aulre chose que le corps muqueux ou re'li- Le corpsmus 7 ^ •» \ iueux ue Ma'-

culaire de Malpiqhi (corpus reliculosum seu cnbrosum), pjghi n'est autre

r J ' x chose que la

corns réticulaire que l'on a considéré comme une membrane a couche profonde

de i'cuifiitriiic

part, blanche chez les blancs, colorée chez les hommes de couleur, intermédiaire au corps papillaire et à l'épiderme dont elle serait parfaitement distincte. Non seulement on a admis l'exis- . tence de cette membrane, mais encore on a cru y reconnaître plusieurs couches ; et les h couches décrites par Gauthier dans sa thèse inaugurale et admises, pendant une trentaine d'années, par le plus grand nombre des anatomisles, sont un des exemples les plus frappants de l'illusion des sens et de la facilité avec laquelle certaines erreurs anatomiques, présentées avec talent et adoptées sur parole et sans examen, prennent droit de cité dans les sciences. Evidemment, les couches que Gauthier rapporte au corps muqueux de Malpighi ont été empruntées, les unes à l'épiderme, les autres au pigmentum, aux vaisseaux sanguins et aux papilles (1).

Toujours est-il que la couche alvéolaire ou aréolaire de

(1) L'histoire du corps muqueux ou corps réticulaire de Malpighi est curieuse. Malpighi appelle reticulum, et depuis ce grand anatomiste, oirdésigne sous le nom de corps muqueux, corps réticulaire, une couche gélatiniforme que l'on considère comme une espèce de mucus concret, sous-épidermique, pénétré par les papilles, qui lui donnent l'aspect d'un réseau. Cette espèce d'enduit non vivant que Malpighi avait d'abord démontré sous l'épiderme de la langue soumise à la coction, et qu'il transporta ensuite à la peau, est si peu suscep hle d'être démontrée, que les auteurs qui l'ont suivi ont été obligés, pour maintenir le corps muqueux, de le détourner de son acception primitive.

Ainsi, Haller et plusieurs auteurs qu'il cite, regardent-ils le corps muqueux comme une lame profonde de l'épiderme, que les uns confondent avec le pigmentum, à l'exemple de Malpighi, et que les autres en distinguent : id vero quod dicitur reticulum pro interiori lamina epidermidis liabent (Haller).

Bichat appelle corps réticulaire un lacis de vaisseaux extrêmement déliés, un système capillaire, formant avec les papilles une couche intermédiaire au choiion et à l'épiderme, système capillaire dans lequel il admettait une partie destinée au sang, et une partie destinée à la matière colorante.

Gauthier, en étudiant la peau du talon [du nègre, a reconnu dans le corps

1'épiderme est essentiellement distincte de la couche de matière colorante ou pigmentum qui est située au dessous d'elle. La couche al- Car si la couche profonde épidermique était colorée chez les Jfdêîîne S es" nègres , ainsi que le disent un grand nombre d'anatomisles, dSctedu-pU- elle devrait l'êire à toutes les périodes de son existence; or, mentum. ^ ^ suite de l'usure lente et progressive, mais incontestable, de la couche superficielle de l'épiderme , arrive un moment où la couche profonde devient superficielle ; or , chez le nègre, personne ne conteste que la couche superficielle de l'épiderme ne soit aussi complètement décolorée que chez le blanc. On invoque la macération pour établir la coloration de la couche profonde de l'épiderme ; mais si, dans une macération incomplète , la matière colorante s'enlève en même temps que l'épiderme, une macération plus complète permet de voir que la matière colorante n'était qu'appliquée à la face profonde de l'épiderme et qu'il n'y avait pas pénétration.

L'épiderme est il formé d'écaillés imbriquées à la manière des poissons? L'observation est en opposition avec cette idée préconçue qui n'a pu être suggérée que par un des modes de

muqueux quatre couches distinctes, à chacune desquelles il a donné un nom et qui sont ainsi superposées en dedans et en dehors : 1° les bourgeons sanguins, qui surmontent les papilles et font corps avec elles ; 2° la eouche albide profonde , qui serait composée de vaisseaux séreux et qui se moulerait en quelque sorte sur les bourgeons sanguins et sur les papilles; 3° les gemmules, espèce de membrane colorée, excavée à sa face interne, qui n'est séparée des bourgeons sanguins et des papilles que par la couche albide profonde ; 4° la couche albide superficielle, qu'il regarde comme formée de vaisseaux séreux de la même manière que la couche albide profonde. Plus en dehors, serait l'épiderme.

Se fondant sur l'étude de la peau chez les quadrupèdes, M. Dulrochet admet les couches de Gauthier, sauf les bourgeons sanguins, qu'il regarde avec raison comme faisant partie constituante des papilles : il appelle membrane épidermique, la couche albide profonde de Gauthier, couche colorée les gemmules, couche cornée la membrane albide superficielle.

Enfin, Gall, préoccupé par ses idées sur la substance grise du cerveau, a considéré le corps muqueux comme une couche de substance nerveuse grise, tout à fait semblable à la substance grise du cerveau et des ganglions nerveux.

séparation de l'épiderme, soi!, spontanément , soit à la suite de L'épiderme

„,..,, i i i- if. ii- n'est pas formé

maladies. Mais si 1 un de ces modes a lieu sous la tonne de la- d'écaiiies ïm-

bricr liées*

rineou d'écaillés, d'autres modes consistent dans des lames plus ou moins considérables qui attestent la continuité de la membrane épidermique dans l'espèce humaine (1).

L'épiderme est-il organisé ?

L'épiderme est un produit de sécrétion solidifié, qui se dé- L'épiderme

,. i . x n'es' pas oiga-

truit incessamment par sa surface externe, et se reproduit a nisé. mesure par sa surface profonde; c'est une lame cornée, plus ou moins épaisse, transparente, très hygrométrique, dont les altérations sont le résultat, non d'une vitalité propre, mais d'un état morbide des parties vivantes de la peau dont il paraît être le produit.

L'épiderme n'est donc point organisé, comme le pensaient n est ininjec-

tctble

Délia Torre, Fonlana et Mascagni, qui le considéraient comme un réseau lymphatique; mais ainsi que l'a parfaitement démontré Panizza (1), le réseau lymphatique est toujours sous-jacent à l'épiderme, et la macération permet toujours de séparer l'épidermedeceréseauîymphatique.J'ai, àl'exemple de Panizza, essayé d'injecter l'épiderme de la paume des mains et de la plante des pieds et des autres parties du corps, sans avoir pu y découvrir

(1) Les études microscopiques semblent favorables à l'idée que l'épiderme a une structure écailleuse ; mais ces écailles microscopiques sont toute autre chose que les écailles visibles à l'œil nu, admises par les observateurs.

Leeuwenhoeck, dont tous les travaux microscopiques portent le cachet de l'observation la plus rigoureuse , avait dit que l'épiderme était formé d'écaillés juxta posées, analogues aux écailles des poissons, écailles qui sont repoussées de l'économie au bout d'un certain temps : ces écailles microscopiques sont si petites, dit-il, qu'un grain de sable pourrait en couvrir deux cents au moins.

M. Henle, dans son travail sur l'épilhélium {Encyclopédie anatomique, t. VI), a montré que l'épiderme doit son origine à des cellules à noyau, lesquelles s'aplatissent à mesure qu'elles deviennent plus superficielles, si bien que, dans la couche la plus extérieure de l'épiderme, la cellule est transformée en une lamelle plus ou moins régulièrement hexagone et constitue une écaille épidermique.

(1) Osservazion antropo-zootomico-phisiologiche, i 830, page 83.

un seul vaisseau. Quant à l'opinion qui établit qu'il entre dans la composition de l'épidémie des vaisseaux, sanguins artériels et veineux, elle est tellement en opposition avec les résultats de l'observation qu'elle n'a pas besoin d'être réfutée (1). Existe-t-u un Relativement à l'organede sécrétion de l'épiderme, MM. Bres-

apcareil de se*- ° A

crétionpeuri'é- ciiei et Roussel de Vauzeme (2) admettent pour cette sécrétion,

piderme? ^ r '

sous le nom tf appareil blennogène, de petites glandes rougeâtres

situées au centre de petites vésicules adipeuses sous-cutanées ;

d'après ces observateurs, du sommet de ces petites glandes part

un canal excréteur qui traverse le derme pour s'ouvrir dans le

fond du sillon qu'on remarque à sa face externe. Il ne m'a pas

encore été donné de constater celte disposition, qui, si elle était

confirmée, ferait cesser l'incertitude qui règne sur la manière

dont l'épiderme se forme et se reproduit.

Des ongles.

Les ongles Les ongles sont une dépendance de l'épiderme, sous le rap-

sontunedépen» . .

dance de l'épi- port anatomique et physiologique, non moins que sous le rap-

derme. , . . . . . .' , , , .

port de la composition chimique . les ongles sont une secreuon épidermique, un épiderme renforcé, condensé ; ce n'est pas un poil ou une agglomération de poils ; car il n'y a pas pour l'ongle de follicule producteur, lames cornées?S ^es on9^es &e l'homme sont des écailles dures, et néanmoins flexibles et élastiques, demi-transparentes, et ayant l'aspect d'une lame de corne; ils occupent la face dorsale de la dernière phalange, appelée pour cette raison phalange unguéale, et

(1) La théorie cellulaire des rnicrographes modernes, d'après laquelle la vie et l'organisation ne seraient pas liées nécessairement à la vascularité, tend à modiGer ce que je viens de dire sur la non vitalité de l'épiderme, dont les cellules microscopiques subissent des modifications qui, suivant M. Henle, ne peu-

' vent s'expliquer que par une action vitale, et nullement par des influenp.es physiques ou mécaniques. Quant à nous, nous n'admettrons la vie que là où nous Terrons d'une part, des phénomènes de nutrition, et d'une autre part, des phénomènes morbides spontanés ou provoqués par des agents extérieurs.

(2) Recherches sur la structure de la peau, 1835.

paraissent bien plutôt destinés à servir de soutien et de protec- Les ongles

, sont chez l'hom-

tion à la pulpe des doigts, que de moyens d attaque, de de- me à l'état de

V6SlΣT6

fense ou de préhension. Aussi l'homme civilisé coupe- t-il la partie de l'ongle qui dépasse le bout du doigt. Assez d'armes offensives et défensivescrééespar son intelligence armeront sa main, pour qu'il puisse faire le sacrifice de cette arme naturelle, qui d'ailleurs n'est, chez lui, qu'à l'état de vestige, et dont le développement pourrait nuire à la perfection du tact.

Nous verrons également à l'article des poils, que les productions pileuses qui couvrent la surface du corps de l'homme, sont plutôt chez lui un ornement qu'une protection, en sorte que de tous les animaux soumis aux mêmes influences atmosphériques, l'homme est celui dont les productions pileuses et cornées sont au minimum de développement ; ses vêtements suppléent au pelage dont la nature a été si prodigue pour les animaux.

Le caractère propre de l'ongle humain, c'est de ne recou- Caracterepro-

•'■,'■•' pre de l'ongle

vrir que la face dorsale de la dernière phalange des doigts , et humain, de présenter une largeur considérable, qui est en proportion avec l'espèce de fer à cheval que figure cette même phalange. II résulte de cette disposition que la pulpe digitale tout entière est employée au toucher (1),

On distingue dans l'ongle une racine, un corps et une partie libre : la racine est cette partie de l'ongle qui est comme implantée dans la peau, qui la recouvre par ses deux faces ; le

(1) Le sabot, dont le cheval offre un type très complet, n'est autre chose qu'un ongle qui enveloppe de toutes parts les phalanges unguéales réunies, à la manière du sabot de bois qui nous sert de chaussure ; la griffe du carnassier est un ongle qui recouvre les deux tiers de la phalange unguéale effilée, un ongle dont les deux moitiés sont appliquées l'une contre l'autre, et qui se termine par un crochet pointu. L'ongle proprement dit n'appartient qu'à l'homme et au singe, et encore chez ce dernier, l'ongle se rapproche-t-il de la griffe. La distinction des mammifères en ongulés et en unguiculés est extrêmement naturelle, et se trouve en quelque sorte représentée dans tous les autres systèmes d'organes par des différences corrélatives et constantes, (V. Anatamie comparée de M. de Blainville.)

corps est cette partie de l'ongle qui est libre par unede ses faces ; la partie libre est celle qui déborde en avant la phalange , et qui tend à se re- courber en crochet , lorsqu'elle est abandonnée à son accroissement naturel.

Pour avoir une bonne idée de la disposition de l'ongle, il faut

sur un cadavre soumettre à une coupe verticale antéro-posté-

rieure la phalange unguéale du pouce ou celle du gros orteil.

Disposition de On voit alors,l° que la racine de l'ongle forme le quart environ

a racine et du , j y , • . , .,

corps de ronfle, de la longueur du corps de 1 ongle; 2 que celle racine est d ailleurs la partie la moins épaisse de l'ongle; que son épaisseur diminue àmesure qu'on approche desonbordpostérieur,qui est légèrement dentelé, et qu'elle augmente à mesure qu'on s'approche du corps de l'ongle ; 3° qu'elle est flexible et reçue dans un repli de la peau, auquel elle adhère par ses deux faces ; 4° que le bord postérieur et la face inférieure de la racine sont si peu adhérentsàla peau qu'on dirait qu'ilya simple contiguïté; 5°que la face supérieure de la racine, bien qu'elle soit plus adhérente à la peau que la face inférieure, l'est beaucoup moins intimement que le corps de l'ongle , pour l'avulsion duquel on est obligé d'user d'une grande violence; 6° qu'un derme très épais sépare l'ongle de la phalange ; que ce derme est blanc au niveau de la racine ; que la couleur blanche se prolonge même uii peu au delà de cette racine , sous la forme d'une lâche blanche semi-lunaire, visible à travers la transparence de l'ongle, Extrême vas- qu'on appelle lunule ; que le derme, ou plutôt le corps capil -

culariié de la . . . , , , ,, , . , .

peau subjacente laire qui repond au corps de 1 ongle, est extrêmement vasculaire, aucorps on- ^>ou ja couieur rosée de l'ongle, lequel, à raison de sa demitransparence, permet d'apercevoir la couleur de lapeausubjacente, circonstance qui n'est pas à dédaigner en séméiotique. connexions Un des points les plus importants dans l'étude de l'ongle,

de la peau avec , ,

l'ongle. c est la détermination de ses connexions avec le derme. Le re-

pli de la peau, qu'on appelle matrice de l'ongle, est formé de la manière suivante. La peau des doigts se prolonge sur la face dorsale de l'ongle; arrivée au niveau du bord parabolique, qui limite en arrière le corps de l'ongle, elle se réfléchit d'à-

vant en arrière, en s'adossant à elie «même, jusqu'au niveau du bord postérieur de cette production cornée. Là, elle se réfléchit de nouveau sur elle-même, d'arrière en avant, en passant derrière le bord postérieur de l'ongle, entre sa face inférieure et la face dorsale de la phalange. Il suit de cette double réflexion que la peau répond toujours à l'ongle par sa face épidermique. Arrivée à l'extrémité antérieure de la phalange , le derme qui a revêtu la face unguéale de la phalange , retrouve, en quelque sorte, l'épiderme au défaut de l'ongle, et se continue avec le derme de la pulpe des doigts.

Qu'est devenu l'épiderme au moment de la première ré- Manière dorn flexion de la peau? Il s'est prolongé un peu au-devant de la JiderawpwraJ" ligne parabolique de réflexion du derme, et forme une espèce port a ons e* de zone ou de bandelette semi-circulaire, qui se termine par un bord bien net, et qui adhère intimement à l'ongle. Les auteurs ne s'accordent pas sur la disposition ultérieure de l'épiderme. Les uns pensent que si le prolongement épidermique ne se continue pas sur la face libre de l'ongle, c'est uniquement parce qu'il y est détruit parles frottements, sans s'inquiéter de l'objection déduite de la régularité accoutumée du rebord épidermique ; les autres pensent que l'épiderme se réfléchit d'avant en arrière comme le derme ; mais ils n'exposent pas de la même manière son trajet ultérieur : les uns veulent , avec Bichat,que l'épiderme se continue avec le bord postérieur de l'ongle; les autres veulent qu'il se réfléchisse de nouveau sur lui-même d'arrière en avant, comme le derme, qu'il n'abandonnerait jamais dans celle hypothèse.

Une préparation bien simple établit de la manière la plus Modedecon-

... , ..,,,,,., . ,, linuité de l'épi—

positive les rapports de continuité delepiderme et de Ion- derme et de

, 11 • . « * • ' j • ; tv .a. V» »' ■ l'ongle démon-

gle: elle consiste a faire macérer un doigt. Bientôt 1 epi- tré pat la mace-

ration

derme et 1 ongle se détacheront en même temps, et on obtiendra une gaine épidermique et cornée, dans laquelle on voit l'épiderme se réfléchir d'avant en arrière sur la surface dorsale de la racine de l'ongle, en se confondant avec lui sans jamais dépasser son bord postérieur, tandis qu'en avant,

aux limites du corps et de la portion libre de l'ongle, ce même

épiderme se continue manifestement avec la couche la plus

profonde de la lame cornée ; en sorle que l'identité de nature

entre l'ongle et l'épiderme ne saurait être révoquée en doute.

L'ongle pré- Structure de tonale et développement. Si on examine les sente deux ordres de stries : deux faces de 1 ongle et surtout sa face profonde et son bord

postérieur, on remarque qii'elles sont parcourues par des stries

ou lignes longitudinales très manifestes, qui semblent indiquer

i° Des stries une texture linéaire. Il semblerait donc que l'ongle fût le ré-

longitudinales ;

sultat de 1 agglutination en lames de fibres dirigées suivant sa longueur ; mais si on examine attentivement la surface libre de l'ongle, on voit qu'indépendamment de ces stries longitudinales, cette surface est parcourue par des stries curvilignes tra2nsTCrsSaiesr.'eS perpendiculaires aux stries longitudinales. Ces stries curvilignes deviennent surlout apparentes, dans le cas assez fréquent où l'ongle du gros orteil, extrêmement volumineux, se recourbe en spirale, à la manière d'une corne, du côté de la face plantaire de la phalange : on voit alors que l'ongle est constitué par des lames imbriquées, emboîiées à la manière des diverses cou- Décomposition ches que présente la corne d'un animal. On peut même, à l'aide

de I ongle en ^ r r '

une série de la- de la macération, séparer ces diverses lames, emboîiées à la

mes emboîtées. ' r

manière de demi-cornets d'oubliés, dont la plus profonde est la dernière qui ait été sécrétée. Le développement des ongles se fait donc par un mécanisme très analogue à celui que nous avons indiqué pour les dents (voyez t. I, page 570) (1).

(d) J'ai étudié les cornes du bélier, dans le but d'en faire quelques applications à l'ongle humain. J'ai vu que ces cornes étaient supportées par une protubérance osseuse creusée d'une cavité qui communique avec le sinus frontal correspondant. Cette cavité est tapissée par une membrane muqueuse, épaisse, molle, très vasculaire, très adhérenle à l'os, dans l'épaisseur duquel elle envoie des prolongements. D'un autre côté, lechorion de la peau se prolonge sur la surface externe de la protubérance, et présente des séries linéaires de papilles parallèles dirigées suivant la longueur de cette protubérance. Ces papilles sont très vasculaires, et les vaisseaux sanguins visibles à l'oeil nu suivent la direction linéaire des papilles. C'est évidemment le chorion ou plutôt le corps papillaire

DE LA PEAU. 2ô

Les ongles sont donc, comme les cornes, comme l'épiderme, Les ongles

,.,,,. . , ., .... sont un produit

un produit de sécrétion non vivant; ils ne reçoivent ni vaisseaux de sécrétion non

vivant

ni nerfs; leurs altérations ne sont point des maladies inhérentes à l'ongle lui-même, mais sont la conséquence d'une lésion de l'organe formateur. Ce n'est pas seulement le repli dermique, connu sous le nom de matrice unguéale, qui est chargé de cette sécrétion, mais bien toute la surface papillaire du derme adhérente à l'ongle. Les papilles sont disposées en séries longitudinales : c'est donc suivant des lignes que la sécrétion de la matière de l'ongle est opérée (1).

L'ongle croît continuellement en longueur; il ne croît pas Accroissement sensiblement en épaisseur, à moins d'un état morbide. Les la- rôngie en ionnielles, qui. sont le plus anciennement sécrétées, sont les plus superficielles, et occupent l'extrémité libre, absolument, de la même manière que dans une dent la couche d'ivoire le plus anciennement formée est celle qui touche à l'émail.

Matière colorante de la peau ou pigmentum.

Les colorations diverses de la peau de l'homme peuvent se La matière rapporter à la couleur blanche, à la couleur noire et au rouge c°à°rexjls%dChéz de cuivre ; elles sontdues à la présence d'une matière colorante, leL blaPc coi'me

' r ' ches le nègre.

pigmentum, qui existe chez l'Européen comme chez le nègre, et qui est déposée sous l'épiderme.

Cette matière colorante ou pigmentum, peut être démontrée

modifié qui est l'organe sécréteur de la corne, laquelle est constituée par des fibres parallèles juxta posées et disposées en cornets emboîtés.

(l) La disposition du derme et du corps papillaire qui revêt la face dorsale de la phalange unguéale, est digne de fixer l'attention : ce derme et ce corps papillaire adhèrent intimement au périoste ,'et forment une couche grisâtre extrêmement dense, pénétrée de vaisseaux et de nerfs ; en sorte que si la disposition des nerfs dans la papille peut jamais être déterminée, ce sera certainement au niveau de l'ongle où la papille nerveuse est à son maximum de développement. Ce serait également sur la portion de peau qui revêt la face dorsale de la phalange un guéale, qu'on pourrait découvrir, s'ils existent, les organes spéciaux de la sécrétion épidermique.

sur la peau du nègre avec la plus grande facilité, à l'aide de la Lepigmenium macération. On voit alors qu'elle n'est point contenue dans des

cutané n'est pas . . >,. , • t.- , » ,.

contenu dans vaisseaux particuliers, comme le supposait Bichat, mais qu elle

des vaisseaux. ,, , „-, U , .'. . .

est déposée sous 1 epiderme, ou elle constitue une couche uniforme qui s'enlève ordinairement avec lui, qui reste quelquefois attachée au corps papillaire, mais qui est étrangère à l'un et à l'autre. L'épiderme, les papilles et le chorion ont absolument la Son identité même couleur chez le nègre et chez le blanc (1). Identique en

avec le pigmen- ,

tumchoroïdien. tous points au pigmentum choroïdien et a la matière colorante morbide de lamélanose, le pigmentum cutané, qui, examiné au microscope, présente en général la forme polyédrique, est formé de molécules d'une couleur noire ou plutôt brun-marron foncé, couleur de suie, iusolubles dans l'eau. Blumenbach avait conjecturé que cette matière noire n'était autre chose que du carbone ; plusieurs expériences chimiques avaient paru appuyer cette conjecture ; aujourd'hui on pense généralement qu'elle est formée par la matière colorante du sang. Chez l'Européen, la matière colorante nous échappe, parce qu'elle ne tranche pas sur la couleur de l'épiderme et du chorion ; mais sa présence chez les individus de la race blanche ne saurait être contestée. Rapportsen- La couleur delà peau, si intéressante pour le naturaliste et

tre la matière

colorante de la p0UI> je philosophe, et qui est un des caractères principaux des

peau etcelle des r ,

cheveux. racé's humaines, est en rapport assez constant avec la couleur des

cheveux : ainsi, les individus à cheveux blonds ont-ils généralement la peau plus blanche que les individus à cheveux noirs; ainsi, voit-on coïncider avec les cheveux rouges, des taches

(1) Je ne saurais assez le répéter, puisque cela est eonteslé, la coloration de la couche réticulée ou alvéolaire de l'épidémie est la même dans la race nègre et dans la race blanche. La couleur noire suivant les uns, grise suivant les autres, de cette couche profonde chez le nègre, tient évidemment à la présence d'une cerlaine quantité de pigmentum qui reste attachée à l'épiderme, mais qui n'an fait nullement partie. Les observations microscopiques de M. Henle {Encycl. anal., t. VI. p. 243), lui ont d'ailleurs appris que dans les parties où il est complètement dépourvu de pigmentum, l'épiderme du nègre ne diffère pas de celui du blanc.

cutanées plus ou moins analogues à cette coloration. Dans l'albinisme, il y a absence de matière colorante à la peau, comme aux cheveux, comme dans l'intérieur de l'œil. Du reste, des , „^lilr^„C0J?" nuances insensibles conduisent de la coloration blanche à la f,pJ"vee^ . c*>e*

i i^uropcBn dans

coloration noire : ainsi, sous l'épiderme de la peau d'un cer- l'?lat pbysioiotain nombre d'Européens, et particulièrement de la peau du scrotum, de la peau des grandes lèvres et même des petites lèvres ; sur la face basanée de certains individus qui avaient passé leur vie à l'ardeur du soleil, j'ai recueilli une matière colorante tout à fait semblable à celle des nègres. Il est une ma- Dansi'éiatpaladie qu'on a désignée sous le nom d'ictère noir, d'ictère cui- lholo&,(iuevreux, dans laquelle la peau des blancs devient tantôt noire, tantôt olivâtre ; une irritation chronique superficielle déterminée par des vésicatoires, par une dartre, par le voisinage d'une plaie, amène aussi parfois une coloration noire aussi prononcée que chez le nègre. La peau des jambes, au voisinage des ulcères chroniques, celle des parties du corps qui sont affectées d'éléphantiasis, sont complètement noires.

Quelle est la source de cette matière colorante ? M. Gauthier source du pense qu'elle est fournie par les bulbes des poils. MM. Breschet pigraen um" et Roussel de Vauzème admettent un organe sécréteur du pigmentum , organe glanduleux qui serait situé à la partie extérieure du derme dans de profonds sillons; cet organe serait surmonté d'un grand nombre de tubes excréteurs qui verseraient sous l'épiderme les globules du pigmentum (appareil chromatogène). On pense généralement que le pigmentum est fourni par les vaisseaux des papilles ; le mécanisme de sa formation doit être le même que le mécanisme de la formation du pigmentum choroïdien, et il est tout aussi peu connu (l).

(ij D'après M. Flourens, il existe dans la peau de l'hommede race colorée, un appareil particulier, qu'il appelle appareil pigmentai, et qui se compose: 1° d'une membrane particulière qui porte le pigmentum ; 2° de la couche même du pigmentum. D'après cet auteur, la couche pigmenlale n'existerait pas dans la race blanche ; mais je ne puis concilier cette opinion avec les faits précédemment indiqués.

Réseau lymphatique de la peau.

Procéda pour Si, avec un tube à injection lymphatique, on pique très obliseau îymphati- quement et très superficiellement la peau , de manière à soule-

que cutané. ■ r ' '

ver ) épidémie seulement, on voit, dans les cas heureux , le mercure se précipiter dans les mailles d'un réseau vasculaire sous épidermique, et couvrir bientôt la peau d'une couche argentée. Ces mailles sont bien évidemment des vaisseaux lymphatiques , car le mercure ne tarde pas à passer de ce réseau dans les vaisseaux lymphatiques sous-cutanés , et de ces vaisseaux dans les ganglions inguinaux , si l'injection est pratiquée sur les membres pelviens. Le mercure ne pénètre dans les vaisseaux sanguins que lorsqu'on a piqué le réseau capillaire san- , guin qui est subjacent au réseau lymphatique, et dans ce cas le mercure ne pénètre nullement dans le réseau lymphatique. Mascagni, qui , dans ses belles planches, nous représente si souvent les vaisseaux de la peau , a figuré dans plusieurs celle couche lymphatique qui est située sur un plan plus superficiel que la couche des vaisseaux sanguins.

étéC?nd[°c|dé a ^a prévention, aussi injuste qu'universelle, qui a longtemps te hasard. accueilli les recherches microscopiques, avait à tort jeté quelque défaveur sur les résultats si positifs obtenus par ce grand anatomisle ; un hasard heureux permità Haase (1) de suivre et de figurer les vaisseaux lymphatiques cutanés de la région inguinale, depuis la peau jusqu'aux ganglions de l'aine. Ce fut également par hasard qu'en 1826, après avoir injecté le réseau de la piluitaire du veau, j'injectai et je présentai à mes leçons le réseau lymphatique de diverses régions de la peau et des surfaces muqueuses. Panizza, en 1830, dans ses belles injections du pénis de l'homme et des animaux , a parfaitement montré la disposiiion du réseau lymphatique du gland et du prépuce. Enfin , M. Fohman (2) vient de faire des recher-

(1) De vasis cutis et intestinorum absorbenlibus. Lipsiae, 1789. Sur cette figure, le réseau lymphatique est fort mal représenté.

(2) Essai sur les vaisseaux lymphatiques de divers ordres, i 833. M, Fohman est mort depuis la lrc édition de cet ouvrage.

ches spéciales sur'ce sujet, c'est à dire sur le réseau lymphatique

de la neau et des autres tissus. Deux belles planches représen- Recherches

,,,,,, de Fohman.

tant , l'une la peau de la mamelle , l'autre la peau du scrotum, du gland et du prépuce, donnent une idée parfaite de la disposition du réseau lymphatique qui forme une couche argentée sous l'épiderme : de ce réseau naissent des branches qui traversent le derme dans tous les sens ; et c'est de la face interne du derme que partent les vaisseaux lymphatiques. M. le docteur Bonamy a parfaitement réussi à injecter les vaisseaux lymphatiques de tout le membre abdominal , en piquant la plante du pied d'un enfant nouveau-né. Les cabinets de la Faculté contiennent plusieurs pièces anatomiques très belles, représentant les vaisseaux lymphatiques du cou et de la tête, qui ont été préparés, d'après mes indications, par l'injection directe du réseau lymphatique cutané. L'injection des vaisseaux lymphatiques par le réseau capillaire de la peau réussit d'autant mieux que l'individu est plus jeune.

Le réseau lymphatique de la peau est remarquable, 1° par sa caracteres'du

... n • ,, ,ii • • réseau lympha-

posilion plus superficielle que celle des vaisseaux sanguins, titjue cutané. ainsi que l'avait très bien vu Mascagni, et par son indépendance complète de tout autre genre de vaisseaux ; 2° par les dilatations ou ampoules qu'il présente çà et là; 3° par l'absence de valvules ; 4° par l'absence d'ouvertures à la surface de la peau : en sorte que dans aucune circonstance , à moins de déchirure, on ne voit le mercure s'échapper par les pores épidermiques ; 5° le réseau lymphatique cutané forme ordinairement deux couches bien distinctes : une couche superficielle extrêmement déliée, entre l'épiderme et le derme, une couche sous-jacente au derme appartenant à des vaisseaux plus profonds (i).

(1) D'après M. Fohman, la peau serait composée en allant de dedans en dehors :

1" Du pannicule graisseux.

2° De la couche interne du derme caractérisée par des mailles fibreuses.

3° De la couche du réseau wsculaire qui se compose des vaisseaux lympha*

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