DU BULBE RACHIDIEN
Situation. Le bulbe rachidien, ou. bulbe crânien {pars Situation du 7 .. , ,7 . ,. 1T -, ~ „ ..j bulbe rachidien
cephalicamedullœ spmalis, Haase), est ce renflement conoide
qui couronne, à la manière d'un chapiteau, la moelle épinière
dans l'épaisseur de la moelle, et dans l'espace de cinq travers de doigt [et fortasse etiam longiùs si quis tune otium habuisset ulteriorem medullam è vertebris eximendi), une cavité qui pouvait admettre l'extrémité du doigt ; tout lui parut dans l'état naturel, à l'exception de celle cavité. Il ajoute qu'il n'ajamais rencontré une cavité aussi considérable, ce qui suppose qu'il l'avait vue d'autres fois : Neque enim aliàs tantam aut quœ haie accederet vidi.
(1) Le spina-bifida et l'hydrocéphale n'ont aucun rapport direct avec la persistance des canaux de la moelle, et je puis, sous ce rapport, dissiper les doutes élevés par Keuffel {De medullâ spinali, p, 62), sur l'observation deMorgagni: « Forsan nos quoque eam (scilicet medullae spinalis caveam) invenissemus , si medullam spinalem ex homine hydrocephalo aut spinâ bifidâ laborante, inquirere potuissemus. Utinam hujusmodi opportunitas, si occurrel, à neminenegligatur, ut tandem de hac re certiores fiamus. » Cinq enfants, affectés de spinabifida, deux enfants affectés d'hydrocéphale chronique, examinés dans ce but, présentaient une moelle épinière dans l'état normal. Tiedemann regarde les canaux de la moelle décrits par Gall, comme le produit de l'insufflation.
232 NÉVROLOGIE.
dont il constitue l'extrémité supérieure (principium medullœ spinalis des anciens); il occupe la gouttière basilaire de l'occipital, et unit la moelle épinière au cerveau et au cervelet. Ce renflement porte aussi le nom de queue de la moelle allongée (caudex medullœ oblongatœ) , expression qui a pris son origine dans celte comparaison grossière qui assimilait la protubérance, les quatre pédoncules et le bulbe rachidien supérieur à un animal dont la protubérance serait le corps, les pédoncules antérieurs les bras, les pédoncules postérieurs les cuisses, et le bulbe rachidien la queue. Haller restreignit le nom de moelle allongée (medulla oblongata) an bulbe rachidien, et bon nombre d'analomistes modernes ont adopté cette interprétation.
A. Conformation extérieure du bulbe-rachidien.
Limites supé- Les limites du bulbe rachidien en haut et en avant sont parfaitement établies dans l'homme et dans les mammifères par la saillie de la protubérance (1) ; mais en arrière et en haut , ces limites sont purement artificielles, car le bulbe se prolonge par dessus la protubérance, ainsi que nous le verrons plus loin. Un plan horizontal qui longe le bord inférieur de la protubérance établit cette limite. Les limites inférieures du bulbe sont tout à fait arbitraires ; le bulbe, en effet, ne se rétrécit pas brusquement, ainsi que semblerait le faire pressentir le nom de collet du bulbe, qui a été donné à son extrémité inférieure, mais bien d'une manière graduelle , pour se continuer avec la moelle.
Limites infé- Un plan langent à la face inférieure des condyles de l'occi-
rieures. .,,,,.. . . ,...„,. T
pilai établirait approximativement cette limite intérieure. Je dis approximativement, car j'ai fait sur plusieurs sujets une expérience qui établit que les rapports du bulbe avec le trou occipital varient suivant que la tête est verticale , portée dans ht flexion ou bien portée dans l'extension ; un instrument hori-
(t) Les autres classes d'animaux n'ayant pas de protubérance, la délimita-: lion du bulbe rachidien est aussi impossible en avant qu'en arrière.
zontalement enfoncé, entre l'atlas et l'occipital, divise le bulbe
à diverses hauteurs dans ces différentes altitudes. Je pense Variétés des
» , rapports du bul-
qu'il est plus rationnel de déterminer cette limite inférieure be avec le trou
occipital.
d'après le point précis ou la moelle subit de notables modifications dans sa structure : or, ce point siégeant immédiatement au dessous de l'entrecroisement des pyramides , un plan horizontal passant au dessous de cet entrecroisement , telle est la limite inférieure du bulbe.
La hauteur du bulbe est de quatorze à quinze lignes ( 38 à 30 millimètres), sa largeur de neuf à dix lignes (de: 18 à 20 mil- Jim.), son épaisseur de six (12 millim.). Ces deux dernières dimensions surpassent, comme on voit, de beaucoup celles de la moelle épinière.
Sa direction est oblique, comme le plan incliné de la goût- bufb'gection du tière occipitale ; en sorte que le bulbe forme , avec la moelle, dont la direction est verticale, un angle très obtus, rentrant en avant, saillant en arrière.
Rapports. Appuyé en bas, sur la gouttière basilaire de l'oc- Ses raPP°rts. cipital, le bulbe rachidien est embrassé en arrière et sur les côtés par le cervelet, qui le reçoit dans une gouttière large et profonde, en sorte que le bulbe n'est libre que par sa face antérieure.
Sa figure, qui est celle d'un cône tronqué , aplati d'avant en sa figure. arrière, dont la base est en haut et le sommet en bas, permet de lui considérer quatre faces, une antérieure, une postérieure, deux latérales, une base et un sommet.
1° Face antérieure du bulbe.
Elle est inclinée en bas, et nommée pour cela face infé- Direction de Heure par quelques anatomistes : convexe, reçue dans la goût- rieu^du bulbe" tière basilaire de l'occipital, celle face ne peut être bien étudiée que lorsqu'elle a été débarrassée de son névrilème, préparation facile, vu la densité du bulbe rachidien, qui est bien supérieure à celle de la moelle.
On y remarque : 1° un sillon médian, dans lequel pénètrent sillon médian. de nombreux vaisseaux ; ce sillon, bien plus superficiel que
23ft KÉVROLOGIE.
celui de la moelle, avec lequel il se continue, est interrompu à 10 lignes (22 millim.) au dessous de la protubérance, par un entrecroisement , et se termine supérieurement par une fos- Fossette mé- selle assez profonde (trou borgne de Ficq-d'Azyr, fossette médiane) , qui occupe le point d'intersection de ce sillon avec la protubérance. Je reviendrai sur celte fossette à l'occasion de
formel5 ^rd" ^a ^aSe ^U m'lbe. ^ nest Pas rare ^e vmr' au *'e" ^u s'N°n
médian, des fibres transversalement dirigées, qui donnent à la face antérieure du bulbe le même aspect qu'à la protubérance; quelquefois ces fibres transversales n'occupent qu'une partie delà hauteur du bulbe rachidien. Ces fibres seront décrites plus bas sous le nom de fibres arciformes.
Eminences 2° De chaque côté de la ligne médiane se voient deux émi-
antérieures du , ,
bulbe, nences qui sont en quelque sorte sculptées sur le bulbe, for-
mant deux plans successifs et comme étages de dedans en dehors : les plus internes de ces eminences s'appellent pyramides ; les plus externes s'appellent, en raison de leur forme en olive, corps olivaires.
3° En dehors des corps olivaires, et sur un plan plus postérieur, se voit la partie antérieure des colonnes blanches appelées, depuis Ridley, corps restiformes (semblables à une corde), corps restiformes que nous retrouverons encore et sur la face latérale et sur la face postérieure du bulbe. Leur disposi- Les pyramides, les olives et les corps restiformes sont situés
lion sur trois . , .
étages. sur trois plans ou elages bien distincts : la description des deux
premières eminences va nous occuper ici, celle des corps restiformes sera mieux placée plus tard.
Pyramides du bulbe rachidien.
situation des Situées de chaque côté de la li gne médiane, en dedans des
pyramides. COrps olivaires, les pyramides (corps pyramidaux , nommés
aussi pyramides antérieures par opposition aux pyramides
postérieures et aux pyramides latérales admises par quelques
auteurs), sont deux faisceaux blancs, pyramidaux, prismatiques
et triangulaires, verticalement dirigés, qui mesurent toute la hauteur du bulbe rachidien ; ils font relief sur le corps de la moelle, et semblent s'en détacher au niveau du collet du bulbe, d> meeUgn]^nt en écartant et rejetant sur le côté les cordons antérieurs de cette moelle dont ils sont bien distincts : étroits et rapprochés à leur point d'émergence , au niveau du collet du bulbe , où ils ont une ligne et demie (de 2 à 3 millim.) de largeur, ils se portent un peu obliquement en haut et en dehors, deviennent plus f0rmfirvo!urne' saillants, acquièrent 3 lignes (de 6 à 7 millim.) de largeur, et, des pyramides. parvenus à la protubérance, se rétrécissent , s'arrondissent en cylindre, s'écartent un peu l'un de l'autre et sont comme étranglés pour pénétrer dans l'épaisseur de la protubérance où nous les suivrons plus tard.
Quand on écarte les deux pyramides, on dirait qu'au fond ,. Apparence
■ i «entrecroise—
du sillon très superficiel (1) qui les sépare, des fibres transver- ment dans toute
* J ? r ' la hauteur des
sales passent de l'une à l'autre; on dirait même qu'il y a entre- pyramides.* croisement entre ces fibres transversales; mais ce n'est qu'une simple apparence ; et, à celle occasion, je ne saurais trop prémunir contre les illusions auxquelles peuvent donner lieu, d'une part, des trous vascuiaires , d'une autre part, le tiraillement des fibres écartées par une traction transversale. On verra bientôt qu'il n'y a là ni fibres transversales, ni cet entrecroisement à angle aigu admis dans toute la longueur des pyramides par Petit, Winslow, Santorini et autres; que les prétendues fibres transversales ne sont autre chose que des fibres antéropostérieures ; il n'y a vraiment que jirxia-position et agglutination des deux moitiés du bulbe rachidien. L'entrecroisement n'exisie d'une manière positive qu'au point où les pyramides émergent de la moelle au niveau et au dessus du collet du bulbe. Nous verrons dans un instant que les pyramides antérieures ne sunt nullement la continuation des faisceaux antérieurs de la moelle.
(1) Ce sillon manque quelquefois dans les dew* tiers inférieurs de la hauteur des pyramides : il semble qu'il y ait accollement, fusion des pyramides.
236 WÉVROLOGIE.
Corps olivaires.
Leur situation. En. dehors des pyramides antérieures, et sur un plan un peu plus postérieur, se voient, sur la face antérieure du bulbe, deux éminences ovoïdes (corpora ovata,olivaria, eminentiœ olivares) , blanches , quelquefois bosselées, souvent d'inégal volume à droite et à gauche, quelquefois divisées en deux parlies, l'une supérieure, l'autre inférieure , par une dépression
Leur hauteur, transversale. Ces deux éminences, propres au bulbe rachidien de l'homme, plus saillantes chez le fœtus et "chez l'enfant nouveau-né que chez l'adulte , ont été décrites pour la première fois par Euslachi , et mieux encore par Vieussens , qui , à raison de leur forme, leur a donné le nom de corps olivaires.
Leur direction. Beaucoup plus courtes que les pyramides antérieures, car elles n'ont que 6 lignes (13 millim.) de longueur, les éminences olivaires sont obliquement dirigées en bas et en dedans. Leur extrémité supérieure n'atteint pas la protubérance, dont elle est séparée par une dépression assez profonde, que Vicq-d'Azyr Fossette de appelle fossette de Vc'minence olivâtre , et dont il fait naître
l'éminence oli- , ^ . . + ,.,.„,.
vaire. a tort le nerf facial. Leur extrémité inférieure, moins proémi-
nente que la supérieure, est souvent bridée par un trousseau de fibres disposées en arcades à concavité supérieure (fibres Fibres arci- arci formes}, et qu'on a appelé faisceau arciforme de Volive
termes de l'o- . . , ,r. . , . v T x. Y •
live. (Jasciculus arctformts olive). Le bord interne des pyra-
mides, la série des filets nerveux qui constituent le nerf grand Limites de hypoglosse , établissent les limites de l'olive en dedans. Une rainure, verticalement dirigée, les sépare en dehors des pédoncules inférieurs du cervelel ou corps restiformes Cl). Les olives sont recouvertes par une couche blanche fort mince qui ne paraît pas faire suite à la couche superficielle des pyramides.
(1) Je ne dis pas, avec quelques auteurs, que la série des nerfs glosso-pharyngien et pneumo-gastrique limite en arrière les corps olivaires, car celte série naît des pédoncules inférieurs du cervelet ou corps restiformes, et non du sillon de séparation des pyramides et des corps olivaires.
Une remarque importante, c'est que la portion de corps La moitié in-
... .,11 j i i -1 •. terne de l'olive
ohvaire qui déborde en dehors la pyramide , ne constitue pas est cachée par la totalité de l'olive, mais seulement la moitié externe de ce espyrami escorps, dont la moitié interne se prolonge en s'excavant dans l'épaisseur du bulbe, derrière la pyramide antérieure (1).
2° Face postérieure du bulbe rachidien.
Cette face, dont une bonne partie concourt à la formation E1Ie est ca de la paroi antérieure du quatrième ventricule, est cachée par veietparle cer" le cervelet, qui présente une gouttière pour la recevoir; aussi ne peut- elle être mise à découvert dans toute son étendue, qu'en renversant fortement le bulbe en avant, ou mieux, en divisant, par une coupe verticale, le lobe médian du cervelet. On voit alors que, cylindrique à sa partie inférieure, où elle se continue sans ligne de démarcation avec la moelle, la face postérieure du bulbe semble s'ouvrir sur la ligne médiane, à sa partie supérieure, et que les deux moitiés de cette division, qui comprend toute l'épaisseur de la substance blanche de la moelle s'écartent et se portent, en divergeant de dedans en dehors, pour laisser à nu la substance grise. De cet écartement La face pos-
„ . , . ,, ...... térienre du bul-
des faisceaux postérieurs de la moelle, il resuite un espace an- be fait partie du
., , TT ,. , , , , . quatrième ven-
guleux, ou en manière de V, lisse, légèrement excave, qui incuie. forme la paroi antérieure du quatrième ventricule, et qu'Hérophile a désigné, à raison de son aspect, sous le nom de calamus scriptorius. Un sillon médian vertical représente la Du caïamus tige , les barbes de la plume sont représentées par des stries scriploriusblanches médullaires, très variables pour le nombre, non symétriques, dont les unes se perdent sur les parois du ventri-
(i ) Sur une femme morte à la Maternité, la pyramide et l'olive gauches n'avaient que la moitié de leur diamètre transverse accoutumé. On pouvait croire à une atrophie ; mais la malade n'avait présenté aucun symptôme qui dénotât une lésion aussi grave et aussi insolite. Avec un peu d'attention, il me fut facile devoir que la pyramide était divisée eu deux moitiés, une antérieure occupant sa place accoutumée, et une postérieure recouvrant la moitié postérieure de l'olive.
238 NÉVROLOGIE.
cule et dont les autres, plus nombreuses , contournent les faces latérales du bulbe, pour aller constituer les racines postéstries médui- rieures du nerf auditif. La couleur parfaitement blanche de
mus6. u " ces stries médullaires, tranche sur le fond gris, qui résulte de la présence d'une couche de matière grise, diversement nuancée, qui occupe toute la paroi antérieure du quatrième ventricule. Le bec de la plume est formé par l'angle inférieur Delà fossette très aigu, terminé par un cul-de-sac {fossette du quatrième
ventricule. ventricule), qu'on a gratifié du titre de ventricule dArantius. Suivant les auteurs qui admettent un canal qui régnerait dans toute la longueur de la moelle, au centre de la commissure, cet angle inférieur serait l'orifice supérieur de ce canal; mais j'ai déjà dit que ce canal n'existait pas, et qu'il était produit par les moyens mêmes qu'on emploie pour le démontrer, tels que l'insufflation, le stylet, le poids d'une colonne de mercure , la dessiccation complète. Constamment on rencontre un petit V, de substance cornée, inscrit dans le V qui résulte de la bifurcation du bulbe. Entre les deux branches du V se trouve le prolongement de substance grise qui fait suite à la substance grise de la moelle.
Laparoi an- Du reste, toute la paroi antérieure du quatrième ventricule
téneure du quatrième ventri- n'appartient pas au bulbe rachidien ; les limites que nous avons
cule n'est for- ,'">•<• ,
mee qu'en par- assignées à ce bulbe, établissent que la moitié inférieure ou le
tie par la face
postérieure du triangle inférieur du rhombe ou lozange qui représente cette paroi antérieure, est seule formée aux dépens du bulbe; la moitié supérieure, qui répond à la protubérance, se continue sans aucune ligne de démarcation avec la moitié inférieure ou bulbaire.
«Renflements Les colonnes médullaires, qui bornent de chaque côté le ca-
marm lonnés
des cordons mé- lamus, et qui résultent d une sorte de bifurcation de la moelle
dians iposté-
rieurs. en arrière, sont formées : 1 par les cordons médians postérieurs
déjà décrits, qui s'élargissent un peu pour se renfler en mamelons, au point précis de la bifurcation de la moelle, et se terminer comme en mourant sur la partie postérieure du corps resliforme ; on a appelé -pyramides postérieures la partie su-
périeure ou renflée de ces cordons: je les désignerai sous le nom de renflements mamelonnés des cordons médians postérieurs.
En dehors des renflements mamelonnés, se voit la partie postérieure des corps restiformes, colonnes médullaires, qui sont le prolongement des faisceaux de la moelle, et qui vont être l'objet d'une description particulière.
3° Faces latérales du bulbe. |
Elles présentent, en avant : 1° le profil des pyramides; 2* le Aspect général
Q6S I3CCS JâlG-
profil des olives ; 3° les corps resliformes que nous avons déjà raies du bulbe.
vus sur la face antérieure et sur la face postérieure de ce
même bulbe ; k° les tubercules cendrés de Rolando ; 5° les
fibres arciformes. Les pyramides et les olives, ayant été l'objet
d'une description spéciale, il ne nous reste plus qu'à décrire
les trois dernières parties.
Corps restiformes.
Les corps restiformes (corpora restiformia , processus restiformes) sont deux colonnes blanches pyramidales (Juniculi pyramidales) , qui occupent la partie latérale, antérieure et postérieure du bulbe rachidien, et semble la continuation de toute la substance blanche de la moelle ; savoir : parties con-
i f • »'• ■ ^ Ât j '■ . ' ji stituantes des
de ses faisceaux antérieurs, qui ont ete dejeles en dehors pour corps restiforlaisser passer la pyramide, de ses faisceaux latéraux , et de mes" ses faisceaux postérieurs : ceux-ci également déjetés en dehors pour constituer le quatrième ventricule.
Ces corps restiformes sont séparés en avant des olives par Leurs limites. un sillon très prononcéj limités en arrière par le petit renflement mamelonné du cordon médian postérieur, qui semble s'identifier avec eux ; ils s'enfoncent supérieurement dans le cervelet, dont ils semblent constituer les racines, d'où les noms de pédoncules inférieurs du cervelet, de processus cerebelli ad medullam ohlongalam, sous lesquels ils sont encore dési-
240 NÉVROLOGIE.
gnés. La série linéaire des nombreux filets d'origine des nerfs glosso- pharyngien et pneumo-gastrique , ne naît pas, comme on l'a dit, du sillon de séparation des olives et des corps restiforme , mais bien des corps restiformes eux-mêmes, que cette série linéaire divise en deux parties : l'une, antérieure, très étroite ; l'autre, postérieure, beaucoup plus considérable. C'est Le faisceau à la partie antérieure ou intermédiaire aux olives et aux nerfs
respirateur de . . . . . „, „ „ . . ,
çti. Beii appar. glosso-pharyngien et pneumo-gastrique , que Ch. Bell a donne resuforme!°rps le nom de faisceau respirateur du bulbe, faisceau qu'il supposait se prolonger dans toute la longueur de la moelle, et qu'il croyait présider partout aux mouvements qui exercent quelque influence sur la respiration. Ce faisceau, devenu célèbre, n'est point démontré par l'anatomie, comme faisceau à part (l).
Tubercule cendré de Rolando.
Tubercule Pour ne rien omettre, je ferai mention d'une saillie oblon-
cGndrtî (Jg Ro™
lando. gue, d'une couleur cendrée, a peine sensible chez le plus
grand nombre des sujets, située sur les côtés du bulbe, trois lignes au dessous du niveau de l'extrémité inférieure des olives. Ce tubercule n'est autre chose que la saillie légère formée par la substance grise de la moelle, qui soulève la substance blanche correspondante. Elle fait suite à la substance grise d'origine des nerfs spinaux.
Fibres arciform.es.
Fifires arci- C'est surtout sur les plans latéraux que se voient les fibres
formes.
(1) Les corps restiformes se bifurqueraient, d'après Burdach : la branche principale ou externe de bifurcation se porterait au cervelet, la branche interne remonterait sur la face postérieure de la protubérance, formant de chaque côté de la ligne médiane, une partie de la paroi antérieure du quatrième ventricnle et irait se jeter dans les processus cerebelli ad testes. Je crois que cette branche de bifurcation interne des corps restiformes, n'est autre chose qu'une partie de la face postérieure du faisceau innommé. Les corps restiformes ne présentent aucun vestige d'entrecroisement. Il y a plus, cet entrecroisement est impossible, puisqu'ils vont en divergeant.
ar ci forme s (fihrœ transversœ arci formes), signalées par Santorini, mieux décrites par Rolando. Ce sont des filaments médullaires, infiniment variables pour le nombre et pour l'arrangement, qui semblent naître du sillon médian antérieur du bulbe, entourent comme une ceinture (stratum zonale me- Fibres arcidullœ oblonqatœ) les pyramides et les olives, et, parvenus formesaux corps restiformes, se portent obliquement en haut et en dehors pour se terminer sur lu partie latérale de ces corps. Quelquefois ces fibres arciformes paraissent manquer entièrement. D'autres fois elles sont réunies en deux faisceaux : l'un, variétés dans supérieur, qui entoure la pyramide antérieure, à la manière leurdlsP°slll0Dd'un petit collier, au moment où elle va se plonger dans la protubérance; l'autre, inférieure, qui recouvre et cerne l'extrémité inférieure de l'olive. Enfin, il n'est pas rare de voir les pyramides et les olives entièrement et régulièrement couvertes par une couche mince de fibres circulaires. Ce sont ces fibres arciformes ou peut-être le groupe le plus élevé de ces fibres arciformes , espèce de protubérance ou de pont de Varole supplémentaire, qui ont mérité le nom d'avant-pont ou pon ticuleÇponticulus qui nonnumquam adest, Arnold, fascic. I, lab. II, fig. V). Nous verrons plus lard que ces fibres s'enfoncent dans le sillon médian antérieur du bulbe, et atteignent le sillon médian postérieur.
11 est des fibres arciformes qui décrivent de longues anses, à convexité supérieure, dont une moitié appartient aux pyramides antérieures, et une autre moitié aux corps restiformes. D'où viennent ces fibres? Où vont-elles?
h° Base et sommet du bulbe.
La base du bulbe présente, en avant, le point de conjugaison Base du bulbe, de la moelle épinière et de la protubérance; en arrière, elle se continue, sansaucune ligne de démarcation, sur la paroi antérieure du quatrième ventricule, avec la partie de l'axe céphalorachidien qui est située immédiatement au dessus; sur les côtés, par les corps restiformes, la base du bulbe s'enfonce, pour U. 16
242 NÉVROLOGIE.
ainsi dire, dans l'épaisseur du cervelet. Les rapports en avant
de la base du bulbe et de la protubérance sont remarquables.
Fossette mé- Sur la ligne médiane, se voit la fossette médiane de la base du
diane de la base , „ 7 7 r,. „ . „ . . ...
du bulbe. bulbe, trou borgne de ricq-dAzyrj faisant suite au sillon mé-
dian antérieur. Celte fossette est limiiée, de chaque côté, par les pyramides écartées ; en haut, par le bord inférieur de la protubérance qui envoie un prolongement entre ces deux pyramides, de manière à constituer, pour chacune d'elles, une espèce de
Du collier collier , qu'on peut appeler collier interpyramidal de la interpyramidal n r ■ r °
de la protubé- protubérance. De chaque côle de la ligne médiane, la base du Fossette laté- bulbe présente une fossette , fossette latérale de la base du
dubulbe'.3 base bulbe, limitée, en haut, par le bord inférieur de la protubérance ; en dehors, par les nerfs facial, auditif et glossopharyngien. La rainure profonde qui sépare l'olive de la protubérance, est une dépendance de celte fossette latérale , dont le fond est constitué par la face antérieure du corps resli forme. C'est dans le fond de celte fossette latérale que se voit l'origine apparente du nerf facial et de la racine antérieure du nerf auditif.
Sommet du Le sommet du bulbe se continue, sans ligne de démarcation , bulbe. , . .,
avec la moelle epiniere.
B. Conformation intérieure du bulbe rachidien.
La conformation intérieure du bulbe rachidien doit être étudiée : 1° par des coupes ; 2° par la dissection ordinaire ; 3° par la dissection à l'aide du jet d'eau ; k° par la dissection après durcissement.
Coupes horizontales .
1° Coupes horizontales. A l'exemple de Rolando, nous étudierons quatre coupes du bulbe rachidien. première cou- Une première, immédiatement au dessous de l'enlrecroisepe " ment des pyramides ; une deuxième, sur le milieu de l'entre-
croisement ; une troisième, au niveau de la partie moyenne des corps olivaires ; une quatrième, immédiatement au dessous de la protubérance,
La première coupe est identiquement la même que celle de la moelle.
La deuxième coupe présente une disposition bien diffé- coupeprat*qu'él rente : les faisceaux entrecroisés des pyramides sont très con^- 5ur„le. ™hea
' J de lentrecroi-
sidérables, et occupent les deux tiers antérieurs de l'épaisseur sèment des pyde la moelle : leur coupe est un triangle dont la base est en avant, et dont le sommet tronqué est en arrière, La substance grise n'est plus circonscrite, comme dans la première coupe, mais semble pénétrer irrégulièrement la substance blanche qui forme le reste de la moelle. Si l'on en excepte les pyramides, la substance blanche elle-même n'offre pas la blancheur pure de la substance médullaire ; la substance grise n'est plus celle du reste de la moelle , sa couleur est gris-jaunâtre, et sa densité plus grande.
La troisième coupe, pratiquée sur la partie moyenne des Troisième
... . ... .. , . , f, . coupe sur la
corps olivâtres, présente : 1° la coupe triangulaire des fais- partie moyenne ceaux pyramidaux ; 2° la coupe festonnée des olives, et donne va?res?rpS une idée exacte : de la figure et du volume de ces corps, qui s'étendent jusque sur les côtés de la ligne médiane ; de leur direction,qui est oblique de dehors en dedans, et d'avant en arrière} des deux couches qui les constituent, et qui sont : une lame jaunâtre incomplète, qui forme l'écorce; une lamelle blanche, qui tapisse la surface interne de la lame jaunâtre. On voit que les olives sont interrompues, ou, si l'on veut, ouvertes en dedans, du côté de la ligne médiane, pour recevoir des fibres blanches qui les remplissent. La disposition festonnée de leur coupe résulte de ce que la lame jaunâtre rentre plusieurs fois en dedans d'elle-même, d'où le nom de corps festonné, qui a été donné aux olives par quelques anatomistes. Tout le reste du bulbe est constitué par une substance de couleur café au lait, qui, à la coupe, paraît plus dense que le reste de la moelle, et qui n'est précisément ni de la substance blanche ni de la substance grise, mais une espèce de combinaison de ces deux substances.
La quatrième eowpe, celle faite immédiatement au dessous
"Ikk HÉVROLOGIE.
Quatrième de la protubérance, présente une surface triangulaire, sur lacoupe au niveau de !a base du quelle on remarque : 1° aux angles postérieurs, un cros fais-
bulbe. a» o
ceau blanc, presque aussi volumineux que la pyramide, faisceau que nous verrons constituer le nerf de la cinquième particularités paire : ces faisceaux existent aussi sur les coupes pratiquées au
que présente .
cette coupe niveau des olives, mais sont beaucoup plus petits; 2° les deux pyramides antérieures, dont la coupe est circulaire dans ce point ; 3° la couche blanche du corps restiforme. Tout le centre de la coupe est constitué par un tissu gris-blanc, ou café au lait, recouvert par une écorce blanche assez mince. Le tissu grisblanc appartient en propre au bulbe. Nous verrons bientôt que ce tissu gris-blanc, qui n'est pas distinctement fibreux, appartient aux faisceaux particuliers que j'ai cru devoir décrire sous le nom dejuisceaux innommés. L'écorce blanche est la continuation des cordons de la moelle (1).
Les coupes obliques donnent des résultats analogues aux coupes horizontales.
Coupe verti- Coupe verticale. Une coupe du bulbe, fort intéressante, est
cal du bulbe. , , , . , , "
une coupe verticale antero-posteneure, qui tombe sur la ligne
médiane. Je préfère, à la coupe avec le scalpel, l'écartement
Système des forcé desdeux moitiés dubulbe. On voit, au moyen de ce procédé,
libres Hntéro—
postérieures du qu'il existe sur la ligne médiane du bulbe, des fibres antéro-postérieures, qui m'ont paru plus ou moins multipliées, suivant les sujets : ces fibres, qui se séparent par l'écartement forcé du bulbe en deux couches assez épaisses, l'une droite, l'autre gauche, se dirigent horizontalement d'arrière en avant, et mesurent toute l'épaisseur antéro-poslérieure du bulbe; parvenues au sillon médian, soit antérieur, soit postérieur du bulbe, elles se terminent brusquement sans qu'il soit possible de déterminer leur continuité avec un autre système de fibres.
(1) Le bulbe d'un enfant de sept à huit ans est bien plus favorable à l'étude des coupes que le bulbe de l'adulte et du vieillard, à cause de la distinction facile des deux substances à cet âge de la vie. Un filet d'eau, projeté sur les coupes, facilite singulièrement l'intelligence de ces coupes, en avivant leur couleur.
Chez quelques sujets, j'ai vu ces fibres, parvenues au sillon médian antérieur ou inter-pyramidal, se porter horizontalement en dehors pour recouvrir les pyramides et les olives, et constituer les fibres arciformes. Les fibres antéro-postérieures médianes du bulbe, sont limitées en bas par l'entrecroisement des pyramides. On les rencontre constamment, lors même qu'il y a absence des fibres arciformes. Leurs connexions et leurs usages sont encore peu connus.
Du bulbe étudié à l'aide du scalpel , du jet d'eau et du durcissement par
l'alcool.
Pyramides antérieures. A l'aide du scalpel, on peut séparer rjes divers les pyramides et se faire une idée assez exacte de leur entre- dubuibe racuu croisement; on peut, en outre, diviser le bulbe en deux moi- d,en' liés latérales, et dissocier les principales parties de ce renflement. L'étude du bulbe durci à l'aide de l'alcool, de la coclion dans l'huile ou dans l'eau salée, conduit à des résultats plus importants, en rendant cette partie susceptible d'être disséquée fibre par fibre, et en permettant de suivre les fibres au dessus et au dessous de l'entrecroisement. A ces divers moyens d'investigaiion, j'ai ajouté l'action du jet d'eau, dont on varie à son gré la force et le diamètre, et dont les gouttelettes, s'insinuant entre les fibres, en opèrent la dissociation (1).
Projeté sur les pyramides antérieures, le jet d'eau démontre Les pyramides la disposition fasciculée de leurs fibres, qui sont toutes parai- paî deuV faislèles, juxtaposées, sans aucune communication entre elles; on prismatiques'^ voit en outre que ces pyramides ne sont pas seulement deux lnangu airesbandes médullaires superficielles {bandes médullaires, Malacarne), mais bien deux faisceaux épais, prismatiques et triangulaires, qui remplissent l'espèce de gouttière anguleuse que forment derrière eux les corps olivaires.
(1) Le jet d'eau s'employant sur des organes frais, on conçoit que les résultais auxquels il conduit sont bien plus concluants encore que ceux que donne l'élude du bulbe préalablement soumis à diverses préparations qui ont pu en altérer la substance.
2Û6> NÉVROLOGIË.
De rentre- U entrecroisement des pyramides antérieures mérite de
croisement des ...
pyramides anté- fixer nôtre attention, comme un des points les plus importants
ricurcs.
de l'anatomie du cerveau.
SI on examine le sillon médian antérieur du bulbe, on verra à dix lignes (22 millimètres) environ de la protubérance (Gall dit à tin pouce et quelques lignes (27 et quelques millimètres), les pyramides antérieures se diviser en trois ou quatre faisceaux qui s'entrecroisent régulièrement et successivement en forme de tissu natté, ayant depuis deux jusqu'à quatre lignes (de k à 9 Diverses opi- millimètres) de hauteur. Cet entrecroisement est-il une simple
nions émises au „„ ^ ,, •? ■ j.. , . . '.,
sujet de rentre- apparence? cette apparence est-elle, comme on la dit, le re-
croisement des „i.„» 1 i . .• . > > i pl
pyramides. 8Ultat de la traction en sens oppose , exercée sur des fibres parallèles, ou bien, les pyramides naîtraient-elles par des faisceaux alternes de chaque côté de la ligne médiane , et cette disposition alterne en imposerait-elle pour un entrecroisement? ou enfin les faisceaux pyramidaux, droit et gauche, se croisentils en X?
Si l'on consulte les auteurs, on verra que cet entrecroisement des pyramides, indiqué par Arélée, reproduit par Fabrice de Milden, démontré par Mislichelli (1) et par Pourfour Dupelît (2), a été admis par Santorini , Winslow , Liéutaud , Duverney, Scarpa, Sœmmering; que l'opinion contraire est sou-^ tenue par Morgagni , Haller, Vicq-d'Azyr, Sabalier, Boyer, Cuvier, Chaussier et Rolando (3). Quant à Gall et Spurzheim, ils ne paraissent pas avoir d'opinion arrêtée sur ce point, et après l'avoir admise très explicitement dans quelques passages de leur ouvrage, ils disent ailleurs que les petits cordons des
(1) Trattalo dell' apoplessia, 1709.
(2) Lettres d'un médecin des hôpitaux, 1710.
(3J De tous les antagonistes de l'entrecroisement, Rolando me paraît être celui qui l'a combattu avec le plus de force. Il a examiné le fait avec la plus grande attention; il a soumis le bulbe à dus coupes horizontales : il n'a jamais vu autre chose au'une naissance ailerne des faisceaux qui constituent les j<yrainydes antérieures; jamais il n'a vu les faisceaux de droite passera gauche, et réciproquement. Quu si on lui objecte l'impossibilité d'expliquer sans entre-
pyramides ne forment pas un véritable entrecroisement, qu'ils ne font que s'entrecouper et passent les uns sur les autres dans une direction oblique.
Pour résoudre la question de l'entrecroisement , j'ai projeté Entrecroisesuccessivemenl le jet d'eau et sur la face antérieure du bulbe et mfdes'dlmomré sur sa face postérieure. Or, l'élude du bulbe d'arrière en avant ffpàr mude du m'a permis de constater : 1° que les faisceaux pyramidaux droit en'avant.3"'^ et gauche s'entrecroisent de la manière la plus manifeste ; 2° que cet entrecroisement a lieu, non seulement d'un côté à l'autre, mais encore d'avant en arrière ; 3° que le faisceau pyramidal droit, après s'être entrecroisé avec le faisceau pyramidal gauche, se porte à gauche, en arrière et en bas,. traverse la substance grise de la moelle , pour aller se continuer avec les faisceaux latéraux gauches de la moelle, et réciproquement; k° que les pyramides antérieures ne soûl pas , comme on le croirait au premier abord, comme l'affirme encore Meckel, la continuation des cordons des faisceaux antérieurs; que ces pyramides émergent en quelque sorte de la profondeur de la moelle , en écartant les faisceaux antérieurs qu'ils déjettent sur le côté.
Les cordons antérieurs ne seraient pas tout à fait étrangers à Les COTdons la formation des pyramides, suivant plusieurs anatomisies mo- amérieurs ne
rj ' r concourent pas
dernes , d'après lesquels les fibres les plus internes de ces cor- a la for^ie0s11 dons écartés s'ajoutent au côté externe des pyramides, qu'ils complètent en quelque sorte sans présenter d'entrecroisement. Suivant ces auteurs (1) , une partie des pyramides échapperait donc à l'entrecroisement (decussatio partiaria, Arnold), qui
croisement l'effet croisé des affections cérébrales, il répond que cet effet s'explique par l'union intime entre les deux couches optiques, les tubercules quadrijumeaux, les deux moitiés de In protubérance annulaire et les deux moitiés du bulbe rachidien. L'erreur de Rolando vient évidemment de l'importance exclusive qu'il a donnée aux coupes, eomma moyen de détermination de la texture du bulbe.
(4) Voyez pi. anat. d'Arnold, tab. anal, fascic. I, lab. IV, fig. Zj; Va'.entin, Névrologic, trad. de MM. Jourdan.
268 NÉVROI.OGIE.
ne serai! donc que partiel ; mais mes observations ne sont pas en rapport avec cette manière de voir. Nous verrons d'ailleurs, à l'article du développement, que, chez le fœtus de sept à neuf mois, les pyramides antérieures ont une couleur gris-rose, tandis que les cordons antérieurs ont déjà toute leur blancheur. Pour moi, la pyramide antérieure est donc exclusivement constituée par ceux des faisceaux latéraux de la moelle qui avoisinent les faisceaux postérieurs ; les faisceaux antérieurs lui sont complètement étrangers, et la décussation des pyramides est complète (1).
Les olives se Olives. Les pyramides antérieures ayant été enlevées , on
prolongent jusqu'à la ligne voit que les olives ou corps olivaires ne sont pas seulement
médiane. . ,
formes par la saillie qui déborde en dehors les pyramides antérieures, mais qu'ils se prolongent derrière les pyramides jusqu'à la ligne médiane , et présentent une concavité légère en avant pour les recevoir. Cette disposition est très manifeste sans préparation aucune chez les enfants qui naissent anencéphales ou bien avec un cerveau très peu développé : les pyramides atrophiées sont alors remplacées par deux traînées de substance grise , et on voit les olives , plus développées que de coutume , atteindre la ligne médiane.
Le jet d'eau projeté sur la ligne médiane entre les olives, rencontre un tissu blanc, très dense, sur lequel l'eau n'a qu'une faible prise (2).
Aussitôt que ce tissu a été entamé , le jet d'eau s'insinue
(1) Cependant, sur quelques sujets, il m'a paru évident qu'un certain nombre de fibres émanées du cordon antérieur s'ajoutaientau côté externe des pyramides; mais aussi il m'a paru que, dans ces cas, ces fibres, parvenues au dessus des olives, se déjetaient en dehors pour aller se jeter dans les faisceaux sous-olivaires, et ne traversaient pas la protubérance annulaire en même temps que les pyramides.
(2) J'ai été souvent conduit à regarder la moelle blanche, intermédiaire aux olives et s'enfonçant dans leur épaisseur, comme une commissure transversale, ou comme un lieu d'entrecroisement; mais i'écartement forcé des deux moitiés du bulbe montre que cette substance médullaire si dense est formée par l'accollement des fibres antéro-poslérieures du bulbe.
dans l'épaisseur de l'olive que les coupes nous ont montrée ouverte par son côté interne ; l'olive s'étale , sa moitié antérieure Déplissement
1 , , des olives.
se renverse de dedans en dehors et se présente sous 1 aspect d'une lamejaunâire , dense, plissée sur elle-même, à la manière d'une feuille contenue dans son bourgeon ; quelques lamelles blanches ayant été enlevées à l'aide du jet d'eau , on arrive à la moitié postérieure de l'olive, qui présente la même configuration que la moitié antérieure. Rolando compare la disposition de la lame jaunâtre et plissée des olives à une bourse aplatie , dont le col, ouvert et un peu rétréci , serait dirigé vers la ligne médiane et en arrière.
Gall et Spurzbeim considèrent les olives comme des ganglions ; mais ces anatomisies me paraissent avoir singulièrement abusé de ce mot de ganglion , qu'ils ont appliqué à des parties aussi disparates que les olives , les corps striés et la protubérance annulaire.
Enfin le jet d'eau dirigé sur la ligne médiane , aidé dans son Belle prépaaction par un léger effort d'écartement opéré avec les doigts, ratlondubulbe« divise le bulbe rachidien en deux moitiés parfaitement semblables, excepté au niveau de l'entrecroisement, et met en évidence le système des fibres antéro-postérieures du bulbe dont j'ai déjà parlé. Une belle préparation consiste à présenter la séparation en deux moitiés latérales de ta moelle et du bulbe rachidien, en maintenant l'entrecroisement des pyramides antérieures.
Lorsqu'on détache les pyramides sur un bulbe durci ou non rcontinuiiédes durci, on voit que les fibres arciformes et les fibres antéro-pos- ponérieureTdû térieures médianes du bulbe ne constituent qu'un seul et même brésarctonnes! ordre de fibres continues; que les fibres aniéro-postérieures médianes, parvenues au niveau dn bord postérieur des pyramides, se comportent de deux manières bien distinctes ; que les unes continuent leur trajet d'arrière en avant en longeant la face interne des pyramides, pour se placer ensuite au-devant des pyramides et se continuer sur les faces antérieure et latérale du bulbe, avec les fibres arciformes; que les autres, et c'est le
250 BÉVROLOGIE.
plus grand nombre, se portent entre les pyramides et les olives, et couvrent ces dernières d'une couche blanche variable suivant les sujets. La proportion entre les fibres qui passent au devant des pyramides et celles qui passent derrière , constitue la principale source des variétés des fibres arciformes.
Nous venons de voir, d'une part, que les pyramides antérieures ne sont pas constituées par les faisceaux blancs anté- Que devien- "eurs ^e 'a moe"e '■> d'une autre part, nous avons vu qu'au dunt bulbeîveieU n'veau dubulbe raehidien, les faisceaux postérieurs de la moelle d\ISiaemoeîilancs ^la'enl écartés en arrière : que deviennent les faisceaux ou cordons antéro-laléraux et les faisceaux postérieurs de la moelle au niveau du bulbe? Le voici.
Parvenus au collet du bulbe , les faisceaux antéro-latéraux et les faisceaux postérieurs, en un mot, tous les faisceaux blancs de la moelle entrent dans une combinaison nouvelle pour se partager en trois faisceaux : l'un, antérieur, c'est la pyramide
Leur sépara- antérieure, qu'on pourrait appeler faisceau cérébral du bulbe, tion en trois , ' \„ ., , . . - ,
faisceaux. parce qu en effet il est exclusivement destine au cerveau, ou nous le suivrons plus tard; l'autre, postérieur, corps restiforme, qu'on pourrait appeler fa isceau cérébelleux du bulbe , parce qu'il est destiné au cervelet ; le troisième, profond ou central, qui passe derrière l'olive, faisceau sous-olivaire , et va se jeter dans le faisceau de renforcement du bulbe. Le premier, comme nous l'avons vu , n'est nullement constitué par les faisceaux antérieurs de la moelle, mais bien par des faisceaux latéraux qui émergent de la profondeur de la moelle ; le second est constitué par les faisceaux postérieurs et la plus grande partie des faisceaux antéro-latéraux. Entre ces deux ordres de faisceaux , se voit la partie superficielle des olives. Le troisième faisceau, profond ou central, exige, pour être démontré, une préparation particulière : sa description est d'ailleurs inséparable de celle du faisceau de renforcement du bulbe. Lorsqu'à l'aide du jet d'eau ou par la dissection d'un bulbe durci ou non durci par l'alcool , on a enlevé successivement les pyramides et les corps restiformes, on voit que le bulbe est
bien loin d'être épuisé , et que chacune des moitiés de ce bulbe, est essentiellement constituée par un noyau très dense, qui semble résulter d'un mélange de substance grise et de substance blanche, et dont les pyramides et les corps restiformes ne sont en grande partie que le revêtement. Ce noyau, que j'appellerai faisceau de renforcement du bulbe, ou fais- Du faisceau
. , , de renforcement
ceau innomme, parce qu il ne correspond exactement a au- du buibe, ou
, .,,.,,, ,, , faisceau inno-
cune des parues décrues jusqu a ce moment, et qu il a ete miné, entrevu plutôt que nettement décrit, ce faisceau innominé, dis-je, naît au niveau de l'entrecroisement des pyramides, par une extrémité étroite; va grossissant de bas en haut, pour passer au dessus de la protubérance et se continuer, comme nous le verrons plus tard , avec la couche optique du côté opposé, après s'être entrecroisé avec son semblable au niveau des pédoncules cérébraux. La face interne ou médiane de chaque faisceau innominé est plane et répond à celle du côté opposé, dont elle est séparée par les fibres antéro postérieures médianes du bulbe. Sa face postérieure constitue la paroi antérieure du quatrième ventricule. Le corps restiforme l'embrasse en dehors comme dans une espèce de gouttière.
Le faisceau de renforcement ou innominé du bulbe a été n a été inditrès incomplètement décrit sous le nom de faisceau moyen aécrh, "sous1 \&
/* t * 1 - 1 • 1 • » !• . c • nom de faisceau
aisceau latéral, el considère comme exclusivement forme m0yen ou taté-
par toute la portion des cordons antéro-latéraux de la moelle ra " qui n'a pas concouru â la formation des pyramides ; mais il est de la dernière évidence que la plus grande partie.de ces faisceaux antéro-latéraux de la moelle vont constituer les corps restiformes, qu'une petite portion seulement (les fibres les plus profondes qui constituent le troisième faisceau blanc du bulbe) va se jeter dans le faisceau de renforcement du bulbe ; mais que ce faisceau de renforcement est essentiellement constitué par un (issu propre gris-jaunâtre, qui a quelque analogie avec la substance des couches optiques.
Le faisceau de renforcement, ou faisceau innominé du bulbe, est donc constitué : 1" essentiellement par un tissu propre;
252 NÉVU0L0G1E.
2° par des fibres blanches émanées des couches les plus profondes des cordons latéraux de la moelle, olivairesdesau- ^es ^res blanches appartenant au faisceau de renforcement teurs. me paraissent constituer les faisceaux olivaires des auteurs,
faisceaux qui sont accollés à l'olive, derrière laquelle ils sont silués, faisceaux qui ne vienuent pas de l'olive, comme leur nom semblerait l'indiquer, qui n'éprouvent pas de renforcement par l'addition de faisceaux venus directement de l'olive , ainsi que le prétendait Gall, et que nous appellerons faisceaux sous-olivaires , dénomination qui évitera toute confusion. Les faisceaux sous-olivaires répondent donc au faisceau moyen ou latéral des auteurs et vont concourir en partie à la formation des faisceaux innominés.
KéHér°a?PdSib°P *' su'1 ^e ce ^ni P^cède Que *e bulbe présente trois ordres be' de faisceaux blancs et un tissu propre : 1° les faisceaux pyra-
midaux; 2° les faisceaux restiformes ; 3° les faisceaux sousolivaires destinés au faisceau de renforcement du bulbe. Le tissu propre, qui occupe le centre du bulbe , constitue essentiellement le faisceau de renforcement.
Développement de la moelle.
La moelle se Chez le fœtus, du moment où la moelle commence à être
présente sous ,
l'aspect d'une autre chose qu une pulpe presque transparente, elle se présente
lame recouEbée ,' ,, . , ... , ,,
en cylindre. sous la forme d une lame qui se recourbe en cylindre d avant en arrière , et qui intercepte un canal médian , lequel se continue avec la cavité du quatrième ventricule, qu'on peut consi- Du canal cen- dérer comme son épanouissement. Ce canal central s'étrangle
tral de la moelle, en arrière, à sa partie moyenne, par la réflexion de la pie-mere :
il en résulte deux canaux latéraux, dont les parois, d'abord minces, vont en s'épaississant, et diminuent d'autant leur calibre, qui finit par disparaître à six ou sept mois. Une écorce blanche, mince, couvre toute la moelle ; les cordons médians postérieurs sont très développés et blancs , alors que les cordons anléro-latéraux sont encore demi-transparents ; la substance grise est molle, diffluente,et s'enlève à la manière d'une
pulpe. L'insufflation la plus légère creuse un canal au centre de chaque moitié de moelle.
Sous le rapport de la longueur, la moelle remplit la totalité Longueur de du canal vertébral jusqu'au troisième mois ; mais, à parlir de ie fœtus, cette époque, elle semble s'élever, et à la naissance, son extrémité inférieure répond à la deuxième vertèbre lombaire.
Sous le rapport du volume , la moelle épinière est, dans les volume, premiers temps, plus considérable relativement au cerveau, qu'elle ne le sera par la suite. Mais plus lard, le développement, proportionnellement beaucoup plus considérable du cerveau , donne l'avantage à ce dernier organe.
Tiedemann infère de l'étude du développement de la moelle, que la substance blanche préexiste à la substance grise , et qu'en conséquence, cette dernière ne saurait être la substance nourricière , la matrice de la substance blanche , ainsi que l'avait avancé Gall. Ce qu'il y a de certain, c'est que le développement des parois blanches du canal médullaire est antérieur à celui de la substance grise.
Développement du bulbe rachidien.
Dans les trois premiers mois de la vie intra-utérine , les li- Dubuibedans
• - ,. , les premiers
mues supérieures du bulbe rachidien ne sont pas marquées , mois. vu l'absence de la protubérance annulaire. Le cerveau du fœtus est donc, sous ce rapport, dans les mêmes conditions que celui des oiseaux , des reptiles et des poissons. Au quatrième mois apparaissent les fibres transversales de la protubérance, et la ligne de démarcation est établie.
Les deux moitiés du bulbe sont parfaitement distinctes , et Dvision du
, •»••!•• ^ j n •.■.•' bulbe en trois
chaque moitié se divise en trois cordons : 1 un, qui est destine au faisceaux. cerveau proprement dit , c'est le faisceau pyramidal ; un autre , qui va se continuer avec les couches optiques et les tubercules quadrijumeaux, c'est le faisceau de renforcement du bulbe; et un troisième, faisceau cérérébelleux, qu'on appelle corps restiforme.
Les faisceaux pyramidaux, aplatis dans le principe, comme ceux des mammifères, acquièrent, dans les derniers mois, le
254 NÉVROLOGÏE.
Les fais- volume el le relief qui les caractérisent. L'étude du bulbe chez
ceaux pyrami- „,»"„. , r .
daux n'appar un fœtus de sept a neuf mois, montre que les faisceaux pyrami-
tiennentpasaux • . ,. „ . "
cordons ante- daux ont une couleur gris-rose , tandis que les faisceaux antérieurs de la . , „ 1111 j-i i • ffleeiie. rieurs de la moelle ont toute la blancheur quus doivent présenter par la suite. Ces pyramides ne font donc pas suite aux faisceaux antérieurs de la moelle,
•L'entrecroisement des pyramides est on ne peut plus marqué dès la quatrième semaine de la vie fœtale. Faisceaux Les faisceaux dits olivaires (faisceaux sous-olivaires , partie
sous-olivaires. ,,„%., , , ,
du faisceau de renforcement du bulbe), situes en dehors des précédents, traversent comme eux la protubérance et vont gagner les parties latérales des tubercules quadri jumeaux, au dessous desquels ils se recourbent en voûte pour former la paroi supérieure de faquediic de Sylvius, Les corps olivaires, qui manquent chez les oiseaux, les reptiles et les poissons, n'apparaissent qu'à la fin du sixième mois de la vie fœtale ou au commencement du septième- Corps resti- Les faisceaux cérébelleux, ou corps restiformes, sontparfai-
formes. , ~
tement détachés des précédents. On distingue aussi dans le fœtus les petits faisceaux mamelonnés qui bordent de chaque côté le sillon longitudinal postérieur.
Usages de la moelle.
La moelle est La moelle est l'organe conducteur, d'une part, de toutes les
l'organe con- .
ducteur des im- impressions venues du dehors ou du dedans ; d une autre part,
pressions et des , , , , , .
mouvements, des ordres de la volonté pour la locomotion.
La section , la désorganisation , ou la compression forte de
la moelle, détruit tout sentiment et tout mouvement volontaire
dans les parties dont les nerfs communiquent exclusivement
avec la portion de moelle située au-dessous de la section.
Les faisceaux Les expériences de Charles Bell d'abord, et plus tard celles de
postérieurs sont ',__. ,. , ,, , . , , . , , ,
les faisceaux du M. Magendie , ont révèle, et les expériences innombrables et variées de mille manières de M. le docteur Longet (1) ont dé-
(1) Je doutais encore, après les travaux de Ch.BeJl et de M.Mitgendie ; le douta
montré avec la certitude des expériences physiques les plus incontestables, que les faisceaux postérieurs de la moelle sont exclusivement en rapport avec le sentiment, et les faisceaux antéro-latéraux de la moelle exclusivement en rapport avec le mouvement ; que les premiers faisceaux sont exclusivement en rap- Les faisceaux port avec les nerfs de la sensibilité qui y prennent tous leur fonir°iësalefaiUsorigine, et les derniers exclusivement en rapport avec les nerfs vemenu" m°U* du mouvement. Les faits d'anatomie pathologique, expériences toutes faites sorties des mains mêmes de la nature, sont parfaitement d'accord avec le résultat des expériences physiologiques.
L'opinion de Charles Bell , relativement aux faisceaux ou colonnes latérales de la moelle, qu'il suppose exclusivement affectés à la transmission du principe des actes mécaniques de la respiration, et à l'origine des nerfs en rapport avec ces mouvements, nerfs qu'il appelle respiratoires; cette opinion ne dans la moelle de peut être considérée que comme une hypothèse ingénieuse qui [X^spécia?.1" n'est appuyée sur aucun fait soit d'anatomie normale et pathologique, soit de physiologie expérimentale.
La moelle, considérée indépendamment du bulbe rachidien, n'agit sur les mouvements respiratoires, comme sur tous les mouvements volontaires, que comme cordon conducteur.
Il n'en est pas de même de bulbe rachidien si bien nommé Le bulbe ra-
, .... in • . ., . , chidien appar-
par quelques physiologistes bulbe respiratoire : il resuite, en lient essentieleffet, des belles expériences de Legallois, que le premier mo- piraiion. bile, le principe de tous les mouvements respiratoires, a son siège à cette partie de la moelle alongée (bulbe rachidien) qui donne naissance aux nerfs de la huitième paire, et M. le professeur Flourens, complétant en quelque sorte les travaux de Legallois par de non moins belles expériences, a établi qu'il existe dans le bulbe rachidien un organe qu'il nomme premier moteur du mécanisme respiratoire, point central du système
n'a plus été possible, après avoir été témoin des expériences si bien faites, si positives, de M, le docteur Longet,
point centrai nerveux, nœud vital. La limite supérieure de ce point central
du bulbe. . . . , , ,.
et premier moteur du système nerveux se trouve immédiatement au dessus de l'origine de la huitième paire, et sa limite inférieure à 3 lignes (6 millim.) à peu près au dessous de cette origine.
Or, remarquons , avec le célèbre académicien , que le principe qui ordonne et détermine le mécanisme des puissances respiratoires, n'est pas dans les nerfs pneumo-gastriques , puisque ces nerfs peuvent être coupés et ce principe persister, et que la respiration n'en continue pas moins pendant un temps plus ou moins long et même plusieurs jours après cette section (1).
De la moelle épinière, étudiée dans les quatre classes d'animaux vertébrés.
De la moelle Mammifères. La moelle épinière ressemble exactement à celle de chez les mam- l'homme chez les mammifères: sa longueur, son volume,' ses renflements, sont exactement proportionnels-à la myotilité et à la sensibilité des organes, avec lesquels elle communique par l'entremise des nerfs.
chez les oi- Oiseaux. La moelle épinière est proportionnellement beaucoup plus longue et beaucoup plus volumineuse chez les oiseaux que chez les autres animaux ; ce qui est en rapport avec la dépense énorme de force
Ventricule de musculaire que nécessite le vol. Elle présente deux grands renflements: l'un, qui répond à l'aile ; l'autre, plus considérable, qui est creusé d'un ventricule, et répond aux extrémités inférieures : ce ventricule était connu de Sténon, qui l'a décrit sous le nom de sinus rhomboulal.
D'après Nicolaï {Dissertatio de medullâ spinali avzum, Halle, 1811) et Tiedemann, la moelle épinière des oiseaux est creusée d'un canal central , que tapisse une couche mince de substance grise , non seulement à l'état embryonnaire, mais encore à l'état adulte.
De la moelle Reptiles. Dans tous les reptiles, la moelle est composée d'un canal
chez les repli- ,, , . , , . , ,
les, que tapisse, d'après Tiedemann, une couche mince de substance
grise : Batraciens , i° Chez les batraciens (crapaud, grenouille), la moelle n'occupe que la partie antérieure du canal vertébral. M. Desmoulins dit (tome 1,
(1) Lisez l'excellent ouvrage de M. Flourens, Recherches expérimentales sur les fonctions et les propriétés du système nerveax; 2e édition.
page 157) que la substance grise, dans cette espèce, est circonscrite à
la substance blanche. Celte opinion me paraît erronée;
2° Chez les ophidiens (serpens), la moelle remplit le canal vertébral Moelle chez
.les ophidiens , dans toute sa longuenr ; il y a absence complète de substance grjse,
qui est remplacée par de la sérosité : en sorte que chaque moitié de la
moelle épinière est creusée d'un canal.
3° Chez les sauriens (crocodiles , lézards), la moelle, à peu près Sauriens, uniforme et grêle, occupe toute la longueur du canal vertébral ;
4° La moelle épinière des chéloniens (la tortue), est la plus remar- chéloniens. quable de toutes dans sa forme, qui est bien propre à jeter du jour sur la loi qui préside aux dimensions de la moelle épinière. Trois renflements fusiformes sont séparés par deux étranglements : le renflement moyen répond aux extrémités supérieures, le renflement inférieur, aux extrémités inférieures : le premier étranglement répond au cou , le deuxième, au thorax.
Poissons. Chez les poissons , la moelle épinière occupe toute la De la moelle longueur du canal vertébral. Le calibre de la moelle est uniforme dans i^sp'oissons. M les cinq sixièmes antérieurs; il diminue, et se termine en cône dans le sixième postérieur. Chez tous, la substance grise manque: en sorte que la moelle est canaliculée. D'après Arsaki {Dissert, de piscium cere- E|!e esl cana. bro) et Tiedemann, le canal médullaire est tapissé par une couche mince licu,éede substance grise.
La baudroie {îophiuspiscatorius) et le tétrodon mâle présentent une fi. disposition remarquable : dans la baudroie, la moelle épinière perd de particulière de
... . ., , la moelle de la
son calibre au niveau de la troisième vertèbre cervicale; elle devient baudroie et du tout à coup extrêmement grêle, et se termine en pointe à la huitième vertèbre cervicale. Eh bien ! vingt-six paires nerveuses naissent de la partie volumineuse, et cinq ou six paires seulement de la portion filiforme. Dans le tétrodon, il n'y a pas de moelle, à proprement parler, ou plutôt elle est réduite au bulbe rachidien. Trente-deux paires de nerfs naissent du pourtour de ce bulbe.
De ces notions d'anatomie comparée, il suit: l°que la longueur et Conséquences le calibre de la moelle sont rigoureusement proportionnels à la force tlonsd'an'atomîê contractile et à la sensibilité des parties auxquelles elle correspond; conQParée- 2° que la substance grise n'est pas, à beaucoup près, aussi importante que la subslanee blanche, puisqu'elle manque dans un grand nombre d'espèces.
25* NÉVROLOGIE.
Bulbe rachidien dans la série des animaux vertébrés. Du bulbe ra- Chez les mammifères, le bulbe rachidien est construit sur le même
cbidien cheï les
mammifères, modèle que chez l'homme, mais les pyramides antérieures sont beaucoup plus petites, les olives semblent complètement effacées. On ne voit les tubercules cendrés de Rolando que chez l'homme. Chez l'homme seul se voient ces traclus médullaires de la paroi antérieure du quatrième ventricule, qu'on regarde comme constituant, au moins en partie, les racines du nerf auditif. Chez les oi- Le bulbe rachidien ne présente rien de particulier chez les oiseaux
sflggfet e,rep" et chez les reptiles. Dans les diverses espèces, son volume est toujours proportionné à celui des nerfs de la cinquième et surtout de la huitième paire, qui y prennent leur origine.
Du bulbe ra- Chez les poissons, on voit correspondre à ce bulbe une paire de
cbidien chez lss
poissons. lobes particuliers, qu'on a prise à tort, pendant longtemps, pour des
lobes latéraux du cervelet, et qui ont jeté beaucoup d'obscurité sur l'anatomie de l'encéphale de ces animaux. Desmoulins les appelle lobes du quatrième ventricule : nous les appellerons lobes de la huitième paire. Dans la raie, dans l'esturgeon, ce lobe est tellement développé, qu'il forme la moitié de la masse encéphalique. Dans la carpe, indépendamment des lobes latéraux que parcourent quelques libres blanches, il y a un lobe médian. Ainsi, on peut poser comme règle générale , que toutes les fois que la moelle épinière doit fournir des nerfs nombreux et volumineux , il y a un renflement ou un lobe. Ainsi, dans la torpille, chez laquelle les nerfs delà huitième paire, énormes, vont fournir à l'organe électrique, le lobe de la huitième paire a un volume extraordinaire. Dans les trigles, il y a, derrière le cervelet, une série de lobules qui répondent à des prolongements digitiformes particuliers destinés à la progression de ces animaux.
Les olives existent à leur summun de développement ehez l'homme; elles existent aussi, mais petites, chez les mammifères; elles disparaissent chez les oiseaux, les reptiles et les poissons. Je considère les olives comme des espèces de lobes à l'état rudimentaire.