‹ Traité d'anatomie descriptive (volume 4)Chapitre 30 sur 136 · CONFORMATION INTÉRIEURE DU CERVELET · texte numérisé non relu

CONFORMATION INTÉRIEURE DU CERVELET

La conformation intérieure du cervelet comprend : 1° l'étude

du quatrième ventricule; 2° l'étude de la substance même du cervelet.

Du quatrième ventricule."

Préparation. Sur un premier sujet: 1° diviser verticalement le lobe médian du cervelet ;' 2° sur un autre sujet, diviser verticalement la protubérance sur la ligne médiane ; 3° sur un troisième sujet, écarter le bulbe rachidien du cervelet. Par la première section, on met à découvert la paroi antérieure du quatrième ventricule ; par la seconde, on découvre la paroi postérieure. 4° Par l'écartement du bulbe et du cervelet, on arrive dans le ventricule par son extrémité inférieure, et la vue plonge dans toute sa profondeur. Jl importe d'étudier le quatrième ventricule sous tousses aspects.

. Le quatrième ventricule est cette cavité rhomboïdale inter- situation du

,,. . j, , ., , .,. ^ ,,. , , „ quatrième ven-

mediaire, d une part, au bulbe rachidien et a l isthme de 1 en- tricute. céphale, qui forment sa paroi antérieure, et, d'une autre part, au cervelet, qui constitue sa paroi postérieure. Les anciens l'appelaient avec Galien , ventricule du cervelet. Tiedemann le désigne sous le nom de premier ventricule, et se fonde sur la précocité de son développement, qui est antérieur à celui des autres ventricules, et sur son existence constante chez tous les mammifères.

Le quatrième ventricule, terminé en pointe inférieurement, Sa forme, s'élargit beaucoup à sa partie moyenne, et se rétrécit en haut, pour se continuer avec le troisième ventricule.

Nous considérerons, au quatrième ventricule, une paroi antérieure, une paroi postérieure, un plancher, deux orifices, l'un supérieur , l'autre inférieur, et deux angles latéraux. Sa direction est oblique en bas et en arrière.

Paroi antérieure ou inférieure. Elle est formée par la face sa paroi anpostérieure du bulbe rachidien et par la portion de l'isthme de féïîeure. °u m" l'encéphale qui répond à la protubérance. Cette paroi que nous avons décrite à l'occasion du bulbe rachidien et de l'isthme de l'encéphale, présente le sillon médian qui forme la lige du calamus scriptorius , et les tractus blancs que l'on a comparés aux barbes d'une plume. Sa figure représente un rhombe ou

294 NÏBYR0LOGÎE.

losange tronqué supérieurement , dont les bords supérieurs sont formés par les pédoncules supérieurs du cervelet, et dont les bords inférieurs sont formés par les corps resliformes : la face postérieure des faisceaux innommés du bulbe forme cette paroi antérieure que tapisse une membrane dense facile à séparer par la dissection. Une couche mince de substance grise diversement nuancée sépare cette membrane des faisceaux innominés.

Paroi posté- La paroi postérieure ou supérieure représente une espèce

rieure ou supe- * ' r r r

neure du qua- (je voûte que constituent : l°en haut, les pédoncules supé-

trieme venin- x ....

euie. rieurs du cervelet {processus cerehelli ad testes) et la valvule

de Vieussens déjà décrite ; 2° en bas, le cervelet, qui présente dans cette région trois éminences mamelonnées : une moyenne

, .Des trois et deux latérales, qui remplissent en quelque sorte toute la

éminences ma-

meionnées. capacité du quatrième ventricule. L'éminence moyenne est le segment le plus antérieur du vermis inferior, qui s'élève jusqu'à la valvule de Vieussens à laquelle il est contigu. Les deux éminences latérales sont formées par les segments les plus internes des lobules du bulbe rachidien, segments appelés i par quelques anatomistes, lobules ionsillaires. Les deux éminences latérales ne baignent pas dans le liquide ventriculaire , elles en sont séparées par la lamelle fibreuse du quatrième ventricule.

Éminencema- L'éminence mamelonnée moyenne (luette, Malacarne; émi-

melonnée me- . , . .

diane. nence mamillaire du vermis inferior, V ic-d Azyrj, que Lhaus-

sier a cru devoir, mais à tort, séparer du vermis inferior, et qu'il a désignée sous le nom de tubercule lumineux du quatrième ventricule , ressemble à une soupape mobile. Elle tient au cervelet par deux pédicules blancs qui se portent en dehors et en arrière, sur les branches latérales de l'éminence cruciale ses deux ra- que représente le vermis inferior. Elle otïre en outre deux replis larges et minces assez analogues par l'épaisseur au septum lucidum, et qui me paraissent formés par un repli de la membrane interne doublé d'une lamelle médullaire très mince : replis semi-lunaires , qui, nés des parties latérales de ce ma-

melon , vont se continuer avec la racine du lobule du nerf pneumo-gaslrique (1).

Ces replis, qui ne sont autre chose que les valvules de Valvulei de m • , ^ « • i ,. . Tarin.

lann{V), sont extrêmement minces, demi-transparents, adhérents à la paroi postérieure du quatrième ventricule par leur bord convexe, libres par leurs deux faces et par leur bord concave. Les deux replis semi- lunaires et l'éminenee mamelonnée médiane représentent très bien le voile du palais dont l'éminenee mamelonnée figurerait la luette. Ces replis ne méritent d'ailleurs nullement le nom de valvule, ainsi que le fait remarquer Vieq-d'Azyr, qui les appelle tout simplement lames semilunaires de l'éminence mamelonnée du vermîs inferior.

Plancher et orifice inférieur du quatrième ventricule.

1° Plancher du quatrième ventricule. Si on écarte avec pianeher du précaution le bulbe fachidien du cervelet, on met en évidence ?ricute.me ven" une lamelle fibreuse, étendue de l'un à l'autre, et qui sert, en quelque sorte, de plancher au quatrième ventricule. Cette lamelle, qui se continue avec le névrilème du bulbe, présente trois parties bien distinctes : 1° une médiane, en forme de languette triangulaire, qui se porte horizontalement en arrière, et s'applique contre le prolongement antérieur du vermis auquel elle adhère; 2° deux latérales triangulaires, qui forment les côtés de l'orifice du quatrième ventricule, et qui ont été décrites, à tort, sous le nom de valvules de Tarin.

(l)L'éminence mamelonnée méJianedu vermis et les deux replis connus sous le nom de valvules de Tarin, représentent assez bien le bord libre du voile du palais, d'où probablement le nom de luette, donné par Malacarne à celte éminence médiane, et le nom A' amygdales, lobules tonsillaires, donué-s aux lobules du bulbe qui proéminent ae cbaque côté dans le quatrième ventricule.

(2) La description que donne Tarin est si peu explicite, que les anatoaiistes ne partagent pas tous la même opinion au sujet de ces valvules, et que j'avais pu croire moi-même que Tarin avait décrit sous le nom de valoulœ semi cifculares, inferiores et poslcriore quarti ventriculi, les deux languettes névr-ilématiques qui bordent de chaque côté l'orifice du quatrième ventricule.

296 NÉVROLOGIE.

Indépendamment de celle lamelle fibreuse, le plancher du quatrième ventricule présente une autre lamelle également fibreuse située derrière les filets d'origine du nerf pneumo-gastrique , auxquels elle adhère, et que nous appellerons pour cette raison, Lamelle fi- lamelle du nerf pneumo-q as trique. Cette lamelle ferme, sur

breuse du nerf ' * u * ■

pneumo-gastri- les côtés du bulbe, le quatrième ventricule, qui est largement

ouvert lorsqu'elle a été enlevée. Elle s'étend du corps resti-

forme au lobule du nerf pneumo-gastrique, et se prolonge en

haut sur le nerf auditif.

Orifice infé- 2° Orifice inférieur du quatrième ventricule. Si on écarte

rieur du quatne= ' ' *

me ventricule le bulbe rachidien du cervelet, on aperçoit sur la ligne médiane , entre les artères cérébelleuses inférieures, une ouverture losangique, limitée : 1° en avant, parle bec du calamus ; 2° en arrière, par le prolongement antérieur du vermis inférieur que tapisse la languette médiane de la lamelle fibreuse ; sur les côtés et en avant, par les bords comme déchirés des languettes latérales; 3° latéralement et en arrière, par le côté interne des lobules du bulbe rachidien.

Cette ouverture, signalée par M. Magendie comme établissant une communication entre le liquide ventriculaire et le liquide sous-arachnoïdien, est-elle normale, est-elle accidentelle, et seulement le résultat de la manière dont on procède à sa démonstration ? Voici les raisons pour et contre, sembientmiiiter ^es raisons qui semblent militer contre l'existence d'une outence!S°nexis" verture en ce lieu, sont : 1° la disposition du pourtour de celle ouverture, qui ne présente aucun des caractères des ouvertures naturelles, lesquelles sont lisses et arrondies. Ici, les bords sont lacérés, presque toujours il reste des débris de membrane au bec du calamus. Si l'on détache l'espèce de languette triangulaire qui est accollée au vermis inférieur, on voit que cette languette n'est autre chose qu'un lambeau détaché de cette membrane, dont les dimensions sont exactement en rapport avec l'ouverture qu'elle obture complètement. On peut rendre la chose plus évidente encore, en examinant la membrane fibreuse d'avant en arrière, après avoir divisé la protubérance et le bulbe rachidien.

2° J'ai trouvé la lamelle fibreuse qui forme le plancher du quatrième ventricule, indivise chez le chien et chez le mouton ; je l'ai rencontrée cinq ou six fois indivise chez l'homme : que si l'on objecte qu'il pouvait y avoir, dans ce cas, oblitération accidentelle, je répondrai qu'il n'existait aucune trace de travail morbide , soit dans l'axe céphalo-rachidien , soit dans sa membrane.

3° Dans plusieurs cas d'hydrocéphale chronique, il existait, dans les ventricules plusieurs livres de liquide. Le tissu cellulaire sous-arachnoïdien de la moelle ne contenait que la quantité normale ;

h6 Dans le cerveau de plusieurs enfants morts avec tous les symptômes d'hydrocéphale^ventriculaire aiguë, j'ai trouvé les ventricules latéraux très vastes, mais vides ; je me suis demandé si, dans ce cas, la membrane rompue n'aurait pas donné passage au liquide, tandis que, dans les cas ordinaires, elle résisterait à son écoulement.

Tels étaient les arguments qui me paraissaient militer en fa- RaisoDsquimiveur de la non-existence de l'ouverture du plancher du qua- d'een rexistlnce

. .% . . , -=kr . . ,., .jv d'une ouverture

tneme ventricule. Mais si 1 on considère : de communica-

1° Que dans l'immense majorité des cas, quelque précaution quatrfem^venque l'on prenne pour l'extraction du cerveau, et chez le fœtus uàsu "ceiîuiaire et chez l'adulte, on rencontre toujours celle ouverture ; sou^-arachnoi-

2° Que dans l'apoplexie ventriculaire, on rencontre toujours de la sérosité sanguinolente dans le tissu cellulaire sous-arachnoïdien de la moelle ;

3° Que si on injecte un liquide coloré dans les ventricules cérébraux, il pénètre constamment dans le tissu cellulaire sous-arachnoïdien de la moelle, et réciproquement ; on sera conduit à admettre qu'il existe une communication constante entre la sérosité ventriculaire et la sérosité qui occupe le tissu cellulaire sous-arachnoïdien de la moelle ; que c'est l'orifice que je viens d'indiquer qui est le moyen de communication ; que l'occlusion de cet orifice est l'cxceptiou et non la règle.

Pour terminer la description du quatrième ventricule, il me

298 KÉVROLOGIE.

reste à parler de son angle supérieur, et de ses angles latéraux, et enfin, d'un organe vasculaire particulier, tout à fait semblable au plexus choroïdien des ventricules latéraux et que pour cette raison, on peut appeler plexus choroïdien du quatrième ventricule.

Angle supé- A Vanqle supérieur de la cavité rhomboïdale qu'il repré-»

rieur du qua- ut i r

trième ventri- sente , le quatrième ventricule se continue avec le troisième cule. 7-1

ventricule ou ventricule moyen , à l'aide d'un aqueduc appelé aqueduc de Sylvius, bien qu'il se trouve décrit dans Galien, aqueduc qui est creusé sous les tubercules quadrijumeaux et sous la valvule de Vieussens.

latéraux. a"8 eS Les angles latéraux du quatrième ventricule sont très prolongés et atteignent jusqu'à l'extrémité interne du corps rhomboïdal du cervelet, corps rhomboïdal que nous décrirons à l'occasion de la structure.

Plexus choroïdievis du quatrième ventricule.

Situation, di- ^ti nombre de deux, les plexus choroïdien» du quatrième'

recLion et trajet ' r *

du pi xus cho- ventricule commencent à côté l'un de l'autre, par une extré-

roidien du qua- ' '

trierue ventri- m\\& lrès ténue, sur la face antérieure de la languette médiane

cule. ' °

de l'orifice inférieur du quatrième ventricule, languette médiane que nous avons dit rester attachée au vermis inférieur, se portent, en divergeant, en haut; s'infléchissent en dehors; contournent les côlés de l'éminence médiane du quatrième ventricule ; se portent ensuite horizontalement en dehors, derrière les corps restiformes, puis derrière la lamelle fibreuse du nerf pneumo-gastrique, et s'élargissent considérablement dans ce point , pour se terminer sur le lobule du nerf pneumo-gasirique.

Membrane interne du quatrième ventricule.

L'espace lisse et poli que présente la surface du quatrième vemricule, est dû à la présence d'une membrane d'apparence séreuse, laquelle fait suite à la membrane qui tapisse les autres ventricules. Celte membrane, qui durcit notablement

par l'immersion prolongée dans l'alcool, est beaucoup plus résistante au niveau de la face postérieure du bulbe que dans tout autre point. J'examinerai sa nature à l'occasion des ventricules du cerveau.

Structure du cervelet.

Etude du cervelet par des coupes.

Si on entame le cervelet, on voit qu'il est composé de deux Des deux sub-

. ,, „ . .. t •■) stances du cer-

subslances : 1 une, superficielle, corticale, qui est grise; 1 autre, vetet, centrale, me'dullaire, qui est blanche: la substance grise est molle et s'enlève presque toujours en partie avec les membranes pour peu que le cervelet soit altéré par la putréfaction ou seulement par la macération. La substance blanche présente une assez grande densité pour résister à une assez forte pression.

Entre la substance grise et la substance blanche, se voit , Liseré jauoâ-

j . - j »• i • a, i- ' tre iniermédiai-

dans les coupes, une espèce de liseré jaunâtre .- ce liseré ap- re à la substance partient à une lame de même couleur, bien plus résistante que ftauce blanche" la subsiance grise, et très adhérente à la substance blanche. La macération, en détruisant la subsiance grise, met ânu cette lame jaune. Il y a donc, dans le cervelet, trois substances, la grise, la jaune et la blanche. Je compare la lame jaune du cervelet à la membrane jaune plissée des olives (1).

Une question se présente ici: quelle est la proportion qui proportion existe entre la subsiance grise et la substance blanche? Pour bfa'che^fde'ia peu qu'on examine avec attention une coupe du cervelet, on substa"cegrise" voit que la substance grise prédomine : on peut, d'ailleurs, le démontrer d'une manière rigoureuse, en soumettant le cervelet à la macération pendant quelques jours. La substance grise, plus altérable , s'enlève à la manière d'une pulpe , et le noyau restant de subsiance blanche, représente à peine le tiers du cervelet en poids et en volume.

(1) Rolando, Osservazioni suV ccrveletto, p. 187, 1823, me parait avoir établi le premier le fait de l'existence de trois substances, la medollare , la cinercn-rossigna et la einerea estema eariiccle.

On peut dire, avec vérité, que c'est la substance grise qui domine dans le cervelet, et que c'est la substance blanche qui domine dans le cerveau.

Cela posé, étudions : 1° les coupes verticales ; 2° les coupes horizontales du cervelet.

Coupes verticales.

coupes verti- Les coupes verticales ante'ro-postérieures donnent une fipostérieures, gure très élégante, connue sous le nom pittoresque $ arbre de vie, dénomination déduite, soit de l'importance qu'on adonnée à cette structure du cervelet, soit de sa ressemblance avec le feuillage du thuya ou arbre de vie. Pratiquée sur la ligne médiane, cette coupe donne ¥ arbre de vie du lobe médian ; sur les côtés, ï arbre de vie des lobes latéraux.

Arbre de vie L' arbre de vie du lobe médian est formé par un noyau du lobe médian.

central de substance blanche, de forme triangulaire, duquel partent deux branches principales, l'une inférieure, qui fournit au vermis inférieur et au vermis postérieur, c'est à dire, à toute la partie antérieure et postérieure du lobe médian ; l'autre, supérieure, qui fournit à tout le vermis supérieur. Ces deux branches se subdivisent en six rameaux variables, pour la direction , la longueur et l'épaisseur, lesquels se subdivisent en rameaux secondaires, et ceux-ci en ramifications. Un petit renflement de substance blanche s'observe toujours dans le lieu des divisions.

Formerotacée une ]âme jaunâtre très mince , et plus en dehors , une

du lobe médian. J r

couche de substance grise, épaisse d'une ligne (2 à S millim.), revêt chacune de ces ramifications , de ces rameaux et de ces branches , pour constituer les lamelles , les lames et les segments du lobe médian.

Cette coupe permet de constater : 1° l'existence du lobe médian du cervelet ; 2° la continuité du vermis supérieur, du vermis postérieur et du vermis inférieur; 3° la forme générale du lobule médian, qui est rotacé ou en roue (l'éminence mamelonnée du vermis inférieur, éminence qui est tout à fait anté-

rieure, et qui arrive au contact avec la valvule de Vieussens) ; U° le nombre et l'arrangement des segments, lames et lamelles du cervelet ; 5° enfin la disposition de la valvule de Vieussens, qui n'est autre chose que la ramification la plus supérieure du noyau central , et qui peut être considérée comme une demilamelle du cervelet.

Arhr'e de vie des lobes latéraux. Une coupe verticale, di- Arbre de vie

» ■• r i i i i . e • des lobes laté-

ngee des pédoncules moyens du cervelet vers sa circonférence, raux. donne l'arbre de vie des lobes latéraux.

1° On voit au centre de chaque lobe un noyau blanc central, N blanc duquel partent quinze ou seize prolongements principaux, ou cenlralbranches, qui deviennent eux-mêmes les noyaux d'autant de segments. Ces branches se divisent en rameaux secondaires, et ceux-ci en ramifications. Une lame jaunâtre revêt ces divisions successives. Une couche grise, épaisse d'une ligne (2 à 3 millinO, se moule exactement sur elles.

2° Il n'est pas moins facile de constater que les segments du cervelet sont très inégaux par leur volume, par leur direction, et par leur mode de division ; 3° que les segments supérieurs inégalité des

segments.

sont les plus petits, les segments de la circonférence les plus

volumineux (1), que les segments inférieurs tiennent le milieu;

4° qu'il n'existe aucun vide entre les segments ; que les lames

et même les lamelles remplissent les intervalles de ces segments;

5° que ces segments sont recourbés sur eux-mêmes d'arrière rotacéeSdes lo-

en avant, pour constituer une espèce de roue ou de cercle dans le sent^o-

horizontal, dont le champ est perpendiculaire au champ du riZ0Iltal-

lobule médian , que nous avons vu représenter une espèce de

roue verticale.

Au centre du noyau blanc de chaque moitié du cervelet, à une moindre distance du plan supérieur que du plan inférieur

(1) Le segment de la circonférence, qui est le plus volumineux, se divise immédiatement en deux segments plus petits : la coupe que je décris montre que c'est à tort qu'on a admis sur la grande circonférence du cervelet un sillon horizontal, qui irait de l'un à l'autre pédoncule cérébelleux moyen.

302 NÉVROLOGIE.

Corps rhom- du cervelet, se voit le corps rhomhoïdal de Vieussens , corps

boï.lal ou ci- , , ... . ,

liaire. denteleoa festonne de Vicq-d Azyr, corps cinaire (1), dont la

forme est ovoïde, dont l'enveloppe membraneuse jaunâtre, dense et plissée en zigzag, représente trait pour trait les olives, et que j'ai, par cette raison, coutume de décrire sous le litre à'olive ou corps olivâtre du cervelet. Gail et Spurzheim l'ont considéré comme un ganglion de renforcement : de là le nom de ganglion du cervelet sous lequel ils l'ont décrit.

Son plus petit diamètre, qui est vertical, est égal au tiers du pius grand diamètre, qui est horizontal : dans un cas où ce dernier diamètre avait 15 lignes (33 millim.), le premier avait Sondiaméire. 5 lignes (11 millim.). Au reste, le volume de l'olive cérébelleuse varie chez les divers sujets , et se trouve toujours en raison directe du volume du lobe latéral du cervelet: c'est pour cela qu'il est beaucoup moins développé chez les animaux que chez l'homme.

Des pédoncules du cervelet. Du noyau central de chaque lobe latéral, parlent, ou, si l'on veut, au noyau central aboutissent, les pédoncules du cervelet, qui sont au nombre de six, trois de chaque côté, et divisés en supérieur, moyen , et inférieur.

Pédoncules LeS pédoncules supérieurs du cervelet sont généralement

supérieurs du * ' D

cervelet. connus sous le nom de processus cerebelli ad testes. Ils se

voient au devant du vermis supérieur, et semblent se porter

des parties latérales du lobule médian aux tubercules quadri-

jurneaax. Nous verrons que ce n'est là qu'une simple apparence.

Pédoncules Les pédoncules inférieurs {processus cerebelli ad medulinférieurs. ' N . , .„ ,

lam) ne sont autre chose que les corps restiformes, et établissent une communication intime entre le cervelet et la moelle.

(1) Pour diviser le corps rhomboïdal, il faut que la coupe longe les pédoncules inférieurs du cervelet. Je conseille, pour se faire une bonne idée de l'analogie qui existe entre i'olive du cervelet et l'olive du bulbe, de diviser par la même coupe et le corps rhomboïdal et le corps olivaire du bulbe chez le même sujet.

Enfin, les pédoncules moyens , pédoncules cérébelleux , Pédoncules cuisses de la moelle allongée , antérieurs aux deux précédents, occupent la partie antérieure de la circonférence du cervelet, et se continuent sans ligne de démarcation avec la protubérance.

Coupes horizontales.

Les coupes horizontales du cervelet, étudiées avec tant de Etude du cer-

vtMtît oïl* des

soin, et parfaitement figurées par Vicq-d'Azyr , démontrent que coupes horizonles dimensions du noyau médullaire central dans le sens horizontal, sont de beaucoup supérieures à celles de ce même noyau médullaire dans le sens vertical (1).

Ces coupes horizontales, qui doivent être faites parallèlement Disposition

y , n ■ • j i , . -, ■ i ,• tantôt parallè—

a la face supérieure du cervelet, permettent de voir la dispo- je, lanooobiisilion respective des lames, tantôt parallèles, tantôt ob'iques ^f. es ame" les unes par rapport aux autres, dont les unes parcourent toute la circonférence de l'organe, dont les autres se terminent par une extrémité effilée, pour renaître bientôt, en passant de l'un à l'autre segment.

Enfin, ces coupes horizontales permettent de voir la continuité du loue cérébelleux droit avec le lobe cérébelleux gauche, par l'entremise du lobe médian. Dans le lobe médian, les , Continuité du

' r ' lobe droit et du

lamelles présentent plus d'irrégularité que dans les lobes laie- ipbi gauche éta-

1 i a a bl,tf , ar le lobe

raux ; elles se coupent sous divers angles, se reconstituent en médian, quelque sorte sous de nouvelles combinaisons, de telle sorte que plusieurs anatomistes ont admis un véritable entrecroisement dans celte partie médiane du cervelet.

Le lobe médian présente aussi son centre médullaire, qui unit les centres médullaires latéraux; en sorte que, dans une coupe qui réussit bien, on peut obtenir une espèce de centre ovale cérébelleux, analogue au centre ovale de Vieussens.

(1) Il y a, pour chaque lobe du cervelet, un centre médullaire, analogue au centre médullaire des hémisphères cérébraux, c'est à dire, un heu, où la coupe horizontale offre des dimensions plus considérables qu'en tout autre point.

304 NÉV110L0GIE.

Etude du cervelet par le jet d'eau, et parle durcissement. Décomposition A. Etude par le jet d'eau. Un filet d'eau projeté sur les

du noyau blanc • ■ i . , , . , ,

du cervelet en coupes verticales du cervelet, décompose le noyau blanc cende lameUes. " e tral de chaque lobe latéral en une multitude de feuillets d'une extrême ténuité, lesquels vont constituer les différentes lames ou lamelles du cervelet. Toutes les lames ou lamelles du cervelet aboutissent au noyau central du lobe correspondant. Disposition en Chaque lamelle représente une sorte d'éventail, dont le bord

éventail de cha- r '

que feuillet. adhérent, très étroit et concave, appuie sur le noyau central avec lequel il se continue manifestement, et dont le bord convexe répond à la surface du cervelet. C'est une chose belle et curieuse à voir, que toutes ces lamelles , les unes ascendantes, qui vont constituer les segments, lames et lamelles du plan supérieur du cervelet; les autres descendantes, pour constituer Arrangement i£s serments, lames et lamelles du plan inférieur; les inter-

de ces feuillets.

médiaires horizontales et obliques pour constituer les mêmes parties de la circonférence du cervelet. Au niveau de chaque embranchement, il semble qu'il y ait un renflement qui résulte, non d'une augmentation réelle de substance blanche, mais d'un écartement des lamelles.

La disposition La structure du cervelet, considérée d'une manière générale,

lctiïicllt usg est-"

elle le dernier est donc lamelleuse. Du noyau central blanc, partent d'in-

terme de l'ana- ,, .

lyseanatomiquo nombrables lamelles, lesquelles juxta-posees , sans se con-

du cervelet

fondre jamais, forment des groupes qui se divisent en groupes secondaires, tertiaires, comme les rameaux de l'arbre de vie : en sorte que la dernière lamelle contient au moins deux feuillets. La disposition lamelleuse est-elle le dernier terme de l'analyse anatomique? Chaque lamelle présente des stries radiées : or, ces stries radiées attestent-elles une disposition linéaire ou fibreuse du cervelet? Ces lamelles se divisent bien dans le* sens des stries, mais la disposition fibreuse ou linéaire est loin d'être anatomiquement démontrée..

Dans le noyau central, les lamelles, plus fortement pressées les unes contre les autres, se dissocient plus difficilement sous

l'action du jet d'eau, que les lamelles plus excentriques; le corps rhomboïdal , qu'on peut appeler olive cérébelleuse , résiste beaucoup plus que toutes les autres parties du cervelet. Le jet Dédoublement

,, ., . , H . " ,.'•'•. -de l'olive ceré-

deau finit cependant par 1 entamer a son extrémité interne qui beiieuse par te semble naturellement ouverte, et parla diviser endeuxmoiliés, ]el eau' l'une supérieure et l'autre inférieure. On voit alors que l'aspect dentelé de la coupe de cette olive résulte du plissement de la lamelle jaunâtre et dense qui en forme l'écorce; que la substance blanche pénètre dans l'intérieur de l'olive , par son côté interne, en même temps qu'un grand nombre de vaisseaux ; que cette substance blanche forme des lamelles qui vont se terminer à tous les points de la lamelle jaunâtre : en sorte que l'olive cérébelleuse représente un petit cervelet. B. Etude du cervelet durci. L'élude du cervelet durci par Étude du cer-

vclsl durci

l'alcool ou par la coction dans l'huile, dans l'eau salée, ou par la macération dans l'eau chargée d'hydrochlorate de soude et de deuto-chlorure de mercure, à la manière de Rolando, confirme tous les résultats obtenus par le jet d'eau.

Ces dernières préparations permettent en outre d'étudier Rapports du

, in- i • D i , noyau central

mieux qu on ne peut le laire par le jet deau , les rapports du de chaque lobe

3V6C lfiS D6~

noyau central de chaque lobe avec les pédoncules cérébelleux : doncuies cére-

brsux

on voit de la manière la plus manifeste ces pédoncules émaner du noyau central ou y aboutir. Il est d'ailleurs bien difficile de déterminer la part qu'ils prennent à la formation de ce noyau central. Tout ce que nous savons, c'est que, du moment qu'ils émergent du noyau central, ils présentent une disposition fasciculée, et que toutes les lamelles et lames cérébelleuses semblent aboutir aux fibres du pédoncule moyen.

Idée générale du cervelet.

Il résulte de ce qui précède: 1° que le cervelet est constitué par deux lobes latéraux et un lobe médian ; 2° que les lobes sont formés par un nombre considérable de segments qui se subdivisent en segments plus petits, en lames et en lamelles; 3° que chaque lobe est constitué par un noyau central sur le-; Cu 20

306 NÉYROLOGIE.

quel s'appuieut tous les segments, et qui est en outre l'abouiis-

idée générale sant ou le point de départ des pédoncules; 4° que les pédon-

ments, lames et cules présentent une disposition linéaire ou fasciculée; que le

lamelles du cer-

veiet. noyau central offre la même structure , mais d'une manière

moins évidente; 5° que la substance blanche des segments du cervelet est formée par des lamelles appliquées les unes contre les autres sans qu'il existe entre elles une véritable continuité; 6° que chaque lamelle a la forme d'un évantail, et que les feuillets qui constituent le noyau central de chaque segment se séparent pour aller former les segments secondaires, les lames et lamelles ; 7° que la moindre lamelle du cervelet est constituée par deux feuillets de substance blanche revêtues par une couche jaunâtre très mince, recouverte elle-même d'une couche assez épaisse de substance grise ; 8° que le corps rhomboïdai ou olive du cervelet est formé par des fibres ou lames de substance blanche, lesquelles s'irradient pour venir se terminer aux divers points de la surface interne de la membrane jaune et dense qui en constitue i'écorce.

Théorie de Théorie de Gall. Gall a donné du cervelet une théorie fort

Gal1* ingénieuse, qui est assez généralement admise aujourd'hui,

bien qu'elle offre un grand nombre de points vulnérables.

La direction opposée des pédoncules du cervelet lui a suggéré l'idée des faisceaux divergents et des faisceaux convergents, auxquels il $ associé sa théorie sur les ganglions, qu'il considère comme "aes moyens de renforcement, c'est à dire , comme des points d'origine de nouveaux faisceaux. Faiseeaux D'après cet auteur, les pédoncules inférieurs du cervelet ou

P"^1*' corps restiformes , qu'il appelle faisceaux -primitifs du cervelet , seraient les racines , les faisceaux d'origine du cervelet. A peine ont-ils pénétré dans l'organe à une profondeur de quelques lignes, qu'ils rencontrent le corps rhomboïdai ou olive cérébelleuse , qtgg Gall considère comme un véritable Gangjiqg du ganglion , un appareil de naissance et de renforcement d'une grande partie de la masse nerveuse du cervelet. Suivant lui , à chaque dent de l'olive cérébelleuse répondrait une

branche nerveuse principale. C'est de ce ganglion que partiraient tous les prolongements nerveux, lesquels, recouverts par la substance grise , forment le lobe médian et les lobes latéraux.

Indépendamment des faisceaux précédents ou faisceaux divergents , qui constitueraient, d'après Gall, les appareils de formation en faisceaux primitifs, il existe des faisceaux ner- Faisceaux

, rentrants ou

veux, rentrants ou convergents, qui constitueraient les appa- convergents.

relis de réunion , les commissures du cervelet : ces faisceaux convergents n'auraient aucune connexion immédiate, ni avec les faisceaux primitifs , ni avec le corps rhomboïdal ; ils émaneraient tous de la substance grise de !a surface du cervelet , et se porteraient dans diverses directions entre les filets divergents pour aller constituer les pédoncules cérébelleux moyens et la protubérance que Gall considère comme la co?mnissure du cervelet.

Quant aux pédoncules supérieurs du cervelet, Gall les regarde comme les faisceaux de communicatron du lobe médian du cervelet avec les tubercules quadrijumeaux. La valvuïe ùe Vieussens serait la commissure de ces pédoncules.

Nous ne pouvons considérer la théorie de Gall sur le cerve- La théorie de

i . i i i • - ■ t> - i * t Galt est nyp°-

let que comme une hypothèse ingénieuse. Pourquoi Iespedon- théuque.

cules inférieurs sont-ils les racines , les faisceaux primitifs du

cervelet plutôt que les pédoncules supérieurs ? qui a vu ces

faisceaux primitifs se renforcer dans l'olive cérébelleuse?

Pourquoi considérer l'olive cérébelleuse comme un ganglion ?

Pourquoi cette distinction des faisceaux en divergents et en

convergents (1) ? Pourquoi cette doctrine sur les appareils de

(1) « Ces fibres rentrantes, » dit Tiedernann (traduct. française par Jourdan, page 169), « sont des êtres chimériques; car la protubérance annulaire et les <c fibres médullaires qui la constituent, existent déjà dans le fœtus âgé de quatre « mois, c'est à dire, à Une époque où l'on ne trouve ni branches, ni rameaux, « ni même encore de feuillets qui soient couverts de substance corticale: Gall « les fait donc naître de parties qui ne se montrent qu'après elles. » La réfutation de Tiedemann me paraît elle-même reposer sur hypothèse ; car il n'est nulle»

308 NÉVROLOGIE.

renforcement dans lesquels s'engendreraient de nouvelles fibres nerveuses ? Pourquoi ce langage figuré, métaphorique , lorsqu'il s'agit de questions purement anatomiques. Théorie de Ihéorie de Rolando . Une autre théorie du cervelet a été

Rolando. ,

donnée par Rolando, qui , rapprochant les résultats qu il avait obtenus sur le cervelet durci par une forte solution saline, de ceux que lui avait fournis l'anaiomie du cerveau du squale , et de ceux puisés dans l'étude de l'évolution du cerveau du poulet, a considéré le cervelet de l'homme comme formé par une grande vessie dont les parois, froncées et plissées sur ellesmêmes, constitueraient les divers ordres de sillons qui divisent le cervelet en lobules, lames et lamelles (1).

Les faits qui précèdent réfutent surabondamment cette hypothèse, ce qu'il y a de Ce qu'il y a de positif, c'est que ie cervelet est formé de la si°ruoturems du réunion de deux lobes latéraux et d'un lobe médian ; les lobes eux-mêmes sont formés par un nombre considérable de segments, qui se divisent en segments plus petits, en lames et en lamelles. La structure du cervelet est lamelleuse, et les lamelles sont striées , chaque lamelle contient deux feuillets de substance blanche recouverts de substance grise. Le cervelet communique avec la moelle par les pédoncules inférieurs ou corps resliformes , que nous avons vus faire suite aux cordons postérieurs et aux cordons antéro-latéraux de la moelle; il communique avec le cerveau, par les pédoncules supérieurs, processus cerebelli ad testes, qui seraient mieux nommés

ment prouvé que la formation de la substance grise soit postérieure à celle de la substance blanche ; et les recherches de M. Baillarger (Mém. de l'Acad. roy. de méd. 1840), ont d'ailleurs prouvé que l'époque de l'apparition de la substance grise est beaucoup plus précoce que ne le dit le célèbre anatomiste Allemand, qui fait déposer la substance grise à la surface de la substance blanche du cervelet, au commencement du neuvième mois seulement.

(1) Osservazioni sut' cerveletto, p. 187. Daus le squale, le cerveau est formé par une double lame grise et blanche, plissée un grand nombre de foi sur elle-même.

processus cerebelli ad cerebrum: car nous avons vu que les pédoncules supérieurs , au lieu de s'arrêter aux tubercules quadrijumeaux, se portent au dessous d'eux, et s'unissent aux faisceaux innommés. Nous verrons plus tard que ces pédoncules supérieurs traversent les couches optiques et les corps striés, pour se terminer dans les hémisphères. Les pédoncules moyens et les fibres transverses de la protubérance établissent une communication intime entre les deux lobes du cervelet (1).

Développement ou évolution du cervelet.

Le cervelet n'apparaît que quelque temps après la moelle Epoque et

, . ., T1 . ,. , .. , , ,, , mode d'appari-

epiniere. 11 consiste a abord en deux lamelles, prolongements uon du cervelet.

de la moelle, qui se rapprochent vers la ligne médiane : ce sont

les pédoncules cérébelleux inférieurs, ou corps restiformes.

Le cervelet de l'homme représente assez bien , à cette époque ,

le cervelet des poissons et des reptiles. Au quatrième mois , le du cervelet

, „ . ./. i ..au quatrième

cervelet lorme une espèce de ceinture uniforme, de quatre lignes mois,

de large, autour des tubercules quadrijumeaux et du bulbe ra-

chidien. La protubérance annulaire se montre déjà ; il y a un

vestige du corps rhomboïdal ; la surface du cervelet est alors

uniforme et complètement dépourvue de sillons. A cinq mois, au cinquième

... . , . . , mois,

quatre sillons transversaux apparaissent; la section verticale du cervelet présente cinq branches, mais il n'y a pas encore de lames et de lamelles : point encore de distinction entre la partie moyenne et les parties latérales du cervelet. Au sixième mois, au sixième

...... i . „ , , , . ... , mois,

division du cervelet par 1 echaticrure postérieure; salons de

divers ordres; corps rhomboïdal volumineux. Dans les trois D^nsiestrois

. . . , , . , , . , .. . . , derniers mois.

derniers mois, les hémisphères acquièrent peu a peu !a prédominance qu'ils auront, après la naissance, sur la partie moyenne.

(i) L'effet croisé pour l'action du cervelet n'est pas encore parfaitement démontré : un certain nombre de faits, qui établissent que l'atropbie d'un des hémisphères du cerveau coïncide avec l'atrophie de l'iiémisphère opposé du cervelet, sembleraient établir l'action directe du cervelet. La disposition lamelleuse du cervelet, ses deux substances, ont suggéré à Rolando l'idée de comparer cet organe à vue pile de Volta, à un appareil électro-moteur.

Le cervelet De ce que la moelle précède le cervelet dans son développe-

n'est pas une , , , A „ , , ,

efflorescence de ment, de ce que le cervelet parait forme par le prolongement des faisceaux postérieurs de la moelle, s'ensuit-il que le cervelet soit une production, une efflorescence de la moelle? Non , certes : tout ce que nous pouvons en conclure, c'est qu'il y a succession dans le développement.

La substance Devons-nous admettre encore que le cervelet se produit par

blanche et la \ , . '•■',' .

substance grise une sécrétion de la pie-mere? j ai déjà fait justice de celte

apparaissent si- .

muitanement. singulière doctrine. Dirons-nous que la substance grise est sécrétée la dernière, ainsi que Reii et Tiedemann l'ont avancé? je ne vois là qu'une assertion, mais nullement une démonstration. L'observation rigoureuse des faits établit que la substance corticale se forme en même temps que la substance médullaire: elle n'est pas plus produite qu'elle ne produit.

Du cervelet dans la série animale.

Du cervelet 1° Chez les poissons, le cervelet est; en général, petit ; mais, dans la sons. eS ~ raie et lfi squale, il est volumineux, divisé en circonvolutions, et se prolonge, en avant, au dessus des lobes optiques (tubercules quadrijumeaux); en arrière, au dessus du lobe de la huitième paire. Dans les silures, suivant la remarque deWeber, le cervelet est proportionnellement aussi volumineux que le cerveau de l'homme; il recouvre la moitié postérieure des lobes cérébraux, de même que, chez l'homme, le cerveau recouvre le cervelet. Chez tous les poissons, le cervelet est creusé d'une cavité considérable. Dans aucun de ces animaux, il ne présente de division en segments, en lames et en lamelles. Chez les rep- '2° Reptiles. Point de cervelet chez les batraciens (grenouille, crapaud) et chez les ophidiens (serpents). La plupart des anatomistes l'admettent cependant, mais à l'état de vestige. Jl est très petit, et sous la forme d'une voûte, dans les chéloniens (tortue) ; il existe très volumineux chez les sauriens (lézard, crocodile). Chez les oi- 3° Oiseaux. Chez les oiseaux, le cervelet, très considérable, mais réduit au lobe médian, représente un ellipsoïde, dont le grand diamètre serait vertical. Il est profondément et régulièment parcouru par des sillons horizontaux, curvilignes, dont la moitié supérieure a sa concavité dirigée en bas, et la moitié inférieure sa concavité dirigée en haut. Tous aboutissent à un petit tubercule ou appendice qui répond à chaque ex-

trémilédu diamètre transverse. La coupe du cervéltet de l'oiseau donne un arbre de vie composé de substance blanche recouverte de substance grise.

4° Mammifères. Dans les trois classes que je viens d'examiner, le Du cervelet cervelet est réduit au lobe moyen. Dans tous les mammifères, existent oùfères? mam" des lobes latéraux. D'abord petits, et en forme d'appendice, comme chez les rongeurs, dont le cervelet diffère peu de celui dtes oiseaux , ils s'accroissent progressivement à mesure qu'on s'élève jusqu'à l'homme, qui, sous ce point de vue du développement du cervelet, de même que sous celui du développement du cerveau, occupe le degré le plus élevé de l'échelle animale. Chez tous les mammifères, le développement des lobes latéraux du cervelet est en raison directe du développement des olives cérébelleuses ou corps rhomboïdaux, que Vicq-d'Azyr'refusait, à tort, aux mammifères.

Chez tous, le développement de la protubérance annulaire qui n|existait pas dans les trois premières classes , parce qu'il n'existe pas de lobes latéraux , est en rapport rigoureux avec le développement des lobes latéraux du cervelet.

Usages du cervelet.

Ces usages sont bien loin d'être parfaitement connus.

L'opinion deGalI, qui considérait le cervelet comme M organe opinion de de. V instinct de la propagation ou de V amour physique, opinion défendue de nos jours avec beaucoup de talent par M. Serres, est victorieusement réfutée par l'anatomie pathologique, par l'anatomie comparée et par la physiologie expérimentale.

D'après M. Flourens (1), « dans le cervelet, résida une pro- te cervelet « priété dont rien ne donnait encore l'idée en physiologie, et de là coordlna^

■••.■>■ 7 i 7 lion des mouve-

« qui consiste a coordonner les mouvements voulus par cer- ments? « laines parties du cerveau, excites par d'autres...; le cervelet « est le siège exclusif du principe qui coordonne les mouve- « ments de locomotion. »

Je dois à la vérité de dire qu'aucun fait de physiologie expérimentale sur l'encéphale , n'est mieux démontré que celui de

(t) Ouvrage cM, 2* édition, préface, page 12.

312 NÉVROLOGIE.

l'influence qu'exerce le cervelet sur la coordination des mouvements, et que Xéquilibre de l'animal est détruit aussitôt que les lobes cérébelleux ont été attaqués à une certaine profondeur.

Les faits pathologiques établissent que dans les maladies du cervelet, la paralysie ordinairement croisée, est assez souvent directe (1).

Les pr'mci- Les fonctions du cervelet sont elles limitées à l'équilibration, cerveietagnous à la coordination des mouvements? Il est plus que probable ment locoDnusr que cet organe préside à d'autres actes très importants de l'économie ; mais ils nous sont complètement inconnus.

(1) Voyez pour plus de détails M. Longet, ouvrage cité. Voyez aussi l'excellent mémoire de M. Bouillaud, intitulé: Recherches cliniques et expérimentales, tendant à prouver que le cervelet -préside aux actes de V équilibration, de la station et de la progression, et non à l'instinct de la propagation. (Arch. génér. de méd.)

Willis considérait le cervelet comme l'organe spécial de lamusiqueetla source de tous les mouvements involontaires ; d'autres l'ont considéré comme la source de tous les mouvements volontaires ; d'autres, comme le siège de la sensibilité ; d'autres, comme le principe moteur qui porterait les animaux à marcher en avant: mais aucune de ces opinions n'est fondée sur des preuves suffisantes,.

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