‹ Traité d'anatomie descriptive (volume 4)Chapitre 35 sur 136 · CIRCONVOLUTIONS ET ANFRACTUOSITÉS DU CERVEAU · texte numérisé non relu

CIRCONVOLUTIONS ET ANFRACTUOSITÉS DU CERVEAU

Toute la surface du cerveau est sillonnée par un nombre considérable d'enfoncements profonds, sinueux, qui le divsent en autant d'éminences oblongues, diversement contournées ,

subdivisées elles-mêmes par des enfoncements secondaires. Ces éminences, en forme de replis, qui représentent assez bien les circonvolutions ondulées de l'intestin grêle, ont été désignées par analogie sous le nom de circonvolutions, qyri, Circonvoiumeandri, processus enter otdei. Les sillons anfraclueux qui les séparent, s'appellent anfractuosités. Anfractuosités.

On ne saurait, donner une idée plus exacte de l'ensemble des idée générale

. -, p . , , , , des circonvolu-

circonvolutions et des aniractuosites, qu en supposant un bal- tionset anirao

• .,-11 .-..,.,,* tuosités.

Ion, trop considérable pour pouvoir être loge dans le crâne, déployé autour d'un noyau compacte et à une certaine distance de ce noyau. Des fils pariant de divers points de la surface du noya^ attireraient les parties correspondantes de la surface du ballon, de manière à produire son plissement en dedans de lui-même, et à lui permettre d'être contenu dans la cavité crânienne. Eli bien, toutes les variétés de plissements et de sinuosités qui seraient obtenues par cette traction ou par une pression exercée de haut en bas, d'avant en arrière et d'un côté à l'autre, donnent une idée approximative de la disposition de la surface du cerveau.

Il y a des circonvolutions et des anfractuosités constantes , Les unes sont puisque leurs formes sont rigoureusement déterminées par constanles» celles du noyau central, il en est de variables et qui semblent Les aulres déterminées par une cause aveugle ; ces variations ont lieu variables' non seulement sur des cerveaux différents , mais encore sur les deux hémisphères du même cerveau. Sous ce rapport, le cerveau de l'homme diffère du cerveau des animaux , dont les circonvolutions présentent beaucoup moins de variétés que celles de l'homme, sans toutefois être aussi constanles que l'avait dit Vicq-d'Azyr.

Si le cerveau de l'homme est différencié, par son volume et Prédominance

• j i j ...... des circonvo—

par son poids, du cerveau des autres animaux, il ne 1 est pas imions dans moins par le nombre et les dimensions de ses circonvolutions, l^nomml!3" de Tiedemann a parfaitement figuré la diminution progressive des circonvolutions cérébrales (diminution correspondante à celle des lamelles du cervelet), depuis les singes jusqu'aux ron-

334 KÉVROLOGIE.

geurs et aux édentés. Dans l'espèce humaine comme dans la série animale, le développement des circonvolutions m'a toujours paru en rapport direct avec le développement général du cerveau.

Rapports Sous ce point de vue, comme sous beaucoup d'autres, le

entre lescircon- r * r j

voiutions du fœ- fœtus humain représente les dispositions des animaux infétus humain et r

celles des ani- rieurs. Les anfractuosiiés d'un fœtus humain de cina mois ne

maux vertébrés

inférieurs. sont ni plus profondes, ni plus multipliées que celles du cerveau du lapin, et ces premiers linéaments sont importants à étudier, parce qu'ils appartiennent à des anfracluosités qui domineront par la suite tout le système des circonvolutions. Anfractuosi- Ainsi, à cette époque : 1° la grande anfracluosilé, qu'on appelle

tes dominantes. - l D • ^ rr

scissure de Sylvius, existe, mais ses bords sont écartés ; 2° l'insula de Reiî, ou lobule du corps strié, fait partie de la surface du cerveau ; 3° une scissure antéro-postérieure existe en arrière et en bas sur le plan interne de l'hémisphère , elle répond à la cavité digitale, ou prolongement occipital du ventricule latéral ; on voit encore, k° une scissure au dessus du corps calleux ; 5° la scissure du nerf olfactif. A la naissance, toutes les circonvolutions existent, mais elles n'ont acquis leur développement complet que vers l'âge de six à sept ans. impossibilité Le nombre des circonvolutions est impossible à déterminer:

d apprécier le r 7

nombre des cir- car ies circonvolutions n'ont pas de limites appréciables , et si

conrolulions, ~

quelques unes se terminent entre deux circonvolutions voisines, il est aisé de voir que celte terminaison n'est qu'apparente, et que, dans un point voisin de celui de cette prétendue continuité des terminaison, la circonvolution se continue sans ligne dedémar-

©irconvolutions. . . .

cation avec une autre circonvolution latérale. La comparaison faite, dès la plus haute antiquité , entre les circonvolutions du cerveau et les circonvolutions intestinales, ne porte donc pas seulement sur la direction , mais encore sur la continuité des circonvolutions. Celte continuité de toutes les circonvolutions cérébrales me paraît un des arguments les plus puissants contre la doctrine qui les groupe arbitrairement en un certain nombre de petites masses distinctes , sous le nom $ organes ce'ré-

Iraux; cette continuité, cette dépendance mutuelle des circonvolutions, diminue aussi de beaucoup l'intérêt que présente la description minutieuse de chaque anfracluosité , de chaque ligne de circonvolutions.

Il existe plusieurs ordres de circonvolutions. On voit en iij existe piu-

™ , . . ,. . , -i sieurs ordres de

effet des circonvolutions simples se diviser, sexcaver, se su- circonvolutions, lonner plus ou moins profondément ; mais on cherche vainement celle régularité de divisions successives et comme subordonnées que nous avons trouvées dans le cervelet : au reste , des coupes verticales du cerveau faites dans divers sens donneront une idée plus exacie de la disposition des circonvolutions, que les observations les plus minutieuses faites sur la surface externe du cerveau sans section préalable.

Chaque circonvolution présente à considérer deux faces, ^Description un hord adhérent et un bord libre. Les faces des circonvolu- convoimions. tions correspondantes sont moulées l'une sur l'autre, et séparées par un double feuillet de la pie-mère.

La base ou bord adhérent de chaque circonvolution appuie sur le noyau central de l'hémisphère.

Le bord libre est légèrement arrondi, en sorte que deux cir- Espaces in-

# terceplésparles

convolulions contiguës interceptent entre elles, au niveau de bordsiibres. ce bord libre, une pelile gouttière, qui devient très sensible dans le cas d'infiliration de pus ou de pseudo— membrane dans le tissu cellulaire sous-araclinoïdien.

Lorsque irois circonvolutions se rencontrent , l'espace qu'elles interceptent est triangulaire. Ces espaces , peu considérables dans l'état naturel, deviennent très prononcés dans le cas d'atrophie des circonvolutions.

Du reste, le bord libre des circonvolutions est souvent sil- Dépression lonné par de petits enfoncements oblongs, plus ou moins profonds , plus ou moins étendus, qui suivent la direction de la circonvolution ; quelquefois l'enfoncement est anguleux, rayonné à trois ou quatre branches ; d'autres fois c'est une décession superficielle ou bien un creux profond et étroit : les vaisseaux artériels et veineux qui passent sur le bord libre des

336 KF/VR0L0GIË.

circonvolutions y impriment une rainure plus ou moins prononcée.

Le bord libre Le bord libre du plus grand nombre des circonvolutions at-

de toutt'S les

circonvolutions teint en général le niveau de la surface du cerveau ; mais in-

n'atteint pas la • . . .

surface du cer- dependamment des circonvoluiions secondaires, dont plusieurs restent cachées entre les circonvolutions voisines dans toute leur longueur, il est des circonvolutions principales qui s'enfoncent entre deux circonvolutions voisines et s'y terminent; quelques unes sont déprimées seulement dans un ou plusieurs points de leur étendue.

Hauteur des La hauteur des circonvolutions est de neuf à quatorze lignes

circonvolutions. , „ , „„ .... % ,. „ ... A . , ,

(20 a 30 millim .) ; elle est d ailleurs extrêmement variable chez

les différents individus, il en est de même de leur épaisseur ;

Variétés dans bien plus, il n'est peut-être pas deux circonvolutions , deux

la hauteur et r ' r r '

dans i'épaLseur parties de la même circonvolution qui se ressemblent sous le

des circonvolu- l

nous. rapport de l'épaisseur chez le même individu : il en est qui se

renflent considérablement, d'autres qui s'effilent; presque toujours un renflement se remarque dans le lieu où deux circonvolutions se continuent l'une avec l'autre. Eustachi et Vieussens avaient donc commis une grande erreur en représentant toutes les circonvolutions comme parfaitement semblables. La différence que les circonvolutions présentent dans leurs dimensions, et plus particulièrement dans leur hauteur chez les divers individus, doit déterminer des différences correspondantes dans l'étendue de la surface générale que présente le cerveau , et ces différences méritent d'autant plus d'être notées, qu'on a fait jouer un rôle très important à l'étendue de cette surface dans le développement relatif des facultés intellectuelles. M.. Desmoulins a prouvé que, vu la profondeur de ses anfracluosités, le cerveau de l'homme remportait de beaucoup en surface sur le cerveau de tous les animaux. J'ajoute que chez l'homme la profondeur des anfractuosités, et par conséquent la hauteur des circonvolutions m'ont toujours paru en rapport direct avec le volume et le poids du cerveau.

Il serait sans doute curieux de décrire les circonvolutions Essais de de».

... i it - i . a. . cription descir-

avec une minutieuse exactitude. Vesale, qui parait en avoir convoiuiions. conçu l'idée, assimilait l'aspect de la surface du cerveau à ces figures irrégulières tracées par des peintres malhabiles pour représenter des nuages. Vicq-d'Azyr a vainement cherché à les débrouiller ; Gall et Spurzheim , qui avaient tant d'intérêt à donner de chaque circonvolution une description rigoureuse , y ont renoncé. J'ai essayé, à l'exemple de Rolando, de les décrire et d'imposer des noms à quelques unes d'entre elles. Cette description exigerait, pour être comprise, le secours des figures ; je me contenterai donc de mentionner ici les circonvolutions dominantes : A sur la face interne, B sur la face inférieure, C sur la face externe, ou convexité de chaque hémisphère.

A. Circonvolutions et anfractuosilés de la face interne.

1° Circonvolution et anfractuosilë du corps calleux. l°Une grande circonvolution domine toutes celles du plan interne de l'hémisphère, c'est celle qui entoure le corps calleux, et qu'on peut appeler pour cette raison grande circonvolution du Grande cir-

convolution du

corps calleux. Elle commence en avant, au dessous de P ex- corps calleux, trémité réfléchie de ce corps, auquel elle adhère, se porte d'arrière en avant et de haut en bas, contourne son extrémité antérieure, se dirige d'avant en arrière, en se moulant sur la convexité du corps calleux, contourne son bourrelet postérieur, et, parvenue au dessous de ce bourrelet postérieur, continue son trajet, et se comporte, comme nous le verrons plus bas, sur la face inférieure du cerveau.

Etroite à son extrémité antérieure, que Rolando considère comme la racine principale du nerf olfactif, la circonvolution Crète de la

•» , , )'!•.. • ii circonvolution

du corps calleux va s élargissant, et, parvenue au niveau de la du corps calleux: partie moyenne de ce corps, se relève en manière de crête , s'élargit beaucoup, et se creuse de plusieurs sillons, dont les uns sont superficiels et les autres profonds. Cette large crête se divise à sa circonférence en plusieurs branches, qui vont se 4. 22

§38 NÉVROLOGIE.

commuer, soit avec les circonvolutions supérieures de la face externe , soit avec les circonvolutions postérieures et supérieures de la face interne de l'hémisphère. Vicq-d'Azyr a le premier signalé la crête de la circonvolution du corps calleux, à laquelle Rolando a donné le nom de processo enteroïdo cristato.

in^êrnenVduUiobê ^° Circonvolution et anfractuosité internes du lobe an-

anténeur. térieur du cerveau. Celte circonvolution est excentrique à la précédente dont elle suit la direction et dont elle est séparée par une anfractuosité profonde. Très volumineuse à son origine, qui a lieu au devant de la scissure de Sylvius, elle forme la partie interne du lobe cérébral antérieur, elle se contourne sur l'extrémité antérieure du corps calleux pour gagner la face interne de l'hémisphère, et, parvenue au devant de la crête de la circonvolution du corps calleux , elle se dirige en haut , pour se continuer avec les circonvolutions de la face externe de ce même hémisphère.

Cette circonvolution , qu'on peut appeler circonvolution interne du lobe antérieur, est divisée dans toute sa longueur par une anfractuosité secondaire, d'abord linéaire, puis sinueuse.

Circonvolutions 3° Circonvolutions et anfractuosité' de la cavité' digitale.

de la cavUe°Sdi- Un sillon antéro-postérieur très profond, constant comme la

gitale.

cavité digitale du ventricule latéral, à laquelle il correspond, part de la circonvolution du corps calleux, au niveau du bourrelet postérieur de ce corps, se porte directement d'avant en arrière jusqu'à la corne occipitale, qu'il divise en deux moitiés, l'une, supérieure, l'autre, inférieure. C'est cette anfractuosité de la cavité digitale qui sépare la face interne de l'hémisphère de la face inférieure.

On peut appeler circonvolutions de la cavité digitale ou circonvolutions du lobe •postérieur, les deux circonvolutions anléro-poslérieures et flexueuses qui cernent celte anfractuosité; la supérieure seule appartient à la face interne de l'hémisphère, l'inférieure appartient à la face inférieure.

B. Circonvolutions et anfractuosités de la face inférieure de l'hémisphère.

La grande anfracluosité, qu'on appelle scissure de Sylvius, „ Lascissurede

& • ' -, Sylvius est une

divise les circonvolutions de la face inférieure en celles du lobe grande anfrac-

, . tuosité.

antérieur et en celles du lobe postérieur.

1° Circonvolutions externes du lobe antérieur. ïndépen- Circonvoiudamment de la circonvolution interne déjà décrite, le lobe dTïobe^antéantérieur présente plusieurs circonvolutions plus petites si- rleu^• tuées en dehors de la précédente. Les circonvolutions constantes sont: 1° les deux petites circonvolutions antéro-postérieures rectilignes qui limitent le sillon du ruban olfactif; 2° la circonvolution flexueuse obliquement dirigée en avant et en dehors, qui limite la scissure de Sylvius, et qui se continue en arrière avec la circonvolution externe d'où naît le ruban olfactif.

Les petites circonvolutions et anfractuosités intermédiaires, très irrégulières, diffèrent chez les divers sujets, et chez le même individu à droite et à gauche, elles interceptent des enfoncements conoïdes qui reçoivent les saillies de la surface orbilaire.

2° Circonvolutions du lobe postérieur. La circonvolution qui longe la grande fente cérébrale, circonvolution de la La circonvo-

, * , , , i.i lution de la

grande fente, est la continuation de la circonvolution du grande femecé-

.. . a • rébrale se con-

corps calleux , et se termine en avant par un renflement unci- tinue avec celle forme qui correspond à l'extrémité renflée delà corne d'Am- ieux.°rps mon; elle limite, en dehors, la grande fente cérébrale. La circonvolution du corps calleux et celle de la grande fente cérébrale qui la continue, représentent une ellipse interrompue seulement par la scissure de Sylvius.

En dehors de celte circonvolution est une anfracluosité an» téro-poslérieure qui répond à la paroi inférieure de la portion réfléchie du ventricule latéral.

Celte anfracluosité est limitée par des circonvolutions antéro-postérieures, qui parlent toutes de la circonvolution de la

340 WÉVROLOGIE.

Toutes les cir- grande fente cérébrale, et qui sont remarquables par leur peu

convolutions du , , ■ . a . ,

lobe postérieur de volume et par leurs flexuosites.

PcYrcon\oiution Celle de ces circonvolutions qui est la plus externe, limite ftnte'cérfbrate! inférieurement l'anfractuosité que j'ai dit correspondre à la cavité digitale.

De la partie antérieure de la circonvolution de la grande

Circonvolution , , . . A

de la corne lente cérébrale, partent des circonvolutions extrêmement fiexueuses, dirigées d'arrière en avant, qui vont former la corne sphénoïdale et se continuent avec les circonvolutions de la face externe.

C. Circonvolutions et anfractuosités de la convexité de l'hémisphère.

Ciconvoiu- Les circonvolutions de la convexité de l'hémisphère sont, teîu la "scissure sans contredit, les plus compliquées. Si on écarte les bords de syivms. ^ ^ scjssure de Sylvius, on voit que celle scissure, dans l'aire de laquelle est située l'insula, est triangulaire, et présente trois bords : un bord inférieur, formé par la circonvolution externe du lobe antérieur du cerveau; un bord postérieur, très oblique en haut et en arrière, qui semble recueillir toutes les circonvolutions occipitales, et qui est formé par une circonvolution très flexueuse ; un bord supérieur, qui constitue une circonvolution également très flexueuse, à laquelle viennent aboutir le plus grand nombre des circonvolutions supérieures. Du reste, toutes les circonvolutions de la convexité du cerveau peuvent êire divisées en frontales, pariétales et occipitales. Circonvolu- Les circonvolutions frontales, sont au nombre de trois tions frontales , ou qualrej ei|es sont dirigées d'avant en arrière ; les circon- Pariétaies. volutions pariétales, sont au nombre de trois, se dirigent en serpentant de dedans en dehors, et viennent se continuer avec la circonvolution qui limite supérieurement la scissure occipitales, de Sylvius ; les circonvolutions occipitales, sont dirigées d'avant en arrière, et partent, ou de la circonvolution pariétale la plus postérieure, ou du bord postérieur de la scissure de Sylvius.

CENTRE NERVEUX CÉPHALO-RACHIDIEN. CERVEAU. 2kl

Les circonvolutions occipitales sont les plus grêles de toutes, Caractères

des circonvolu-

et présentent les inflexions les plus prononcées, de telle sorte tions occipiuque les sinuosités de chacune d'elles se répondent à ellesmêmes dans la plus grande partie de leur étendue, et qu'elles ne touchent aux circonvolutions voisines que par les angles rentrants et saillants de ces flexuosités (1).

Les circonvolutions frontales, également très flexueuses, Caractères des

■> ,. a j .• j i ». circonvolutions

sont contigues a elles-mêmes dans une partie de leur eten- frontales, due, mais le cèdent, sous ce rapport, aux circonvolutions occipitales.

Leur volume, supérieur à celui des circonvolutions oc- volume des

... ,, .,,. v,.i . i circonvolutions

cipitales, est de beaucoup inférieur a celui des circonvolu- frontales, tions pariétales, qui décrivent des flexuosités moins considérables que toutes les autres, et qui sont peut-être de toutes les circonvolutions celles qui présentent le plus de variétés.

Les détails inusités dans lesquels je viens d'entrer au sujet considérations des circonvolutions, et que peut seule justifier l'importance f^"// aux cirqu'on leur a donnée dans ces derniers temps, établissent :

1° Leur disposition générale, leurs flexuosités, leur engrènement réciproque ;

2° Leur continuité et l'impossibilité d'établir entre elles des lignes de démarcation bien précises ;

3° Leur configuration d'ensemble, d'après un type commun, et leur défaut d'uniformité quant aux détails, non seulement sur les divers individus, mais encore sur les deux hémisphères du même individu ; .

h° Leur volume variable dans les divers individus, sous le point de vue de la hauteur, sous celui de l'épaisseur, et toujours en raison directe du volume de l'hémisphère cérébral : sous ce double rapport, il y a de très grandes différences individuelles (2) ;

(1) C'est sur ces circonvolutions occipitales que porte principalement l'atrophie sénile.

(2) L'anatomie comparée confirme pleinement ce résultat : les circonvolutions cérébrales qui appartiennent à un hémisphère petit sont très peu dé-

342 NÉVROLOGIE.

5° Nous avons vu, d'ailleurs, que la surface du crâne était exactement moulée sur la surface du cerveau, les impressions digitales répondant aux circonvolutions et les éminences mamillaïres répondant aux petits espaces qui séparent les circonvolutions au niveau de leur bord libre.

Deux médecins distingués, MM. Leuret et Foville, ont publié, depuis la première édition de cet ouvrage, leurs idées sur les circonvolulions cérébrales. Yoici le résultat de leurs recherches, remarquables par l'esprit philosophique qui a présidé à leurs travaux, idées de M. Leuret (1), désespérant d'arriver à une description ra-

M. Leqref sur „ -, \.

les circonvoiu- tionnelle des circonvolulions , en examinant le cerveau de

tions. . , , .

l'homme ou celui d une autre espèce animale en particulier, a eu l'idée de comparer ces circonvolulions chez tous les mammifères qui en sont pourvus, et de saisir, au milieu de cette variété de contours ou d'ondulations qu'elles présentent, le type commun auquel elles peuvent être ramenées ; et, comme les circonvolutions sont d'autant plus complexes, qu'on les examine sur des cerveaux appartenant à des espèces plus rapprochées de l'homme, il a dû s'occuper, d'abord, de trouver un cerveau type, dont les circonvolutions fussent , en quelque sorte, réduites à leur plus simple expression. Or, le cerveau du renard présentant des circonvolutions sans ondulations , à courbes régulières, pouvant facilement être suivies dans tout leur trajet, lui a paru éminemment propre à lui servir de point de départ, et en quelque sorte de type, sous le rapport des circonvolutions.

Constance des II résulte de ses recherches, que les grands groupes de cir-

grands groupes.

convolutions sont constants dans leur direction, et sont susceptibles d'une description rigoureuse ; qu'il n'en est pas de même

veloppées : elles sont nulles lorsque l'hémisphère présente peu d'épaisseur, chez l'oiseau, par exemple.

(l) Anatomie comparée du. système nerveux, dans ses rapports avec l'intelligence. Paris, 1839.

des ondulalions ou sinuosités que l'on observe à la surface du

cerveau de l'homme ; quelles ne sont pas susceptibles d'une

description exacte , parcequ'elles varient d'un cerveau à an

autre cerveau, d'un hémisphère à un autre hémisphère ;. qu'il

y a dans le cerveau de l'homme des circonvolutions addition- cJrconvoiu-

nelles ou de perfectionnement : et il est arrivé à cette consé- nI£u|s.ad(llll0n"

quence, que je suis loin de regarder comme rigoureuse, que

les circonvolutions propres à l'homme, ne se trouvent point

vers la région antérieure, mais bien sur les côtés et vers les

parties postérieure et interne.

De son côté, M. Foville a cherché à déterminer, au milieu idéesdeM.Fodes contours si variés et, en quelque sorte, si capricieux des ^'ùt' q parallèle circonvolutions, s'il existait une loi qui présidât à leur dispo- de Ur homme6 et sition. Il résulte de toutes ses recherches, que le cerveau de maux.des am~ l'homme et les cerveaux des animaux n'ont pas plus d'analogie entre eux que la tête, les mains, la station, la voix de l'homme, n'en ont avec la tête, les mains, la station, la voix des animaux les plus élevés dans la série, L'homme, dit-il, les domine tous d'une immense hauteur -, de tous les organes, le cerveau est celui qui traduit le mieux sa supériorité, et, dans le cerveau lui-même, rien de plus caractéristique que ses circonvolutions (1). Il est malheureux devoir des hommes d'un mérite aussi distingué arriver, dans l'étude de la même question, à des résultats aussi opposés.

(1) M. Foville admet dans le cerveau de l'homme quatre ordres de circonvolutions ; une seule constitue le premier ordre :

« Elle a pour caractères distinctifs d'émaner des bords du quadrilatère per- » foré, et de constituer la circonférence entière de la lisière de la couche cor- « ticale. Dans son trajet circulaire, elle conGne successivement au corps cal- « leux, au tronçon pédonculaire, et enfin, à l'ouverture du ventricule connu « sous le nom de fente de Bichat. » Ou voit que cette circonvolution n'est autre chose que celle que j'ai décrite sous le nom de circonvolution du corps calleux, laquelle contourne, d'une part, l'extrémité antérieure ou genou, d'une autre part, l'extrémité postérieure ou bourrelet du corps calleux, et consiitue une ellipse interrompue seulement par la scissure de Sylvius.

Le deuxième ordre de circonvolutions comprend deux grandes ligne» ayan

Zktl KÉVROLOGIE,

Usages des Usages des circonvolutions et des anfractuosités. Les cir-

circonvolutions , , „ . , , r ,

d'après vésaie. convolutions et les anfractuosités donnent, a la surface du cerveau, une étendue bien plus considérable que celle qu'il présenterait sans cette disposition ; l'utilité des circonvolutions et des anfractuosités se rapporterait, d'après Vésale(l), à la multiplication des. surfaces, qui permettrait aux vaisseaux de porter les matériaux nutritifs jusque dans les parties les plus profondes de cet organe.

circ^voîutions Cette opinion, que les circonvolutions et les anfractuosités ™ vlifsMà la "J?1" ont pour usage de multiplier les surfaces, vient d'être reprosurfaces. duite, mais sous un tout autre point de vue que celui indiqué

par Vésale : ainsi, comme, d'une pari, il existe une analogie non contestée entre les phénomènes électriques et les phénomènes nerveux, et que, d'une autre part, les phénomènes électriques se développent, non en raison des masses, mais en raison des surfaces, on a pensé que la puissance de l'action cérébrale devait être en raison directe de la surface du cerveau. On cite

pour caractère commun de former des anses d'une étendue considérable, attachées par une extrémité sur cette partie de la circonvolution du premier ordre, qui forme la marge antérieure et externe du quadrilatère perforé.

Les circonvolutions du troisième ordre ont pour caractère de servir de moyen d'union entre celles du premier ordre et les deux du second.

EnCn, les circonvolutions du quatrième ordre, sont celles de la convexité de l'hémisphère, destinées à remplir l'intervalle que laissent entre elles les deux circonvolutions du second ordre. Les circonvolutions du quatrième ordre sont les plus volumineuses de toutes celles qui composent la surface cérébrale ; elles sont en même temps les plus irrégulières, (p. 193 et suiv.)

(1) La substance du cerveau, dit-il, n'était pas assez résistante pour que les artères et les veines pussent la traverser impunément; d'une autre part, son épaisseur est telle, que des vaisseaux qui auraient parcouru la surface du cerveau n'auraknt pas suffi à la nutrition de toute celte masse ; et c'est pour cette raison, que la prévoyante nature a tracé sur le cerveau des sillons profonds et sinueux, qui permettent à la pie-mère de s'insinuer, et de porter aux parties profondes les matériaux de leur nutrition : c'est pour la même raison que le cervelet a été divisé en lames el en lamelles. Vésale va même jusqu'à dire que la division du cerveau en deux hémisphères n'a pas d'autre but. (Lib. 7, cap. 4, p. 542.)

l'arachnitis, qui est plus souvent accompagnée de délire que l'inflammation de la substance cérébrale elle-même. On cite les plis de la rétine des oiseaux qui triplent, quadruplent l'intensité de la vision : plis que M. Desmoulins, qui a surtout insisté sur cette idée, dit avoir vu disparaître chez des oiseaux plongés dans l'obscurité, de même qu'on voit s'atrophier les circonvolutions cérébrales, soit en l'absence de toute excitation cérébrale, soit par toute autre cause d'affaiblissement intellectuel.

Les anatomistes et les philosophes de l'antiquité, considé- usages des

,,, , , . i • i i • circonvolutions

rant que 1 homme est de tous les animaux celui dont les cir- relatifs au dé-

• • , , . . i velopperaentdes

convolutions sont les plus considérables, en avaient conclu facultés imei-

ItîCtuôllcs»

que c'était à leur développement que l'homme devait sa supériorité intellectuelle. Telle était l'opinion d'Erasistrate, si plaisamment réfutée par Galien (1).

De nos jours^ Gall et Spurzheim ont reproduit cette opinion opinion de des anciens, et, après avoir établi avec quelques philosophes zbeim. e pur la pluralité des facultés de l'âme, ils en ont conclu à la pluralité des instruments matériels de ces facultés. Ces instruments matériels seraient les circonvolutions sur le trajet desquels ils ont placé des numéros correspondants aux diverses facultés qu'ils avaient admises; le point difficile était de s'entendre sur le nombre des facultés et sur les numéros correspondants. D'après Gall et Spurzheim, les facultés les plus élevées de l'homme auraient leur siège dans les lobes antérieurs du cerveau.

D'une autre part, M. Neumann aurait été conduit à penser, opinion de d'après l'examen du cerveau de cinquante aliénés, que l'intel- NeumaDn ligence résiderait dans la portion occipitale du cerveau : opi-

(1) Quùm asini etiam admodùm multiidiciter cerebrum habent complexum quod deceret, quantum ad morum ruditatem attinet, omnifariàm simplex et minime variiim nancisci cerebrum. Si cette théorie est vraie, disait Galien, l'âne doit avoir un cerveau à surface plane et sans circonvolutions : or, l'âne a des circonvolutions et multiples et profondes : donc les facultés intellectuelles sont indépendantes des circonvolutions. La conclusion n'est point évidemment contenue dans les prémisses.

346 NÉVROLOGIE.

nion qui trouverait quelque appui dans ce fait anatomique, que j'ai bien souvent constaté, savoir: que l'atrophie du cerveau des vieillards en démence, porte sur les circonvolutions occipitales beaucoup plus encore que sur les circonvolutions frontales; et, dans ce fait d'anatomie comparée, que la partie postérieure du cerveau est celle qui diminue la première, et qui finit par disparaître complètement à mesure qu'on descend dans la série animale.

Il est malheureux pour le système de Gall que ces circonvosystème de daii. lutions fassent un tout continu, et ne soient pas séparées en organes distincts; il est malheureux que la base du cerveau et la face interne de chaque hémisphère soient pourvues de circonvolutions tout aussi prononcées que les circonvolutions de la convexité de cet organe. Et pourtant, dans le système de Gall, les circonvolutions de !a base et de la surface interne des hémisphères ont été en quelque sorte déshéritées; car toutes les facultés de l'ame ont pu être casées sur les circonvolutions de la convexité (1).

Page 1