‹ Traité d'anatomie descriptive (volume 4)Chapitre 36 sur 136 · CONFORMATION INTÉRIEURE DU CERVEAU · texte numérisé non relu

CONFORMATION INTÉRIEURE DU CERVEAU

Divers moyens L'étude de la conformation intérieure du cerveau , pour être

d'étude du cer- . ».v. •■ , , ,, /, . . , -, ,

veau. aussi complète que possible dans 1 état actuel de la science,

doit être faite : 1° par des coupes dans différents sens; 2° par lacération et par l'action du jet d'eau ; 3° par la dissection de cerveaux durcis par l'alcool ou par la coclion dans l'huile ou dans l'eau salée.

De la conformation intérieure du cerveau , étudiée par des coupes en différents sens.

L'étude du cerveau par des coupes pratiquées dans diverses

(1) Lire, pour documents sur cette question, la grande physiologie de Haï- 1er, tom. 4, Ub. 10, pag. 396. An diverses diversarum animee functionam pro~ vinciœ? Cùm diversis ex cerebri sedibus nervi visorii et olfactorii et acustici et alii proveniant, eorumque nervorum aliqui propriis et insignibus ex collions nascuntur, potuit probabile videri in eis cerebri regionibus, etc.

directions, constitue la méthode de Galien, renouvelée par Étude du cer-

,, . • ' , i . • i • n~.,~ veau à l'aide des

Vicq-d\Azyr, et généralement adoptée de nos jours. Cette coupes, méthode facile permet de voir dans les plus grands détails la conformation intérieure et en quelque sorte la topographie du cerveau. Les autres méthodes ont principalement pour but la détermination des connexions des parties constituantes du cerveau, soit entre elles, soit avec les autres parties du centre céphalo-rachidien. Je commencerai par l'étude des coupes horizontales (1).

Coupes horizontales.

Si on entame le cerveau par une coupe plus ou moins pro- Le cerveau

r r r ' est forme de

fonde, on voit qu'il est formé de deux substances : l'une grise, «Jeux substanqui en constitue l'écorce : c'est la substance grise , cendrée , corticale; l'autre blanche , qu'entoure de toutes parts la substance grise : c'est la substance blanche médullaire.

Première coupe. Une coupe horizontale, pratiquée au ni- première

7 7 .. , , .. . coupe faite au

veau de la partie moyenne des circonvolutions , montre que niveau de la chaque circonvolution est constituée par un noyau blanc en- a1!fcîr™n\oiutouré d'une couche de substance grise ; que la substance grise lons* est exactement moulée sur la substance blanche, dont la forme détermine celle de la circonvolution correspondante ; que l'épaisseur de la substance grise varie, chez les différents sujets, depuis une demi-ligne (1 millim.) jusqu'à une ligne et demie (3 millim.), et qu'elle est d'ailleurs loin d'être uniforme sur le même sujet, tant sur les diverses circonvolutions, que sur la même circonvolution. Il importe, dans l'appréciation de celle épaisseur, d'avoir égard à la direction de la coupe. On conçoit, en effet, qu'une coupe oblique par rapport à la substance grise, donne un résultat bien différent de celui qui est fourni par une coupe perpendiculaire : cette coupe permet, en outre, de voir que toutes les circonvolutions sont continues, et d'apprécier bien mieux qu'avant la section du cerveau , la

(1) Les coupes doivent être faites avec un instrument bien tranchant, ua rasoir, par exemple.

348 NEVROLOGÏE. f

disposition si peu régulière, si complexe et si flexueuse des

circonvolutions.

Proportion en- Quant à la proportion de la substance blanche et de la subblanche et la stance grise dans chaque circonvolution, on peut l'établir ap-

substance grise . „ , ,

des circouvoiu- proximativement, en soumettant un cerveau a la macération pendant plusieurs jours : la substance grise, plus molle et plus putrescible, sera convertie en pulpe, et pourra être enlevée avec la plus grande facilité. Les circonvolutions réduites à la substance blanche, représenteront des lamelles blanches et courtes, naissant de divers points de la surface du noyau médullaire. J'estime que la surface grise forme les cinq sixièmes de chaque circonvolution.

L'étude plus approfondie de la substance grise des circonvolutions, a démontré que la substance grise présentait une disposition beaucoup plus compliquée qu'on ne le croit généralement. Il n'est aucun anatomiste qui, en examinant avec attention la surface de la coupe des circonvolutions, n'ait observé que la substance grise était séparée en deux couches bien La substance distinctes par un liseré blanc. Cette disposition s'observe prin-

grise est formée ■ ,.. . , . .

de plusieurs cipalement sur les circonvolutions des lobes postérieurs, ainsi que l'avait remarqué Vicq-d'Azyr, qui lui donne le nom de ruhan rayé. M. Cazauvieille a constaté trois couches dans la substance grise de toutes les circonvolutions : une profonde, gris-plomb ; une moyenne, d'un blanc sale, et une superficielle, gris-blanchâtre. M. Baillarget a démontré que cette même substance grise se décomposait en six couches, alternativement grises et blanches. Il a constaté que la couche la plus superficielle de la substance grise était blanchâtre. J'avais fait moimême cette observation sur certains sujets et sur certaines circonvolutions ; j'ai même observé que cette lamelle blanche extrêmement ténue, n'était pas également blanche, mais piquetée de gris.Je me suis souvent demandé si l'existence des diverses couches de la substance grise, n'était pas une illusion d'optique et le résultat de la pénétration inégale de la substance blanche, dans l'épaisseur de la substance grise.

Deuxième coupe. Une coupe horizontale pratiquée au Deuxième

r coupe horizon-

deSSOUS de la base des circonvolutions de la convexité, re- taie.

présente une carte géographique, profondément et très irrégulièrement découpée sur les bords, impossible à décrire sans figures. Elle est constituée par un noyau central de substance médullaire, étranglé, en arrière, en manière d'isthme ; de ce noyau central, partent des prolongements, qu'on pourrait diviser en plusieurs ordres, et qui se subdivisent pour aller constituer le noyau de chaque circonvolution.

Troisième coupe. Une coupe horizontale, pratiquée au Troisième niveau, ou mieux, un peu au dessus du corps calleux, montre pour chaque hémisphère un grand noyau médullaire, centre médullaire he'misphéral. Les deux centres médullaires hé- centreméduimisphéraux, unis entre eux par le corps calleux, constituent le rai? em,sphe" centre ovale de Vieussens.

Centre ovale de Vieussens. Rétréci à sa partie moyenne, centre ovale où il est constitué par le corps calleux , le centre ovale de de Vieussens« Vieussens offre des dimensions plus considérables dans chaque hémisphère. On voit par celte coupe que les anfractuosités qui festonnent sa circonférence sont inégalement profondes et généralement plus profondes en dehors et en arrière qu'en dedans et en avant.

Il est démontré, par les coupes horizontales que je viens de Résultat gédécrire : l°que chaque circonvolution est formée par un noyau des coupes hoeblanc entouré d'une couche épaisse de substance grise , qui cerveau? u reproduit absolument la forme de la substance blanche ; 2° que la substance grise domine dans les circonvolutions ; 3° que tous les noyaux centraux des circonvolutions se continuent les uns avec les autres en formant d'inextricables méandres; k° que tous s'appuient sur un noyau central hémisphéral, qui va grossissant à mesure qu'on approche du corps calleux, au niveau duquel ce noyau central présente ses plus grands diamètres ; 5° que le centre ovale de Vieussens, qui du reste n'est point ovale, représente la plus vaste surface médullaire du cerveau., et pourrait être considéré comme un centre duquel

350 MÉTROLOGIE.

partiraient, d'un côté, toutes les radiations qui vont former les circonvolutions, d'un autre côté, toutes celles qui établissent des communications entre le cerveau proprement dit et les autres parties du centre nerveux céphalo-rachidien; 6° que le centre ovale et les circonvolutions sont, sous le point de vue du développement , en raison directe l'un des autres. Les coupes ho- Indépendamment des notions qui précèdent, les coupes

moniales per- r l , .* . r

mettent encore horizontales , pratiquées de haut en bas, permettent en outre

l'étude de diver- » r -a ■> r

ses parties du d'étudier successivement diverses parties du cerveau, qui ont

cerveau.

reçu des noms particuliers , parce qu'elles se détachent , en quelque sorte , des hémisphères , et présentent des dispositions de forme, de structure, de connexion, importantes à connaître. Ces parties du cerveau qui concourent à la formation des ventricules, sont : 1° sur la ligne médiane, dans l'ordre de superposilion , le corps calleux , la cloison transparente, la voûte à trois piliers, la toile choroïdienne, le ventricule moyen, X aqueduc de Sylvius , le conarium ou glande pine'ale; 2° sur les parties latérales, les ventricules latéraux. C'est dans cet ordre que nous allons décrire successivement ces diverses parties. Il importe , pour avoir une bonne idée de leurs formes et de leurs rapports, de les étudier en même temps sur deux cerveaux, dont l'un repose sur la convexité, et l'autre sur la base.

Du corps calleux.

Si, sur un cerveau qui repose sur sa base, on écarte les hésituation du misphères, on voit au fond de la scissure médiane une traverse

corps calleux» , , , , , ,, i./ • i ^ s. a -, .. > •> ,

blanche, étendue d un hémisphère a 1 autre, destinée a les unir et à leur servir de commissure : celle traverse , c'est le corps calleux (1) (jtie'solobe, Chaussier; commissura cerelri magna, maxima, Reil, Sœmmerring). Si on abat la partie su-

(1) Ce nom vient, suivant Haller, de la blancheur du corps calleux, blancheur qui l'a fait comparer à une cicatrice ; suivant d'autres, ce nom lui a été donné à raison de sa consistance, qu'on a regardée, a tort, comme plus considérable que celle des autres parties du cerveau.

périeurc des deux hémisphères par une coupe horizontale Anfractuosité pratiquée à une ligne ou deux au dessus du corps calleux, on corps caîfeux de voit que chaque hémisphère empiète sur le corps calleux , et l'neQUSPhere« le recouvre sans y adhérer. C'est à l'espace compris entre l'hémisphère et le corps calleux qu'on a donné abusivement le nom de sinus ou ventricule du corps calleux. Mais il n'y a point là de cavité, de surface lisse exhalante et absorbante. C'est une anfractuosité peu profonde qui sépare le corps calleux des circonvolutions, et que tapisse la pie-mère, à la manière de toutes les anfractuosilés. Si on continue à soulever l'hémi- possibilité de sphère, on voit que l'hémisphère et le corps calleux peuvent se rhémîsp&ere «t séparer sans déchirure au moins apparente bien au delà du lieu ieuUx.Corps cal" de la réflexion de la pie-mère , et qu'il y a simple accolement : du côté de l'hémisphère, on voit des fibres antéro-poslérieures; du côté du corps calleux, des fibres transversales.

De ce premier aperçu, il résulte que la portion libre du corps calleux n'est qu'une faible partie de ce corps, que nous suivrons plus tard jusque dans l'épaisseur de l'hémisphère. Nous ne nous occuperons pour le moment que de la portion libre.

Le corps calleux est beaucoup plus rapproché de l'exlré- Dimensions du

. , , - . , , . ., . ,. „ corps calleux.

mite antérieure du cerveau, dont il est distant d un pouce et quelques lignes (3 cenlim.), que de son extrémité postérieure, dont il est distant de deux à trois pouces (de 6 à 9 centim.).

Sa longueur est de trois pouces et demi (9 à 10 centim.); sa largeur, plus considérable en arrière qu'en avant, est, dans le premier sens, de huit à dix lignes (de 16 à 20 millim.), si on tient compte de la partie qui est recouverte par les hémisphères ; son épaisseur ne peut être bien appréciée qu'au moyen d'une coupe verticale, faite d'avant en arrière sur la ligne médiane : elle n'est pas la même dans tous les points de sa longueur; la partie la plus épaisse répond à son bourrelet postérieur, elle a trois lignes (6 à 7 millim.). Au devant de ce bourrelet, le corps calleux diminue brusquement , et de telle manière qu'il offre à peine une ligne et demie (3 mill.) d'é-

352 NÉVROLOGIE.

paisseur ; il augmente ensuite graduellement d'arrière en avant, et offre deux lignes (de h à 5 millim.) d'épaisseur à son extrémité antérieure, au moment de sa réflexion. Le corps cai- La forme du corps calleux est celle d'une voûte : en sorte

leux mériterait ,..,..,. . „

le nom de voûte, qu il mériterait bien mieux le nom de voûte que la voûte à trois piliers (verior fornix , Vieussens). On voit parfaitement cette forme sur une coupe antéro-postérieure : cette même coupe permet de voir qu'à son extrémité postérieure le corps calleux se ramasse et se roule sur lui-même en volute pour constituer un renflement, tandis que l'extrémité antérieure se réfléchit de haut en bas et d'avant en arrière , et s'amincit graduellement en bas après sa réflexion pour se terminer par une lame très déwée.

On considère au corps calleux une face supérieure, une face inférieure et deux extrémités.

Face supé- Face supérieure. Convexe et comme arquée d'avant en ar-

rieure* 7

riere ymedullaris arcus) , sans raphé sur la ligne médiane ,

mais offrant un léger sillon médian qui résulte de la présence

Tractus ion- (je deux tractus blancs longitudinaux, situés l'un à droite,

gitudinaux* ° ' r 1

l'autre à gauche de la ligne médiane, et que Lancisi considérait comme un nerf, nerf longitudinal de Lancisi. Ces tractus présentent beaucoup de variétés, quelquefois ils sont légèrement flexueux et contigus , d'autrefois ils se réunissent , puis se séparent. Duverney avait, en outre, admis des tractus longitudinaux cendrés qui ont été rejetés par la plupart des anatomistes.

Les tractus longitudinaux sont coupés perpendiculairement par les faisceaux transverses, qui constituent le corps calleux. Rapports de La face supérieure du corps calleux répond, de chaque côté, rieure!e supe" aux hémisphères ; par sa partie moyenne , qui est libre, aux artères calleuses et au bord libre de la faux , qui m'a paru très rapprochée du bourrelet postérieur, mais sans contiguïté avec ce bourrelet, de telle façon qu'elle ne saurait imprimer sur ce corps aucune dépression..

Face inférieure du corps calleux. Elle est concave , libre

dans une pins grande étendue que la face supérieure, et forme la paroi supérieure ou la voûte des Ventricules latéraux (1). La membrane séreuse de ces ventricules la revêt , elle est fasciculée transversalement comme la face supérieure. Sur la ligne médiane, elle répond, en avant, à la cloison trans- Rapports de la

. , < . » ■, . ... .. ,, . face inférieure

parente ; en arrière, a la voûte a trois piliers : il semble même du corps cai-

.... ... , A , ,, T leux.

qu il y ait continuité entre la voûte et îe corps calleux. La disposition assez régulière que présentent, d'une part, les fibres de la voûte dont les deux piliers vont s'écartant dans ce point, et, d'autre part, les fibres transverses du corps calleux, a mérité à cette partie postérieure de la face inférieure du corps calleux le nom de lyre, corpus psalloides, psalterium.

Al extrémité postérieure du corps calleux ^bourrelet, Reii), Bourrelet du A , corps calleux.

que nous avons vue éire la parue la plus épaisse de ce corps , est légèrement concave transversalement , mais ne présente d'autre échancrure que la dépression médiane, qui sépare les tractus longitudinaux (2). Nous avons déjà dit que l'extrémité postérieure, ou bourrelet du corps calleux, constituait la lèvre supérieure de la portion médiane de la grande fente cérébrale. "L'extrémité antérieure du corps calleux, au lieu de présenter un bourrelet , comme l'extrémité postérieure, se termine en se réfléchissant brusquement de haut en bas et d'avant en arrière, embrasse dans la concavité de sa courbure l'extrémité antérieure du corps strié, pour fermer en avant les ventricules latéraux, et vient se terminer, comme en mourant,

Genou et bee

au devant du plancher antérieur du ventricule moyen. Reil du corps caiappelait genou, le point de réflexion , et bec, l'extrémité pos-

(1) La meilleure manière de voir la face inférieure du corps calleux consiste à l'étudier en pénétrant dans les ventricules par la base du cerveau,

(2) On est surpris de lire dans Chaussier que l'échancrure de l'extrémité postérieure du corps calleux, est produite par les mouvements alternatifs d'élévation et d'abaissement du cerveau. A chaque mouvement d'élévation, suivant ce physiologiste, l'extrémité du corps calleux irait frapper contre le bord libre de la faux du cerveau, bien que ce bord en soit éloigné de quelques millimètres.

35& NÉVR0L0GIE.

Laportionré- térieure et mince de la portion réfléchie. Du reste, la portion

fléchie du corps ,„ , , . , ,. . , , , , ,

calleux occupe réfléchie du corps calleux se voit a la base du cerveau, enire les veau. ~ lobes antérieurs; la circonvolution du corps calleux, qui suit

le corps calleux dans sa réflexion, lui devient continue, de contiguë qu'elle était d'abord ; en sorte que la substance grise de cette circonvolution appuie directement sur le corps calleux. Les tractus longitudinaux de la face supérieure naissent de la portion réfléchie du corps calleux. Les pédoncules inférieurs du corps calleux (Vicq-d'Azyr) , déjà mentionnés , viennent se terminer sur cette portion réfléchie. Bords du Quant aux bords du corps calleux, ils s'enfoncent dans

corps calleux. ., , . , ... , . ,, , , . . . ,

1 épaisseur de lhemisphere, ou nous les suivrons plus tard. Cloison transparente.

Situation et La cloison transparente (septum Iucidum), ainsi nommée,

demi-transpa- »,, , , ,

renceduseptum parce que, d une part, elle sépare les ventricules latéraux, et,

Iucidum. ,, , , .

d une autre part, a cause de sa demi-transparence, est située sur la ligne médiane {septum médian, Chauss,). Elle se voit parfaitement, lorsque le corps calleux a été divisé dans sa longueur, de chaque côté de la ligne médiane. Elle se présente sous l'aspect d'une lame mince, qui se détache de la partie antérieure et inférieure du corps calleux, et se porte verticalement en bas, au devant de la voûte à trois piliers. Cette lame est triangulaire, médiane, large en avant, étroite en arrière : ses faces latérales constituent la paroi interne des ventricules

ses faces et latéraux. De ses bords, le supérieur se continue avec le corps ses bonds. , . ,''*„.„».

calleux ; le postérieur, avec la voûte; 1 inférieur se continue, en

avant, avec la portion réfléchie du corps calleux, en arrière,

avec les pédoncules inférieurs de ce corps. Aussi, Vicq-d'Azyr

a-t-il pensé que la cloison transparente était la continuation

de ces pédoncules.

La cloison transparente est constituée par deux lamelles

très déliées, parfaitement séparables, qui interceptent entre

elles, en avant, un espace où l'on rencontre quelques gouttes

de sérosité : c'est ce petit espace qui s'appejle ventricule de

la cloison , premier ventricule (Wenzel), cinquième ven- Ventricule de tricule (Cuvier), sinus du système médian (Chauss.). Il n'est pas fort rare de voir ce ventricule devenir le siège d'une hydropisie : je l'ai trouvé rempli de sang chez plusieurs individus morts d'apoplexie.

Ce ventricule de la cloison communique-t-i! avec les autres Une communique pas avec ventricules cérébraux ? Les opinions sont partagées à cet les autres ven-

r r a tricules.

égard : Vieussens et Winslow l'affirment; Tarin, décrit, pour cette communication, une petite fente, qui s'ouvre entre les piliers antérieurs; mais la plupart des anatomistes n'ont pas pu la démontrer. L'absence de toute communication entre le ventricule de la cloison et les autres ventricules, me paraît un fait bien constaté.

Chacune des deux lamelles de la cloison transparente est constituée par une couche médullaire, composée, suivant plusieurs anatomistes, défibres radiés qui, des piliers de la voûte, se portent au corps calleux. Celte lamelle est revêtue : 1° en structure de dehors, par la membrane du ventricule latéral; 2° en dedans, parente. paria membrane du ventricule de la cloison. L'existence de celte dernière membrane est établie par l'aspect lisse de ce ventricule, et se démontre directement par l'ablation de la couche médullaire de la lamelle. La substance grise du ventricule moyen se prolonge sur les faces de la cloison .]

Voûte à trois piliers et corps frangé.

La voûte à trois piliers est un arc médullaire subjacent au Forme de la

, voûte.

corps calleux, auquel il est continu et concentrique en arrière, et qu'il abandonne en avant pour s'enfoncer perpendiculairement en bas, en décrivant une courbure inscrite dans celle du corps calleux. C'est l'intervalle qui sépare la partie antérieure de la voûte à trois piliers du corps calleux, qui est rempli par la cloison transparente. C'est à tort que Winslow a ajouté, au nom de voûte (fornix), usité par les anciens , l'épilhète de à trois piliers, qui n'exprime qu'une simple apparence, car il

356 3NÉVR0LOGIE.

existe réellement quatre piliers, dont deux antérieurs très rapprochés et deux postérieurs très écartés. voûteUre de 'a ^a voute se présente sous l'aspect d'un triangle isocèle (Jrigone cérébral), à angle antérieur très allongé, et qui ne larde pas à se bifurquer, dont les angles postérieurs s'écartent brusquement en dehors et en bas, pour se prolonger dans la partie inférieure ou réfléchie des ventricules latéraux, sous le nom La voûte est de corps franq es ; ou plutôt, Ja voûte est constituée par deux

constituée par r ' ° ^

deux cordons cordons médullaires bien distincts en avant, qui se portent

médullaires. . v

en convergent d'avant en arrière, s adossent bientôt, vont s'élargissant et s'aplatissant de haut en bas et se séparent en divergeant brusquement au niveau de la portion réfléchie des ventricules latéraux , dans lesquels ils se plongent. La voûte représente donc une espèce d'# horizontal , dont les branches antérieures sont très rapprochées et très courtes, et les branches postérieures très écartées et très longues. Le nom de voûte n'est vraiment applicable qu'à la partie de cette voûte, qui est adossée au corps calleux. Reil, qui a mieux décrit et figuré cette voûte qu'on ne l'avait fait avant lui, sans excepter même Vicq-d'Azyr et Sœmmerring, appelle la voûte , bandelette géminée.

Rapports de la La face supérieure de la voûte, convexe, répond sur la

face supérieure , • .

de la voûte. ligne médiane , a la cloison transparente en avant , et au corps calleux en arrière: de chaque côté, elle est libre, et fait partie du plancher du ventricule latéral. Quelquefois les plexus choroïdes sont renversés sur cette face supérieure de la voûte. Pour se faire une bonne idée des rapports de la voûte avec le corps calleux , il faut se rappeler que la voûte est formée par deux bandes ou rubans médullaires. Eh bien ! les bords contigus de ces rubans se renversent en haut, adhèrent à la face inférieure du corps calleux, et forment une petite cloison verticale , qui continue, en arrière, la cloison transparente. Aussi, considère- t-on assez généralement les fibres médullaires de la cloison transparente, comme étant continues à celles de la voûte.

La face inférieure de la voûte appuie sur la toile choroï- Rapports de la

' face inférieure

dienne, qui la sépare du ventricule moyen et des couches op- deiavoûie. tiques, dont elle recouvre la partie interne.

C'est sur cette face inférieure et en arrière, au moment où les deux rubans médullaires s'écartent l'un de l'autre, pour se plonger dans la portion réfléchie du ventricule latéral, ou plutôt dans l'intervalle tri angulaire qui sépare ces deux rubans, que se voit cette disposition régulière, quoique variable suivant les sujets, de fibres transversales aboutissant à des fibres antéro-postérieures et obliques, qui a reçu le nom de lyre, corpus psalloïdes, psalterium. J'ai déjà indiqué cette Lyre ou psaidisposition que Gall, regarde, à tort, comme l'ensemble des termm" filets de jonction des deux côtés de la voûte.

Les bords de la voûte sont concaves, minces, libres, côtoyés et souvent recouverts par les plexus choroïdes.

Piliers antérieurs. Les deux bandes médullaires de la voûte, piliers antéreunies en avant, semblent confondues pour constiluerce qu'on "oûte. de la appelait le sommet ou le pilier antérieur de la voûte; mais un examen plus attentif ne tarde pas à démontrer que ces deux bandes médullaires sont toujours contiguës et séparables, et nullement continues; qu'elles s'écartent en avant l'une de l'autre , pour aller gagner la partie aniérieure de la face interne des couches optiques, et constituer les deux piliers antérieurs de la voûte. Ces deux piliers, que Vieussens, Tarin et autres faisaient naître presque indifféremment, soit des pédoncules cérébraux, soit de la commissure antérieure ; que Sabatier faisait perdre sur les parois du troisième ventricule (les piliers antérieurs ont une origine antérieure bien plus compliquée), ne se voient bien que sur une coupe verticale antéropostérieure du cerveau, qui tombe juste sur la ligne médiane. Chaque moitié du cerveau comprend le ruban correspondant de la voûte. On voit alors, avec Cassérius et Sanlorini, qui ont signalé cette origine, que chaque pilier antérieur naît du tubercule mamillaire de son côté, tubercule qui a été nommé, pour cette raison, bulbe de la voûte (bulbifornicis, Gùnz); que

358 WÉVROLOGIE.

chaque pilier toute l'écorce blanche de chaque tubercule mamillaire semble

antérieur a son , , , „ , ,t , , „ . , ,

origine au tu- employée a former un gros cordon, blanc , fascicule, qui se

bercule mamil- , , , , •„*-•' i

lairecorrespon- porte de bas en haut, et quon suit très aisément avec le manche du scalpel, à travers la substance grise et molle qui constitue en avant et en bas la paroi interne du ventricule moyen. Dans l'épaisseur de cette substance grise, le cordon décrit une courbure à concavité postérieure , et se trouve placé entre la couche optique et le corps strié, derrière la commissure anté- Trajet des pi- rieure.. Dégagé de la substance grise qui se prolonge encore

licrs d'avant en , , . .

arrière. le long de son bord antérieur, pour se porter sur la cloison

transparente, le pilier antérieur se réfléchit d'avant en arrière, au devant de la couche optique, et s'aplatit en ruban pour s'appliquer sur cette couche, dont il suit le contour. Au moment où d'ascendant qu'il était il devient horizontal, le pilier de la voûte forme un demi-anneau, converti en anneau complet par la partie antérieure de la couche optique. C'est cette ouverture (trou de Monro) qui établit une communication entre le ventricule moyen et le ventricule latéral. Les corps Piliers postérieurs. Parvenu à la partie postérieure de la

franges ou pieds * ' l

d'hippocampe couche optique, le ruban de la voûte, qui s'était déjà dirigé

sont la continua- r l ' ^ J °

tion des piliers un peu obliquement en dehors , se porte brusquement et très

postérieurs.

obliquement en dehors et en bas, dans la portion réfléchie du ventricule latéral, pour se diviser en deux parties, l'une qui forme l'écorce blanche de la corne d'ammon oti pied d'hippocampe, l'autre, qui suit le bord concave de ce corps, et prend le nom de corps frangé ou corps borde'. Nous reviendrons sur cette disposition à l'occasion du ventricule latéral.

J'ai dit que le pilier antérieur naissait du tubercule mamillaire , mais ce pilier antérieur a une origine bien plus profonde, déjà figurée par Vicq-d'Azyr, et dont Reil a mieux décrit la disorigine pro- position. Cette origine a lieu, suivant ce dernier anatomiste ,

fonde du pilier r

antérieur. (jans l'épaisseur de la couche optique ; je 1 ai suivie plus loin que Rei!, jusqu'au tœnia semi-circulaire ; ou plutôt ce tœnia semi-circulaire, qui se voit dans le ventricule latéral entre le corps strié et la couche optique, et qui semble faire suite au

tubercule quadrijumal antérieur, se divise en deux bandelettes Racines du

, . ,, , , ... ,., . pilier antérieur,

qu'on peut considérer comme les racines du pilier antérieur :

de ces deux racines, l'une est superficielle et facile à découvrir sans préparation; l'autre, profonde, s'enfonce dans la couche optique , ;se porte d'arrière en avant, gagne le tubercule mamillaire, qu'elle forme en se renflant, et se recourbe de bas en haut pour constituer le pilier antérieur.

Les rubans de la voûte reçoivent en outre d'autres fibres Fli,reg de blanches, qui multiplient singulièrement leurs connexions. renforcement- Ainsi, 1° au milieu de la substance grise qu'ils traversent, les piliers antérieurs reçoivent quelques fibres médullaires , dont les unes naissent de cette substance, dont les autres viennent du chiasma des nerfs optiques ; 2° au moment où ils émergent de la substance grise, dans le point précis ouleur direction , de verticale qu'elle était devient horizontale, ils reçoivent un cordon considérable fourni par la couche blanche qui recouvre la couche optique , auquel se joignent : 1° le cordon de couronnement de la couche optique, lequel cordon est la suite du pédoncule du conarium ; 2° les fibres les plus superficielles du tsenia semi-circulaire dont j'ai déjà parlé. Ces fibres, que j'ai considérées comme une des racines du pilier antérieur, constituent un cordon blanc remarquable qui se renverse brusquement d'avant en arrière, pour se continuer avec la voûte ; 3° enfin, il reçoit, ou peut-être il donne les fibres blanches rayonnées qui constituent la cloison transparente.

Toile choroïdienne.

Sous la voûte se voit une membrane vasculaire, prolongement de la pie-mère extérieure : c'est la toile choroïdienne , Toile choroïaînsi nommée par Hérophile , à cause de sa ténuité, qui l'avait fait comparer au chorion du fœtus. Elle est formée de la manière suivante : parvenue au dessous du bourrelet du corps calleux , la pie - mère pénètre dans l'intérieur du cerveau entre ce bourrelet et les tubercules quadrijumeaux, forme une espèce de toile triangulaire, dont la base est en arrière, et le

360 JNÉVR0LOGIE.

Rapports de sommet. tronqué et bifurqué est en avant. Sa face supérieure

la toile choroï- , ... , , ,, „

dienne. est recouverte par la voûte a trois piliers, a laquelle elle trans-

met un grand nombre de vaisseaux. Sa face inférieure forme la paroi supérieure du ventricule moyen, et répond sur les côtés à la face supérieure et un peu interne des couches optiques. Elle répond en outre aux veines de Galien et au conarium ou glande pinéale qui lui est très adhérent , et auquel elle forme une gaine presque complète , si bien qu'on enlève presque toujours avec elle le conarium. C'était au-dessous de la toile choroïdienne que Bichat plaçait son prétendu canal arachnoïdien.

rofdéTdu ven~ Cette face inférieure de la toile choroïdienne, qu'on ne peut tncuie moyen. jj|en vojr qU'en étudiant le cerveau de bas en haut, présente deux petites traînées de granulations rouges, tout à fait semblables aux plexus choroïdes des ventricules latéraux avec lesquels elles se continuent en avant. On peut les appeler plexus choroïdes du ventricule moyen.

Bords de la Les bords de la toile choroïdienne se continuent avec les

toile choroïdienne. plexus choroïdiens des ventricules latéraux.

Son extrémité U extrémité antérieure, ou sommet de la toile choroïdienne, antérieure 1- est j^g^e . chacune des branches de bifurcation passe du ventricule moyen dans le ventricule latéral , derrière le pilier antérieur de la voûte par l'ouverture de communication de ces ventricules, et constitue l'extrémité antérieure du plexus choroïde.

La toile choroïdienne est formée par la pie-mère, que soutient une lamelle fibreuse assez résistante.

Lorsque la voûte à trois piliers et la toile choroïdienne ont été enlevées, on arrive dans une cavité qui s'appelle ventricule moyen ou troisième ventricule.

Ventricule moyen ou troisième ventricule.

Préparation. On arrive , sans préparation, dans le troisième ventricule , après avoir enlevé la toile choroïdienne ; on peut encore y arriver très facilement par la base du cerveau, et, pour cela, il suffit

de séparer le pédoncule cérébral et le tubercule mamillaire droits du pédoncule cérébral et du tubercule mamillaire gauches, par une section antéro-postérieure médiane. Il est une autre coupe, que je recommande comme infiniment propre à montrer toutes les parties contenues dans le troisième ventricule : c'est une coupe verticale antéropostérieure, qui tombe à droite ou à gauche de la ligne médiane, de manière à laisser intactes les Tleux parois latérales du troisième ventricule.

Le ventricule moyen est situé sur la ligne médiane, entre . situation

a ° du ventricule

les couches optiques, au voisinage de la base du crâne, d'oùm°yen« le nom de ventricule inférieur \ au devant des tubercules quadrijumeaux. Il se présente sous l'aspect d'une cavité très étroite, oblongue d'avant en arrière, plus étendue en bas qu'en haut ; c'est moins une cavité qu'une fente (fissura rnediana , Sa figure. Gordon) intermédiaire aux deux couches optiques, d'où le nom de ventricules des couches optiques, qui lui a été donné par Vicq-d'Azyr. Yésale comparait ce ventricule à une vallée située entre deux montagnes très rapprochées, figurées par les couches optiques et unies entre elles à l'aide d'une espèce de pont représenté par la commissure molle , ou pour parler sans figure, le ventricule moyen est un sillon profond qui sépare l'hémisphère droit de l'hémisphère gauche.

Le ventricule moyen communique en avant avec les ventri- sa communication avec les cules latéraux, en arrière avec le ventricule du cervelet , et autres ventricules.

d après plusieurs anatomistes, il communiquerait, par une espèce de fente (vulva), avec le ventricule de la cloison. Le ventricule moyen constitue donc une cavité intermédiaire à tous les ventricules (communis ventriculorum concavitas , Yésale). Sa paroi supérieure est formée par la toile choroïdienne et médiatement, par la voûte à trois piliers. Cette toile enlevée, on voit X orifice supérieur du ventricule moyen, lequel est limité par un couronnement ou liseré blanc , qui constitue en arrière, et de chaque côté, les pédoncules antérieurs du conarium, ou glande pinéale, et que nous avons vu concourir à la formation du pilier antérieur.

362 NÊVROLOGIE.

Parois laté- Les parois latérales du ventricule moyen > qui se voient

raies du ventri- „ . , , .

cuie moyen, parfaitement dans la coupe verticale médiane, antero-posté rieure du cerveau, planes et lisses, de couleur grise, sont formées par deux parties bien distinctes : 1° en haut et en arrière, par la face interne des couches optiques; 2° en bas et en avant par la face interne d'une masse grise, qui m'a paru mériter une description particulière , sous le titre de masse Masse grise, grise du troisième ventricule.

Une gouttière horizontale sépare la partie de la paroi interne, qui est formée par la couche optique , de celle qui est formée par la masse grise.

La face interne de celte masse grise est lisse et tapissée par

la membrane du ventricule; la face externe se continue avec

Elle se cob- ie reste (ju cerveau ; en bas, celte masse grise constitue le tuber

tinue avec le ' ' °

tubercinereum. cinereum ou base de l'infundibulum ; entoure les tubercules' mamillaires, les piliers antérieurs de la voûte et leurs racines, se prolonge en haut jusque sur les côtés'du septum lucidum,en bas jusqu'au dessus du chiasma des nerfs optiques, dont le bord postérieur qui plonge dans l'épaisseur de cette masse, reçoit de chaque côlé une racine blanche et courte, qui semble naître au sein de cette substance grise.

Les parois latérales du ventricule moyen sont unies entre elles, au niveau de la partie antérieure des couches optiques, commissure par une subsiance grise appelée commissure molle, commissure grise, commissure vasculaire des couches optiques, variable dans son épaisseur, mais très facile à déchirer, et dont j'ai toujours rencontré les débris chez les sujets qui paraissaient au premier abord en être dépourvus (1). Je reg rde la commissure molle comme un prolongement de la masse grise

(1) Sur soixante-six cerveaux appartenant à des sujets de tout âge, examinés dans ce but par les frères Wenzel, la commissure grise a été trouvée cinquantesix fois. Elle manquait donc dans dix cas. La facilité avec laquelle se déchire cette commissure molle, peut en avoir imposé à ces laborieux investigateurs,

en leur faisant regarder l'absence de cette commissure comme plus fréquente

encere qu'elle ne l'est réellement.

du ventricule moyen, et cette substance me paraît de même

nature que la matière grise des circonvolutions.

Le plancher du troisième ventricule est la paroi la plus plancher du

étendue de cette cavité : il présente une courbure dont la conca- tricuie?6 vea"

vite est en haut et la convexité en bas. Nous le diviserons en

trois portions : 1° portion postérieure ou plancher postérieur, 1° Planche» , . , , postérieur;

profondément sillonne sur la ligne médiane, représentant un plan fortement incliné d'arrière en avant, et qui répond à l'intervalle des pédoncules cérébraux. Sa couleur blanche, que voile à peine la couche mince de substance grise qui la revêt, contraste avec la couleur grise fortement prononcée des parois latérales ; 2° portion moyenne, ou plancher moyen, in- 2° Plancher fundibuliforme, répondant aux tubercules mamillaires et à '

l'infundibulum : il conduit au canal creusé dans la tige pitui-

taire ; 3° portion antérieure ou plancher antérieur, plan in- 3° Plancher

1 l antérieur.

cliné en bas et en arrière, formé par une lame grise, très

mince, demi-transparente, qu'on peut appeler, avec Tarin,

pars pellucida, et qui est soutenue par une lame fibreuse,

continuation de la pie-mère. Cette portion antérieure répond au

chiasma des nerfs optiques et au tuber cinereum.

En avant, le troisième ventricule présente : 1° les piliers „ . .

7 *• l Extrémité an-

antérieurs delà voûte, au devant desquels se voit un cordon térieure du ven-

* tricuie moyen.

blanc, cylindroïde, transversalement dirigé, dont on n'aperçoit que la partie moyenne : c'est la commissure antérieure, commissure

antérieure.

au dessous de laquelle le ventricule se prolonge pour se terminer au niveau du bord postérieur du chiasma. Derrière les piliers antérieurs, un peu au dessus de la commissure antérieure, se voient les deux ouvertures de communication du ven- Trons de tricuie moyen avec les ventricules latéraux , ouvertures ovalaires , quelquefois inégales en diamètre, et qui acquièrent de très grandes dimensions dans l'hydropisie chronique des ventricules. C'est par ces ouvertures, qu'on appelle trous de Monro, bien qu'elles aient été parfaitement décrites parGalien, Vésale et autres, que passent les deux extrémités de la toile choroïdienne, pourrse continuer avec les plexus choroïdes. Haller

364 NÉVROLOG1E.

regardait, à tort, ces ouvertures comme accidentelles, en se fondant sur plusieurs faits pathologiques, desquels il semblerait résulter que les ventricules latéraux étaient distendus par nne grande quantité de sérosité, tandis que le ventricule moyen était vide (1).

commissure En arrière, le ventricule moyen présente la commissure

postérieure. ' ■* *

postérieure, cordon cylindroïde, transversal, situé au devant des tubercules quadrijumeaux, subjacent à la commissure du conarium , avec laquelle il se continue. Cette commis ure , moins volumineuse que l'antérieure , peut être considérée, comme une commissure blanche des couches optiques, car elle se perd dans leur épaisseur. Elle forme une espèce de pont au dessus de l'orifice antérieur de l'aqueduc de Sylvius, qui établit une communication entre le troisième et le quatrième ventricules.

Anus. On a appelé anus l'orifice de communication de l'aqueduc

de Sylvius, avec le troisième ventricule, et non moins ridiculement appelé vulve, le prétendu orifice de communication de ce troisième ventricule avec le ventricule de la cloison.

De l'aqueduc de Sylvius ou aqueduc sous-quadrijumaî.

Aqueduc sous- U aqueduc de Sylvius, dont on trouve la description dans Galien et surtout dans Vésale, qui l'a aussi bien décrit que l'a-

(1) D'autres preuves de l'absence de ces ouvertures dans l'état normal, ont encore été invoquées, et en particulier, l'impossibilité de faire passer de l'air d'un ventricule latéral dans l'autre ; la persistance de l'hydropisie de l'un des ventricules latéraux., après que l'autre a été évacué ; la différence de qualité entre le liquide contenu dans ) e ventricule latéral droit et le liquide contenu dans le ventricule latéral gauche. Non seulement on peut répondre avec Meckel [Manuel d'Anat., trad. de MM. Breschet et Jourdan, t. 2, p. 674), qu'il est possible que, dans ce cas, une adhérence morbide du plexus choroïde ait intercepté toute communication; mais ces faits s'expliquent d'eux-mêmes par cette circonstance, que le ventricule moyen n'est autre chose qu'une fente étroite, qui permet difficilement le passage d'un ventricule latéral dans l'autre, et par cette autre circonstance, que les parois latérales étant formées par les cpuches optiques s'écartent très difficilement l'une de l'autre.

natomiste dont il porte le nom , est un canal qui établit une com- situation de municalion entre le troisième et le quatrième ventricules. Il est quadrijuma?.US" creusé dans l'épaisseur de l'isthme de l'encéphale, au dessous des tubercules quadrijumeaux, sur la ligne médiane. Sa direction est oblique en bas et en arrière. Ses parois, denses, sont tapissées par un prolongement de la membrane ventriculaire. Ce canal présente, sur ses parois supérieure et inférieure, une dépression antéro-postérieure ou sillon médian, que circonscrivent deux petits cordons longitudinaux. La dépression Dépressionde

. ses parois,

médiane inférieure fait suite au sillon longitudinal du calamus. Les frères Wenzel ont décrit minutieusement ces deux dépressions, auxquelles ils ajoutaient deux dépressions latérales. Vieussens a prétendu que l'orifice de l'aqueduc dans le quatrième ventricule, était garni d'une valvule. Mais cette assertion est en contradiction "formelle avec les résultats de l'observation.

De ce qui précède, il résulte que le ventricule moyen pré- Le ventricule

,.'•,,. moyen présente

sente quatre ouvertures : les deux premières qui établissent quatre ouver-

. . > lures ,

sa communication avec les ventricules latéraux, la troisième qui s'ouvre dans le quatrième ventricule, la quatrième qui s'ouvre dansl'infundibulum.

Ce même troisième ventricule présente trois commis- Et trois cotn-

missures.

sures : une commissure grise, ou la commissure molle des couches optiques, et deux blanches, l'une, antérieure, l'autre, postérieure.

Couarium ou glande pinéale.

Le conarium (glande pinéale, corps pineaV) est un petit corps grisâtre, situé sur la ligne médiane, au dessous du bourrelet postérieur du corps calleux, derrière la commissure postérieure du ventricule moyen , entre les tubercules quadrijumeaux antérieurs, sur lesquels il est appuyé.

Il est maintenu dans sa position : 1° par deux petits cordons médullaires qu'on appelle ses pédoncules, et par la toile choroïdienne au dessous de laquelle il est placé, et qui lui forme

SGG n/cvroï-ogte.

Adhércnoo une gaîne presque complète , à la(|ucllc il adhère intimement.

du conarium a .... „ , .

la toiio choroi- Cette adhérence est telle, qu on enlevé presque toujours le co-

dienno. . ... . , .

nariuni avec la toile ; ce qui a porte quelques analomistcs a regarder le conarium comme une dépendance de la toile choroïdienne. D'une autre part, l'ablation facile du conarium avec la toile choroïdienne, a fait dire à d'autres analomistcs peu attentifs que le conarium manquait quelquefois dans Existence l'espèce humaine. Le conarium existe constamment chez

constante du *

coriariutn chez l'homme et chez les mammifères. Il manque dans les oiseaux,

l'homme et chez '

les mammifères, les poissons et les reptiles, à l'exclusion de la tortue, qui, par une exception bien singulière, le présente à son maximum de développement, en sorte qu'il constitue chez elle une espèce de cerveau (1).

Sa forme La forme du conarium est celle d'un cône, dont la base,

adhérente, est en avant, et le sommet, libre, en arrière : d'où le nom de conarium (x-uvaptov, Oribase, Galien) ; on l'a encore comparée à une pomme de pin, d'où le nom de corps pine'al, de glande pine'ale, parce qu'on l'a regardé comme un organe glanduleux. Sa forme présente, d'ailleurs, quelques variétés. Elle est quelquefois sphéroïde, d'autres fois cordiforme, à raison de l'échancrure de sa base.

Son volume. Le volume du conarium est celui d'un pois ordinaire; son diamètre anléro-poslérieur est de k lignes (de 8 à 9 millimètres); son diamètre transversc, pris à sa base, est de 2 à 3 lignes (de l\ à 6 millimètres). Son volume, étudié dans les diverses espèces animales, ne paraît en rapport ni avec le volume du cerveau, ni avec celui du cervelet et des tubercules quadrijumeaux: en sorte que l'anatomie comparée ne peut répandre aucune lumière sur ce point obscur d'anatomie. L'âge et le sexe ne paraissent exercer aucune influence sur le développement de ce petit corps.

Mapports. Le conarium, enveloppé par la pie-mère, à la manière du cerveau ou du cervelet, repose sur l'espace trian-

(\) Dcsmoulins, Anat, du SysU nerv,, t. 1, p. 211.

CENTRE NERVEUX CEPHALO-llACHïniEN. CERVEAU. 367

gulaire légèrement déprimé, qui sépare les tubercules quadrijumeaux antérieurs. Col espace présente une petite fossette qu'on peut appeler fossette du conarium, au fond de laquelle Fosseiie du

, , conarium.

se voit la commissure posieneurc du cerveau. Les veines do Galien longent ses parties latérales.

Dégagé de la pie-mère, le conarium, ou corps pinéal, est libre dans tous les sens, excepté à sa base, où. il tient à l'encéphale : 1° par une commissure transversale, qui surmonte la surç* commiscommissure postérieure du cerveau, et qui présente quelquefois de petites végétations, visibles surtout à la loupe, végéta- j/^JÏÏÎ}^0 lions rugueuses contenant de petits graviers dans leur épaisseur ; 2° par quatre pédoncules grêles, dont deux supérieurs De8 .(iua';ro et deux inférieurs, lesquels présentent aussi quelquefois des conarium.

végétations au voisinage de la commissure. Les pédoncules Pédoncules

D " , , , antérieurs.,

supérieurs ou antérieurs, les seuls généralement décrits,

sont deux traclus médullaires, formant une sorte d'anse ou de parabole, dont les deux branches couronnent les couches optiques : ils ont reçu le nom de rênes, freins de la glande pine'ale (habenœ). Nous avons vu ces pédoncules aller se continuer, avec les piliers antérieurs de la voûte à trois piliers, dont ils forment en quelque sorte une des racines. Les pédoncules inférieurs ou postérieurs, qu'on ne voit bien que sur Pédoncules

' r a postérieurs.

une coupe verticale antéro-postérieure et médiane du cerveau,

naissent de la base du conarium, se portent verticalement en bas, sur la partie la plus reculée de la paroi interne du ventricule moyen, et peuvent être suivis jusqu'à la partie inférieure de ce ventricule (1).

Couleur et consistance. La couleur gris-rougeàlre du co- Couleur et

" ° consistance du

narium contraste avec la blancheur de la commissure et des conarium. pédoncules. La couleur, de môme que la consistance de ce

(1) Ridley admettait des stries blanches nées du conarium, qui allaient se perdre dans les tubercules quadrijumeaux postérieurs. Gall disait que les pédoncules inférieurs se dirigeaient eu arrière et un peu en bas, pour aller se continuer ayee la lame blanche subjacente, Planche XI» texte» p. 223.

368 NEVROLOGIE.

corps, représentent assez exactement la couleur et la consistance de la substance grise des circonvolutions cérébrales. En pressant le conarium entre les doigts, on en exprime un suc visqueux, et on y reconnaît la présence de petits graviers, dont je vais m'occuper après avoir décrit la structure de cet organe.

conarium!"6 du Structure. La base du conarium présente des fibres blanches ou médullaires, nées de la commissure et des pédoncules Ses fibres supérieurs de cet organe. Ces fibres blanches s'épanouissent

blanches. '.

en houppe, et cessent brusquement. Tout le reste de l'organe Son suc vis- est composé de substance grise. Si on divise le conarium par

queux, i e> r

une coupe horizontale, on trouve qu'il est tantôt plein, tantôt creusé par une cavité, que remplit un liquide transparent, poisseux. Cette cavité est tapissée par une membrane vasculaire ; et, suivant Meckel, par une lame médullaire que je n'ai jamais vue. Communique-t-elle avec le troisième Ce qu'il faut ventricule ? On l'a prétendu. Mais je serais porté à croire,

penser de sa

caviié. avec Santorini et Gerardi, que le pertuis de communication

qui a été admis par quelques auteurs , est le résultat de la traction exercée sur la base du conarium pour l'extraction de la pie-mère.

Lorsque la cavité du conarium n'existe pas, ce qui n'est pas fort rare, le liquide visqueux pénètre ce corps à la manière d'une éponge.

Nature du Quant à la nature du conarium, ce corps se présente sous

conarium.

1 aspect d une substance grise, molle, parcourue par un très grand nombre de vaisseaux sanguins, ayant une grande analogie avec la substance corticale, mais aucune avec le tissu glanduleux.

Ses concré- Concrétions du conarium. Un des points les plus curieux

tions. r r

de l'étude anatomiqîie du conarium, c'est la présence de concrétions ossiformes, qu'on a souvent considérées, avec Ruysch, comme des osselets, erreur qui a été victorieusement réfutée par Sœmmerring. Les usages de ces concrétions sont, d'ailleurs, tout à fait inconnus.

Variétés de ces concrétions.

Leur siège.

Ces concrétions sont-elles constantes ? Les frères Wenzel" Les concré-

r . 0 .,.,., lions du cona-

les ont vues manquer six lois sur cent, bœmmernng dit qu il rium existent à

• i ) - • i tout âge,

les a trouvées sur 15 cerveaux, parmi lesquels étaient ceux de très petits enfants; il ajoute qu'elles existent chez le fœtus avant terme. Meckel, qui ne les a jamais vues manquer, dit qu'elles n'apparaissent que de la 6e à la 7e année.

Tantôt ces concrétions forment une seule masse (acervulus, Sœmmerring), semblable à un grain de sel gris ; tantôt, et c'est ce qui a lieu le plus souvent, il y en a un très grand nombre. Elles représentent des granulations juxta-posées, que les frères Wenzel regardaient comme articulées au moyen d'une membrane propre.

Siège des concrétions. Lorsque le conarium est creusé d'une cavité, c'est dans cette cavité qu'on rencontre les concrétions; elles occupent, au contraire, la surface, lorsque le conarium est massif. J'en ai rencontré plusieurs fois sur les pédoncules du conarium.

Leur couleur est d'un jaune opalin chez le vieillard, blan- Leur couleur, châtre chez les jeunes sujets. Chimiquement considérées, ces concrétions sont, d'après Pfaff, formées par du phosphate calcaire , par du carbonate de chaux et par une matière animale-

Ces concrétions ont été, à tort, considérées comme tenant à un état pathologique, par Morgagni, qui a supposé gratuitement qu'elles pouvaient déterminer des accidents cérébraux plus ou moins graves.

Usages du conarium. L'hypothèse de Descartes, si victorieusement réfutée par Sténon, sur l'usage de ce corps, est un exemple frappant de l'abus qu'on peut faire de notions incomplètes en anatomie : l'âme siégeait dans la glande pinéale et dirigeait tous les mouvements, à l'aide des pédoncules, que Descartes considérait comme les rênes de l'âme. M. Magendie, préoccupé par le liquide céphalo-rachidien, pense que ce corps remplit des fonctions relatives à la circulation de ce liquide, et considère le conarium comme une sorte de tampon ou de U. 24

Usages du conarium.

370 NÉVROLOGIE.

bouchon, qui obstruerait l'orifice de communication du troisième avec ie quatrième ventricule : mais d'abord le conarium est maintenu immobile par la pie-mère, et, en second lieu, lors même qu'il serait libre, il ne pourrait, dans aucun cas, fermer Les usages l'orifice de communication des deux ventricules. Les lésions

du conarium ne

sont pas encore morbides du conarium donneront peut-être un jour la solution

démontrés.

du problème de ses usages. Mais ces lésions n ont pas encore été suffisamment étudiées. La présence d'une cavité dans son intérieur, l'hydropisie dont celle-ci est quelquefois le siège , sembleraient indiquer que les usages du conarium sont relatifs à la sécrétion d'un liquide.

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