‹ Traité d'anatomie descriptive (volume 4)Chapitre 85 sur 136 · DU FOETUS A TERME · texte numérisé non relu

DU FOETUS A TERME

dans le sens de la flexion, est niaimenu dans une position insolite, il pourra en résulter des difformités (1).

La position du fœtus, par rapport à la matrice, n'est pas position du moins remarquable que celle du fœtus par rapport à lui- portVîa mamême. Cette position est telle, que dans l'immense majorité ' * des cas , la tête du fœtus est dirigée en bas , du côté du col de l'utérus, et les pieds dirigés en haut. Pourquoi celte situation? Est-elle le résultat pur et simple du poids relatif plus considérable de la tête? Serait-elle l'effet d'une détermination instinctive du fœtus, comme l'a soutenu avec beaucoup de talent M. le professeur P. Dubois? La première explication me paraît si naturelle et si plausible, que je ne vois pas de nécessité à chercher une raison méiaphysique de la situation du fœtus, dont l'intelligence faillirait d'ailleurs en bien des occasions, puisque sa position est bien loin d'être toujours la plus favorable pour l'accouchement.

La moyenne du poids du fœtus à terme est de 5 à 7 livres Moyenne du

y , •■ - / > « , •■ \ , -, ,., ■ , poids et des di-

(2 kilog. 1/2 a 3 kuog; ; sa longueur, qui, lorsqun est pelotonne mensions du fœ. dans la cavité utérine, ne dépasse pas de 8 à 10 pouces (de 24 à 30 centim.), atteint 18 à 20 pouces (54 à 60 cenlim.) lorsque la tête est redressée et les membres inférieurs allongés. Du reste, ce sont moins les circonstances de volume que celles de développement qui doivent servir de règle dans l'appréciation de l'âge du fœtus.

Le caractère général de la forme du corps du fœtus à terme caractère gé-

i, , , - i • ... > .,'!,, néraldelaforme

est, dune part, la prédominance relative très considérable de du corps du fœ. la lête et du tronc sur les membres, de la tête sur le tronc , et, rm '

dans cette tête, la prédominance relative non moins considérable du crâne sur la face; d'une autre part, la prédominance des membres supérieurs sur les membres inférieurs.

La position de l'ombilic , par rapport aux extrémités supérieures et inférieures du corps , a fixé l'attention des observateurs. L'ombilic , ainsi que l'a fait remarquer M. le professeur

(1) Voyez Anal, ptttkol, du corps humain, 2e livr.

782 OVOLOGIE.

Moreau , n'occupe que fort rarement le milieu de la longueur

tnlub ,

du corps, presque toujours il est situe au dessous. La moyenne des variétés est de 25 millimètres, importance Les dimensions du fœtus à terme, comparées aux dimensions

du parallèle des ,,.,,. , 1 1 i n . j

dimensions du du bassin , étant en quelque sorte la base de 1 art des accou-

fœlusàtermeet , . , * ,

des dimensions chements, on conçoit que les accoucheurs aient du étudier avec le plus grand soin les diamètres des diverses régions du corps du fœtus j on conçoit surtout que la tête étant la partie la plus volumineuse, celle qui fait le plus obstacle à l'accouchement, ait dû être l'objet d'une étude toute particulière. La réduclibililé des diverses parties du corps du fœtus par une compression extérieure ; la réduclibililé de la voûte crânienne, don t les os plus ou moins flexibles sont séparés par des espaces membraneux qui leur permettent une espèce de chevauchement; la mesure, plus limitée qu'on ne le croit généralement, de celte réductibilité; l'irréductibilité absolue de la base du crâne ; l'explication ostéologique de cette différence entre la voûte et la base du crâne, tiennent une place importante dans la théorie des accouchements, et sont la source d'un grand nombre d'indications pratiques.

§ IL Structure du fœtus à terme.

structure du Le terme de la grossesse , qui est l'époque du passage de la

jt£lus à terme.

vie intra-utérine à la vie extra-utérine, étant une des grandes époques de la vie humaine, il serait du plus grand intérêt de décrire avec les détails les plus circonstanciés l'état précis de chacun des organes du fœtus humain au terme de la grossesse.

On trouvera disséminés dans cet ouvrage les éléments de celle espèce de monographie anatomique du fœtus à terme; car, à l'article du développement de chaque organe en particulier, j'ai constamment pris pour point de départ la grande époque de la fin de la vie fœtale. Quelques considérations générales devront suffire ici.

Appareil locomoteur du fœtus à terme. ïïlyojogie. Les mus»

Di FOETUS A TERME. 783

des sont pâles , peu développés , mais tous parfaitement dis- Appareil io-

, ( comoteurdufœ-

tinels, facilement séparables, a raison de rétalpresquemuqueux tus à terme, du tissu cellulaire et de l'absence complète de graisse intermusculaire ; il n'est même pas nécessaire de dissection pour isoler les muscles, pour isoler leurs faisceaux, et démêler l'intrication des muscles les plus compliqués. Je conseillerais Myologie. même d'étudier les muscles des gouttières vertébrales sur le fœtus à terme ou sur l'enfant nouveau-né, si les insertions musculaires pouvaient être mieux déterminées à cette époque de la vie.

L'ostéolonie du fœtus à terme serait certainement une des , osiéo'ogîe du

'' fœtus a terme.

parties les plus intéressantes de l'histoire du système osseux. Toutes les diaphyses des os longs sont osseuses et même assez développées; toutes les épiphyses sont cartilagineuses, à l'exception de l'épiphyse de l'extrémité inférieure du fémur, qui apparaît dans les derniers jours de la vie intra-utérine. Les os larges sont plus ou moins avancés suivant les besoins de l'économie : les plus avancés sont certainement les os du crâne ; tous les os courts sont cartilagineux, à l'exception des vertèbres ; et la raison finale de cette exception ne saurait être l'objet d'aucun doute : elle est tout entière dans cette loi qui préside à l'ostéogénie et même à l'embryogénie tout entière ; savoir : que la précocité ou le relard dans l'ossification ou plus généralement dans le développement, sont subordonnés à la précocité ou au retard et à l'importance des fonctions. Ainsi , de toutes les vertèbres , celles dont les lames , c'est à dire , la portion protectrice des vertèbres, sont les plus développées à la naissance, ce sont les vertèbres cervicales; et celles dont les corps, c'est à dire, la partie destinée à servir de colonne de sustentation, sont les plus développés, sont celles qui répondent au milieu de la hauteur du rachis. Les vertèbres les plus développées à la naissance, sont certainement les vertèbres cervicales , surtout dans la portion protectrice de ces os.

Organes digestifs. L'appareil digestif est complet chez le fœtus à terme; la longueur relative du canal intestinal est pro-

784 OVOLOGÏE.

Du canal di- porlionnellement plus considérable que chez l'adulte. Une re-

gestif chez le . j.««»

iœius à terme, marque importante , c est la grande différence qui existe entre les fœtus à terme, sous le rapport de la longueur du canal intestinal. Cette différence a été surtout étudiée à l'occasion des enfams affectés d'induration du tissu cellulaire. La brièveté du canal intestinal, chez un grand nombre de ces enfants, en général petits et peu développés, a pu faire croire que cette brièveté était pour quelque chose dans les maladies à laquelle ils ont succombé. Le rectum et même, chez quelques sujets une bonne partie du gros intestin , sont remplis de méconium. Le foie déborde les côtes droites de deux travers de doigt , et déborde bien davantage encore l'appendice xyphoïde : d'où les précautions indiquées par les accoucheurs, pour éviter toute pression sur l'abdomen, dans l'accouchement par les pieds (1). Organes res- Organes respiratoires. Absolument inactifs pendant toute pua oires. ^ durée de la vie intra-utérine, et complètement privés d'air, les poumons sont petits, flétris, analogues aux poumons d'adultes qui ont été comprimés et vidés d'air par un épanchement considérable dans les plèvres, et se précipitent au fond de l'eau. Les vaisseaux artériels et pulmonaires n'ont peut-être pas la huitième partie du développement qu'ils prendront immédiatement après la naissance, aussitôt que l'air aura pénétré dans les voies respiratoires.

Je ferai remarquer combien les lésions du poumon sont fréquentes chez les fœtus à terme, combien d'oedèmes, combien de pneumonies lobulaires , qui font périr l'enfant au moment de la naissance, ou peu de temps après la naissance (2), Organes cir- Organes de la circulation. C'est par les organes de la circulatoires, colation que la vie fœtale présente les différences les plus tranchées avec la vie extra-utérine. Toutes ces différences,

(1) J'ai observé, à la Maternité, un fait qui tendrait à établir que, dans l'accouchement par les pieds chez une primipare , le foie peut être conlus, indépendamment de toute manœuvre.

(2) Anat. palhol, du. corps humain , 15e livr.

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