DE LA MEMBRANE PITUITAIRE
La pituitaire La membrane pituitaire, membrane de Schneider (1).
médiat^deVoT- organe immédiat de l'olfaction, est une membrane fibro-muqueuse, qui tapisse les fosses nasales dans toute leur étendue, et qui se prolonge, en subissant des modifications de texture telles qu'elle y est méconnaissable, dans les cellules et sinus qui viennent s'ouvrir dans ces cavités.
Configuration Ainsi revêtues par la pituitaire, les fosses nasales présentent
les revêtues de une configuration qui diffère à quelques égards de celle qu'elles offrent sur le squelette. Un grand nombre de trous et de conduits sont bouchés par la membrane ; plusieurs sont rétrécis. Les rugosités de la surface des cornets sont en quelque sorte dissimulées. En outre, la muqueuse, en se réfléchissant sur elle-même, forme des plis dont les uns prolongent les cornets et dont les autres rétrécissent plus ou moins les orifices de communication des sinus et cellules avec les fosses nasales.
Tirant ainsi son origine de la peau réfléchie et garnie de poils qui tapisse la surface interne de la narine, la pituitaire se continue, sans ligne de démarcation, avec la muqueuse du pharynx, du voile du palais, de la trompe d'Eustachi et du canal
(1) Schneider Conrad Victor (de Catarrho) a attaché son nom à cette mem- Sbrane, parce qu'il a, le premier, réfuté victorieusement l'erreur des anciens, qui faisaient descendre des ventricules du cerveau, le produit des sécrétions nasales. Le nom vulgaire de rhume de cerveau est encore un vestige de cette «rreur.
de l'organe de l'odorat. 63
nasal. Voici, du reste, les particularités les plus remarquables qu'elle présente dans sa distribution sur les parois des fosses nasales.
1° A la voûte des fosses nasales, elle ferme les trous de la Disposition de
r la pituitaire à la
lame criblée, les trous des os propres du nez : en sorte que tous voûte des fosses
, « nasales.
les vaisseaux et nerfs qui traversent ces trous, pénètrent la muqueuse par sa face externe. Au niveau de l'orifice du sinus sphénoïdal, la pituitaire forme, avant de pénétrer dans le sinus, un repli qui rétrécit singulièrement cet orifice, et lui donne la forme d'une fente verticalement dirigée.
2° Sur la paroi externe des fosses nasales, la pituitaire revêt sur la paroi de bas en haut un grand nombre de parties : 1° le méat inférieur, à la partie antérieure et supérieure duquel elle rencon- valvule semi-
lunaire de l'ori-
tre l'orifice inférieur du canal nasal ; autour de cet orifice, elle fice inférieur du
• ■ . canal nasal.
forme un repli valvulaire à bord inférieur, semi-lunaire, qui prolonge le canal nasal plus ou moins, suivant les sujets : en sorte que, sur les sujets chez lesquels celte valvule est très développée, on est quelquefois fort embarrassé pour découvrir l'orifice inférieur du caiial nasal, même lorsque le cornet inférieur est relevé ou brisé. On conçoit, en outre, que chez ces mêmes individus, le cathétérisme du canal nasal parole méat inférieur , doive presque nécessairement déchirer cette valvule (1).
Du méat inférieur, la pituitaire se réfléchit sur le cornet inférieur, qu'elle prolonge par un repli, en avant, et surtout en arrière. C'est sur ce cornet inférieur que la pituitaire présente sa plus grande épaisseur.
3° Dans le méat moyen, la pituitaire revêt Xinfundibulum , lequel présente, à son extrémité inférieure, une ampoule ou di-
(1) Ne serait-il pas possible que l'adhérence du bord libre et de la face externe de cette valvule à la muqueuse correspondante, fût une des causes de la tumeur et delaCstule lacrymales? N'est-il pas permis d'expliquer ainsi un certain nombre de tumeurs et fistules lacrymales, dans lesquelles les voies lacry* maies ne présentent aucun obstacle au cathétérisme.
latation dans laquelle se voit le plus ordinairement V orifice du Variétés 'dans sinus iïiaxillaire . Cet orifice est loin d'offrir le même aspect
la situation de A , A ,
l'orifice du sinus que sur une tête sèche : il est extrêmement étroit, et constitue
maxillaire. . . ,, , . , , , ,,
un pertuis qui admet a peine 1 extrémité boutonnée d'un stylet ordinaire. Cet orifice semble manquer quelquefois ; on le trouve alors au niveau de la partie moyenne de l'infundibulum : on dirait, dans ce cas, que le sinus maxillaire communique directement avec les sinus frontaux et non avec les fosses nasales. Il n'est pas rare de voir le sinus maxillaire communiquer à la fois et dans le méat moyen et dans l'infundibulum. La pituitaire se prolonge, de l'infundibulum, dans les cellules antérieures de l'ethmoïde, dans les sinus frontaux et dans les sinus maxillaires. En soulevant le cornet moyen, on voit dans le méat moyen, qu'elle rétrécit singulièrement, une saillie considérable qui limite en haut l'infundibulum, et qui répond à une grande cellule de l'ethmoïde. C'est sur cette saillie, sur laquele se moule le cornet moyen, que l'on voit souvent, en arrière, une ouverture qui communique avec cette grande cellule, et, en avant, une ou plusieurs ouvertures qui communiquent avec les cellules ethmoïdales antérieures et supérieures. Anomalies Du cornet moyen, qu'elle prolonge en arrière, la piluitaire
dans les ouyer- , , . ,.,.,. „ .
ture, des ceiiu- se porte dans le méat supérieur, ou j ai plusieurs lois rencon-
les ethmoïdales. , . , •
tre quatre ou cinq ouvertures communiquant avec autant de cellules postérieures de l'ethmoïde, lesquelles, dans ces cas, ne communiquaient nullement entre elles ; j'ai même vu une cellule ethmoïdale s'ouvrir sur le cornet supérieur.
La pituitaire s'enfonce dans toutes les cellules ethmoïdales et dans les sinus frontaux, soil directement, soit médiatement ; mais elle ne pénètre en aucune manière dans le trou sphénopalaiin, qu'elle ferme au contraire complètement.
De la pituitaire Sur la cloison, la pituitaire est remarquable par son épaissur la cloison. .
seur, qui ne le cède qu'à la portion de cette membrane qui revêt
le Gornet inférieur. On ne voit nullement chez l'homme ce prolongement en cul-de-sac qui existe constamment chez les animaux, en ayant et en bas, dans l'épaisseur de la suture in-
de l'organe de l'odorat. 55
ter-maxillaire , au niveau du bord inférieur de la cloison , prolongement sur les usages duquel la physiologie est en défaut. Dans le même point , la pituitaire ferme les ouvertures supérieures du canal palatin antérieur. — Sur le plancher des fosses nasales, la pituitaire n'offre rien de remarquable. Structure. La pituitaire appartient à la classe des mem- La pituitaire
, j- •.• ' • i 11 est une mem-
branes muqueuses ; et, par une disposition spéciale, elle se hrane fibro nm-
irouve étendue sur des os et sur des cartilages. Sa surface libre qaeuse# est molle, rouge, criblée de trous, par lesquels on peut exprimer une grande quantité de mucus. Sa surface adhérente est intimement unie au périoste et au périchondre qui revêtent les os et les cartilages des fosses nasales : aussi est-elle rangée parmi les membranes fibro-muqueuses.
La pituitaire est généralement plus épaisse que les autres Disposition
, ... a p •■ i i ' éreclile de ses
membranes muqueuses : aussi est-il extrêmement facile de de- vaisseaux san~ terminer la structure éminemment vasculaire et véritablement guins" éreclile de cette membrane. Si on pique la pituitaire avec un tube à injection lymphatique rempli de mercure, ce liquide pénètre immédiatement dans les cellules du tissu érectile, et s'écoule de là par les veines qui y aboutissent. Si on pique plus
superficiellement , on voit se former un réseau lymphatique son réseau
. , lymphatique.
admirable, et tellement superficiel, que le mercure présente tout son éclat métallique. Ce réseau lymphatique ne communique nullement avec les cellules veineuses dont je viens de parler.
Ce réseau lymphatique, qui est commun à toutes les membranes muqueuses, donne à la lamelle ininjectable par les vaisseaux sanguins qui les revêt , l'aspect d'une membrane séreuse.
Artères. La pituitaire reçoit un très grand nombre devais- Artères de la
...... I , . . pituitaire.
seaux artériels, qui la pénètrent par plusieurs points, et qui d'ailleurs émanent presque tous de la même source, de l'artère maxillaire interne ; ce sont : la sphéno-palatine, la sous-orbilaire, l'alvéolaire supérieure, la palatine, la ptérygo-palatine. Quelques-unes viennent de l'artère ophthalmique; ce sont : les
sus-orbitaires et les ethmoïdales ; d'autres de la faciale; ce sont : les dorsales du nez, l'artère de l'aile du nez, l'artère de la souscloison.
Veines de la Veines. Le système capillaire veineux de la piluitaire est tel-
piluitaire. . , , ,
îement considérable , qu il constitue en quelque sorte la base de sa texture ; les veines qui en émanent suivent le trajet des artères , et vont se rendre , par des troncs extrêmement considérables, dans les veines maxillaire interne, faciale et ophtalmique. Il y a de nombreuses communications entre ces veines et celles de la région ethmoïdale de la base du crâne.
C'est pour recevoir les divisions, artérielles et veineuses, que la surface interne des fosses nasales, et plus particulièrement la surface des cornets, présente cet aspect spongieux qui la caractérise. A la vue des nombreux vaisseaux artériels et veineux que reçoit la pituitaire, on se rend facilement compte de la fréquence et de l'abondance des hémorragies de cette portion du système muqueux.
Vaisseaux V aisseaux lymphatiques. Je ne connais que le réseau lym-
lymphatiques. J t 1 m j
phatique superficiel dont j'ai parle. Pour l'injecter, il faut en quelque sorte égraligner la membrane avec un tube à injection. J'ai déjà dit que c'est sur la pituitaire qu'en!826, j'ai, pour la première fois, par hasard, injecté le réseau lymphatique. ' Follicules. Follicules. Existe-t-il des glandes et des follicules dans la pituitaire? Sténon a décrit des glandes que je n'ai pas pu y découvrir; les follicules y sont très nombreux. Nerfs. De même que tous les organes des sens spéciaux , la Du nerf oi= pituitaire est pourvue d'un nerf spécial appelé nerf olfactif ou nerf de la première ■paire. L'anatomie comparée, en montrant que le développement de ce nerf est en rapport avec le développement de l'olfaction, établit d'une manière positive l'opinion généralement admise sur les fonctions de ce nerf. Sans entrer ici dans la description du nerf olfactif, qui m'occupera ailleurs, je dois dire qu'il s'exprime en quelque sorte à travers les trous et canaux de la lame criblée de i'ethmoïde, en s'enveloppent de gaines fibreuses ; qu'il pénètre la pituitaire par sa
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face externe, et qu'il s'épanouit en réseau dans son épaisseur. On ne suit pas ces nerfs au delà du cornet moyen, d'une part, et de la partie moyenne de la cloison, d'une autre part. Aussi bien, la partie supérieure des fosses nasales, qui est d'ailleurs excessivement étroite, est-elle le siège essentiel de l'olfaction, tandis que la partie inférieure, plus spacieuse, peut seule permettre le passage de l'air dans l'acte de la respiration. Indépendamment du nerf spécial, la pituitaire reçoit d'autres Branches four-
. . . ,,..,". . nies par le nerf
filets nerveux, qui viennent tous de la cinquième -paire, savoir : de la cinquième de la branche ophihalmique de Willis, par le rameau nasal interne et par le rameau frontal ; du maxillaire supérieur, par le sphéno-palatin, le grand nerf palatin, le nerf vîdien et les dentaires antérieurs. Les expériences des physiologistes modernes ont démontré que l'intégrité de ces diverses branches de la cinquième paire était nécessaire pour l'intégrité des fonctions olfactives. Il y a loin de cette manière de voir à celle qui fait siéger le sens de l'olfaction dans la cinquième paire. La membrane qui tapisse les sinus , bien qu'elle se continue Ténuité de la
..".."-■.-, , Membrane du
avec la pituitaire, ne présente aucun des caractères de celte sinus. membrane : c'est une lamelle excessivement mince , transparente , qui ressemble plutôt à une membrane séreuse qu'à une muqueuse, et dont le caractère muqueux n'est définitivement établi que par diverses circonstances pathologiques. La muqueuse des sinus des fosses nasales offre la plus grande analogie avec la conjonctive sous le rapport de son épaisseur.