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A. DU NEZ PROPREMENT DIT

Le nez représente une pyramide triangulaire, verticalement Position, dirigée, espèce de chapiteau saillant à la partie moyenne de la face; de telle sorte que l'organe de l'odorat ebt de tous les sens spéciaux celui qui est le plus antérieur.

L'étude des variétés de forme et de volume qu'il présente, variétés de

, * , . forme.

appartient aux peintres plutôt qu'aux anatomisles ; car ces variétés influent bien plus sur la physionomie que sur l'exercice des fonctions.

Les faces latérales du nez sont remarquables inférieurement Faces ,aléra-

les du nez.

par une rainure demi-circulaire, à concavité inférieure, qui limite ïaile du nez (alœ seu pinnœ); c'est de cette rainure que partie sillon naso-labial des séméiologisles. Les deux faces

Dos du nez. jalérales constituent, par leur angle de réunion, le dos du nez, lequel est rectiligne, convexe ou concave, suivant les sujets, et détermine en grande partie les formes nationales ou indivi-

Lobe dnnez. Quelles de cet organe. On appelle lobe du nez l'éminence arrondie, quelque fois distincte par un sillon superficiel, qui termine inférieurement le dos du nez.

Racine et base Le sommet, ou racine du nez, est séparé de la bosse nasale

du nez.

par une rainure transversale. La base du nez présente deux orifices elliptiques ou semi- lunaires qu'on appelle narines.

Narines. Les narines, horizontalement dirigées en arrière et en dehors, séparées l'une de l'autre par une cloison antéro-postérieure, présentent un orifice garni de poils roides, vibrissœ, destinés à arrêter les corpuscules qui voltigent dans l'air (1).

Direction des La direction des narines atteste ia destination de l'homme à l'attitude bipède ; car, dans l'attitude quadrupède, le dos du nez eût seul été dirigé vers les corps odorants. La situation des narines au dessus de l'orifice buccal explique pourquoi aucune substance alimentaire ne peut être introduite dans la cavité buccale sans avoir été préalablement soumise à l'exploration de l'organe de l'odorat.

Considéré dans sa structure, le nez présente une charpente et des muscles. Il est revêtu, à l'extérieur, par la peau ; à l'intérieur, par une membrane muqueuse , il reçoit des vaisseaux et des nerfs.

(1) Cette destination des vibrisses , s'observe surtout dans les maladies graves, lorsque la respiration étant extrêmement fréquente, les corpuscules atmosphériques non humectés s'attachent à ces poils à la manière d'une poussière. Souvent la pulvérulence des narines donne l'éveil au praticien sur la gravité d'une maladie.

DE L'ORGANE DE L'ODORAT. hl

Structure du nez.

Charpente duriez. La charpente du nez est osseuse, cartilagineuse et fibreuse.

La charpente osseuse occupe la partie supérieure de l'or- charpente os-

. ■ , seuse.

gane; elle est constituée par les os propres du nez, et parles apophyses montantes des os maxillaires , les uns et les autres fortement appuyés sur le frontal qui les soutient.

La charpente cartilagineuse est constituée : 1° par les car- Cartilagineuse. tilages latéraux du nez, auxquels on peut joindre le cartilage de la cloison, quoiqu'il fasse plutôt partie des fosses nasales que du nez proprement dit ; 2° par les cartilages des narines : en tout, ciuq cartilages. Ajoutez à cela, S0 des noyaux cartilagineux, intermédiaires à ces derniers et au cartilage de cloison. Santorini a décrit dans le nez onze cartilages, sans doute parce qu'il a considéré comme autant de cartilages distincts, de très petits noyaux cartilagineux (cartilagines minores vel sesamoideœ) développés accidentellement dans l'épaisseur du tissu fibreux.

La charpente fibreuse est constituée par une lame fibreuse Charpente fibreuse, qui remplit 1 intervalle existant entre les cartilages latéraux

du nez et les cartilages des narines.

Il résulte de celte structure qu'inflexible à sa partie supérieure, le nez est flexible à sa partie moyenne, et extrêmement mobile à sa partie inférieure : disposition qui a le triple avantage de prévenir les fractures de la partie la plus proéminente du nez , de permettre des mouvements de dilatation dans les orifices , en même temps que la solidité de la partie la plus supérieure et la plus étroite des fosses nasales, assure une voie libre à l'air atmosphérique et une protection efficace à la partie la plus importante de l'organe de l'odorat.

Carlilaqe latéral du nez. Triangulaire, uni, par son bord Cartilage laantérieur qui est épais en haut, avec celui du côté opposé, formant avec lui un angle aigu qui constitue le dos du nez. Une sorte de rainure superficielle, sensible même à travers

la peau, se voit sur l'angle de réunion. Par son bord supérieur, et en même temps postérieur, le cartilage latéral s'articule avec les os propres du nez : je dis qu'il s'articule, car il n'y a pas continuité, mais articulation à l'aidé d'un tissu fibreux; ce qui permet à ces cartilages une assez grande mobilité, hvbord Modes d'ar- inférieur, convexe, répond, en avant, au cartilage de l'aile du bords du carti- nez . en arrière, au tissu fibreux qui remplit les vides des car-

lage latéral du ' ' 1 r

nez- tilages. Les cartilages latéraux du nez sont intimement unis,

sur le dos de cet organe, avec le cartilage de la cloison ; en sorte qu'on pourrait considérer ces trois pièces cartilagineuses comme ne formant qu'un seul cartilage.

La partie la plus épaisse du cartilage latéral du nez est en haut et en avant.

Cartilages des narines (cariilagines aîares s eu pinnales,

cartilages pinnaux). On les appelle, depuis Bichat, fibro-

Cartiiagesdes cartilages des ailes du nez; mais nous avons vu que les ailusdunez. . ., 1T1-, * 1

nbro- cartilages de JBichat sont tantôt des cartilages minces, tantôt des tissus fibreux condensés. Or, les prétendus fibro-cartilages des narines sont dans la première catégorie. Un seul cartilage est destiné aux ailes du nez , au lobe et à la sous-cloison ; il représente une lame peu régulière repliée sur elle-même en demi-ellipse ou parabole ouverte en arrière. Nous lui considérerons deux branches : l'une externe , l'autre interne.

Branche de la La branche externe ou pinnale proprement dite du carti-

sous-cloison. ■* ' l

lage des narines, est généralement décrite comme appartenant à l'aile du nez ; mais je me suis assuré qu'elle n'appartenait nullement à l'aile du nez , qu'elle était située au dessus de cette dernière , si bien que son bord inférieur répond au sillon curviligne qui limite supérieurement l'aile du nez. Nous verrons que l'aile du nez est essentiellement constituée par un repli de la peau , repli dans l'épaisseur duquel sont contenues des fibres musculaires très remarquables.

La branche interne du cartilage des narines (cartilage mobile de la sous-cloison} plus épaisse que la branche ex-

de l'organe de l'odorat. . 49

terne, se trouve sur un plan inférieur; elle répond par sa face inîerne à la brandie interne du côté opposé , dont elle est séparée supérieurement par le cartilage delà cloison. Ces deux Branche inbranches internes sont séparées l'une de l'autre par un tissu Kjeede1aCsous" cellulaire assez lâche, qui leur permet de jouer l'une sur cloIsonl'autre, et qui permet aussi de pénétrer entre elles jusqu'au cartilage de la cloison , sans les intéresser en aucune manière. Cette branche interne ne se prolonge pas jusqu'à l'épine nasale antérieure , mais se termine brusquement à une certaine distance de cette épine par une saillie très prononcée, surtout chez quelques sujets, saillie souvent inégale des deux côtés, qui soulève la muqueuse de l'entrée des narines d'une manière sensible , et explique en partie l'inégalité des orifices de ces cavités. Au point de réunion de la branche interne et de la Excavation du

, , , , ,. , , ,',=,. lobule du nez.

branche externe , c est a dire, au sommet de la parabole décrite par chaque cartilage des narines , ce cartilage s'élargit et s'excave en arrière pour constituer le lobule du nez.

Les bords du cartilage des narines sont inégalement découpés et comme festonnés. Le bord supérieur est uni aux cartilages latéraux du nez , au moyen d'un tissu fibreux qui leur permet de jouer facilement, soit sur ces cartilages latéraux, soit sur le cartilage de la cloison.

Tubercules cartilagineux. Entre le cartilage des ailes du Tubercules -, „., j , , . . i i i i i cartilagineux.

nez et le cartilage de la cloison , au niveau du lobule du nez, se

voit de chaque côté un tubercule cartilagineux, qui semble

n'avoir d'autre objet que de favoriser les mouvements du lobule

sur la cloison.

Cartilage de la cloison des fosses nasales. 11 remplit l'in- Cartilage de ., . , . ,. , , ,....'" la cloison.

lervalle triangulaire qu interceptent la lame perpendiculaire de l'ethmoïde et le vomer. Il est constitué par deux parties : l'une, large et libre, c'est la seule généralement décrite; l'autre, étroite, qu'on peut appeler prolongement caudal du cartilage, qui est contenue dans l'épaisseur de la portion osseuse delà cloison des fosses nasales , entre les deux lamelles du vomer.

Portion libre 1° Portion libre du cartilage de la cloison. Epais, triangu-

du cartilage de . , , i i • i •• ,

la cloison. laire, place de champ comme la cloison osseuse , le cartilage de la cloison présente : 1° deux faces recouvertes par la pitui taire, ordinairement planes, quelquefois concaves et convexes en sens opposé ; 2° un bord antérieur, qui se confond sur le dos du nez avec les cartilages latéraux dans sa moitié supérieure, et qui, dans sa moitié inférieure, est libre, convexe, regarde en bas, et est intermédiaire aux deux cartilages des narines ; 3° un bord supérieur et postérieur, qui est extrêmement épais et rugueux, et qui s'unit intimement au bord également épais et rugueux de la lame perpendiculaire de l'ethmoïde : le mode d'union de ce bord a lieu non par articulation , mais par continuité de tissu, à la manière des cartilages costaux avec les côtes ; h° un bord inférieur, qui est reçu dans l'intervalle des deux lames du vomer. Celte réception est extrêmement profonde. Comme les deux lames du vomer s'écartent d'autant plus l'une de l'autre qu'on les examine plus antérieurement, le bord correspondant du cartilage va en s'épaississant : d'où la saillie quelquefois très considérable que présente l'extrémité inférieure de la cloison dans l'une ou l'autre narine , saillie telle', qu'elle a pu en imposer par un polype.

Prolongement 2° Prolonqement caudal du cartilaqe de la cloison. Si l'on

caudal du carti" ° '

lage de la ciei- examine avec attention l'angle rentrant que forme la lame per-

son.

pendiculaire de l'ethmoïde avec le vomer, on verra qu'au niveau de cet angle , le cartilage de la cloison envoie un prolongement considérable en forme de bandelette, qui remplit l'intervalle des deux lames du vomer , et va se fixer au rostrum du sphénoïde. Cette bandelette cartilagineuse est tout entière contenue dans l'épaisseur de la partie osseusse de la cloison au niveau de sa partie moyenne. Son bord supérieur est mince et comme dentelé, le bord inférieur est épais et arrondi. Les deux nerfs naso-palatins sont contenus dans le même canal osseux que le cartilage, et placés de chaque côté (1).

(1) Le cartilage de la cloison et sou prolongement caudal représentent assez exactement par leur forme un papillon dont les ailes seraient rapprochées.

de l'organe de l'odorat: 51

Couche musculaire du nez. Elle comprend (1) : 1° les py- couche musramidaux, languettes charnues qui font suite au frontal, s'en- cu aire du nez" trecroisent en partie sur le dos du nez, et se terminent dans l'épaisseur de l'aile du nez ; 2° le pinnal transverse, qui appartient essentiellement à l'aile du nez ; le pinnal radié, qui se porte à la sous-cloison et à la partie postérieure de l'aile du nez. .Nous devons encore ajouter à cette couche musculaire : le faisceau nasal d'origine du releveur profond, son faisceau pinnal de terminaison, et les insertions nasales du muscle canin.

Couche cutanée. La peau qui répond aux os du nez et aux Couche cutacartilages latéraux, ne présente aucun caractère particulier; elle a peu d'épaisseur; elle est mobile. La peau qui répond aux ailes du nez et au lobule, est très épaisse, d'une densité extrême, crie sous le scalpel , à tel point qu'on a admis des cartilages dans l'épaisseur des ailes du nez. Or, nous avons vu que les cartilages des narines ne se prolongent pas dans l'épaisseur des ailes du nez; les ailes du nez sont essentiellement constituées par une peau très résistante qui se réfléchit en dedans d'ellemême, au niveau de l'orifice des narines.

La peau du nez est remarquable par le grand développement des follicules sébacés qu'on y rencontre. L'orifice de ces follicules se manifeste chez un grand nombre d'individus par des points noirs qui ne sont autre chose que la matière sébacée , teinte par la poussière, C'est cette matière sébacée qu'on peut faire sortir sous la forme de petits vers, par une pression latérale.

Couche muqueuse. La peau se réfléchit sur elle-même au couche muniveau des ouvertures des narines pour se continuer avec la queuse" pituiiaire. Il suit de là que l'aile du nez est essentiellement structure constituée par un repli de la peau, dans l'épaisseur duquel sont rllfe Sunez. e contenues des fibres musculaires très remarquables, qui expliquent les mouvements de dilatation et de resserrement de ces orifices, soit pour les besoins de la respiration, soit pour l'ex-

(1) Voy. Myologie, t. II, p, 223.

52 ORGANES lîKS SENS.

pression des passions. La peau réfléchie conserve encore les caractères de la peau dans la partie de la face interne des ailes du nez qui est garnie de poils. Au dessus de ce point, qui comprend, en dehors, toute la face interne de l'aile du nez, et en dedans, une lisière non moins considérable de la cloison, l'épidémie cesse brusquement, et la peau réfléchie prend immédiatement tous les caractères des membranes muqueuses.

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