‹ Traité d'anatomie descriptive (volume 4)Chapitre 95 sur 136 · MEMBRANE AMNIOS CHEZ LE FOETUS A TERMES · texte numérisé non relu

MEMBRANE AMNIOS CHEZ LE FOETUS A TERMES

tapisse la face fœiale du placenta, et parvenue au niveau de l'insertion placentaire du cordon ombilical , elle ne se termine pas brusquement comme le chorion , mais elle se réfléchit sur ce cordon qu'elle recouvre dans toute sa longueur jusqu'à l'ombilic , où elle se continue de la manière la plus manifeste avec la peau du fœtus. Une ligne de démarcation , extrêmement tranchée , établit la limite de l'amnios et de la peau. Par sa surface externe, l'amnios est en rapport immédiat Rapports de

, , i i h . ii ' la surface exter-

avec le chorion , avec lequel elle ne contracte aucune adhe- ne. rence : il y a simple juxta-posilion. C'est là dans l'intervalle de ces deux membranes, que dans les premiers temps de la vie fœtale , se trouve la vésicule ombilicale, et pendant presque toute ia grossesse une couche gélatiniforme qui , abondante dans les premiers temps, devient de plus en plus rare à mesure qu'on approche de la fin de la grossesse.

Par sa surface interne , l'amnios présente l'aspect lisse de surface intoutes les membranes séreuses, et est lubrifiée par le liquide amniotique. On cite quelques exemples d'adhérence morbide de l'amnios avec telle ou telle partie de la surface du fœtus.

Par sa structure, la membrane amnios ressemble exactement siruciure séà toutes les membranes séreuses. Aucun vaisseau sanguin n'y reuse' a été démontré. L'analogie me fait admettre pour celle membrane, comme pour toutes les séreuses, une structure exclusivement lymphatique; mais jusqu'à présent les tentatives d'injection en piquant directement cette membrane, comme on le fait avec tant de succès pour toutes les séreuses , ont complètement échoué.

En opposition avec presque toutes les membranes séreuses, Elle contient

■ i • n ■ , ,• • , , 1,eaU d« ''am-

qui sont simplement lubrifiées par le liquide quelles four- nios. nissent , la membrane amnios contient dans l'état normal une très grande quantité de liquide connu sous le nom d'eau de f amnios (1).

Les eaux de l'amnios sont un liquide séreux , limpide, lé-

(4) Sous ce rapport , l'arachnoïde se rapproche de l'amnios , avec cette diffé-

800 OVOLOGIE.

caractère des gèremenl verdâlre, d'une odeur spermatique , d'une saveur

eaox de l'am- , , , . , , ,, , ,T ,..,„„

nios. légèrement salée, composées, d après Vauquelm, de 98,8 par-

lies d'eau et de 1,2 partie d'albumine, d'hydrochlorate de soude, de phosphate de chaux et de chaux, i.curquaruité Sa quantité varie beaucoup chez les femmes au ternie de la

variable. M *

grossesse. Ses usages ne sauraient être équivoques. Les eaux de l'amnios protègent le fœtus et contre les contractions de la

Leur usages, matrice et contre les chocs extérieurs. La poche des eaux qu* précède l'accouchement dilate mollement le col utérin , et l'écoulement des eaux, après la rupture de celle poche, facilite, en lubrifiant les parties de la mère, la sortie du fœtus. Quant aux usages attribués à ces eaux, de servir à la nutrilion du fœtus, pendant une très grande partie de la vie inlra-ulérine, ces usages sont purement hypothétiques.

Les auteurs modernes ne sont pas d'accord sur la source du liquide amniotique, que les uns font provenir de la mère., d'autres du fœtus , d'autres, encore en partie de la mère et eu

Source du partie du fœtus. Il me semble aussi naturel d'admetlre que les

liquide amnioli- , ,, . , . ,, . , . , , .

que. eaux de 1 amnios sont un produit d'exhalaiion de la membrane

amnios que d'admettre que la sérosilé de la plèvre ou du péritoine est fournie par la plèvre ou par le péritoine. Quant à l'opinion deBurdach, qui considère les eaux de l'amnios comme sécrétées par la surface interne de l'utérus , de telle sorte qu'elles transsudeiaientà travers les membranes de l'œuf pour pénétrer dans la cavité de l'amnios, j'avouerai , au risque de passer pour rélrogade, que je ne crois nullement démontrée, quant aux corps vivants, la théorie de l'imbibition ou théorie de l'exosmose et endosmose , si généralement admise de nos jours. La vie est un obstacle invincible pour tous ces phénomènes de capillarité (1).

rence que le liquide aracbnoïdien n'est pas contenu dans la cavité de l'arach» noïde, mais bien dans le tissu cellulaire sous-araclmoïdien.

(1) Voyez si la bile de la vésicule Iranssude à trave rs les membranes de celte vésicule pour pénétrer dans le péritoine.

1H07C?. Dfffj'b

fc1cq CHAPITRE IL

Bien que la fécondation du germe ou ovule ait lieu le plus or- La fécondation

i. 4 „ . -, e » i • > i c- j .• a lieu dans tous

dinairement dans lovaire, il parait démontre que la Tecondation ies points où

l*o v u le csl rc n •

de ce germe ou ovule peut se faire clans tous les points des voies contré par le

, . , ., / . ••io- sperme.

génitales ou il est recontre par le sperme : ainsi, dans 1 ovaire, dans les trompes utérines ou oviducles et dans la cavité de l'utérus (1). La connaissance, récemment acquise à la science du phénomène de la ponte des œufs chez les mammifères à l'époque du rut, et chez les femmes à l'époque des règles (2), paraît établir ce fait, que les belles expériences de Spallanzani, répétées sur une plus large échelle par MM. Prévost et Dumas , avaient d'ailleurs dû faire pressentir. Avant la fécondation, le germe ou ovule, parvenu à l'état de , composition

■. r de l'ovule avant

maturité, est composé ainsi qu'il suit : 1° d'une enveloppe ou la fécondation. membrane vilelline, ainsi nommée parce qu'elle est l'analogue de la membrane du jaune chez les oiseaux ; 23 du jaune ou vitellus, qui présente une disposition granuleuse; 3° de la vésicule germinative , découverte par Purkinje chez les ovipares, et par M. Coste chez l'homme et les mammifères ; h° de la tache germinative ou corpuscule germînatif découxerl par Wagner.

Quinze jours environ après la fécondation, dont le mécanisme est encore pour nous enveloppé d'un voile impénétrable (3), l'œuf.se compose d'une manière entièrement diffé-

(1) Voyez Embryogénie comparée par M. Coste, 1837.

(2) N'est-ce pas à ce déplacement d'un ovule à chaque époque menstruelle, qu'est dû le fait de l'aptitude bien plus grande à la fécondation des femmes, immédiatement après la fia de l'époque menstruelle.

(3) M. Bischoff a vu des animalcules spermatiques sur la membrane vitelline d'un œuf déjà engagé dans la trompe du lapin ; il ne les a pas vus dans l'intérieur de l'œuf. Déjà Spallanzani avait suivi les animalcules jusque dans l'intérieur de l'œuf de la grenouille; cette observation, confirmée chez la plupart des ovipares par MM. Prévost et Dumas, a été étendue par M. Bischoff aux mammifères.

802 OVOLOGIE.

composition rente : au centre de l'œuf est le nouvel êlre, l'embryon, à

de l'œuf après la . , , . .,,,.., , , .

fécondation. peine Iiumecie par une pente quantité de liquide ; autour de lui plusieurs membranes, qui sont, en procédant du dedans au dehors: 1° la membrane amnios; 2° le chorion, dont la surface externe est hérissée de villosilés ou plutôt d'une espèce de chevelure qui consumera plus tard le placenta ; 3° entre le chorion etl'amnios est la vésicule ombilicale, contenue au milieu d'un liquide gélatiniforme, très abondant en ce moment, interposé au chorion et à l'amnios ; h° en dehors du chorion est la membrane caduque, que nous verrons constituée d'abord par un double feuillet à la manière des membranes séreuses, changements Quels sont les changements qu'a subis l'œuf depuis le pre-

que subit l'œuf. . ,,,.,,.. , < , „

rmer moment de la fécondation jusquau moment ou le fœtus s'individualise en se dégageant progressivementdes membranes dont il est partie constituante dans les premiers temps de la conception ? C'est ce point ardu de la science que les observateurs modernes, à la suite de Haller et de Baër, ont éclairé de leurs savants travaux en étudiant d'abord l'évolution plus facilement observable de l'œuf des oiseaux , et en appliquant ensuite à l'œuf des mammifères , à l'œuf du lapin , de la brebis et de l'espèce humaine, le résultat de leurs observations , et c'est ainsi qu'ils ont ramené à l'unité le grand phénomène du développement du germe dans les diverses espèces animales. Renvoyant donc pour les détails aux traités ex professo à ce sujet, et plus particulièrement aux excellents ouvrages de M. Coste (1) et de M. Bischoff (5), je me contenterai de présenter ici un résumé rapide des points culminants de leurs travaux, et je dois à l'obligeance de M. Coste (qui a bien voulu mettre à ma disposition toutes les pièces de son cabinet et me donner à cet égard toutes les explications dont j'avais besoin) de pouvoir le faire avec connaissance de cause.

(1) Embryogénie comparée ; divers mémoires présentés à l'Acad. des Se.

(2) Traité du développement de l'homme et des mammifères, suivi d'une Histoire du développement de l'œuf du lapin. Encyclopédie anotom., traduction; de M, Jourdan, 1833.

Le fœlus porte le nom ft embryon , depuis le premier mo- Embryon, ment de la conception jusqu'à la fin du 3e mois. A partir de cette dernière époque, il porte le nom de fœtus. Celle distinction Fœtus, est purement arbitraire. Dans les premiers jours de la conception, l'embryon est confondu avec les membranes sous le nom

, j>, ? , Germe fécon-

de germe féconde. dé.

L'obscurité la plus grande règne sur l'époque précise à la- Durée du

,,.,,, . „, ,, ■ i .7 • i transport de l'o-

quelle 1 ovule humain féconde est transporte de 1 ovaire dans vui&lecondé. l'utérus par les trompes utérines. Les expériences sur certaines espèces d'animaux ont à peine éclairé celle question , relativement à ces espèces. Il paraîtrait qu'il faut trois jours pour que cette descente s'accomplisse chez le lapin et de huit à 'J^fdi^sup douze jours pour qu'elle ait lieu dans l'espèce canine. Il n'existe pas d'exemple authentique d'œuf humain observé dans l'utérus avant le douzième jour. M. Weber dit avoir vu un ovule humain dans l'utérus d'une femme morte huit jours après la conception ; mais sa description esi insuffisante et ne donne pas une idée exacte de la structure de ce produit.

C'est dans les trois premières semaines que le germe fé- changements condé subit les changements les plus remarquables, ceux qui éprouvesUadar!s sont le plus difficilement observables; car, une fois que l'em- reesslsemaineeTe" bryon est constitué , une fois que la circulation placentaire a remplacé pour lui la circulation de la vésicule ombilicale , c'est à dire, du vingt-cinq au trentième jour , du moment où, par conséquent, il n'est plus besoin, pour le fœtus, d'organes transitoires, d'enveloppes transitoires, de transformations tran-itoires, l'étude du fœlus se réduit à l'appréciation facile du développement de ses diverses parties.

A. Changements subis par l'ovule fécondé dans les trompes changements utérines. Dans son passage à travers les trompes, l'œuf fécondé dan^iesTrompes subit des changements importants : 1° comme l'œuf de l'oi- ulerme8, seau, il s'enveloppe d'un albumen ; 2° la vésicule germinative, la lâche ou corpuscule germinatif disparaissent, ou du moins on n'en trouve plus de traces appréciables ; 3° c'est levitellus, d'après MM. Barryet Biscboff, qui éprouve les plus

SOtt OVOLOGIE.

changements grandes modifications : il revient sur lui-même, de manière à

éprouvés par le , ,. .. , , .. ... . . ..

viieiius. ne plus remplir complètement la membrane vitelhne; il ac-

quiert une plus grande densité, il se divise d'abord en deux -b!bîs< masses sphéroïdales égales, puis, en h, en 8 et 16, etc. C'est

-0i»if9(i a cet état de division globulaire que se présente le vitellus

- lorsque lœuf arrive dans la cavité uiénne. Changements B. Changements subis par l'ovule féconde' dans l'utérus. Aussitôt qu'il est arrivé dans l'utérus, le germe fécondé contracte des adhérences, en même temps que disparaît la couche d'albumine qui l'avait enveloppé dans la trompe. Dans l'utérus, les granulations du vitellus ont complètement disparu ; à leur

ab iflsmsiosi P^ce se voit un liquide transparent, et la membrane vitelline se trouve tapissée par une membrane de nouvelle formation,

de la membrane qu'on a a ppellée b lasloderme, membrane ou vésicule blasto-

Wastodermique. dermique f membrane dont une portion va se transformer en embryon. Est-ce aux dépens du jaune que se forme celle membrane blastodermique? Celte membrane existait-elle préalablement à la disparition dujaune? L'obscurité la plus grande règne à cet égard : MM. Cosle, Barry et Bischoff pensent que la membrane blastodermique est formée aux dépens des granulations du vitellus. Toujours est-il que cette membrane blastodermique est constituée par deux lamelles juxta-posées, l'une externe , l'autre interne ; que sur une partie de la surface de cette membrane ou vésicule, apparaît une tache ou épaissis- Tache em- sèment, circulaire d'abord, puis elliptique {tache embryon*-

bryonnaire. naire de M. Coste) : que la partie de la membrane blastodermique, qui est le siège de cet épaississement, devient proéminente, de telle façon que, si on coupe l'œuf sur le milieu de la tâcheron voit, de la manière la plus manifeste, la tache ou plaque épaissie faire un relief prononcé à l'extérieur, se creuser, pour ainsi dire en dedans, de manière à appartenir à une sphère plus petite , et figurer assez bien à l'égard du reste de la membrane blastodermique , la même disposition que la cornée à l'égard de la sclérotique.

C'est celte partie épaissie, proéminente, de la membrane oh

vésicule blastoderrnique, qui va constituer l'embryon : tout le reste de cette membrane ou vésicule, va peu à peu s'isoler de la partie épaissie pour constituer la vésicule ombilicale. Les deux lamelles ou feuillets de la membrane blastodermi- Rôiesdeiaia-

rncllc cxtf rns et

que se retrouvent facilement observables dans la partie épaissie de la ïameiie in-

, • T i 11 > i terne du blasto-

ou embryonnaire. La lamelle externe , qu on pourrait appeler derme. cutanée, fournit la peau et ses dépendances, os, muscles, ^«œssiiBri» système nerveux et organes des sens (toutes les parties sensibles et locomotives) ; la lamelle interne, qu'on pourrait appeler muqueuse ou viscérale, fournit le canal intestinal, et toutes les glandes annexes.

La portion embryonnaire de la vésicule blastoderrnique con- Isoiement de tinue à se développer, et à mesure qu'elle se développe, elle Jfr£°nrnà°re e"dâ s'isole du reste de la vésicule blastoderrnique par un étrangle- *»iastâderme. ment circulaire : les bords du segment elliptique, de plus en plus allongé , que représente cette partie embryonnaire , se renversent du côté de la concavité , et déjà les rudiments de l'embryon peuvent être distingués. On reconnaît son extrémité céphalique, son extrémité caudale, le côté convexe du tronc qui répond à la colonne vertébrale , le côté concave qui répond à l'abdomen, et qui est largement ouvert, et qui, par conséquent, communique largement avec la cavité de la vésicule ombilicale.

Jusque-là le côté convexe de l'embryon se trouve recouvert par la membrane vitelline seulement, comme d'ailleurs tout le reste du blastoderme.

La membrane blastoderrnique prend le nom de vésicule om- La membrane

,.,., . A ni. , . . . , blastoderrnique

btlicale aussitôt que 1 embryon se dessine et s en est sépare par devient vési-

. • i • t » - i i •.. i ■> -, cule ombilicale.

un étranglement circulaire. La vésicule ombilicale nest donc autre chose que la vésicule blastoderrnique moins la portion qui s'est transformée en embryon.

Or, par un mécanisme difficile à concevoir sans le secours d'une figure, à mesure que l'embryon s'isole du reste de la membrane blastoderrnique , par un étranglement circulaire, le feuillet externe de cette membrane se prolonge tout autour de la face dorsale de l'embryon , et forme une espèce de pli ,

806 OVOLOGIE.

lequel étant beaucoup plus prononcé autour de l'extrémité cé-

Formation phalique et de l'extrémité caudale, au dessus desquelles il

quia™n™ioppe représente une espèce de capuchon, a pris le nom de capuchon

rembryon."16 céphalique et de capuchon caudal. Ces plis ou capuchons

prenant un accroissement rapide , viennent en contact sur la

ligne médiane de la région dorsale de l'embryon, et ne tardent

pas à se souder.

Il suit de là que la face dorsale de l'embryon est recouverte

«SU Par lr0IS membranes, savoir : 1° par la membrane vitelline ;

2° par les deux feuillets du pli formé par la membrane externe

Cette enve- de la vésicule blaslodennique. Or, le feuillet interne du pli

Joppe immédiate . • •■■

est ramnios. blastodermique se continue avec l'embryon par toute la circonférence de sa large ouverture ventrale : ce feuillet interne est d'ailleurs immédiatement appliqué (1) sur l'embryon ; plus tard il en sera séparé par une grande quantité de liquide. Ce feuillet interne du pli continu avec l'embryon par le pourtour de sa large ouveriure ventrale, c'est l'amnios; le liquide qui s'interposera plus tard, c'est le liquide amniotique.

Jusqu'à cette époque, l'embryon, enveloppé de la membrane

vitelline, du feuillet externe du blastoderme, et plus immédia-

tement de la portion du repli de ce feuillet externe qui constitue

La vésicule l'amnios.est libre de toute adhérence avec l'utérus. Ses moyens

ombilicale s'ou- . . . , .

vre dans rimes- de nutrition sont les vaisseaux de la vésicule ombilicale, laquelle est constituée par le feuillet interne de la vésicule blastodermique, et se prolonge dans l'abdomen par un pédicule de plus en plus étroit, à mesure que l'ouverture ventrale devient vaisseaux plus resserrée. Cette vésicule ombilicale s'ouvre à cette époque

opmhalo - mé- , i .,. . i ,, a a ,, „

semériques. 1res largement dans l'intestin dont elle parait être lorgane formateur ; ses vaisseaux sont les vaisseaux omphalo-mésentéri-

(1) Les cas d'adhérence de l'embryon avec la membrane s'expliquent aisément par l'absence du liquide amniotique à cette époque de la vie. Ou admet encore que ces adhérences peuvent s'établir à une époqueplus avancée de la vie intra-utérine, par suite de la déchirure des membranes de i'œuf et de l'écoulement d'une certaine quantité des eaux de l'amnios.

ques , vaisseaux extrêmement développés dans les premiers

temps, qui se composent de deux artères et de deux veines, plus

tard d'une artère et d'une veine. A cette époque , le cordon

ombilical est donc exclusivement constitué par le pédicule de

la vésicule ombilicale et par les vaisseaux omphalo-mésenté-

fiques.

Mais la vésicule ombilicale n'est qu'un moyen de nutrition

provisoire, transitoire, qui va disparaître à mesure que va se

former la membrane allantoïde , membrane que l'on regarde Membrane allantoïde.

généralement comme propre aux mammifères, et tout à fait étrangère à l'espèce humaine. Mais l'allantoïde a été déjà observée trois fois dans le fœtus humain : la première fois par M. Coste, plus tard par M. Allen Thomson d'Edimbourg (1) et par M. Wagner. La difficulté de ces observations résulte de la courte durée de son existence et de sa transformation en chorion. Le chorion humain n'est autre chose que l'allantoïde. La Le chorion

i ,„.,,,. , » ,, ~ . humain n'est au-

decouverte de ce grand fait d ovologie est due a M. Coste, et je tre chose que

. , l'allantoïde.

ne doute pas que celte manière de voir, contestée en ce moment, ne soit bientôt généralement adoptée. La membrane allantoïde apparaît vers le dixième jour de la Déveioppe-

, . .. j M. . , ment de l'ailan-

conception, au moment précis ou se circonscrit et se délimite la toïde. vésicule ombilicale parle resserrement de l'ouverture ventrale. Cette membrane allantoïde sort de la partie inférieure de cette ouverture ventrale sous la forme d'une vésicule pédiculée qui naît de la partie inférieure de l'intestin alors confondu avec la vessie sous le nom de cloaque. Cette vésicule allantoïde, dont le pédicule est situé immédiatement au dessous de celui de la vésicule ombilicale, proémine du côté de l'extrémité caudale de la même manière que la vésicule ombilicale proémine du côté de l'extrémité céphalique. Elle se développe avec une très grande rapidité, s'épanouit en forme de parapluie autour de la vésicule

(1) Muller, dans son Traité de physiologie, cite les trois cas avec figure. Le petit nombre de ces faits tient à ce que la membrane allantoïde se transforme presqu'immédiatement, en chorion et en placenta.

808 OVOLOGIË.

ombilicale et du fœlu s enveloppé de ses annexes,el va s'appliquer contre la surface interne du feuillet externe de la membrane blastodermique (car, n'oublions pas que le feuillet interne de la membrane blastodermique est devenu vésicule ombilicale). L'ouraque C'est le pédicule creux de l'allantoïde qui constitue Youraque.

n'est autre cho- ■ *

se que le pédi- dont la vessie urinaire ne paraît autre chose que l'épanouisse-

cule creux de r

l'aiiantoïdc. ment ou plutôt l'origine renflée. Epanouisse- L'allantoïde est une membrane éminemment vasculaire. Les

ment de l'allan- . , „ \

toïde; sa trans- vaisseaux épanouis sur cette grande surface se reunissent a

formation en . . , , ,,

chorion. quatre troncs qui viennent se placer autour de louraque : ces

quatre vaisseaux sont les deux artères ombilicales et les deux veines ombilicales : une de ces veines s'atrophie et ne tarde pas à disparaître. Cependant à mesure qu'elle se développe, l'allantoïde s'épanouit en parapluie autour du fœtus, et cet épanouissement est tel, que les extrémités de ce parapluie, en se moulant sur le fœtus entouré de l'amnios, ne tardent pas à venir au contact et à se souder ; aussitôt après cette soudure, la vésicule allantoïde est devenue membrane chorion. D'après cette manière devoir, qui appartient à M. Coste et qui soulève encore beaucoup de contradictions, le chorion serait constitué par les deux lamelles ou feuillets juxta-posés de la vésicule allantoïde, Disparition d« feuillets qui ne tarderaient pas à se souder entre eux. Alors, la

teiline' "" dû membrane vitelline et le feuillet externe du blastoderme, de-

feuillet f'Xl6rn6

du blastoderme, venus inutiles, s atrophient, disparaissent, comme disparaîtra bientôt la vésicule ombilicale qui, jusque là, avait joué un si grand rôle dans l'évolution du fœtus.

Autre opinion Dans une autre opinion qui compte beaucoup d'adhérents,

sur la formation ... . ... , , ''„ , ..i

du chorion. le chorion serait essentiellement constitue par le feuillet externe de la membrane blastodermique (membrane non vasculaire), une adhérence s'établirait entre la base de l'allantoïde et le chorion , et les vaisseaux de l'allantoïde passeraient au chorion et s'épanouiraient sur sa face externe pour constituer le chevelu vasculaire, et par conséquent le placenta.

Après avoir pesé les arguments qui militent en faveur de ces deux opinions, je dois dire que mes convictions sont tout

Du dixième au quinzième jour, les membranes

entières du côté de celle de M. Cosle. Le feuillet externe du blastoderme ne peut être considéré que comme un chorion provisoire qui disparaît comme le chorion des animaux, aussitôt que l'allantoïde est complètement développée ; et chez ces animaux, les cotylédons placentaires naissent bien évidem- upstoo'J

-orir> oiiws Sitâa

ment de l'allantoïde, et de l'allantoïde toute seule. L analogie "aq ei aopaa

ôb HJ'JÏO 9l'JS

est donc tout entière du côlé de la doctrine que je soutiens.

Jusqu'au moment où les villosilés du chorion apparaissent à Epoque à laquelle l'ovule la surface de lœuf et, par conséquent, jusqu'au moment de la fécondé adhère

<i l utcrus»

disparition de la membrane vitelline et du feuillet externe du blastoderme, aucune adhérence ne s'était établie entre l'œuf et l'utérus. Cette adhérence se produit en même temps qu'a lieu l'apparition de ces villosités.

Nous ne sommes que du dixième au quinzième jour environ delà conception, et déjà les membranes transitoires de l'œuf définit1vesrande ont disparu. L'embryon et ses enveloppes définitives sont cons- soatconstkuees titués. L'embryon est entouré immédiatement par la membrane amnios, qui se moule exactement sur lui à la manière d'une chemise, comme l'indiquent les diverses dénominations de indusium, amiculum , quod amicè fœtum obvolvit, sous lesquelles il a été désigné ; car, à cette époque , il n'existe pas encore de liquide amniotique : la surface de l'embryon n'est qu'humectée, lubrifiée, à la manière du poumon par la sérosité pleurale, et du foie par la sérosité du péritoine. Mais bien- n n'existe pas tôt la membrane amnios prenant un accroissement considé- f'amnïos1.6311 rable, vient remplir toute la cavité du chorion, à la surface interne duquel elle s'applique, et à mesure qu'elle se développe, tout l'intervalle qui la sépare de l'embryon se remplit de sérosité (eaux de l'amnios). On peut dire, au sujet du développement relatif de l'amnios et du fœtus, que dans les quatre ou cinq premiers mois, ce développement est à l'avantage de l'amnios, tandis que dans les quatre derniers, il est à l'avantage du fœtus. Du reste, la continuité de la membrane amnios avec continuité de la peau de l'embryon, continuité longtemps en litige, ne saurait àmnioTavM8"!! être l'objet d'aucun doute. ErJon.de lem"

810 OVOLOGIE.

Membrane En dehors de l'amnios, est la membrane chorion, membrane

chorion» „., . . . ,>,,,. ,.

fibro-vasculaire , qui est séparée de lamnios par un liquide albumineux (magma réticulé de M. Velpeau), et par la vésicule ombilicale. Ce magma réticulé, qui remplit l'intervalle d'abord considérable qui sépare l'amnios du chorion, va diminuant d'une manière rapide à mesure qu'a lieu le développement de l'amnios.

chevelu du La surface externe du chorion est d'abord uniformément

chorion.

hérissée d un chevelu vasculaire, qui n adhère à l'utérus que par une partie déterminée de sa surface , celle sur laquelle va se développer le placenta.

Or, ce chevelu du chorion est enveloppé par une membrane de nouvelle formation, qu'on appelle caduque réfle- Caduque ré- , . ,, . „ . ., ,

fléchie. ente, et dune autre part, la surface interne de 1 utérus est

Caduque vraie, tapissée par une membrane qu'on appelle caduque vraie. La caduque vraie et la caduque réfléchie, qui forment deux couches membraneuses bien distinctes, sont des membranes adventives fournies par l'utérus au produit de la conception, et qui jouent un rôle important et pour le greffer aux parois de cet organe, et pour lui fournir des moyens de nutrition, composition A cette même époque, le cordon ombilical, extrêmement buicafdàac°euë compliqué, est constitué : 1° par le pédicule de la vésicule oraépoque. bilicale et par les vaisseux omphalo-mésentériques ; 2° par le

pédicule de l'allanloïde, pédicule constitué par l'ouraque et par les vaisseaux ombilicaux. L'ouraque, à cette époque , forme un canal qui persiste jusqu'au quarantième jour de la conception, et qui, dans certaines circonstances, a persisté jusqu'à la naissance pour constituer une fistule ombilicale congéniale. Bientôt la vésicule ombilicale s'atrophie , ainsi que ses vaisseaux omphalo-mésentériques ; son pédicule devient extrêmement grêle, extrêmement long et quelquefois contourné, en même temps que les vaisseaux ombilicaux se développent. Plus tard, c'est à peine si on peut retrouver, dans l'épaisseur du cordon, le vestige du pédicule de la vésicule ombilicale et de l'ouraque.

DÉVELOPPEMENT DE l'oEUF. MEMBRANE CADUQUE. 81 1

Pour compléter la description des enveloppes fœtales, il me reste à parler de la membrane caduque.

Membrane caduque.

Entrevue depuis longtemps, mais bien décrite seulement par Théorie de la W. Hunier, la membrane caduque ( decidua de Hunier , pe- caduque vraie riône de M. Breschel) est une membrane adventive que l'ovule fécondé trouve toute formée lorsqu'il arrive dans l'utérus, et sur le mécanisme de la formation de laquelle les auteurs ne sont nullement d'accord.

Aussitôt après la fécondation, l'utérus devient le siège d'une irritation qui a pour résultat un développement, une turgescence remarquable de l'organe, et la présence à sa surface inlerne d'une couche membraneuse blanchâtre, épaisse, adhérente, qui préexiste bien certainement à la descente de l'œuf dans l'ulérus ; car on la trouve, au moins dans le plus grand nombre des cas, non seulement dans la gestation normale, mais encore dans un certain nombre de grossesses extra -utérines.

Cette membrane revêt entièrement la surface interne du Elle appartient corps de l'utérus , mais nullement le col de cet organe, auquel féru^mais non elle est complètement étrangère : adhérente à l'utérus par sa Pasauco1face externe, elle est libre par sa face inlerne ; d'après M. Breschel, elle conlient, dans sa cavité, un liquide plus ou moins albumineux, auquel il a donné le nom uhydro-périône, liquide qu'il a trouvé non seulement dans l'espèce humaine , mais encore dans les mammifères : cette membrane, qui revêt avec adhérence la cavité du corps de l'utérus, c'est la caduque vraie ou utérine.

Aussitôt que l'ovule fécondé, arrivé dans la cavité utérine, caduque rés'est greffé sur tel ou tel point de la surface de cette cavité , la surface libre de l'œuf est recouverte d'une membrane analogue à la membrane qui revêt la cavité utérine , qui se continue manifestement avec elle aux limites de l'adhérence de l'ovule , qui paraît n'être autre chose que le résultat de la réflexion delà membrane caduque utérine, au moment où elle

812 OVOLOGIE.

rencontre celle adhérence, et qu'on appelle pour ceite raison caduque réfléchie, caduque ovuline, que Chaussier a appelée épichorion, parce qu'elle recouvre et égalise en quelque sorte, en s'enfonçant un peu dans leurs intervalles, les villosités du chorion. Comme la caduque vraie, la caduque réfléchie est libre par sa face interne et adhérente par sa face externe.

La caduque La caduque utérine et la caduque réfléchie, libres parleurs

vraie et la ca- ^ i ■.■.»■- r

duque réfléchie surfaces correspondantes, adhérentes par leurs surfaces ex-

reproseniemune r

membrane par ternes, représentent assez bien, au moins quant à leur disposi-

leurréunion se-

reuse. lion, une membrane séreuse qui recouvre les organes sans lés

contenir dans sa propre cavité. Ainsi, la portion pariétale de la membrane séreuse est représentée par la caduque utérine, et la portion viscérale par la caduque réfléchie. Ces deux portions, d'abord séparées, d'après M. Breschet, par une assez grande quantité de liquide, finissent par arriver au contact. Je dois faire remarquer que l'épaisseur delà caduque utérine est de beaucoup plus considérable que celle de la caduque de l'œuf; que ces deux membranes vont diminuant d'épaisseur à mesure que l'œuf acquiert un plus grand volume , mais que cette diminution d'épaisseur porte beaucoup plus sur la caduque de l'œuf que sur la caduque de l'utérus. Ces deux membranes se confondent-elles dans les dernières périodes de la vie intra-utérine ou restent-elles toujours distinctes? Je puis assurer que sur des arrière-faix appartenant à des fœtus à terme, ces deux membranes ou feuillets étaient tellement confondus, que leur -se* paration en deux couches était purement artificielle. Opinion gé- Qu'est-ce que c'est que la membrane caduque vraie? qu'est-

néralement ad- ,

mise sur Ja for- ce que c'est que la membrane caduque réfléchie ? Voici lopi-

mation de la , , ,

caduque vraie et nion la plus généralement adoptée a cet égard :

rctléchifi

La caduque vraie n'esi autre chose qu'un produit de sécrétion solidifié, qu'une fausse membrane adhérente , qui résulte de l'irritation que subit l'utérus par le fait de la conception. Cette fausse membrane obture les trois orifices du corps de l'utérus, savoir : les deux orifices des trompes et l'orifice de communi-

DÉVELOPPEMENT DE i/OEUF. MEMBRAWE CADUQUE. 813

cation du corps avec îe col de l'utérus. C'est dans ces conditions soulèvement

, „, , , . , , . . , . ,, .n de la caduque

que 1 ovule féconde arrive dans la cavité utérine : or, 1 oniice vraie pour con-

, , , ■ . ,, , d stituer la cadu-

de la trompe étant obture par la caduque utérine, 1 ovule , d a- que réfléchie. près un mécanisme parfaitement décrit par M. Moreau dans sa thèse inaugurale, rencontrant cette membrane caduque utérine à l'orifice de la trompe, s'insinuerait entre cette membrane et la paroi de l'utérus, et soulèverait la caduque utérine dont il s'envelopperait de toutes parts, excepté dans la portion de sa surface, qui est en contact avec l'utérus, auquel il adhère. Dès lors la membrane caduque réfléchie est constituée.

Cette opinion ingénieuse et satisfaisante a beaucoup d'é- cette opinion gards, a pour elle l'analogie. Tout le monde sait que les sécré- naiogie. tions pseudo-membraneuses organisables sont un des produits les plus fréquents de l'économie, qu'elles sont le résultat d'une irritation particulière éprouvée par les tissus vivants : or, l'utérus, excité par le travail de la conception, n'est-il pas dans les conditions les plus favorables au développement de ces fausses membranes ? J'étais tellement persuadé de ce mode de formation de la caduque, qu'à l'exemple de Dupuyiren et autres, je citais sans cesse la caduque comme un type de fausses membranes nées sur des surfaces muqueuses et de fausses membranes organisables.

Les considérations suivantes, dont la plupart m'ont été sug- La caduque gérées par M. Coste , les faits nombreux qu'il a bien voulu elle constituée

■> •.. ... .1 ., , , . par la muqueuse

mettre a ma disposition ont beaucoup ébranle mes convictions utérine? à cet égard, et me paraissent tendre à réhabiliter la première idée de Hunter, généralement considérée de nos jours comme une erreur de ce grand homme, savoir : que la caduque utérine n'était autre chose que la membrane muqueuse de l'utérus considérablement développée.

1° Est-il bien démontré que la caduque utérine obture corn- Arguments en

, -n , ,, , faveur de cette

pletement les trois ormces de luterus; quelle représente une opinion. cavité close de toutes parts? Telle n'était pas l'opinion de Hunter, qui admettait les trois ouvertures ; telle n'est pas l'opinion de MM. Weber, Sharpey, de plusieurs autres observa-

8iû OVOLOGIE.

Les orifices teurs , et en particulier de M. Coste, qui m'a affirmé avoir vu,

des trompes ne

sont pas ob- de la manière la plus manifeste, la caduque se prolonger sous

turés par la , • ■ , ,

caduque. (orme de canal dans les trompes utérines. Sur un utérus ap-

partenant à une grossesse de trois mois, que j'ai examiné avec soin, l'obturation de l'orifice de communication du corps avec le col, n'est qu'une simple apparence, il y a simple contiguïté; des pièces probantes relativement à la continuité de la caduque dans les trompes n'ont pas encore pu m'être fournies. S'il est anatomiquement démontré que la caduque utérine n'obture pas les orifices de la trompe, la question est jugée relativement au mécanisme de la formation de la caduque réfléchie, qui ne pourrait plus être considérée comme le refoulement de la caduque utérine; mais elle ne serait pas jugée quant à l'origine de la membrane caduque qui, dans cette hypothèse, pourrait être tout aussi bien une fausse membrane qu'une membrane muqueuse.

La caduque 2° Une seconde objection , qui s'applique encore au méca-

longe entre ru- nisme de la formation de la caduque réfléchie, c'est que la

térus et le pla- .,,,,. ,

centa. caduque utérine se prolonge de la manière la plus évidente entre

le placenta et l'utérus : ce qui ne devrait pas avoir lieu dans la théorie du refoulement de celle caduque utérine par l'ovule pour constituer la caduque réfléchie. Quant à la réalité de cette continuité de la caduque utérine sur la face externe du placenta, elle est telle, que tous les observateurs l'ont décrite , et que pour faire cadrer son existence avec le refoulement de la caduque , ils ont admis que sa formation était postérieure à la descente de l'œuf, à la formation de la caduque utérine, et qu'ils l'ont décrite sous le nom de decidua serotina , caduque inter-utéro-p lac en taire .

objections 3° D'après la théorie de la formation de la caduque réfléchie rlé^ésteSd<'inSserl- Par refoulement, l'iusenion de l'ovule fécondé devrait toujours fécondé. l0vule avoir lieu a l'orifice de la trompe, et non presque indifféremment dans tous les points de la surface interne de l'utérus. Je sais bien qu'on a répondu que l'ovule pouvait glisser par son propre poids entre la muqueuse et la caduque utérine ; mais

DÉVELOPPEMENT HE i/OEUF. MEMBRANE CADUQUE. 815

comment admettre qu'un ovule, qui n'a guère qu'un quinzième de millimètre quand il arrive dans la cavité utérine, puisse décoller quoi que ce soit?

h° Lorsqu'on examine à la loupe la surface interne du corps identité ende l'utérus, en dehors de la conception et de la gestation , on v'aie^uamem'I trouve que celle surface interne est criblée de trous; lorsqu'on utéîïne^sous0!! examine la surface interne de la caduque utérine dans toutes déposition*5 pôles époques de la grossesse, depuis le vingtième jour de la con- reuse' cepiion jusqu'au moment où la caduque utérine n'est plus distincte de la caduque ovuline, on trouve la même disposition poreuse. Il y a identité parfaite.

5° Lorsqu'on examine une coupe faite à l'utérus et aux identité de

structure

membranes fœtales , à l'époque la plus rapprochée possible de la conception, on voit que la membrane caduque utérine présente une disposition de texture tout à fait semblable à la membrane muqueuse utérine hors l'état de grossesse, mais seulement qu'elle est beaucoup plus développée. Celte disposition consiste dans des lignes parallèles , fortement pressées , qu'on serait tenté de prendre pour des villosilés, mais qui, d'après les recherches de M. Weber, ne sont autre chose que de petils canaux qu'il appelle glandes utriculaires, qui marchent en serpentant et viennent s'ouvrir à la surface de la muqueuse. Or, la membrane caduque présente cette même disposition : seulement les canaux sont incomparablement plus développés.

6° Si on enlève la caduque utérine à quelque époque que ce Le tissu pro-

. . ■'»"'-.'• i • Pre de l'utérus

soit de la conception, au vingtième jour, aux deuxième, troi- est mis à nu par

» i n î i . •• i j u . ' l'ablation de la

sieme mois, a la fin de la gestation, le tissu propre de l'utérus caduque utériest mis à nu : il semble que la membrane interne de l'utérus ail ne" élé enlevée ou détruite; il ne reste attachés aux fibres utérines que quelques débris : il y a eu véritable exfoliation.

Tels sont les principaux faits sur lesquels s'appuient les partisans de la formation de la caduque utérine par le développement et l'exfoliation de la membrane muqueuse.

Voici les objections : 1° Comment se forme la caduque réfléchie ? plie se forme, répondent-ils, comme les fausses mem-

816 ovotoaiE.

objections à branes : l'ovule, descendu dans l'utérus, s'y greffe ; la partie par

la théorie d'à- ... „, , . ,

près laquelle la laquelle il se greffe sur la muqueuse utérine repondra au pla-

caduque vraie • . . , , „

ne serait autre centa ; la partie qui n est pas appliquée contre l utérus se couchose que la ... . , • <..»•.•».*.*'■■

muqueuse ute- vnra d une fausse membrane , ou par le fait de la sécrétion de

l'utérus , ou par le fait de la sécrétion de l'œuf lui-même , qui

vit d'une vie propre, et qui, dans l'adhérence qu'il contracte

avec l'utérus, doit fournir son contingent de vitalité.

identité de la 2° L identité entre la caduque réfléchie et la caduque

caduque vraie * ' *

et de la caduque utérine me paraît une objection bien plus puissante que la

iciivcniv*

continuité de ces deux membranes. Cette identilé est repoussée par les auteurs qui admettent que la caduque vraie n'est autre chose que la muqueuse utérine. La structure canaliculée , la vascularité, caractères de la caduque vraie, sont, disent-ils, étrangères à la caduque de l'œuf. J'admettrai tant qu'on le voudra, la vascularité, infiniment plus puissante de la caduque vraie; mais je ne puis accorder que la caduque réfléchie ne soit pas vasculaire et organisée à la manière des fausses membranes.

Facilité de se- 3° La facilité de la séparation de la caduque utérine et caduque uié- du tissu -propre de ï utérus , même dès les premiers temps de propre de Futé- la conception , est un fait incontestable et qui explique pourrus' quoi dans l'avortement , même à une époque très peu avancée,

le produit de la conception présente les deux caduques : cette facilité de séparation, cette fragilité d'adhérence , ils l'admettent, sans prétendre l'expliquer autrement que par la fragilité qu'acquiert la muqueuse hypertrophiée et pénétrée de sucs, fragilité qui n'est nullement partagée par le tissu propre de l'utérus, et ils répondent par cet autre fait incontestable, que lorsque la caduque vraie a été éliminée complètement avec l'œuf dans l'avortement, même au début de la grossesse, et qu'on a eu occasion d'examiner la surface interne de l'utérus, il y a absence complète de la membrane muqueuse. Sur plusieurs matrices qui contiennent des produits de conception, à diverses époques de la gestation, dont l'un de quarante à cinquante jours, j'ai pu m'assurer que la caduque utérine présentait à sa surface libre

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