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Traité d'anatomie descriptive

ceres que comme ies agents passifs des mouvements: pour maie, imprimer l'action à toute cette mécanique de résistance, il fallait une puissance : or, celte puissance réside dans une fibre particulière, douée de la propriété de se contracter ou de se raccourcir, et c'est à l'aide d'un simple raccourcissement, que s'opèrent les mouvements si divers dont l'économie animale est susceptible ; cette fibre contractile est la fibre musculaire, ainsi nommée d'un mot grec, ps« , se mouvoir- (l). La fibre La fibre mus-

, . ' , -, . -, , . , culaire réunieen

musculaire reunie en faisceaux forme les muscles, dont 1 en- faisceau forme

, , . , , . . ,,•/. 'es muscles.

semble constitue le système musculaire ; et c est des formes et des connexions générales de cet important système, ou de l'anatomie générale des muscles, suivant l'expression de Bichat, que je vaism'occuper un instant, avant de passer à la description des muscles en particulier.

(1) Cette étymologie me paraît bien préférable à celle de mus, souris,

qu'on attribue à Pollnx, parce qu'il comparait, dit-on, un muscle à un rat écorclié.

2 MYOLOGIE.

§ 1. Idée générale du système musculaire.

Définition des Les muscles sont les organes actifs de la locomotion. Ces organes sont composés de faisceaux de fibres rouges ou rougeâtres, dont la fibrine fait la base, et dont la propriété essentielle est la contraclilité, la myotilité , c'est à dire la propriété de se contracter ou de se raccourcir sous l'influence d'un stimulus. La composition fibrineuse et la faculté contractile, voilà les deux propriétés caractéristiques de la fibre musculaire.

idée générale Si nous envisageons d'une manière générale la fibre muscu-

du système mus- .

cuiaire. laire dans l'échelle des êtres, nous verrons que, dans les der-

nières espèces de polypes, lesquelles sont réduites à un mouvement vermiculaire à peine sensible, la fibre musculaire n'est pas plus distincte des autres éléments organiques que la fibre nerveuse; on dirait que l'animal est réduit à la cellulosilé. Il i° Fibres est probable cependant que la fibre musculaire existe, maisdisdlstSinciesr.esn°n séminée, combinée, entrelacée et confondue avec les lamelles cellulaires: dans les polypes plus élevés et dans les vers, la 2° Fibres fibre musculaire devient distincte, et se présente sous la forme

musculaires dis- , „, ... . . ,. . ,m

tinctes. de fibres circulaires et longitudinales. Chez ces animaux, toute

la locomotion est bornée, d'une part, à un resserrement et à une dilatation ; d'une autre part , à un raccourcissement et à un allongement. Jusque là le système musculaire est exclusivement constitué par des muscles peauciers , c'est à dire par des muscles attachés aux téguments; mais lorsque, remontant dans l'échelle des êtres, on arrive aux classes qui sont douées d'un sqiulette, soit intérieur, soit extérieur, lorsqu'il existe des membres, instruments spéciaux de locomotion , s'attaehant au squelette par une de leurs extrémités, alors la fibre musculaire se détache des enveloppes, se rassemble en groupes de faisceaux in- 3° Fibres dépendants les uns des autres, pouvant se contracter isolément,

musculaires réu- . J . . ,

nies en groupes et ces groupes de laisceaux ou lascicules distincts s appellent

ou fascicules. , »^ , ,,in > ■ \ •

des muscles. Ces muscles sont d abord partages entre le tégument extérieur et le squelette ; mais à mesure qu'on s'élève dans la série animale, on voit l'empire des peauciers diminuer, dis^

paraître même entièrement dans l'espèce qui occupe le premier rang dans l'échelle, sous le rapport de la locomotion, chez les oiseaux. L'homme n'en offre que des vestiges, à l'exception de la face où les muscles peauciers jouent un rôle si remarquable dans l'expression de la physionomie.

Cet aperçu général du système musculaire n'est pas étranger à mon objet, puisqu'il s'applique parfaitement à l'homme, chez senteT™etrots lequel on retrouve les trois modes de locomotion dont je viens ™t°onsdedi'po" de parler. Ainsi, il est dans l'homme des mouvements tout à fait analogues à ceux des derniers polypes, et l'agent de ce mouvement ne présente aucun des caractères de la libre musculaire; c'est en apparence de la cellulosité : tel est le mouvement ver-

. , • , . • • i , , o. Tissu rouscu-

nnculaire du scrotum , qui a son principe dans le dartos. Si laire dartoïde.

vous examinez avec attention le scrotum d'un homme vivant, surtout par un temps froid, vous remarquerez qu'indépendamment de la secousse imprimée au testicule par le crémaster, il existe un mouvement vermiculaire extrêmement marqué. Or, l'agent de ce mouvement est ce tissu aréolaire, rougeâtre, filamenteux, que l'on confond généralement avec le tissu cellulaire, et pourtant auquel on a donné un nom particulier, celui

de dartos. Ce tissu aréolaire, je l'ai retrouvé autour des gros- Lieux où on le

^ ,, . < , „ ■ ■ trouve.

ses veines, surtout au moment ou elles pénètrent dans 1 épaisseur des organes; c'est ce tissu qui me paraît former la tunique externe des artères et des veines ; je l'ai retrouvé dans l'épaisseur des parois de quelques conduits, et en particulier du vagin. Ce n'est pas du tissu musculaire , mais ce n'est pas non plus du tissu cellulaire; c'est le tissu moteur des dernières espèces de polypes : je l'ai appelé tissu dartoïde. Seraitce une couche légère de ce tissu qui donnerait à la peau la faculté de se resserrer dans le phénomène connu sous le nom de chair de poule ?

On trouve chez l'homme la fibre musculaire disposée circulâirement et longitudinalement, à la manière des espèces de polypes douées des mouvements de resserrement et de raccourcissement, dans les organes intérieurs indépendants de la V03J

U MYOLOGIE.

lonté, tels que le canal intestinal, la vessie. Elle a pour usage de faire circuler dans leurs cavités les liquides respectifs qu'ils

Fibres muscu- coniiennent. Cette fibre musculaire n'est pas fasciculée , elle culées!1011 a " n'est pas sous l'empire de la volonté} elle obéit à des stimulalions spéciales ; elle constitue ce qu'on appelle le système musculaire de la vie organique ou nutritive.

Muscles pro- Enfin l'homme présente les muscles du grand appareil de la

prement dils. . ,.-"-, ,.»„';

locomotion, s insérant aux différentes pièces du squelette, aussi multipliés que les usages qu'ils doivent remplir ; c'est à cette grande section du système musculaire, qui comprend tous les muscles proprement dits, que je vais me borner dans ces considérations générales sur le système musculaire. Les autres divisions de ce système trouveront leur place à l'occasion des organes auxquels elles sont destinées (1).

§ II. Nomenclature des muscles.

Il n'y a point unité de; base pour les dénominations qui ont été données aux muscles. Avant Sylvius, on désignait les muscles par les noms numériques de premier , second, etc., dans l'ordre de leur superposition , ou plutôt dans l'ordre de leurs Sylvius est le usages. Sylvius le premier donna des noms particuliers au plus

premier qui ait

imposé des noms grand nombre des muscles, et les analomisles qui le suivi-

aux muscles.

rent , parmi lesquels je citerai surtout Kiolan, complétèrent la

Bases diverses nomenclature. Dans celle nomenclature qui est encore généra-

nomenciaiure.la lement adoptée de nos jours , sauf quelques légères modifica-

1° usages. l'ons > 'es noms des muscles sont déduits , 1° de leurs usages :

de là les noms dH adducteur , d? abducteur, de crémaster , du

mot x.psfict», suspendre ; de diaphragme, de èictyça<r<r<a , clore

transversalement ; de masse ter , j««(r«o^«< t manger; de

(d) Les muscles proprement dits appartiennent exclusivement à la vie de relation. Pour la vie de nutrition, il n'existe comme organes aclifs du mouvement que des fibres ou couches musculaires affectant diverses directions, mais ne formant nulle part des corps ou groupes fascicules distincts, insérés directement ou indirectement au squelette.

sphincter, <ryiyyu, serrer. Ces dénominations seraient bonnes si plusieurs muscles ne remplissaient pas les mêmes usages , et si Je même muscle n'avait pas plusieurs usages à la fois. Par exemple, le long supinateur n'est-il pas en même temps supinaieur et fléchisseur de l'avant-bras; le couturier, fléchisseur de la cuisse sur le bassin, en même temps qu'il est fléchisseur de la jambe sur la cuisse? 2° Tantôt on déduisait les noms de la forme des muscles ; exemples : les lombricaux , le deltoïde, le pyramidal, les scalènes , le splénius (qui veut dire semblable à la rate), le soléaire (solea , semelle), etc. ; mais rien de plus inexact, de plus grossier que toutes ces comparaisons. 3° D'autres noms sont tirées des divisions ou complications des muscles, tels que les complexus, digaslriques, jumeaux, biceps, triceps; h° de la direction droite, oblique, d'où les muscles droits, obliques, transverses , orbiculaires ; 5° du volume; muscles grands , moyens, petits , très larges, très longs , courts ; 6° de la situation , les radiaux, cubitaux, péroniers, l'anconé (tt.yx.uv, coude\ les poplités , fessiers , etc. Celte dernière base de nomenclature est plus anatouiiquc; mais elle n'en est pas moins défectueuse, parce qu'elle ne peut s'appliquer qu'à un petit nombre de muscles de chaque région. 7° Enfin on a déduit les noms des attaches ou insertions , muscles sterno-hyoïdien , sterno-cléidomasioïdien , et c'est là la base la plus rationnelle : c'est parce qu'il était bien pénétré de l'importance des insertions que Chaussier a entrepris de faire pour tous les muscles, ce que les anciens n'avaient fait que pour un petit nombre de ces organes. Sa nomenclature, exclusivement fondée sur les insertions, a obtenu un succès aussi rapide que général. Toutefois, sila nomenclature de Chaussier n'est pas généralement adoptée, cela lient à ce que la connaissance des noms nouveaux ne saurait dispenser de celle des noms anciens, seuls adoptés dans un grand nombre d'ouvrages de médecine et de chirurgie. Joignez à cela que des dénominations moins parfaites , par cela seul qu'elles sont depuis longtemps usitées dans la science, sont préférables à des

2° Forme.

3° Division.

4° Direction;

5° Volume.

7° Insertions.

La nomenrlaturedeChaussier estlondéesurles insertions.

6 MYOLOCIE.

de?aénoCme°ncia- dénominations nouvelles. D'un autre côte, bien que le point le !nse t1oduite des P^us imPortant de l'histoire des muscles soit dans la détermination de leurs insertions, le nombre de ces insertions est quelquefois si considérable qu'il est impossible de les comprendre toutes dans la nomenclature, à moins de rendre le langage d'une complication et d'une rudesse presque intolérables. Telle la nomenclature de Dumas, de Montpellier, qui n'est qu'une variante de celle de Chaussier, moins exacte et moins parfaite.

§ III. Nombre des muscles.

Le système musculaire est composé d'un grand nombre de parties distinctes par leurs insertions , par leurs usages et par une quantité plus ou moins considérable de tissu cellulaire qui les environne de toutes parts , et les isole en même temps qu'il nombrUerdes°mus- 'es unit' Chacune de ces parties constitue un muscle (1). Il îe^même'pour r^ane Peu d'uniformité dans les auteurs pour le dénombrement mlstes?9 anat0" des muscles. Suivant la plupart , le nombre des muscles est de quatre cents. Chaussier l'a réduit à trois cent soixante-huit, nombre qui est de beaucoup supérieur à celui des os. Remarquez en effet, que chaque os peut jouer le rôle de levier pour un grand nombre de mouvements, et que la plupart des mouvements nécessite le concours de plusieurs muscles. Le nom- Leur nombre bre des muscles , toutefois, serait bien plus grand encore,

est supérieur a . ■ ,, '. , . ', , . , , ,

celui des os. si beaucoup d'articulations n etatent pas dépourvues démuselés propres. Ainsi, point de muscles pour les synarlhroses , pour plusieurs symphyses, et même pour plusieurs arthrodies. Où sont en effet les muscles des os du crâne , du bassin? On compte vingt-six pièces pour la colonne vertébrale , on ne compte que trois muscles extenseurs de chaque côté, au moins pour les régions lombaire et dorsale ; les os du carpe et du

(d) Pour qu'un muscle soit distinct, il n'est pas nécessaire qu'il soit isolé à la fois et dans son Corps et dans toutes ses attaches. L'insertion fixe peut être commune à un grand nombre de muscles; il suffit que le corps et l'attache mobile soient séparés.

tarse, du métacarpe et du métatarse n'ont qu'un petit nombre

de muscles qui leur soient destinés.

Bien que le système musculaire soit, parmi les différents

systèmes de l'économie , un de ceux qui offrent le moins de

variétés anatomiques , cependant il n'est pas rare de voir m an- Absence congénitale de pluquer quelques muscles, tels sont les petits zigomaliques, les sieurs mnscies.

palmaires cutanés, les. pyramidaux de la ligne blanche, les

petits psoas, les péroniers antérieurs. Fréquemment on trouve Faisceaux

r r l surnuméraires.

des faisceaux de muscles surnuméraires , plus rarement on trouve des muscles surnuméraires ou doubles ; ainsi, j'ai trouvé Musclesdoubtes. deux muscles angulaires de l'omoplate du même côté. On dit avoir vu deux grands pectoraux d'un seul côté. Quelques analomistes réunissentplusieurs muscles en un seul ; d'autres divisent un muscle en plusieurs. Ainsi on a considéré comme un muscle particulier, souslenomd'iléo-capsulo-lrochantérien, un faisceau décrit comme surnuméraire par quelques anatomistes, mais que je regarde comme constant, et qui est étendu de l'épine iliaque antérieure et inférieure à la capsule de l'articulation coxo-fémorale et aupetit irochanler , faisceau musculaire qu'on a plusieurs fois, faute d'érudition , donné comme unedécouverte, bien qu'on le trouve décrit dans Winslow et Albinus. Tels sont Exemples de

, P . , , . A muscles réunis

encore deux petits faisceaux décrits par les mêmes auteurs, et de muscles et qui vont du fémur à la capsule du genou. Ces faisceaux ms s* appartiennent à la couche profonde du triceps fémoral. Les anatomistes ne sont pas d'accord sur le nombre des scalènes : on en admet le plus généralement deux; d'autres en reconnaissent trois, et même quatre. L'occipiio-frontal, les trois muscles constricteurs du pharynx, les muscles des gouttières vertébrales sont réunis ou séparés par les différents anatomistes. J'ai cru devoir réunir sous le titre de triceps fémoral , le droit antérieur et le triceps fémoral des auteurs ; j'ai démontré qu'il n'y avait pas de portion crurale dans le triceps des auteurs , et que le droit antérieur constitue la longue portion du triceps fémoral proprement dit. J'ai cru devoir réunir le muscle iliaque et le muscle psoas en un seul et même muscle à deux têtes ou corps

8 MYOLOGIE,

de muscles : on pourrait aussi réunir le sous-épineux et le petit rond , ce dernier n'étant à vrai dire qu'un faisceau du sousépineux, etc.

§ IV. Volume et masse du système musculaire.

De tous les systèmes d'organes, le système musculaire est

sans contredit le plus considérable de l'économie sous le

volume et rapport de la masve et sous le rapport du volume. Sous ce dou-

masse énorme ri ' L

du système mus- ble point de vue , aucun système d'organes ne présente des différences plus considérables d'individu à individu, et même chez le même individu, suivant l'état de maigreur ou d'embonpoint. Voyez le système osseux, le système fibreux, le système nerveux : ils sont à peu près également développés chez

indiv^dudies?68 tous les hommes ; tandis que le système musculaire ne forme pas chez celui-ci la moitié, ni même le tiers, le quart, de ce qu'il forme chez celui-là. Comparez ie muscle grand fessier d'un athlète au même muscle d'un individu grêle, nerveux, ou dans un état d'amaigrissement compatible d'ailleurs avec la santé: car l'état de maladie introduit des différences plus tranchées : il Différences semble que rémaciation morbide porte autant sur le sys-

morbides. tèuie musculaire que sur le système adipeux, et que ce soit aux dépens de leur fibrine non moins que de leur graisse que se nourrissent les individus soumis à une longue diète, en proie à une longue maladie. C'était sans doute parce qu'ils avaient été frappés de l'influence qu'exerce sur l'économie le développement du système musculaire, que les anciens avaient admis un tempérament musculaire ou athlétique : il serai!- absurde de Le tempéra- faire un tempérament osseux ou fibreux. Le tempérament dit

ment athlétique , , .

est fonde sur le nerveux est (onde moins sur une disposition organique que sur

déve'oppement ,...., . ,..

du système mus- une disposition vitale : on pourrait dire cependant quil est caractérisé par le défaut de développement de l'appareil musculaire bien plus que par l'exagération du développement de l'appareil nerveux. Pourquoi ces grandes masses musculaires? Elles étaient nécessaires, vu la disposition désavantageuse des leviers : car je ferai remarquer que la nature a suivi dans la distribution

des puissances de l'appareil de la locomotion un plan diaméiralemenl oppose à celui que nous suivons dans nos machines, à celui qu'elle a coutume de suivre dans toutes ses opérations, où elle nous montre en général l'économie de force et de moyens , iointe à la multiplicité des effets. Aussi, tandis qu'elle Ledésavantago

J • i ! ^es leviers a

a été si avare de volume et de masse dans la confection des le- nécessité un

grand déploie-

viers, elle a été prodigue de puissance, au point de déployer une ment de puis-

' , - , m sanec.

force énorme pour arriver a de petits résultats, loute autre disposition eût nécessité un autre système de mouvement ; joignez à cela que la chair musculaire est la nourriture principale d'un grand nombre d'espèces animales.

Au reste, le grand développement des muscles peut être originel ou acquis; il peut être partiel ou général. Voyez les

, . Développement

muscles des extrémités supérieures du boulanger, ceux de la musculaire accolonne vertébrale et des épaules du portefaix , ceux des extrémités inférieures du danseur. Pourquoi les muscles du côté droit sont-ils plus développés que ceux du côté gauche? Serait-ce une différence congénitale en rapport avec la fréquence de la position occipilo-colyloïdienne gauche du fœtus? Le ^^°PPcmcnt nombre des gauchers serait-il exactement proportionnel au nombre des enfants qui viennent par la position occipito-cotyloïdienne droite, comme on l'a avancé dans ces derniers temps, ou bien cette prédominance du côté droit serait-elle l'effet pur et simple de l'habitude où nous sommes d'exercer beaucoup plus habituellement le côté droit que le côté gauche? Tous les faits connus militent en faveur de celte dernière manière devoir, et sont en opposition avec la première explication, qui ne peut être considérée'que comme une hypothèse ingénieuse. Chez les ant- Développement maux, le développement de telle ou telle région du système mus- port0 aVcç^ies culaire est toujours en rapport, soit avec l'instinct, soit avec l'ali- tïtude dés. animentation , soit avec l'attitude habituelle, soit avec quelque particularité importante d'organisation. A la vue des muscles puissants, énormes, qui relèvent la mâchoire inférieure du lion, du tigre, de tous les carnassiers, nous devinons que ces animaux sont destinés à attaquer une proie qui résiste et à la

10 MYOLOGli:

dévorer. A la vue des muscles épais qui remplissent les gouttières vertébrales de l'ours, nous pouvons conclure que c'est un animal grimpeur. La disproportion qui existe entre les extrémités postérieures et les extrémités antérieures du lièvre nous prouve que c'est un animal sauteur. Quels sont les muscles prédominants chez l'homme? Ne sont-ce pas les muscles des extrémités inférieures et ceux des gouttières vertébrales? Donc il est destiné à l'attitude bipède. On voit combien les circonstances anatomiques, les plus minutieuses en apparence, acquièrent de l'importance quand on veut les interpréter.

§ V. Volume et forme 'générale des muscles.

Variétés dans Considérés relativement à \euvvolume propre, les muscles

le volume des ,

muscles compa- présentent une foule de variétés ; on peut même dire qu il n y a

rés les uns aux .

autres. pas deux muscles qui se ressemblent sous ces deux rapports. Que

d'intermédiaires, relativement au volume, entre le muscle de l'étrier et le muscle grand fessier ! Le volume d'un muscle est en général en raison directe de sa force. Le volume n'est pas cependant la condition unique de la force ; et si vous avez quelquefois assisté à la lutte d'hommes de différentes constitutions , vous avez du être frappés de l'énergie musculaire dé- La force des ployée par quelques individus grêles qui l'emportent de beau-

muscles e^t en

raison directe, coup sur leurs adversaires à muscles beaucoup plus volumir Du nombre neux. Il y a deux choses dans le muscle : 1° la force matérielle,

de ses iii)res

qui se mesure par le volume, ou plutôt par le nombre des fi- 2° De l'influx bres ; 2° la force vitale, la force nerveuse, qui résultent de

cérébral

l'influx cérébral. Pour apprécier la force d'un muscle relativement à son volume, il faut avoir égard à la contexture de ce muscle, au nombre et au tassement plus ou moins considérable de ses fibres.

Bases diverses La figure des muscles se détermine par les données sui-

qui ont seivi à ,

déterminer la a- vantes : 1 d après leur comparaison soit avec des formes géo-

gure des mus- , . . . , , , ni,,

des. métriques, soU avec des objets généralement connus; 2 d après

leur symétrie ou leur défaut de symétrie. Sous ce dernier rapport, il existe entre le système osseux et le système musculaire

une très grande différence. On trouve en effet un nombre assez considérable d'os symétriques ou impairs; la presque totalité des muscles présente au contraire le défaut de symétrie Les muscles

t t i i» i • i • i impairs médiaux

ou la disposition par paires. Le diaphragme, 1 orbiculaire des SOat très peu lèvres , Lorbiculaire des paupières , auxquels j'ajouterai les DOmbreuxdeux frontaux qu'on peut considérer comme ne formant qu'un seul et même muscle : tels sont les seuls muscles médians et symétriques; 3° d'après le rapport de leurs trois dimensions, sous ce dernier point de vue, les muscles comme les os ont été divisés en longs, larges et courts. Nous présenterons à l'égard de ces trois ordres de muscles quelques considérations générales (1).

A. Les muscles longs OCCUpent les membres; les muscles îar- Formes générales des muscles

ges les parois des cavités ; les muscles courts sont destinés pour longs. les os courts. Les muscles longs sont simples ou divisés. Tantôt Muscles simla division est du côté du point fixe, et alors deux ou trois muscles p es ou concentrent leurs efforts sur le même point, tels les biceps, les triceps : aussi ne reneontre-t-on ces muscles que dans les parties où il faut un grand effort : le triceps fémoral et le triceps jambier en sont des exemples : le vaste externe, le vaste interne et le droit antérieur, se réunissent sur un seul point, la rotule, Côt?'Tu%oint pour produire le mouvement d'extension de la jambe sur la fixe* cuisse ou de la cuisse sur la jambe , tandis que les jumeaux et le soléaire se concentrent sur le calcanéum pour soulever le poids de tout le corps. Tantôt la division est du côté du point Division du mobile, et alors plusieurs parties se meuvent en même temps : mobiie.u p°'nt tels sont les muscles fléchisseurs et extenseurs des doigts et des orteils.

Les muscles les plus longs sont les plus superficiels ; ordinairement ils passent sur plusieurs articulations, et peuvent par conséquent concourir à produire des mouvements dans

(1) Borelli admettait huit formes de muscles : les muscles prismatiques, rhomboïdaux, orbiculaires, croisés, penniformes, rayonnes, en spirale, et les muscles composés.

12 MYOLOGIE.

Les muscles toutes ces articulations. Il en résulte des mouvements compo-

superliciels sont

ks plus longs. sés ou plutôt des mouvements successifs qui simplifient beaucoup le mécanisme de la locomotion en même temps qu'ils augmentent l'énergie des mouvements. Ainsi, les muscles biceps fémoral, demi-tendineux et demi-membraneux sont essentiellement des muscles fléchisseurs de la jambe sur la cuisse ; mais ils sont aussi des extenseurs de ia cuisse sur le bassin ou du bassin sur la cuisse , et de cette manière ils concourent puissamment à la station. Ainsi les muscles fléchisseurs des doigts sont en même temps des fléchisseurs de la main, et même de l'avant bras, etc. Ces muscles superficiels, plus éloignés du parallélisme que les muscles profonds, paraissent être les premiers qui agissent; ils commencent le mouvement; les muscles profonds le complètent : cette longueur considérable de certains muscles est encore avaniageuse, en ce sens qu'elle leur permet de prendre un point d'appui, c'est à dire une insertion fixe sur une partie moins mobile, sur le tronc. Ainsi les muscles qui meuvent les membres inférieurs prennent un point d'appui sur le bassin. I! est bon de noter que par la différence de mécanisme de l'épaule et du bassin, le bassin a pu suffire pour l'insertion fixe de tous les muscles de l'extrémité inférieure, tandis que l'épine, le sternum et les côtes ont été employés pour servir d'insertion fixe aux muscles de l'extrémité supérieure. Les muscles Les muscles fléchisseurs sont-ils plus courts que les exten-

pins longs que seurs ? C était 1 opinion de Borelli, qui expliquait par la la position demi-fléchie des membres dans l'attitude du repos. Pour résoudre celle question, il faut distinguer la longueur du corps charnu du muscle de celle de ses fibres charnues prises isolément. Sous l'un et l'autre point de vue, les muscles fléchisseurs sont incontestablement les plus longs. Comparez, si vous le voulez, le biceps au triceps brachial, le biceps fémoral, le demitendineux et le demi-membraneux au triceps fémoral, et vous verrez que la différence est tout entière à l'avantage des fléchisseurs : donc l'élasticité de ces derniers est plus considérable ; donc la demi-flexion doit être l'altitude du repos. Règle gêné-

DES MUSCLES EN (MnÊRAL. f3

raie : il ne faut pas juger de la longueur des fibres d'un muscle Distinction à

, , , » , , 1 r i établir enirc la

long par 'a longueur au corps charnu de ce muscle. Le muscle longueur du

i,ii i i • ... corps charnu

couturier, muscle le plus long du corps humain , est peut-être d'un muscle et le seul qui fasse exception. Je ne connais pas de muscle dont abres. les fibres soient plus courtes que celles du soléaire , bien que son corps charnu mesure les trois quarts de la longueur de la jambe. Nous verrons plus tard que celte disposition est relative à la force du mouvement.

La connaissance approximative de la longueur des fibres charnues des muscles n'est pas un point de pure curiosité, car c'est cette circonstance anatomique qui a permis d'expliquer laconicité du moignon dans les amputations de Sa cuisse, et qui a servi de base aux modifications apportées aux procédés opératoires.

B. Les muscles larges occupent les parois des grandes cavi- , Les muscles

° f r ° larges occupent

lés qu'ils concourent à former, ou qu'ils forment presque entiè- les i)arois .d.es

1 T ■•■ grandes cavités.

rement. Quadrilatères lorsqu'ils vont d'une partie du tronc à une aulre, ils sont triangulaires lorsqu'ils sont étendus du tronc aux membres. Il est des muscles qui ont l'apparence des muscles longs, mais qui appartiennent évidemment aux muscles larges : tels sont les muscles intercostaux. Lorsqu'il existe plusieurs muscles larges superposés, leurs fibres affectent une direction

-, -, , , ... Croisement à

opposée, de manière a se couper a angle ou a se croiser, dispo - angle des mus-

silion qui, en formant une espèce de tissu, augmente singuliè- pVrpo/és^ ""

rement la résistance des parois qu'ils concourent à former : tels

sont les muscles abdominaux. Supposez à la place des trois

muscles larges de l'abdomen un muscle large trois fois plus

épais, mais à direction unique, certes le même but ne sera pas

rempli.

C. Si, pour caractériser les muscles courts, on n'avait égard Muscles courts. qu'à la brièveté des fibres, il y aurait un très grand nombre de muscles qui mériteraient ce nom ; mais c'est la brièveté du corps charnu qui sert de base. Or, nous renconlrerons des m use! es courts partout où il y a des os courts à mouvoir. Force et peu d'étendue dans les mouvements, voilà le but que s'est proposé

14 MYOLOGIE.

la nature en plaçant autour de la mâchoire inférieure des muscles courls , tels que les massélers et les plérygoïdiens. Nous devons considérer les muscles des gouttières vertébrales comme des muscles courts, bien qu'ils présentent la disposition des muscles longs , car ces muscles longs ne sont autre chose que des séries de muscles courts disposés à la suite des uns des autres, de manière à simuler un muscle long.

§ VI. Direction.

La direction des muscles est un des points les plus importants de leur histoire, puisque sans celle connaissance il est impossible d'apprécier exactement leur action : aussi ni'attacherai-je beaucoup plus qu'on ne le fait ordinairement à la dé- Détermination termination précise de cette direction. Chaque muscle a un axe

de la direction .. v , ., , « \a>^. >

ou de l'axe des ou une ligne moyenne a laquelle on peut rapporter 1 effet général de ses fibres. Celte ligne bien tracée, il n'y a plus qu'à la raccourcir dans les diverses altitudes, pour déterminer l'action du muscle. Il est des muscles qui ont une direction curviligne. Le premier effet de leur contraction est de ramener leurs fibres à la ligne droite : ce premier effet produit, on peut apprécier leurs usages à la manière des muscles reclilignes. La Des muscles plupart des muscles éprouvent des déviations ou réflexions en

véficchis

passant autour des articulations. Celte déviation favorise leur action en les éloignant du parallélisme avec le levier qu'ils doivent mouvoir; quelques uns prennent en passant à travers des poulies ou des crochels de réflexion une direction perpendiculaire à la direction primitive.

Pour apprécier l'action des muscles réfléchis, il faut négliger la direciion primitive des muscles, n'avoir égard qu'à la portion réfléchie , et transporter par la pensée le muscle au Le long péro- point de réflexion sur la poulie de renvoi. Il est des muscles sèn'è'deol Pré- Mui subissent deux réflexions successives; tel est le long péroflexions. nier latéral.

La direciion des muscles doit être étudiée relatives ment à l'axe du corps , et surtout relativement à l'axe du

membre ou du levier dont ils sont la puissance. Un très Rappons de

,, , ,, l'axe desmuscles

grand nombre de muscles sont presque parallèles a 1 axe et de l'axe des

,.. , . . • -i • i leviers qu'ils doi-

du levier qu ils doivent mouvoir ; mais il importe de noter que, vemmouvoir. dans certaines attitudes, ces mêmes muscles s'éloignent du parallélisme, forment des angles plus ou moins prononcés avec les leviers sur lesquelles ils prennent leur insertion, et même quelquefois deviennent perpendiculaires à ces leviers. Sous ce rapport, la direction des muscles n'a rien d'absolu, elle est subordonnée à l'altitude des leviers. Les muscles offrent d'ailleurs des incidences variées, mais qui se rapprochent bien plus du parallélisme que de l'incidence perpendiculaire. Cependant il existe dans l'économie quelques exemples de muscles perpendiculaires aux leviers qu'ils doivent mouvoir; tels sont les muscles jumeaux et soléaire par rapport au pied, le muscle masséter par rapport à la mâchoire inférieure. L'axe du muscle n'étant pas le même que celui des fibres La direction

, d'un muscle doit

qui le composent, on doit étudier dans chaque muscle d une être bien dis-

, tinguée de la di-

part, la direction du corps charnu et de son tendon, d une autre î-pcuon de ses

... . , " . , . fibres charnues.

part la direction des fibres musculaires par rapport aux tendons et aux aponévroses d'insertion. Tantôt les fibres musculaires sont dans la même direction que les fibres tendineuses ; tantôt elles sont obliques pour constituer les muscles penniformes, demi-penniformes; souvent convergentes ou radiées, comme dans les muscles moyen et petit fessiers, grand dorsal, grand pectoral; d'autres fois obliquement situées entre deux plans aponévrotiques, etc. Souvent les fibres du même muscle présentent des directions entièrement différentes, en sorte que pour bien connaître l'action de ce muscle, il faut le décomposer en autant de portions qu'il y a de directions dans les fibres : voyez le deltoïde, le trapèze, le grand dentelé ; voyez encore les muscles moyen et petit fessiers. Ce sont surtout les muscles larges qui offrent des exemples de cette disposition complexe, et l'effet total est la moyenne proportionnelle ou la résultante de toutes les actions partielles.

1G MYOLOGïn.

§ VII. Rapports ou connexions des muscles.

Les rapports ou connexions des muscles sont, sous le point de vue chirurgical, une des considérations les plus importantes de leur histoire.

Rapports des 1° Rapports avec l'a peau. Il n'y a que les muscles peau-

muscles avec la . i j- « « i u •■

peau. ciers qni aient des rapports directs avec la peau a laquelle ils

ne s'insèrent en général que par une de leurs extrémités, tandis que par l'autre ils prennent un point d'insertion fixe sur les os. Tous les autres muscles sont séparés de la peau par des aponévroses plus ou moins épaisses, en sorte que les mouvemens de la peau sont étrangers aux muscles, et réciproquement. Néannioinsleschangementsqui s'opèrent dans le volume et dans la forme des muscles pendant leur contraction, sont tels, que les muscles superficiels se dessinent plusou moins à travers les téguments; mais les saillies qui répondent au corps des muscles, les enfoncements qui répondent à leurs insertions et à leurs intervalles sont masqués par une graisse dont la quantité est variable suivant les sexes et suivant les individus : d'où la différence qui existe entre les formes de l'homme et celles de la femme, entre les formes d'un individu pourvu d'un gros embonpoint et celles d'un individu dont la peau touche immédiatement aux aponévroses subjacenîes. Le peintre et le sculpteur ont besoin de connaître tout aussi bien que l'anatomiste la disposition des muscles superficiels, et pendant leur relâchement et pendant leur contraction.

Rapports des 2° Rapports des muscles avec les os. Dans les membres où

muscles avec les , , „ , . . , . ,

os. les muscles forment autour des os plusieurs couches qui leur

sont parallèles, toujours le corps ou la partie la plus renflée du muscle répond au cylindre, c'est à dire à la partie la plus étroite de l'os, et le tendon, ou la partie la plus étroite du muscle répond aux extrémités renflées des os. Les muscles profonds s'insèrent à toute la longueur du corps de l'os qu'ils environnent : les muscles superficiels ne correspondent aux os que par leurs extrémités ou leurs tendons, qui glissent plus

ou moins longtemps sur les os avant de s'y insérer, qui entourent les articulations , et concourent puissamment à assurer leur solidité. Or, il importe de connaître d'une manière précise les rapports des muscles ayee les os pour expliquer les déplacements des fragments dans les fractures, et pour se rendre compte de la production des luxations.

3° Rapports des muscles entre eux. Les muscles formant Rapport des

, muscles entre

plusieurs couches superposées , se correspondent par leurs eux. faces et par leurs bords, et sont exactement moulés les uns sur les autres. Une membrane fibro-celluleuse revêt chaque muscle et lui constitue une espèce de gaine qui l'isole des muscles environnants ; un tissu cellulaire plus ou moins abondant, lâche et humide, les environne de toutes parts, et permet leur glissement facile et leur indépendance de contraction. Souvent plusieurs muscles sont confondus à leurs attaches dans une insertion commune , d'où ils parlent comme d'un centre pour se séparer bientôt les uns des autres. Cette communauté d'insertions se remarque particulièrement pour les muscles remplissant des usages analogues, ou qui du moins ont coutume d'agir simultanément. Le plus grand nombre des mus- Gaîne fibreuse clés sont contenus dans une gaîne fibreuse propre qui les isole chaquemusc"".1' dans leurs contractions, aussi bien que dans leurs maladies : tel est le muscle grand droit de l'abdomen; tel est encore le muscle couturier. Toujours la résistance de la gaîne fibreuse est proportionnelle à la force du muscle et à sa tendance au déplacement ; et c'est peut-être aux gaines aponévrotiques qu'est due en partie l'indépendance de contraction des muscles. Considérés sous le point de vue des rapports qu'affecleu t leurs bords, les musclas sont tantôt contigus dans toute leur longueur ; tantôt ils interceptent des espaces ordinairement triangulaires dans Espaces trian-

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