‹ Traité d'anatomie descriptive (volume 5)Chapitre 221 sur 291 · HES, A DEUX PAIRES DE · texte numérisé non relu

HES, A DEUX PAIRES DE

muscles. { moyen.

ANGÉIOLOGIE. — DU COEUR. 495

L'angéiologïe (ayyeiov, vaisseau) est celle partie de l'ana- objets que lomie qui a pour objet les organes de la circulation. géîoiogle.

Les organes de la circulation comprennent : 1° une partie centrale, le cœur, agent d'impulsion du sang; 2° les artères, vaisseaux qui portent le sang du cœur dans toutes les parties du corps ; 3° les veines, qui rapportent le sang de toutes les parties du corps au cœur; 4° les vaisseaux lymphatiques ou vaisseaux absorbants , annexes des veines, qui versent dans le système veineux le liquide qu'ils ont absorbé.

Préparation. Pour étudier la conformation extérieure du cœur, injecter, 1° les cavités droites, par Tarière pulmonaire ou par l'une des veines-caves , en ayant soin de lier l'autre ; 2° les cavités gauches , par l'artère aorte ou par l'une des veines pulmonaires.

Le suif, la cire, la gélatine, sont les substances les plus convenables pour cette injection.

Le cœur (k«^<«), partie centrale de l'appareil circulatoire, Définition, est une poche musculaire à compartiments multiples, destinée à projeter dans toutes les parties du corps, par les artères, le sang qu'elle a reçu par les veines.

Le cœur est un des organes les plus importants de l'économie, importance du

, cœur.

Sous le point de vue zoologique, la présence ou 1 absence du cœur, la complication ou la simplicité de sa structure,, méritent d'autant plus de fixer l'attention, que ces différences dans l'organe central de la circulation sont liées à de très grandes modifications dans l'ensemble de l'organisme (1).

(1) Les vertébrés et les mollusques sont les seuls animaux qui soient pourvus de cœur.

Les mammifères et les oiseaux possèdent seuls un cœur double, c'est à dire

496 ANGÉIOLOGIE.

Son absence Les cas d'absence con géniale du cœur sont excessivement

congéniale. . ,.,,., . , ,, . ,

rares, ei toujours hes a d autres vices de conformation, et plus particulièrement à l'absence de cerveau. Ils sont du reste incompatibles avec la vie.

Nombre. Unique chez l'homme et chez tous les animaux vertébrés, le cœur est double et même triple chez les mollusques. Celte pluralité des cœurs, bien loin d'être un indice de perfection, doit être considéré comme une sorte de morcelle- L'homme a ment et d'imperfection de l'organe. Nous verrons que l'homme,

deux cœurs reu-

nia en un seul, comme les mammifères et les oiseaux, a véritablement deux cœurs réunis en un seul.

Situation. Situation. Le cœur est situé à la réunion du tiers supérieur

avec les deux tiers inférieurs du corps : d'où il résulte que les parties supérieures sont sous une influence plus immédiate de cet important viscère (1).

Le cœur occupe la partie moyenne de la cavité thoracique ; il est situé dans le médiaslin, au devant de la colonne vertébrale, derrière le sternum, qui lui forme une espèce de bouclier, et qu'il déborde un peu à gauche, entre les poumons, au dessus du diaphragme, qui le sépare des viscères abdominaux.

. Moyens de II est maintenu dans sa position, l par le péricarde, envefixité. ,

loppe fibro-séreuse,. fixée elle-même au diaphragme par des adhérences intimes; 2° par les plèvres qui se réfléchissent de chaque côté , pour constituer les parois dumédiastin ; 6° par les gros vaisseaux qui sortent de labase du cœur ou qui s'y rendent.

ua cœur à deux oreillettes et à deux ventricules. Les poissons et les repliles ont un cœur simple, c'est à dire un cœur à une seule oreillette et à un seul ventricule, lequel est pulmonaire chez les poissons, aortique et pulmonaire à la fois chez les reptiles.

(1) L'intervalle qui sépare le cœur du cerveau présente chez les divers individus des différences qui dépendent de la longueur du thorax et de celle du cou. Cette différence, qui peut s'élever jusqu'à deux pouces, peut exercer une certaine influence sur la circulation du cerveau. Ces! en conséquence de cette observation qu'on a considéré l'extrême brièveté du cou comme une disposition à l'apoplexie,

Ces moyens de fixité ne sont pas tels que le cœur ne puisse chanficments

de position.

éprouver des changements de position notables, soit dans les diverses attitudes ou secousses du tronc, soit dans les maladies des organes environnants. C'est ainsi que dans un cas d'hydrothorax du côté gauche, la pointe du cœur battait à droite, ce qui avait fait croire à une transposition des viscères.

Volume et poids. Le volume et le poids du cœur échappent volume et à toute évaluation rigoureuse, à raison dos variétés individuelles p°'c qu'ils présentent. Les limites qui , sous le rapport du poids et du volume, séparent l'état physiologique du cœur de l'état morbide, sontbien difficiles à déterminer; et un cœur qui est dans l'étal normal pour tel individu, serait pour tel autre un cœur hypertrophié.

L'évaluation approximative du volume du cœur établie d'après Laennec sur la comparaison de cet organe avec le volume du poing (1) du sujet, atteste par ses défectuosités la difficulté d'arriver sous ce rapport à quelque chose de rigoureux.

Aucun organe n'est plus sujet que le cœur à augmenter de volume ; l'augmentation par dilatation des parois constitue l'anévrysme; l'augmentation par épaississement de cesmêmes parois constitue l'hypertrophie. Lorsque ces deux causes d'augmenla- Fréquence de tion existent simultanément à un haut degré, le cœur prend un du "volume1 du volume monstrueux qui lui a fait donner le nom de cœur de bœuf.

Le volume du cœur peut au reste s'apprécier, d'une manière Moyens d'é~

é, .«■■-, • , , ,, i r , • - -, valuaiion de ce

directe, 1 paria connaissance du volume d eau déplace par le volume, cœur; 2° par la mensuration ; 3° d'une manière approximative, parle poids du cœur auquel le volume est proportionnel. Dans celte appréciation, il faut bien distinguer le volume Distinction

,, «i •• vu'. i -i , importante.

et le poids qui tiennent a l'épaisseur des parois du cœur, du volume et du poids qui tiennent au sang contenu dans ses cavités. Pour avoir des résultats comparables à cet égard, il faut peser et mesurer le cœur, 1° dans l'état de vacuité; 2° dans l'état de distension. Or, le poids moyen

(1) La main volumineuse du manouvrier ne suppose pas un cœur plus volumineux que la main grêle d'une femme ou d'un homme de cabinet. 2. §2

/)9S ANGÉïOkQGIE.

Poids moyen du cœur vide est de sept à huit onces. Des cœurs atro-

du cœur. . , ,

phies ne pesaient que deux onces ; des cœurs anevrysmatiques et hypertrophiés, également vides, pesaient vingt-deux onces. Le poids ordinaire du cœur, distendu par du suif, est de vingtquatre ouces. J'ai vu des cœurs anevrysmatiques, également distendus par du suif, qui pesaient irois livres.

Quant à la mensuration, nous l'appliquerons successivement aux ventricules et aux oreillettes.

Forme et di- Forme,, direction. Le cœur a la forme d'un cône aplati,

reclion. i , „ .',-,. ,..-,, , ", , .

dont 1 axe serait obliquement, dirige de haut en bas, de droite a gauche et d'arrière, en avant. Cette triple direction, qui est .particulière, à l'espèce humaine (car chez les animaux la direction

insymeine. ^u cceur esi verticale), .parjaîl.en rapport avec la station bipède. Du reste, le cœur n'est symétrique ni par rapport à la ligne médiane du corps, ni par rappqrt,;àson axe propre.

Division du Les rapports généraux clu, cœur seront indiqués à, l'occasion

cœur en oreil- , ,

ieites. de son enveloppe protectrice.

Je dirai seulement < ici que le cœur est en grande partie en

Rapports généraux du cœur rapport avec le, poumon gauche, lequel est profondement excave

en avant. , . . . . v , ,

pour le recevoir; que la. partie du cœur qui est a découvert en avant entre .les poumons, lorsqu'on a enlevé le sternum et les côtes, est très variable, suivant les sujets ; qu'indépendamment du volume du cœur, les adhérences du poumon exercent sur l'étendue, de ces rapports directs du cœur avec !a partie antérieure du sternum une très grande influence. Ainsi chez une vieille femme, dont les deux poumons adhéraient d'une manière intime aux parois thoraciques, la face antérieure du cœur était presque entièrement à nu derrière le sternum et les cartilages gauches (1) ; Que la face postérieure du cœur mériterait tout aussi bien le nom de face vertébrale que celui de face diaphragmatiquejque

{i) Le cœur descend jusqu'à la partie moyenne de l'appendice xiphoïde. La moitié supérieure de celle appendice est donc en rapport direct avec le cœur, et la moitié inférieure en rapport direct avec le foie. Cette circonstance ne seraitelle pas pour quelque chose dans les graves douleurs qui accompagnent une pression exercée sur cette appendice.

DU COPUR. 499

celte face détermine une empreinte notable sur le foie ; que les En amôrei rapports de la face postérieure du cœur avec l'œsophage sont tels, que l'œsophage insufflé soulève la portion du péricarde correspondante, que cette face postérieure du cœur est séparée de la colonne vertébrale, non seulement par l'œsophage, mais encore par l'aorte qui est intermédiaire à l'œsophage et à la colonne vertébrale.

Le cœur est divisé en ventricules et en oreillettes. Les ven- Division du tricules constituent la partie principale, et en quelque sorte fe°iteseeten0yenle corps de l'organe, dont ils déterminent la forme conoïde; les lrlcuIesoreillettes, espèces d'appendices, ne se voient bien que lorsqu'on a renversé le cœur; elles en occupent la base : la limite respective des oreillettes et des ventricules est indiquée par un sillon circulaire.

Conformation extérieure du cœur.

A. Des ventricules considères à V extérieur.

Les ventricules ou partie ventriculaire du cœur , nom- Portion venmés aussi par les anciens partie arterieuse , parce qu'ils sont cœur?11"6 du l'origine des artères , présentent à considérer une face antérieure, une face inférieure, un bord droit, un bord gauche, une base et un sommet.

1°. La face antérieure ou sternale , convexe, est divisée Face sternale. en deux parties inégales, l'une droite, plus considérable, l'autre gauche > plus petite par un sillon , sillon antérieur du cœur, dirigé verticalement de la base au sommet, par- rieur.0 couru par l'artère cardiaque antérieure, et souvent masqué par du tissu adipeux. Tout ce qui est à droite du sillon appartient au ventricule droit; tout ce qui est à gauche appartient au ventricule gauche. Le sillon lui-même répond à la cloison des ventricules.

Cette face est en rapport , 1° avec le sternum , qui répond Rapports, plus spécialement à la partie située à droite du sillon ; 2° avec les 4e, 5e et 6e cartilages costaux du côté gauche ; 3° avec les poumons qui la recouvrent plus ou moins complètement.

500 ANGÉIOLOGIE.

conséquences *' es* ^ remarquer que, dans les cœurs volumineux , celte pîôraiionàlCdû ^ace' m pïutôt le péricarde qui la revêt, répond immédiacœur, tement au sternum et aux cartilages costaux , tandis que dans l'état naturel elle s'en trouve à une certaine distance. Les rapports du cœur avec la paroi antérieure du thorax permettent l'exploration de cet organe par la percussion et par l'auscultation. Face diapîirag- 2° Face inférieure ou diaphragmatique , plane, horizonmauque. {aje ^ rep0sani sur ie diaphragme, qui lui forme une espèce de plancher, et qui la sépare du foie et de l'estomac. De même que la face antérieure, elle est traversée par un sillon longisnioïi posté- tudinal , sillon postérieur du cœur, parcouru par des vaisneur. seaux et masqué par du tissu adipeux. Contrairement au sillon antérieur, le sillon postérieur, parallèle à l'axe du cœur, divise la. face diaphragmatique de l'organe en deux parties à peu près Conséquences égales, excepté au voisinage de la pointe. Comme conséquences bL'c^iaptot- des rapports de la face inférieure , je noterai, 1° les battements manque. épigaslriques , lesquels sont quelquefois bien plus prononcés que les battements contre la paroi antérieure du thorax; 2° la confusion de langage, qui fait attacher la même acception aux mots scrohicule du cœur et creux de l'estomac , ainsi qu'aux locutions mal au cœur, mal à V estomac, etc. Bord droit. ^° Bords. Lebord droit ou inférieur est mince, horizontal, couché sur le diaphragme : rectiligne en approchant de la pointe, il devient convexe en remontant du côté de la base, Bord gauche. ^e bord gauche, extrêmement épais, convexe, presque vertical , représente une face plutôt qu'un bord , et répond au * poumon gauche, qui est profondément excavé pour le recevoir. 4° La base de la partie ventricuîaire du cœur regarde en haut , en arrière et à droite ; elle présente : Premier pian ^° ^ur un P*an antérieur, l'origine d'une artère qui se porte aussitôt de droite à gauche ; c'est l'artère pulmonaire : la pornatreèéunfun" l'on du ventricule qui lui donne naissance proémine à droile du dibulum. sillon antérieur du cœur, et se prolonge à gauche en se rétrécissant de manière à former une espèce ditifundibulum qui déborde un peu la base des ventricules.

2° Sur un second plan , on voit l'artère aorte , dont l'origine Second pian, au ventricule gauche est cachée par le prolongement ou infun- Artère aorte.' dibulum dont je viens déparier.

3° Sur un troisième plan , se trouve un sillon circulaire qui Troisième pian, sépare les oreillettes des ventricules. Ce sillon circulaire , dont „.„ . .

r ' Sillon de sépa-

le demi- anneau postérieur est occupé par les artères et veines ration des oreit-

lOllCs 61 liûS

cardiaques , reçoit perpendiculairement les sillons des faces ventricules. antérieure et postérieure du cœur.

Le sillon circulaire de la base, qui paraît superficiel au pre- Sillon circu-

lcÛr6 OC 13 DâSC

mier aboi'd , est extrêmement profond dans sa moitié poste- des ventricules. rieure. Lorsqu'on est arrivé au fond de ce sillon par une dissection attentive, on voit que la base de chaque ventricule est comme renversée de dehors en dedans, pour répondre par une large surface à la base de l'oreillette. On voit, en outre , que coupe oblique la base des ventricules est coudée obliquement d'avant^en ar- JentricÊ. des rière et de haut en bas; ce qui explique la prédominance de longueur de la face antérieure des ventricules sur leur face postérieure. La différence de hauteur entre les deux faces est Différence de

, hauteur entre

d environ 15 lignes a 1 avantage de la face antérieure pour le les deux faces

des ventricules»

ventricule droit, 9 à 10 lignes pour le gauche. Ainsi , sur un cœur de volume ordinaire, la hauteur des ventricules en avant était de 3 pouces 3 lignes , et en arrière de 2 pouces 3 lignes. Sur un cœur très volumineux, la hauteur était en avant de U pouces et en arrière de 3 seulement.

Mesurée dans sa circonférence , la base d'un cœur de volume ordinaire, préalablement injecté de suif , m'a donné 10 pouces ; et sur un cœur volumineux i 3 pouces 6 lignes.

U° Le sommet, ou la pointe du cœur, légèrement recourbé Sommet.

en arrière chez le plus grand nombre des sujets,. présente une

échancrure qui répond à la réunion des deux sillons longitu- Echancrure ,., /S r i ..du sommet.

dmaux du cœur. Cette echancrure, que masquent en pariie les vaisseaux et du tissu adipeux , divise le sommet du cœur en deux parties inégales : l'une droite, plus petite, qui appartient au ventricule droit ; l'autre gauche, plus volumineuse, qui appartient au ventricule gauche. Le rapport de volume entre

sommet

5Ô2 ANGËIÔLOGIE.

ce-s deux portions de la pointe du cœur n'est pas constant. Dans quelques cas d'hypertrophie du ventricule gauche, le sommet du cœur est en totalité formé par ce ventricule; dans d'autres cas , par opposition , ïe sommet du cœur est presque exactement bifide, nappons du Le sommet du cœur, dirigé en avant, en bas et à gauche, répond aux cartilages des cinquième et sixième côtes gauches, et par conséquent à la région de la mamelle- le poumon gauche est échancré au niveau de la pointe du cœur, en sorte que celle-ci vient frapper directement contre les parois thoraciques.

B. Des oreillettes considérées à l'extérieur.

Les oreillettes Les oreillettes , ou partie auriculaire du cœur, forment de^acs! especeS des espèces de sacs ou ulricules qui sont l'aboutissant des veines, dont elles peuvent être considérées comme une dilatation: d'où le nom de portion veineuse dû cœur, sous lesquelles on lésa désignées collectivement, par opposition aux ventricules.

Leur situation. Elles sont situées à fa base du cœur, mais à la partie la plus reculée de cette base.

Leur volume. Leur volume , qui est variable chez les divers individus, présente sur un cœur injecté une hauteur moyenne de 2 pouces, un diamètre antéro-postérieur qui est à peu près le même, et un diamètre transversal qui est au moins de trois pouces, et qui déborde de chaque côté les ventricules, lorsque les oreillettes sont distendues.

Leur forme. La forme de la partie auriculaire du cœur, qui ne peut être bien déterminée que par le secours d'une injection, est irrégulièrement cnboïdè : cette forme permet de lui considérer, 1° une Face anté- face aMcrieure , située sur un pian beaucoup plus reculé que celui qu'occupe la région antérieure des ventricules. Elle est profondément concave, et décrit les trois quarts d'un cercle, pour embrasser l'aorte et l'artère pulmonaire, sur lesquelles elle se ' moule, et qui la masquent complètement. Cette face antérieure des deux oreillettes ne présente pas à sa partie moyenne de

trace du sillon antérieur. Dans aucune circonstance à quelque degré de distension que soit portée la dilatation 'des oreillettes, il ne peut y avoir compression des gros vaisseaux.

2° Une face postérieure , convexe , faisant suite à la face Face posté-

ricurG

inférieure des ventricules, et qui présente un sillon vertical,

continu en bas avec le sillon postérieur des ventricules, mais suion auricu-

. lairc.

dejele a gauche dans sa partie supérieure, curviligne, a concavité regardant à droite , et correspondant à la cloison des oreillettes. Immédiatement à droite de ce sillon , se voit l'embouchure de la veine-cave inférieure, et au-dessous, celïe de la grande veine coronaire.

Cette face postérieure des oreillettes répond à la colonne RaPP°risvertébrale, dont elle est séparée par l'œsophage et par l'aorte.

2>° Face supérieure. Eiie forme la partie la plus élevée du cœur, regarde en arrière et à droite. Elle est divisée par un sillon convexe à droite, continu avec le sillon de la face postérieure et répondant comme lui à la cloison interauriculaire. Sur cette face se voit l'embouchure de cinq veines distinctes: . Embouchure

1 de cinq veines

une seule à droite du sillon^ c'est celle de la veine-cave supé- surcetteface. rieure; quatre à gauche, ce sont celles dés quatre veines pulmonaires, lesquelles sont disposées par paires, savoir, deux à l'extrême gauche des oreillettes : ce sont les veines pulmonaires gauches; deux avoisinant immédiatement le sillon postérieur : ce sont les veines pulmonaires droites.

Cette face répond à l'angle de bifurcation dé la trachée, qui est comme à cheval au-dessus d'elle.

h° Les extrémités des oreillettes, ou auricutes, présentent Des auricuies. la forme et l'aspect flottant et membraneux du pavillon de l'oreille dans le chien : de là môme le nom d? oreillettes. Elles sont dentelées à la manière d'une crête de coq ; l'une est antérieure, c'est l'auricnle droite; l'autre postérieure, c'est l'auricule gauche.

L'auriciïle droite est plus large, plus courte, triangulaire, Différence

, ,, ,. ,, , ,, -, enlre les auri-

concavo, pour embrasser. I aorte, quelle déborde en avant; eûtes, l'auricule gauche est pins étroite et plus longue, sinueuse,

50& ANGÉIOLOGIE.

recourbée deux fois sur elle-même à la manière d'un S italique ; elle embrasse l'artère pulmonaire, et vient se terminer sur la partie la plus élevée du sillon antérieur des ventricules. Tandis que l'auricule droite se continue avec le reste de l'oreillette , sans ligne de démarcation tranchée , l'auricule L'auricule gau- gauche est parfaitement distincte du corps de l'oreillette cor-' duecorpsdenro- respondante dont elle est séparée par un rétrécissement ou pondante00""68- étranglement circulaire plus ou moins prononcé , et c'est à. elle que s'applique surtout la distinction établie par Boerhaave entre les sinus et les oreillettes proprement dites; les sinus consti tuant le corps de l'oreillette qu'il considérait comme une dilatation veineuse, et les oreillettes constituant les appendices ou auricules.

Conformation intérieure du cœur.

Préparation. Pour avoir une idée générale de la conformation intérieure du cœur, soumettez cet organe à des coupes successives faites perpendiculairement à sa longueur ; ou bien incisez-le parallèlement à son grand axe, le long de ses bords.

Pour avoir une idée plus exacte des ventricules, faites au ventricule droit une coupe en V, l'une des branches de la section longeant le sillon antérieur, l'autre branche longeant le bord droit et l'angle du V répondant à la pointe du ventricule.

La meilleure coupe pour le ventricule gauche consiste à l'ouvrir par une section verticale pratiquée sur la cloison même; mais en suivant ce procédé, on est obligé de sacrifier le ventricule droit.

On peut encore , pour saisir d'un coup d'œil l'aspect de ces cavités , les préparer par dessiccation. Pour cela, on injecte le cœur avec du suif, puis, après une dessiccation suffisante , ouvrant le cœur d'après le mode indiqué plus haut, on le plonge dans l'essence de térébenthine modérément chauffée ; celle-ci dissout le suif, et les cavités restent dilatées.

Le cœur pré- Examiné dans sa conformation intérieure, le cœur présente

sente quatre ca~ „ .., , , ' , , , , .

viiés. quatre cavités séparées les unes des autres par des cloisons

complètes ou incomplètes ; deux appartienent aux oreillettes, deux aux ventricules.

»u coeur: 505

Il Y a un ventricule et une oreillette du côté droit : un ven- cavités droites

.„,,,, M gauches.

meule et une oreillette du cote gauche.

Les cavités d'un même côté, oreillette et ventricule, sont séparées par des cloisons incomplètes ou valvules , espèces de soupapes mobiles susceptibles d'élévation ou d'abaissement, et communiquent largement entre elles lorsque ces valvules sont appliquées contre les parois des ventricules.

Les cavités des côtés opposés, cavités droites et cavités gauches, sont séparées par des cloisons complètes, et ne communiquent pas entre elies.

Le cœur est donc, sous ce dernier rapport , véritablement Le cœur est

, , ,- • , i* a ,,-, . . . vraiment dou-

double. Le ventricule et "oreillette du cote'droit constituent le bie. cœur droit, nommé aussi cœur à sang noir, à cause de la cou- „

Cœur a sang

leur du sang qu'il renferme, ou cœur pulmonaire, parce qu'il «oir. projette le sang dans les poumons.

Le ventricule et l'oreillette gauches constituent le cœur gau- cœur à sang

, » .. rouge,

che, nomme aussi cœur a sang rouge ou cœur aorttque, parce

qu'il projette le sang dans l'aorte.

Conformation intérieure des ventricules.

A. Conformation intérieure du ventricule droit.

Le ventricule droit occupe la partie droite, antérieure et venltUi^j0endro?Eu inférieure du cœur : aussi a-t-il été désigné sous les noms de ventricule antérieur ou de ventricule inférieur.

Sa cavité a la forme d'une pyramide triangulaire. Sa forme*

La paroi interne, convexe, est formée par la cloison des ses parois-, ventricules ; elle présente dans sa moitié inférieure une dispo- r interne, sition réticulée très prononcée qui cesse presque complètement dans sa. moitié supérieure.

Les parois antérieure et inférieure, toutes deux concaves, et ^fo"/^^^1,6 sont remarquables par leur peu d'épaisseur : aussi les trouvet-on habituellement affaissées, lorsque le ventricule est dans l'état de vacuité.

La base de ce ventricule présente une sorte de bifurcation Sabase?al-onde

506 ANGÉIOLOGIE.

arïalogue à l'angle qui sépare dans un cor dé chasse la partie

, circulaire de l'instrument de la tige qui supporte l'embouchure.

L'ouverture auriculaire répond à l'anneau du cor, etl'infundi-

bulum à la tige. Le diamètre transverse de cette base égale à

peu de chose près la hauteur du ventricule.

Sommet. Le sommet répond à la pointe du cœur.

Disposition Les parois du ventricule droit sont très remarquables par

réticulée ou ca- ■....,.,,

verneuse des leur disposition réticulée ou areoiaire; on pourrait appeler parois.

toute la portion aréolaire corps caverneux du cœur, car eîie

Traverses présente la disposition spongieuse des tissus éreetiles. Les tra-

étendues d'une

paroi à l'autre, verses ou colonnes charnues qui constituent les aréoles s'observent non seulement sur chacune des parois du ventricule, mais on les voit encore du côté de la peinte traverser la cavité du cœur en s'élendant d'une paroi à l'antre, disposition qui diminue singulièrement la capacité dit ventricule. Trois espèces Les colonnes charnues, cyltiïdroïdes (ter êtes lacertï) qui sé-

de colonnes . , • ,, > ■ *-,■■' ,

charnues. parent les mai H es1 ou areoies, sont divisées en trois espèces: Première *° les unes sont fixées aux parois du cœur par une de leurs exespeci trémilés, et libres dans le reste de leur étendue; elles se ter-

minent par une Sorte de mamelon simple ou bifide, duquel par- Cordagesten- tent de petits cordages tendineux qui vont s'attacher à la valvules? des val" vu'e auriculo-veniriculaire. Leur nombre est très peu considérable ; on leur a donné le nom de muscles du cœur. Deuxième 2° Les colonnes charnues delà deuxième espèce, libres dans espèce. toute leur longueur, sont fixées au ventricule par leurs deux

extrémités seulement. Ces colonnes, qui sont les plus nombreuses, se divisent et se subdivisent pour former des aréoles. Troisième 3° Les colonnes de la troisième espèce adhèrent, aux parois espèce. ^ YenlI jcu|e par un àe leurs côtés : elles sont en conséquence

comme sculptées à la manière de pilastres sur la paroi ventriculaire.

cordages ten- La plupart de ces colonnes charnues se dirigent de la pointe tonnes. deS C°~ vers *a ^ase ^a c03Lir- £>aîîS toute leur, portion libre, les colonnes des deux premières espèces tiennent les unes aux autres, ou sont fixées aux parois du ventricule, au moyen de petits cor-

dages tendineux , beaucoup plus délies que les tendons ou cordages valvulaires.

Tel est le réseau charnu qui constitue essenliellemeni la paroi La couche su-

, . , „ , , . . perh'ciolle est la

du ventricule. 11 faut y ajouter une couche assez mince, mais seule qui ne soit

,.,,,„, r . „ . , pas réticulée.

compacte et non réticulée, de fibres superficielles, qui donne au ventricule l'aspect lisse qu'il présente à l'extérieur.

Des orifices du ventricule droit. La base du ventricule droit présente deux orifices: l' un auriculaire, qui fait communiquer la cavité du ventricule avec celle de l'oreillette correspondante; l'autre artériel, qui fait communiquer le ventricule avec l'artère pulmonaire. Tous les deux sont garnis de valvules.

1° \J orifice auriculaire ou auriculo-ventriculaire droit °nrjl('ce1 aur'~ occupe la partie postérieure droite de la base du ventricule ; il lricu]e droitest elliptique, pourvu d'un repli membraneux appelé valvule Vaivuie iritricuspide ou triglochine, qui proémine dans l'intérieur du cusPldeventricule. Ce repli vaivulaire est de forme annulaire (cmmilus valvùlosus). Sa surface ventriculaire, qui regarde la paroi du ventricule, reçoit un grand nombre de petits cordages tendineux qui, s'insérant çàetlà, lui donnent un aspect inégal. Sa surface auriculaire, dirigé vers l'axe du ventricule, est lisse. Le bord adhérent est fixé à l'orifice auriculaire, et reçoit un certain nombre de petits cordages tendineux, en même temps qu'il donne insertion à un grand nombre de colonnes charnues. Le bord libre, dont le diamètre est égal à celui du bord adhérent, est irrégulièrement découpé; en sorte qu'au lieu de trois dentelures généralement admises, ce qui. a fait donner à ces valvules le nom qu'elles portent (rçiyx6%ms , trois angles), on pourrait avec quelques auteurs admettre quatre et même six dentelures.

La disposition anatomique de la valvule tricuspicle ne neut La valvule

. . ■ ' t ■' (ricuspide est

être bien saisie qu'autant qu'on la considère comme formée de formée de deux

valves distinctes

deux valves, l'une antérieure, qui répond à la moitié antérieure comme la vaide 1 ellipse que forme 1 orifice aunculo-veniriculaire ; 1 autre postérieure, qui répond à la moi lié postérieure de cette ellipse. Il n'est pas rare de voir la zone îricuspide interrompue à gauche

508 awgéiologie;

dans le point de réunion de ces deux moiliés. La valvule tricuspïde mériterait tout aussi bien le titre de milrale que la valvule qui borde l'orifice auriculo-ventriculaire gauche.

Disposition A la circonférence libre de la valvule, qui présente quelque-

des cordages

tendineux val- fois de petits nodules, viennent se fixer une foule de cordages tendineux d un aspect nacre, et d une résistance extrême eu égard à leur ténuité. Ces petits cordages ou plutôt ces filaments tendineux, naissent toujours en plus ou moins grand nombre du sommet des colonnes charnues. Ils vont en divergeant, se bifurquent souvent dans leur trajet, communiquent quelquefois entre eux, et vont se terminer les uns au bord libre, les autres à la face ventriculaire delà valvule, quelques uns même à son bord adhérent.

Tous les petits cordages tendineux ne naissent pas des colonnes charnues de la première espèce ; plusieurs naissent directement des parois jdu cœur. On voit constamment naître de la cloison ventriculaire un faisceau de cordages divergents. Direction op- Ces cordages sont disposés de telle manière que leur traction

posée des cor- , ni. y-v

dages du bord a pour résultat de tendre la valvule en 1 abaissant. On voit, en

libre. „ , . , . ,

effet, que pour la partie antérieure, comme pour la partie postérieure de la valvule tricuspide, ceux qui naissent d'un côté du bord libre convergent vers ceux du côté opposé ; quelques uns même, s'entrecroisent en X sur la valvule elle-même. Orifice artériel. 2° U orifice artériel on pulmonaire (ostium arteriosum) occupe la partie antérieure gauche de la base du ventricule droit. intervalle qui Il est séparé de l'orifice auriculaire par une bride musculeuse

le sépare de l'o- .,, , .,.„,. . ,. . .

rifice auricu- assez saillante, a concavité inférieure, qui divise le ventricule droit en deux portions , une portion auriculaire et une portion pulmonaire ou infundibulum.

valvules sig- Cet orifice est circulaire et pourvu de trois valvules (1) bien

moïdes ou semi- ... . , . , , , . . , .. ,

lunaires. distinctes, désignées sous le nom de valvules sigmoides ou

semi-lunaires. Quoique minces et demi-transparentes, elles

(1) Il est extrêmement rare de rencontrer des anomalies dans le nombre des valvules sigmoïdes de l'artère pulmonaire, soit en plus, soit en moins,

jouissent d'une grande résistance. Leur direction, qui est verticale quand le sang passe du ventricule dans l'artère, devient horizontale quand il tend à refluer de l'artère dans le ventricule. De leurs deux faces, l'une ventriculaire, répond à la cavité du ventricule; l'autre, artérielle, comprend entre elle et les parois de l'artère une petite cavité en cul-de-sac, qu'on a comparée à un nid de pigeon. Leur bord adhérent est convexe, et regarde du côté du ventricule; leur bord libre présente à sa partie moyenne un petit renflement ou nodule, qui le divise en deux moitiés semi-lunaires.

Les valvules abaissées obturent complètement la lumière du Les valvules vaisseau, les trois nodules remplissant le pertuis triangulaire, rentScompièteintcrcepté par les bords libres rapprochés. Ces valvules doivent ™^' le vais~ donc s'opposer au reflux du sang dans le ventricule ; mais leur résistance est facilement surmontée par l'effort d'une injection poussée du côté du coeur par l'artère pulmonaire.

B. Conformation intérieure du ventricule gauche. Situé à gauche, en haut et en arrière, le ventricule gauche est

3 ' j » Analogies et

évidemment construit d'après un même type fondamental que différences en-

Ire 1g ventricule

le ventricule droit; mais il en diffère par plusieurs caractères, droit et levemri-

.,,,,. cule gauche.

que nous ferons ressortir dans Tordre suivant :

1° Différence de situation. Elle est suffisamment con- Différence de nue par ce qui a été dit précédemment ; mais ce qu'il importe de Sltuatl0nfaire remarquer, c'est que le ventricule gauche déborde du côté de la pointe du cœur la masse commune des ventricules , tandis que le ventricule droit la déborde du côté de la base à cause de l'infiindibulum.

2° Différence de forme. Le ventricule droit est pyramidal Différen d, et s'affaisse sur lui-même quand il n'est pas distendu ; le ven- formetricule gauche est conoïde, convexe, non seulement à la surface libre, mais même du côté de la cloison, où il fait saillie dan^l'intérieur du ventricule droit; cette saillie devient très considérable dans le cas d'hypertrophie du ventricule gauche.

3° Différence de capacité. On dit généralement, avec Se-

510 ANGÊIOLOGIE.

Différence de nac, Winslow et Haller, que le ventricule droit a une plus grande capacuc. capacilé que le gauche : on se fonde, 1° sur l'observation ana-

tomique directe, qui prouve que le ventricule droit gagne du côté de la base bien plus que le ventricule gauche du côté du Dissidences sommet ; 2° sur les inductions que peut fournir la capacité plus iioïîs de la "a- grande de l'oreillette droite et de l'artère pulmonaire, compactes d^ventri! rées à l'oreillette gauche et à l'aorte ; 3° sur le résultat des injections pratiquées dans les cavités du cœur. Quant au chiffre qui exprime le rapport de capacité des deux ventricules, il n'y a pas deux observateurs qui s'entendent à cet égard ; on en jugera par les évaluations suivantes : la capacité du venlricule gauche est à celle du ventricule droit comme 31 à 33 ; comme 10 à il ; comme 5 à 6; comme 2 à 3 ; comme 1 à 2 (1). causedecette Or, les dissidences qui existent dans cette évaluation prouvent, ou la défectuosité des moyens d'observation, ou des différences individuelles réelles qui résultent d'obstacles accidentels plus ou moins considérables à la circulation pulmonaire dans les derniers temps de la vie.

Pourquoi le n est constant que sur le plus grand nombre des cadavres le

ventricule droit B

a une plus ventricule droit a plus de capacité que le ventricule gauche ; ce

grande capacité «->

que le ventri- qui tient, suivant la judicieuse remarque deSabatier, à la macule gauche sur la plupart des nière dont se fait la circulation du cœur dans les derniers mo-

cadavres. , „ , ' . . , .

ments, le sang refluant du poumon dans le ventricule droit ; tandis que le ventricule gauche, qui n'éprouve pas le même obstacle, et qui d'ailleurs a plus de vigueur, se débarrasse plus ou moins complètement du sang qu'il renferme. capacités du Chez les individus morts par décapitation, la cavité du ventri- ' , , cule droit s'efface aussi bien que celle du ventricule gauche ; de

1° Chez les

individus morts même, chez les individus morts sans agonie ou sans épuisement,

par décapita-

tion. la cavité du ventricule gauche est complètement effacée (2).

(1) Haller, t. I, 1. iv, sect. iij, p. 327.

(2 ^L'hypertrophie concentrique des auteurs me paraît s'appliquera des cœurs ordinaires ou à des cœurs hypertrophiés avec effacement de la cavité, par suite de la persistance de la contraction presqu'au dernier moment. Je n'admets donc pas l'hypertrophie concentrique pomme un état pathologique,

L'étal du cœur sur le cadavre, qui nous présente cet organe tel que la mon l!a surpris, ne permet donc nullement d'apprécier la capacité relative des cavités du cœur pendant la vie.

Si sur un animal vivant on détermine la stagnation du sang 2° Après la h-

gaturede 1 aorte,

dans le ventricule gauche, par la ligature de l'aorte, tandis qu'on laisse au sang des cavités droites une libre issue par l'artère pulmonaire, on trouvera dans la capacité des ventricules une inégalité inverse de celle généralement indiquée.

L'injection de cire ou de -suif faite graduellement, de ma- en^apacké"^ nière à distendre sans déchirure les ventricules, a le double cjSmMe f enavantage de permettre, 1° de déterminer le volume et le poids démSirée^par de la matière injectée contenue dans chaque cavité du cœur; J.'jJ'j6^" suife 2° de mesurer ces cavités dans des conditions identiques, c'est à dire dans l'étal de distension : or, il résulte de mes observations que la capacité du ventricule gauche l'emporte un peu sur celle du ventricule droit.

U° Différence dans l 'aspect des cavités et dans la consii- s[™"™ cod"g tutioti des parois. On rencontre dans le ventricule gauche les f™* d^Tèncolonnes des trois espèces. Les colonnes de la première es- lricule gauche, pèce, qui sont au nombre de deux seulement , sont remarquables par leur volume considérable. Leur sommet est presque toujours bifurqué ; quelquefois il est à trois divisions; assez souvent chacune de ces colonnes résulte de la juxtaposition de deux ou trois colonnes réunies par de petits cordages ou filaments fibreux.

Les colonnes charnues de îa deuxième espèce sont plus ne- Gracilité des

r i- i colonnes de la

îitesdans le ventricule gauche que dans le ventricule droit, deuxième es-

° J pece.

La disposition aréolaire y est en quelque sorte moins profonde , et on ne l'observe que dans la couche la plus interne , à l'exception toutefois du sommet, dont toute l'épaisseur, sauf la couche la plus superficielle , offre la disposition caverneuse. Du reste , les aréoles sont remarquables par leurs pe- aréolaireructudr„ tites dimensions, la gracilité et la multiciplité des colonnes sommet. qui les circonscrivent. Ces aréoles musculaires sont souvent complétées par des cordons fibreux.

512 ANGÉIOLOGIE.

Rapports £°Bifférence dans l'épaisseur. Les parois du ventricule

seurs desPdèux §aucne s0111 beaucoup plus épaisses que celles du ventricule

ventricules. droit. La proportion de 1 à 2 établie par Laennec est trop

faible : elle est de 1 à h, et même de 1 à 5. On dit généralement

que le tissu musculaire du coeur est plus compacte du côté

gauche que du côté droit.

identité des 6° Différence dans les orifices. L'orifice auriculo-ventri-

Gviiiccs suri-

cuio-ventricu- culaire gauche est entièrement semblable à l'orifice auriculo-

îaires droit et ..,.,. .. , . ,,

gauche. venlriculaire droit : il est comme ce dernier pourvu d une val-

vule analogue à celle qu'on a nommée triglochinej elle a été

Valvule mitrale. , . , *" ,T , , , , 7 , ., ,

design.ee par vesale sous le nom de valvule mitrale, par ce que

son bord libre est régulièrement découpé en deux valvules

opposées. La valvule mitrale est plus fortement constituée que

la valvule triglochine ; elle est plus épaisse , plus longue et

reçoit des cordages tendineux plus forts et plus multipliés.

Ces différences se rapportent surtout à la moitié droite de la

valvule mitrale , laquelle proémine, à la manière d'une cloison

incomplète, dans l'intérieur du ventricule, qu'elle semble

diviser en deux parties, l'une aortique , l'autre auriculaire; la

moitié gauche de la valvule , au contraire, s'applique contre

les parois venlriculaires.

identité des L'orifice aortique représente identiquement l'orifice pulnio-

orifices aortique . .,,... , . , .

et pulmonaire, naire du ventricule droit : il est comme lui pourvu de (rois valvules sigmoïdes qui ne diffèrent des sigmoïdes pulmonai-

Valvulcs sig- ,''. , ,

moïdes et aor- res que par une plus grande résistance et par le développement des nodules ou globules de son bord libre : aussi est-ce seulement pour les valvules sigmoïdes gauches qu'Aianlius a Globules admis ces nodules ou épaississements , connus sous le nom de globules aVArantius (1).

, (1) En général, les trois valvules sigmoïdes de l'aorte sont parfaitement semblables : dans un cas, l'une des valvules sigmoïdes avait deux fois la largeur des deux autres. Je viens d'observer, chez un homme de soixante ans environ qui a succombé à une maladie du cœur, l'exemple bien rare d'une aorte poui vue de deux valvules sigmoïdes seulement ; ces deux valvules étaient très considérables et en rapport avec le diamètre de l'orifice aortique qu'elles obturaient complètement,

Mais tandis que les orifices auriculo-ventriculaire et arlé- Contiguïté des

. , , ,'.»•,. , » .„ i * . orifices aortique

riel droits sont places a distance, les mômes orifices du cote etauncuio-vengauche sont contigus : en sorte que le bord adhérent de la eue.'1 . moitié droite de la valvule mitrale se continue avec le bord adhérent de la valvule sigmoïde correspondante. Il suit de là que quand on a enlevé ces valvules , la base du ventricule gauche ne présente qu'un seul orifice.

Conformation intérieure des oreillettes.

Préparation. Oreillette droite. 1° Incision horizontale s'étendant de l'auriculeà la veine-cave inférieure; 2° incision verticale qui, partant de la veine-cave supérieure, vienne tomber perpendiculairement sur la première incision.

Oreillette gauche. Incision verticale, dirigée d'avant en arrière, entre les veines pulmonaires droites et les veines pulmonaires gauches, et comprenant toute la paroi postérieure de l'oreillette.

Pour avoir une idée exacte de h forme intérieure des oreillettes , injecter un cœur avec du suif ou de la cire , puis étudier l'espèce de moule qu'on relire de leur cavité.

A. Conformation intérieure de V oreillette droite.

On peut comparer la forme de l'oreillette droite, quand elle Forme de l'oa été distendue, à un segment d'ovoïde irrégulier, dont le grand reillelte dr01le' diamètre serait dirigé d'avant en arrière. On lui considère trois parois : une antérieure convexe ; une interne, légèrement ses parois, concave, répondant à la cloison des oreillettes ; une postérieure, concave , qui forme la plus grande partie de l'oreillette, et qui est remarquable par la présence de colonnes charnues. L'oreillette droite présente quatre orifices chez l'adulte , el cinq chez Ses quatre le fœtus ; ce sont : 1° l'orifice auriculo-ventriculaire ; 20l'ori- Suitef8 °he* 1'*" fice de la veine- cave supérieure; 3° l'orifice de la veine-cave inférieure ; 4° l'orifice de la veine coronaire ; 5° chez le fœtus , qu!èmea "ôrfècë le trou de Botal , remplacé par la fosse ovale chez l'adulte. chez le fœtus.

1° Orifice auriculo-ventriculaire : le plus considérable de i° orifice autousceuxde l'oreillette, elliptique, de 16 à 18 lignes dans iS°"venldcu" son grand diamètre, qui est antéro-postérieur; de 12 lignes 2. 33

514 ANGÉIOLOGIE.

dans son petit diamètre; présentant une zone blanchâtre , qui donne attache au bord adhérent de îa valvule tricuspide. La cavité de l'oreillette présente une sorte d'étranglement au niveau de l'orifice auriculo-ventriculaire.

2° Orifice de 2° Orifice de la veine-cave supérieure : circulaire , reparla veine cave °

supérieure. dant en bas et un peu en arrière, dépourvu de valvules, limité à gauche par une bride musculaire saillante, qui la sépare de l'auricule, à droite par une bride musculaire moins prononcée qui la sépare delà veine-cave inférieure. De ces deux brides qui s'impriment parfaitement sur le moule en cire, la première sépare la partie fasciculée de l'oreillette de la partie non fasciculée, laquelle semble formée par un renflement des veines-caves.

s° Orifice de S0 Orifice de la veine-cave inférieure : ouvert dans l'oreil-

la veine cave . . . » . , , , , . . ^ ,,. , .

inférieure. Jette droite , a cote de la cloison, non point perpendiculairement de bas en haut, mais horizontalement, en formant un angle droit avec la direction primitive de la veine , qui est verticale. Cet orifice, qui est circulaire, plus considérable que celui de la veine-cave supérieure, est précédé chez quelques sujets d'une ampoule ou dilatation : contrairement à l'orifice de la veine-cave supérieure, il est pourvu d'une valvule très remarvaivuie quable, valvule d Eustachi> de forme semi-lunaire, qui entoure

dEusiachi. ^ moiiié antérieure et quelquefois les deux tiers antérieurs de cet orifice. Son bord libre, concave , est dirigé en haut ; son bord adhérent, convexe, dirigé en bas ; ses deux faces regardent , l'une en avant , du côté de l'oreillette; l'autre en arrière, du côté du vaisseau ; une de ses extrémités semble se continuer avec le pourtour de la fosse ovale ; l'autre se perd sur le pourtour de l'embouchure de la veine-cave inférieure.

La valvule d'Eustachi n'obture que très incomplètement l'orifice du vaisseau. Ses deux tiers supérieurs sont extrêmement minces , et semblables aux valvules veineuses ; le tiers inférieur contient dans son épaiseur un faisceau charnu.

4° orifice de la U° Orifice de la veine coronaire : placé immédiatement veine coronaire. , , , , , .. , . . ,,

au devant du précèdent, dont il est sépare par la valvule d Eus-

lachi. Quelquefois cet orifice est placé au fond d'une petite

cavité ou vestibule. Il est pourvu d'une valvule semi-lunaire

très mince {valvula Thebesiana) , tout à fait semblable aux Valvule do

valvules des veines , qui recouvre complètement la lumière du

vaisseau; l'extrémité supérieure de celte valvule se continue

avec l'extrémité inférieure de la valvule d'Euslachi.

5° Orifice iriler auriculaire. Chez le fœtus, la cloison des oreil- 5° orifice inlettes est perforée en arrière et en bas par une ouverture impro- omroudeBotai. prement appelée trou de Botal, car elle était connue de Galien, ouverture qui établit une large communication entre les oreillettes. Après la naissance, on trouve à la place du trou ovale une fossette, ou plutôt une surface plane (fosse ovale), le plus sou- Fosse ova]e# vent lisse, d'autres fois rugueuse et comme réticulée, limitée en avant et en haut par un relief ou cadre demi-circulaire, appelé cadr^demi-cfrimproprement anneau de f'ieussens, et qu'on peut considérer fossTovaie! '* comme une espèce de sphincter plus ou moins complet. En arrière, la fosse ovale se continue sans ligne de démarcation avec la veine-cave inférieure : le relief, ou encadrement demicirculaire de la fosse ovale , est formé par un faisceau musculeux, quelquefois très épais, dont la concavité est dirigée en arrière; l'extrémité inférieure du faisceau se continue avec la valvule d'Eustachi.

Il est fréquent de voir la fosse ovale se prolonger derrière le Fréquence

. ,..,.„ nt d'un pertuis in-

bourrelel, ou anneau demi- circulaire, et former une espèce de terauiïcuiaire. cul-de-sac, dont le fond présente souvent un pertuis et même une fente, à travers laquelle on peut faire pénétrer le manche du scalpel dans l'oreillette gauche, sans que cette disposition anatomiqueait été accompagnée pendant la vie d'aucun phénomène morbide.

Partie fascicule'e et réticulée de l'oreillette. Examinée à sa Faisceaux surface interne , l'oreillette présente à droite des veines-caves remette^ de l0" des faisceaux muscuîeuxoucolonnes charnues (pectinati musculi auriculcé) verticalement dirigés de i'auriculevers l'orifice auriculo-ventriculaire. Ces faisceaux adhèrent à l'oreillette d'un seul côté ; ils sont coupés par d'autres faisceaux obliques

516 ANGÉIOLOGIE.

plus petits , qui donnent à la surface interne de l'oreillette' un aspect réticulé. La plus grande partie de la surface interne de l'oreillette est lisse et nullement fasciculée. Disposition Cavité de Tauricuh. L'auricule, qui comprend toute celte

caverneuse de la

cavité de l'auri- partie qui s'étend depuis la veine-cave supérieure jusqu'au fond de l'appendice, est formée par un tissu aréolaire ou caverneux, tout à fait semblable à celui que nous avons décrit dans les ventricules. Ou retrouve celte même disposition caverneuse dans d'autres parties de l'oreillette, et en particulier au voisinage de l'orifice de la veine coronaire. Tubercule de Quant au tubercule, tubercule deLower, qui, suivant cet

lover. x . .' . , .

anaiomisle, existerait entre les embouchures des veines caves, je dirai avec Haller (1) et Boyer que ce tubercule n'existe pas.

On admet assez généralement qu'un certain nombre de veinules s'ouvrent dans l'oreillette droite par des orifices petits et dépourvus de valvules. On voit, en effet, quelques ouvertures qui ressemblent à des orifices vasculaires, ouvertures qui Fcraminuia sont connues sous le nom de foraminula Thebesii : on en

Thcbcsii

trouve constamment au dessous de l'orifice de la veine-cave supérieure ; mais la plupart de ces ouvertures conduisent dans de petits groupes d'aréoles, et les injections ne démon trenl aucun vaisseau correspondant. Il n'existe d'ouvertures vasculaires véritables que pour les veines cardiaques antérieures.

B. Conformation intérieure de T oreillette gauche.

La cavité de l'oreillette gauche diffère de celle de l'oreillette droite par les caractères suivants : 1° par sa capacité moindre que celle de l'oreillette droite : le rapport est de k à 5; 2° par

(1) Id tuberculum cupide receptum est, ut fere fit, ab iis scriptoribus quibus occasio ad propria expérimenta nulia est, deindè etiam ab iis qui tandem omninô in corporibus humanis dissecandis se exerçuerun!,, , (Haller, Elem, phys,, t, I, iib. lib, ix, sect, 2, )

sa forme irrégulièrement cuboïde ; 3° par le nombre de ses Analogies ot

. . différences entre

orifices , qui après la naissance est de 5, et qui est de 6 chez la cavité de io-

• „ m il • • i t- „ .„ . reillette droite

le foetus ; h par la disposition de ces orifices : 1 orifice auncu- et celle de i*o-

, . • i • i • -j ' i i i» • in reillette gauche.

lo-venlriculaire gauche est moins considérable que par 1 orifice auriculo-venlriculaire droit ; son grand diamètre, qui est dirigé presque transversalement, est de 13 à Ih lignes; son petit diamètre est de 9 à 10 lignes. 5° Les quatre autres orifices appartiennent aux quatre veines pulmonaires, deux à droite, deux à gauche, qui sont tous dépourvus de valvules (1); 6° par la disposition de l'auricule, qui est tout à fait distincte du reste de l'oreillette, et qui est creusée d'une cavité, centrale, conoïde à la manière d'un doigt de gant, plus ou moins infléchi en sens différents, plus ou moins long suivant les sujets, et qui s'ouvre dans l'oreillette par un orifice circulaire bien circonscrit; 7° du côté de l'oreillette gauche , on ne voit sur la cloison rien qui corresponde à la fosse ovale, ou du moins on n'aperçoit ni bourrelet ni anneau qui la circonscrive. Dans le cas où les deux oreillettes communiquent entre elles par un trajet oblique, on trouve une espèce de bride fibreuse très mince, sous laquelle le scalpel peut pénétrer dans l'oreilletie droite.

Texture du cœur.

Le cœur est essentiellement musculeux; il a pour charpente parties conuri appareil fibreux annulaire; un feuillet séreux le recouvre; sCœu?.ntes d u une membrane qui fait suite à la membrane interne, des artères pour les cavités gauches, et des veines pour les cavités droites, tapissent ses cavités. Des nerfs, des vaisseaux propres et du tissu cellulaire entrent aussi dans sa composition.

Charpente du Cœur.

On peut appeler ainsi quatre zones fibreuses (cercles tendineux de Lower), que l'on regarde comme le point de départ,

(1) Il n'est pas rare de rencontrer cinq orifices, trois à droite, deux à gauche; dans d'autres cas, les deux veines pulmonaires droites ou gauches s'ouvrent par un orifice commun.

Ô18 ANGÉIÔLOGIE.

- ^^ mwtre et l'aboutissant de toutes les fibres du cœur. Ces zones occu-

zones fibreuses

du cœur. pent les quatre orifices des ventricules, savoir, les orifices

auriculo-ventriculaires et les orifices artériels.

Préparation. 1° Enlever avec précaution le tissu adipeux et les vaisseaux qui remplissent les sillons du cœur; 2° d'une autre part, disséquer les zones fibreuses par la surface interne du cœur. Pour étudier les rapports des orifices entre eux, enlever les oreillettes et les artères aortique et pulmonaire in peu au dessus de ces orifices.

auriculo-Yenir- ■^ Zones auriculo-ventriculaires. Chaque zone auriculocuiaires. vcntriculaire est une sorte de cercle fibreux assez régulier,

qui circonscrit l'orifice de communication de l'oreillette avec le ventricule , et en détermine la forme et les dimensions. De ce cercle fibreux part une expansion de la même nature, qui occupe l'épaisseur des valvules tricuspides et mitrales, et leur donne la résistance qu'elles présentent. A ce même cercle fibreux aboutissent les cordages tendineux du cœur, soit directement, soit indirectement par l'intermédiaire des valvules.

La zone auriculo-ventrieulaire gauche est plus résistante que la zone auriculo-ventrieulaire droite. Des zones 9° Zones artérielles. Ce sont deux anneaux circulaires,

artérielles du

cœur et de leurs dont le diamètre est un peu moins considérable que celui des

prolongements.

artères : d'où il résulte une sorte de froncement bien manifeste. Ces deux orifices, entièrement semblables, quant à la forme, diffèrent quant à la résistance, qui est plus considérable pour l'orifice aortique que pour l'orifice pulmonaire. De ces zones partent > 1° trois prolongements très minces, mais très résistants, remplissant les intervalles anguleux qui séparent les trois festons que présentent à leur origine l'aorte et l'artère pulmonaires ; 2° trois prolongements dans l'épaisseur des valvules sigmoïdes. Ces prolongements constiluenides faisceaux fibreux bien distincts pour les valvules sigmoïdes de l'aorte (1).

(4) J'ai longtemps cru que les valvules sigmoïdes, soit aortiques, soit pulmonaires, n'étaient constituées que par deux lamelles formées par la membrane interne du cœur réfléchie sur elle-même : mais des faits pathologiques m'ont

Position relative des orifices des ventricules. Les deux . Position reia-

' live ,

orifices auriculo-veniriculaires sont situés sur le même plan , i°DesoriGces posteneurs aux aulres onhees, e( comme accoles a leur partie cuiaires. moyenne.

Les grands diamètres de ces orifices sont réciproquement perpendiculaires, c'est à dire que le grand diamètre de l'orifice auriculo-ventriculaire droit est dirigé d'avant en arrière, tandis que le grand diamètre de l'orifice auriculo-ventriculaire gauche est dirigé transversalement.

Dans l'écanement anguleux que laissent en avant ces deux 2oDesorifices

, , aorlique et pul-

orifices , se voit l'orifice aortique qui est intimement uni a 1 un monaire.

et à l'autre orifice auricuîo-ventiieulaire ; en sorte que la zone

aorlique est confondue avec les zones auriculo-ventriculaires

dans la moitié postérieure de sa circonférence. C'est dans ce

point de jonction que l'on trouve uu arc cartilagineux, et même

osseux, chez les grands animaux, décrit sous le nom d'os du Dei'osducœm-

, . , , ! . , ,i , des anciens.

cœur par les anciens; cest dans ce point que Ion rencontre souvent les concrétions ossiformes des orifices.

Enfin, sur un plan antérieur et à gauche de l'orifice aortique, se voit l'orifice pulmonaire, qui est situé de 5 à 6 lignes plus haut que le précédent.

L'orifice aortique est dirigé en haut et à droite; l'orifice pul- Direction de

, . . * , s . . , , Ci s orilices,

monaire est dirige en haut et a gauche : aussi les artères aorte et pulmonaire s'enirecrohenl-eiles en X. Il suit de là que l'ori-

paru établir d'une manière positive que chaque valvule sîgmoïde était constituée 1° par une lamelle, continuation de la membrane interne de l'artère aorte; 20par une lamelle, continuation de la membrane interne du ventricule; 3° par une lamelle intermédiaire qui n'occupe que la moitié de la hauteur de la valvule du côté de son bord adhérent; cette lamelle est fibreuse, et émane de la zone artérielle. La moitié delà valvule qui avoisinele bord libre est dépourvue de celte lamelle intermédiaire. Or, la lamelle artérielle peut être affectée indépendamment de la lamelle ventriculaire, et les deux lamelles artérielle et ventriculaire peuvent être lésées indépendamment de la lamelle fibreuse intermédiaire qui constitue comme la charpente de ces valvules , car elle leur <âonne en grande partie leur résistance.

520 ANGÉIOLOGIE.

fice pulmonaire est séparé de l'orifice auriculo-ventriculaire droit par l'orifice aorlique.

coupeobiique L'élude des orifices permet de voir, 1° la coupe oblique d'avant ricui^-venTricu- en arrière et de haut en bas des orifices auriculo-ventriculaires, circonstance qui explique la différence de hauteur des ventricules en avant et en arrière. 2° Le renversement ou la réflexion de la base des ventricules en dedans d'elle-même , renverse-

Rigole circu- nient d'où résulte une gouttière ou rigole circulaire qui, à la

laire des ven- ^ '

tricuies. surface interne des ventricules, règne tout autour de l'ouver-

ture auriculo-ventriculaire.

Fibres musculaires du cœur.

A. Fibres musculaires des ventricules.

Préparation. Les fibres musculaires du cœur peuvent, chez quelques sujets, être suivies sans préparation. Chez le plus grand nombre, un commencement de putréfaction, la macération dans le vinaigre, ou mieux le durcissement et l'isolement opérés par l'alcool ou par la coction sont nécessaires; mais aucun mode de préparation n'est préférable à l'acide nitrique étendu d'eau. On enlèvera d'abord la membrane interne; puis couche par couche les différents plans musculeux du cœur, en ayant soin de suivre les fibres depuis leur origine jusqu'à leur terminaison.

idée générale La formule la plus générale qu'on puisse donner de la texture cuiairesdesven- des ventricules est la suivante : lecœur ventriculaire est formé de deux sacs musculeux contenus dans un troisième commun aux deux ventricules. Ajoutons que les fibres superficielles ou communes, parvenues à la pointe du cœur, se retroussent en quelque sorte pour pénétrer dans l'intérieur des ventricules par cette pointe, et constituer les fibres profondes de ces deux ventricules, de telle manière que les fibres propres de chaque ventricule se trouvent situées entre la portion directe et la portion réfléchie des fibres communes.

Entrons dans quelques détails.

Toutes les fibres musculaires naissent des zones fibreuses : toutes aussi viennent s'y terminer, ainsi que l'avait parfaite-

ment indiqué Lower. Elles ne sont pas constituées par des „ Toutes les

^ l l fibres musculai-

fibres courtes placées bout à bout; mais elles parcourent un res naissi-m des

zones fibreuses

long trajet, descendantes dans la moitié de leur longueur, as- et s'y terminent. cendanles dans l'autre moitié.

Les fibres musculaires sont disposées par couches successives . Leur disposi-

^ r tion par couches

qui entrent, pour ainsi dire, les unes dans les autres. Les fais- et par faisceaux

peu uisiincis»

ceaux musculaires de chaque couche ne sont pas distincts les uns des autres, mais ils s'envoient réciproquement des fibres qui les lient entre eux à la manière des piliers du diaphragme, ou si l'on veut, ils se coupent à angle extrêmement aigu: il est par conséquent impossible de calculer avec Wolf le nombre descouchesmusculaires du cœur, lesquelles, suivant cet auteur, seraient de trois dans le ventricule droit, et de six dans le ventricule gauche.

La seule chose qu'on puisse déterminer, ce sont les différents ordres de fibres qui entrent dans la composition du cœur. Or, il existe deux ordres de fibres musculaires dans le cœur, des fibres communes et des fibres propres.

Fibres communes superficielles. Toutes les fibres superfi- Fibres com-

munes superficielles sont communes aux deux ventricules, toutes sont obliques cieiies.

et curvilignes; nées de la base du cœur, elles se dirigent obli- Direction

x , . „ ,, , , oblique et en

quement a la manière d une spirale vers la pointe. spirale des fi-

Les fibres superficielles delà région antérieure du cœur se res superficieiportent toutes de droite à gauche; celles delà région postérieure, toutes de gauche à droite.

Il n'y a dans le cœur ni les fibres verticales, ni les fibres horizontales, admises par les auteurs.

La pointe du cœur présente une disposition qui est comme la clef de la structure de l'organe.

Là convergent, d'une part, les fibres superficielles ou corn- J *dée, .(tu'on

° ' r ' l doit se faire de

munes antérieures ; d'une autre part, les fibres superficielles ou ia P°inle du

* cœur.

communes postérieures. Chacun de ces ordres de fibres consli- Elle est formée lue un faisceau bien distinct ou natte. Ces deux nattes se con- quï se réfléchie tournent réciproquement, en formant une demi-spire, de telle hautaperès^être

• » i (. ... . , , v , contournées la-

maniere que la natte antérieure qui est embrassée a gauche par téraiemem.

la natte postérieure, embrasse à droite cette dernière ; à partir de ce point, les fibres, de descendantes qu'elles étaient, deviennent ascendantes, de superficielles deviennent profondes; elles entrent dans le cœur par la pointe, continuent à se réfléchir de bas en haut, et se comportent d'une manière que j'indiquerai après avoir fait connaître la disposition des fibres propres. Les fibres Fibres propres. Celles-ci se trouvant placées entre la por-

propres consti- r r i r

tuent un petit ^on superficielle ou descendante et la portion profonde ou as-

banl ou cône. r t r

cendante des fibres communes. Elles constituent pour chaque ventricule une espèce de petit baril, ou cône tronqué, adossé à celui du côté opposé, dont l'orifice supérieur répond à l'orifice auriculo-vemtriculaire, et dont l'orifice inférieur, plus petit, laisse du côté de la pointe une lacune considérable qui est remplie par les fibres communes. Ces fibres propres se conlournent-eiies indéfiniment comme le pas d'une spirale qui marche sans interruption, ainsi que le veut Sénac? H m'a paru que, fixées aux zones aurieuîo-veniriculaires par leurs extrémités, elles décrivaient des cercles plus ou moins complets, qui se croisaient à angle très aigu.

Fibres com- Fibres communes réfléchies ou profondes. C'est par l'ori-

nounes réfléchies n . „, . , . . . . , , „,

ouprofondes. lice intérieur au petit baril, ou cône représente par les fibres propres,, que pénètrent dans l'intérieur du coeur les fibres superficielles communes réfléchies : là, Ses deux nattes antérieure et postérieure des ventricules forment, en se renversant de bas

Disposition , , . ,

étoiiee de la en haut et en se contournant réciproquement, une espèce

pointe du cœur. ,,,.., 7 . , . ,

a étoile a rayons courbes qui constitue la pointe du coeur. Évidence de La réflexion et le rebroussement des fibres est on ne peut plus

cette disposi-

non. évidente ; indiquée, mais vaguement, par Vésale, elle a été

décrite de la manière la plus explicite par Sténon, qui dit expressément que les fibres externes qui entrent dans le cœur par la pointe, en marchant à contresens, vont former les couches les plus internes, et qui compare la pointe du cœur à une étoile; par Lower, qui a parfaitement figuré une circonférence rayonnée pour la pointe de chaque ventricule ; par Winslow, lorsqu'il dit que les fibres superficielles percent le cœur à sa pointe;

par Wolf et par M. Gerdy, qui disent que les fibres du cœur se contournent en tourbillon (jwrtex). ,

Il résulte du renversement et de l'espèce de torsion latérale onpeutpénédes deux nattes, qu'on peut en enlevant la membrane qui revêt rjeurdadu 'cœur le sommet du cœur, pénétrer sans intéresser les fibres nui se u- ^sommet^'ans laires, dans l'intérieur du cœur, par son sommet, dans deux g^s*«iiac*« points : l'un à droite, l'autre à gauche de la natte antérieure. s*

Mais que deviennent les fibres réfléchies dans la profondeur Les fibres ré-

, „ r„ , , , „, , fléchies préten-

du cœur? Lues se portent en dedans des fibres propres, et pre- iem trois mode»

, , ,. . . , . , . , ,, de disposition

sentent trois modes de disposition bien distincts: les unes (or- bien distincts. ment des anses simples avec la portion superficielle, d'autres forment des pas-de-vis ou des 8 de chiffre; d'autres forment les colonnes charnues de divers ordres.

1° Les fibres à anse, indiquées par Winslow sous le nom de i° Fibres à fibres à angle ou à arc, si bien décrites par M. Gerdy, appartiennent par leur moitié superficielle et par leur moitié profonde à des parois opposées des ventricules: ain^i les fibres superficielles antérieures vont constituer par leur partie réfléchie la couche profonde de la paroi postérieure; de même les fibres superficielles postérieures vont consumer par leur partie réfléchie la couche profonde cle la paroi antérieure.

2° Les fibres en pas-de-vis, ou en 8 de chiffre, dont l'an- i° Fibres en neau inférieur serait extrêmement étroit, ont été parfaitement sdeïhîfiïe011 e" décrites et même figurées par Lower, et rejelées à tort -par Winslow, Sénac et autres. Ces fibres, dont la partie superficielle ressemble exactement à celle des fibres à anse, se contournant toujours après leur réflexion, appartiennent par leur moitié profonde à la même paroi que la moitié superficielle. Ainsi, les fibres en pas-de-vis, dont la moitié superficielle appartient à la paroi antérieure du ventricule, appartiennent encore à cette même paroi par leur moitié profonde.

3° Les colonnes charnues du cœur sont constituées par un 3° Fibres des certain nombre de fibres à anse ou en pas-de-vis réfléchies. nuesnnes char"

524 ANGÉI010GIE.

Telle est la disposition des fibres charnues des ventricules (t).

B. Fibres musculaires des oreillettes.

Les oreillettes présentent, comme les ventricules, des fibres Fibres mus- muscu^ires commîmes et des fibres musculaires propres. mlws.s com" ^ "'existe qu'un seul faisceau de fibres communes ; il occupe la face antérieure de la portion auriculaire du cœur, et il est transversalement étendu de l'auricule droite à l'auricule gauche, Les fibres propres constituent pour chaque oreillette une cuiaîres6 propres couche musculaire très mince : toutes viennent de la zone auriculo-ventriculaire, et s'y terminent.

Fibres propres de V oreillette qauche. Sur l'oreillette eau- Fibres propres ,,, de l'oreiiieite che, la couche musculaire est continue et uniforme, non areo-

ÊT3UCllG

laire. Elle est composée , 1° de fibres circulaires, qui occupent le voisinage de l'orifice auriculo-ventriculaire et toute la région antérieure de l'oreillette; 2° de fibres obliques, naissant également de l'orifice auriculo-ventriculaire , et divisées en plusieurs anses bien distinctes. Une première anse circulaire se porte entre l'auricule et les veines pulmonaires gauches; une seconde forme une zone verticale, interposée aux veines pulmonaires droites et gauches ; elle est très large, et remplit toui l'intervalle compris entre les veines du côté droit et celles du côté gauche ; une troisième et une quatrième, très petites, sont interposées aux deux veines pulmonaires de chaque côté. Pour s'accommoder à la forme circulaire de ces orifices, ces faisceaux s'infléchissent et constituent de véritables sphincters.

(1) Cette disposition est commune aux deux ventricules. Pour le ventricule droit, presque toutes les fibres réfléchies vont former les colonnes charnues. Il n'y a pas d'entrecroisement et d'intri cation digitiforme des fibres charnues au niveau des sillons antérieur et postérieur, comme on l'avait dit ; on voit encore moins un raphé au milieu de ces mêmes sillons : les éraillements, l'écartement des fibres musculaires, opéré par la pénétration des vaisseaux au niveau des sillons, et la condensation des fibres dans l'intervalle des orifices vasculaires ; voilà la source de cette erreur fondée sur de fausses apparences.

Il semblerait qu'indépendamment de ces faisceaux, il existe des libres circulaires propres pour chaque orifice.

Fibres propres de V oreillette droite. Sur l'oreillette droite, Fibres propres les fibres charnues ne constituent pas une couche continue ; on droite.0161 e peut considérer dans les parois de celle oreillette : 1° une parlie non musculaire qu'on peut appeler le confluent des veines- Confluent des

, .•./■• i • „4. -, ' • t veines caves.

caves ; seulement un peut faisceau musculaire est silue immédiatement à droite de l'orifice de la veine-cave supérieure. 2° Une partie musculaire, représentant une espèce de grille, Disposition en

r ' * r a ' grille de la par-

comprise entre deux faisceaux : savoir, un faisceau circulaire, ue musculaire, qui entoure l'orifice auriculo-venlriculaire; un faisceau semilunaire très saillant, interposé à la veine-cave el à l'auricule, formant un arc vertical ou plutôt oblique, qui va se terminer à droite de la veine-cave inférieure.

Fibres musculaires des auricules. Les parois de l'auricule Fibres must , ' i • .!• culaires des au-

gauche présentent un tissu caverneux ou areolaire , au milieu ricuies. duquel se voit un canal central, qui s'ouvre dans l'intérieur de l'oreillette par un orifice étroit aussPrégulier que l'embouchure d'un vaisseau. Il n'existe pas généralement de canal central pour l'auricule droite, mais seulement un tissu caverneux ou aréolaire.

Les fibres musculaires de la cloison interauriculaire pré- Fibres mus-

, , culaires de la

sentent pour le bourrelet de la fosse ovale, connu si i m pro- cloison inter-

auriculaire.

prement sous le nom a anneau de rieussens , un anneau musculeux que nous devons considérer comme un véritable sphincter , formant les deux tiers, les trois quarts d'un cercle, et quelquefois le cercle tout entier. Les fibres qui le constituent naissent de l'orifice auriculo-venlriculaire au niveau delà cloison. On trouve souvent quelques fibres musculaires dans l'épaisseur de la valvule qui forme le fond de la fosse ovale. Les aulres fibres musculaires de la cloison font suite aux fibres circulaires des oreillettes.

Séparation des deux cœurs.

Préparation, Diviser avec précaution, et couche par couche, les

526 AHGÊÎOLOGÏE.

fibres antérieures des ventricules, parallèlement au sillon antérieure Ecarter ensuite les deux ventricules l'un de l'autre, à l'aide du doigt ou du manche du scalpel ; pour séparerles oreillettes, porter le scalpel dans le sillon postérieur interauriculaire, et redoubler de précaution lorsqu'on arrive au niveau de la fosse ovale. On parvient souvent à séparer complètement les oreillettes l'une de l'autre sans opérer la moindre solution de continuité.

Séparation du La distinction du cœur en cœur droit et en cœur gauche

cœurdroit et du , „ . ,. . »,

cœur gauche, h est pos purement neuve ou rationnelle ; mais elle est susceptible d'une démonstration anatomique rigoureuse. On voit par cette belle préparation que le ventricule gauche convexe est reçu dans le ventricule droit, qui présente une concavité correspondante, d'où la convexité de la surface interne du ventricule droit, du côté de la cloison : il y a emboîtement des deux ventricules, et cet emboîtement est complété par le prolongement infundibuîiforme, en bec d'aiguière, du ventricule droit. Par opposition, l'oreillette droite présente une convexité qui est reçue dans une concavité correspondante de l'oreillette gauche.

Mode d'em- En rapprochant l'une de l'autre les deux moitiés du cœur ,

boueraent des . „ . .„ , . . , ., .„

deux cœurs. on voit parfaitement, 1 la position de 1 orifice aortique en arrière et à droite de l'orifice pulmonaire ; 2° l'entrecroisement en X de l'aorte et de l'artère pulmonaire ; 3° les rapports de l'aorte avec la base du ventricule droit, entre l'orifice auricuio-ventriculaire, qui est en arrière, et le prolongement infundibuîiforme du ventricule droit , qui est en avant. Ce dernier rapport explique comment une communication morbide peut avoir lieu entre l'aorte et le ventricule droit.

Forme et va- Cette séparation permet en outre d'apprécier parfaitement :

lurae relatifs des ,'r/j , , .„ , , , , .

deux veniricu- 1° la forme et le volume relatifs des deux ventricules ; la forme conoïde, régulière, du ventricule gauche; laforme prismatique et triangulaire du ventricule droit, dont la paroi gauche est comme refoulée eh dedans par la saillie correspondante du ventricule gauche; 2° la forme et le volume relatifs des deux oreillettes. Enfin cette séparation établit l'indépendance des

deux cœurs, indépendance établie d'ailleurs par ce fait d'anatomie pathologique, savoir que l'hypertrophie du ventricule gauche coïncide le plus souvent avec l'atrophie du ventricule droit et réciproquement.

Vaisseaux, nerfs, tissu cellulaire.

Artères. Le cœur reçoit des artères propres connues sous Arières. le nom de cardiaques ou coronaires , à raison de leur disposition en cercle ou couronne. Ces arières, qui sont au nombre de deux , sont les deux premières branches que fournisse l'aorte. Elles forment deux cercles artériels qui se coupent perpendiculairement , savoir : un cercle qui suit le sillon auriculo-venlriculaire, et un cercle qui suit le sillon interventriculaire.

Veines. A ces deux artères répond une seule veine, la grande Veines. veine cardiaque, et les veines connues sous le nom de veines cardiaques antérieures. L'existence des veines accessoires qui se rendraient directement dans l'oreillette droite et dans les autres cavités du cœur, admise par Thébesius , ne me paraît pas bien démontrée : j'ai déjà dit qu'on prenait souvent pour des embouchures de veines l'orifice commun de plusieurs groupes d'aréoles. Il existe constamment une ouverture d'apparence veineuse au dessous de la veine-cave supérieure; mais l'injection n'y démontre aucun vaisseau.

Vaisseaux lymphatiques, lis vont se rendre dans les gan- Vaisseaux

. . , « , , . . lymphatiques.

glions nombreux qui environnent les bronches et la partie inférieure de la trachée.

Nerfs. Les nerfs cardiaques sont peu considérables, si on Nerfs. les compare aux nerfs reçus par d'autres organes musculeux, par exemple à ceux de la langue, ou à ceux des muscles de l'orbite. Ils viennent : 1° les uns du système des ganglions d'à grand sympathique : ils émanent des ganglions cervicaux; 2° les autres du système cérébro-rachidien; ce sont les filets cardiaques du pneumogastrique. Ces nerfs, accolés aux artères cardiaques qu'ils enlacent, s'en éloignent bientôt pour se perdre

528 ANGÉIOLOGIE.

dans l'épaisseurMe fibres charnues. On ne saurait donc admettre l'opinion de Behrends, qui tend £ établir que les nerfs sont destinés aux vaisseaux du cœur et non à son tissu propre.

Tissu ceilu- Tissu cellulaire, Le tissu cellulaire séreux qui sert à unir les faisceaux musculaires du cœur, est tellement délié qu'il est bien difficile de le démontrer. Ce tissu cellulaire peut devenir graisseux dans certaines maladies.

Tissu adipeux. On rencontre habituellement à la surface du cœur, sous son feuillet séreux , une quantité plus ou moins considérable de tissu adipeux; il abonde dans le sillon circulaire de séparation des oreillettes et des ventricules, dans le sillon des ventricules, à la pointe et au bord droit du cœur, dans le sillon de séparation de l'artère pulmonaire et de l'aorle, et entre les petits appendices digilés que présente le sommet de l'oreillette gauche. Ce tissu adipeux présente quelquefois au niveau du sillon auriculo-veniriculaire du cœur des prolongements conoïdes assez analogues aux appendices de l'épipioon.

Développement.

volume du Le cœur est un des organes qui apparaît le premier au

cœur propor- ' . , '■■',, "' * , „ -, . , , „ , ,

tionneiiement milieu de 1 espèce de cellulosile que représente 1 embryon dans

plus considéra- . . . , "' "'. '.

bie chez le iœ- les premiers jours qui suivent la conception : on peut dire que le cœur est d'autant plus volumineux proportionnellement au reste du corps, qu'on l'examine à une époque plus voisine de la conception. Chez le fœtus à terme et après la naissance, le rapport du poids du cœur à celui de la totalité du corps est comme 1 à 120; avant la fin du troisième mois de la conception, ce rapport était comme 1 à 50. Il est à remarquer que chez l'embryon de quaîre à cinq semaines , le cœur remplit toute la cavité thoracique. Le cœur du vieillard échappe à l'atrophie de presque tous les autres organes ; et même chez beaucoup de sujets avancés en âge, il est notablement hypertrophié.

estSa venîcaie 2° Sous le rapport de la direction. Dans les trois premiers Sers temps?™" mo*s °*e îa vie iniro-uiériQe, le cœur est vertical, comme

et les mammifères; ce n'est qu'à partir du quatrième mois que

cet organe commence à se dévier à gauche et en avant, comme

chez l'adulte.

3n Sous le rapport de la forme, le cœur de l'embryon pré- Prédominance

des oreillettes, sente une masse arrondie et symétrique dont les oreillettes

constituent la majeure partie ; les ventricules semblent à cette époque n être que des appendices du cœur, et l'oreillette droite égale à elle seule tout le reste de l'organe. Peu à peu les ventricules se développent , les oreillettes diminuent , et vers le cinquième mois les proportions s'établissent entre les oreillettes et les ventricules, le ventricule gauche a une plus grande capacité que le ventricule droit.

L'épaisseur des parois du cœur est plus considérable qu'elle Épaisseur des

4 parois.

ne le sera par la suite. Le cœur est plus ferme; il ne s'affaisse pas quand il est vide de sang. L'épaisseur du ventricule gauche et celle du ventricule droit sont à peu de chose près les mêmes.

k° Sous le rapport de la conformation intérieure. C'est Commùnïca-

■ . tion enire les

sous ce rapport que s'opèrent les principaux changements. Le deux cœurs, cœur droit et le cœur gauche communiquent largement entre eux pendant toute la durée de la vie intra-utérine. La cloison Absencede]a interauriculaire n'existe pas, ou du moins elle n'existe qu'à Té- jfu°rïc0^airinter~ tat rudimentaire pendant les premiers mois de la vie fœtale. Y a-t-il une époque de la vie fœtale où la cloison interven- y a-t-u absence

, . ,\ , i m delaeloison in-

tn.culaire manque complètement ; et le cœur de 1 homme , terventricuiaire. simple alors comme celui des reptiles ou des poissons, obéitil à celte loi en vertu de laquelle les organes de l'homme, avant d'arriver à leur développement parfait, passent successivement par plusieurs des états que présentent les animaux inférieurs. Les observations de Meckel, qui remontent jusqu'à la quatrième semaine de la conception, établissent que la cloison ventriculaire existe toujours à celte époque , mais qu'elle est imparfaite à la partie supérieure , où elle est perforée ou échancrée.

Les cas de vices de conformation, dans lesquels il y aab-; 2. lk

530 ANGÉIOLOGIE.

sence de la cloison ventriculaire , ne peuvent pas être invoqués à l'appui de l'opinion qui établit que cette cloison manque dans les premiers temps de la vie ; car il faudrait prouver que cette absence est un arrêt de développement. TroudeBotai. A mesure que le fœtus se développe, l'ouverture de communication entre les deux oreillettes se rétrécit , et constitue l'ouverture ovalaire, trou de Botal, qui occupe la partie postérieure et inférieure de la cloison.

Développe- La valvule d'Eusiachi est assez large dans les premiers temps weIde,iaIràîvuîë de Ia vic fœtale pour séparer complètement l'orifice de la d'EustacBi. veine-cave inférieure, de la cavité de l'oreillette droite; en sorte que le sang de cette veine est porté directement dans l'oreillette gauche.

La valvule du Vers ^a mi ^u troisième mois, la valvule du trou de Botal, p'araitàlafinchl (lni doit former le fond de la fosse ovale, commence à paraîtroisième mois. {re. ejje na^ ^e ja moiLié postérieure de l'ouverture de la veinecave inférieure. En même temps que la valvule du trou de Botal apparaît, ia valvule d'Eustachi diminuent dès ce moment, le développement de ces deux valvules se fait en raison inverse, c'est à dire que la valvule d'Eustachi diminue et quela valvule du trou de Boiaî augmente. Par suite de ce changement, la veine-cave inférieure ne s'ouvre plus dans l'oreillette gauche, maisbien dans l'oreillette droite.

Rétrécisse- ^ c'11(ï mo's ' *e lrou *n[eraurî~ldaire est presque entièrement et obiité- ment fermé par la valvule qui s'est développée de bas en

ration du trou ,'. : '., V ■;".""• .

de Botal. taaut et d'arrière en avant; plus tard, elle déborde du côté de

. l'oreillette gauche le pourtour du trou ovale ; en sorte qu'il existe entre les deux oreillettes un trajet oblique de communication. Après la naissance , une adhérence s'établit entre ces parties ; mais lors même qu'elle n'aurait pas lieu , l'obliquité du trajet est telle, que le défaut d'adhérence n'entraînerait pas d'un manière nécessaire le mélange du sang de deux oreillettes.

Usages.

Le cœur est l'agent d'impulsion du sang. Les oreillettes

reçoivent le sang veineux sur lequel elles se contractent : une

partie du sans; reflue dans les veines; la mnjeure partie passe „ Le .c^.ur e?1

r D j r i l'agent d'impul-

dans les ventricules, qui se contractent à leur' tour. Les valvules sion da sansauriculo-venlriculaircs se relèvent, et s'opposent au reflux du IdéèK(snéraie sang dans les oreillettes : celui-ci est projeté dans les artères. julgœurculallûn 'Les valvules sigmoïdes , appliquées d'abord contre les parois de l'aorte, permettent le passage du sang des ventricules dans les artères ; puis elles s'abaissent au moment où les artères reviennent sur elles-mêmes et s'opposent au reflux du sang dans les ventricules. Les mouvements de dilatation et de resserrement du cœur ont reçu les noms de diastole et de systole.

Les deux oreillettes se contractent simultanément ; il en est ,Lf ^J?,1?1'™

' « n'esi jioim un

de même des deux ventricules. La dilatation des oreillettes phénomène actif.

coïncide avec le resserrement des ventricules, et vice versa.

La dilatation n'est point un phénomène actif ; car la disposition anatomique des fibres du cœur établit qu'elles sont disposées, les unes pour ie raccourcissement, les autres pour le rétrécissement, aucune pour l'alongement et la dilatation.

La disposition en spirale des fibres ventriculaires avait fait conjecturer aux anciens que les ventricules se contractaient en spirale ou en pas de vis, et je disais dans la première édition de cet ouvrage en nvappuyant sur la disposition anatomique seulement , que celle idée n'était pas aussi peu fondée qu'on pouvait le croire au premier abord.

L'observation d'un enfant nouveau né, plein de vie et forte- Etude de3

mouvements du

ment constitué , dont le cœur dépouillé du péricarde était cœur sur un

1 l enfant dont le

placé hors de la poitrine, de laquelle il s'était échappé en entier cœur était à nu

, r ■• • i ■ i i . , . . hors de la poi-

a travers une perforation circulaire de la partie supérieure du tnne. sternum, m'a permis de constater les faits suivants (1), dans ce qui a trait aux mouvements du cœur.

1° Il y a simultanéité ou isochronisme entre la contraction simultanéité

de contraction

du ventricule droit et la contraction du ventricule gauche. 11 entre les cavités

. du même nom.

en est de même de la contraction des oreillettes.. (1) Voyez Gazette médicale de Paris, samedi 7 août 1841.

532 ANGÉIOLOGÏE.

coïncidence 2° La contraction des veniricules coïncide avec la dilatation

de'a contraction

desoreiiictteset des oreillettes, et la projection du sang dans ies artères. La

de la dilatation . >■■■ n d a

des ventricules, dilatation des ventricules coïncide avec la contraction des oreillettes et le resserrement des artères, il n'y a que 3° l\ n'y a que deux temps dans les mouvements du cœur :

deuxtempsdans

les mouvements le temps de 'la contraction et le temps de la dilatation; le temps

du cœur. r

du repos admis par les auteurs , manque complètement. La contraction succède immédiatement à la dilatation, et la dilatation à la contraction.

Questionreia- U° Ln présence du cœur à'nu, la question relative à l'ordre

liveà l'ordre de , . , , , ...

succession. de succession dans les mouvements du cœur, savoir : si cest la contraction des oreillettes qui précède la contraction des ventricules, comme le veulent la plupart des observateurs, ou si c'est la contraction des veniricules qui précède la contraction des oreillettes ; celte question, dis-je, n'a aucun sens : il semble que la contraction et la dilatation des veniricules et celles des oreillettes résultent de deux forces opposées, toujours actives, qui l'emportent alternativement et comme nécessairement l'une sur l'autre dans un ordre invariable ; à la manière des deux mouvements alternes d'un pendule ou d'un balancier parfaitement équilibré.

Durée de la 5° La durée de la contraction des ventricules est double de

contraction des , , , . , ,., . ,. ,, ,. .

ventricules. la durée de leur dilatation, bi l on divise en trois temps égaux la durée totale de la systole et de la diastole ventriculaires , nous aurons deux temps pour la contraction, et un temps pour la dilatation. Le temps de repos du cœur admis par les auteurs a élé pris sur le premier temps de la contraction : de même pour les oreillettes, si l'on divise en trois temps égauxla durée totale de la contraction et de la dilatation, on aura deux temps pour la dilatation, et un temps pour la contraction. Plissement de 6° Pendant le temps de leur contraction ou systole, les ven-

la surface du . , A . . , „ , r ,

cœur pendant la tricuîes palissent , leur surface devient rugueuse, fortement

contraction des ... . , T • s> ■ iî

ventricules. plissee et comme ratatinée. Les veines superficielles se gonflent, ies colonnes charnues des veniricules se dessinent : les fibres tournoyantes du sommet du ventricule gauche, qui

constitue à lui seul la pointe du cœur , deviennent plus manifestes.

7°Pendant leur contraction, les ventricules se resserrent dans Mouvementen tous leurs diamètres, et si le phénomène de raccourcissement pas est le plus sensible, cela lient à la dimension prédominante du diamètre vertical. Pendant la systole ventriculaire, le sommet du ventricule gauche , ou ce qui revient au même, le sommet du cœur décrit un mouvement de spirale ou en pas de vis, dirigé de droite à gauche, et d'arrière en avant.

8° C'est à cette contraction en spirale , qui est lente, gra- iin'yapasde duelle , comme successive, qu'est dû le mouvement en avant p^jeetion* du du sommet du cœur et par conséquent ia percussion de ce cœijre" avanlsommet contre les parois ihoraciques(l). La systoie ventriculaire ne s'accompagne pas comme je l'avais cru jusqu'alors, d'un mouvement de projection du cœur en avant, c'est la contraction en spirale qui détermine exclusivement le rapprochement et même la percussion de !a pointe du cœur contre Jes parois thoraciqnes.

9° La dilatation Ou diastole des ventricules se fait d'une ra.v instantanéité nière brusque, instantanée : il semblerait au premier abord ventricules.6 des qu'elle constitue le mouvement actif du cœur, tant elle est rapide eténergique.L'onne se fait pas une idée de la force avec laquelle ia dilatation triomphe de la pression exercée sur cet organe. La main serrée sur le cœur est ouverte avec violence par la diastole.

10° La dilatation ou diastole ventriculaire s'accompagne d'un 5ïouveaientd mouvement de projection du cœur en bas. Ce mouvement de ProJectio:> du

r J cœur en bas.

projection élait porté à son maximum lorsque l'enfant était placé verticalement , ce mouvement de projection était tellement prononcé , qu'au premier moment j'ai pu croire que c'était pendant la diastole ventriculaire qu'avait lieu la percussion du cœur contre les parois thoraciques. Cette idée m'était d'ailleurs restée d'une expérience que j'avais faite autrefois

(1) On a avancé, sans le prouver, que les ventricules du cœur exécutaient un mouvement de bascule par lequel la pointe de cet organe serait portée en avant.

§ok ANGÈOILOGIE.

sur le cœur des grenouilles : mais l'examen plus approfondi du phénomène m'a démontré que c'était bien pendant la systole ventriculaire et à la fin de cette systole qu'avait lieu la percussion du sommet du cœur contre les parois thoraciques. Durée de la 11° La dilatation des oreillettes se fait brusquement comme

dilatation et de , ... . , . , . .

la contraction la dilatation des ventricules; mais sa durée est marquée par la durée de la systole ventriculaire : la contraction des oreillettes est au contraire aussi brève que la diastole des ventricules, cequisepasse 12° Pendant sa dilatation, l'auricule droite semble prête à se

^ans es auncu- creyer tant e]je est distendue, et tant ses parois sont minces.

L'auricule gauche, plus étroite, plus allongée et plus épaisse, ne présente pas le même phénomène, au moins d'une manière aussi prononcée. Je n'ai pu d'ailleurs juger de ce qui se passe dans les oreillettes que par les mouvements des auricules.

Relativement aux bruits du cœur, il résulte des expériences auxquelles je me suis livré sur le cœur de cet enfant (1), que les Les bruits du deux bruits du cœur ont leur siège à l'origine des artères pulsiège aux val- nionaire et aorlique , et leur cause dans le claquement des vules sigmotdes vaivuies sigmoïdes; que le premier bruit qui coïncide avec la systole ventriculaire et avec la dilatation des artères, est le résultat du redressement des valvules sigmoïdes, préalablement abaissées ; que le deuxième bruit qui coïncide avec la diastole ventriculaire et avec le resserrement des artères, est le résultat de l'abaissement des valvules sigmoïdes refoulées par l'ondée * de sang rétrograde. La simplicité de celte théorie, l'explication facile et naturelle qu'elle donne de tous les faits qui sont à ma connaissance, ne peuvent-elles pas d'ailleurs être invoquées comme une preuve de sa vérité.

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