‹ Traité d'anatomie descriptive (volume 5)Chapitre 66 sur 291 · MUSCLES DU BRAS · texte numérisé non relu

MUSCLES DU BRAS

On les divise On divise les muscles du bras en muscles de la région atitesn deux régions.

rieure : ce sont le biceps humerai, le coraco-brachial et le brachial antérieur, et en muscles de la région postérieure que constitue le seul muscle triceps.

RÉGION BRACHIALE ANTÉRIEURE.

Biceps humerai.

Préparation. Faites à la peau une incision verticale étendue du milieu de la clavicule au milieu du pli du bras; disséquez les deux lambeaux, divisez longitudinaleinent l'aponévrose brachiale qu'unit au biceps un tissu cellulaire très lâche. Respectez les vaisseaux et les nerfs qui longent le bord interne de ce muscle. Découvrez la partie supérieure du même muscle, en renversant de dedans en dehors le grand pectoral et le deltoïde, divisés à leurs insertions claviculaires. Pour voir la longue portion du biceps dans toute son étendue, ouvrez en haut la capsule fibreuse de l'articulation scapulo-humérale. Pour étudier l'insertion inférieure ou radiale du biceps, vous fléchirez Tavantg

BICEPS HUMÉRAL. 247

bras a angle droit sur le bras, et vous le porterez dans une forte supination ; ou bien encore, attendez que vous ayez disséqué les muscles de la région antérieure de l'avant-bras.

le biceps humerai est un muscle long qui forme la couche Situation. superficielle de la région antérieure du bras, il est divisé supérieurement en deux portions, l'une courte, l'autre longue (1), d'où lui est venu son nom.

Insertions. Il s'insère, d'une part, supérieurement, 1° par sa courte portion au sommet de l'apophyse coracoïde; 2° par sa longue portion, à la partie la plus élevée de la Cavité glénoïde.

D'une autre part^h la lubérosilé biCipitale du radius {coraco-radial, Winslow; scapulo-raHnl , Chauss. ; scapûlocoraco-radial, Dumas).

Uïnsérfion de la courte portion ou portion coracoïdienne insertion

se fait par un tendon aplati très épais, qui lui est commun coracoidienne'

arec !e caraco-brachial, s'épanouit au devant de celte courte

portion en une aponévrose, de laquelle se détache une cloison

aponévrotique qui sépare le biceps du coraco-brachial.

\j\lonque portion ou vortion qlénoïdienne. portion re'pZe'- Insertion sus- , glénoïdienne.

c/iie, naît du sommet de la cavité glénoïde par un tendon qui semble la continuation du bourrelet glénoïdien : ce tendon pénètre immédiatement dans l'intérieur de l'articulation , contourne la tête de l'humérus, sur laquelle il se réfléchit, ga-

(1) Il n'est pas rare de voir le biceps trifide supérieurement. Le chef surnuméraire est interne, et naît du bord interne de l'humérus, au dessous du coracobrachial, qu'on pourrait regarder comme la continuation de ce faisceau, car il a le même volume. Ctlte portion surnuméraire se rend au bord interne et à la face postérieure du tendon inférieur du biceps. J'ai noté deux fois la même disposition. La troisième portion du biceps était , dans un troisième cas, aussi considérable que chacune des deux autres. Cette troisième portion m'a paru formée aux dépens de la partie la plus supérieure et la plus interne des faisceaux du muscle brachial antérieur; elle é!ait donc située derrière les deux portions normales, et se rendait en presque totalité à l'expansion aponévrotique si considérable que le biceps envoie à l'aponévrose anti-brachiale.

248 MYOLOGIE.

Kéception du gne ]a goutlière bicipilale qui lui est destinée, est maintenu

tendon glenoi- D D l * '

dien dans la cou- dans cette gouttière par une espèce de pont ou de canal tinsse bicipilale. " * r- r-

breux, la parcourt dans toute son étendue, pour s'épanouir et former un cône aponévrotique ouvert en arrière, dans l'intérieur duquel naissent les fibres charnues. Celles-ci constituent un corps de muscle arrondi, qui, parvenu à la partie moyenne

deùxéUohefs "du du bras, s'accolle au corps charnu, également arrondi et plus

biceps. ou mojns volumineux de la courte portion, puis s'identifie en-

tièrement avec lui. Il en résulte un muscle unique, très épais, Direction. aplati d'avant en arrière, verticalement dirigé comme les deux faisceaux d'origine, dont les fibres se rendent aux deux faces et aux bords d'une aponévrose qui va se rétrécissant et s'épaississant, et qu'abandonnent les fibres charnues, au niveau de l'extrémité inférieure de l'humérus, un peu plutôt en dehors Torsion du Qu'en dedans. Libre alors, celte aponévrose devient un tendon

tendon. aplati qui s'enfonce d'avant en arrière et de haut en bas. dans

l'espace triangulaire qu'interceptent au pli du coude le grand supinateur et le rond pronateur, se plisse sur lui-même et se contourne de telle façon que sa face antérieure devient postérieure,que son bord interne devient antérieur, que son bord externe devient d'abord postérieur, puis supérieur; plissement et torsion infiniment propres à s'opposer au déplacement du muscle qui se bride ainsi lui-même. Le tendon de terminaison, après

aponévrPonqueI avoir envoyé de sa face antérieure et de son bord externe, une

large expansion aponévrotique, origine principale de l'aponé-

* vrose anti-brachiale , ce tendon, dis-je, glisse d'abord sur la

insertion ra- tubérosilé bicipilale du radius , dont le sépare une synoviale ,

pour s'insérer à la partie la plus postérieure de celle tubérosilé.

Rapponsdans Rapports. Les deux portions du biceps sont, dans leur tiers

le creux de l'ais- , . , ,, , , , ,, . .,

selle. supérieur, contenues dans 1 épaisseur du creux de 1 aisselle, en

même temps que le coraco-brachial, les vaisseaux et nerfs axillaires, entre le grand pectoral et le deltoïde, qui sont en avant, le grand dorsal et le grand rond, qui sont en arrière. Là, le biceps répond par sa courte portion au coraco-brachial, qui est en dedans, et au sous-scapulaire, qui est en arrière, et qui

BICEPS-IIUUÉRAL. 349

le sépare de l'articulation scapulo-humérale : une synoviale est interposée à ce dernier muscle et au biceps. Par le tendon de sa longue portion, le biceps est contigu à la tète de l'humérus, et enveloppé par la synoviale, qui l'isole de l'articulation scapulo-humérale, et qui l'accompagne jusque dans la coulisse . bicipitale, où elle se prolonge plus ou moins. Au-dessous du Rapports au

, , . , , , , , dessous du creux

creux de l'aisselle, le biceps répond : en avant a la peau, dont dei'aisseiic il est séparé par l'aponévrose brachiale, au travers de laquelle il se dessine parfaitement; en arrière, au nerf musculo-eutané, aux muscles coraco-brachial et brachial antérieur ; en dedans, à l'artère, aux veines brachiales et au nerf médian, lesquels longent son bord interne, par la saillie duquel ils sont protégés. Le tendon de terminaison est embrassé à son insertion par le court supinateur ; une synoviale le sépare du tendon du brachial antérieur. J'appelle toute l'attention sur les rapports du biceps avec l'artère brachiale ; aussi ai-je coutume de donner à ce muscle, sous le rapport de l'anatomie chirurgicale,

le nom de muscle satellite de l'artère brachiale. Il est bon Rapports avec

l'artere brade remarquer que la longue et la courte portion du biceps chiaie.

changent de position l'une par rapport à l'autre, suivant que

l'humérus est dans la rotation en dedans ou dans la rotation en

dehors. Dans le premier mouvement, la longue portion se place

derrière la courte, et même lui devient interne en la croisant

en sautoir ; dans la rotation en dehors, l'intervalle qui sépare

ces deux portions augmente considérablement.

Action. Le biceps fléchit l'avant-bras sur le bras (primiis Action.

flectentium cubitum, Vésale), et en même temps le porte dans

la supination. Ce dernier effet est le résultat de l'insertion de

ce muscle à la partie postérieure de la tubérosité bicipitale du

radius. Le?no?nentde la puissance du biceps est dans la demi- Moment de

i ,) i i • • , . la puissance du

flexion de 1 avant-bras ; alors son insertion, perpendiculaire au muscle.

levier qu'il doit mouvoir, contrebalance le désavantage de cette

insertion au voisinage du point d'appui. La longueur de ses

fibres explique l'étendue du mouvement de flexion. Par ses in- Action du , . ■ t • -^ il. • . biceps sur le

sériions scapulaires, le biceps agit sur le bras, sou consecuu- bras;

250 M1TOLOGÏE.

vement à la flexion de l'avant-bras, soit primilivement quand l'avant-bras est étendu ; par ses deux portions à la fois, il porte le bras en avant, et par conséquent il est congénère des fibres antérieures du deltoïde et du coraco-brachial. Les deux portions concourent à la solidité de l'articulation scapulo-huméraîe. La 'longue portion forme une sorte de voûte fibreuse qui la^sohdîté^de soutient la tête humérale et l'empêche d'abandonner la cavité l'articulation, giénoïde. La courte portion, jointe au coraco-brachial , fait suite à l'espèce de crochet formé par l'apophyse coracoïde , et protège la partie antérieure et interne de l'articulation. Le biceps est Le biceps est un des principaux supinaleurs, ainsi que l'a, le

supinateur. , ,

premier, démontre Winslow; et c est précisément dans le mouvement de supination que le tendon glisse sur la tubérosité bicipitale, par l'intermédiaire de la capsule synoviale indiquée. La tubérosité du radius est presque entièrement destinée au glissement; aussi est-elle incrustée de cartilage. La capsule synoviale du tendon estpourvue de granulations rougeâtreset denses indiquées par Haller.

Son action Lorsque l'avant-bras est fixé/par exemple dans l'action de

lorsque l'avant- . , , . . , ., t , . ,, . ,

bras est fixé, grimper, le biceps porte le bras sur l avant-bras, et 1 omoplate

sur le bras.

ii est tenseur Enfin le biceps est tenseur de l'aponévrose antibrachiale, à anii-bPrachiaie. laquelle se terminent assez souvent les fibres musculaires les

plus internes de ce muscle.

Brachial antérieur.

Préparation. Coupez en travers le muscle biceps au niveau de l'insertion humérale du deltoïde, et renversez sur l'avant-bras sa partie inférieure.

Situé derrière le muscle précédent, épais, prismatique et quadrangulaire , le brachial antérieur s'insère : d'une part, insertions fixes. 1° à l'humérus, au-dessous de l'empreinte deltoïdienne qu'il embrasse par une bifurcation très prononcée; etcomme l'insertion deltoïdienne est très variable pour la hauteur, il en résulte que l'insertion du brachial autérieur suit les mêmes variations ;

BRACHIAL ANTÉRIEUR: 251

2° aux faces interne et externe, et aux bords antérieur, interne et externe du même os; 3° aux aponévroses intermusculaires externe et interne.

D'une autre part, il s'al tache au cubitus, à la face inférieure insertions

, . .. , v • . . » mobiles.

de son apophyse coronoide, a uue empreinte très rugueuse qu'on y remarque (Juunéro-cubital, Chaussier).

Les insertions humorales se fout directement par les fibres insertions numérales, charnues, lesquelles sont de longueur très inégale, et se portent dans diverses directions; les moyennes verticalement en Direction, bas, les externes et les internes un peu obliquement, les premières en dedans, les secondes en dehors : elles vont toutes se terminer à la face postérieure d'une lame aponévrotique, large et ténue en haut, épaisse en -bas, surtout en dehors, qui se recourbe dans ce dernier sens pour embrasser le bord externe du muscle, et constituer une lame aponévrotique profonde. Il insertion suit de là que les fibres charnues sont reçues dans un demicône aponévrotique ouvert en dedans , lequel concentre ses fibres et vient s'insérer, suivant une ligne oblique de haut en bas et de dedans en dehors, au dessous de l'apophyse coronoïde du cubitus.

Rapports. La face antérieure du brachial antérieur répond Rapports; au biceps, au nerf musculo-cutané, à l'aponévrose brachiale, à l'artère brachiale, aux veines du même nom et au nerf médian ; la face interne répond au rond pronateur : l'aponévrose intermusculaire interne seule sépare cette face du nerf cubital et du triceps brachial ; la face externe est en rapport avec le long supinateur et le premier radial externe, qui sont reçus dans une espèce de gouttière qu'elle présente. Le nerf radial établit la limite entre ces deux muscles et le brachial antérieur. La face postérieure embrasse les faces interne et externe de l'humérus, qui lui fournissent des insertions; elle embrasse en bas la partie antérieure de l'articulation qu'elle protège efficacement, et même s'insère par un certain nombre de fibres charnues au ligament antérieur de cette articulation.

Action. Le brachial antérieur est fléchisseur de l'avant-bras Actions

252 MYOLOGIE.

sur le bras, et réciproquement du bras sur l'avant-bras (se-

cundus seu cuhitum flectentium posterior , Vésale). Le

Moment de sa moment de sa puissance est dans la demi-flexion, comme

puissance.

pour le biceps. 11 est bon de remarquer que ce muscle a sur l'avant-bras une action beaucoup plus précise que le biceps, car il ne s'insère qu'à l'humérus ; et, qu'en outre il appartient bien plus immédiatement à l'articulation du coude que son congénère. J'ai déjà dit qu'on pouvait le considérer comme le ligament antérieur actif de cette articulation. Il borne en effet

par sa contraction le mouvement d'extension de l'avant-bras, Il protège ,, . . . , , .,

l'articulation, tellement que je ne puis concevoir de luxation en arrière de

l'avant-bras, sans la rupture de ce muscle. Il suit de l'insertion du biceps au radius, et de cejle du brachial antérieur au cubitus, que les muscles fléchisseurs de l'avant-bras se partagent entre les deux os de l'avant-bras, de même que ceux de la jambe se partagent entre le tibia et le péroné. Ainsi le brachial antérieur, en se contractant, tend à porter l'avant-bras en dehors en même temps qu'il le fléchit, tandis que le biceps tend à le porter en dedans. Quand ces deux muscles se contractent simultanément, les effets opposés se détruisent , et la flexion est directe.

Coraco-bracbial.

Préparation. Sa partie supérieure apparaît aussitôt que le deltoïde a été détaché; sa partie moyenne est située entre le grand pectoral et le grand dorsal; sa partie inférieure se voit au dessous de ces muscles, sur la face interne de l'humérus, au niveau du tendon du deltoïde. >

Situation.

Le coraco- brachial est le plus petit des muscles du bras ; il est situé à la partie interne et supérieure du bras, confondu par la plupart des anciens anatomisles avec la courte portion du biceps à laquelle il est en effet intimement uni dans sa moitié supérieure, insertions. Insertions. Il s'insère, dune part, au sommet de l'apophyse coracoïde.

CORACO-BRACHIAL. 553

D'une autre part, à la face et au bord internes de l'humérus,

vers la partie moyenne de cet os (coraco-huméral, Chauss.).

Son insertion coracoïdienne a lieu, 1° entre deux lames insertion

. „ . . , . i coracoïdienne.

aponevrotiques, dont la plus superficielle, très mince, lui est commune avec la courte portion du biceps; 2° à la cloison aponévrotique qui sépare ces deux muscles. Nées d'une manière successive, les fibres charnues constituent un faisceau charnu allongé, mince, aplati, dont le volume est toujours en Coraeco-b"acehfai raison inverse de celui de la courte portion du biceps ; fais- averse debeîui ceau charnu qui se porte en bas, en arrière et un peu en f^dTbVceps*" dehors, pour venir s'insérer à l'humérus, entre le brachial antérieur et le triceps brachial. Celte insertion numérale se fait par un tendon aplati qui reçoit successivement par ses bords et par sa face externe les fibres charnues qui l'accompagnent jusqu'à son insertion : le lieu précis de cette attache présente les mômes variétés que pour le deltoïde : d'où le peu variétés dans

, la hauteur de

d'accord des auteurs à cet éffard. Suivant Winslow, le coraco- l'insertion nu-

mérale.

brachial s'insère à la partie supérieure du tiers moyen de

l'humérus; suivant Boyer, à la partie moyenne de cet os; suivant Bichat, un peu au dessus de la partie moyenne. Je l'ai vu s'insérer à la réunion des deux tiers supérieurs avec le tiers inférieur.

Rapports. Recouvert par le deltoïde, le grand pectoral elle Rapports, biceps, le coraco-brachial' recouvre le sous-scapulaire, le grand dorsal et le grand rond. Ses rapports avec les artères axillaire et brachiale, les nerfs médian et musculo-cutané, sont les plus importants; il les recouvre supérieurement, puis il répond au côté externe de l'artère brachiale et du nerf médian, en sorte que son tendort seul sépare Tarière de l'os. Le nerf musculocutané le traverse, d'où le nom de muscle perforé de Casserius qui a été imposé au coraco-brachial (1). Ce muscle est

(1) Nous verrons, dans la Névrologie, que ce nerf ne traverse pas toujours le muscle coraco-brachial; alors il naît plus bas que de coutume et se détache, non du plexus brachial, mais du nerf médian.

254 MLYOLOGIE.

en outre assez souvent traversé par une des branches d'origine du nerf médian.

Action. Action de ce muscle. Il porte le bras en avant et en dedans,

en même temps qu'il l'élève; il est congénère des fibres antérieures du deltoïde et des fibres supérieures du grand pectoral. Si le bras est fixé, il porte le moignon de l'épaule en bas; quand le bras est porté en arrière et tourné en dedans, il le ramène en avant, en même temps qu'il lui imprime un mouvement de rotation en dehors (1).

RÉGION BRACHIALE POSTÉRIEURS.

Triceps brachial.

Préparation. Il suffit, pour le mettre à découvert, d'enlever la peau et l'aponévrose de la région postérieure du bras , d'enlever ou de renverser de bas en haut le deltoïde, et de poursuivre la longue portion du triceps entre le petit et le grand rond, jusqu'au bord axillaire de l'omoplate. Pour tendre ce muscle, et, par conséquent, pour pouvoir le disséquer avec plus de facilité, on fléchit préalablement l'avanl-bras sur le bras, et on porte l'humérus dans l'abduction.

Sa trifurcatiun Le triceps brachial, très volumineux, divisé en trois porsupeneure. r ' ' r

lions supérieurement, une externe, une interne, une moyenne ou longue, forme à lui seul toute la région postérieure du bras (extensor cubiti magnus tripliez principio natus , Douglas).

Sa triple Insertions. Il s'insère, d'une part, supérieurement : i°par

insertion supê- . , * ,, .■-.•> c •

rieure. sa portion moyenne ou longue portion, a I extrémité intérieure

de la cavité glénoïde de l'omoplate et à la partie voisine du

(1) J'ai rencontré un petit coraco-brachial surnuméraire étendu de la base de l'apophyse coracoïde au dessous du petit trochanter de l'humérus, immédiatement au dessous des insertions du sousscapulaîre ; la même disposition existait des deux côtés. Ce petit muscle décrivait une courbe au devant du sous-scapulaire. Dans un cas, ce petit coraco-brachial surnuméraire était fortifié par un faisceau assez considérable, né de la face inférieure de l'apophyse coracoïde, se portant en bas et s'insérant derrière le muscle grand rond.

TRICEPS BRACHIAL. 255

bord axillaire du même os, dans toute l'étendue d'une dépression rugueuse triangulaire que présente ce bord ; 2° par sa portion externe ou vaste externe, à la face postérieure de l'humérus, à toute la portion de celle face postérieure qui est au dessus de la gouilière radiale, au bord externe de l'humérus, et à l'aponévrose intermusculaire externe; 3° par sa portion interne ou vaste interne à loute la portion de la face postérieure de l'humérus, qui est au dessous de la gouilière radiale, au bord interne de l'humérus et à l'aponévrose intermusculaire interne.

Il s'insère, d 'une autre part, à la partie postérieure et supé- Une seule rieure de l'olécrane (scapulo-hume'ro-olécranien, Chauss.). rieure.

A. Vinsertion scapulaire ou sous-glénoïdienne de la por- insertion sca-

, , »"' ' „ pulaire sous-

tion moyenne ou longue portion (que nous verrons être la- giénoïdienne. nalogue du droit antérieur de la cuisse) (1) se fait par un tendon qui se confond avec le bourrelet glénoïdien , à peu près de la même manière que le tendon de la longue portion du biceps.

Ce tendon d'origine, aplati d'avanl en arrière, se dédouble . Tendon d'or'bientôten deux lames aponévrotiques réunies par leurs bords externes, dont la postérieure est mince et courte, et dont l'antérieure extrêmement épaisse , surtout à son bord externe, se prolonge jusqu'à la partie moyenne du muscle. Il suit de là que la tête de l'humérus est bridée en bas par le tendon de la longue portion du iriceps , de la même manière qu'elle est bridée en haut par le tendon delà longue portion du biceps. Les fibres charnues naissent entre ces deux aponévroses , Torsion du forment un faisceau aplati d'avant en arrière , qui se con- lai sceau charnu, tourne immédiatement sur lui-même, de telle façon que sa face antérieure devient postérieure et réciproquement. Il résulte de cette espèce de torsion que l'aponévrose la plus forte,

(1) Les anciens considéraient cette longue portion comme un muscle particulier, cubitum extendentium "primas (Vésale), lotigus (Riolan, Albinus), grand anconé (Winslow).

256 MYOLOGIE.

qui était d'abord antérieure , se trouve occuper la face postérieure du muscle. Nées entre ces deux aponévroses, nées surtout de la face antérieure et des bords de l'aponévrose devenue postérieure , les fibres charnues se portent en bas et un peu en avant, pour s'insérer , quelques unes à la face antérieure, le plus grand nombre à la face postérieure d'une

oiécrantenue.°se aponévrose de terminaison que nous verrons se continuer par son bord externe avec l'aponévrose de terminaison du vaste externe humerai, qui bientôt se ramasse sur elle-même, devient extrêmement épaisse, se replie en demi-cône, dans l'intérieur duquel se terminent les fibres charnues , et va s'insérer par une grosse masse fibreuse à la partie la plus interne et la plus postérieure de l'olécrane, en dehors de la portion interne du muscle triceps, en s'unissant intimement à l'aponévrose postérieure du vaste externe : une capsule synoviale est intermédiaire à ce tendon et à l'olécrane.

Les insertions numérales de la portion externe et de la portion interne du triceps se partagent pour ainsi dire la face postérieure de l'humérus , auquel la longue portion est complètement étrangère, insertion hu- ■#* Les insertions numérales de la portion externe que nous

exio-ne. U VaSte appellerons par analogie vaste externe du triceps hrachial (cuhitum exlendentium secimdus, Vésale; ancone' externe, Winslow),onl lieu, partie directement, partie par des faisceaux aponévrotiques -.elles sont bornées supérieurement par une ligne rugueuse très marquée chez les individus vigoureux, obliquement étendue de la partie inférieure de la tête de l'humérus au Direction. ^ord exlerne du corps de cetos. Les fibres charnues se portent de haut en bas et de dehors en dedans , se confondent en partie insertion avec *a Porl'on interne du triceps , et viennent se rendre en

olécranienne. presque totalité , les unes à la face antérieure de l'aponévrose terminale de la longue portion , les autres à la face antérieure et au bord externe d'une aponévrose très large et très forte qui règne par conséquent sur la face postérieure du muscle. Cette dernière aponévrose s'unit par son bord interne avec l'aponé-

TRICEPS BRACHIAL. 257

vrose de la longue portion, se plisse et reçoit les fibres charnues jusqu'à son insertion à l'olécrane. Les fibres charnues les plus inférieures du vaste externe très courtes et horizontales, semblent continuées par le muscle anconé.

C. La portion interne du triceps (tertius cubilum exten- Vaste interne. dentium, Ves.; anconé interne, Winslow) et que nous désignerons sous le nom de vaste interne du triceps brachial , pourrait être appelée portion profonde et interne de ce muscle; car, de même que le vaste interne du triceps fémoral, elle est recouverte en presque totalité par les deux portions précédentes ; elle est également la plus courte et la moins volumineuse (brevis, Riolan) ; ses insertions numérales ont lieu partie directement, partie par des faisseaux aponévroliques. De là ses Direction.

fibres se portent suivant diverses directions : 1° les unes, ex-

, ■ ' 1° Des fibres

ternes, marchent en bas et en dedans, et vont se rendre , quel- externes.;

ques unes à la face antérieure de l'aponévrose du vaste externe qui les cache, mais le plus grand nombre directement à l'olécrane, au devant de l'insertion des autres portions; 2° les au- 2o Des fibres très, internes, se dirigent en bas et en dehors, et se terminent, internesquelques unes au bord interne et à la face antérieure du tendon de la longue portion , le plus grand nombre directement à l'olécrane, en dedans de cette longue portion. Les fibres internes les plus inférieures sont presque horizontales. Quelques uns des faisceaux les plus profonds se détachent ordinairement insertion

olecranienne.

du corps du muscle pour aller s insérer à la capsule synoviale de l'articulation du coude.

Rapports. Recouvert dans presque toute son étendue par Rapports l'aponévrose brachiale qui le sépare de la peau, à travers la- super cies' quelle il se dessine parfaitement , le triceps brachial recouvre le plan postérieur de l'humérus, la partie postérieure de l'articulation du coude , le nerf radial et l'artère numérale profonde; profonds, il est séparé des muscles de la région antérieure du bras par les aponévroses inlermusculaires externe et interne. Sa longue Rapportsdeia portion, ou portion scapulaire, est en rapport avec le deltoïde loneue porllon* 2. 17

258 MYOLOGIE.

et le petit rond, qui sont en arrière, el les sous-scapulaire , grand rond et grand dorsal, qui sont en avant. Action de ce muscle. Le triceps élend l'avant-bras sur le Extenseur de bras ; mais, pour que la longue portion agisse efficacement, il

l'avant-bras sur „ n , • n • n • T .

le bras. faut que 1 omoplate soit fixée par d autres musles. La puissance

d'action de ce muscle est bien moindre que ne l'indiquent son

volume et la multiplicité de ses fibres, vu le désavantage de son

„.,.... „. insertion inférieure à côté du point d'appui. Il est vrai qu'ici

Utilité de lin- r rr *i

sertion à la par- commeau triceps fémoral, lanalure a, autant que possible, con-

tie la plus poste- r ' , .

rieure de l'olé- trebalancé.cet inconvénient , en attachant ce muscle, non pas

crâne.

au bec ou au sommet de l'olécrane, mais à la partie la plus postérieure "de cette éminence. On trouve même, avons-nous dit, une petite synoviale entre ce tendon et la partie de l'olécrane à laquelle il est contigu. Il semble, au premier abord, que le pas de moment, moment de l'action de ce muscle soit dans la demi-flexion; mais, avec un peu d'attention, il sera facile de voir que, de même que le triceps fémoral, ce muscle n'a pas de moment, à proprement parler ; que l'olécrane , qu'on peut considérer comme le tendon ossifié dece muscle est toujours dans les mêmes rapports avec le cubitus, quelle que soit l'altitude de l'avantbras. Aussi, remarquez que dans la demi-flexion ce muscle n'a pas, à beaucoup près, autant d'énergie que dans l'extension , parce que, dans le premier cas, il est en opposition avec les muscles fléchisseurs qui, dans celle atillude , s'insèrent d'une manière extrêmement favorable , tandis que, lorsque l'avantbras forme un angle oblus avec le bras, le muscle extenseur La flexion devient prédominant. Au reste, la prédominance des muscles

F rédomine sur l

extension au extenseurs sur les fléchisseurs est ici moins marquée qu'à la

coude.

cuisse; et à supposer que les extenseurs remportent en force intrinsèque, ils le cèdent en force efficace, attendu que l'insertion des fléchisseurs se fait d'une manière plus favorable , tant par leur éloignement du point d'appui que par leur direction plus voisine de la perpendiculaire. Ainsi, la flexion prédomine évidemment à l'articulation du coude , tandis qu'à l'articulation du genou, c'est l'extension. Il devait en être ainsi; car, aux

APONÉVROSE BRACHIALE. 259

extrémités supérieures, la flexion du coude est le mouvement de l'attraction, de la préhension; tandis qu'aux extrémités inférieures, l'extension du genou est le mouvement de la station, de la progression, de la course et du saut.

La théorie admet la possibilité de La rupture de l'olécrane à son point de jonction avec l'apophyse coronoïde dans une extension brusque de l'avant-bras ; rupture qui répond à celle de la rotule ou de son ligament. Par sa longue portion, le triceps brachial devient extenseur de l'articulation scapulo-humérale ou un des agents du mouvement de l'humérus en arrière ; par cette même portion, il est un peu adducteur du bras ; par son tendon d'origine au scapnlum, et surtout par le bord externe de ce tendon, qui est épais et comme arqué pour se mouler sur la tête de l'humérus, cette même longue portion fait corde pour soutenir l'humérus dans le mouvement d'abduction et s'opposer à son déplacement ; mais comme la cavité glénoïde est déjetée en avant, comme l'extrémité inférieure de la cavité glénoïde est Le tendon de située à peu près à la réunion des deux tiers antérieurs avec le tf0n°"opUpeose°au tiers postérieur de cette cavité, il suit que le tendon de la Ion- arrière."16"1 e" gue portion du triceps s'oppose efficacement au déplacement en arrière de l'humérus, mais ne s'oppose pas à son déplacement en avant.

Il arrive quelquefois qu'il y a échange de point fixe entre l'extrémité supérieure et l'extrémité inférieure du triceps, alors le triceps devient extenseur du bras sur l'avant-bras, et de l'épaule sur le bras.

APONÉVROSE BRACHIALE.

U aponévrose brachiale naît en haut de la clavicule , de l'a- Son origine, cromion et de l'épine de l'omoplate , et se continue avec l'aponévrose sous-épineuse; en dedans, elle naît des tendons du grand pectoral et du grand dorsal , et dans leur intervalle , du tissu cellulaire du creux de l'aisselle ; née de celle manière r l'aponévrose enveloppe le bras pour se terminer autour de l'ar- sa terminaison, ticuiaiion du coude, se continuer avec l'aponévrose antibra-

260 MYOLOGIE.

chiale,etse fixer aux diverses éminen ces osseuses que présente celte articulation.

Rapports su- Sa face superficielle est séparée de la peau par des vaisseaux et des nerfs auxquels l'aponévrose brachiale fournit des gaines plus ou moins étendues. On peut admettre un fascia superficialis qui sépare ces vaisseaux de la peau.

Rapports de la Sa face profonde présente des cloisons qui divisent sa cavité

ace profonde. en ufl cerlam nombre de gaines minces , destinées à isoler les différents muscles.

Direction des L'aponévrose brachiale est composée en presque totalité de

fibres

fibres circulaires , dont quelques unes sont légèrement contournées en spirale; ces fibres sont coupées perpendiculairement par quelques fibres verticales qui viennent s'implanter sur l'aponévrose antibrachiale.

L'aponévrose brachiale est assez lâchement moulée sur les muscles qu'elle contient , pour permettre leur glissement facile , et néanmoins assez serrée pour s'opposer à leur déplacement. Elle s'épaissit un peu en dedans et en dehors, au niveau des bords externe et interne de l'humérus, et envoie, de Cloisons inter- chaque côté, de sa face interne une cloison très forte ; cloisons

muscu aires, intermusculaires interne et externe, tout à fait analogues aux

cloisons intermusculaires de l'aponévrose fémorale, et divisant

Grande gaine 'a 8ame brachiale en deux grandes gaines principales : l'une ,

antérieure. antérieure, destinée aux muscles de la région antérieure,

biceps, brachial antérieur et coraco -brachial, ainsi qu'à la

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