VEINES DU MEMBRE THORACIQUE
Les veines du membre thoracique se divisent en veines profondes et en veines superficielles ou cutanées.
Elles sont
généralement on
i:ombredouble des artères.
Canal veineux collatéral.
Communication des veines profondes avec les superficielles.
Les veines profondes ont un grand
nombre de valvules.
A. — Veines profondes.
Les veines profondes du membre thoracique suivent rigoureusement le trajet des artères, auxquelles elles servent de satellites et dont elles prennent les noms ; elles sont presque toujours en nombre double de celui des artères auxquelles elles sont accolées. Il n'y a d'exception, sous ce rapport, que pour les veines volumineuses. Ainsi, il y a deux arcades veineuses palmaires superficielles, deux arcades veineuses palmaires profondes, deux veines radiales, deux veines cubitales profondes. On trouve encore deux veines numérales ; mais il n'y a qu'une veine axillaire et qu'une veine sous-clavière.
Toutes ces veines reçoivent des branches et des rameaux qui sont les satellites des branches et rameaux fournis par les artères et qui sont en nombre double. Il n'y a d'exception que pour la veine sous-clavière : cette veine ne reçoit pas, à beaucoup près, toutes les branches veineuses correspondantes aux branches artérielles fournies par l'artère sous-clavière ; mais, en revanche, elle en reçoit quelques-unes qui sont complètement étrangères à la distribution de cette artère.
Je dois signaler ici un mode de terminaison des veines collatérales qui s'observe fréquemment, surtout à la veine numérale. Les veines circonflexes, par exemple, au lieu de se rendre directement dans la veine numérale, se terminent à une branche collatérale qui, à la manière d'un canal longeant une rivière, communique en haut et en bas avec la veine numérale et marche parallèlement à cette veine. Plusieurs grosses veines présentent ces canaux collatéraux, qui établissent une large communication entre divers points de leur longueur. Ainsi j'ai vu un tronc veineux partir de la veine jugulaire externe et se rendre, à travers le plexus brachial, à la partie inférieure de la veine axillaire.
Les veines profondes offrent, en outre, des communications larges et multipliées avec les veines superficielles.
Du reste, les veines profondes sont pourvues de valvules, comme les veines superficielles ; il est môme constant qu'elles en possèdent un plus grand nombre : l'injection poussée du cœur vers les extrémités ne pénètre pas plus dans les unes que dans les autres. On observe toujours une paire de valvules, dans les petites veines, au niveau de leur embouchure, et, chose bien remarquable, tandis que la résistance des valvules situées dans la continuité des veines est quelquefois vaincue par l'injection, celle des valvules d'embouchure des petites veines ne l'est presque jamais.
VEINE SOUS-CLAVIERE.
On donnait autrefois le nom de veine sous-clavière à toute cette portion du tronc veineux brachial qui s'étend de la veine-cave supérieure aux muscles
VEINE SOUS-CLAVIERE.
Fig. 54.
cr.cf-ent.
Veines du cou et de l'aisselle (*).
(*) 1, Angle de la mâchoire. — 2, extrémité interne de la clavicule — 3, extrémité externe de la clavicule. — dig., muscle digastrique. — st. cl. m., sterno-eléido-mastoïdien. — spl., splénius — trap, trapèze. — ang., angulaire. — scal. p., scalène postérieur. — seul, a., scalène antérieur.— scap. hy., scapulo-hyoïdien. — st. hy., sterno-hyoïdien. — s. clav., sous-clavier. — delt., deltoide. — p. pect-, petit pectoral. — g. pect., grand pectoral. — co. br., coraco-brachial. — g. dors., grand dorsal. — g. dent., grand dentelé.
A., car. p., artère carotide primitive. — A. car. e., artère carotide externe. — Je*/, fl., veine jugulaire antérieure. — Sug. L, jugulaire interne. — 3ug. e., jugulaire externe. — Scap. s., veines scapulair.es supérieures. — S. clav., veine sous-clavière. — Céph , veine céphalique. — À.X . veine axillaire.
ANGEI0L0G1E.
Rapports de la sousclavière :
1° En avant ;
2° En
arrière ;
3° Eu bas;
4° En haut.
Veines qui
se rendent
danslasous-
clavière.
A la veine
sous-clavière aboutissent les vcinesjugu-
laires externe et antérieure.
scalènes ; mais les limites vraiment naturelles de la veine sous-clavière sont, en dedans, le tronc veineux brachio-céphalique, ou mieux l'angle de réunion de la veine jugulaire interne avec le tronc brachial, en dehors, la clavicule, ou mieux l'aponévrose sous-claviculaire. De cette manière de délimiter les veines sousclavières il résulte : 1° que ces veines ont la même longueur des deux côtés; 2° que la longueur de la veine sous-clavière gauche et même de la veine sousclavière droite est moindre que celle de l'artère correspondante (voy. fig. 48).
La direction des veines sous-clavières diffère aussi beaucoup de celle des artères du même nom. Nous avons vu les artères sous-clavières décrire sur le sommet des poumons une courbe à concavité inférieure ; les veines sous-clavières, au contraire, marchent directement en dehors jusqu'à la première côte, sur laquelle elles se coudent, en sorte qu'elles représentent la corde de l'arc que décrit l'artère sous-clavière.
Rapports. 1° En avant, la veine sous-clavière répond à la clavicule, dont elle n'est séparée que par le muscle sous-clavier, en sorte que, dans les fractures de la clavicule, cette veine pourrait, à la rigueur, être lésée. Appliquée contre le muscle sous-clavier par une gaine fibreuse très-dense, elle perfore l'aponévrose sous-claviculaire et lui adhère intimement ; il s'ensuit qu'elle reste béante lorsqu'elle a été divisée ; 2° en arriére, elle répond à l'artère sous-clavière, dont elle est séparée, en dedans, parle muscle scalène antérieur ; 3° en bas, elle est en rapport avec la plèvre et avec la première côte, qui présente une dépression légère dans le lieu de son passage; 4° en haut, elle répond à l'aponévrose cervicale, dont la seule épaisseur la sépare de la peau ; aussi remarque-t-on un gonflement considérable dans cette région lorsque la circulation veineuse est embarrassée.
Les veines sous-clavières sont pourvues, à leur embouchure, d'une paire de valvules qui empêchent tout reflux sanguin.
Nous avons vu que les veines thyroïdienne inféiieure, mammaire interne, vertébrale, les veines scapulaires supérieure et postérieure, la veine cervicale profonde et la veine intercostale supérieure gauche se rendent soit dans la veine cave supérieure, soit dans le tronc veineux brachio-céphalique. Parmi les branches veineuses qui correspondent aux branches de l'artère sous-clavière, la veine intercostale supérieure droite, quand elle existe, c'est-à-dire quand les veines qui doivent la former ne vont pas se jeter isolément dans la veine azygos, est la seule qui aille s'ouvrir dans la veine sous-clavière.
A la veine sous-clavière aboutissent encore la veine jugulaire externe, la veine jugulaire antérieure et une petite branche émanée de la céphalique. Il aurait donc paru rationnel, sous quelques rapports, de décrire les veines jugulaires externe et antérieure à l'occasion de la veine sous-clavière, au lieu d'en réunir l'histoire à celle de la jugulaire interne. Je ferai remarquer cependant que souvent ces veines jugulaires externe et antérieure se jettent, non dans la veine sous-clavière, mais sur la limite de la sous-clavière et du tronc brachio-céphalique, au-devant de la jugulaire interne.
Veines superficielles du membre thoracique.
Les veines superficielles du membre thoracique appartiennent essentiellement à la peau et au tissu adipeux subjacent, toutes les veines musculaires allant se rendre dans les veines profondes. Leur volume est, en général, plus considérable que celui de ces dernières, avec lesquelles elles communiquent largement