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CHAPITRE V DES VAISSEAUX LYMPHATIQUES

Définition.

Historique.

Découverte des vaisseaux lactés ;

Des vaisseaux lymphatiques proprement dits.

Identité des vaisseaux

lactés et des vaisseaux lymphatiques.

Analogies avec le système veineux.

SECTION I. — CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES

On donne le nom de lymphatiques aux vaisseaux transparents et valvuleux qui charrient la lymphe ou le chyle. Ces vaisseaux, dont l'origine se perd dans l'épaisseur des tissus, traversent, dans leur trajet, de petits corps arrondis, glanduliformes, appelés glandes ou ganglions lymphatiques, et aboutissent tous au système veineux, dont ils peuvent être considérés comme une dépendance.

Les vaisseaux lymphatiques ont longtemps échappé, par leur ténuité et par leur transparence, aux investigations des anatomistes. Le canal thoracique, entrevu par les anciens, fut découvert en 1365 par Eustachi. Un heureux hasard fit découvrir, en 1622, les vaisseaux chylifères à Gaspard Aselli, qui, en cherchant toute autre chose, rencontra des vaisseaux pleins de chyle. Pecquet découvrit, en 1641, le réservoir du chyle et montra que les vaisseaux lactés se rendaient, non pas au foie, comme le croyait Aselli, avec tous les anatomistes de son temps, mais au canal thoracique. Rudbeck, Thomas Bartholin et Joly se disputent la gloire d'avoir découvert les vaisseaux lymphatiques proprement dits. Mascagni a consacré une grande partie de sa vie à l'étude de ce système, et son ouvrage, orné de planches magnifiques, est un monument scientifique qui doit servir de modèle à tous ceux qui s'occupent de travaux d'anatomie. Plus récemment Fohmann, Lauth, Panizza, Rossi, Bonamy, Jarjavay, M. Sappey ont ajouté à nos connaissances relatives à l'anatomie du système lymphatique. Enfin, dans ces dernières années, de nombreuses recherches sur l'origine des vaisseaux lymphatiques et sur la structure des glandes lymphatiques ont été faites par Kœlliker, Ludwig, Frey, Teichmann, von Recklinghausen, etc.

On a longtemps séparé, dans la description, les vaisseaux lactés, c'est-à-dire les vaisseaux lymphatiques qui contiennent du chyle, des vaisseaux lymphatiques proprement dits, c'est-à-dire de ceux qui contiennent de la lymphe. Cette distinction ne saurait être maintenue au point de vue anatomique, en raison de l'identité parfaite qui existe, sous ce rapport, entre ces deux ordres de vaisseaux.

Le système lymphatique présente de nombreuses analogies avec le système veineux ; mais il en diffère par des caractères non moins importants.

Ses analogies avec le système veineux sont les suivantes: 1° il consiste dans un ensemble de vaisseaux convergents ou centripètes, qui naissent de toutes les parties du corps et qui se rendent de la périphérie au centre ; 2° les vaisseaux 1\ mphatiques forment deux couches, l'une sous-cutanée, qui accompagne généralement les veines superficielles , l'autre profonde, qui chemine avec les artères et veines profondes ; 3° les vaisseaux lymphatiques sont pourvus de val-

DES VAISSEAUX LYMPHATIQUES

vules ; 4° la texture des vaisseaux lymphatiques ressemble beaucoup à celle des veines.

Les vaisseaux lymphatiques diffèrent des veines : 1° par leur contenu, consti- Différences, tué par un liquide transparent, dans lequel sont suspendus des corpuscules incolores plus ou moins abondants, tandis que les globules rouges y font défaut ; 2° par l'existence de ganglions qui coupent leur trajet d'espace en espace; 3° par leur coordination spéciale : ces vaisseaux, en effet, ne se réunissent pas successivement en branches et en troncs de plus en plus volumineux; tout en communiquant les uns avec les autres par de nombreuses anastomoses, ils marchent, pour ainsi dire, d'une manière indépendante et n'augmentent guère de calibre depuis leur origine jusqu'à leur terminaison.

Nous ferons précéder la description des vaisseaux lymphatiques en particulier de quelques considérations générales sur l'origine, le trajet, la terminaison et la structure de ces vaisseaux.

1° Origine des vaisseaux lymphatiques.

L'origine des vaisseaux lymphatiques, comme une foule de points relatifs à la constitution intime de nos tissus, est encore un sujet d'étude (1).

Les origines ou racines du système lymphatique sont répandues sur toute la surface du corps et des cavités de l'organisme, ainsi que dans l'épaisseur des parenchymes. S'abreuvant des liquides transsudés à travers les parois des capillaires sanguins ou venus de l'extérieur, les lymphatiques constituent un vaste système de drainage destiné à absorber ces liquides et à en faciliter le renouvellement. Aussi leur développement est-il en rapport, d'une manière générale, avec celui des vaisseaux sanguins : les organes où ces derniers vaisseaux font défaut, tels que la cornée, le corps vitré, les épithéliums, sont également dépourvus de lymphatiques.

Quelques anatomistes ont pensé, et cette opinion vient d'être soutenue de nouveau, que les vaisseaux lymphatiques sont en communication directe avec les capillaires sanguins, lesquels, dans cette hypothèse, se continueraient avec deux ordres de vaisseaux : d'une part, avec les lymphatiques, qui ramèneraient la portion séreuse du sang, d'autre part, avec les veines, qui ramèneraient le sang proprement dit. Cette double continuité a été surtout admise d'après cette observation que les matières injectées dans les artères passaient quelquefois dans les lymphatiques : j'ai vu plusieurs fois ce passage s'effectuer, lorsque je poussais des injections dans la rate ou dans le foie. Mais ce fait ne s'observe que très-exceptionnellement ou quand la matière à injection est poussée avec une très-grande force et d'une manière continue ; en sorte qu'il est très-probable, comme le pensaient Hunter, Monro et Meckel, que, dans ces cas, il y a rupture de quelques vaisseaux sanguins et épanchement delà matière injectée. Les observations microscopiques démontrent de la manière la plus évidente la continuité

Origine des ■vaisseaux lymphatiques.

Hypothèses à ce sujet.

Continuité avec les artères.

Injection des lymphatiques pailes artères et par les xsines.

(1) Les vaisseaux lymphatiques naissent-ils dans toutes les parties du corps ? L'absorption, il est vrai, s'exerce partout, ear elle est un élément du mouvement nutritif; mais les expériences des physiologistes modernes et plus particulièrement celles de Magendie ayant réhabilité les veines dans leurs fonctions absorbantes, qui leur avaient été,déniées depuis la découverte des vaisseaux lymphatiques, l'existence de l'absorption dans un point n'y prouve pas nécessairement la présence de ce dernier genre de vaisseaux.

ANGEIOLOGIE.

Bouches aborbantes.

Tous les vaisseaux lymphatiques Baissent par un réseau d'une excessive ténuité.

des artères avec les veines ; aucun fait positif n'a démontré jusqu'à ce jour la continuité des artères avec les vaisseaux lymphatiques.

Une autre hypothèse, non moins contraire à l'observation, est celle des orifices dits bouches absorbantes, par lesquels commenceraient les lymphatiques de l'intestin ou chylifères, ainsi que les lymphatiques en général. La méthode des injections mercurielles (l),'mise en usage avec tant de succès par nombre d'anatomistes, démontra péremptoirement que les lymphatiques ne présentent point d'orifices sur leur trajet. Cette même méthode conduisit peu à peu à l'opinion que partout les lymphatiques naissent de réseaux capillaires étalés à la surface des membranes et enveloppant vraisemblablement les lobules et faisceaux des organes parenchymateux. « Tous les vaisseaux lymphatiques, disions-nous dans la dernière édition de cet ouvrage, naissent par un réseau d'une ténuité telle que la surface injectée à l'aide du mercure est convertie en une lamelle argentée. » « Tout lymphatique, a répété M. Sappey (Anat. descript., t. I, p. 589, 1852), a pour point de départ un réseau. Les réseaux eux-mêmes ont pour élé- « ments des capillaires d'une extrême ténuité, anastomosés et entre-croisés de « mille manières, plus superficiels que les artères et les veines et constituant sur « les surfaces qu'ils occupent la dernière limite des organes. »

Mais ces réseaux, dont on affirmait ainsi l'existence à l'origine de tous les lymphatiques du corps, n'avaient été constatés véritablement qu'à la surface d'un certain nombre de membranes, telles que la peau et les muqueuses ; partout

Preuves de l'existence du réseau lymphatique sur toutes les surfaces libres.

(1) Il .y a bien longtemps (en 1826), ayant piqué- au hasard, très-superficiellement, avec un tube à injection lymphatique rempli de mercure la membrane pituitaire d'un veau, je vis avec étonnement cette surface se recouvrir d'une pellicule argentée. Je répétai cette expérience un grand nombre de fois, et je constatai : 1° que cette pellicule n'était pas une extravasation, car le mercure filait suivant des lignes bien déterminées, en formant des réseaux de divers ordres ; 2° que, pour réussir dans cette expérience, il fallait piquer la membrane très-superficiellement, faute de quoi le mercure passait dans les réseaux veineux adjacents ; 3° qu'il n'y avait aucune communication entre ce réseau veineux et le réseau plus superficiel que je soupçonnais de nature lymphatique, car il représentait exactement le réseau du péritoine injecté au niveau du foie. Je constatai la même disposition pour la peau, les muqueuses linguale, buccale et vaginale, pour la conjonctive, et enfin pour la membrane muqueuse utérine d'une truie qui venait de mettre bas ; je montrai ce réseau lymphatique de la pituitaire dans plusieurs de mes leçons, et lorsque j'ai, dans le temps, repris mes travaux pour la première et la deuxième édition de cet ouvrage, j'ai pu constater : 1° l'existence de ce réseau sur toutes les surfaces libres ; 2° sa communication avec les vaisseaux lymphatiques et la possibilité d'injecter ces vaisseaux et les ganglions par la piqûre très-superficielle des surfaces membraneuses. Ces préparations ont été faites sous ma direction, avec un rare talent et un zèle au-dessus de tout éloge, par M. Bonamy, mon préparateur particulier. C'est d'après le même procédé et sur mon indication que, dans un concours ouvert en 1841 pour la place de Chef des travaux anatomiques, les compétiteurs sont parvenus à injecter admirablement les vaisseaux lymphatiques de la tête et du cou.

Qûil me soit permis de dire que Vidée de l'injection des vaisseaux lymphatiques par les réseaux capillaires m'appartient entièrement (ce qui ne veut pas dire que d'autres n'aient pas eu la même idée), et que c'est moi qui l'ai introduite à la Faculté de médecine de Paris; que ce n'est que postérieurement à mes recherches que j'ai pu connaître le bel ouvrage de Panizza, de Pavie, sur les vaisseaux lymphatiques du testicule (Osservazioni antropozootomi, fisiologiche, 1830), et le dernier mémoire, très-important, de Fohmann (Mémoire sur les vaisseaux lymphatiques de la peau, des membranes muqueuses, séreuses, du tissu nerveux et des muscles, 1833).

DES VAISSEAUX LYMPHATIQUES

ailleurs la méthode des injections mercurielles a été impuissante aies mettre en évidence. Or, dans les régions où cette méthode a permis de les observer à l'œil nu, on les a toujours trouvés en connexion avec le tissu dit cellulaire, circonstance qui explique comment des observateurs consciencieux, tels que Maseagni, ont pu arriver à cette conclusion que le tissu cellulaire tout entier était composé exclusivement de vaisseaux lymphatiques, et que ceux-ci constituent la trame du corps des animaux. Mais, comme on n'avait pas songé à étudier les réseaux au microscope, on n'a pu, par là môme, déterminer si les vaisseaux qui les composent sont de simples lacunes, dépourvues de parois propres, ainsi que le voulait Brùcke, ou s'ils possèdent une membrane distincte, analogue à celle des capillaires sanguins. Les injections faites avec une solution faible de nitrate d'argent, dont v. Recklinghausen a le premier montré tous les avantages, ont prouvé que partout ces lacunes sont tapissées d'un épithéliwm spécial, souvent pourvu de noyaux et dont la forme varie suivant les points que l'on examine.

D'autre part, il a été impossible, avant ces dernières années, de préciser les rapports intimes de ces vaisseaux avec les tissus. Au delà de ces réseaux superficiels, n'y a-t-il pas des radicules lymphatiques qui s'insinuent dans la trame de nos organes et dans lesquelles ne peut pénétrer le mercure, qui, nemouillant pas les tissus, se divise, en présence de l'eau, en petits globules d'un diamètre supérieur au calibre de ces radicules ? D'après les recherches les plus récentes, il n'est nullement douteux qu'il ne faille répondre affirmativement à cette question.

On injecte très-facilement les lymphatiques en poussant avec force de l'eau ou une solution saline dans les artères, d'après la méthode de Lacauchie. Doyère a même pu, de cette façon, remplir les lymphatiques d'un précipité jaune, en injectant successivement dans les artères des dissolutions de chromate de potasse et d'acétate de plomb. Ce fait, qui se reproduit, moins facilement, il est vrai, quand les solutions sont poussées soit dans les veines, soit clans les canaux excréteurs des glandes, ne saurait s'expliquer par des ruptures, attendu qu'on comprendrait difficilement comment un liquide s'échappant d'un canal par une déchirure pourrait pénétrer dans un autre canal, dont les parois, molles et dépx^essibles, seraient plutôt affaissées et appliquées l'une contre l'autre par le liquide extravasé, et cela avec d'autant plus de force que la quantité de ce dernier serait plus considérable. Il faut évidemment admettre que le liquide, en quittant soit par transsudation, soit par rupture, les canaux clans lesquels il a été injecté, tombe clans un système de cavités qui sont elles-mêmes le point de départ des vaisseaux lymphatiques. Telle est, en effet, la conclusion générale à laquelle ont conduit les recherches faites dans ces dernières années (1).

Mais les préparations d'après la méthode de Lacauchie sont peu favorables à l'étude de l'origine des lymphatiques, puisqu'elles présentent une infiltration générale des tissus et une injection simultanée des vaisseaux lymphatiques et

Défauts des injections mercurielles.

Injection par la méthode de Lacauchie.

(1) J'ai injecté des liquides colorés, tels que de l'encre, dans le tissu cellulaire souscutané et intermusculaire de plusieurs animaux, et j'ai trouvé les vaisseaux lymphatiques et les ganglions correspondants colorés d'un noir de jais.

J'ai trouvé du pus dans les vaisseaux lymphatiques superficiels et profonds et dans les ganglions lymphatiques de l'aine, à la suite d'érysipèles phlegmoneux ou de phlegmons érysipélateux de la jambe ; j'en ai plus fréquemment encore trouvé dans les vaisseaux lymphatiques de l'utérus et des ovaires. Mais ce pus était-il un résultat de l'absorption ou était-il le produit de l'inflammation de ces vaisseaux lymphatiques eux-mêmes ?

ANGEIOLOGIE.

Ses inconvénients.

Injection des radicules lymphatiques par les troncs.

Opinions diverses.

Espaces ques des vertébrés inférieurs.

sanguins ; tout au plus peuvent-elles servir à mettre en évidence les lymphatiques d'un certain volume, ce qui permet ensuite d'y placer des canules et d'y pousser un liquide solidifiable du tronc vers les racines. Pour que cette injection réussisse, il faut la faire très-près des origines des lymphatiques : la résistance des valvules est alors facilement vaincue. Si l'on ne prend pas cette précaution, elle forme un obstacle insurmontable.

En injectant ainsi les lymphatiques des troncs vers les radicules, Teichmann, Luchvig, Tomsa, Hyrtl, v. Recklinghausen, His et Frey, etc., ont démontré que les origines des vaisseaux lymphatiques ne sont autre chose que les espaces ou cavités existant entre les éléments des tissus, cavités sur la nature desquelles, malheureusement, on n'a pu s'entendre encore d'une manière complète. Pour les deux derniers auteurs que nous venons de citer, elles seraient dépourvues de paroi propre et limitées seulement par les faisceaux de fibres conjonctives ; tel est aussi l'avis de Tomsa, qui leur donne le nom de fentes lymphatiques, nous ramenant ainsi à l'ancienne opinion de Fohmann et d'Arnold, d'après laquelle le tissu cellulaire serait le sol d'où partent tous les lymphatiques, réseau capillaire de ces vaisseaux n'étant autre chose que les espaces qui séparent les faisceaux de ce tissu. Suivant Teichmann, qui a fait des recherches nombreuses sur ce sujet, les radicules lymphatiques possèdent, au contraire, des parois très-minces, mais qui leur appartiennent en propre; ce sont des cellules lymphatiques étoilées, très-grosses, mesurant jusqu'à 0,um, 5, dépourvues de noyau, et communiquant entre elles par des prolongements, d'où résulte le réseau capillaire lymphatique. Suivant Leydig, les origines des lymphatiques ne seraient que les cavités existant dans le tissu conjonctif et qui seraient identiques avec les corpuscules ou cellules plasmatiques décrits par Virchow et par Kœlliker; ces cavités sont unies entre elles, en forme de réseau, dans le tissu conjonctif, tandis que, dans les villosités de la muqueuse intestinale, elles se confondent toutes en un canal central.

Les opinions dev. Recklinghausen se rapprochent beaucoup des précédentes : ses canaux plasmatiques traversant les organes ressemblent notablement aux fentes lymphatiques de Tomsa. Seulement il veut que les corpuscules du tissu conjonctif soient renfermés clans l'intérieur de ces canaux, où ils deviennent libres et constituent alors l'élément principal de la lymphe, les leucocytes (1). En outre, v. Recklinghausen regarde comme possible et môme comme probable que ces canaux plasmatiques communiquent avec les capillaires sanguins. V. Recklinghausen décrit, enfin, des orifices qui feraient communiquer directement les lymphatiques du diaphragme avec la cavité du péritoine (1). La séreuse abdominale représenterait ainsi une immense ampoule lymphatique, dont le contenu serait analogue à la lymphe. Généralisant ce fait, on a voulu voir dans toutes les séreuses dévastes réservoirs en rapport avec le système lymphatique. D'autre part, on a signalé, à l'origine du système lymphatique de l'homme, quelque chose d'analogue à ce qui s'observe dans les vertébrés inférieurs. On sait que, chez la grenouille, il n'existe point de vaisseaux lymphatiques et qu'il n'y a, suivant les recherches de J. Mùller et de Panizza, que de vastes espaces lymphatiques, séparant les organes les uns des autres, s'étendant sous la peau et

(1) Les expériences de v. Recklinghausen ont été confirmées parLudwig et Schweigger- Seidel, et des orifices analogues à ceux du diaphragme ont été signalés par Dybkowski dans la plèvre du chien .

DES VAISSEAUX LYMPHATIQUES

entourant les vaisseaux sanguins, particulièrement les artères mésentériques. La même chose a été constatée par Leydig sur le pipa. « Un phénomène trèsgénéral et très-remarquable, » dit cet anatomiste, « concernant le trajet des lymphatiques chez les poissons et les amphibies, c'est que les vaisseaux lymphatiques enveloppent les vaisseaux sanguins comme des gaines, » fait observé d'abord par Bojanus sur l'aorte descendante de la tortue, constaté plus tard par Leydig sur les artères mésentériques du pipa et môme, chez les mammifères, sur l'aorte du bœuf; la même particularité a été signalée par Brûcke sur le lapin. C'est une disposition semblable qui a été décrite par M. Ch. Robin pour les capillaires de l'encéphale de l'homme; suivant cet auteur, il existe autour de tous ces vaisseaux une tunique propre, espèce de gaine dans laquelle flottent les capillaires et qui est remplie tantôt d'un liquide incolore, mêlé de granulations moléculaires, tantôt de petits noyaux libres, analogues aux globulins de la lymphe, noyaux sphériques, présentant Omm,00ode diamètre et insolubles dans l'acide acétique. His a décrit, dans les organes centraux de l'appareil nerveux, un système de canaux périvasculaires qui rappelle jusqu'à un certain point les observations de M. Robin.

périvasculaires.

2° Trajet des vaisseaux lymphatiques.

Du réseau ou des lacunes qui constituent les origines des lymphatiques partent les vaisseaux lymphatiques, divisés dans tous les organes en deux ordres distincts : les vaisseaux profonds et les vaisseaux superficiels. Les premiers, nés des parties sous-aponévrotiques dans les membres, s'accolent, dans leur trajet, aux vaisseaux profonds de l'organe ; les autres suivent, en général, les veines superficielles dans les parties qui en sont pourvues, mais ils ne se groupent pas en faisceaux distincts. Dans les organes enveloppés d'une séreuse, les premières radicules des vaisseaux lymphatiques superficiels paraissent contenues dans l'épaisseur de cette membrane, dont elles se détachent pour lui devenir subjacentes lorsqu'elles ont acquis un certain calibre. Ces vaisseaux lymphatiques marchent parallèlement et communiquent assez fréquemment entre eux, en s'envoyant des branches de bifurcation qui s'unissent à angle aigu; mais ils ne convergent point les uns vers les autres et ne constituent pas successivement, à la manière des veines, des ramifications arborescentes de moins en moins nombreuses et de plus en plus grosses. Aussi leur augmentation de calibre n'est-elle pas progressive ; on pourrait même dire qu'ils parcourent leur trajet sans accroissement notable de volume. Il n'est pas rare de voir un vaisseau lymphatique se diviser en deux branches, qui marchent ensuite indépendantes l'une de l'autre et vont, chacune en particulier, à leur destination. On rencontre rarement des anastomoses entre les lymphatiques superficiels et les lymphatiques profonds ; dans tous les cas, ces communications sont infiniment moins fréquentes que celles qui unissent entre eux les deux plans veineux.

La direction des lymphatiques est généralement rectiligne ou très-légèrement flexueuse; il en est cependant qui décrivent des sinuosités très-marquées (1).

(1) Bien que les vaisseaux lymphatiques parcourent généralement un trajet rectiligne, il n'est pas rare de les voir décrire des inflexions très-prononcées. J'ai vu un vaisseau lymphatique du membre supérieur naître d'un autre vaisseau lymphatique, se porter de bas en haut d'abord, puis de haut en bas, et enfin de bas en haut, de manière à décrire une S italique très-considérable.

Radicules lymphatiques.

Division des vaisseaux lymphatiques en superficiels et profonds.

cation des ques entre eux.

Les vaisseaux lymphatiques n'augmentent pas de calibre.

Anastomoses.

ANGEIOLOGIE.

Uniformité des anastomoses.

Ganglions lymphatiques.

Vaisseaux lymphatiques afférents et efférents.

Tous les lymphatiques traversent-ils des

Anastomoses des vaisseaux lymphatiques dansl'épaisseur des ganglions.

Capacitédes

vaisseaux

lyinphati

ques.

On ne trouve point, pour les vaisseaux lymphatiques, ces anastomoses nombreuses et importantes qui jouent un si grand rôle dans l'histoire des artères et des veines. On ne rencontre ici qu'un seul mode d'anastomose, qui a lieu de la manière suivante: un vaisseau lymphatique, après un certain trajet, se divise en deux branches égales, qui se séparent à angle très-aigu ; chacune de ces branches de bifurcation s'anastomose avec un vaisseau lymphatique du voisinage, lequel communique lui-même, soit par bifurcation, soit directement, avec tel ou tel des vaisseaux lymphatiques qui marchent à côté de lui. C'est au moyen de cette disposition qu'on explique comment, par l'injection d'un seul vaisseau lymphatique, on remplit un certain groupe de ces vaisseaux. Il n'est pas rare de voir un vaisseau lymphatique se diviser en deux branches qui se réunissent de nouveau après un certain trajet.

Les vaisseaux lymphatiques rencontrent, dans leur trajet, de petites masses glandulaires, glandes conglobées des anciens, ganglions lymphatiques de Sœmmering, qui avait cru trouver une analogie entre ces renflements et les ganglions nerveux. Ces glandes lymphatiques sont des espèces de confluents vers lesquels convergent un certain nombre de vaisseaux, et où ils se perdent en quelque sorte, pour se reconstituer ensuite. On appelle vaisseaux afférents les lymphatiques qui abordent à un ganglion, et vaisseaux efférents ceux qui en émanent.

Tous les vaisseaux lymphatiques traversent-ils nécessairement un ouplusieurs ganglions lymphatiques? Mascagni a soutenu avec avantage cette opinion contre Hewson et autres, qui prétendaient avoir trouvé des vaisseaux lymphatiques se rendant directement au canal thoracique. Il affirme avoir toujours vu les vaisseaux lymphatiques traverser un ou plusieurs ganglions (1).

C'est dans l'épaisseur des ganglions qu'ont lieu les communications les plus multipliées entre les vaisseaux lymphatiques: ainsi, en injectant les vaisseaux afférents d'un ganglion, on voit le mercure sortir par les vaisseaux efférents du môme organe. Il arrive souvent que, pendant l'injection d'une glande lymphatique, le mercure passe non-seulement dans les vaisseaux efférents, mais même dans les vaisseaux afférents de cette glande. Il n'est même pas rare de voir le mercure remplir, soit les vaisseaux afférents, soit les vaisseaux efférents qui se rendent aux ganglions voisins, en sorte qu'il suffit d'injecter un vaisseau lymphatique pour voir se remplir un nombre plus ou moins considérable de vaisseaux et de ganglions du voisinage (2).

On a cherché à établir un rapport entre la capacité totale du système lymphatique et celle du système veineux et du système artériel ; mais tout ce qu'on a dit sur ces rapports de capacité n'est fondé sur aucun fait positif. L'extrême dilatabilité des lymphatiques et des veines rend toute appréciation impossible. Je ferai d'ailleurs observer que, malgré toutes les recherches laborieuses aux-

(1) J'ai vu assez souvent des vaisseaux lymphatiques se terminer brusquement en culde-sac le long d'un membre. Cette disposition est-elle normale ? Il est plus que probable qu'elle est le fait d'une maladie antérieure du membre, ou peut-être d'une inflammation du vaisseau lymphatique lui-môme. Dans tous les cas que j'ai observés, le vaisseau lymphatique décrivait une courbe et devenait flexueux au moment de son interruption.

(2) Il y a beaucoup de variétés à cet égard, ce qui tient peut-être moins à des variétés anatomiques qu'à un état morbide des ganglions lymphatiques. Règle générale, tout ganglion induré est impropre à l'injection.

DES VAISSEAUX LYMPHATIQUES

quelles on s'est livré, nous ne connaissons probablement encore qu'une partie du système lymphatique (1).

3° Terminaison des vaisseaux lymphatiques.

Suivant les idées aujourd'hui généralement reçues, tous les vaisseaux lymphatiques se rendent, en définitive, à deux troncs, le canal thoracique et la grande veine lymphatique droite, celle-ci recevant la lymphe du membre supérieur droit et de la moitié droite de la tête, du cou et du thorax, le canal thoracique étant l'aboutissant des vaisseaux lymphatiques de toutes les autres parties du corps. A ces deux troncs viennent se rendre successivement les vaisseaux lymphatiques, à la manière des barbes d'une plume sur leur tige commune. Ces deux troncs s'ouvrent eux-mêmes, le canal thoracique dans la veine sous-clavière gauche, à l'angle de réunion de cette veine avec la jugulaire interne, la grande veine lymphatique dans la sous-clavière droite; d'où il résulte que le système lymphatique peut être considéré comme un appendice du système veineux.

Mais le canal thoracique et la grande veine thoracique droite sont-ils, malgré leur petit calibre, les seules terminaisons de tout le système lymphatique?

Fohmann et Lauth admettent, indépendamment du mode de terminaison généralement indiqué, 1° une terminaison directe des radicules lymphatiques dans les radicules veineuses : cette terminaison aurait lieu dans l'épaisseur même des organes ; 2° une communication des vaisseaux lymphatiques avec les veines dans l'épaisseur des ganglions lymphatiques.

En présence du petit calibre du canal thoracique et de la grande veine lymphatique comparativement à la masse des vaisseaux lymphatiques et surtout à l'étendue du phénomène de l'absorption, cette opinion, examinée àpriori, semblait réunir en sa faveur un grand nombre de probabilités. Mais elle est loin d'être démontrée anatomiquement. Pour ce qui est des radicules lymphatiques, déjà nous avons vu qu'elles n'ont aucune communication avec les radicules des vaisseaux sanguins. Quant à une communication entre les vaisseaux lymphatiques et les veines dans l'épaisseur des ganglions lymphatiques, soupçonnée par plusieurs anatomistes, qui avaient vu passer dans les veines abdominales le mercure injecté dans les vaisseaux lymphatiques lombaires, cette communication doit être attribuée à une rupture opérée dans l'épaisseur des ganglions, ainsi que l'avaient déjà établi Hewson, Cruikshank et Mascagni, et comme il ressortira plus nettement de l'étude de la structure des ganglions lymphatiques (2).

(1) Les vaisseaux lymphatiques, ordinairement si ténus qu'ils échappent à l'œil de l'observateur, sont remarquables par le développement qu'ils peuvent acquérir. Ainsi, sur une pièce que m'a présentée Amussat, j'ai vu des lymphatiques de l'aine gros comme le pouce; chez des femmes mortes à la suite de péritonite puerpérale, j'ai trouvé les vaisseaux lymphatiques qui rampent sous le péritoine de l'utérus et dans l'épaisseur des couches superficielles de cet organe, les vaisseaux lymphatiques ovariens, ceux qui occupent l'épaisseur des ligaments larges, du volume d'une plume d'oie, et môme plus considérables encore, avec des renflements et des rétrécissements alternatifs, en sorte qu'au premier abord on aurait pu croire que chacune de ces ampoules purulentes constituait un véritable abcès. (Voy. Anatomie pathologique du corps humain, avec planches, 13e livr.)

(2) Fohmann objecte que cette communication s'effectue sous l'influence de pressions

Terminaisondes vaisseaux lymphatiques dans le canal thoracique et dans la grande veine lymphatique droite, le système lymphatique est un appendice du système veineux.

Fohmann et Lauth admettent deux modes de terminaison autres que celui généralement indiqué.

Aucun fait ne démontre la communication des radicules lymphatiques a\ec lesradicules veineuses.

cation des ques avec les veines dans l'épaisseur des ganglions.

Faits et raisonnement invoqués à l'appui de cette communication.

ANGEIOLOGIE.

Suivant Lippi, de Florence, il y aurait, indépendamment de la communication généralement admise entre les vaisseaux lymphatiques et le système veineux par le canal thoraeique et par la grande veine lymphatique gauche, une foule de communications directes entre les vaisseaux lymphatiques et la veine porte, la veine honteuse interne, les veines rénales, la veine cave ascendante et l'azygos. Cette opinion a trouvé peu de partisans (1).

Faits contraires à cette communication.

Probabilités en faveur de l'opinion

de Lippi.

11 n'est pas démontré que les vaisseaux lymphatiques communiquent directement avec les veines dans diverses parties du corps.

4° Texture des vaisseaux lymphatiques.

Les capillaires lymphatiques se distinguent par leur largeur, qui est bien plus

trop peu considérables pour qu'elle puisse être rapportée à une rupture ; que les extravasations sont faciles à reconnaître et qu'alors le mercure s'infiltre dans le tissu cellulaire bien plus aisément qu'il ne pénètre dans les veines. Pourquoi, dans l'hypothèse d'une rupture, le mercure ne passerait-il jamais des lymphatiques dans les artères ? Il rapporte, d'ailleurs, à l'appui de son opinion, un nombre considérable de faits qui établissent que l'injection poussée dans les ganglions lymphatiques sort tantôt par les vaisseaux lymphatiques seulement, tantôt par les veines seules, tantôt à la fois par les vaisseaux lymphatiques et par les veines. Il dit avoir vidé, sur un cheval qu'il venait de sacrifier pendant la digestion, les veines qui sortaient d'un ganglion mésentérique ; ayant replacé les intestins dans l'abdomen, il trouva des stries de chyle dans les veines. Enfin, il a vu, chez les oiseaux, les vaisseaux lymphatiques rénaux, qui, chez ces animaux, remplacent les ganglions, s'ouvrir directement dans les veines rénales et sacrées. Lauth a répété les mêmes expériences et a obtenu les mêmes résultats.

Quelque imposante que soit l'autorité des auteurs que je viens de citer, je dois avouer que je suis loin d'être convaincu et que les faits allégués par eux ne me paraissent nullement concluants. J'ai pratiqué un grand nombre d'injections lymphatiques et, dans l'immense majorité des cas, le mercure a passé des vaisseaux lymphatiques afférents dans les vaisseaux lymphatiques efférents et nullement dans les veines. Dans quelques cas, il a passé des ganglions lymphatiques dans les veines ; mais alors les ganglions lymphatiques avaient subi une altération dans leur texture, et plus particulièrement le ramollissement rouge, si éminemment favorable à leur rupture.

(1) Déjà plusieurs anatomistes avaient rencontré des vaisseaux lymphatiques qui s'abouchaient directement dans le système veineux ; tels étaient Walœus, Wepfer, Abraham Kaw, Hebenstreit, Meckel l'ancien, Caldani, Vrolyk. Mais ces faits isolés avaient été considérés par Haller, Mascagni, Sœmmering comme des anomalies, ou comme le résultat de déchirures.

J'étais d'autant plus porté à abonder dans le sens de l'observateur italien, qu'en 1825 j'avais vu de la manière la plus manifeste un gros tronc lymphatique s'aboucher directement dans la veine iliaque externe ; qu'il me paraissait rationnel d'admettre que les communications entre le système lymphatique et le système veineux ne devaient pas être restreintes à la veine jugulaire interne et à la veine sous-clavière ; que les communications admises par Fohmann et Lauth n'étaient pas démontrées; que la ligature du canal thoraeique ne fait pas mourir tous les animaux auxquels on la pratique, lors même que ce canal n'est pas bifurqué ; qu'enfin on a trouvé le canal thoraeique oblitéré sans graves accidents, chez plusieurs individus. Comment admettre, d'ailleurs, que le canal thoraeique et la grande veine lymphatique droite répondent à la totalité des vaisseaux lymphatiques ?

Toutefois, je dois à la vérité de dire que les recherches les plus minutieuses et les plus répétées que j'aie pu faire à cet égard ne m'ont conduit à aucun résultat confirmatif des travaux de Lippi ; que, ses planches sous les yeux, j'ai cherché des communications dans tous les points qu'il a indiqués, et que je n'en ai trouvé aucune. Je suis donc forcé de conclure, avec Rossi, Fohmann et autres, que les vaisseaux que Lippi a considérés comme des lymphatiques s'ouvrant dans différents points du système veineux ne sont probablement autre chose que des veines.

DES VAISSEAUX LYMPHATIQUES

grande que celle des capillaires sanguins, et par la ténuité extrême de leurs parois, formées exclusivement de cellules juxtaposées. Ces cellules, qui ne se voient bien que par l'emploi du nitrate d'argent, sont fusiformes ou polygonales, suivant la largeur du vaisseau; elles ont des bords ondulés et non garnis de pointes.

On peut, avec Teichmann, placer le commencement des vaisseaux lymphatiques au point où apparaissent les valvules, ce qui a lieu, d'après Kœlliker, sur des vaisseaux de 0mm,02 de diamètre.

Les parois des vaisseaux lymphatiques, quoique fort minces, sont extrêmement résistantes : suivant Lauth, les lymphatiques du membre inférieur supportent, sans se rompre, une pression de trois à quatre pieds de mercure. Ils sont beaucoup moins extensibles et plus élastiques que les veines : lorsque le canal thoracique ou un autre vaisseau lymphatique, distendu par un liquide, est piqué, il revient immédiatement sur lui-même et chasse son contenu, qui s'échappe quelquefois en jet.

Trois tuniques superposées composent la paroi des vaisseaux lymphatiques, comme celle des autres vaisseaux. Cette texture est surtout évidente sur le canal thoracique. Au voisinage des radicules lymphatiques, les tuniques deviennent de moins en moins distinctes et finissent par se réduire à une membrane en apparence amorphe, dans laquelle se voient quelques noyaux.

La tunique externe est composée de faisceaux longitudinaux de tissu conjonctif, entre lesquels se rencontrent des réseaux de fibres élastiques fines et des fibres musculaires lisses, en nombre variable ; ces dernières sont longitudinales ou obliques. Aux membres, ces faisceaux musculaires s'observent déjà sur des vaisseaux de 0mm,02 de diamètre.

La tunique moyenne est formée de fibres musculaires transversales, mélangées de fibres élastiques fines ayant la même direction.

La tunique interne présente une couche de cellules épithéliales allongées, reposant sur une membrane élastique, dont l'épaisseur est de 0",m,01 à 0mm,02. et dont les fibres, en général très-fines, affectent la direction longitudinale.

Des vaisseaux artériels et veineux se distribuent dans les parois des vaisseaux lymphatiques ; on n'y a pas démontré de nerfs.

■•Les vaisseaux lymphatiques sont pourvus de valvules bien plus multipliées que celles des veines. Ces valvules sont paraboliques et offrent un bord adhérent du côté des extrémités, un bord libre du côté du cœur ; elles sont généralement disposées par paires et très-rapprochées, comme l'indique la forme noueuse de ces vaisseaux, de manière à occuper toute la circonférence du vaisseau, à se rencontrer par leur bord libre en s'abaissant et à oblitérer complètement le vaisseau.

En général, ces valvules sont assez fortes pour s'opposer au cours rétrograde de la lymphe et, par conséquent, aux injections pratiquées des troncs vers les radicules. Cependant Hunter a insufflé tous les vaisseaux lactés par le canal thoracique et Haller a rempli tous les vaisseaux lymphatiques du poumon par la partie supérieure de ce même canal. Marchettis dit avoir injecté la totalité des lymphatiques par le réservoir de Pecquet. Nous avons vu que les valvules des vaisseaux lymphatiques offrent moins de résistance au voisinage des capillaires que dans les gros troncs.

Les valvules sont plus nombreuses dans les vaisseaux lymphatiques superficiels des membres que dans ceux qui occupent les espaces intermusculaires.

Trois membranes constituent les parois des vaisseaux lymphatiques.

Tunique externe.

Tunique moyenne.

Tunique interne.

Valvules.

Elles s'op posent a l'injection

dans un sens opposé à celui de la

circulation.

Répartition.

ANGEIOLOGIE.

Structure

Relativement rares dans les vaisseaux de la tête et du cou, elles sont très-rapprochées dans le réseau des parois de l'intestin. Elles m'ont paru manquer dans le canal thoracique, ou du moins elles ne s'y trouvent qu'en très-petit nombre. Les valvules lymphatiques, comme les valvules veineuses, sont formées par une duplicature de la membrane interne, comprenant entre ses deux feuillets, près de son bord adhérent, une couche de tissu conjonctif.

Ganglions lymphatiques.

Leur situation.

Nombre.

Volume.

Couleur.

Ferme.

Structure

Opinions anciennes.

5° Des ganglions ou glandes lymphatiques.

Laissant de côté tout ce qui est relatif aux follicules clos du tube digestif, de la rate et du thymus, dont la structure et les connexions avec le système lymphatique ont été étudiées précédemment, nous nous occuperons ici exclusivement des ganglions lymphatiques proprement dits.

Sylvius a, le premier, séparé ces organes, sous le nom de glandes conglobées, des organes glanduleux proprement dits, qu'il appelle glandes conglomérées. Chaussier a désigné ces petits corps ou renflements sous le nom de ganglions lymphatiques, d'après Sœmmering, qui leur avait trouvé une certaine analogie avec les ganglions nerveux.

Situés sur le trajet des vaisseaux lymphatiques, les ganglions peuvent être considérés comme des espèces de centres auxquels aboutissent un certain nombre de vaisseaux dits afférents, et desquels partent un nombre généralement inférieur de vaisseaux efférents. Ceux des extrémités sont accumulés principalement au niveau de la racine des membres, sur la face qui répond à la flexion (pli de l'aine, creux de l'aisselle) ; les ganglions du thorax, de l'abdomen, de la tête et du cou sont couchés le long de la colonne vertébrale et des gros vaisseaux ; ils occupent l'épaisseur du mésentère, des médiastins, la racine des poumons, etc.

Le nombre des ganglions lymphatiques est considérable, mais ne présente rien de fixe ; il varie, en effet, suivant les individus.

Leur volume varie depuis celui d'un grain de millet jusqu'à celui d'une grosse aveline. Les plus petits occupent l'épiploon ; les plus gros, la racine des poumons. Les maladies les développent prodigieusement. Leur couleur, généralement d'un gris rougeàtre, est noire à la racine des poumons ; leur fortne est irrégulièrement sphéroïdale, plus ou moins aplatie ; leur consistance, assez ferme, rappelle celle du foie.

Les glandes lymphatiques, très-développées chez l'enfant, diminuent de volume par les progrès de l'âge, mais sans disparaître jamais complètement chez le vieillard, contrairement à l'opinion de Mascagni et de Ruysch.

Structure des glandes lymphatiques. A une époque encore peu éloignée et avant l'application du microscope aux études histologiques, la méthode grossière des injections mercurielles, généralement usitée, avait fait constater ou créé dans l'intérieur des glandes lymphatiques un système de cavités en communication directe avec les vaisseaux afférents et efférents, et que les uns interprétaient dans le sens de pelotons de capillaires lymphatiques, les autres dans celui d'un tissu spongieux ou caverneux, analogue à celui des organes génitaux. Depuis lors, des procédés plus délicats ont montré que la structure des glandes lymphatiques est beaucoup moins simple et qu'outre les cavités dans lesquelles peut s'épancher et circuler la lymphe, ces organes possèdent un véritable parenchyme, comparable à celui de toutes les glandes. Parmi les nombreux tra-

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