STRUCTURE DES GLANDES LYMPHATIQUES
ou moins solidement et sont traversées par des capillaires sanguins, comme les follicules clos de l'intestin, de 0ram,006 à 0mm,009 de diamètre.
Les mômes cellules se rencontrent dans les parties transparentes, mais elles y semblent plus libres ; en effet, elles peuvent être écartées au moyen d'un pinceau ou entraînées par un courant de liquide ; elles laissent alors des espaces traversés par un réseau assez lâche et qui ont été désignés sous le nom de canaux ou voies lymphatiques. Ils s'étendent au-dessous de l'enveloppe de la glande, où ils forment le sinus lymphatique et envoient des prolongements anastomosés le long des cloisons, autour des follicules et des cordons médullaires ; ils constituent, par conséquent, dans toute la glande un système de canaux réticulés, dans lesquels les cellules lymphatiques se meuvent avec facilité.
Une injection poussée par les lymphatiques afférents remplit facilement le sinus périphérique et les voies lymphatiques, auxquels elle reste limitée lorsqu'elle a une certaine consistance. Quand, au contraire, elle est très-fluide ou ne tient en suspension que des granulations très-fines, elle envahit également les follicules et les cordons médullaires ; mais on reconnaît toujours qu'elle parvient à ces derniers par l'intermédiaire des voies lymphatiques et qu'elle envahit les follicules de la périphérie vers le centre.
Des communications existent donc entre les follicules et cordons folliculaires et les voies lymphatiques, et rien ne s'oppose à ce que des cellules développées dans les premiers et devenues libres passent dans les secondes comme parties constituantes de la lymphe.
Les follicules de la substance corticale reçoivent des vaisseaux sanguins en assez grand nombre, dont les uns proviennent de la membrane d'enveloppe, les autres, plus nombreux en général, de la substance médullaire. Les premiers cheminent dans l'épaisseur des cloisons inter folliculaire s et fournissent un réseau capillaire intra-alvéolaire. Les seconds, d'un calibre très-variable, se divisent en une foule de rameaux avant de pénétrer dans la substance corticale, et, se ramifiant encore dans l'intérieur des alvéoles, forment dans les portions périphériques des follicules un réseau capillaire à larges mailles, analogue à celui des follicules qui composent les glandes de Peyer. Les vaisseaux qui constituent ces réseaux présentent une membrane propre, revêtue, en dehors, d'une sorte de tunique adventice qui se continue par sa surface externe avec le réseau intra-alvéolaire et qui semble résulter d'une condensation de ce réseau à la surface des artérioles ; d'autres fois, ces vaisseaux sont entourés lâchement d'une sorte de gaîne homogène, laissant entre elle et la paroi vasculaire un espace plus ou moins large, dans lequel se voient des cellules lymphatiques.
La substance médullaire est surtout développée chez les jeunes sujets et dans les glandes profondes, particulièrement dans celles qui sont annexées au tube digestif. Examinée sur une coupe très-mince, après injection préalable des artères et des veines, elle présente un aspect réticulé. A part les prolongements des follicules de la substance corticale, c'est un assemblage trèsserré de canaux ramifiés [canaux lymphatiques), unis entre eux en forme de réseau et dont chacun renferme un ou plusieurs vaisseaux sanguins (artère, veine ou capillaire).
Les canaux lymphatiques offrent de grandes différences de calibre, non-seulement quand on les compare entre eux, mais encore dans les divers points de leur trajet; on y voit fréquemment des renflements, des rétrécissements, qui les
Vaisseaux sanguins.
Substance médullaire.
Canaux lymphatiques.
sanguins dans les canaux lymphatiques.
rendent très-irréguliers, et c'est leur distribution à travers toute la masse de la substance médullaire qui donne à celle-ci un aspect spongieux.
Les canaux lymphatiques contiennent des cellules lymphatiques plus ou moins abondantes et ne différant nullement de celles qu'on observe dans les follicules de la substance corticale.
A l'exception des artères et veines les plus volumineuses, tous les vaisseaux sanguins de la substance médullaire et leurs ramifications sont contenus dans l'intérieur des canaux lymphatiques. Il est à remarquer que ces vaisseaux manquent tous de tunique externe ; il s'ensuit que la paroi du canal lymphatique représente, à l'égard du vaisseau sanguin qu'elle entoure, une tunique adventice écartée de la tunique moyenne et séparée d'elle par un espace rempli de lymphe, disposition qui rend extrêmement faciles les échanges de matériaux entre ce liquide et le fluide sanguin. Il n'existe, d'ailleurs, aucun rapport contant entre le calibre des canaux lymphatiques et celui des vaisseaux sanguins qu'ils enferment.
Les vaisseaux lymphatiques afférents, uniques ou multiples pour chaque glande, ont en général la même structure que les veines de même calibre, et se font remarquer par le grand nombre de leurs valvules.
En traversant l'enveloppe de la glande, ils se ramifient près du hile et forment un réseau avant de communiquer avec les conduits de la substance médullaire ; ils s'ouvrent directement dans le sinus lymphatique périphérique, et leur épithélium se continue avec celui qui revêt les parois de ce sinus. Celui-ci, à son tour, communique avec les conduits réticulés ou intracaverneux (voies lymphatiques) de la substance médullaire, et aussi, en partie, avec les alvéoles de la substance corticale : la matière injectée envahit d'abord la périphérie du follicule, puis sa partie centrale, en s'.épanchant entre les éléments qui le composent, et non dans l'intérieur du réseau intrafolliculaire. Des alvéoles, elle passe dans les canaux lymphatiques de la substance médullaire, autour des vaisseaux sanguins qui y sont enfermés, et ces canaux la conduisent dans d'autres alvéoles, qui étaient restés libres d'injection.
Les vaisseaux effèrents présentent la même structure. Leur point d'émergence est quelquefois marqué par une dépression, à laquelle aboutissent également les vaisseaux sanguins, et qui, par conséquent, peut être désignée sous le nom de hile; mais le plus souvent rien de semblable n'existe, et alors les vaisseaux afférents et effèrents ne peuvent être distingués les uns des autres que pendant l'injection et par la direction de leurs valvules.
PREPARATION1 DES VAISSEAUX LYMPHATIQUES
Pour injecter au mercure le réseau lymphatique initial, il faut piquer très-superficielle ment les surfaces libres cutanées, séreuses ou muqueuses. Lorsque l'injection réussit, le mercure passe de ce réseau dans les vaisseaux qui en émanent, arrive jusqu'aux ganglions lymphatiques, pénètre même dans plusieurs séries de ganglions et quelquefois remplit jusqu'au canal thoracique.
La multiplicité et la disposition des valvules ne permettent pas d'injecter les vaisseaux apportés par iympiiatiques du centre vers la périphérie; j'ai vainement tenté un grand nombre de fois cette injection, en introduisant le tube à injection dans le canal thoracique, et cependant il paraît que les valvules finissent quelquefois par céder à une pression un peu forte, puisque Haase et Lauth sont parvenus à démontrer le réseau lymphatique de la peau en poussant la matière à injection du canal thoracique vers les extrémités. Nous avons
Injection du réseau lymphatique.
Obstacles
PRÉPARATION DES VAISSEAUX LYMPHATIQUES
vu, d'ailleurs, que la résistance des valvules est plus facilement vaincue au voisinage des réseaux que dans les troncs lymphatiques.
La ténuité des vaisseaux lymphatiques oblige à se servir d'un tube très-fin. Avant ces dernières années, le mercure était la matière à injection la plus généralement employée ; le poids d'une colonne de mercure haute de 40 à 50 centimètres est une puissance qui suffit dans la grande majorité des cas pour cette injection. La seringue d'Anel convient pour le canal thoracique : on peut injecter ce canal avec une solution d'ichthyocolle, ou bien encore avec du lait, qu'on coagulera par l'alcool.
L'appareil dont on se sert pour injecter les lymphatiques au mercure consiste en un tube de verre à la partie inférieure duquel est adapté un tube de gomme élastique ; ce dernier se termine par un ajutage de métal, muni d'un robinet et dans lequel se fixe un tube de verre étiré à la lampe, à son extrémité libre, en une pointe très-fine. A l'extrémité supérieure du tube de verre est attaché un anneau, à l'aide duquel on peut suspendre l'appareil à une corde, ce qui en facilite singulièrement l'emploi. Il y a trois procédés pour l'injection des vaisseaux lymphatiques. 1° Injection directe. Pour injecter directement les vaisseaux lymphatiques, on découvre un de ces vaisseaux dans le point le plus éloigné du centre, par exemple, pour le membre inférieur, sur la malléole interne ou externe, ou mieux, à l'exemple de Mascagni, au niveau des articulations métatarso-phalangïennes. On pénètre par une ponction dans l'intérieur du vaisseau et on ouvre le robinet : le mercure file immédiatement jusqu'à la glande à laquelle aboutit le vaisseau, et pénètre en même temps dans tous les lymphatiques anastomosés, soit directement, soit indirectement, avec le vaisseau qui a servi de point de départ. Les lymphatiques efférents de la glande ne tardent pas à s'injecter eux-mêmes, et si l'on a la patience d'attendre assez longtemps, ou si l'on a disposé les choses de manière à ce que le tube à injection reste en permanence, on peut obtenir des résultats bien plus étendus, et même, à moins de rupture, injecter jusqu'au canal thoracique. Il faudrait, pour cela, injecter préalablement les veines jugulaires internes, les veines sousclavières et les troncs veineux brachio-céphaliques, afin d'éviter que le mercure ne file dans ces vaisseaux par le canal thoracique et ses dépendances.
On peut aussi, par ce procédé, injecter les capillaires lymphatiques ; on se servira, dans ce but, d'une solution coagulable, telle que la gélatine colorée avec le bleu de Prusse ou le carmin.
2° Injection des vaisseaux lymphatiques par les ganglions. Ce procédé, qui est trèsfacile, consiste à piquer avec le tube capillaire un ganglion lymphatique : tous les lymphatiques efférents qui partent de ce ganglion, de même que toutes les portions du système lymphatique qui communiquent avec ces vaisseaux, seront injectés. Mais ce mode d'injection est évidemment défectueux et ne donne que des résultats très-incomplets, limités à quelques vaisseaux ; en outre, comme nous l'avons dit plus haut, si l'on pique en même temps des vaisseaux sanguins, la matière à injecter file à la fois dans les veines et dans les lymphatiques.
3° hijection par le réseau capillaire. Le meilleur procédé et en même temps le plus facile consiste à injecter, en piquant au hasard, le réseau lymphatique capillaire de la peau ; c'est le procédé suivi par Fohmann, Panizza, Arnold. Pour ce qui est des radicules lymphatiques, j'ai injecté, à la manière de Mascagni, un liquide coloré dans le tissu cellulaire et dans les cavités séreuses sur des animaux vivants ou sur un animal récemment mort, dans l'espérance que l'absorption ferait passer ce liquide dans les vaisseux lymphatiques et mettrait le réseau en évidence ; j'ai injecté successivement de l'encre, des liquides colorés avec des matières solubles dans l'eau, du mercure : aucun de ces essais ne m'a réussi.
Quant au choix des sujets, ceux dont le tissu cellulaire est médiocrement infiltré ont des vaisseaux lymphatiques bien plus apparents que ceux qui sont parvenus à un grand état de maigreur. Les sujets gras sont les plus mauvais de tous. Les enfants et les adultes sont préférables aux vieillards. C'est surtout chez les enfants, depuis la naissance jusqu'à l'âge de 5 à 6 ans, que réussit l'injection du réseau lymphatique capillaire.
Tubes capillaires.
Appareil à injection.
Manière de s'en servir.
Choix des sujets.
CutVEiLiiiEK et Sée, J>c édition.