‹ Traite d'anatomie descriptiveChapitre 152 sur 282 · GRANDE VEINE LYMPHATIQUE DROITE · texte numérisé non relu

GRANDE VEINE LYMPHATIQUE DROITE

cède son embouchure dans la veine sous-clavière gauche. Le canal thoracique n'augmente donc pas de volume en raison des branches qu'il reçoit, et c'est là sans doute une des particularités les plus remarquables de sa disposition.

Il n'est pas rare de voir le canal thoracique se diviser, dans son trajet, en plusieurs branches qui forment une sorte de réseau. Theile a rencontré une fois, au niveau de la sixième vertèbre dorsale, une sorte de plexus fusiforme, simulant un ganglion lymphatique {Encyclopédie anat., t. III, p. 675). Souvent aussi le canal thoracique se bifurque ; tantôt la division n'occupe que la terminaison de ce vaisseau, et les deux branches se jettent, l'une, dans la sous-clavière gauche, l'autre, dans la jugulaire interne ou dans la sous-clavière droite; tantôt le canal thoracique est divisé dès son origine. Sandifort a vu partir de la citerne deux branches, dont l'une suivait le trajet accoutumé et dont l'autre passait sous l'aorte, se dirigeait à gauche et s'ouvrait dans la première au niveau de sa courbure terminale. Sœmmering, Cruikshank, Otto ont trouvé le canal thoracique double.

Le canal thoracique reçoit, à son origine, les troncs lymphatiques des membres abdominaux et du bassin ; dans le thorax, un tronc volumineux qui vient du foie et qui traverse le diaphragme par une ouverture particulière; j'ai vu ce tronc croiser le canal thoracique, au-devant duquel il était placé et qu'il égalait en volume, et venir se jeter dans ce canal au niveau de la cinquième vertèbre dorsale. Il reçoit encore les lymphatiques intercostaux et les vaisseaux efférents des glandes médiastines postérieures.

On a vu le canal thoracique se jeter dans la veine sous-clavière droite, et alors les vaisseaux lymphatiques de la moitié gauche de la tête, du membre thoracique gauche, du poumon gauche et du cœur gauche s'ouvraient isolément dans la veine sous-clavière du même côté.

Valvules. De toutes les parties du système lymphatique, le canal thoracique est celui qui offre les valvules les moins nombreuses et les moins considérables. Les plus remarquables, au nombre de deux, suivant Cruikshank etMascagni, occupent l'embouchure de ce canal dans la sous-clavière ; leur bord libre regarde du côté de la veine, en sorte qu'elles s'opposent à tout reflux du sang veineux dans le canal thoracique. D'après Eustachi, il n'y aurait à ce niveau qu'une valvule unique et circulaire. Le bord libre des autres valvules, quand elles existent, est dirigé en haut, leur bord convexe, en bas; d'où il résulte que la circulation se fait de bas en haut, c'est-à-dire des extrémités vers le cœur. Ces valvules paraissent manquer quelquefois ; il n'existe alors à l'embouchure du canal que des fdaments analogues à ceux qu'on remarque dans le sinus longitudinal supérieur.

Anomalies.

Variétés

anatomi-

ques.

Vaisseaux qui aboutissent au canal thoracique.

Valvules.

B. — Grande veine lymphatique droite ou canal thoracique droit.

On donne ce nom à un gros lymphatique, tronc commun de tous les vaisseaux qui naissent de la moitié droite de la tête, du cou et du thorax, du membre supérieur droit, du poumon droit, du cœur droit, et souvent aussi de la moitié droite du diaphragme et du foie. Ce tronc, qui a tout au plus 2 centimètres de longueur, souvent beaucoup moins, représente la portion recourbée en crosse du canal thoracique et va s'ouvrir dans l'angle de réunion des veines jugulaire interne et sous-clavière droites.

Quelquefois ce tronc commun n'existe pas, et alors les vaisseaux lymphati-

Vaisseaux lymphatiques qu'elle reçoit.

ANGÉIOLOGIE.

ques, qui d'ordinaire le constituent par leur réunion, vont se rendre isolément dans les veines. Au reste, il existe toujours des anastomoses entre le canal thoracique gauche et le canal thoracique droit.

§ 2. — DES GLANDES LYMPHATIQUES DU MEMBRE INFÉRIEUR ET DES VAISSEAUX QUI S'Y RENDENT.

Préparation. Injecter, à la manière de Mascagni. les lymphatiques entre les orteils, au niveau des articulations métatarso-phalangiennes, préparation qui n'offre pas de plus grandes difficultés que l'injection directe des vaisseaux lymphatiques qui rampent entre la malléole interne et la peau.

Un mode d'injection bien préférable, quand il réussit, consiste à injecter le réseau lymphatique de la peau, en piquant au hasard cette membrane sous l'épiderme. Le lieu d'élection, c'est la peau très-fine qui revêt les faces latérales des orteils. Mais pour que cette préparation réussisse parfaitement, il faut que le membre ait été préalablement plongé dans un bain à 32°. M. Bonamy et moi nous avons obtenu une très-belle pièce anatomique en injectant le réseau cutané de la plante du pied chez un enfant nouveauné. Le mercure a filé jusqu'aux ganglions qui longent les vaisseaux iliaques, et même jusqu'au canal thoracique.

Si l'on pique de la même manière la peau du scrotum et la muqueuse qui revêt le gland, chez l'homme, la peau et la muqueuse des grandes lèvres, la muqueuse des petites lèvres et du clitoris, chez la femme, le mercure arrivera aux ganglions lymphatiques correspondants.

On injectera de la même manière les vaisseaux lymphatiques qui rampent sur la région fessière et dans le tissu cellulaire subjacent aux parois de l'abdomen.

Ganglion tibial antérieur.

Ganglions poplités.

Ganglions inguinaux.

Ganglions superficiels

À. — Glandes lymphatiques.

Les glandes lymphatiques du membre abdominal sont:l° la glande tibiale antérieure; 2° les glandes poplitées ; "i° les glandes inguinales (1).

Le ganglion tibial antérieur est situé à une hauteur variable au-devant du ligament interosseux ; il occupe le plus ordinairement la partie supérieure de ce ligament. Hewson l'a vu au-dessous de la partie moyenne ; Meckel l'a trouvé double. L'existence de ce ganglion n'est pas constante.

Les ganglions poplités sont ordinairement au nombre de quatre; l'un d'eux est situé immédiatement au-dessous de l'aponévrose qui revêt le creux poplité, au niveau de l'embouchure de la veine saphène externe; les trois autres sont plus profonds encore , plus volumineux que les précédents, et varient, du reste, quant à leur position, qui est plus ou moins élevée le long des vaisseaux du creux poplité.

On a divisé les ganglions inguinaux en superficiels et en profonds, séparés par le fascia cribriformis.

Les ganglions superficiels sont les plus nombreux et les plus importants : situés au-dessous du ligament de Poupart, ils occupent le pli de l'aine et sont groupés, en général, autour de l'embouchure de la saphène interne dans la veine fémorale, dans l'espèce d'excavation que limitent, en dedans, les deux adducteurs superficiels, en dehors, le psoas-iliaque. Il n'est pas rare de voir

(1) Chez une femme qui avait une maladie de la peau de la jambe, consistant en un épaississementgangliforme très-douloureux, survenu à la place d'une ancienne cicatrice, j'ai vu un ganglion lymphatique engorgé, situé à la partie interne et inférieure de la cuisse, au-devant du vaste interne, à trois travers de doigt au-dessus du condyle interne du fémur.

Page 1