‹ Traite d'anatomie descriptiveChapitre 181 sur 282 · EVEILLE DEL · texte numérisé non relu

EVEILLE DEL

E. VEiïMSCKEU.S;.

Arachnoïde crânienne ou encéphalique ; feuillet viscéral de la face inférieure de l'encéphale {d'après L. llirschfeld) (").

des lobes postérieurs dn cerveau et se réfléchit du corps calleux sur la face supérieure du cervelet; elle rencontre dans cette réflexion les veines de Galien et se prolonge autour d'elles sous la forme d'une gaine, qui se continue avec l'arachnoïde pariétale au niveau de l'embouchure de ces veines dans le sinus droit. C'est cette gaine que Bichat avait comparée à l'hiatus de Winslow et que l'on considérait, d'après cet auteur, comme le point de départ d'un canal arachnoîdien allant s'ouvrir dans le troisième ventricule

(*) Arachn., arachnoïde. — v. cér., veine cérébrale. — Art. car. int., artère carotide interne. — T. pit. lige pituituire. — Tr. Las., tronc basilaire. — Art. vert., artère vertébrale. — D.-mère, dure-mère. — Chiasm., chiasma.

ARACHNOÏDE.

sous la toile choroïdienne et établissant une communication entre les cavités des ventricules et la cavité de l'arachnoïde.

L'arachnoïde revêt toute la face supérieure du cervelet sans pénétrer entre les lames qui le composent ; parvenue à la grande circonférence de cet organe, elle passe, à la manière d'un pont, d'un hémisphère cérébelleux sur l'autre, et du cervelet sur la face postérieure de la moelle épinière. Dans ce trajet d'un hémisphère cérébelleux à l'autre et du cervelet à la moelle, l'arachnoïde laisse entre elle et les parties qu'elle revêt un espace considérable, réservoir de liquide qu'on peut appeler espace sous-arachnoïdien postérieur (confluent postérieur de Magendie).

c. De chaque côté, l'arachnoïde recouvre la face inférieure du lobe antérieur du cerveau et du ruban olfactif, qu'elle maintient appliqué contre ce lobe en arrière, et auquel elle fournit une enveloppe en avant ; elle passe directement, à la manière d'un pont, du lobe antérieur sur le lobe postérieur, sans s'enfoncer dans la scissure de Sylvius, et du lobe postérieur sur la protubérance et sur le cervelet. Il en résulte de petits espaces sous-arachnoïdiens qui communiquent avec le grand espace sous-arachnoïdien antérieur du cerveau; en sorte que, sur le cadavre, il existe à la base du cerveau, entre l'arachnoïde et la pie-mère, un espace assez considérable, dont le centre est l'excavation médiane de cette base et qui se prolonge, 1° en avant, entre les lobes antérieurs du cerveau ; 2° sur les côtés, le long de la scissure de Sylvius ; 3° en arrière, autour des pédoncules du cervelet. Ce dernier prolongement fait communiquer l'espace sous-arachnoïdien antérieuravec l'espace sous-arachnoïdien postérieur. Tous ces espaces sont remplis de liquide sous-arachnoïdien.

L'arachnoïde se comporte d'une manière uniforme par rapport aux nerfs qu'elle rencontre à la base du cerveau : 1° elle passe sous ces nerfs, qu'elle fixe, par conséquent, d'une manière solide à la face inférieure du cerveau ; 2° dans le lieu où ces nerfs se détachent du cerveau, elle leur fournit une gaine qui les abandonne au moment où ils s'engagent dans les trous de la base du crâne, et se réfléchit sur la face interne' de la dure-mère pour constituer le feuillet pariétal de l'arachnoïde.

Il en est de même des veines que l'arachnoïde rencontre sur son trajet : au moment où elles vont se jeter dans les sinus, l'arachnoïde les enveloppe d'une manière complète, pour passer ensuite sur la dure-mère.

2° Sur la convexité du cerveau, l'arachnoïde s'enfonce dans la scissure médiane de ce viscère, tapisse la face interne des hémisphères et se réfléchit d'un hémisphère à l'autre immédiatement au-dessous du bord libre de la faux du cerveau. Or, comme la faux s'approche bien plus du corps calleux en arrière qu'en avant, il en résulte qu'à leur partie antérieure les hémisphères sont en contact immédiat, ou plutôt ne sont séparés, dans une certaine étendue, que par la pie-mère.

Au reste, à la convexité comme à la base, l'arachnoïde enveloppe le cerveau en passant, à la manière d'un pont, d'une circonvolution à l'autre, et ne s'enfonce jamais dans l'intérieur des anfractuosités. 11 en résulte que toutes les anfractuosités sont converties en autant d'espaces prismatiques, communiquant entre eux et traversés seulement par des filaments de tissu conjonctif. Ces espaces sont remplis par le liquide céphalo-rachidien.

Le tissu cellulaire qui unit l'arachnoïde à la pie-mère est séreux, extrêmement délié, et permet aisément la séparation de ces deux membranes, excepté

Espace sous-arachnoïdien postérieur.

2° De chaque côté de la ligne médiane.

Mode de communication des deux espaces sous-arachnoïdiens.

Disposition

de l'arachnoïde

autour des nerfs.

Autour des veines.

Trajet de l'arachnoïde sur la convexité du cerveau.

Trajet d'une circonvolution à l'autre.

Ténuité du

tissu cellulaire sous-arachnoïdien.

NEVROLOGIE.

Tissu

fibreux

sous-arach-

nuïdien.

Mode cl a continuité de l'arachnoïde pariétale et del'arach-

nuïde \iscérale.

Le canal arachnoïdien de

Bicliat n'existe pas.

dans les cas d'inflammation. Une insufflation d'air sous l'arachnoïde révèle toute la ténuité de ce tissu cellulaire.

Dans quelques parties de son trajet, l'arachnoïde est doublée par du tissu fibreux qui lui donne une grande résistance. Cette particularité s'observe surtout au niveau des grands sillons du cerveau. Ainsi, on la rencontre au pourtour du grand espace sous-arachnoïdien antérieur, où le tissu conjonctif constitue comme un cercle fibreux très-résistant, circonscrivant le trapèze artériel de la base du cerveau. C'est ce même tissu qui maintient les diverses parties de la base de l'encéphale dans leurs rapports, lors même que celui-ci, retiré de la boîte osseuse du crâne, repose sur sa convexité.

B. Feuillet pariétal de Varachnoide. La face interne de la dure-mère est revêtue, avons-nous dit, par une simple couche de cellules épithéliales polygonales, qui seule constitue tout le feuillet arachnoïdien pariétal des auteurs (•))-. Ce feuillet ne mérite donc point une description spéciale.

Reste maintenant à déterminer le mode suivant lequel se continuent entre elles l'arachnoïde pariétale et l'arachnoïde viscérale. Nous avons vu que l'arachnoïde fournit des gaines à chacun des nerfs qui se détachent de la base du cerveau et aux veines qui vont se rendre aux divers sinus. Ces gaines ont à peine pénétré dans les conduits fibreux que leur fournit la dure-mère qu'elles se terminent immédiatement par la réflexion de l'arachnoïde sur la dure-mère; il en résulte que l'arachnoïde forme une espèce de cul-de-sac au niveau de l'origine de chaque gaine fibreuse de la dure-mère. Pour bien voir la disposition infundibuliforme de ces gaines arachnoïdiennes, il convient de les étudier au moment où l'on renverse le cerveau d'avant en arrière pour couper les nerfs qui le fixent à la base du crâne : le tiraillement qu'éprouve chaque gaine par le fait de ce renversement la rend très-manifeste.

Les plus remarquables de ces gaines sont celle que reçoivent les nerfs facial et auditif, gaine qui se prolonge jusqu'au fond du conduit auditif interne, et celle du nerf olfactif, qui s'étend, de chaque côté, sous la lame criblée de l'ethmoïde. Une gaine semblable est fournie à la tige pituitaire. La rupture de ces gaines, dans les cas de fracture de la base du crâne, explique l'écoulement continu de liquide céphalo-rachidien qui. a lieu quelquefois dans ces circonstances.

L'arachnoïde ne se prolonge pas dans l'intérieur des ventricules, en passant au-dessous du bord postérieur du corps calleux. Le canal arachnoïdien dit canal de Bichat n'existe pas : il est le produit artificiel de l'expérience môme qu'on fait pour le démontrer (2).

(1) Les collections de sang qu'on a dit avoir rencontrées entre le feuillet arachnoïdien et la dure-mère ont leur siège entre ce feuillet et une membrane de nouvelle formation offrant les apparences d'une membrane séreuse, ainsi que l'a démontré M. Baillarger sur plusieurs pièces qu'il a présentées à la Société anatomique.

(2) Voici les propres paroles de Bichat relativement à ce prétendu canal :

« Le cerveau étant découvert et en place, on soulève doucement chaque hémisphère « en arrière, l'écartant un peu en dehors : les veines de Galien paraissent alors, sortant « du canal qui les embrasse, et dont l'orifice ovalaire est très-apparent. Quelquefois " cependant les bords de cet orifice embrassent tellement les veines, qu'on ne peut les « distinguer que par une petite fente située d'un côté ou d'autre, et on croirait, au pre- « mier coup d'œil, qu'il y a continuité. Glissez alors un stylet le long de ces vaisseaux « d'arrière en avant ; quand il aura pénétré un peu, faites-le tourner tout autour: il « dégagera les adhérences, et l'ouverture deviendra très-sensible.

« Pour s'assurer que cette ouverture mène dans le ventricule moyen du cerveau, il

LIQUIDE SOUS-ARACHNOÏDIEN. 365

Si le canal de Biehat n'existe pas, on se demandera s'il y a une autre voie de communication entre les ventricules et la cavité de l'arachnoïde. C'est une question que nous discuterons plus tard.

La structure de l'arachnoïde ne présente rien qui la distingue de celle de la structure pie-mère, à part l'absence de vaisseaux dans son épaisseur et l'existence, à sa ,.^^'j^, surface libre, d'une couche de cellules épithéliales polygonales, analogues à celles que nous avons signalées à la surface de la dure-mère à l'occasion de l'arachnoïde pariétale. On a en vain cherché des nerfs dans l'arachnoïde viscérale.

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