SE
faisceaux réticulés de fibres horizontales, faisceaux qui sont traversés par les faisceaux longitudinaux de la moelle. De cette substance grise partent, en avant, les racines du spinal, dirigées d'abord en arrière, puis en dehors, et remarquables par la largeur des tubes nerveux dont elles se composent. Plus en dehors, on trouve un groupe de cellules ana- t logues, mais plus petites. En dedans, au 9y>M\ niveau des grosses cellules, les cordons «HE latéraux sont divisés en une multitude de 2/ .' -IH|§ faisceaux très-minces par des fibres horizon- 5 taies unies en réseau, qui naissent des cellules et qui se recourbent en arc de ro<s , cercle pour se porter en avant et gagner Vy l'entre-croisement des pyramides : c'est là Ç le commencement de la formation réticulée '3 i ù de Deiters [faisceau intermédiaire) , qui prend Section transversale du bulbe au ni , j. -, . j„„„ i„ „„„„„„,,* veau de la portion supérieure de un grand développement dans le segment „ , • * j - -ri„ 0 ri . I entrecroisement des pyramides moyen du bulbe. La substance grise située m\ m
immédiatement en avant du spinal est formée de grosses cellules : on peut lui donner le nom de noyau des cordons latéraux. Les portions postérieures et externes des cordons latéraux conservent les caractères qu'elles avaient dans la moelle.
La substance grise de la moelle se continue, avec ses caractères et son canal central, dans le segment inférieur du bulbe, mais elle change de forme. Les cornes antérieures restent parfaitement distinctes et présentent les grosses cellules multipolaires habituelles, d'où partent les racines motrices de la première paire cervicale. Mais le passage des fibres entre-croisées des pyramides coupe des cornes de la masse centrale, qui prend une forme triangulaire à sommet antérieur. Les cornes postérieures, qui se portent de plus en plus en dehors par suite de la diminution de volume des cordons latéraux, se renflent considérablement à leur extrémité postérieure, appelée par Clarke tête de la corne, et deviennent très-superficielles au-dessous de l'olive, où leur saillie produit le tubercule cendré de Rolande Elles représentent un amas volumineux de substance grise, de forme sphérique ou piriforme, parfois comme lobule, qui se compose de cellules plus ou moins volumineuses, disséminées dans une masse notable de substance conjonctive, et dont l'aspect est celui de la substance gélatineuse. On y trouve aussi des fibres nerveuses longitudinales et horizontales, généralement fines. La portion interne des cornes postérieures (col, cervix cornu posterions, Clarke) devient de plus en plus étroite et se réduit à une lame très-mince ; de cette lame et de la commissure grise partent de nombreuses fibres qui vont horizontalement en avant, en décrivant des courbes variées, pour concourir à la formation des pyramides.
2° Segment moyen du bulbe. Compris entre la limite supérieure de l'entrecroisement et le bec du calamus, ce segment se compose lui-même de deux portions distinctes, dont la supérieure renferme le commencement des olives,
Racines du spinal.
Substance grise.
Tubercule cendré de Uolando.
Segment moven.
(*) 1 à 18 comme dans la figure 106. — 1S, prolongement que la substance grise centrale envoie dans les pyramides postérieures. — 20, prolongement que la substance grise centrale envoie dans les corps restiformes. — 21, faisceaux des cordons latéraux qui gagnent l'entre-croisement des pyramides; ils sont coupés à leur origine.
NEVROLOGIE.
Portion
inférieure
ilu segment
mo\en.
Formation réticulée.
Section transverse du bulbe, immédiatement au-dessus de l'entrecroisement des pyramides (R,) (*).
tandis que l'inférieure ne présente rien de semblable. Abstraction faite de ces deux noyaux gris, le segment moyen du bulbe est caractérisé principalement par rénorme développement que prend un système de fibres horizontales qui
traversent toute l'épaisseur du bulbe Fig. îos. et qui constituent, avec les fibres ver-
2 tic.des, la formation réticulée.
a. Dans la portion inférieure du segment moyen, on trouve, en avant, les pyramides (17), qui représentent, à la simple vue, deux cordons longitudinaux et parallèles, dont le volume va en augmentant de bas en haut, par suite de l'addition de fibres nouvelles entre les anciennes, et qui sont traversés et entourés par de nombreuses fibres horizontales. Les cordons antérieurs de la moelle (3), situés d'abord au côté externe des pyramides, puis sur leur face postérieure, reprennent ici la position qu'ils occupaient en avant de la masse grise centrale, en arrière des pyramides, sur le prolongement de leur face interne, et séparés seulement par une lame de substance blanche (raphë). Les cordons latéraux (5), qui ont fourni beaucoup de fibres à l'entre-croisement des pyramides, ont notablement diminué de volume. Toujours limités en arrière par les cornes postérieures (11), en avant par les cornes antérieures, très-réduites, ils sont de plus en plus envahis par la formation réticulée (substance réticulaire), réseau de petits faisceaux horizontaux et verticaux dans lequel se perdent, sans limite distincte, les processus réticulaires de la moelle, les cordons latéraux et tout ce qui se trouve en avant de la substance grise centrale, voire même les restes des cordons antérieurs, excepté les pyramides. Dans ce réseau sont disséminées de grosses cellules étoilées, dont les prolongements semblent se joindre aux faisceaux nerveux entre-croisés, et qui sont surtout nombreuses en avantde la substance grise, et plus en arrière, entre le noyau pyramidal et la tête de la corne postérieure. La substance réticulée se compose de fibres curvilignes à convexité antérieure, allant d'une moitié du bulbe à l'autre, de fibres verticales provenant des cordons de la moelle, et de fibres radiées, dirigées du noyau gris central vers la périphérie et appartenant en partie aux racines de l'hypoglosse. Les cordons grêles (6) et restif ormes (4), devenus encore plus larges et moins épais, présentent également des noyaux dans leur intérieur. Enfin la commissure antérieure, qui se montre de nouveau au-dessus de l'entre-croisement des pyramides, commence à prendre les caractères du raplié (23) (Stilling), sur lesquels nous insisterons dans un instant. La substance grise de cette région du bulbe a pris un aspect notablement dif-
(*) 1 à 22, comme précédemment. — 23, raphé. — 24, taches grises dans les cordons latéraux, faisant partie de l'extrémité inférieure des olives. — 25, fibres commissurales arciformes. — 26, fibres radiées des cordons latéraux, renfermant des origines du nerf hypoglosse. — 28, lamelle conjonctive entre les pyramides, d'une part, les cordons antérieurs et latéraux, d'autre part; elle renferme des racines de l'hypoglosse et des vaisseaux sanguins. — 29, vaisseau coupé.
BULBE BACHIDIEN. 417
férent de celui qu'elle présentait dans la moelle. Les cornes antérieures semblent s'être atrophiées de plus en plus et ne forment plus, au côté externe des cordons blancs antérieurs, qu'une mince lame, qui finit par se perdre presque complètement. Les cornes ■postérieures (H) ont conservé la configuration qu'elles avaient plus bas ; mais leur tête tend à s'isoler graduellement de la substance grise centrale pour constituer des noyaux distincts. Cette dernière prend une forme polyédrique; la scissure médiane postérieure (2) se prolonge dans son épaisseur et s'avance peu à peu vers le canal central.
b. Dans la portion supérieure de ce segment, la formation réticulée présente son plus grand développement. Elle occupe tout l'espace compris entre la pyramide, les olives et les corps restiformes, et constitue ce que j'avais désigné sous le nom de faisceaux innommés. Les fibres horizontales de la substance réticulée non-seulement traversent toutes les parties du bulbe (fibres horizontales internes), mais encore forment à sa surface une couche plus ou moins développée, suivant les sujets (fibres horizontales externes, stratum zonale, fibres arciformes). Les premières naissent des noyaux gris des cordons grêles, restiformes et latéraux, se recourbent en arcs
de cercle concentriques et vont Fl§- 109,
gagner le raphé ; d'autres, plus vj u f D
antérieures, s'étendent entre les deux olives, dont elles représentent une commissure. Les secondes, nées en grande partie des noyaux gris des cordons latéraux, se dirigent soit en avant, en contournant la face externe des olives, puis des pyramides, pour gagner le raphé au fond du sillon antérieur ou passer dans la moitié opposée du bulbe ; soit en arrière, en cheminant à la surface dès cordons postérieurs. Un certain nombre de fibres horizontales naissent également des noyaux gris des pyramides et vont rejoindre les fibres arciformes ou le raphé.
Entre les fibres arciformes, on trouve, à la face antérieure de la pyramide et sous la pie-mère, un amas de cellules multipolaires en forme de lamelle recourbée, que Henle a désigné sous le nom de noyau arciforme.
On donne le nom de raphé à un faisceau ou plutôt une lame de fibres antéropostérieures placées sur la ligne médiane et formant une espèce de cloison entre les deux moitiés du bulbe. Dans cette cloison, on constate manifestement la continuité entre les fibres horizontales du côté droit et celles du côté gauche, ainsi qu'un entre-croisement d'une foule de ces fibres, qui, après un certain trajet, deviennent antéro-postérieures. Ces fibres antéro-postérieures, trèsnombreuses, émergent par la scissure antérieure ou entre les faisceaux d'une
Section transversale du bulbe immédiatement audessous du niveau du bec du calamus(R.){*).
Portion supérieure du serment
moyen.
Formation
réticulée de
Deiters.
Commissure des olives.
Raphé.
™ L a C°mme Précédemmeut- — 27, fibres commissurales des olives. - 29, vaisseau coupé. -
30, nbrts nerveuses qu. se trouvent à la face interne du corps dentelé, et qu'on peut suivre dans la commissure de* olives. — 31, fibres nerveuses de la face externe du corps dentelé, qu'elles entourent coneentriquement. - 32, fibres arciformes. XI, racines du spinal.
Cruveilhier et Sée, 5e édition. m. — 27
NEVROLOGIE.
Faisceaux ïadiés.
Noyaux pyramidaux.
Cordons.
Lame
plissée de
olive;.
Pé loncule des olives.
pyramide et se continuent à la surface externe de l'autre pyramide sous la forme de fibres arciformes. Le raplié s'étend de la masse grise centrale au fond de la scissure antérieure, peu profonde à ce niveau. D'abord épais et court, il s'amincit de plus en plus et s'allonge à mesure qu'on s'élève vers la limite supérieure du bulbe. 11 contient des vaisseaux sanguins, qui pénètrent par la scissure antérieure.
Outre ces fibres transversales et antéro-postérieures, on trouve dans ce segment un certain nombre de faisceaux radiés, appartenant aux racines des nerfs hypoglosse et spinal. Celles-ci traversent toute la substance réticulée en croisant les fibres arquées, et vont aboutir à la masse grise centrale, aux cellules de laquelle elles sont unies. Ces faisceaux radiés se font remarquer par le volume de leurs fibres.
Les cordons blancs de la moelle et les pyramides, dissociés par ces fibres transversales unies en réseau, et aussi par la substance grise, sont divisés en petits faisceaux. Les faisceaux longitudinaux des pyramides sont croisés par de nombreuses fibres horizontales et renferment plusieurs amas de substance grise diversement configurés (noyaux pyramidaux) et composés surtout de petites cellules.
Dans l'angle formé par la face postérieure des pyramides et la face externe des restes des cordons antérieurs, apparaît une lame de substance grise transparente, de 0,nra,5 d'épaisseur (noyau pyramidal), repliée à angle droit, analogue d'aspect à la substance gélatineuse et traversée comme elle par de petits faisceaux de fibres qui se continuent, en dedans, avec les fibres transversales des cordons antérieurs, en dehors avec la substance réticulaire. Elle renferme des cellules étoilées moyennes.
Les cordons antérieurs ne présentent rien de particulier. Dans les cordons grêles et restiform.es, les noyaux gris ont encore augmenté de volume ; tandis que les derniers de ces cordons sont à leur tour envahis par la substance réticulée, les premiers se renflent considérablement à la partie supérieure de la région, pour former les éminences mamillaires. Les cordons latéraux, enfin, outre un noyau considérable situé en avant du nerf spinal, renferment les olives dans leur portion externe et antérieure.
La lame plissée des olives est une couche de substance gélatineuse, de 0mm,33 d'épaisseur, très-vasculaire, translucide. L'espace qu'elle circonscrit est clos de toutes parts, excepté à sa partie moyenne et interne, où elle présente une ouverture, sorte de hde par lequel pénètrent des masses serrées de fibres nerveuses. Elle est formée principalement d'une multitude de petites cellules nerveuses jaunâtres, angulaires ou arrondies, munies de trois à cinq prolongements ramifiés et d'un prolongement indivis {prolongement cylindre d'axe, Deiters), et traversées par de petits faisceaux nerveux. La substance blanche qu'elle renferme se compose de fibres nerveuses fines, dont les unes paraissent unies aux cellules, tandis que les autres passent simplement entre elles. La disposition de ces fibres est la suivante : un gros faisceau nerveux transversal (pédoncule des olives), venant de la substance réticulée dans la région du raphé (commissure des olives), pénètre dans l'olive par son orifice interne et la remplit complètement de ses fibres divergentes, dont un grand nombre traversent les cellules de la lame plissée, isolées ou en faisceaux, pour se continuer avec les fibres horizontales, soit arciformes, soit de la substance réticulée. Quelques rares faisceaux verticaux s'observent entre les fibres horizontales qui pénètrent dans le
BULBE RACHIDIEN
Substance
grise centrale.
Noyaux des hypoglosses.
Segment supérieur.
hile. D'autres, plus nombreux, recouvrent la surface externe du noyau olivaire. A son bord interne cheminent les racines de l'hypoglosse.
Un peu en arrière de l'olive et séparé par une couche de substance réticulée se trouve le noyau accessoire de l'olive, lame de substance nerveuse ayant la olive accèsmême structure que l'olive et une épaisseur un peu moindre. Placée transver- so're" salement, ordinairement recourbée, elle s'étend, en dedans, jusqu'aux racines de l'hypoglosse, en dehors à une distance variable de la surface du bulbe; sa hauteur est moindre que celle de l'olive.
La substance grise centrale, qui a augmenté de volume, principalement dans ses portions latérales, conserve toujours sa forme polyédrique ; le canal central se trouve à la réunion des quatre cinquièmes antérieurs avec le cinquième postérieur du diamètre antéro-postérieur du bulbe. En avant de l'angle antérieur de ce canal, sont deux amas arrondis de grosses cellules multipolaires {noyaux des hypoglosses), vers lesquels se dirigent, de chaque côté, les racines de l'hypoglosse (XII) ; plus en arrière, sont deux amas analogues de cellules plus petites (noyaux des deux nerfs spinaux), vers lesquels vont presque en ligne droite les Noyaux des racines supérieures du spinal (XI, fig. 109). Les cornes antérieures ont disparu sPinauxcomme noyaux distincts ; les cornes postérieures, refoulées sur les côtés et en avant du canal central, ont diminué de volume et sont réduites à leur portion
3° Le segment supérieur du bulbe ou la région du quatrième ventricule se distingue des précédents par la disparition à peu près complète de la substance nerveuse en arrière du canal central,
qui se dilate pour former le ventri- - ''"'»■ "°-
cule. Il résulte de cette disparition que la pie-mère, enveloppe extérieure du bulbe, se confond avec l'épendyme qui en tapisse la cavité, et ces deux membranes réunies constituent seules la paroi postérieure ou supérieure du quatrième ventricule (toile choroïdienne inférieure). La substance grise centrale , refoulée sur les côtés et en avant, de môme que les cordons blancs postérieurs, se trouve accumulée sur le plancher du ventricule, immédiatement au-dessous de la
membrane ventriculaire (épendyme). Le noyau du spinal est situé au côté externe du noyau de l'hypoglosse. La tête des cornes postérieures disparaît comme partie distincte; mais sur les parties latérales du plancher, la substance grise s'accumule et forme deux noyaux, dont l'un, interne, appartenant au pneumogastrique, prolonge en haut le noyau du spinal et répond à l'aile cendrée; ce noyau se continue en haut avec le noyau du glosso-pharyngien ; l'autre, externe, forme une masse considérable , avec de nombreuses cellules étoilées plus petites que celles du noyau de l'hypoglosse ; il donne naissance aux racines postérieures de Yacoustique (noyau acoustique supérieur, HenleJ. Les pyramides augmentent de volume à mesure qu'on s'élève vers la protu-
(*) i à ?>l, comme précédemment 33, plancher du 4e ventricule. — 34, portion latérale de la toile
choroïdienne inférieure. — X, racines du pneumo-gastrique. — XII, racines de l'hypoglosse.
JBBF
'•wr-
Yf-
Section tra?isversale du bulbe, au niveau de la portion moyenne du calamus scriptorius (R.) (*).
Toile choroïdienne inférieure.
Noyau du spinal.
Noyau du pneumogastrique.
Noyau de l'acoustique.
NÉVROLOGIE.
Noyau du trijumeau.
Connexions
des
éléments du
bulbe.
bérance, ce qui tient, d'après Kœlliker, aux fibres horizontales qui s'y irradient et se recourbent ensuite pour devenir longitudinales, et aussi à ce que de nouvelles fibres y naissent des noyaux pyramidaux. Dans leur portion supérieure les fibres horizontales font presque complètement défaut.
Les cordons antérieurs semblent augmenter de volume par l'addition de fibres transversales qui y deviennent longitudinales.
Dans les cordons latéraux existe toujours un amas considérable de cellules nerveuses, appartenant à la grosse racine du trijumeau ; ces cellules diminuent graduellement vers la partie supérieure. On ne trouve des faisceaux de fibres longitudinales qu'à la surface des cordons latéraux, d'où ils s'élèvent avec les cordons grêles et restiformes vers le cervelet, et profondément, entre les oliveset les cordons antérieurs, d'où ils passent ensuite dans la protubérance. Les corps restiformes et les pyramides postérieures, confondus ensemble, renferment des noyaux moins volumineux et des cellules disséminées. Les olives présentent la même configuration que précédemment, mais elles sont plus volumineuses. A leur face antérieure cheminent les racines de l'hypoglosse.
Dans ce segment, la formation réticulée présente encore un grand développement ; le raphé, enfin, s'y convertit en une mince cloison, séparant les deux moitiés du bulbe et sur les faces de laquelle on trouve une certaine quantité de substance grise.
III. Connexions des éléments du bidbe. Si nous nous sommes heurté a des difficultés presque insurmontables quand nous avons essayé de déterminer les rapports entre les diverses parties de la moelle épinière, ces difficultés sont encore bien autrement grandes quand il s'agit du bulbe rachidien. Une solution complète de la texture si compliquée de cet organe devrait donner une réponse précise aux questions suivantes : 1° Que deviennent les cordons de la moelle en passant dans le bulbe? 2° Quels sont les rapports des amas de substance grise du bulbe entre eux et avec les autres parties de l'encéphale? 3° Quels sont les rapports des nerfs émergeant du bulbe avec les éléments qui constituent ce renflement?
Quant à la première question, nous avons cherché, dans la section précédente, à suivre aussi fidèlement que possible les cordons de la moelle à travers le bulbe et à montrer les transformations que ces cordons éprouvent. Mais il résulte des recherches de Deiters, confirmées en grande partie par celles de Kœlliker, que les noyaux de substance grise qui apparaissent, dans le bulbe oui plus haut, sur le trajet des fibres des cordons doivent être considérés comme les aboutissants de ces fibres, et que de ces mêmes noyaux naissent ensuite des fibres nouvelles, distinctes des premières par leur diamètre notablement plus petit. Les pyramides, les corps restiformes, le faisceau innominé, au lieu d'être simplement des prolongements des cordons de la moelle, seraient plutôt des parties nouvelles, prenant naissance dans le bulbe et destinées à relier les noyaux gris qui y sont contenus à d'autres amas de substance grise situés plus hauL Cependant, d'après Kœlliker, un certain nombre de fibres provenant de la moelle traverseraient le bulbe sans s'y terminer, et iraient se rendre soit au cerveau, soit au cervelet.
Les connexions du bulbe avec les parties situées plus haut seront examinées plus loin, à l'occasion de la protubérance et des pédoncules cérébraux et cérébelleux. Quant, a celles des noyaux gris du bulbe entre eux, elles sont en grande partie exposées dans ce qui précède. Les olives ont surtout attiré l'attention
BULBE RAGHIDIEN.
Vaisseaux du bulbe.
•des physiologistes, qui ont cru y trouver des organes spéciaux, présidant à des fonctions importantes. Mais, à cet égard, les données de l'anatomie positive sont loin d'être complètement satisfaisantes. Voici quelles sont, sur ce sujet, les conclusions de Kœlliker : « Les olives sont en connexion, lu par une por- « tion de leurs fibres horizontales avec les noyaux des cordons postérieurs; « 2° par une autre portion de ces fibres avec les noyaux du plancher du qua- « trième ventricule; 3° avec les pédoncules cérébelleux... D'ailleurs les olives « sont unies probablement aussi avec les cordons moteurs delà moelle et avec le « cerveau, avec les premiers par les gros noyaux des cordons latéraux, les « noyaux olivaires accessoires et les noyaux des pyramides ; avec le dernier par « les nombreuses fibres transversales qui, au sein de la formation réticulaire, « se recourbent pour devenir longitudinales. » (Kœlliker, 2e édit. franc., p. 386.) Vaisseaux du bulbe. Les artères du bulbe, bien étudiées par M. Duret, peuvent •être distinguées, comme celles de la moelle, en médianes antérieures, médianes postérieures et radiculaires.
Les médianes antérieures pénètrent dans le sillon médian antérieur. Nées de la vertébrale et de la spinale antérieure, elles traversent toute l'épaisseur du bulbe et s'étendent jusqu'au plancher du quatrième ventricule, où elles se ramifient dans la substance grise, après avoir donné sur leur trajet quelques ramuscules ténus à la substance blanche.
Les médianes postérieures proviennent des spinales correspondantes et gagnent le voisinage du canal central, pour se ramifier dans la substance grise.
Les artères radiculaires proviennent des vertébrales et des cérébelleuses inférieures, accompagnent les racines des nerfs jusqu'à leurs noyaux d'origine, auxquels elles sont destinées principalement. Quelques artérioles, enfin, se répandent sur les périphéries du bulbe et se distribuent à ses parties les plus superficielles.
IV. Fonctions du bulbe rachidien. Le bulbe est certainement une des parties les plus importantes de l'encéphale. Comme l'a dit fort bien Schrœder van der Kolk, il n'est point de partie du corps qui soit aussi essentielle que le bulbe pour l'entretien de la plupart des fonctions de la vie, ni qui réunisse dans un espace aussi limité des organes aussi nombreux, aussi importants, jouant le rôle d'autant de centres fonctionnels. C'est dans le bulbe que Flourens a placé le nœud vital. Le bulbe doit cette haute position dans l'organisme: 1° au nombre considérable de noyaux gris qu'il renferme, noyaux d'où partent des nerfs destinés aux organes les plus divers ; 2° aux nombreuses commissures qui relient ces noyaux aux autres organes centraux.
a. De même que la moelle, le bulbe est traversé par les impressions qui vont au cerveau et par les ordres de la volonté qui doivent aboutir aux muscles. Là encore, c'est la partie antérieure de l'organe qui parait affectée à la motricité, •et la partie postérieure à la sensibilité. Mais les voies de cette transmission à travers le bulbe sont-elles directes ou croisées ? Malheureusement nous n'avons encore à ce sujet que des opinions contradictoires.
6. Mais les fonctions les plus essentielles du bulbe sont celles dans lesquelles cet organe agit comme centre d'innervation. A ce point de vue, nous avons à examiner l'influence qu'il exerce :
1° Sur la respiration. Le bulbe rachidien est le foyer central, l'organe régula- Respiration. teur des mouvements respiratoires. Ce fait, connu déjà de Galien, a été mis en lumière par les expériences de Legallois et de Flourens. « La limite du point
Fonctions du bulbe.
Comme conducteur.
Comme centre d'innervation.
NEVROLOGIE.
Mouvements du cœur.
Production du sucre.
Centre réflexe.
central et premier moteur du système nerveux, a écrit ce dernier auteur, se trouve immédiatement au-dessus de l'origine de la huitième paire, et sa limite inférieure, trois lignes à peu près au-dessous de cette origine... C'est toujours d'un point, et d'un point unique, d'un point qui a quelques lignes à peine, que la respiration, l'exercice de l'action nerveuse, l'unité de cette action, la vie entière de l'animal, en un mot, dépendent. » D'un autre côté, Longet a fait voir que l'organe premier moteur du mécanisme respiratoire n'a pas son siège dans toute l'épaisseur de la rondelle ou du segment du bulbe commençant avec la huitième paire et finissant un peu au-dessous. 11 a pu diviser, détruire à ce niveau les pyramides antérieures et les corps restiformes, et voir la respiration persister; au contraire, la destruction isolée du faisceau intermédiaire du bulbe, au même niveau, a produit la suspension instantanée de la respiration. Plus tard, Flourens, précisant davantage le point du bulbe qu'il appelle le nœud ou point vital, le plaça à la pointe du V de substance grise existant sur le plancher du quatrième ventricule. Mais Longet a pu voir sur des lapins ou sur de jeunes chiens dont il avait lésé, à la manière de Flourens, ce point du bulbe, les mouvements respiratoires persister avec leurrhythme ordinaire. « D'autres fois, dit- « il, étant parvenu à diviserexactement sur la ligne médiane le bulbe rachidien, « dans toute sa hauteur, en passant par la pointe du V de substance grise, nous « avions déjà vu antérieurement la respiration continuer avec une certaine ré- « gularité. Il n'en a pas été de môme quand l'incision portait obliquement dans « la profondeur du faisceau gris ou intermédiaire du bulbe: dans ce cas, parti fois la mort a été instantanée, chez les chiens adultes, alors même que la lésion « était unilatérale. » Ceci s'accorde difficilement avec les dernières publications de Flourens, dans lesquelles on lit que le « nœud vital est double, c'est-à-dire formé de deux parties ou moitiés réunies sur la ligne médiane, et dont chacune peut suppléer l'autre. »
2° Sur les mouvements du cœur. En électrisant le bulbe, on détermine l'arrêt du cœur dans le relâchement : cette action est transmise par le pneumo-gastrique .
3° Sur la production du sucre. Les expériences de Claude Bernard ont montré qu'une piqûre pratiquée sur le plancher du quatrième ventricule donne lieu à l'apparition du sucre dans les urines. Ce sucre a son origine dans le foie et s'accumule dans le sang avant de se montrer dans la sécrétion urinaire. La même lésion peut rendre les animaux albuminuriques.
4° Le bulbe est un centre de réflexion pour un grand nombre de mouvements qui s'exécutent à la fois sur les deux côtés de la ligne médiane, tels que les mouvements de la déglutition; c'est aussi le bulbe qui agit comme centre coordinateur dans les mouvements réflexes compliqués qui succèdent aux excitations du tronc chez les animaux décapités, quand le bulbe est conservé.
Protubérance.
La protubé-
I. Conformation extérieure. La protubérance annulaire (1) est cette éminence ranceannu- blanche cuboïde, espèce de bourrelet demi-annulaire, intermédiaire au cerveau Iair? csfd,e et au cervelet, qui occupe la base de l'encéphale, dont elle est en quelque sorte.
l'encéphale.
(1) Le nom de protubérance annulaire lui vient de ce que cette partie de l'encéphale semble embrasser, en manière d'anneau, les prolongements du bulbe rachidien.
PROTUBERANCE.
Fig.lli.
le centre (mésocéphale, Chauss. ; nodus cncephali, Sœmm.). De ce centre partent, en arrière, le bulbe rachidien, en avant, deux gros faisceaux blancs qui vont s'enfoncer dans le cerveau : ce sont les pédoncules cérébraux. De chaque côté, la protubérance se continue sans aucune ligne de démarcation avec un gros faisceau qui va s'enfoncer dans l'hémisphère cérébelleux correspondant et qui porte le nom de pédoncule cérébelleux moyen (1).
Le volume de la protubérance, très-considérable chez l'homme, est toujours en rapport avec le développement des lobes latéraux du cervelet; l'anatomie comparée, l'anatomie du fœtus et les vices de conformation prouvent cette corrélation de la manière la plus positive. 11 y a absence de protubérance lorsqu'il y a absence de lobes latéraux du cervelet (2).
La forme de la protubérance étant cuboïde, nous devrions lui considérer six faces ; mais, comme elle n'est complètement libre que par sa face inférieure, nous n ous con ten terons d'indiquer les autres faces.
1° La face antérieure et inférieure, convexe, revêtue par lapie-mère, dont il est facile de la séparer, repose sur la portion antérieure de la gouttière basilaire.
Obliquement dirigée en avant et en haut, comme le plan incliné de
LLVEiLLE.ÛZl.
Moelle allongée; face inférieure {d'après L. Hirschfeld)
cette gouttière, elle présente sur la ligne médiane un sillon antéro-postérieur, plus large en avant qu'en arrière, qui répond au tronc basilaire, par la présence duquel il semble produit. Cependant je dois dire qu'il n'est pas rare de
(*) Bu b., bulbe — Tub. cend., tubercule cendré de Rolande — Olio., olive. — Pyr. a., pyramide antérieure. — C. rest., corps restiforme. — Péd. cer. m., pédoncule cérébelleux moyen. — Prot. an., protubérance annulaire. — Tiij., nerf trijumeau. — C. gen., corps genouillé. — Péd. c, pédoncule cérébral.
(1) L'homme et les mammifères sont seuls pourvus de protubérance et de pédoncules cérébelleux. Ces parties, qui peuvent être considérées comme la commissure du cervelet, sont rigoureusement proportionnelles au développement des lobes latéraux de cet organe ; aussi l'homme présente-t-il la protubérance et les pédoncules cérébelleux à leur maximum de développement, et les rongeurs à leur minimum. Il n'y a ni protubérance ni pédoncules dans les trois autres classes d'animaux vertébrés (oiseaux, reptiles, poissons), parce que ces animaux sont dépourvus de lobes latéraux du cervelet.
(2) La protubérance, les pédoncules cérébraux, les pédoncules cérébelleux moyens et le bulbe rachidien constituent la moelle allongée de quelques auteurs. Varole avait comparé la protubérance à un pont, sous lequel plusieurs bras de rivière, représentés par les pédoncules et le bulbe rachidien, viendraient se confondre : d'où le nom de pont de Varole (ptms Varoli, pons cerebellï).
Volume de la protubérance.
La protubérance n'est libre qu'à sa face inférieure.
Kace inférieure de la protubérance.
Sillon antéropostérieur.
présente la protubérance et les pédoncules cérébelleux
au maximum de développement.
NEVROLOGIE.
Ce sillon est produit par le relief des pyramides.
Faisceaux transverses de la protubérance.
Ils constituent les pédoncules cérébelleux.
Face supérieure de la protubérance.
rencontrer des sujets chez lesquels le tronc basilaire est dévié à droite ou à gauche, ou bien chez lesquels il est plus ou moins flexueux, et qui offrent néanmoins un sillon médian tout aussi prononcé que de coutume. De chaque côté du sillon médian se voit une saillie longitudinale, déterminée par la pyramide antérieure correspondante, qui soulève les fibres transversales de la protubérance. La profondeur du sillon médian est en rapport direct avec le développement de ces saillies, en dehors desquelles on trouve l'origine apparente des nerfs de la cinquième paire ou nerfs trijumeaux.
Cette face antérieure et inférieure de la protubérance présente, dans toute son étendue, des faisceaux blancs transversalement dirigés, qui semblent se croiser sous un angle très-aigu et qu'on peut, avec Rolando, diviser en trois ordres : 1° les fqisceaux antérieurs, d'abord transversaux, arrivés au bord de la protubérance se réfléchissent en arrière et en dehors, en passant en dehors du trijumeau, pour constituer la partie supérieure et externe des pédoncules cérébelleux moyens ; 2° les faisceaux postérieurs se portent transversalement en dehors vers la partie centrale des pédoncules ; 3° les faisceaux moyens décrivent une courbe demi-circulaire à concavité postérieure, dont les extrémités, voisines des corps restiformes, passent en dedans des nerfs trijumeaux ; ils recouvrent les faisceaux postérieurs en les croisant obliquement, et vont former le bord antérieur des pédoncules cérébelleux moyens. C'est donc entre les faisceaux antérieurs et les faisceaux moyens qu'a lieu l'origine apparente delà grosse racine ou portion sensitive de la cinquième paire. 11 n'est pas rare de voir manquer les faisceaux moyens.
11 suit de là que les pédoncules cérébelleux moyens ne sont autre chose que les
fibres transversales de Flg' ll2' la protubérance con-
densées et contournées surelles-mômes. Légèrement aplatis de haut en bas, ils sont recouverts par les lobules cérébelleux supérieurs; leur face inférieure est en rapport avec le lobule du pneumo- gastrique et avec le nerf acoustique.
2° La face postérieure et supérieure de la protubérance fait partie du plancher du quatrième ventricule. Cette face présente un sillon médian , continuation de celui du bulbe et bordé de deux saillies longitudinales. Elle s'unit par ses bords latéraux aux pédoncules cérébelleux supérieurs. Dans l'angle droit formé par
(*) Ptjr. post., pyramide postérieure. — C. rest., corps restiforme. — Sill. méd., sillon médian. — Sin. rhom., sinus rhomboïdal. - Péd. C. sup., pédoncule cérébelleux supérieur. — Tub. quadr. tubercules quadrijumeaux. — F. triang. lat., faisceau triangulaire latéral de l'isthme.
LHV. û.
Moelle allongée ; face supérieure {d'après L. Hirschfeld) (*).
PROTUBERANCE.
les barbes du calamus avec le sillon médian est un petit tubercule, souvent peu marqué, répondant au coude que forment les racines du facial au-dessous du plancher du quatrième ventricule. Plus en avant est un autre tubercule, arrondi, aplati, qui répond au noyau du facial et du moteur oculaire externe.
3° La face antérieure et supérieure est en grande partie continue aux pédoncules cérébraux, dont elle se distingue et parla direction opposée de ses fibres et par le bourrelet saillant qu'elle forme au-dessous d'eux. Une coupe verticale faite immédiatement au-devant de la protubérance donne une idée exacte des rapports de ces pédoncules avec la protubérance. Cette coupe montre que les fibres antérieures de la protubérance s'infléchissent sur la ligne médiane et qu'elles envoient eqjtre les pédoncules cérébraux un prolongement antéro-postéiïeur, qui se moule autour de chacun d'eux; en sorte que chaque pédoncule est environné comme par une espèce de collier, collier des pédoncules cérébraux. Une petite échancrure de la protubérance répond à ce prolongementinterpédonculaire.
4° La face postérieure et inférieure de la protubérance se continue avec la base du bulbe, dont elle est distincte et par la direction de ses fibres et par le bourrelet qu'elle forme au-dessous de lui. Une coupe verticale faite immédiatement derrière la protubérance donne une idée parfaite de cette disposition. La face postérieure de la protubérance envoie entre les pyramides un prolongement analogue à celui que nous avons vu entre les pédoncules cérébraux, pour constituer le collier des pyramides.
o° Les faces latérales de la protubérance se continuent, sans ligne de démarcation aucune, avec les pédoncules cérébelleux et forment avec eux un seul et môme système de fibres. Les limites latérales de la protubérance, tout à fait artificielles, sont établies par deux plans verticaux et antéro-postérieurs qui passeraient immédiatement en dehors de l'origine apparente des nerfs de la cinquième paire.
IL Texture. La protubérance est composée de faisceaux de fibres nerveuses et d'amas de substance grise.
Les fibres comprennent : 1° les prolongements des faisceaux pyramidaux et de la substance réticulée ; 2° des fibres transversales qui se continuent latéralement avec les pédoncules cérébelleux moyens ; 3° les racines des nerfs qui émergent au bord postérieur et au milieu de la protubérance, c'est-à-dire du facial, du moteur oculaire externe et du trijumeau. Les fibres longitudinales et les fibres transversales, réunies en faisceaux compactes en arrière, se mélangent de plus en plus vers la partie antérieure.
A sa face inférieure, la protubérance présente des fibres blanches transversales, qui se tordent les unes sur les autres pour constituer les pédoncules cérébelleux moyens. Si l'on entame superficiellement la protubérance, on voit sous cette écorce blanche, très-mince près du bulbe, plus épaisse en avant, un peu de substance grise, traversée par les faisceaux blancs. Ces couches inférieures de fibres transversales sont traversées par les racines du nerf moteur oculaire externe, et latéralement par celles du facial et de l'auditif.
Si l'on porte le manche du scalpel sous le bord antérieur de la protubérance et qu'on enlève toute la partie qui déborde le niveau des pédoncules cérébraux, on voit que celte protubérance est traversée par des faisceaux blancs antéropostérieurs qui sont la continuation des pyramides. Réunis en une masse compacte à leur entrée dans la protubérance, ils présentent sur une coupe une forme demi-circulaire, à bord inférieur convexe; plus en avant, cette masse se
Sa face antérieure
et supérieure.
Collier des pédoncules cérébraux.
Sa face postérieure
et inférieure.
Collier des pyramides.
Ses faces latérales.
Texture de la protubérance.
Couche protubéran-
tielle inférieure.
Prolongement des pyramides.
NEVR0L0G1E.
divise en fascicules de plus en plus petits par l'interposition de faisceaux transversaux et de substance grise. Elle semble ainsi augmenter de largeur et d'épaisseur à mesure qu'elle s'élève vers les pédoncules cérébraux, avec lesquels elle Fitr. m.
se continue. Dès leur entrée dans la protubérance, les faisceaux pyramidaux émettent latéralement des fibres qui s'engagent entre les faisceaux transversaux ; près de leur
Fig. 113.
PrJJ.Cl
Bulbe, protubérance et pédoncules cérébraux, face antérieure {d'ajjrès L. Hirschfeld) (*).
Coupe horizontale de la protubérance, au niveau du plan du bulbe et des pédoncules du cerveau ( d'après L. Hirschfeld) (**).
Couche protubéran
tielle supérieure
Substance réticulaire.
Olive supérieure.
face supérieure , ils sont traversés par un nombre considérable de ces faisceaux.
Au-dessus des faisceaux pyramidaux, on trouve une couche défibres transversales {couche protubérantielle supérieure) dans laquelle la substance grise est répandue plus abondamment encore qu'entre les fibres transversales inférieures; cette substance s'étend également sur le côté interne des faisceaux pyramidaux, en dehors du raphé. Celui-ci se compose de fibres transversales entre-croisées, avec des cellules nerveuses disséminées.
La face supérieure du faisceau protubérantiel supérieur est recouverte par la substance réticulaire, prolongement de celle du bulbe et qui s'étend jusque près de la face supérieure de la protubérance (plancher du quatrième ventricule). Elle renferme un amas de cellules jaunâtres d'un certain volume, qui constitue Y olive supérieure, et en dehors duquel cheminent les racines du facial.
(*) Prolongement des fibres des pyramides antérieures (Pyr. a.), à travers la protubérance dans les. pédoncules du cerveau (Péri. d. cerv.)
(**) A droite, les fibres^ transversales superficielles étant enlevées, on aperçoit les fibn s antéro-postérieures de la pyramide (Pyr.), se continuant à travers la protubérance avec le pédoncule cérébral du même côté. — A gauche, les fibres transversales moyennes de la protubérance étant enlevées également, on voit les fibres du faisceau intermédiaire (Faisc. in.) se continuer avec les fibres profondes du pédoncule cérébral et la lamelle perforée médiane. — C. gen., corps genouillé. — Loc. nig., locusniger. — Entrée, entre-croisement des pyramides.
CERVELET
En dehors de ces racines, sont des amas plus petits qui les séparent des racines de l'acoustique.
Enfin cette substance réticulée est elle-même recouverte par une couche finement granulée de substance grise gélatineuse, garnie à sa surface libre de cellules substance
l'iir. tlK.
grise gélatineuse.
Bulbe et protubérance, face supérieure (d'après L. Ilirschfeld)(*).
Bulbe 'et protubérance [d'après L. Hirschfeld) (**).
épithéliales cylindriques et dans laquelle on trouve des groupes de cellules et des tractus fibreux appartenant aux racines nerveuses. Cette couche grise mesure 0mm,25 d'épaisseur. On y distingue, près du raphé, le noyau du facial et du moteur oculaire externe, noyau épais, d'où partent, en dehors les racines du facial, en dedans celles du moteur oculaire externe. Quelques-unes de ces dernières traversent le raphé et passent dans la moitié opposée de la protubérance. Plus en dehors, et un peu en avant, dans l'angle que forme le plancher avec la voûte du quatrième ventricule, se voit le noyau du trijumeau ; formé de grosses cellules jaunâtres, il s'étend en avant jusqu'au locus cœruleus, en arrière jusque près du noyau du facial.
Noyau
du facial
et du
moteur oculaire externe.
Noyau du trijumeau.
Cervelet.
Le cervelet (-ape-^ecpaXiç, Aristote), cerebellum, est cette partie de Tencéphale Le cervelet
qui occupe les fosses occipitales inférieures. 11 existe chez tous les animaux
(*) Section médiane des tubercules quadrijumeaux, de la glande pénéale, et écartement avec les doigts des bords du sillon médian du plancher du 4e ventricule. Apparence d'entre-croisement des fibres au fond de ce sillon. — C. rest., corps restiformes. — Péd. c. in., pédoncules cérébelleux inférieurs. — Péd. c. su., pédoncule cérébelleux supérieur. — 4e vent., quatrième ventricule. — P. c. m., pédoncule cérébelleux moyen. — V. V., valvule de Vieussens. — Fa. trian., faisceau triangulaire latéral. — Tub. gund., tubercules quadrijumeaux. — C. opt., couche optique.
(**) Coupe verticale antéro-postérieure, un peu en dehors de la ligne médiane. — Pyr. ant., pyramide antérieure. — C. rest., corps restiforme. — F. inn., faisceau innominé. — Piot. an., protubérance annulaire. — P. cér. sup., pédoncule cérébelleux supérieur. — Aq. SyL, aqueduc de Sylvius. — Tub. quad., tubercules quadrijumeaux.
existe
chez tous les
animaux
vertébrés.
NEVROLOGIE.
Volume
et poids du
cervelet.
Variétés de poids, et par conséquent de
volume.
Suivant le
sexe.
Suivant l'âge.
•Consistance
du
cervelet.
pourvus de cerveau et de moelle, par conséquent chez tous les vertébrés. Les cas d'absence congénitale du cervelet sont extrêmement rares (1).
Longtemps négligée, l'étude du cervelet a été faite avec beaucoup de talent par Petit, de Namur (2), et par Malacarne (3). Vicq-d'Azyr et Chaussier ont décrit avec une rare exactitude la conformation extérieure de cet organe ; Reil, Gall et Rolando se sont particulièrement occupés de sa structure, qui toutefois n'est un peu mieux connue que depuis l'usage du microscope.
I. Conformation extérieure. — Le cervelet occupe la partie postérieure et inférieure de la cavité crânienne ; il est comme encaissé entre les fosses occipitales inférieures et la tente du cervelet. Il couronne la moelle épinière et l'isthme de l'encéphale, en arrière desquels il est placé. Il est recouvert, dans l'espèce humaine, par les hémisphères cervicaux, auxquels il est uni par les pédoncules cérébelleux supérieurs, d'où le nom de cerebrum inferius. Il est postérieur au cerveau dans les autres espèces, d'où le nom de cerebrum posterius.
La dure-mère, l'arachnoïde et la pie-mère lui forment une triple enveloppe, dont la disposition a été indiquée ailleurs d'une manière générale.
Le cervelet offre un volume plus considérable chez l'homme que dans toutes les autres espèces animales. Ce volume n'est point dans un rapport constant avec celui du cerveau, et l'on ne peut dire, avec Cuvier, que ce rapport est d'autant plus petit que l'animal est plus intelligent, car les faits sont en opposition manifeste avec cette proposition.
Le cervelet pèse de 130 à 150 grammes, terme moyen; on peut évaluer le rapport approximatif du poids du cervelet à celui du cerveau à -t (4).
D'après Gall et Cuvier, le cervelet de la femme serait proportionnellement plus volumineux que celui de l'homme. Les recherches de Parchappe tendraient, au contraire, à faire croire que le cervelet est d'un moindre volume chez la femme que chez l'homme. D'après Gall, il serait en rapport avec l'énergie des fonctions génératrices et se traduirait à l'extérieur par le développement des bosses occipitales inférieures (5).
Le cervelet est proportionnellement beaucoup moins volumineux chez l'enfant que chez l'adulte : entre le cervelet et le cerveau de l'enfant, le rapport est de 1 : 20.
La consistance du cervelet a beaucoup occupé les anatomistes, qui sont loin d'être d'accord à ce sujet. Cette divergence tient à ce que le cervelet, qui est rarement examiné à l'état frais, se décompose plus vite que le cerveau, à
Symétrie du cervelet.
Face supérieure.
(1) J'ai rapporté, Anat. pathol.. avec fig., un cas d'absence du cervelet.
(2) Lettre d'un médecin des hôpitaux du roi, Namur, 1710. i3) Encefalotomia nnova universelle, Torino, 1780.
(4) Chaussier dit : « D'après un assez grand nombre de recherches comparatives, nous « avons trouvé quelquefois, dans l'homme adulte, que le cervelet était la 0e, la 7e, d'au- « très fois, mais rarement, la 10e ou la 1 1e partie du poids du cerveau. Dans l'enfant naisr< saut, nous l'avons trouvé la 13e, la 14e, la 17e, la 21e, la 2Ge, et même une fois la « 33e partie du poids total du cerveau. » (De l'Encéphale, p. 77.)
(5) Je ne crois pas qu'on puisse donner à cette idée d'autre valeur que celle d'une hypothèse ingénieuse. L'aptitude h la génération n'est nullement dépendante du cervelet; car tous les animaux invertébrés sont sans cervelet, et dans certaines espèces vertébrées, remarquables par leur ardeur pour l'acte vénérien, le cervelet est extrêmement petit. On cite cependant quelques faits tendant à établir que la diminution de la bosse occipitale a suivi l'extirpation du testicule correspondant ; mais ces faits ne sont pas suffisamment authentiques.
CERVELET
cause de sa vascularité et de sa position déclive. 11 résulte de mes observations que le centre médullaire dn cervelet est plus consistant que celui du cerveau, que la substance grise du cervelet est, au contraire, plus molle que celle du cerveau, et que cette substance grise se ramollit sur le cadavre avec une extrême rapidité, en sorte qu'il est difficile d'avoir un cervelet dont la substance grise soit à l'état normal.
Le cervelet représente un ellipsoïde aplati de haut en bas, dont le grand diamètre, qui est transversal, est de 9 à 10 centimètres, le diamètre antéro-postérieur, de 5 centimètres et demi à 6 et demi, et le diamètre vertical, de 5 cen-
Forme du cervelet.
Ses dimensions.
Hti
mm , , " m