‹ Traite d'anatomie descriptiveChapitre 201 sur 282 · LEV£1LL£. DEL · texte numérisé non relu

LEV£1LL£. DEL

e. i "EiiMancxEN. sa

Situation du

ventricule moyen.

Section médiane de l'encéphale (d'après L. Hirschfeld) (*).

Le ventricule moyen est situé sur la ligne médiane, sur le prolongement et en avant de l'aqueduc de Sylvius, entre les couches optiques, au voisinage de la base du crâne, d'où le nom de ventricule inférieur, au-devant des tubercules quadrijumeaux et de la glande pinéale. Il se présente sous l'aspect d'une cavité très-étroite, plus large en haut qu'en bas ; c'est moins une cavité qu'une fente (fissura mediana, Gordon) ou une sorte d'entonnoir comprimé latéralement et intermédiaire aux deux couches optiques, d'où le nom de ventricule des couches optiques, qui lui a été donné par Vicq-d'Azyr. Vésale comparait ce ventricule à une vallée située entre deux montagnes très-rapprochées, figurées par les couches optiques et unies entre elles à l'aide d'une espèce de pont représenté par la commissure molle.

(*) Prot., protubérance. — Péd. céreb., pédoncule cérébral. — Mot. com., nerf moteur oculaire commun. — Tub. mam., tubercule mamillaire. — Gl. pit., glande pituitaire. — N. opt., nerf optique. — Com. a., commissure antérieure. — Cl. trzns., cloison transparente. — Trig., trigone cérébral. — C, call., corps calleux. — C. opt., couche optique. — Com. mol., commissure molle. — Gl. pin., glande innéale. — Tub- qu., tubercules quadrijumeaux. — Aq. Si/lv., aqueduc de Sylvius. — Valu. V., valvule de Vieussens. — i, noyau central du cervelet. — 2, pédoncules postérieurs de la glande pinéale. — 3, pédoncules antérieurs de cette glande. — 4, trou de Monro. — 5, circonvolution du corps calleux.

VENTRICULE MOYEN

nication

avec les

autres

ventricules.

Toile choroïdienne supérieure.

Ccrp.str

Lam.tov

En raison de l'énorme accroissement que prennent dans tous les sens , excepté en bas, les hémisphères cérébraux, développés sur les parois latérales de la première vésicule encéphalique et intimement soudés avec elles, cetle vésicule se trouve recouverte dans toute son étendue par les hémisphères, sauf en bas, où elle reste à nu à la base de l'encéphale. Elle forme ainsi la portion moyenne de cette base, depuis les pédoncules cérébraux jusqu'au bec du corps calleux.

La forme du ventricule moyen permet de lui considérer deux parois latérales, un bord postérieur, un bord antérieur, une base ou paroi supérieure et un sommet.

Le ventricule moyen communique, en avant, avec les ventricules latéraux par sa commules trous de Monro ; en arrière, avec le ventricule du cervelet par l'intermédiaire de l'aqueduc de Sylvius. D'après plusieurs anatomistes, il communiquerait aussi, par une espèce de fente (vulva), avec le ventricule de la cloison. Le ventricule moyen est intermédiaire à tous les autres ventricules (communis ventriculorum concavitas, Vésale).

I. Paroi supérieure ou toile choroïdienne supérieure. — La paroi supérieure est formée par la toile choroïdienne supérieure, et médiatement par la voûte à trois piliers. Cette toile enlevée, on voit l'ouverture supérieure du ventricule moyen, limitée par une sorte de couronnement ou un liséré blanc que constituent en arrière et de chaque côté les pédoncules antérieurs de la glande pinéale, et qui concourt à former les piliers antérieurs de la voûte.

La toile choroïdienne, ainsi nommée par Hérophile à cause de sa ténuité, qui l'avait fait comparer au chorion du fœtus (tela chorioidea superior, Vicqd'Azyr; vélum triangulare, Haller), est une membrane vasculaire, prolongement de la pie-mère extérieure doublé de la membrane ventriculaire , qui s'étend horizontalement au-dessus des couches optiques et du ventricule moyen. C'est une espèce de toile triangulaire à base postérieure et à sommet tronqué tourné en avant. Sa face supérieure, convexe d'arrière en avant, concave transversalement, est recouverte par la voûte à trois piliers, qu'il faut enlever pour la voir et à laquelle elle transmet un grand nombre de vaisseaux. Sa face inférieure, courbe en sens inverse de la face supérieure, forme la limite supérieure du ventricule moyen et répond, sur les côtés, à la face supérieure et un peu interne des couches optiques. Elle répond, en outre, aux veines de Galien et à la glande pinéale, qui lui est très- adhérente et à laquelle elle forme une gaine presque

(*) Cl. transp., cloison transparente. — Corps sir., corps strié. — Lame corn., lame cornée. — Couche opt., couche optique. — Band. d. c, bandelette demi-circulaire. — T. chor. sup., toile choroïdienne supérieure. — Plex. chor., plexus choroïdes des ventricules latéraux. — Vein. Gai., veines de Galien.

Cruveilhier et Sée, 5e édition. ni. — 2 9

Pl.r/ioT.

V£in,Gal

Toile choroïdienne supérieure et plexus choroïdes des ventricules latéraux [d'après L. Hirschfeld) (»).

Rapports de la toile choroïdienne.

NEVROLOGIE.

Plexus choroïdes du ventricule moyen.

Bords de ta loile choroïdienne.

Son extrémité

antérieure bifide.

Baso

Texture.

Artères.

Veines.

complète, si bien qu'on enlève presque toujours avec elle le conarium. Cette face inférieure de la toile chroroïdienne, qu'on ne peut bien voir qu'en étudiant le cerveau de bas en haut, est parcourue d'arrière en avant par deux traînées étroites de granulations rouges, qu'on peut appeler plexus choroïdes du ventricule moyen. Dans leur partie antérieure, ces plexus longent les veines de Galien et aboutissent à un large cordon médian situé derrière les piliers de la voûte et des bords duquel partent, à travers les trous de Monro, les plexus choroïdes des ventricules latéraux. En arrière, ils s'écartent l'un de l'autre, puis convergent de nouveau et se réunissent au niveau de la glande pinéale.

Les bords de la toile choroïdienne se continuent avec les plexus choroïdes des ventricules latéraux, ainsi qu'avec la membrane ventriculaire qui ferme le ventricule moyen entre le bord du trigone et la bandelette cornée.

L'extrémité antérieure, ou sommet de la toile choroïdienne, est bifide ; chacune des branches de bifurcation passe du ventricule moyen dans le ventricule latéral, derrière le pilier antérieur de la voûte par le trou de Monro, ouverture de communication de ces ventricules, et constitue l'extrémité antérieure du plexus choroïde du ventricule latéral.

La base de la toile choroïdienne, dirigée en arrière, répond à la portion moyenne de la grande fente cérébrale ou fente de Bichat, par laquelle elle se continue avec la pie-mère extérieure. Cette base est composée de deux feuillets : l'un supérieur ou cérébral, prolongement de la pie-mère qui revêt le bourrelet du corps calleux et la portion interne des lobes postérieurs du cerveau, passe au-dessus de la glande pinéale, renferme les veines de Galien et réunit les plexus choroïdes des ventricules latéraux : c'est la toile choroïdienne proprement dite ; l'autre inférieur ou cérébelleux continue la pie-mère de la face supérieure du cervelet et de la partie postérieure de la couche optique, revêt les tubercules quadrijumeaux, passe au-dessous et sur les côtés de la glande pinéale et se rend dans l'intervalle des plexus choroïdes du ventricule moyen. Ces deux feuillets, séparés en arrière par la glande pinéale, sont unis entre eux en avant et sur les côtés par des filaments celluleux et vasculaires ; c'est entre ces feuillets que s'engage le stylet dans l'expérience de Bichat décrite plus haut.

La toile choroïdienne est constituée par une lame celluleuse assez résistante parcourue par de nombreux vaisseaux artériels et veineux anastomosés. Ses artères proviennent des cérébelleuses supérieures, qui fournissent des rameaux récurrents à la portion médiane de la toile choroïdienne et aux plexus choroïdes du ventricule moyen ; des cérébrales postérieures, dont les rameaux forment les parties latérales de cette toile, et enfin des plexus choroïdes des ventricules latéraux, qui abandonnent à la toile choroïdienne quelques ramuscules. Les veines de la toile choroïdienne, au nombre de six de chaque côté, se réunissent sur les côtés de la ligne médiane pour former les veines de Galien r qui, du sommet de la toile, où elles sont accolées l'une à l'autre, se dirigent en arrière, en s'écartant l'une de l'autre au voisinage de la glande pinéale, derrière laquelle elles se réunissent en un tronc commun. Ces six veines d'origine sont : la veine de la portion réfléchie du corps calleux et de la cloison transparente, la veine du corps strié, celle du plexus choroïde du ventricule latéral, celle du trigone cérébral et de la couche optique, celle de la corne d'Ammon et celle de l'ergot de Morand. Luschka dit avoir trouvé dans la toile choroïdienne de petits filaments nerveux dont il n'a pu déterminer l'origine.

VENTRICULE MOYEN

plexus choroïdes.

Les plexus choroïdes sont formés par des plis de la pie-mère dont les bords Texture des sont garnis de prolongements villeux offrant à l'œil nu l'apparence de granulations rougeâtres plus ou moins serrées. Les granulations ne sont autre chose que des anses vasculaires de dimensions variables, soutenues par un peu de tissu conjonctif fibrillaire ou amorphe et revêtues d'un épithélium à leur surface. Les granulations sont réunies en lobules dont l'aspect rappelle ceux d'une glande en grappe. Dans le pédicule de chaque lobule s'observent une artériole et une veinule qui, se ramifiant successivement, donnent naissance à des vaisseaux très-fins formant les anses des granulations. L'épithélium est formé de cellules polygonales à noyau central, disposées parfois sur deux ou trois couches.

II. Parois latérales. — Les parois latérales du ventricule moyen, qui se voient parfaitement dans la coupe verticale médiane antéro-postérieure du cerveau, sont verticales, planes et lisses, de forme triangulaire, de couleur grise ; elles sont formées par deux parties bien distinctes, que sépare un sillon horizontal (sillon de Monro) ; en haut et en arrière, par la face interne des couches optiques ; en bas et en avant, par la face interne d'une masse grise qui m'a paru mériter une description particulière, sous le titre de masse grise du troisième ventricule.

Parois latérales du ventricule moyen.

Fis. 127.

~\folitt

Ctr.d.cor.cal

'ou. opt.

Cvr.cor.cal.

(T. V^Fh': QFICKZIV SC.

IIP

LEVSZILLE D£<-. . ■ ' ■ ICcrjM bcr

Face interne de l'hémisphère droit du cerveau (d'après L. Hirschfeld) (*) .

1° La couche optique [thalamus optici, Galien), considérée dans son ensemble, "Forme constitue une grosse masse nerveuse irrégulièrement ovoïde, située au-devant genéra,e]de

optique (*) Section verticale médiane. — Lob. occ, lobe occipital du cerveau. — PU. post., pilier postérieur considérée de la voûte. — Bourr., bourrelet du corps calleux. — Cire. d. cor. call., circonvolution "du corps cal- dans son leux. — Couche opt., couche optique. — Corps call., corps calleux. — Cl. transp., cloison transparente, ensemble.

— Lobe front., lobe frontal. — Genou, genou du corps calleux. — Trou de Monr., trou de Monro. — Comm. ant., commissure antérieure. — N. olf., nerf olfactif. — PU. ant., pilier antérieur de la voûte.

— Lobe sph., lobe sphénoïdal. — Corps bord., corps bordant. — Corps gen., corps genouillés interne et externe. — Corps gaud., corps gaudronné.

NEVROLOGIE.

Situation et

rapports de

la couche

optique.

Ou peut lui

considérer

quatre

faces.

Face supérieure.

Tubercule antérieur.

Pulvinar.

Face interne.

Face

inférieure.

Corps genouilléi

Face externe.

et en dehors des tubercules quadrijumeaux, en arrière et en dedans du noyau caudé du corps strié, sur le trajet du pédoncule cérébral, dont elle occupe le côté supérieur et interne. Renflée en massue à son extrémité antérieure et supérieure, elle s'amin cit en arrière et en bas, entoure la partie postérieure du pédoncule cérébral, et donne naissance à la bandelette optique. Très-rapprochées à leurs extrémités antérieures, que séparent seulement les piliers antérieurs de la voûte, les couches optiques sont écartées en arrière et reçoivent dans leur intervalle les tubercules quadrijumeaux. On peut considérer à la couche optique quatre faces et deux extrémités :

a. Une face supérieure, convexe, blanche, qui fait partie du plancher de l'étage supérieur du ventricule latéral ; cette face, qui est oblongue d'avant en arrière, commence à 15 millimètres en arrière de l'extrémité antérieure du ventricule latéral ; le plexus choroïde et la voûte à trois piliers la recouvrent en dedans et en arrière.

Le plexus choroïde est logé dans un sillon dirigé en arrière et un peu en dehors, et qui divise la face supérieure en deux portions : Tune, antérieure et externe, présente en avant une saillie oblongue, plus ou moins marquée, qui correspond à l'origine profonde du pilier antérieur de la voûte et qui a été décrite sous le nom de tubercule supérieur ou antérieur de la couche optique. La portion qui est en dedans et en arrière du sillon du plexus choroïde se renfle d'avant en arrière et se termine par un tubercule arrondi (tubercule postérieur, pulvinar), situé en dehors des tubercules quadrijumeaux. Le pilier antérieur de la voûte contourne l'extrémité antérieure de la couche optique, et c'est l'intervalle compris entre cette extrémité et le pilier correspondant de la voûte qui constitue le trou de Monro, ouverture de communication du ventricule latéral avec le ventricule moyen. La couleur blanche de la couche optique la différencie parfaitement du noyau caudé, qui lui est concentrique et dont elle est séparée par la bandelette demi-circulaire.

b. Une face interne, dont la moitié antérieure, plane, forme la paroi latérale du ventricule moyen ; un liséré blanc, qui constitue le pédoncule antérieur de la glande pinéale, établit la ligne de démarcation entre cette paroi et la face supérieure. La moitié postérieure de la face interne se continue avec les tubercules quadrijumeaux.

c. Une face inférieure, qui se voit à la base du cerveau, où elle fait partie de la fente cérébrale : c'est par cette face, qui présente les corps genouillés interne et externe, qu'elle reçoit le pédoncule cérébral.

Le corps genoaillé interne, moins volumineux, mais plus saillant, est grisâtre et situé en dehors des tubercules quadrijumeaux; il est uni, en arrière, au tubercule quadrijumeau postérieur par une bandelette et fournit en avant la racine interne de la bandelette optique. Le corps genouillé externe, plus gros, moins proéminent, se trouve en dehors et un peu en avant de l'extrémité postérieure de la couche optique ; il est gris jaunâtre, uni en arrière par une bandelette au tubercule quadrijumeau antérieur et fournit en avant la racine externe du nerf optique.

d. Une face externe, très-étendue, légèrement convexe d'avant en arrière par laquelle la couche optique adhère intimement à la queue du noyau caudé, en avant, à la capsule interne, en arrière, qui la sépare du noyau lenticulaire. Le bord supérieur seul de cette face est nettement séparé du corps strié par un sillon. De cette face partent, en rayonnant dans tous les sens, des

VENTRICULE MOYEN

faisceaux blancs qui vont former la substance blanche de l'hémisphère.

e. Une extrémité antérieure, arrondie, étroite, embrassée par le corps strié et que contourne en dedans le pilier antérieur de la voûte. Le pédoncule antérieur de la glande pinéale y prend naissance.

f. Une extrémité postérieure, volumineuse, arrondie, continue en dedans avec les tubercules quadrijumeaux, libre en dehors, où elle est contournée par la portion réfléchie de la voûte et par le plexus choroïde. Sur cette extrémité postérieure se voient encore les corps genouillés.

Texture. — Les couches optiques présentent une teinte bien moins foncée que celle du corps strié, ce qui tient à l'existence d'une couche mince (0mm,75 d'épaisseur) de substance blanche (stratum zonale) qui recouvre leur face supérieure et qui envoie des prolongements dans l'épaisseur de la substance grise. Elles renferment des amas volumineux de substance ganglionnaire d'un gris rougeâtre et une multitude de fibres nerveuses qui les traversent. Le noyau de la substance grise se montre à nu sur la face interne de la couche optique ; au niveau du tubercule antérieur, il est le point de départ du pilier antérieur de la voûte, qui chemine dans son épaisseur. Ce noyau est formé de cellules remarquables, en général, par leur couleur foncée.

Les libres nerveuses qui s'irradient dans la couche optique sont la continuation du tegmentum et de quelques faisceaux de la base du pédoncule cérébral, auxquels se joignent les faisceaux des pédicules des tubercules quadrijumeaux. Elles cheminent de dedans en dehors et se terminent en grand nombre, suivant Kôlliker, en s'unissant aux cellules de la substance grise, sans se prolonger dans l'hémisphère cérébral correspondant.

Le corps genouillé interne, revêtu d'une mince couche blanche, est formé d'une substance granuleuse dans laquelle se perdent les fibres du brachium conjunctivum antérieur et de cellules de diverses formes et grosseurs. Le corps genouillé externe renferme une multitude de cellules fusiformes, d'où partent les fibres du nerf optique.

2° La masse grise du troisième ventricule est lisse à sa face interne, tapissée par la membrane ventriculaire ; par sa face externe elle se continue avec le reste de l'encéphale. En haut, elle est séparée de la face interne de la couche optique par le sillon de Monro. En bas, elle constitue le tuber cinereum ou la base de Tinfundibulum, entoure les tubercules mamillaires, les piliers antérieurs de la voûte et leurs racines. Elle se prolonge, en haut, jusque sur les côtés du septum lucidum, en bas jusqu'au-dessus du chiasma des nerfs optiques, dont le bord postérieur, qui plonge dans l'épaisseur de cette masse, reçoit de chaque côlé une racine blanche et courte, laquelle semble naître au sein de cette substance grise.

Les parois latérales du ventricule moyen sont unies entre elles, au niveau de la partie antérieure des couches optiques, par une lamelle de substance grise appelée commissure molle, commissure grise, lamelle horizontale, quadrilatère, à bords légèrement concaves, variable dans son épaisseur, mais très-facile à déchirer et dont j'ai toujours rencontré les débris chez les sujets qui paraissaient au premier abord en être dépourvus (1). Rarement la commissure molle est

Extrémité antérieure.

Extrémité postérieure.

Stratum zonale.

Substance grise.

l'ibres nerveuses.

Cor|is genouillés.

Masse

grise du

troisième

ventricule.

Elle se continue

avec le tube cinef eu m.

Commissure molie.

(1) Sur soixante-six cerveaux appartenant à des sujets de tout âge, examinés dans ce but par les frères Wenzel, la commissure grise a été trouvée cinquante-six fois. Elle manquait donc dans dix cas. La facilité avec laquelle se déchire cette commissure molle,

NEVROLOGIE.

Bord t postérieur.

Glande pinéale.

Ses adhérences à la toile choroïdienne.

Existence

■ constante

duconarium

chez

et chez

lesanimaux.

Sa forme.

Volume.

. Rapports.

double et formée de deux lamelles superposées. Je regarde la commissure molle comme un prolongement de la masse grise du ventricule moyen ; elle renferme de petites cellules multipolaires et des fibres très-nombreuses, réunies en réseaux.

III. Bords. — 1° Le bord postérieur du ventricule moyen, profondément sillonné sur la ligne médiane, représente un plan fortement incliné d'arrière en avant et de haut en bas ; on y voit, de haut en bas, la glande pinéale avec ses pédoncules, la commissure postérieure, cordon cylindrique situé en avant des tubercules quadrijumeaux, au-dessous des pédoncules transverses de la glande pinéale, et dont les extrémités se perdent dans les couches optiques ; l'orifice circulaire qui conduit dans l'aqueduc de Sylvius, appelé anus par Vieussens, par opposition à la vulve, autre orifice qu'il admettait en avant, entre les deux piliers antérieurs de la voûte ; la lame interpédonculaire, formée de substance blanche ; la base des tubercules mamillaires, recouverte par de la substance grise, et le tuber cinereum.

a. La glande pinéale, conarium, est un petit corps grisâtre, situé dans l'épaisseur de la toile choroïdienne, sur la ligne médiane, au-dessous du bourrelet du corps calleux, derrière la commissure postérieure du ventricule moyen, entre les tubercules quadrijumeaux antérieurs, sur lesquels elle est appuyée.

Elle est maintenue dans sa position par deux petits cordons médullaires qu'on appelle ses pédoncules, et par la toile choroïdienne supérieure, qui lui forme une gaîne presque complète et à laquelle elle adhère intimement. Cette adhérence est telle qu'on enlève presque toujours le conarium avec la toile ; ce qui a porté quelques anatomistes à regarder le conarium comme une dépendance de la toile choroïdienne, et ce qui a pu faire dire à d'autres que le conarium manquait quelquefois dans l'espèce humaine. Il n'en est rien : la glande pinéale existe constamment chez l'homme et chez les mammifères. Mais elle manque dans les oiseaux, les poissons et les reptiles, sauf la tortue, qui, par une exception bien singulière, la présente à son maximum de développement (1).

La forme de la glande pinéale est celle d'un cône, d'où le nom de conarium (/.uvapîov, Oribase, Galien), fixé par sa base, un peu rétrécie, et dont le sommet, libre, est dirigé en arrière; on l'a encore comparée à celle d'une pomme de pin, d'où les noms de glande pinéale. Cette forme présente, d'ailleurs, quelques variétés. Elle est quelquefois sphéroïdale, d'autres fois cordiforme, à raison de l'échancrure de sa base.

Le volume de la glande pinéale est celui d'un pois ordinaire ; son diamètre antéro-postérieur est de 8 millimètres ; son diamètre transverse, pris à sa base, mesure 4 à 6 milimètres. L'âge et le sexe ne paraissent exercer aucune influence sur le développement de ce petit corps. Son volume, étudié dans les diverses espèces animales, ne paraît en rapport ni avec le volume du cerveau, ni avec celui du cervelet ou des tubercules quadrijumeaux.

La glande pinéale, enveloppée par la pie-mère, à la manière du cerveau ou du cervelet, repose sur l'espace triangulaire, légèrement déprimé, qui sépare

peut en avoir imposé à ces laborieux investigateurs, en leur faisant regarder l'absence de cette commissure comme plus fréquente encore qu'elle ne l'est réellement. Des cas analogues sont cités par Meckel et Longet.

(1) Desmoulins, Anat. du Syst. nerv., t. I, p. 211.

VENTRICULE MOYEN

les tubercules quadrijumeaux antérieurs. Cet espace présente une petite fossette Fossitte qu'on peut appeler fossette du conarium, au fond de laquelle se voit la commis

du conarium.

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'£cc.S»eaL

lEV.E\LLB.DEL

Ventricule moyen et ventricule du cervelet vus par la face supérieure (d'après liirsckfeld) (*) .

sure postérieure des couches optiques. Les veines de Galien longent ses parties latérales.

Dégagée de la pie-mère, la glande pinéale est libre dans tous les sens, excepté à sa base, où elle tient à l'encéphale : 1 ° par une commissure transversale (pédoncules transverses de la glande pinéale), petit faisceau transversal qui surmonte la commissure postérieure et dont les extrémités se perdent dans les couches

Sa commissure.

(*) Après avoir pratiqué une section horizontale des hémisphères au niveau du corps calleux, on a enlevé successivement la portion moyenne de cette commissure, la voûte à quatre piliers et la toile choroï- ■dienne supérieure. Une section médiane du lobe cérébelleux moyen et de la valvule de Vieussens a permis d'écarter l'une de l'autre les deux moitiés de ces organes. — Venir, d. sept, lue, ventricule du septum lucidum. — Corps str., corps strié. — Lam. corn., lame cornée. — Couche opt., couche optique. — Péd. ant., pédoncules antérieurs de la glande pinéale. — Gl. pin., glande pinéale. — Tub. quadr., tubercules quadrijumeaux. — 4<= ventr., quatrième ventricule. — T. chor. inf., toile choroïdienne inférieure. — Bec du calam., bec du calamus. — Valv. Vie., valvule de Vieussens. — Band. d. cire., bandelette demi-circulaire. — 3e venir., troisième ventricule. — Comra. mol., commissure molle. — Comm. ant., commissure antérieure. — PU. ant., piliers antérieurs de la voûte.

NEVROLOGIE.

Végétations

commissure des quatre pédoncules du conarium.

Pédoncules antérieurs.

Pédoncules postérieurs.

Couleur

et

consistance

du conarium.

Son suc visqueux.

Texture

du

conarium.

Son analogie avec les ganglions lymphatiques.

Ses

concrétions.

Elles

existent

à tout âge.

optiques; cette commissure présente quelquefois de petites végétations rugueuses, visibles surtoutàla loupe et qui contiennentde petits graviers dans leur épaisseur; 2° par quatre pédoncules grêles, deux supérieurs et deux inférieurs, présentant aussi quelquefois des végétations au voisinage de la commissure. Les pédoncules supérieurs ou antérieurs sont deux tractus médullaires formant une sorte d'anse ou de parabole à convexité postérieure, dont la portion moyenne adhère à la face antérieure de la glande pinéale au niveau de sa base, dont les deux branches, horizontales, sont appliquées sur les couches optiques et forment la limite entre la face supérieure et la face interne de ces renflements : ils ont reçu les noms de rênes, freins de la glande pinéale (habenœ). D'un blanc éclatant et formant un léger relief, ils sont très-nets. Nous verrons ces pédoncules se continuer, en avant, avec les piliers antérieurs de la voûte, dont ils forment en quelque sorle une des racines. Les pédoncules inférieurs ou postérieurs, qu'on ne voit bien que sur une coupe verticale médiane du cerveau, naissent de la base de la glande pinéale, se portent verticalement en bas, au-devant de la commissure postérieure du cerveau, sur la partie la plus reculée de la paroi interne du ventricule moyen, et peuvent être suivis dans l'épaisseur de la couche optique jusqu'à la partie inférieure de ce ventricule.

La couleur gris rougeâtre de la glande pinéale contraste avec la blancheur de la commissure et des pédoncules. En pressant la glande pinéale entre les doigts, on en exprime un suc visqueux et l'on y reconnaît très-fréquemment la présence de petits graviers, dont il sera question à l'occasion de la structure de cet organe.

Si l'on divise la glande pinéale par une coupe horizontale, on trouve qu'elle est tantôt pleine et tantôt creusée d'une cavité plus ou moins spacieuse, que remplit un liquide transparent, poisseux ou lactescent. Lorsque la cavité du conarium n'existe pas, ce qui n'est pas fort rare, le liquide visqueux pénètre ce corps à la manière d'une éponge.

Quant à la texture du conarium, ce corps se présente sous l'aspect d'une substance grise molle, parcourue par un très-grand nombre de vaisseaux sanguins, et pourvue d'une membrane d'enveloppe formée de tissu eonjonctif. Cette membrane envoie dans l'épaisseur de l'organe des prolongements de même nature qui s'unissent entre eux et limitent des espaces plus ou moins nettement circonscrits, que remplit une substance molle interstitielle. Henle assimile ces espaces aux follicules des ganglions lymphatiques. Dans cette substance, en effet, cheminent de nombreux vaisseaux sanguins et se rencontrent une foule de corpuscules analogues aux corpuscules lymphoïdes, mais un peu plus gros (jusqu'à 0mm,015 de diamètre), et à contours anguleux, avec un noyau sphérique. Il n'existe pas d'éléments nerveux dans le conarium, qui est revêtu, en avant, d'une épithélium cylindrique.

Au milieu des cellules qui remplissent les cavités de la glande pinéale, on rencontre presque toujours des concrétions calcaires plus ou moins volumineuses. Ces concrétions sont très-variées de forme, mais se rencontrent presque toujours et à tous les âges. Les frères Wenzel les ont vues manquer 6 fois sur 100. Sœmmering dit qu'il les a trouvées sur 15 cerveaux, parmi lesquels étaient ceux de très-petits enfants ; il ajoute qu'elles existent chez le fœtus avant terme. Meckel, qui ne les a jamais vues manquer, assure qu'elles n'apparaissent que de la sixième à la septième année. Le plus souvent, il en

VENTRICULE MOYEN

existe un grand nombre, séparées les unes des autres par les cloisons celluleuses ou en contact direct entre elles. Quelquefois elles forment une seule masse (acervulus, Sœmmering), semblable à un grain de sel gris. La couleur de ces concrétions est jaune opalin chez le vieillard, blanchâtre chez les jeunes sujets. Leur surface est mûriforme ; sur une coupe on reconnaît qu'elles sont composées de couches concentriques avec un noyau central. Elles sont formées, d'après Pfaff, par du phosphate calcaire, du carbonate de chaux et d'un peu de substance animale. Le noyau central est constitué par un petit caillot sanguin ou fibrineux ou par des corpuscules lymphoïdes altérés. Elles ont été, à tort, considérées comme tenant à un état pathologique par Morgagni, qui a supposé gratuitement qu'elles pouvaient déterminer des accidents cérébraux plus ou moins graves.

Tout le monde connaît la singulière hypothèse de Descartes sur Yusage de ce corps : l'âme siège dans la glande pinéale et de là dirige tous les mouvements, à l'aide des pédoncules, qui sont ainsi les rênes de l'âme. Magendie, préoccupé par le liquide céphalo-rachidien, pensait que le conarium était une sorte de tampon ou de bouchon pouvant obstruer l'orifice de communication du troisième avec le quatrième ventricule. Henle, se fondant sur la structure de la glande pinéale, l'assimile à un ganglion lymphatique, jouant un certain rôle principalement pendant les premiers temps de la vie.

b. La lame interpédonculaire occupe, à la face inférieure de l'encéphale, cette petite excavation triangulaire dont la base, dirigée en avant, répond aux tubercules mamillaires, dont les bords égaux sont constitués par le côté interne des pédoncules cérébraux, et dont le sommet est formé par Téchancrure médiane antérieure de la protubérance. Cette lame est remarquable par sa couleur grise, par les trous vasculaires nombreux dont elle est perforée, d'où le nom d'espace perforé moyen, sous lequel elle est désignée, et par l'origine des nerfs de la troisième paire. On y remarque un sillon médian antéro-postérieur et deux faisceaux séparés des pédoncules cérébraux par le locus niger. La face supérieure de cette lame, creusée en gouttière, appartient au bord postérieur du ventricule moyen.

c. Les tubercules mamillaires sont deux petits globules pisiformes ou plutôt hémisphériques, proéminents et comme surajoutés de la face inférieure de l'encéphale, blancs à leur surface (hcbera candicantia, Sœmmering', gris à l'intérieur, situés entre les pédoncules cérébraux, au-devant de l'espace interpédonculaire, derrière letubercinereum, qui semoule sur la partie antérieure de leur circonférence, derrière l'infundibulum. Ils sont séparés l'un de l'autre par une fente ou scissure profonde, excepté à leur partie supérieure, où ils sont continus au moyen d'une mince couche de substance grise, qui se déchire avec la plus grande facilité. Par leur base, ils répondent au plancher du troisième ventricule.

Les deux tubercules mamillaires sont généralement d'un égal volume. Dans plusieurs cas d'atrophie d'un des hémisphères cérébraux, j'ai trouvé le tubercule mamillaire correspondant atrophié (1). L'écorce blanche de ces petits

Variétés

de ces

concrétions.

Leur

couleur.

Leur composition.

Usage

du

conarium.

Espace et faisceaux

interpédonculaires.

Espace perforé moyen.

Tubercules mamillaires-

Leur situation.

(i) Il n'existe deux éminences mamillaires que chez l'homme et chez les carnassiers. Des

Chez les autres animaux, il n'y en s, qu'une seule. Les poissons présentent ces éminences amillaïres

à leur maximum de développement, si toutefois on peut rapprocher de ces éminences, cnez ies anj

avec Vicq-d'Azyr, les deux gros lobes qui, dans cette classe d'animaux, correspondent par maux,

leur situation aux éminences mamillaires. Chez le fœtus, confondus en une masse uni- Chez

que, assez volumineuse dans les premiers temps, les deux tubercules mamillaires ne do- le fœtllsviennent distincts l'un de l'autre qu'au septième mois de la vie intra-utérine.

Ils sont la terminaison des piliers antérieurs Je la 'voûte.

Tuber cinereum.

Iufunilibulum.

L'infundibulumest-il

creusé d'un canal ?

Démonstration

de la cavité de Tinfundibulum.

tubercules est la terminaison des piliers antérieurs de la voûte, d'où le nom de bulbes de la voûte (bulbi priorum crururn fornieis, Casserius), dénomination qui mériterait d'être conservée. Le noyau gris central, qui se continue avec la substance grise de la paroi ventriculaire, renferme des cellules nerveuses de 0mm,0I8 à 0mm,026 de diamètre. On ignore complètement leurs usages.

cl. Sous le nom de tuber cinereum (corps cendré), Sœmmering a désigné un amas de substance grise et molle, légèrement proéminent à la base du cerveau et remplissant l'espace triangulaire compris entre les tubercules mamillaires et les bandelettes optiques. On l'appelle aussi plancher du troisième ventricule, parce que cette masse grise ferme en arrière et en bas le troisième ventricule, dont elle constitue la partie la plus déclive, ou encore base de l'infundibulum, parce que c'est de cette substance grise que part l'infundibulum.

Vinfundibulum [tige pituitaire, Lieutaud) est une espèce de cordon rougeâtre, long de 4 millimètres environ, très-obliquement dirigé d'arrière en avant, et comme couché sur la face inférieure du tuber cinereum. Large à son extrémité supérieure, il se rétrécit bientôt et va s'implanter sur le corps pituitaire, avec lequel il se continue.

L'infundibulum est-il creux, ou bien forme-t-il une tige pleine (1)? Un examen attentif m'a convaincu de l'existence, au moins dans un certain nombre de cas. d'un canal infundibuliforme, tout à fait semblable à celui qui a été décrit et figuré par Vésale, canal évasé en haut, où il communique avec le troisième ventricule, et rétréci en bas, où il arrive jusqu'au corps pituitaire, que les anciens n'avaient pas dénommé et que Vésale appelle glans pituitam excipiens. Pour démontrer ce canal, il faut renverser la bandelette optique d'avant en arrière et diviser la lame grise demi-transparente qui forme le plancher antérieur du troisième ventricule : alors on voit, derrière une bandelette blanche, bien distincte de la commissure antérieure du cerveau, une ouverture circulaire, assez considérable pour admettre l'extrémité mousse d'un gros stylet, lequel pénètre dans toute la longueur de la tige pituitaire, jusqu'au corps du même nom. Un autre mode de démonstration consiste à couper la tige pituitaire en travers et à souffler sur la coupe à l'aide d'un chalumeau, ou à laisser tomber sur elle quelques gouttes d'eau : on voit alors un pertuis parfaitement circulaire et qui ne saurait être le résultat des moyens employés pour sa démonstration. Enfin, on peut, à l'exemple de Vieussens, remplir le troisième ventricule d'un liquide coloré, qu'on voit arriver bientôt jusqu'au corps pituitaire. La même expérience réussit encore bien mieux avec le mercure.

La tige pituitaire est donc canaliculée dans la totalité ou dans une portion de sa longueur. Cependant, je dois dire que, dans deux cas d'hydropisie du troi-

(1) Le seul nom d'infundibulum, entonnoir, qui lui avait été donné par les anciens, les expressions synonymes de pelvis colatoria, scyphits, aquœ ductus, encephali sentina, etc., qu'ils lui avaient imposées, attestent assez leur manière de voir à ce sujet, et sous le point de vue anatomique et sous le point de vue physiologique. Les voies de communication admises par Galien entre les fosses nasales et le cerveau, à travers les os ethmoïde et sphénoïde, celles non moins hypothétiques admises par Vésale ayant été. rejetées ajuste titre, on a cru devoir rejeter aussi le liquide, ainsi que l'entonnoir destiné à sa transmission. Haller, qui rappelle, dans des notes savantes, les opinions contradictoires de ses devanciers, reste dans le doute à cet égard. Sœmmering lui-même, après une longue énumération des travaux entrepris à ce sujet, n'est pas arrivé à un résultat plus satisfaisant.

VENTRICULE MOYEN

sième ventricule, la tige pituitaire divisée ne donnait nullement issue au liquide.

La texture de l'infundibulum est très-simple : une membrane celluleuse et vasculaire, continuation de la pie-mère, forme son enveloppe extérieure, que double une couche mince de substance grise, continue avec celle du plancher de l'infundibulum.

Le corps pituitaire ou hypophyse est un petit organe ovoïde, du poids de 23 à 50 centigrammes, qui remplit la selle turcique. Pour mieux apprécier son volume, il convient d'abattre, à l'aide d'un coup de ciseau, la lame carrée qui forme la paroi postérieure de la selle turcique et qui est elle-même creusée en avant par une fossette (1). Eucaissée dans la fosse sus-sphénoïdale, l'hypophyse est maintenue de chaque côté par le repli de la dure-mère qui constitue le sinus caverneux, et en haut par un prolongement ou tente de cette membrane, qui se termine autour de l'infundibulum par une ouverture circulaire. En avant et en arrière, le sinus coronaire, qui se prolonge entre l'hypophyse et la selle turcique, et, de chaque côté, les sinus caverneux forment un cercle vasculaire autour de l'hypophyse, qui ne baigne pas dans le sang, ainsi qu'on l'a prétendu. La face supérieure du corps pituitaire est légèrement excavée ; il n'est pas rare, cependant, de la voir convexe et débordant plus ou moins le niveau de la selle turcique.

Si l'on enlève le corps pituitaire, ou si on l'incise d'avant en arrière, on voit qu'il est formé de deux lobes bien distincts, dont l'antérieur est le plus considérable, et dont le postérieur, plus petit, remplit la fossette de la lame carrée. Ces deux lobes ont été très-bien décrits par les frères Wenzel. La couleur de leur substance n'est pas la même : ainsi le lobe postérieur est gris-blanc, comme la substance grise du cerveau ; la couleur du lobe antérieur est gris rougeâtre. La consistance du lobe antérieur est plus ferme que celle du lobe postérieur. Une coupe verticale antéro-postérieure de l'hypophyse établit en outre que les deux lobes, parfaitement distincts, sont séparés par une lame fibreuse. Ils sont pourvus d'un grand nombre de petits vaisseaux. La tige pituitaire s'insère sur le lobe antérieur ; quelquefois elle aboutit à la lame fibreuse qui sépare les deux lobes. On a dit, mais on n'a pas prouvé que l'infundibulum se divisait, dans ce dernier cas, en deux canaux, dont l'un pour le lobe antérieur et l'autre pour le lobe postérieur de l'hypophyse. Il est extrêmement rare de trouver, dans l'épaisseur de l'hypophyse, des concrétions pierreuses analogues à celles de la glande pinéale (2).

Le lobe antérieur du corps pituitaire est homogène sur la coupe, qui ressemble à celle de la capsule surrénale ; il ne renferme aucun élément nerveux et a été considéré comme développé dans la paroi d'une excroissance de la muqueuse pharyngienne ; Ecker y a trouvé les éléments d'une glande vasculaire sanguine.

Corpspitui-

taire ou hypophyse.

Son encaissement.

Cercle ■vasculaire autour de l'hypophyse

Lobes de l'hypophyse

Texture

des deux

lobes de

l'hypophyse

(1) Pour bien voir l'hypophyse et l'infundibulum, il convient de sacrifier un cerveau et une base de crâne, et de cerner par une coupe circulaire le corps du sphénoïde, qu'on enlève avec la portion correspondante de la base du cerveau.

(2) Il n'est peut-être pas sans intérêt de remarquer que l'hypophyse est à son maximum de développement chez les poissons, où elle forme un véritable lobe ; qu'elle est proportionnellement plus développée chez les mammifères, les oiseaux et les reptiles que chez l'homme. Elle est creuse chez tous les animaux.

Chez le fœtus de quatre, cinq, six mois, l'hypophyse, plus volumineuse qu'elle ne l'est après la naissance, est également creusée d'une cavité qui communique avec le ventricule moyen. J'ai trouvé, chez un adulte, l'hypophyse creusée d'une cavité considérable.

Sa disposition ehMies animaux vertébrés.

Son développement.

460 NÉVROLOGIE.

Le lobe postérieur est formé d'une substance finement granulée, dans laquelle se rencontrent des cellules arrondies, à prolongements multiples, ainsi qu'un grand nombre de fibres offrant quelque analogie avec les fibres nerveuses et de vaisseaux sanguins provenant de l'infundibulum.

Ses usages. Les usages de l'hypophyse sont enveloppés de la plus grande obscurité. Sa constance dans tous les animaux vertébrés et sa grande vascularité attestent assez son importance.

Bord 2° Le bord antérieur du ventricule moyen est formé d'une ligne deux fois

antérieur brisée ; oblique d'abord en bas et en avant, il décrit un premier coude au niveau

\entrieuic du bec du corps calleux, puis un deuxième au niveau du chiasma. Ce bord est

moyen. donc constitué par trois plans successifs, l'un supérieur, formé par les piliers

antérieurs de la voûte et par la commissure antérieure ; l'autre moyen, représenté

par les racines grises du nerf optique; le troisième inférieur, constitué par le

chiasma et le tuber cinereum.

a. Les piliers antérieurs de la voûte, dont la description sera donnée plus loin, se dirigent de haut en bas et plongent dans la masse grise du troisième ventricule ; au-devant d'eux se voit un cordon blanc cylindroïde, transversalement

commissure dirigé, dont on n'aperçoit que la partie moyenne : c'est la commissure antérieure, au-dessous de laquelle le ventricule se prolonge pour se terminer au niveau du bord postérieur du chiasma. La commissure antérieure, dont la portion moyenne, cylindrique, est seule libre à la partie antérieure du ventricule moyen, représente un long cordon recourbé en arc à concavité postérieure, qui traverse, de chaque côté, la partie antérieure du corps strié, et dont les extrémités, aplaties et à fibres divergentes, se perdent dans le lobe moyen du cerveau. Derrière les piliers antérieurs, un peu au-dessus de la commissure antérieure, se voient les deux ouvertures de communication du ventricule moyen avec les ventricules latéraux, ouvertures ovalaires, quelquefois inégales en diamètre, et qui acquièrent de très-grandes dimensions dans l'hydropisie chronique des ventricules. C'est par ces ouvertures, qu'on appelle trous de Monro, bien qu'elles aient été parfaitement décrites par Galien, Vésale et autres, que passent les deux extrémités de la toile choroïdienne pour se continuer avec les plexus choroïdes des ventricules latéraux. Haller regardait, à tort, ces ouvertures comme accidentelles en se fondant sur plusieurs faits pathologiques, desquels il semblerait résulter que les ventricules latéraux étaient distendus par une grande quantité de sérosité, tandis que le ventricule moyen était vide (1).

Racine grise b. La racine grise des nerfs optiques, qui contribue à former le bord antérieur du troisième ventricule, ne peut être bien vue que lorsqu'on a renversé d'avant en arrière le chiasma des nerfs optiques. C'est un plan incliné de haut en bas et

(1) D'autres preuves de l'absence de ces ouvertures dans l'état normal ont encore été invoquées, et en particulier l'impossibilité de faire passer de l'air d'un ventricule latéral dans l'autre, la persistance de l'hydropisie de l'un des ventricules latéraux après que l'autre a été évacué, une différence de qualité entre le liquide du ventricule droit et celui du ventricule gauche. Non-seulement on peut répondre, avec Meckel {Manuel d'Anat., trad. de MM. Breschet et Jourdan, t. II, p. 674), qu'il est possible que, dans ces cas, une adhérence morbide du plexus choroïde ait intercepté toute communication, mais ces faits s'expliquent d'eux-mêmes par cette circonstance que le ventricule moyen n'est autre chose qu'une fente étroite, qui permet difficilement le passage d'un ventricule latéral dans l'autre, et par cette autre circonstance que les parois latérales, étant formées par les couches optiques, s'écartent très-difficilement l'une de l'autre.

des nerfs

optiques.

VÉSICULES CEREBRALES OU HEMISPHERES.

d'avant en arrière, qui s'étend de l'espace perforé à la face supérieure du chiasma. Elle est formée : 1° par une lame antérieure, fibreuse, résistante, qui se continue avec le névrilème des nerfs optiques ; 2° par une lame postérieure, très-mince, demi-transparente, surtout sur la ligne médiane, formée de substance nerveuse. Si l'on divise cette lame nerveuse, on pénètre dans le troisième ventricule : on voit alors qu'elle fait partie de cette masse assez considérable de substance grise qui, d'une part, se prolonge sur les parois latérales du troisième ventricule et entoure les piliers antérieurs de la voûte, et qui, d'autre part, va se continuer au-dessous de la commissure optique avec le tuber cinereum.

c. La bandelette des nerfs optiques est un faisceau aplati de fibres nerveuses qui contourne les pédoncules cérébraux, au moment où ils s'enfoncent dans le cerveau. Cette bandelette naît en arrière, de chaque côté, des corps genouillés, dépendances de la couche optique, dont elle est la continuation et dont elle se distingue par sa blancheur, qui tranche sur la couleur blanc grisâtre de ces corps. D'abord large et mince, elle est appliquée sur le pédoncule cérébral, dont elle ne se distingue que par la direction de ses fibres. Elle contourne ensuite horizontalement ce pédoncule, s'en détache, en même temps qu'elle devient moins large et plus épaisse ; arrivée au-devant de lui, elle change de direction, se porte en avant et en dedans, pour se réunir à celle du côté opposé et constituer le chiasma des nerfs optiques.

On donne ce nom à une lame nerveuse blanche, ayant la forme d'un quadrilatère allongé transversalement, dont les angles postérieurs reçoivent les bandelettes des nerfs optiques et qui, par ses angles antérieurs, donne naissance aux nerfs optiques. Sa face supérieure, dirigée un peu en arrière, est en rapport avec la racine grise des nerfs optiques ; sa face inférieure, qui regarde légèrement en avant, repose sur la gouttière des nerfs optiques. On pourrait considérer la bandelette des nerfs optiques comme une commissure des couches optiques.

Les bandelettes des nerfs optiques et les pédoncules cérébraux limitent un espace losangique, dans l'aire duquel se voient l'espace inter^édonculaire, les tubercules mamillaires, le tuber cinereum, l'infundibulum etle corps pituitaire.

11 résulte de ce qui précède que le ventricule moyen a quatre ouvertures : deux latérales, qui le font communiquer avec les ventricules latéraux, une postérieure, qui s'ouvre dans le quatrième ventricule, et une inférieure, qui conduit dans l'infundibulum.

Ce même ventricule présente trois commissures : une commissure grise ou commissure molle des couches optiques, et deux blanches, l'une antérieure, l'autre postérieure.

Bandelette

des nerfs

optiques.

Elle est la

continuation du corps genouillé externe.

Chiasma des nerfs optiques.

Espace losangique.

Le ventricule moyen présente quatre ouvertures.

Et trois commissu-

§ 5. — VÉSICULES CÉRÉBRALES OU HÉMISPHÈRES CÉRÉBRAUX, CERVEAU PROPREMENT DIT.

Sous le nom de cerveau on désigne communément cette portion de la masse encéphalique qui occupe toute la cavité du crâne, les fosses occipitales inférieures exceptées. Ce terme s'applique donc non-seulement aux hémisphères cérébraux, qui résultent du développement des vésicules cérébrales nées sur les parties latérales de la première vésicule encéphalique, mais encore à toutes les parties qui proviennent de cette dernière vésicule et dont nous venons de donner la description. Ainsi compris, le cerveau est comme le couronnement de la tige rachidienne, qu'il surmonte (cerebrum superius), en même temps qu'il lui est an-

Acception

ordinaire.

NEVR0L0G1E.

Volume.

Poids.

Volume et

poids comparatifs du cerveau

et du cervelet.

Différences

de volume

individuelles.

Différences de sexe.

Dage.

térieur (cérebrum anterius) : aussi a-t-il été considéré tour à tour comme l'origine ou comme l'épanouissement de la moelle. L'isthme de l'encéphale, et plus particulièrement les pédoncules cérébraux, les faisceaux innominés et les pédoncules cérébelleux supérieurs le lient d'une manière intime au cervelet et à la moelle épinière. La tente cérébelleuse complète son encaissement et le sépare du cervelet, qui est situé en arrière et au-dessous de lui (1).

Le volume considérable du cerveau est, sans contredit, un des traits les plus caractéristiques de l'organisation de l'homme. Plusieurs animaux ont la masse encéphalique proportionnellement aussi volumineuse, et même plus volumineuse (le serin, le sapajou, le dauphin) ; mais pour ce qui a trait au cerveau proprement dit, aux hémisphères cérébraux, les animaux les plus favorisés sous ce rapport le cèdent de beaucoup à l'espèce humaine.

Chez l'adulte, le poids du cerveau, c'est-à-dire de l'encéphale séparé du cervelet et de la protubérance par une section des pédoncules, varie depuis 1,000 jusqu'à 1,500 grammes. Longet, voulant apprécier le poids des hémisphères cérébraux isolés, sépara du cerveau le corps calleux, le corps strié et les couches optiques : sur 22 encéphales d'adultes dépouillés de leurs membranes, il obtint le poids moyen de 1,050 grammes. Parchappe, opérant dans les mômes conditions sur 29 cerveaux d'adultes, est arrivé au poids moyen de 1,155 grammes. Les hémisphères représentent donc les 9/10 de la masse du cerveau.

Je crois qu'il est impossible d'établir une échelle de proportion entre le poids du cerveau et celui du corps. Ne voit-on pas, en effet, qu'un des termes de la comparaison, le poids du corps, est excessivement variable? On peut lire dans Haller tous les calculs qui ont été faits à cet égard, et la diversité des résultats obtenus est la meilleure critique qu'on puisse faire de cette manière de procéder.

Il n'en pas de môme du rapport qu'on peut établir entre le cerveau et le cervelet. D'après mes observations, le poids du cervelet est à celui du cerveau comme 1 est à 8,12.

Il importe d'établir approximativement le rapport qui existe, au point de vue du poids, entre les cerveaux examinés chez les différents individus, dans les différents sexes et aux divers âges. Il résulte d'un grand nombre de faits : 1° que le poids du cerveau est indépendant de la taille des individus ;

2° Que le poids absolu du cerveau est généralement plus considérable chez l'homme que chez la femme ;

3° Que chez le fœtus et l'enfant, le cerveau est proportionnellement beaucoup plus lourd que chez l'adulte ; mais que le poids absolu du cerveau va toujours en augmentant, depuis la naissance jusqu'à une époque qui est encore indéterminée ;

4° Que chez le vieillard, le cerveau s'atrophie souvent comme les autres organes, et dans ces cas il ne remplit pas complètement la cavité du crâne, dont l'excédant est occupé par de la sérosité.

(1) Le cerveau est certainement, de toutes les parties du centre encéphalo-médullaire, celle qui a été soumise aux recherches les plus laborieuses de la part des anatomistes et des physiologistes, et cependant ne pourrait-on pas dire encore de nos jours ce que Fantoni disait en son temps : Cérebrum, pars hominis est cujus obscura adhuc structura, obscuriores morbi, obscurissimœ functiones, perpetim philosophorum et medicorum torquebunt ingenium. Fantoni, Obs. anat., p. 103.

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